07 août 2010

captures de Niagara 2

Niagara
Captures 2ème partie

NIAGARA_064 NIAGARA_069 NIAGARA_070
NIAGARA_074 NIAGARA_075 NIAGARA_077
NIAGARA_078 NIAGARA_083 NIAGARA_086
NIAGARA_087 NIAGARA_091 NIAGARA_093
NIAGARA_094 NIAGARA_097 NIAGARA_099
NIAGARA_100 NIAGARA_103 NIAGARA_105
NIAGARA_110 NIAGARA_113 NIAGARA_118
NIAGARA_122 NIAGARA_123 NIAGARA_126
NIAGARA_129 NIAGARA_131 NIAGARA_136
NIAGARA_138 NIAGARA_140 NIAGARA_142

>> Sources captures: Site EverlastingStar

Posté par ginieland à 19:15 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , ,

28 juillet 2010

Pendant Niagara par Bob Sandberg

Niagara
Sur le tournage

 Marilyn Monroe se promène avec les Chutes en arrière-plan,
lors d'un jour de repos pendant le tournage de Niagara
Promotion pour l'équipe de football "Georgia Tech football team"

Photographies de Bob Sandberg

1952_Niagara_OnSet_University_010_BOBSandberg_2 1952_Niagara_OnSet_University_011
1952_Niagara_OnSet_University_010_BOBSandberg_1 1952_Niagara_OnSet_University_012

> couverture de magazine:
Look du 9 septembre 1952
mag_Look_1952

Posté par ginieland à 00:28 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , ,

15 mai 2010

Les interviews sur Niagara

Niagara
Leinterviews

henry_hathawayHenry Hataway 
(
le metteur en scène)
- Marilyn est quelqu'un avec qui il est merveilleux de travailler, elle est très facile à diriger; veut toujours mieux faire. Et elle est intelligente, vraiment intelligente.
- J'ai tourné Niagara avec elle. Je l'ai trouvée merveilleuse dans le travail et terriblement préoccupée de mieux faire. Et brillante. Il se peut qu'elle n'ait pas eu d'éducation mais elle était tout simplement brillante par nature.
- Elle était la meilleure actrice née que j'ai jamais dirigée (...), intelligente, naturellement intelligente.

Extrait interview
- “Pour Niagara, en 1953, avez-vous eu des difficultés avec Marilyn Monroe ?
- C'était une fille merveilleuse, merveilleuse… Sensible, timide, craintive. C'est très curieux: aujourd'hui les films ont toute la vulgarité qui était réservée aux peepshows, aux nickelodeons et aux penny arcades. Si vous vouliez voir une fille qui se déshabillait, vous alliez voir un peep-show. Mais maintenant, elles le font dans tous les films ! Alors que Jean Harlow et Marilyn Monroe exprimaient toute leur sensualité sans jamais se déshabiller dans une seule scène.
- Vous avez parlé de la démarche de Mae West. Vous avez également filmé celle de Marilyn de façon très spectaculaire...
- Dans le plan général où elle s'éloigne en se dandinant, oui. Et elle a toujours gardé ce dandinement par la suite.
- C'est elle qui l'a inventé ?
- Elle ne l'a pas inventé, c'est moi qui lui ai dit de le faire. Elle avait une robe très serrée et en fait, je lui ai dit d'aller retirer sa culotte parce qu'on voyait les marques sous sa jupe. Elle a retiré sa culotte et s'est déhanchée encore plus !
- Comme partenaire de Marilyn, vous vouliez James Mason. Vous avez eu Joseph Cotten. Que s'est-il passé ?
- Malheureusement, je suis allé dîner chez James Mason une semaine avant le début du tournage. Sa fille, Portland, avait six ou sept ans à l'époque. Et le couple adorait cette gamine. Mason lui a dit : « voici Mr Hathaway qui va réaliser mon prochain film ». Elle a demandé : « est-ce que tu vas encore mourir dans ton film ? dans tous tes films tu meurs ! Alors, je suppose que tu vas encore mourir dans celui-là ! » Et elle a ajouté : « il meurt dans ce film ?
»  J'ai répondu que oui, alors elle a dit à son père: « Voilà l'ennui, dans tous tes films tu meurs. Tu ne vas pas en faire un où tu vis ? » et elle a continué comme ça à perte de vue… Le lendemain, Darryl Zanuck m'appelle: « il ne fait pas le film ! » Et voilà ! je n'aurais pas dû aller dîner chez lui ce soir-là."

maxshowalterMax Showalter 
(
dans le rôle de Ray Cutler)
(
dans une interview accordée à Robert L. Smith du magazine Videoscope)
Nous avons passé un merveilleux moment là-haut, près des chutes. Marilyn était en retard, comme à son habitude, mais dès qu'elle arrivait sur le plateau, on ne voyait plus qu'elle. Parfois, il fallait faire de nombreuses prises. Venant du théâtre, je trouve toujours que la première prise est la meilleure, mais il fallut nous adapter à Marilyn. Une fois qu'elle était au point, elle était parfaite et nous, nous étions épuisés.

joseph_cottonJoseph Cotton 
(
dans le rôle de George Loomis)
(en parlant de Marilyn Monroe)
Tout ce que fait cette fille est sexy!

>> sources:
- Livres:
Les Trésors de Marilyn Monroe Marilyn, un hommage photographique / Marilyn, Une vie d'Hollywood /
Les images d'une vie /
- Web:
Interview d'Hataway sur
commeaucinéma

Posté par ginieland à 12:55 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

14 mai 2010

Les critiques de Niagara

Niagara
Lecritiques

The New York Times - 22 janvier 1953
Ignorant avec évidence l'idée qu'il existe les sept merveilles du monde, Twentieth Century-Fox en a découvert deux de plus et les met en valeur grâce au Technicolor dans "Niagara"... pour que les producteurs fasse l'usage le plus complet des grandeurs des chutes et des espaces environnants autant que la grandeur de Marilyn Monroe... Peut être que Miss Monroe n'est pas l'actrice parfaite en ce moment. Mais jamais le réalisateur ni le caméraman ne semblent concernés par ce point. Ils ont saisi toutes les courbes possibles de chacun des deux dans l'intimité du boudoir et révèlent à égalité l'étroitesse des vêtements. Et ils ont joliment et concrètement illustré son côté séductrice - même lorsqu'elle ne fait que marcher. Comme il a été constaté, "Niagara" n'est peut être pas le lieu à visiter dans de telles circonstances mais les chutes et Miss Monroe sont quelque chose à voir.
Vues sous n'importe quel angle, les chutes de Miss Monroe laissent bien peu à deviner à un public raisonnablement attentif.

Photoplay
Ce film authentifie deux chefs d'oeuvres de la nature:
Niagara et Marilyn.

DVD Mania
Le déchirement d'un couple dans le cadre idyllique des chutes du Niagara. Ce film, où chacun des gestes de Marilyn est d'un érotisme torride, la propulsa définitivement au rang de star.

Télé Star
L
e technicolore sied à ravir à Marilyn, qui gagna ici définitivement ses galons de sex-symbol dans un rôle de beauté fatale, débordante de sensualité. Son apparition en robe rouge moulante vaut à cet égard le coup d'oeil.

Télé Cable Satellite
Marilyn Monroe éclipse les chutes du Niagara.

Pauline Kael
Niagara est le seul film qui mette en valeur le potentiel d'abjection répugnante de la perversité infantile et câline de Marilyn Monroe. Ici, on n'éprouve pas la moindre affection pour elle.


> dans la presse
film_niagara_press_3 film_niagara_press_2 film_niagara_press_1  

Posté par ginieland à 19:46 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

13 mai 2010

Niagara vu par il était une fois le cinéma

logoCritique de Niagara

Article publié par Ben Bradford
en ligne
sur iletaitunefoislecinema.com

Niagara (Henry Hathaway, 1953)

iletaitunefois_niag_1Niagara, un endroit magique, la chute d’un homme, la naissance d’une star…

George Loomis (Joseph Cotten) marche le long des chutes du Niagara et s’interroge. « Why should the Falls drag me down here at 5 o'clock in the morning? To show me how big they are and how small I am? […] But why not? They've had ten thousand years to get independent ».

Qui commande l’indépendance ? Les chutes du Niagara, symbole d’une force de la nature ou bien Rose Loomis (Marilyn Monroe), somptueuse et vénéneuse épouse. Le couple Loomis habite dans un bungalow non loin des chutes du côté canadien. Leur vie est monotone. George est capturé par le charme de sa femme. Inerte, fasciné et jaloux, George est à la dérive tel un homme emporté par les flots d’un torrent irrésistible. La rivière est blonde, tentatrice et volage.


La couleur, personnage à part entière

Dès les premières secondes, Henry Hathaway instaure une comparaison implicite entre Marilyn Monroe et les impressionnantes chutes d’eau, aussi captivantes que dangereuses. Les deux faces d’un danger si séduisant. Cette atmosphère se dégage implicitement de l’ambiance classique des films noirs. Dans le polar noir, une partie du frisson provient de l’obscurité parfois lugubre, du moins sombre et oppressante. Pour ne citer que les mises en scène de Henry Hathaway, Le Carrefour de la mort (Kiss Of Death, 1947) ou Appelez nord 777 (Call Northside 777, 1948). Niagara tranche par l’éclat de ses couleurs. Les chutes, d’un bleu émeraude, le rouge à lèvres, la chevelure blonde, la verdure, les cirés jaunes…

  iletaitunefois_niag_2

La couleur devient un pari audacieux. Qu’on ne s’y trompe pas, Niagara n’en reste pas pour autant un polar noir et ce même s’il contraste avec les codes du genre. Le metteur y fait implicitement référence au début. Un autre couple de touristes, les Cutlers, rejoint le bungalow pour y séjourner. En chemin, un dialogue ambigu s’installe entre eux à propos du retard dans leur lune de miel. La réponse de Polly Cutler préfigure l’arrivée d’événements inattendus : “It'll be just as good as a regular honeymoon”. Ce message résonne comme un avertissement sur la suite des événements. La tragédie de cet homme possédé par une épouse infidèle et le jeu mortel qu’ils se livrent appellent une fin tragique. Toutefois la couleur donne une impression nouvelle. D’une part, elle adoucit la gravité des images et d’autre part elle rend plus crue la mise en scène.

Ainsi, le début de la trame narrative est presque mélodramatique avec l’image de l’arc-en-ciel sur les chutes, de cet homme qui se balade le long des chutes. A l’inverse, le sang se glace quand Marilyn se rend à la morgue où le blond contraste avec l’obscurité. Plus que le rose, prénom de Marilyn dans Niagara, c’est le rouge qui domine ce film noir. Le rouge, couleur du rouge à lèvres et des vêtements de Marilyn, couleur du générique mais également couleur du sang.

La scène du meurtre dans l’Eglise est des plus saisissante, digne d’un moment hitchcockien (on pense au film Le grand alibi, 1950). Un air de musique répétitif, des cloches au repos menaçant de résonner à tout moment, des escaliers interminables. Le tout avec un rouge répétitif, des sceaux de lumière tamisés au luminaire d’incendie. Le rouge est associé à la mort sans pour autant laisser paraître aucune trace du meurtre lui-même. Aucune tâche de sang. La caméra suggère sans tout dévoiler. 

 iletaitunefois_niag_3

Ce travail sur la couleur est toutefois quelque peu mis à mal par la faiblesse de la trame narrative. Les palpitations ne se concentrent que sur un court moment du film laissant un grand vide avant et après. La fin est même presque risible tant il manque une intensité dans la chute.


Marilyn Monroe, la métamorphose d’une femme


Jusqu’à la sortie de Niagara en 1953, Marilyn Monroe avait une carrière plutôt fade avec des comédies de second rang tel que Chérie, je me sens rajeunir (Monkey Business, 1952), Cinq mariages à l'essai (We're Not Married, 1952) ou Chéri, divorçons (Let's Make It Legal, 1951) si elle n’était pas elle-même au second plan dans les films (Eve, Quand la ville dort, 1950).

Niagara marque un tournant. Marilyn, icône plastique des Etats-Unis devient une femme fatale à l’image de Rita Hayworth (Gilda, 1946) ou de Lauren Bacall (The Big Sleep, 1946). Sensuelle et prédatrice. Dans Niagara, l’intrigue ne démarre que quand Rose Loomis est suprise en train d’embrasser son amant. Outre la relation adultérine, le personnage manipulateur de Rose se révèle des plus intrigants. Outre ses formes attirantes et son regard d’ange, Marylin interprète une femme insensible à la détresse affective de son mari mais irrésistible en même temps. L’image de blonde platine simpliste se dissipe pour laisser place à une femme de caractère.

Dans un moment de relâchement, Georges et Rose s’embrassent tendrement après une dispute. Puis Rose s’échappe à nouveau sous un prétexte fallacieux, laissant Georges dans un certain désarroi avec un sourire pernicieux. Derrière Rose, se cache une femme froide et manipulatrice. Ce visage inhabituel constitue le point d‘orgue de ce polar colorisé vénéneux. 

iletaitunefois_niag_4

Il reste tout de même un goût d’inachevé. Les dialogues sont trop nombreux et pas assez incisifs. Les personnages secondaires sont trop présents, au détriment de l’intensité dramatique du couple Loomis. Marilyn Monroe est absorbée dans des dialogues sans intérêt tandis que Joseph Cotten est presque muet. Cette faiblesse scénaristique réduit le rayonnement nouveau de Marilyn Monroe, femme fatale. Niagara sorti en 1953 s’impose comme un polar certes incomplet mais nouveau, augurant une période plus innovante pour le film noir comme l'incarneront des films tels Un si doux visage (Angel Face, 1952) ou Sueurs froides (Vertigo, 1958). 

Posté par ginieland à 12:45 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

12 février 2010

Niagara vu par Critikat.com

critikatlogoLe mari, l'amant et Marilyn

Article publié par Ophélie Wiel
en ligne sur critikat.com

critikatniagara

Il y aura quatre-vingts ans en avril, naissait une petite fille brune qui, en devenant blonde, allait bouleverser l’image de la femme au cinéma. En 1952, Niagara est le premier grand rôle de Norma Jean Baker, rebaptisée Marilyn Monroe, la petite starlette qui s’acharne dans les studios de la Twentieth Century Fox depuis six ans, convaincue qu’elle deviendra une grande star. Et même si le grincheux Henry Hathaway prétendit le regretter (Marilyn n’était-elle pas insupportablement perfectionniste devant une caméra ?), il fit bien d’embaucher la blonde actrice pour le rôle diabolique de Rose Loomis, la femme adultère et meurtrière. Car d’un banal polar, Niagara se transforma ainsi en un film à la facture quasi hitchcockienne, où la frustration sexuelle est le moteur des actes de chaque individu.

Les chutes du Niagara/Marilyn : lors de la sortie du film, le parallèle entre la force tranquille et fascinante de la cascade et les courbes voluptueuses du corps de l’actrice n’échappa pas au studio, qui en fit son premier argument de vente. La Nature et la Femme, jalouses de leur domination sur l’Homme, font feu de tout bois pour imposer leur prééminence. Hathaway filme ainsi avec la même admiration hypnotique le déhanché de Marilyn qui s’éloigne, de ce pas si violemment sensuel qui n’appartient qu’à elle et l’eau qui bascule soudain pour se transformer en un dangereux bouillon. Évidemment, la cascade a un avantage sur la femme : elle est éternelle et peut engloutir des vies humaines sans mettre en péril sa propre existence. Rose Loomis, elle, joue un jeu dangereux qui repose essentiellement sur la fascination presque inconditionnelle qu’elle exerce sur l’homme. Une fois évaporée cette fascination, elle n’est plus qu’un être fragile, à la merci de la force physique la plus basique. Quant Hathaway filme Marilyn, fuyant devant une mort certaine, il la fait venir vers la caméra : la célèbre vision du dos et du déhanché de l’actrice disparaît, comme pour mieux symboliser la perte de confiance de la femme en son pouvoir de séduction. Parallèlement, les tenues provocantes de Rose (comme la robe rouge de la chanson Kiss) ont laissé place à des tailleurs plus sobres.

Dès les premières minutes, les plans sur les chutes du Niagara - qui, finalement, n’auraient pu être qu’un décor parmi tant d’autres - sont une évidente (mais non pas moins splendide) métaphore du désir et de la frustration sexuelle. Le petit univers humain du film - un motel où les touristes américains viennent passer leur lune de miel - est parcouru de non-dits, de tensions malsaines. Le couple « ordinaire », apparemment heureux, incarné par Jean Peters et le falot Max Showalter, auquel le spectateur est censé s’identifier en tant que témoin du drame, est à peine plus solide que le couple vedette Joseph Cotten/Marilyn. La façon dont le mari de Jean Peters présente au douanier son week-end de lune de miel (« j’ai apporté des livres pour m’occuper »), ainsi que sa continuelle préoccupation pour son avenir professionnel (au point d’y sacrifier la santé mentale de sa femme) augurent le pire pour l’avenir du couple. Leur amour n’en semble que plus asexué, platonique. Ainsi, lorsque le jeune époux tente de transformer sa femme réticente en pin-up, l’ombre de Marilyn - celle de la maîtresse en puissance, de l’obscur objet de désir - vient gâcher la photo. Les cirés jaunes et noirs informes que les jeunes touristes doivent revêtir pour visiter les chutes sont un autre symbole de l’absence de sexualité : alors que Jean Peters doit s’éloigner pour que son mari puisse la photographier devant la cascade, Marilyn et son amant anonyme sont on ne peut plus proches, s’étreignant passionnément, aveugles à tout regard extérieur.

La frustration qu’éprouve Joseph Cotten est tout autre, évidemment beaucoup plus violente. Car la sensualité de sa femme Rose/Marilyn n’existe pas seulement dans son regard, mais dans celui de tous les spectateurs. Elle éclate sur l’écran : l’actrice n’est pas qu’une très belle femme, elle sait comment utiliser la caméra pour la rendre amoureuse d’elle. Or, sur la plupart des plans, Cotten est séparé d’une épouse qu’il désire jusqu’à la folie : marié à une femme que tous les hommes lui envient, il ne peut l’atteindre. Filmant Marilyn/Rose nue sous un drap ou derrière une vitre de douche, Henry Hathaway expose sa beauté tout en lui conférant un statut d’icône intouchable. Les seuls moments où Cotten pourra s’approcher de cette déesse n’ont rien du naturel caractéristique d’une relation amoureuse saine : le premier est choisi par Marilyn/Rose, qui cherche à mettre en confiance un mari dont elle sait qu’il n’a plus que quelques heures à vivre. Le deuxième est un viol par procuration : la satisfaction qu’éprouve Cotten en étranglant sa femme, puis en s’allongeant à côté de son corps sans vie, a tout de la sensation orgasmique.

Victime de sa beauté et de sa trop grande sensualité dans le monde contraint et puritain de l’Amérique des années 50, Rose Loomis n’est pas une criminelle. Incarnée par une comédienne fine, profondément attachante, qui a parfaitement compris l’ambiguïté du personnage, elle est la proie d’un dédoublement de personnalité, qu’Hathaway suggère par de nombreux gros plans sur son visage. Lorsque Rose entend l’air de Kiss entonné par les cloches de l’église (signe que son amant s’est débarrassé de son mari), le sourire qu’elle réprime à peine est volontairement choquant. Mais quelques minutes auparavant, lorsqu’elle regardait son amant, à son insu, elle n’était plus qu’une femme amoureuse attendrissante. Niagara, premier grand rôle d’une éclatante carrière, est une réponse définitive à tous ceux qui oseraient encore dire que Marilyn n’était pas une très grande actrice. 

Posté par ginieland à 18:15 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : ,