Niagara 

Secrets de tournage ...
  banner_niagara
... et anecdotes

  • Marilyn est Rose Loomis, femme fatale et dangereuse
    1952_Niagara_Publicity_011_Falls_010_010_by_bruno_bernard_3Il s'agit du 18ème film de Marilyn Monroe, où son nom se situe pour la première fois en tête au générique, et lui permettra d'accéder enfin, à 26 ans, au statut de star qu'elle éspérait tant. Anne Baxter fut d'abord pressentie pour le rôle de Polly Cutler mais après avoir refusé le projet, le scénario fut remanié pour se concentrer davantage sur le personnage de Rose Loomis, la femme fatale. C'est Darryl Zanuck, grand patron de la Fox, qui propose une liste de noms de comédiennes pour tenir ce rôle, où Marilyn arrive en tête suivie de Anne Brancoft, Jean Peters (qui écopera du rôle de Polly Cutler, la jeune mariée), Lauren Bacall et Ava Gardner.
    Marilyn joue le rôle de Rose Loomis, une ancienne serveuse de brasserie qui ne pense qu'à s'amuser dans les bars et boîtes de nuit; mariée à George Loomis, un ancien éleveur de moutons, elle a le projet de tuer son mari avec l'aide de son amant.
    Ce premier grand film de Marilyn est le seul où elle compose un rôle de femme complexe: dangereuse, magnétique, sensuelle, égoïste, rusée, calculatrice et vénéneuse. C'est aussi le seul film où elle campe un personnage qui meurt.
    Niagara_scene_054_publicity_021_by_bruno_bernard_5A l'image, magnifiquement sublimée par le réalisateur Henri Hataway, son sourire au rouge vénéneux, sa démarche ensorcelante et la mélodie lancinante qu'elle chantonne restent à jamais gravés dans les mémoires des cinéphiles. Hataway va ainsi contribuer à créer le mythe Marilyn: dans la lignée des rôles de garces du film noir, Marilyn confère à son personnage un érotisme puissant. Le slogan du film sera d'ailleurs: "Marilyn Monroe et Niagara: un torrent d'émotion que même la nature ne peut pas maîtriser!"

  • Le look de Rose Loomis
    Niagara_scene_055_studio_mm_011_010_4Son look apporte aussi une puissance au magnétisme sensuel de Marilyn: son style est définitivement celui du glamour chic. Pour le maquillage: un soupçon d'eye liner aux yeux dont les paupières sont maquillées avec un fard de couleur chair, un léger ricil pour sublimer le regard, et surtout le rouge à lèvre de couleur rouge vive, accentuant le côté femme fatale du personnage. La peau laiteuse étincelle par les cheveux blonds dorés qui brillent à la lumière, et dont le brushing est toujours parfait, même au saut du lit, et préservé par un bonnet de bain qu'elle porte lorsqu'elle prend sa douche.
    Niagara_scene_072_publicity_010_010_3Du point de vue vestimentaire
    , Rose Loomis ne porte que des vêtements moulants accentuant ses formes: robes ou tailleurs tellement chics et indémodables. Pour les couleurs, elle reste dans le classique: tailleur noir, bleu ciel ou blanc crème, lui donnent ce côté angélique; tandis que le rouge vif de sa veste ou le rose fushia de sa robe, lui confèrent cet aspect machiavélique du personnage aux deux facettes.
    L'une des tenue des plus suggestives de marilyn dans le film est la robe moulante et satinée d'un rose fushia qu'elle porte dans la scène où elle chantonne "Kiss", qui selon une réplique du film, est "tellement échancrée qu'on peut apercevoir ses genoux par le décolleté". Les costumes du film sont de Dorothy Jeakins.
    Test_Costume_Rose_00610_retoucheQuand aux chaussures portées, elles se limitent à deux paires de sandales pieds nues, retenues par des lanières parsemées de brillance: une paire de couleur noire et l'autre de couleur blanche. Pour la nuit, Rose dort nue dans des draps blancs, et lorsqu'elle se lève, elle enfile des bas fins, une longue nuisette blanche, sous un déshabillé aux airs de fin peignoir blanc au col et manches à plumes, qu'elle noue par la taille, laissant entrevoir ses jambes, et porte aux pieds de petites mules noires aux pompons à plumes: un véritable look de séductrice!

  • Hataway et Monroe
    1952_Niagara_OnSet_with_hataway_1Charmant dans la vie, le réalisateur Henri Hataway a la réputation de devenir sur les plateaux de tournage un directeur d'acteurs absolument tyrannique et despotique, ce qu'il reconnaît volontiers: "Pour être un bon réalisateur, il faut être un salaud. Je suis un salaud et je le sais!" On aurait pu ainsi s'attendre à ce que Hataway en fasse voir de toutes les couleurs à Marilyn, qui avait d'ailleurs le don d'exaspérer les réalisateurs avec qui elle travaillait, par ses caprices et retards. Au chef de plateau de Niagara qui lui en fait le reproche, Marilyn lui demandera un jour si elle est là pour pointer ou pour tourner un film! Mais étonnamment, les relations entre le metteur en scène et la comédienne seront idylliques. Bien qu'il se montre très exigeant dans le travail, Hataway ne tarit pas d'éloges sur Marilyn, qu'il décrit comme "l'actrice la plus naturelle avec qui j'ai tourné". Il prend même soin d'elle et lui prodigue quelques conseils, notamment de réduire les contrats publicitaires qui la fatiguent par de longues journées avec les photographes ou les journalistes, ou la prévient encore de l'influence de sa coach Natasha Lytess qui selon lui, est négative pour Marilyn, et il s'émeut même de découvrir la garde robe limitée de Marilyn, compte tenu de ses revenus jusqu'alors très modestes.

  • Anecdote de tournage
    Niagara_scene_010_01_bed_01_2Dans la première scène d'apparition de Rose Loomis, alias Marilyn, dans le film, on la découvre les yeux mi-clos, bouche entrouverte aux lèvres humides d'un rouge à lèvre rouge flamboyant, faisant semblant de dormir pour ne pas se confronter au regard de Joseph Cotten, qui joue le rôle de son mari, George Loomis. Elle semble être totalement nue sous les draps blancs, étirant ses bras comme un chat et écrasant sa cigarette. Ce que le spectateur ne sait pas, c'est que Marilyn était réellement nue sous les draps, comme le confirme Henri Hataway: "Elle était effectivement nue. 'Il ne me serait pas possible de rendre d'une autre manière la nature équivoque des sentiments de Rose Loomis", avait-elle répondu au réalisateur!


  • Scènes mythiques
    Niagara_scene_071_on_set_050_010_1>> Le film Niagara comporte une scène mythique qui marqua à jamais l'histoire du cinéma: celle de Marilyn déambulant dans la rue. Car ce plan de vingt secondes constituait pour l'époque celui de "la plus longue marche de l'histoire du cinéma" dans lequel apparaîtra ce qui deviendra l'une des caractéristiques de Marilyn: son célèbre déhanchement. Cet emploi révolutionnaire de ce 'plan américain' amène Hataway à affirmer que "Marilyn peut rendre n'importe quel mouvement, n'importe quel geste, presque intolérablement suggestif". La petite histoire devient une légende, avec son lot de versions: selon l'assistant d'Hataway, le talon de l'actrice serait resté bloqué dans un creux de la chaussée, ce qui l'aurait amené à adopter ce curieux chaloupé; quand à Hataway, il s'en porte garant, affirmant qu'il s'agissait d'une indication de jeu qu'il donna à Marilyn, en lui demandant même d'ôter sa culotte pour ne pas apercevoir les marques de sous vêtements sous sa jupe moulée, ce qui aurait accentué son déhanchement. Quelque soit la version, ce plan aura un tel retentissement lors de la sortie du film en salle, que Marilyn adoptera cette démarche lors de ses sorties en public. Elle déclarera au magazine Life: "Je marche depuis que j'ai six mois et depuis, c'est ainsi que je me déplace."
    Niagara_scene_050_vamp_020_011_1>> Une autre scène d'anthologie est à relever dans le film: celle où Marilyn fredonne la chanson Kiss, filmé en gros plan. A elle seule, cette séquence suffit à l'époque à faire de Marilyn une véritable bombe sexuelle, registre qui sera désormais le sien, dans les films comme dans la presse à sensation, et ainsi, aux yeux du public. On raconte que la fin de cette scène où Joseph Cotten, le mari jaloux, sort furibond du bungalow pour venir briser rageusement le disque, aurait été inspirée par la venue d'une représentante du très prude Women's Club of America sur le plateau de tournage. D'ailleurs le film fut banni par l'Eglise à sa sortie.

  • Succès du film et Naissance d'une star
    Niagara_scene_060_store_010_010_3Sorti sur les écrans le 21 janvier 1953, Niagara rencontre un immense succès. Tourné pour un budget d'un peu plus d'un million de dollars, le film en rapportera six ! C'est le premier film que Marilyn tourne en technicolore. Et d'ailleurs Marilyn, dont le public populaire commence à connaître le nom à cause du scandale de la publication du fameux calendrier publiant des photos de Marilyn nue, mais aussi de par sa relation avec Joe DiMaggio, ex-champion de base-ball adulé, ce même public va désormais mettre un visage sur cette pin-up scandaleuse qui est aussi une grande actrice, capable de faire affluer le public dans les salles.

  • Influences
    niagara_groupeLe duo musical français "L'ombre Jaune" composé de la chanteuse, auteur et compositeur Muriel Moreno et du guitariste, claviériste, arrangeur et vidéaste Daniel Chenevez, prend en 1984 le nom de Niagara  en référence au film d'Henry Hataway. Le groupe, aux influences pop new-wave et rock, a rencontré un immense succès dans les années 1980 et début 1990 avec les tubes "Tchiki boum", "L'amour à la plage", "Je dois m'en aller", "Quand la ville dort", "Assez !", "Soleil d'hiver", "J'ai vu", "Pendant que les champs brûlent", "La fin des étoiles", "Un million d'années" etc... avant de mettre définitivement un terme à la carrière du groupe en 1993.

>> Sur le Web:
Sur le tournage de Niagara sur
accessniagara.com