Les "fragments" de Marilyn

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Résumé : A l'occasion de la sortie du livre "Fragments" de Marilyn Monroe, dévoilant des textes inédits de l'actrice, l'éditeur français Bernard Comment, revient sur sa formidable quête newyorkaise.

Les "fragments" de Marilyn

 

 C'est une Marilyn Monroe passionnée de littérature, bouleversante d'intelligence et de lucidité, que dévoile "Fragments", recueil de ses lettres, textes intimes et poèmes écrits depuis ses 17 ans, qui paraît le 7 octobre en France dans une dizaine de pays.

"Seule. Je suis toujours seule, quoi qu'il arrive", avouait au début des années 1950 la mythique Marilyn dans un sobre carnet noir où elle couchait son sentiment persistant de solitude, sa peur panique, avant chaque tournage, de décevoir tout le monde. Plus tôt, en 1943, la jeune Norma Jeane racontait sur des feuillets tapés maladroitement à la machine : "J'étais une jeune fille mince et joliment faite : à 15 ans, j'avais joué le rôle principal dans une pièce pour la télé". C'était un an après son mariage avec James Dougherty. Elle avait 17 ans. "Il y avait des jours ou des semaines entières où je ne voulais avoir de la compagnie qu'occasionnellement, si occupée à lire que toute tentative d'adaptation à une situation qui paraissait légèrement inquiétante devenait une affaire épuisante", poursuivait cette toute jeune femme, qui s'interrogeait avec une incroyable maturité sur le mariage, ses attentes face à la vie, la trahison et l'humiliation. "La souffrance lourde d'un sentiment de rejet et de blessure face à la destruction/la perte d'une sorte d'image idéalisée de l'amour vrai", notait-elle encore lors de la rupture avec son premier mari.

L'intimité sans tapage

L'apparente écervelée platine de Certains l'aiment chaud ou de Les hommes préfèrent les blondes est en fait une jeune femme curieuse qui ne cesse de se cultiver, allant le soir à l'université de Los Angeles, après les tournages. Sa bibliothèque comptait plus de 400 livres. Bien avant d'avoir une relation avec l'écrivain Arthur Miller, elle aborde Ulysse de James Joyce, comme en témoigne une photo. Et le lit vraiment. Marilyn avait deux faces. "Celle, solaire et luminescente, de la pin-up ou de la pétillante blonde. Et celle, lunaire, d'une jeune femme perfectionniste à l'extrême, en quête d'absolu, que la vie ne pouvait que décevoir", relèvent Stanley Buchthal et Bernard Comment, les deux metteurs en scène de ces "Fragments". Ces inédits, c'est "l'intimité sans tapage, l'enregistrement sismique de l'âme" de Marilyn, ajoutent-ils.

A côté de poèmes émouvants et de notes, on retrouve des recettes de cuisine griffonnées, des "bonnes résolutions", l'enfer, en 1961, de son séjour dans une clinique psychiatrique comme sa mère et sa grand-mère avant elle : "Enfermée avec tous ces pauvres fous (...), je me sentais comme dans une prison pour un crime que je n'avais pas commis". En 1958, cette icône adulée de la féminité et du cinéma écrivait d'une main tremblante, cette fois dans un petit cahier rouge : "A l'aide. A l'aide. A l'aide. Je sens que la vie se rapproche alors que tout ce que je veux c'est mourir". Des mots poignants, si peu de temps avant sa mort le 5 août 1962. Le livre est illustré de photos et fac-similés des innombrables écrits de l'actrice, retrouvés après sa mort par Anna Strasberg, veuve du directeur de l'Actors Studio à qui Marilyn Monroe avait légué ses affaires personnelles.
 
"Marilyn Monroe, Fragments"

De Stanley Buchthal et Bernard Comment

Traduit de l'anglais par Tiphaine Samoyault -

Le Seuil - 270 pages - 29,80 euros

Parution le 7 octobre