16 septembre 2017

Doc - Billy Wilder ou le grand art de distraire

Billy Wilder ou le grand art de distraire

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Année: 2016
Réalisation: André Schäfer,
Jascha Hannover
Pays: Allemagne, ZDF
Durée: 91 min

Le Viennois d'Hollywood a écrit et tourné les comédies les plus enlevées de sa génération, de "La garçonnière" à "Certains l'aiment chaud", et défié l'Amérique puritaine. Ce documentaire ressuscite le mythe Wilder en mêlant à de savoureux extraits de ses grands classiques des interviews de ses proches et de ses collaborateurs.


Retranscription du passage lié à Marilyn Monroe:

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(à 47min) - extrait interview Jack Lemmon: "Il me dit "J'ai un scénario sur le massacre de la Saint Valentin. Tu es musicien, le gars qui est avec toi, aussi. Vous êtes témoins du massacre. Vous devez vous travestir et intégrer un orchestre de femmes. Sinon, les gangsters, qui savent que vous les avez vus, vont vous tuer. Pendant les trois quarts du film, tu seras sapé en femme. T'es partant ?" Je sais pas pourquoi, j'ai accepté !"
interview de Dick Guttman, écrivain et attaché de presse:"C'est la scène dans laquelle Jack Lemmon et Tony Curtis sont déguisés en femmes essaient d'intégrer l'orchestre féminin. Ils sont tous les deux sur le quai, et soudain, Marilyn arrive en se trémoussant comme elle seule savait le faire. Elle les dépasse et ils sont subjugués. Mais ce n'était pas encore assez pour Billy. Il a glissé un mot à Marilyn puis il a crié: "On la refait !" Je n'ai pas entendu ce qu'il lui disait exactement. Ensuite, il est allé voir l'accessoiriste, puis ils ont refait la scène. Quand Marilyn les a dépassé, cette fois, le train a craché de la vapeur pile sur son popotin et elle s'est retournée d'un coup en sursautant. Quand Billy est revenu, il a dit "Elle est tellement sexy que même le train veut lui mettre la main aux fesses." C'était Billy !"

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extrait interview Jack Lemmon: "Je ne l'ai jamais vu sans voix, sauf avec Marilyn. On tournait une scène, et tout ce qu'elle... -la caméra était dirigée sur Tony et moi- Là, elle frappe à la porte, on enfile vite nos perruques, parce qu'on était censés être des femmes. Tony dit "Entrez !" Elle entre, la caméra se dirige sur elle. Et elle doit juste dire: "Où est le bourbon ?"
interview de Armgard Seegers-Karasek, journaliste et traductrice: "Ils ont du la tourner 56 fois parce qu'elle n'arrivait pas à dire cette phrase. Elle disait toujours: "Où est le whisky ?" ou "Où est-ce que je dois regarder ?" Ils ont fini par coller cette phrase partout, dans tous les tiroirs qu'elle ouvrait, c'était écrit: Où est le bourbon ? Mais elle continuait de se tromper. Au bout de la 64ème prise, Billy lui dit: "Marilyn, ne sois pas inquiète."
extrait interview Billy Wilder: "Et elle répond: "Inquiète de quoi ?"

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extrait interview Billy Wilder: "Je n'avais aucun problème avec Monroe. C'est Monroe qui avait un problème avec elle-même. Elle était toujours un peu confuse et avait un mal fou à se concentrer. Il y avait toujours quelque chose qui la rongeait. C'était laborieux. Mais, mon Dieu, une fois que c'était passé, que vous aviez subi les 30, 40, 50 premières prises ou son retard, vous teniez quelque chose d'absolument unique."
interview de Volker Schlöndorff, régisseur: "Billy Wilder n'était pas arrogant. Simplement, il se tenait à distance des choses. Et d'une manière très drôle, aimable et amicale. Par exemple, il n'a jamais laissé les comédiens pleurer un bon coup devant lui, pour se soulager, ou de lui exposer une demande personnelle, ou existentielle. Un jour, je lui ai demandé comment il faisait, et il m'a répondu: "Je n'encourage pas ce genre d'attitude." Il ne se serait jamais embarqué là-dedans."


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02 septembre 2017

Doc - Au Fil des Enchères

Au fil des enchères
La robe de Marilyn Monroe

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Année: 2017
Réalisation: Stephane Carrel

Pays: France
Production: Arte France et Gedeon Programmes
Durée: 27 min

Le destin de pièces exceptionnelles proposées dans des salles des ventes, qui racontent à elles seules toute une époque. Dans ce volet, nous découvrons la robe de couleur chair portée par Marilyn le 19 mai 1962 au Madison Square Garden, à New York, lorsqu’elle a chanté "Happy Birthday" au président Kennedy.

>> Diffusé en France sur arte le 27 août 2017


Retranscription du documentaire

Dans les salles de ventes aux enchères, il y a des passionnés, des flambeurs, des marteaux, mais surtout des objets par milliers aux destins hors du commun. "Au fil des enchères" retrace les histoires insolites de ces trésors. Et aujourd'hui, notre objet est une robe. Non, pardon, LA robe de Marilyn Monroe.
Voix off, extrait interview Marilyn: Elle se prend pour qui, Marilyn Monroe ? (rire) Si je suis une star, ce sont les gens qui ont fait de moi une star.
Tout commence à Los Angeles. La ville qui a vu naître la légende Marilyn Monroe. Là où l'on croise toujours l'icône sur les si célèbres murs peints ou bien dans la rue ou même sur un pont. Mais aussi, en ce qui nous concerne, dans la salle des ventes des stars Julien's Auction. Cette vente aux enchères consacrée à la star est la plus exeptionnelle depuis ces dix dernières années. Toute la vie de Marilyn est là. Du rouleau avec cheveu inclu, à ses chaussures, ses sacs à mains, son rouge à lèvres, son appareil photo, son journal intime, ses bas, sa vaisselle, ses tubes de crèmes usagers, ses costumes de films. Plus de 1000 objets de rêves ou de fantasmes. Marilyn est comme les diamants... éternelle.

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Voix off, extrait interview Marilyn: Qui que je sois, je serais toujours La Blonde. (rire) Mais s'il vous plaît, ne me ridiculisez pas. Je veux être une artiste, une actrice.
Mais le clou de la vente, la pièce de résistance, c'est elle: un chef d'oeuvre, d'après Martin Nolan, l'expert de la maison.
Martin Nolan, expert de la vente: Cette robe est le vêtement le plus historique, le plus iconique jamais porté dans le monde. Cette robe dont je parle a été portée par Marilyn Monroe le 19 mai 1962 au Madison Square Garden à New York, quand elle a chanté "Happy Birthday" au Président des Etats-Unis John Fitzgerald Kennedy. Quelques semaines plus tard, Marilyn décédait. Et l'année suivante, le Président a été assassiné. La tragédie autour de cette robe et son lien avec l'événement historique font qu'elle est très iconique et importante. Nous en parlons aujourd'hui, 54 ans après son décès, parce que c'est une interaction entre la politique et Hollywood. C'est Monroe et les Kennedy, c'est du talent, de la mode, c'est tout simplement une oeuvre d'art.

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extrait de Marilyn au Madison Square Garden chantant "Happy Birthday"
Le prix de vente de notre robe est estimé entre 2 et 3 millions de dollars. Alors ce soir, on ne lésine pas sur les moyens: champagne et ambiance glamour à mort. Tout pour honorer le mythe et surtout, s'arracher un bout de l'icone.
Dans la salle de vente: "Bonsoir Mesdames et Messieurs. Soyez tous les bienvenus à la soirée de ventes aux enchères chez Julien's pour la vente d'objets de la vie et de la carrière de Marilyn Monroe."

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Alors que dans la salle, on se demande déjà qui va repartir avec gros lot, plongeons-nous à présent dans cette soie couleur chair qui épousait parfaitement les formes de la déesse et regardons comment un certain soir de 1962, notre robe est entrée dans l'histoire.
En 62, à seulement 43 ans, John Fitzgerald Kennedy est le fringuant Président des Etats-Unis. Il est jeune, il est beau, il est télégénique et le monde entier l'adore. Quant à Marilyn, elle est la plus grande star de Hollywood. La plus glamour, la blonde que tout le monde désire. JKF le premier. A tel point que les rumeurs de liaisons entre la star et le lion vont bon train. Alors, quand il s'agit pour le Président de fêter son anniversaire, ou plutôt de renflouer les caisses du Parti démocrate à l'occasion d'une grande soirée au Madison Square Garden, quel meilleur outil promotionnel que Marilyn Monroe ?

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La Maison Blanche n'a pas manqué d'envoyer un courrier à la star prédisant que sa venue guarantirait un succès extraordinaire. Ce 19 mai 62, les 17 500 tickets ont tous été vendus. L'événement marque l'unique rencontre publique de ces deux symboles de l'Amérique, rencontre soulignée par l'absence de Jackie Kennedy.

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Une véritable romance de cinéma qui pourrait s'écrire par Scott Fortner, l'un des plus grands spécialistes et collectionneur de la star.
Scott Fortner, spécialiste et collectionneur de Marilyn Monroe: En ce qui concerne l'histoire d'amour entre le Président Kennedy et Marilyn Monroe, personnellement et d'après mes recherches, je ne pense pas que ce fut une histoire d'amour de longue durée. Je pense que leur rencontre, en mars 1962, a été l'histoire d'un soir. De nombreuses personnes affirment que Marilyn disait qu'elle avait rencontré le Président mais que c'était juste l'histoire d'un soir et qu'une relation à long terme ne l'intéressait pas. Par contre, on pense que c'était lors de ce rendez-vous en mars, que le Président aurait demandé à Marilyn de se produire à son gala d'anniversaire en mai.
Voix off, extrait interview Marilyn: J'ai été honorée d'être invitée au Madison Square Garden. En fait, j'ai pensé: "Oh, mon Dieu ! Et si aucun son ne sortait de ma bouche ?" (rire)
Scott Fortner: Vous imaginez ? La petite Norma Jeane, qui avait grandi dans des orphelinats et des familles d'accueil, invitée à chanter pour le Président des Etats-Unis. Alors, évidemment, il lui fallait porter une robe sensationnelle pour aller à ce gala et pour lui chanter "Happy Birthday". L'histoire veut qu'elle ait réclamé une robe que seule Marilyn Monroe pourrait porter. Jean-Louis a créé cette robe pour elle.

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Mais qui est ce Jean-Louis ? Jean-Louis est l'un des plus importants couturiers de l'âge d'or d'Hollywood. Il commence sa carrière dans les années 30 à Paris puis tente sa chance à New York. Son style, élégant et simple, tape tellement dans l'oeil des stars, qu'il se retrouve très vite chef costumier pour les grands studios hollywoodiens. Il habille alors toutes les grandes vedettes, dont Marilyn Monroe pour "Les désaxés" et "Quelque chose doit craquer". Et si Marilyn fait appel à lui, c'est pour une robe renversante. Une robe inoubliable, que seul Jean-Louis peut réaliser. Une de ces robes illusions, qui donne l'impression d'être totalement nue.

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A cette époque, un certain Bob Mackie débute sa carrière auprès de Jean-Louis. Notre robe va changer son destin.
Bob Mackie, dessinateur de la robe: Jean-Louis m'a fait un tout petit dessin et c'était une forme très classique. Alors, j'ai fait l'esquisse de la robe. Je l'ai fait en une heure ou deux dans la matinée. Et puis, ils l'ont emportée. Je ne savais pas pour quoi c'était, j'étais le gamin le plus jeune à qui on ne dit rien. "Fais ton travail et tais-toi !" C'était mon premier job, et j'étais mort de trouille. Bien sûr, je savais que le croquis était pour Marilyn Monroe, parce qu'il faut savoir qui elle est, pour dessiner la femme aux cheveux blonds avec la belle poitrine et tout ce qui va avec. Vous savez, lorsque vous ressemblez à Marilyn Monroe, vous n'avez pas besoin d'avoir une robe extravaguante. C'était simplissime: un décolleté élégant, et puis serré tout le long, elle mettait parfaitement en valeur sa silhouette. La robe est faite d'une seule couche de tube de soie couleur chair et par-dessus, les cristaux troués au centre, sont cousus un à un. Il y a de nombreuses pinces et astuces pour l'ajuster à son corps. Des choses qu'on ne voit pas lorsqu'elle est portée. Mais la robe comporte des pinces juste au bon endroit. Elle était très échancrée derrière et mettait en valeur son beau dos, elle mettait parfaitement en valeur ses fesses. Marilyn était en excellente forme, comme elle ne l'avait pas été depuis des années. Elle avait un physique incroyable. En général, sur ces robes, on coud des cristaux plus petits en haut, on en met un peu plus en descendant et au centre, et un peu moins en allant vers les côtés. Vers le bas de la robe, de plus grands cristaux se mélangent avec les plus petits. Cela donne du poids, et en plus, c'est esthétique. C'est très efficace sous les projecteurs. C'était la robe parfaite pour Madison Square Garden. Je suis sûr que la personne au dernier rang qui devait être à plus d'un kilomètre de la scène, pouvait voir Marilyn Monroe dans le moindre détail.

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Notre robe, entièrement faite main dans un esprit Haute-Couture française, a été exécutée en trois mois. Le montant de la facture délivrée à Marilyn, qui comprenait la robe (1027,36), les strass (321,89), et une paire de styletos (35,68), s'élevait à 1440 Dollars et 33 cents, environ 12 000 Euros aujourd'hui. C'est dire à quel point Marilyn voulait marquer l'événement. Alors, combien va-t-elle coûter au prochain acquéreur ? Après avoir vendu tous les objets précédents ayant appartenus à la star, c'est enfin le tour de notre robe.
Dans la salle de vente: "Et maintenant, le moment historique, la vente d'une des robes des plus importantes dans le monde. J'en parlais avec un monsieur avant la vente, ce que cette robe représente, est un moment d'histoire. Et puisqu'elle représente un moment d'histoire, nous faisons partis de l'histoire. Ce moment est historique. Vous pouvez en faire parti ce soir. C'est une opportunité rare dans ce beau pays qu'est le nôtre. Allez-y: que quelqu'un lève sa main pour 20 millions et prouvons que les robes peuvent monter aussi haut. Qu'en pensez-vous ? Est-ce que quelqu'un veut ouvrir les enchères à 20 millions ?"
Vingt millions de dollars ! Une mise à prix totalement hystérique pour une enchère qui va se dérouler à l'envers; ça ? c'est l'effet Marilyn !

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En mai 62, quand Marilyn Monroe se rend à New York pour la soirée du Président, elle quitte le tournage de son dernier film "Quelque chose doit craquer". Un titre prémonitoire. En effet, la Fox, agacée par les retards et les absences répétées de la star, menace de la virer. Peu importe. Un moment historique l'attend, dans lequel notre robe va jouer un rôle essentiel. Marie Irvine, son amie maquilleuse rencontrée en 58 lors d'une séance photos de Richard Avedon, se souvient de cette journée de préparation.
Marie Irvine, maquilleuse et amie de Marilyn Monroe: Marilyn était très inquiète le jour de l'anniversaire. Elle ne comprenait pas pourquoi le studio de la Fox lui avait fait autant de problèmes, puisqu'il était stipulé dans son contrat que cette journée serait libérée pour sa participation au gala du Président. Les préparatifs ont pris toute la journée. Il y avait tant de choses à faire: la robe devait être essayée, cela n'avait pas été fait; je crois me souvenir que cela avait pris beaucoup de temps. Il y avait le maquillage à faire, elle avait une peau pratiquement parfaite. Je n'ai pas fait grand chose pour Marilyn, à part faire ressortir Marilyn elle-même. Elle devait s'entraîner à chanter "Happy Birthday": il y avait un célèbre pianiste noir qui l'avait aidé à chanter. Elle a beaucoup répété la chanson "Happy Birthday", jusqu'à... vous ne pouvez pas imaginer, c'était très important pour elle. La robe a pris beaucoup de temps. Norell est venu personnellement pour coudre la robe sur Marilyn. Alors, la robe a été cousue sur elle et ça a du prendre au moins une demie heure. 
On sait que Jean-Louis, le créateur de la robe, bloqué à Los Angeles, a demandé à son couturier Norman Norell, qui connaissait lui aussi très bien Marilyn, de se rendre à l'appartement de la star pour ajuster la robe sur elle au dernier moment. Marie a tout vu.
Marie Irvine: Oui, je l'ai vue mettre la robe. Elle ne portait rien en-dessous. J'ai tout simplement pensé: "Quelle belle femme !"
Hannn... scandale ! De quoi provoquer la stupeur et décrocher la mâchoire du séduisant JFK.
Marie Irvine: J'ai adoré. Je l'ai trouvée magnifique. Tout le monde a poussé des "Oh !", des "Ah !", elle était maquillée, elle était coiffée, et nous avons tous eu le souffle coupé. C'était un régal pour les yeux. Elle est allée directement à la voiture qui l'attendait, une grande limousine évidemment, et elle est partie pour Madison Square Garden. On a réalisé qu'elle avait oublié ses boucles d'oreilles en diamants. J'ai donc été obligée de les amener à Madison Square Garden. Elle n'a pas dit grand chose, à part "merci". On s'est fait un signe de la main pour se dire au revoir et c'est la dernière fois que j'ai vu Marilyn.

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extrait Peter Lawford annonce Marilyn au Madison Square Garden
Alors que dans sa loge Marilyn semble prête, quand Peter Lawford l'annonce à exactement 22 heures 32, elle ne se montre pas. Que se passe-t-il en coulisses ? Les rumeurs les plus folles ont couru. La robe aurait craqué, Marilyn aurait été ivre.
Scott Fortner: Je pense que c'était juste une blague récurrente. Je crois par contre qu'elle savait que la soirée serait historique, et donc il fallait une interprétation historique avec une robe historique. Si c'était son objectif, elle l'a atteint. Marilyn gérait intelligemment son image. Cette nuit là, c'était encore une véritable performance. Et elle restera dans les annales comme l'une des plus mémorables.

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Quand enfin Marilyn se montre, que la fourrure tombe, que la robe apparaît et qu'elle commence à chanter, l'allusion sexuelle est phénoménale. Pour immortaliser ce moment, une meute de photographes est postée devant la scène. Parmi eux, Bill Ray, jeune reporter de 26 ans qui couvrait l'événement pour Life.
Bill Ray, photographe: Life magazine était un hebdomadaire. Donc, on, essayait toujours de prendre une photo différente en espérant qu'elle soit la meilleure. Je me suis dégagé de cet attroupement tout de suite. Et j'ai commencé à faire le tour vers l'arrière de la scène. J'espérais pouvoir prendre une photo de Marilyn de dos avec le Président Kennedy face à elle. Bien sûr, il y avait des projecteurs sur les artistes. Et à un moment donné, toutes les lumières se sont éteintes, comme une coupure d'électricité. On ne voyait plus rien. Et puis soudain, un projecteur très puissant a éclairé Marilyn Monroe, dans cette robe moulante, de couleur chair, avec tous ces cristaux étincelants de partout. On a entendu un grand "Ahhhh", venant du public du Madison Square Garden. Mon objectif était très lourd. Alors, j'essayais de trouver une position stable en m'appuyant sur la rembarde. Et je n'étais pas du tout sûr que la photo serait réussie ou simplement nette. La photo n'a pas été publiée cette semaine là. C'était drôle car elle n'était pas considérée comme assez bonne à l'époque. Mais quelques années plus tard, elle est devenue l'une des meilleures. Elle fait partie du mythe maintenant. Tout ce qui était réuni ce soir là était exceptionnel: Marilyn en train de chanter cette chanson avec cette robe, dans cette lumière, en cet instant précis, et dans la posture où je l'ai prise. Une photo qui vous renvoie à un moment où on a l'impression que le temps s'est arrêté, est une photo iconique.

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Un autre moment historique nous attend du côté de la salle des ventes.
Dans la salle de vente, le commissaire priseur: "Est-ce que quelqu'un veut ouvrir les enchères à 20 millions ? Et à 10 ? Est-ce qu'il y a des courageux dans la salle pour 10 ? Elle les vaut. Il n'y a pas de doute qu'elle vaudra 20 ou 30 millions un jour, si ce n'est pas aujourd'hui. Qui offre 10 ? 5 millions, alors ? 5 millions de dollars ? J'ai 2 millions pour commencer. Est ce que quelqu'un offre 3 millions ?"
Nous approchons du but. Mais il reste une question: Ou était la robe pendant toutes ces années ? Comment a-t-elle ressurgi ?
On sait que le 19 mai 62, Marilyn, toujours vêtue de sa robe, quitta la soirée vers 3 heures du matin et rentra chez elle, seule. Elle s'envola à 14 heures pour Los Angeles où son dernier tournage l'attendait, sa robe chrysalide dans sa valise. A sa mort, moins de trois mois plus tard, Lee Strasberg, son professeur de théâtre, hérita de ses effets personnels qu'il entassa dans un garde meuble à New York. Tout fut exhumé en 99 lorsque sa deuxième femme Anna Strasberg orchestra leurs dispersions lors d'une vente d'anthologie à New York. A cette époque, Nancy Valentino était chargée de la vente.
Nancy Valentino, ex spécialiste chez Christie's: C'était la première fois que les cartons de Marilyn étaient ouverts depuis son décès, 35 ans après sa mort. C'est moi qui ait tout ouvert. On avait l'impression que le temps s'était arrêté. J'ai passé environ deux ans, seule, dans un entrepôt avec toutes ses affaires. Cela a été très intense. On était juste toutes les deux dans cette pièce. Vers la toute fin, j'ai remarqué une petite boîte dans un coin. Je l'ai poussée un peu avec mon pied, elle était légère et on aurait dit qu'elle était vide. J'ai presque continué mon chemin en l'ignorant et puis j'ai décidé de vérifier. J'ai ouvert la boîte, et j'ai vu du papier de soie. Et puis j'ai remarqué quelque chose de brillant et argenté. J'ai glissé ma main, et j'ai soulevé: une robe. Je l'ai regardée et je me suis dit: "Est-ce que c'est la robe Jean-Louis qu'elle a porté pour chanter Happy Birthday Mister President ?" J'étais là, toute seule, il n'y avait personne à qui j'aurais pu poser la question. Alors, c'est à ce moment là que j'ai su que j'avais trouvé la robe. Cela a été incroyable; un moment incroyable. 
Et en 99, notre robe fut adjugée à plus d'un million de dollars au richissime homme d'affaires Martin Zweig.
Nancy Valentino: Nous nous trouvons dans l'appartement terrasse de l'hôtel Pierre. La robe est restée ici, entre deux fenêtres avec vue sur New York. Alors voilà, c'est ici qu'elle est restée durant ces 17 dernières années. La robe était sur un mannequin spécialement conçu pour la conservation, le même que celui du jour de la vente. Et la vitrine derrière moi a été fabriquée pour la robe, elle n'existait pas avant 1999. Et donc la robe a été conservée dans cette vitrine pendant 17 ans.
Le millionnaire est décédé en 2013, ses héritiers comme la maison de vente, espérent bien que The Robe atteindra des sommets. 

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Le moment tant attendu est enfin arrivé.
Dans la salle de vente, le commissaire priseur: "Un grand moment de l'histoire. Important, comme aucun autre. Une histoire à raconter aux générations futures. Est-ce que quelqu'un offre 3 millions ? Nous avons 2 millions. 3 millions: j'ai 3 millions ! J'ai une offre pour 3 millions. Est-ce qu'il y a d'autres offres ? Pour 4 millions ? Nous avons une offre pour 3 millions. 4 millions de dollars ! Nous avons une offre ! 4 millions. Maintenant, levez vos mains, levez vos paddles, tapez sur vos claviers, faites ce qu'il faut. Mesdames et Messieurs, cette robe vient de se vendre à 4 millions de dollars. 572: félicitations. Quelle soirée mémorable ! "
Edward Meyer, acheteur de la robe: J'ai essayé de l'acheter en 99, la dernière fois qu'elle a été mise en vente. A l'époque, elle m'est passée sous le nez. Alors, j'étais vraiment très motivé pour l'avoir aujourd'hui. Nous allons l'exposer dans un des musées Ripley's to Believe or Not. Nous la considérons comme La robe la plus iconique du XXième siècle. Elle symbolise la culture pop, elle la résumé parfaitement.

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Une fois de plus, Marilyn a fait s'envoler les enchères. 55 ans après sa mort, l'actrice reste l'icône éternelle de l'Amérique. Elle fascine toujours autant. Marilyn est comme une obsession qui n'est pas prêt de s'éteindre.

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06 juin 2017

Doc - Le Cinéma dans l'oeil de Magnum

Le cinéma dans l'oeil de Magnum

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Année: 2017
Réalisation: Sophie Bassaler

Pays: France
Durée: 54 min

À l’occasion des 70 ans de Magnum, retour sur le lien noué entre les photographes de l'agence mythique et le monde du cinéma. Une plongée unique dans le regard des créateurs, parmi lesquels Robert Capa, Cartier-Bresson, ou Josef Koudelka.
L'agence Magnum, créée en 1947 par Robert Capa, est intimement liée au cinéma depuis soixante-dix ans. Ses photographes iconiques, Capa lui-même, Cartier-Bresson, ou plus tard Josef Koudelka ont accompagné des tournages, leurs réalisateurs et leurs vedettes. Ils ont ainsi documenté des scènes de vie quotidienne, de travail, ou choisi de s'écarter du cadre pour immortaliser leur propre vision artistique. Venant du reportage de guerre ou du documentaire, ces photographes du réel ont appliqué leurs méthodes de travail à ce monde d’illusions : appareil léger, lumière naturelle, photo sur le vif et sans retouches. Marilyn Monroe, James Dean, Kate Winslet, Michelangelo Antonioni ou Theo Angelopoulos sont passés sous l'œil de l'agence, instaurant un lien unique qui ne s'est pas défait en soixante-dix ans.
Fiction et réel
C’est par amour pour l’actrice Ingrid Bergman que Robert Capa prend la toute première photo de cinéma de Magnum sur le tournage des Enchaînés d’Alfred Hitchcock, inaugurant cette histoire entre l’agence et le cinéma. À partir de nombreux récits inédits, le documentaire retrace toute une vie d’histoires croisées entre deux mondes qu’a priori tout oppose : la fiction et le réel, comme cette rencontre en 1994 entre le réalisateur Theo Angelopoulos et le jeune photographe Josef Koudelka. Ils puiseront dans les Balkans, lieu de tournage du film Le regard d'Ulysse, des clichés et plans extraordinaires, tout en gardant chacun leur signature unique. Un témoignage passionnant sur le regard des créateurs, artistes de l'image, qu'ils soient derrière une caméra ou un appareil photo.

>> Diffusé en France sur arte le 31 mai 2017


Retranscription du passage lié à Marilyn Monroe:

(à 19min 30sec) - Peter Marlow (photographe): Quand on a ce genre de relations, cela rend les choses très différentes; ça permet d'atteindre ce niveau d'intimité.
David Hurn (photographe): L'exemple parfait, c'est Marilyn Monroe et Eve Arnold. Elles étaient très amies et totalement à l'aise ensemble.
Eve Arnold (photographe): Marilyn avait vu une série de photos que j'avais faite de Marlene Dietrich. C'était au début des années 50; ça devait être en 52. A cette époque, les photos étaient toutes retouchées. Tout était très mis en scène. Moi, je ne savais rien de tout ça, j'étais une photojournaliste. J'ai photographié Marlene comme elle était. Elle ne posait pas. Il n'y avait pas de décor ou d'éclairage, juste moi et elle qui chantait. Quelques temps plus tard, je suis allée à une fête donnée pour John Huston. C'est Sam Shaw, un ami commun, qui m'a présentée à Marilyn. Elle m'a regardée et m'a dit: "Vous avez fait du beau travail avec Marlene. Imaginez ce que vous pourriez faire avec moi." J'ai trouvé ça merveilleux. Il se dégageait d'elle une vraie naïveté, mais en même temps, elle avait le sens de son image et savait se vendre. Je suis sûre qu'elle a tout de suite sentie ce que nous pourrions faire ensemble. Un jour, une nuit plutôt, vers 4 heures du matin, elle m'a appelée pour savoir si j'acceptais de la rejoindre à 10 heures du matin à l'aéroport. J'aurai droit à un reportage exclusif, car elle voyageait seule avec son coiffeur.
Isabella Rossellini (actrice, réalisatrice): Eve avait sa délicatesse qui je pense, lui a permis de gagner la confiance d'autres actrices. Notamment, celle de Joan Crawford.

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(... à 21min 50sec) - Eve Arnold: C'était à Chicago durant une escale qui s'éternisait. Marilyn est allée aux toilettes et comme je suis une femme, je l'ai suivie. Je n'avais pas l'intention de la photographier, mais elle était si belle avec sa jupe relevée sur ses petites jambes potelées. J'avais toujours pensé qu'elle était mince. Elle avait cette merveilleuse capacité à se faire plus grande qu'elle n'était.
David Hurn: Cette photo est tellement intime. Et j'aime à pense que Eve était si proche d'elle, que Marilyn lui faisait tellement confiance. Cette photo, pour moi, c'est la quintessence de la photographie.

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Eve Arnold: Je l'ai photographiée sur une période de 10 ans. La plus courte de nos séances n'a duré que deux heures et la plus longue, deux mois, sur le tournage du film "The Misfits" de John Huston. Arthur Miller avait écrit une nouvelle dans laquelle il racontait l'histoire de trois hommes qui travaillaient dans le désert et capturaient des mustangs qu'ils vendaient ensuite pour faire de la nourriture pour chiens. C'est dans ce cadre sauvage qu'apparaît Marilyn. Clark Gable et Marilyn étaient le couple vedette. Il y avait aussi Montgomery Clift, Eli Wallach. Le film a été conçu dans le but de donner enfin un rôle sérieux à Marilyn.

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Alain Bergala (essayiste): Les "Misfits" est totalement exceptionnel sur plein de points. Mais quand le film a commencé à se tourner, personne ne pouvait savoir à quel point, ce serait un film exceptionnel.
Voix Off: Le tournage du film "The Misfits" est un cas unique dans l'histoire des relations entre photographie et cinéma. Neuf grands photographes de Magnum Photos vont suivre ce tournage chaotique durant les trois mois de l'été 1960 à Reno et dans le désert du Nevada. Se succédant deux à deux toutes les deux semaines. Cet accord exceptionnel n'était pas uniquement le fait des liens de John Huston et de l'agence, mais revient à l'initiative de Lee Jones, à l'époque responsable des projets spéciaux du bureau de New York, qui a eu le pressentiment que ce film au casting de rêve mériterait une couverture exceptionnelle.

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Alain Bergala: C'était la première fois dans l'histoire du cinéma où une agence obtenait l'exclusivité. Alors que toute la presse du monde aurait voulu être là. Il l'a obtenu pour une raison simple c'était que Marilyn était déjà mal en point au début du tournage et si elle avait vu arriver des photographes du monde entier, elle aurait craqué.

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Voix Off: Les deux premiers photographes à arriver à Reno sont Inge Morath et Henri Cartier-Bresson.
Agnès Sire (directrice de la fondation Henri Cartier-Bresson): Cartier-Bresson, ça ne l'intéressait pas du tout. Et puis il a entrepris un voyage aux Etats-Unis l'année du tournage des "Misfits" et je pense que Lee Jones et tous les autres à Magnum lui ont dit: "Ca serait bien, on a l'exclu sur ce tournage. Ca serait bien que tu viennes, il y a Marilyn Monroe, etc..." Donc, il est allé sur le tournage; il n'est pas resté très longtemps. Mais il a fait beaucoup de photos; il a fait un portrait de Marilyn Monroe qui est très, très beau. Sa définition du portrait, qui est l'idée de saisir le silence intérieur d'une victime consentante, on voit vraiment, dans la photo de Marilyn Monroe, son silence intérieur.

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Inge Morath (photographe -en 2001): Tout était exotique. Le caractère si américain du film était aussi exotique pour nous. Nous adoptions un point de vue très européen.
Agnès Sire: Arthur Miller a donc épousé Inge Morath qu'il a connue sur ce tournage des "Misfits". Arthur Miller était encore marié à Marilyn Monroe, mais c'était en train de se déliter totalement.
Alain Bergala: C'est hallucinant ce qu'on voit là dans les photos de ce tournage. Des scènes privées. C'est à dire que tout était destroy et du coup, tout était possible. Le photographe pouvait rentrer et faire la scène du ménage qui avait lieu à côté. Cela a évidemment beaucoup joué. Et ils ont senti ça, que tout allait mal.

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Elliott Erwitt (photographe): Le chaos qui régnait sur le tournage était dû aux constants retards de Marilyn, à sa nervosité, et à sa grande détresse de façon générale.
Alain Bergala: Quand les acteurs arrivent, ils sont tous en très mauvais état. Clark Gable n'est pas en mauvais état mais il est très vieux, et Marilyn, ce film se trouve être son dernier film et elle le fait en très très mauvais état.
Bruce Davidson (photographe): Ce n'est pas le sex-appeal de Marilyn qui m'a attiré, mais sa fragilité. C'était une artiste qui luttait contre la dépression. Il y a cette photo que j'ai prise d'elle avec Huston qui m'a mis mal à l'aise. Elle souffrait beaucoup.

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Susan Richards (auteure): Monty Clift était un peu comme  elle. Les acteurs que Dennis trouvait les plus humains sortaient souvent de l'Actor's Studio. Ils essayaient de rester eux-mêmes à Hollywood où tout le monde porte un masque. Et Monty Clift ne jouait pas ce jeu là.
Alain Bergala: L'homosexualité qu'il s'interdisait de faire savoir, névrose absolue, drogues, lui, il avait tout à la fois. Et c'est magnifique. Evidemment, la scène dans l'arrière-cour où ils sont tous les deux complètement destroy, parce qu'ils étaient réellement destroy. Et Huston détestant les homosexuels... En plus, c'était pas simple pour eux, le rapport avec Huston.
Marilyn Monroe: Ce travail peut être si... On essaie d'être sincère. Cela nous amène parfois au bord d'une sorte de folie. Ce n'est pas vraiment de la folie. Il s'agit plutôt d'essayer d'extraire de soi une part de vérité. Et c'est très dur. Enfin, disons, que c'est pas facile.
Alain Bergala: Marilyn, comme toutes les stars, contrôlait les images qu'on pouvait montrer d'elle. Sur les photos qu'elle ne voulait pas voir diffuser, on voit tout ce qui la menace. C'est à dire pour elle, la beauté n'était pas donnée, n'était pas acquise, qu'est ce qu'il a fallu de travail et d'efforts pour qu'on ait une autre image que ça. Cette lutte l'a tuée. D'être toujours une image, à un moment, ça ne tient plus. C'est le film où ça ne tient plus.
Eve Arnold: On l'a tous utilisée, cela ne fait aucun doute. Nous, photographes, devons accepter le fait qu'on a besoin de l'image des autres. Bien sûr, sans la photographie, Marilyn n'aurait jamais été Marilyn. On l'aurait jamais vue car c'est ainsi que beaucoup de gens l'ont découverte. C'est un cercle vicieux, tout le monde utilise tout le monde. Elle m'a utilisée pour l'aider à aller là où elle voulait, moi et des centaines d'autres. Je n'étais pas unique. J'était unique que dans le sens où elle faisait totalement confiance.

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Elliott Erwitt: Les photographes qui ont travaillé sur ce tournage n'étaient pas des paparazzis. Nous étions des photographes Magnum. Personne ne cherchait à nuire ou à créer de scandales. Je ne pense pas qu'il y ait eu des gens comme ça parmi nous.
Voix Off: Le tournage des "Misfits" s'achève le 4 novembre 1960. Le lendemain, Clark Gable est victime d'une crise cardiaque dont il décèdera quelques jours plus tard. Rarement la frontière entre la fiction et la réalité fut aussi mince; et la proximité entre les photographes et les stars aussi grandes.
Alain Bergala: C'est un film 'bascule'. Le cinéma hollywoodien ne sera jamais plus la même chose qu'avant. C'est terminé, donc Il a filmé, en même temps, la décomposition d'un système.
Voix Off: Concurrencé par la télévision, le système des studios s'est essouflé. Et bientôt, les grands magazines suivront. Pour Magnum et le cinéma, une page se tourne.

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20 janvier 2017

Doc - Yves Montand, l'ombre au tableau

Yves Montand,
L'ombre au tableau

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Année: 2015
Réalisation: Karl Zero, Daisy d'Errata

Pays: France
Durée: 59 min

Vingt-cinq ans après sa mort, Karl Zéro et Daisy d'Errata offrent un portrait fouillé et touchant d'Yves Montand, interrogeant les multiples facettes, glorieuses ou pathétiques, et les fêlures de la star.
Le timbre profond des "Feuilles mortes", l'air d'enfant vieilli de César et Rosalie, le cabotin sublime du Milliardaire… : dans la chanson comme au cinéma, Yves Montand a été immensément populaire, dépassant son statut de saltimbanque pour devenir, au côté de sa femme Simone Signoret, l'icône de toute une génération. Pourtant, rien n'aura été facile pour l'acteur, né Ivo Livi, disparu le 9 novembre 1991 à l'âge de 70 ans. Celui qui a débuté au cabaret, avant d'être repéré par Édith Piaf, aura passé sa vie à frôler le scandale amoureux tout en fonçant tête baissée dans tous les combats de son temps, quitte à se fourvoyer, du communisme encore stalinien au libéralisme bon teint.
Lignes de fuite
Pour ce deuxième numéro de leur collection après Charles Trenet, l'ombre au tableau, Karl Zéro et Daisy d'Errata interrogent les multiples facettes, glorieuses ou pathétiques, et les fêlures de la star Yves Montand. Le couple de réalisateurs met en évidence les lignes de fuite d'une existence et d'une personnalité complexes, que la célébrité a longtemps dérobées aux regards, à travers de nombreuses archives, pour certaines inédites ou oubliées, mais aussi des entretiens approfondis avec ses proches : Jean-Louis Livi, son neveu, le cinéaste Costa-Gavras, qui lui a donné ses rôles politiques les plus marquants, de L'aveu à Z, Bernard Kouchner, qui fut à la fois un compagnon politique et un ami, et l'animateur Benjamin Castaldi, fils de Catherine Allégret. Il évoque les attouchements dont cette dernière, fille de Simone Signoret, a dit avoir été victime, toute petite, de la part de son beau-père. Entre ombre et lumière, un portrait sans concession et pourtant émouvant.

>> Diffusé en France sur arte le 15 janvier 2017


 Retranscription du passage lié à Marilyn Monroe:

(à 22min 20sec) (extrait d'une interview) journaliste: "On dit que vous allez partir prochainement pour les Etats-Unis, qu'est-ce que vous allez leur chanter ?"
Yves Montand: "La même chose que j'ai chanté à Moscou, la même chose qu'à Paris, pourquoi changer ?"
Evidemment, quand Montant part pour les Etats-Unis chanter à New York puis donner la réplique à Marilyn Monroe, on tremble pour Simone, car avec Yves, c'est toujours un peu: "n'importe où, n'importe comment, mon amour, jpeux pas faire autrement" (extrait d'une chanson de Montand).
(extrait d'une interview) journaliste: "Simone Signoret, expliquez-moi ce qui est arrivé à Yves Montand ?"
Simone Signoret: "Il est venu à New York, puis il a chanté, puis ça a marché. Et c'est de là que tout est parti."

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C'est dans la plus célèbre émission de variétés de la télévision américaine, la Dinah Shore Show, que Yves Montand a emporté ce triomphe qui commenca par un dialogue. (extrait du sketch de Montand sur la prononciation du "h" en anglais dans l'émission "The Dinah Shore Chevy Show, 1959).

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(extrait de l'émission The David Letterman Show, 19 mai 1987) David Letterman: "Quand vous avez fait vos débuts dans le cinéma américain, vous ne parliez pas anglais, n'est-ce pas ?"
Yves Montand: "J'étais comme ça, comme maintenant je veux dire."
David Letterman: "Vous avez travaillé avec Marilyn Monroe. Il y avait... Je ne sais même pas comment aborder ce thème. Mais... parfois, un homme et une femme, tournant un film ensemble, en tant que co-stars... Vous voyez... ce que je veux dire. Vous n'aviez pas besoin de traducteur pour ça ?"
Yves Montand: "Très juste... très juste, très juste... Non... c'était un film agréable."

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En vérité, Marilyn fut plus une foucade, une aventure digne du guiness-book dont il se vanterait plus tard auprès de ses amis, qu'un véritable amour. Aux Etats-Unis, il oublie donc un temps la cause du peuple et les masses laborieuses. Le grand soir a bien lieu, mais dans les bras de Marilyn Monroe, sous l'oeil impavide de Simone. 

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Benjamin Castaldi (petit-fils de Simone Signoret): "Il m'a fait des confidences sur beaucoup de choses. Marilyn n'est pas un secret, mais c'est vrai que quand il vous raconte Marilyn, on a l'impression que ce n'était pas de sa faute. Elle est arrivée, elle a vraiment insisté, et il s'est dévoué". (sur un ton moqueur).
voix d' Yves Montand: "C'est à dire que si j'avais pu l'éviter, je l'aurai évitée, j'ai pas pu l'éviter, ben bon, jme demande d'ailleurs, si un homme normalement constitué et sain d'esprit et de corps aurait pu résister à rester trois mois seul dans -puisqu'on en parle- dans les bras de mademoiselle Marilyn Monroe. Je ne crois pas, hein. Je crois que c'est difficile."

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Benjamin Castaldi : "Je pense c'était un séducteur, c'est à dire qu'il ne pouvait pas s'empêcher quand il croisait une femme de ne pas rentrer dans un processus de séduction. Mais toutes les femmes, c'est à dire n'importe quelle femme. Jpense qu'il avait ce besoin, animal peut être, de provoquer, de déclencher, la séduction, et plus si affinités."
(extrait interview) voix de Patrick Poivre d'Arvor: "Yves Montand, est-ce qu'il vous est arrivé de faire de la peine à Simone Signoret ?"
Yves Montand: "Oui, beaucoup. Oui... beaucoup. Elle a été parfaite, je ne voudrais pas revenir là-dessus, parce que ça me gêne mais... elle a été très très bien."
(extrait d'une interview) Yves Montand: "Je crois que les plus belles pages que j'ai pu lire sur Marilyn, c'est finalement Simone qui les a écrites. Parce qu'elle dit exactement ce qu'était Marilyn, d'une façon formidable, avec grande tendresse et d'une grande agilité, ce qui est très bien."
Benjamin Castaldi : "Avoir été cocufiée aux yeux et à la vue de la terre entière, pas aux yeux de tous, mais de la terre entière, je ne sais pas ce qui s'est passé après entre eux, je ne sais pas comment ça s'est réglé. Ma grand-mère a balayé tout ça de façon très intelligente en disant 'Vous connaissez beaucoup d'hommes qui n'auraient pas succombé à Marilyn'".

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(extrait d'une interview) journaliste: "C'est vrai dans le fond, on est tellement habitué de vous voir ensemble, c'est à en oublier à quel point vous étiez unique. C'est assez rare."
Simone Signoret: "C'est gentil ce que vous dîtes."
journaliste: "Est-ce que par hasard, vous vous aimeriez ?"
Simone Signoret: "On s'aime et on s'aime bien. On s'aime bien et on s'aime."
Montand fait montre d'un sixième sens fascinant pour noyer le poisson.
(extrait d'une interview) Yves Montand: "Simone est contente, à la minute où elle se réveille, où elle se couche. Elle lit un bouquin, elle est ravie, elle va faire une course, elle est ravie, elle rencontre quelqu'un, elle est ravie, elle boit un scotch, elle est ravie. Elle est contente, tandis que moi, je ne joue pas l'enthousiasme, elle est enthouasiaste".

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30 novembre 2016

Docu - Truman Capote, Enfant terrible de la littérature américaine

Truman Capote,
Enfant terrible de la littérature américaine

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Année: 2016
Réalisation: Adrian Stangell

Pays: Allemagne
Durée: 53 min

Une évocation passionnée de la vie et de l’œuvre de Truman Capote, auteur flamboyant et incorrigible mondain. Aux documents d'archives se mêlent des extraits des nouvelles et des romans de l'auteur, depuis "Les domaines hantés", son premier roman publié, jusqu'à son testament littéraire, l'œuvre inachevée "Prières exaucées".
Figure mondaine, auteur surdoué aussi célèbre pour son œuvre que pour ses frasques, Truman Capote (1924-1984) s’est fait connaître du monde entier en 1958 grâce à un court roman, Petit déjeuner chez Tiffany (adapté au cinéma dans Diamants sur canapé, avec Audrey Hepburn). Cinquante ans après sa parution, son "roman-vérité" De sang-froid (1965) n’a rien perdu de sa profondeur, et reste un monument de la littérature criminelle. Le documentaire suit l’ascension de ce jeune homme des classes populaires de La Nouvelle-Orléans, propulsé dès l’adolescence dans le monde journalistique et littéraire new-yorkais avant de devenir une figure de la jet-set.
Gloires et déconvenues
Amis, admirateurs, biographe et spécialistes évoquent l’héritage littéraire de ce talent d’exception, racontant avec passion ses gloires et ses déconvenues. Aux documents d’archives – dont des interviews marquantes de Truman Capote – se mêlent des extraits des nouvelles et des romans de l’auteur, depuis Les domaines hantés, son premier roman, jusqu’à son testament littéraire, l’œuvre inachevée Prières exaucées.

>> Diffusé en France sur arte le 16 novembre 2016


Retranscription des passages liés Marilyn Monroe:

(à 1min 45sec) 5ème avenue, n°727. Bienvenue chez Tiffany & Co, célèbre joailler new-yorkais, entré dans l'histoire de la littérature mondiale grâce à cet homme: Truman Capote. "Petit déjeuner chez Tiffany" est l'ouvrage le plus connu de Truman Capote. Au cinéma, c'est la légendaire Audrey Hepburn qui a incarné Holly Golightly, cette jeune texane fraîchement débarquée à New York en quête d'une vie nouvelle, de glamour, et d'elle-même.
Deborah Davis, écrivain: "Son style est admirable. Ses phrases sonnent comme une musique quand on les lit à haute voix."
(lecture d'un extrait): "Elle portait toujours ses lunettes noires, était toujours très soignée, témoignait dans ses toilettes d'un bon goût concerté à base de bleu et de gris, d'une absence de tape à l'oeil qui ne lui donnait que plus d'éclat."
Au moindre coup de blues, Holly Golightly, obsédée par les bijoux, fait une halte devant la vitrine du célèbre joailler.
Le roman est devenu un classique. L'écriture de Truman Capote y est pour beaucoup.
Peter Haag, éditeur: "Capote est un styliste. Il n'est jamais ennuyeux. Ses personnages sont si bien campés qu'ils prennent corps aussitôt. Il a un ton pour décrire les situations. C'est aéré, léger et intelligent."
(lecture d'un extrait): "On devrait pouvoir épouser des hommes ou des femmes ou... écoute, si tu venais me trouver pour me dire que tu voulais me mettre à la colle avec un cheval de course, je respecterai tes sentiments. Non, sans blague, l'amour devrait être permis ! Je suis pour à fond."
S'il est normal qu'aujourd'hui une jeune femme profite de la vie, et qu'elle ait beaucoup d'amis hommes; à l'époque, Holly Golightly fait figure de fille facile.
Gerald Clarke, biographe: "Holly Golightly n'est pas une prostituée. C'est une jeune femme qui fait des faveurs aux messieurs fortunés. On ne sait pas si elle couche avec eux ou pas."
Dans le livre, Holly est une fille de la campagne. Dans le film, une jeune femme élégante et raffinée. Bien qu'ami avec Audrey Hepburn, Capote trouvait ce choix malencontreux. Il aurait préféré voir Marilyn Monroe dans le rôle d'Holly.
Bob Colacello, écrivain et photographe: "La plupart des gens ne connaissent que le film avec Audrey Hepburn. Hollywood a beaucoup aseptisé l'histoire, comme le reste à l'époque. Dans les séries télé des années 50s, les couples dormaient dans des lits jumeaux, jamais dans un grand lit."

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(à 21min 26sec) Truman Capote s'entoure de riches héritières, comme Gloria Vanderbilt ou de comédiennes et chanteuses, comme Pearl Bailey. Des grandes amies qu'il surnomme affectueusement "My swans" ("mes cygnes").
Deborah Davis, écrivain: "Il adorait les nighclubs et il adorait les femmes. Très jeune déjà, il s'entourait de belles dames. Ses relations étaient platoniques mais essentielles pour lui."
Jeune homme, Truman rêvait d'être richissime. Il s'avoure d'autant plus cette proximité nouvelle avec le gratin. Son "cygne" préféré est le mannequin Babe Paley. Comme toutes ces dames du grand monde, elle est en quête constante d'amusement et nul n'est plus amusant que Truman.
Deborah Davis, écrivain: "Truman veillait à ce que leur rouge à lèvres soit impeccable, repérait les couturiers qui les mettait le plus en valeur. il s'intéressait aux menus de leurs dîners, à tout ce qui les préoccupait elles-mêmes. Et il les écoutait, les conseillait. Il était leur meilleur ami."
Truman Capote n'a jamais caché son homosexualité, bien au contraire. Ainsi, il peut flirter ouvertement avec des femmes mariées, sans que leur mari ne leur jalouse. Ces messieurs ne voient rien à redire à ce que leurs femmes confient leurs secrets à Truman. Une naïveté qu'ils regretteront plus tard.

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Capote observe les riches new-yorkais avec une pointe d'enthousiasme et d'envie. Il devient le point de mire de chaque soirée, l'amuseur de la jet set. Il peut bientôt se permettre d'être très exigeant avec ses accompagnatrices, comme il le révélera plus tard dans un autoportrait.
(lecture d'un extrait de The Dogs Bark): "Il y a des hommes avec qui j'aime déjeuner, et dans l'ensemble, je préfère les femmes belles, ou du moins, extrêmement séduisantes, très vives d'esprit et au courant. Mais je ne pense pas qu'une femme mérite la note maximale tant qu'elle n'atteint pas et ne maintient pas une certaine qualité de style, d'apparence et de bon sens enjoué qui dépasse le niveau facile de séduction propre à la jeunesse."
Parmi celles qui le mérite, il range Marilyn Monroe. Au début des années 50s, Truman lui consacre, comme à d'autres célébrités, un portrait qui fait sensation. Daniel Kehlman, auteur à succés en Allemagne, vit quelques mois par an à New York. Il a publié plusieurs articles sur Truman Capote, dont il apprécie particulièrement les impressions de voyages et les portraits.
Daniel Kehlman, écrivain: "Il était impitoyable envers ceux sur qui il écrivait. Pas dans le sens où il les dénaturait, il restait très près de qu'il estimait être la réalité. Mais son oeuvre se nourissait très souvent de cette proximité, de cette intimité qu'il créait sciemment avec eux."
Cela vaut peut être aussi pour son portrait de Marilyn Monroe.
Truman Capote: "Je connaissais Marilyn bien avant qu'elle ne devienne une star de cinéma. Nous avons toujours été très bons amis. Je n'y avais jamais réfléchi, mais nous avions énormément de points communs. C'est peut être pour cela que nous étions si proches."
(lecture d'un extrait): "La lumière baissait. Marilyn semblait s'estomper avec elle, se fondre dans le ciel et les nuages, s'amenuiser au loin. Je voulais élever la voix, couvrir le cri des mouettes, la rappeler: Marilyn, Marilyn ! Pourquoi faut-il toujours que les choses tournent de cette façon ? Pourquoi faut-il que la vie soit tellement dégeulasse ?"

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22 mars 2016

Docu - Tony Curtis, Le Gamin du Bronx

Tony Curtis,
Le Gamin du Bronx

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Année: 2011
Réalisation: Ian Ayres

Pays: France
Durée: 56 min

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De la tragédie de l'enfance à l'apaisement des dernières années, de "Certains l'aiment chaud" à "Amicalement vôtre", un voyage intime avec Tony Curtis (1925-2010), l'un des premiers sex-symbols masculins d'Hollywood.
>> Diffusé en France sur arte le lundi 21 mars 2016


Retranscription des passages évoquant Marilyn Monroe:

(à 16min 50sec) Hollywood ne manque pas non plus de jeunes starlettes ambitieuses. Certaines, plus prometteuses que d'autres. Une en particulier attire l'attention de Tony.
Tony Curtis: "Marilyn et moi, on s'est rencontré en 1948. Elle avait les cheveux auburn, et elle portait des chemisiers transparents qui laissaient entrevoir le bout de ses seins. Ohhh.. tous les scènéristes se penchaient depuis le deuxième étage pour la regarder passer et ils l'applaudissaient. Elle se dirigeait vers le portail, elle n'avait pas de voiture. En la voyant partir à pied, je me suis dit 'C'est ma chance'. Le policier qui gardait le portail était un bon copain et il lui a dit 'C'est un type en or. Vraiment, c'est quelqu'un de bien, vous pouvez monter avec lui.' Elle l'a fait ! Une fois chez elle, je l'ai invitée à sortir avec moi, elle a accepté. Elle m'a donné le numéro de son petit hôtel."
Tony se fait prêter la maison d'un ami sur la plage de Malibu. Après être passé prendre Marilyn, il s'arrête dans un épicerie et achète un délicieux dîner pour leur soirée en tête à tête. Il a imaginé une soirée romantique, organisée dans les moindres détails.
Tony Curtis: "Les steaks et le poulet ont brûlé. J'ai renversé le vin, la salade est tombée des assiettes, c'était le pire des dîners ! Mais on a fait l'amour. Cela a été une expérience formidable pour tous les deux. Je savais ce qu'elle ressentait parce que je le ressentais moi-même. Tous les deux, on vivait là quelque chose de totalement nouveau !"

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(à 33min 40sec) Après avoir bravé la discrimination raciale, Tony accepte d'incarner le rôle d'un travesti dans un film qui joue sur la confusion entre les sexes.
Allan Hunter (Journaliste et Biographe): "Certains l'aiment chaud, aujourd'hui, est la plus grande comédie de tout les temps. Mais à l'époque, c'était très risqué. Deux stars masculines, déguisés en femmes, dans une oeuvre hybride, mi-film de gangster, mi-comédie. Cela aurait pu donner quelque chose de mauvais goût. Et Tony prenait un risque. D'ailleurs, il a avoué ne pas être très à l'aise avec le fait de devoir changer de sexe. Mais comme toujours, l'instinct de l'acteur a pris le dessus. Une seule question: comment être crédible ? Son inconfort et son égo sont devenus secondaires et il s'est borné à jouer un personnage dans une situation déséspérée qui doit devenir une femme convaincante, c'est tout."
Marian Collier (Actrice): "Un jour, ils sont arrivés sur le plateau en disant 'Il y a une audition pour une publicité. On y va, les filles ?' On y est tous allés, Tony y compris. Devinez qui a été pris ? Tony Curtis ! C'était lui la plus jolie. Mais à la fin, il leur a dit "Je ne suis pas une femme'".
Debbie Reynolds (Actrice): "Etre un bon acteur est un don du ciel. Soit vous faites rires, soit vous ne faites pas rire. Vous êtes drôles ou vous ne l'êtes pas. Vous avez le don ou vous ne l'avez pas. Et Tony l'a."
La patience d'un acteur n'a pas une durée illimitée en talons aiguilles. Pendant quatre mois, Marilyn oblige Tony Curtis et Jack Lemmon, travestis de la tête aux pieds, à l'attendre pendant des heures. Avant qu'elle ne daigne enfin à rejoinde le plateau. Comme toute l'équipe de tournage, Tony finit par enrager.
Les sentiments que Tony avait éprouvé pour Marilyn ont bien changé. Le comportement de Marilyn lui rappelle les abus infligés par sa propre mère.
Marian Collier: "Tony lui en voulait. Il lui en voulait beaucoup. Un soir, au visionnage des rushes, on y était tous, il était au fond, il a dit 'L'embrasser, c'est comme embrasser Hitler'".
Mamie Van Doren (Actrice): "Le connaissant, il a dit ça pour faire sensation. Pour faire le malin, et attirer l'attention. Au fond, il ne le pensait pas."
Tony Curtis: "J'ai connu cinq ou six filles qui embrassaient admirablement. Marilyn était de celles-là, elle faisait partie de la sélection."

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08 mars 2014

Docu - Khrouchtchev à la conquête de l'Amérique

Khrouchtchev
à la conquête de l'Amérique

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Année: 2013
Réalisation:
Tim B. Toidze
Pays: France
Durée: 59 min

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En 1959, le premier secrétaire du parti communiste d’URSS Nikita Khrouchtchev effectue un voyage de dix jours aux États-Unis à l’invitation du président Eisenhower. Entre dégustations de hot-dogs et péripéties hollywoodiennes, la guerre froide en mode ludique !
Résumé: Septembre 1959. Un Tupolev 114 avec à son bord le premier secrétaire du parti communiste d’URSS atterrit à Washington. Une première pour un dirigeant soviétique. Accueilli par le président Eisenhower, Nikita Khrouchtchev – surnommé "Mister K" par la presse américaine – va traverser les États-Unis d’est en ouest pendant deux semaines. Accompagné de sa famille et entouré d'officiels, il visite Washington, New York, Los Angeles, San Francisco, Pittsburgh… À Camp David, les deux chefs d’État entament des négociations pour tenter de mettre fin à la course aux armements…
"Mister K"- Dès le début du voyage, les médias suivent chaque pas, reprennent chaque mot, commentent chaque meeting du leader soviétique sur le sol américain. Si, avant son arrivée, le bouillonnant "Mister K" inspirait plus de peur que d’amusement, ce périple de dix jours mené tambour battant va lui permettre de retourner en sa faveur la presse et le grand-public américains. Ce n’est pas faute, pourtant, de s’être mis en colère – pour avoir été empêché, par exemple, de visiter Disneyland pour des raisons de sécurité – ni d’avoir eu des escarmouches, notamment, avec le maire de Los Angeles ! Mais il a aussi raconté des blagues, et donné sa montre à un ouvrier d’une usine de l'Iowa… Bref, ce one-man show a amplement fourni les rédactions en hot news et les journalistes américains l'ont adoré ! Ce film montre comment cette "conquête de l’Amérique" aurait pu être un tournant dans l'histoire de la guerre froide…
>> Diffusé en France sur arte le mardi 4 mars 2014
>>
à revoir en replay jusque lundi 10/03/14

Après avoir passé deux jours à New York, Nikita Khrouchtchev se rend à Hollywood, où la Fox a organisé un grand banquet avec de nombreuses stars, dont Marilyn Monroe, qui va d'ailleurs être interviewée après le discours de Mister K.
Retranscription du passage de K à Hollywood:

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(à 22min) Bien qu'avant que Khrouchtchev n'arrive dans l'usine à rêve (à Hollywood), tout le gratin d'Hollywood s'est retrouvé au Café de Paris où se tient le déjeuner avec le dirigeant communiste. Même Marilyn Monroe, pourtant connue pour son retard légendaire, arrive en avance.

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Après un rapide repas, le président de la Fox, Spyros Skouras, prend la parole. Son discours commence de manière inattendue (il boit un verre et serre la main à Kroutchev, sous les rires de l'assemblée): "Monsieur le secrétaire, ceci ne faisait pas partie de mon discours. Mais, votre pays est la plus grande entreprise capitaliste, le plus grand monopole du monde entier ! Un bon monopole ! Très bon ! En toute modestie, je vous demande de me regarder. Mes deux frères et moi avons grandi dans un minuscule village grec. Nous venons d'une famille très pauvre. En 1910, nous sommes venus vivre ici. Je suis devenu commis serveur. Grâce au système américain d'égalité des chances, j'ai aujourd'hui le bonheur d'être le président de la 20th Century Fox."
Au tour de Khrouchtchev de livrer son discours: "Vous me faîtes une excellente impression et je tiens à vous exprimer tout mon respect. Mais cela ne m'épate tant que cela. Vous voulez savoir qui je suis ? J'ai commencé à travailler dès que j'ai su marcher. Avant mes 15 ans, j'avais déjà eu une longue liste de métiers. J'ai gardé les veaux, moutons et vaches des capitalistes. Puis j'ai travaillé à l'usine et à la mine. Et regardez-moi ! Aujourd'hui je suis le premier ministre de l'U.R.S.S ! L'Amérique est un beau pays. Les Américains sont formidables. Je suis l'invité de votre Président et de votre merveilleux pays. Mes camarades et moi sommes enchantés de notre séjour. Avant mon arrivée ici, on m'avait donné le programme de ce que j'allais voir. Mais avant mon discours, on m'a dit: 'Non, vous ne pourrez pas visiter cette ville là'. -Comment s'appelle-t-elle ? -Disneyland. J'ai demandé pourquoi et on m'a répondu 'C'est impossible'. Ecoutez bien ! Ecoutez bien ce qu'on m'a dit: 'C'est impossible parce que nous, les autorités américaines, ne pouvons pas y garantir votre sécurité.' Pourquoi ? Y a-t-il une épidémie de peste ou de choléra ? Est-ce que je risque de tomber malade ? Des gangsters ont-ils envahi Disneyland ? Veulent-ils me tuer ? J'avais très envie de voir cet endroit mais je ne peux pas. Voici la situation dans laquelle moi, votre invité, je me trouve. Cela me dépasse. Moi qui croyais que ce pays était bien organisé ! Je ne pensais pas que ma sécurité impliquerait d'être enfermé dans une voiture blindée, sous un soleil de plomb, pendant des heures, jusqu'à ce que je sois complétement desséché ! Je croyais pouvoir me balader librement, parmi les citoyens de cette démocratie, mais non, c'est impossible. C'est grand dommage. Je suis très déçu et très mécontent. Merci de votre attention."
Beaucoup dans l'assistance peinent à y croire: viennent-ils d'assister à une colère du dirigeant de la seconde puissance mondiale parce que sa visite à Disneyland a été annulée ? La réponse est Oui!

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Marilyn Monroe est interviewée:
"-Qu'avez-vous pensé du spectacle aujourd'hui ?
-C'était très intéressant.
-Qu'avez-vous trouvé intéressant ?
-Presque tout.
-Et les improvisations ?
-Intéressantes, très intéressantes.
-Vous vous attendiez à ça ? A quoi vous attendiez-vous ?
-A du rosbif ! (crie quelqu'un de loin)
-A que ce soit intéressant."

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D'une super production à une autre, sur le plateau 8, la comédie musicale de Cole Porter "Can-Can" est en cours de tournage (avec Shirley MacLaine, Frank Sinatra et Louis Jourdan). Commentaire de Khrouchtchev: "Notre visite à coincider au tournage d'une scène où des jeunes femmes en costumes s'apprêtaient à danser le french cancan. Pendant la danse, elles ont relevé leurs jupons et montré leur derrière, enfin, pas tout à fait, elles ont tout de mêm gardé leurs culottes. Mais quand même ! D'après ce que j'ai vu, c'était un film très Olé Olé. Nous, les soviétiques, nous n'avons pas l'habitude de voir ça. C'était un film pour adultes."
Parmi les invités, d'autres se posent la même question: Mais pourquoi donc avoir choisi ce film précis pour mettre Hollywood en avant ? Une fois la scène de french cancan terinée, K n'a l'air ni choqué, ni offensé. Commentaires de K: "A ce moment là, les photographes ont commencé à me mitrailler, entouré de toutes ces jeunes femmes. J'en entendais un, dire à l'une d'elle qui se trouvait juste à côté de toi: Soulève ton jupon, plus haut, plus haut, plus haut ! Apparemment, il voulait prendre une photo coquine de moi. C'était un geste délibérément anti-soviétique. Je pense qu'il voulait me discréditer en prenant une photo pareille. Je l'imagine dire: 'Regardez,
Khrouchtchev est allé à Hollywood et a posé avec des jeunes filles légèrement vêtues'."

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(générique de fin): quelques images de Marilyn en couleur.

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11 août 2012

Docu - Bert Stern The Man Who Shot Marilyn

Bert Stern
The Man Who Shot Marilyn
Objectif Marilyn
Bert Stern, Original Madman

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Année: 2011
Réalisation: Shannah Laumesiter
Pays: USA
Durée: 93 min
 

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docu_arte_Bert_Stern_Marilyn_Monroe_robe_noireDocumentaire sur la vie et l'oeuvre du photographe Bert Stern. Filmé par une amie, Shannah Laumesiter, le photographe se livre: son enfance, ses débuts dans la photographie, le milieu de la mode, ses femmes, ses années noires, et sa vie d'aujourd'hui... Il revient notamment en détails sur la célèbre séance de Marilyn Monroe, intitulée "The Last Sitting" car prise un mois et demie à peine avant la mort de l'actrice.
Résumé: Né à New York en 1929, Bert Stern a fait ses premières photos alors qu'il était soldat en Corée. Il s'est ensuite tourné vers la pub et a notamment lancé la campagne "Driestt of the dry" pour la vodka Smirnoff. Devenu célèbre dans le monde du cinéma, il a photographié les plus belles femmes du monde (Audrey Hepburn, Brigitte Bardot, Liz Taylor, etc.). Il rencontre Marilyn Monroe pour la première fois à l'Actors Studio en 1955, l'actrice porte une robe verte émeraude qui épouse les courbes de son corps. Mais il faut attendre 1962, quand Stern propose au magazine Vogue de prendre des clichés de Marilyn. Au départ, il devait s'agir de photos de mode classiques. Mais soudain, la belle lui demande : "Vous voulez que je me mette nue ?" Ce sera le point de départ de la série "Last Sitting" ("La dernière séance").
>> Diffusé en France sur arte le 5 août 2012 
>> Site officiel sur bertsternmadman.com

 > Vidéo -(Marilyn vers 40 min)

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03 juillet 2012

Docu - Marilyn

Marilyn

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  Année: 1963
Réalisation: Harold Medford
Naration: Rock Hudson
Production: Twentieth Century Fox
Pays: USA
Durée: 83 min


> les affiches
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  > lobby cards
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Il s'agit du premier documentaire réalisé en hommage à Marilyn après sa mort, sorti sur les écrans américains le 18 avril 1963.
Rock Hudson commenca les prises de vues le 9 février 1963 (voir son contrat ci-dessous).
Le film n'a jamais été édité ni en vidéo VHS ni en DVD.
Résumé: Rock Hudson présente une compilation d'extraits de films de la 20th Century-Fox avec Marilyn Monroe: de "A Ticket to Tomahawk" à des scènes de son dernier film inachevé "Something's Got to Give." L'émission se termine par la chanson "Diamonds are a girl's best friend" diffusée en entier.
>> Fiche du documentaire sur imdb
>> Article du film sur wikipedia
>> Site The Rock Hudson Project


>> Captures
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> le contrat de Rock Hudson
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  > Bande-Annonce

> Vidéo -Docu en 10 parties- partie 1

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11 février 2012

Docu TV - Marilyn: Something's Got to Give

 Marilyn: Something's Got to Give
Marilyn, son dernier tournage

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Année: 1990
Ecrit et produit par Henry Schipper
Producteur exécutif: William Knoedelseder
Co-producteur: Ken Turner 
Pays: USA
Durée: 45 min
Diffusé en France le 4 août 1992 sur A2

tv_docu_sgtg_affDocumentaire sur le dernier film de Marilyn qui restera inachevé. C'est le premier documentaire qui diffusera des rushes retrouvés du film Something's Got to Give.
Avec les interviews de: Joan Greenson (la fille du Dr Greenson), Henry Weinstein (producteur), Genes Allen (producteur associé), Evelyn Moriarty (doublure de Marilyn), Christopher Morley (joue le fils), Alexandra Heilweil (joue la fille), David Bretherton (éditeur), Marjorie Plecher Snyder (costumière), Walter Bernstein (scénariste), Allan Whitey Snyder (maquilleur)
>> Fiche du documentaire sur imdb
>> Le documentaire français existe en VHS (allez sur amazon).

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>> Captures:
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          > Vidéo -Docu en 5 parties- partie 1

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