03 octobre 2012

Marilyn Monroe: l'icône glamour en cinq robes

Marilyn Monroe: l'icône glamour en cinq robes
publié le 1er août 2012
de Eve Boissonnault
en ligne sur ellequebec.com

Pour souligner le 50e anniversaire de la mort de Marilyn Monroe, le 5 août 2012, nous vous présentons une rétrospective des robes mythiques dessinées par William Travilla qui ont contribué à faire de l'actrice l'incarnation du glamour absolu.

1. La robe blanche - Film: Sept ans de réflexion (1955) - Rôle: La fille
1_Robe_blanche    Lorsqu'on évoque Marilyn Monroe, une image vient tout de suite en tête: celle d'une magnifique blonde qui, dans un rire mutin, cherche à retenir sa robe blanche virevoltant au-dessus d'une bouche d'aération. Une scène mythique et délicieusement sensuelle qui a rendu cette fameuse tenue aussi connue que l'actrice elle-même. L'homme qui l'a dessinée est un costumier des studios 20th Century Fox nommé William Travilla. L'histoire raconte que le jour où Marilyn le rencontre pour la première fois, elle lui demande la permission d'utiliser sa salle d'essayage afin d'enfiler un maillot de bain avant une séance de photo. «Lorsqu'elle est sortie de la cabine, une bretelle défaite révélait son sein. Évidemment, elle l'avait fait exprès», précise Travilla en entrevue. Mais leur collaboration débute et Marilyn Monroe devient la muse du costumier, qui dessinera les tenues de huit de ses films. Aujourd'hui, la mythique robe blanche de Sept ans de réflexion vaut son pesant d'or: elle a été vendue aux enchères en 2011 pour la somme de 4,6 millions de dollars!

2. La robe rose - Film: Les hommes préfèrent les blondes (1953) - Rôle: Lorelei Lee
2_Robe_rose    L'incandescente Marylin porte cette magnifique robe fourreau magenta signée Travilla dans une scène inoubliable du film Les hommes préfèrent les blondes. Entourée d'une horde de mâles en pâmoison, son personnage, Lorelei, proclame son amour pour les diamants, «les meilleurs amis d'une femme»! Tirée d'un roman écrit par Anita Loos dans les années 1920, cette comédie musicale pleine d'humour rend hommage au pouvoir d'attraction des blondes sur la gent masculine. Quant à la fameuse robe rose, sa création a représenté un véritable tour de force pour Travilla, qui a dû la doubler d'un feutre rigide semblable à celui qu'on utilise dans la fabrication des tables de billard, et remplir de plumes d'autruche la grande boucle dorsale afin que l'ensemble supporte le vigoureux numéro de danse auquel se livre Marilyn. En 1985, Madonna s'inspirera largement de cette scène inoubliable dans le vidéoclip de Material Girl.

3. La robe dorée - Film: Les hommes préfèrent les blondes (1953) - Rôle: Lorelei Lee
4_Robe_en_lame_or   Décolleté plongeant et dos nu jusqu'aux reins, cette robe en lamé or à plis «rayons de soleil» signée Travilla a été taillée dans un seul morceau de tissu circulaire. À l'origine, elle devait être portée dans une longue scène où Marilyn séduisait un riche diamantaire en dansant avec lui. Toutefois, son design s'avère trop révélateur aux yeux de la censure, et les séquences sont coupées. En guise de douce revanche, Marilyn la revêt pour les photos promotionnelles du film qui, plus tard, deviendront légendaires.

4. La robe pourpre - Film: Comment épouser un millionnaire (1953) - Rôle: Pola Debevoise
3_Robe_pourpre    Entourée des actrices Lauren Bacall et Betty Grable, Marilyn incarne Pola, une célibataire à la recherche d'un mari millionnaire. Lors d'une scène dans laquelle elle est vêtue d'une magnifique robe couleur «dahlia», elle se retrouve devant de multiples miroirs qui nous permettent de la découvrir sous tous les angles. Cette tenue de vamp tranche avec la maladresse de son personnage, une jeune femme complètement myope qui refuse de porter des lunettes pour mieux séduire sa riche proie. À l'instar de tous les vêtements imaginés par Travilla, le corset de cette pièce en satin se compose d'un drapé des plus complexes, obtenu grâce à de nombreuses baleines qui parcourent en tous sens le buste de Marilyn.

5. La robe tigre - Film: Sept ans de réflexion (1955) - Rôle: La fille
5_Robe_tigre   Le réalisateur Billy Wilder a su tirer le meilleur de Marilyn Monroe lors du tournage de cette comédie qui aborde de manière intelligente le concept de l'infidélité. L'actrice y joue le rôle de «la fille d'à côté» dont s'éprend un homme marié. Le film se construit autour du monologue tourmenté - et délicieusement comique - de Richard, qui se trouve en proie à son désir pour la belle blonde après sept années d'une union heureuse avec son épouse. Dans une scène complètement loufoque où il laisse vagabonder son imagination, Marilyn porte à merveille la robe «tigre» agencée à une longue traîne en tulle, une création que William Travilla a conçue en un seul week-end. Devenu un ami proche de l'actrice, le costumier dira de sa carrière aux côtés de l'icône: «Les costumes que j'ai réalisés pour elle, je les ai faits avec amour. J'adorais cette femme.» Nous aussi.


10 septembre 2012

Les égéries L'Oréal Paris parlent de Marilyn Monroe

La beauté de Marilyn Monroe, vue par les égéries...
publié le 22 mai 2012
en ligne sur get-the-look.fr

marilyn_monroe_en_1962La star omniprésente de ce Festival de Cannes, c'est elle. Marilyn Monroe, captivante sur l'affiche de cette 65e édition-anniversaire, est dans toutes les têtes. L'occasion pour les ambassadrices de beauté L'Oréal Paris, de passage sur la Croisette, de se souvenir de l'actrice blondissime !

Quel est votre film préféré de Marilyn Monroe ?

Eva Longoria : "Les hommes préfèrent les blondes. Elle était juste captivante. Et la garde-robe sur ce film... époustouflante ! C'est amusant de voir comment la mode se répète. Sur ce film, elle était déjà très Victoria Beckham, très chic".

Freida Pinto : "Sept ans de réflexion. Car il contient toutes les images que l'on a de Marilyn."

Jane Fonda : "Certains l'aiment chaud. Et je l'ai vue sur le shooting de ce film car c'était une amie à moi. Elle était superbe".

Paz Vega et Heike Makatsch : "Certains l'aiment chaud".

Selon vous, pourquoi est-elle encore une icône de beauté ?

Eva Longoria : "Marilyn est classique. Tout ce qu'elle faisait se retrouve aujourd'hui. Les lèvres rouges, les superbes robes, le make-up parfait. Personne ne savait jamais ce qu'elle allait faire, où elle allait être, et avec qui !"

Freida Pinto : "Elle était sensible. Elle était naturellement captivante. Elle a été si unique et l''une des premières à déclencher la fièvre des paparazzi et du monde. Tout le monde était fou d'elle. Elle est la première des icônes de beauté, celle que tout le monde suivait, dont tout le monde rêvait, que tout le monde voulait être."

Paz Vega : "Elle était authentique. Elle avait une énergie incroyable. Elle était tourmentée et cela la rendait encore plus intéressante. Elle a toujours gardé son image, elle n'a jamais changé de look. Elle avait confiance en elle".

Inès de la Fressange : "Elle est intemporelle. Elle avait le charme, la féminité, la fragilité et la sensualité. Elle n'était pas liée à la mode, bien qu'elle était quelqu'un des années 50. Je crois qu'on a toutes quelque chose de Marilyn Monroe".

Heike Makatsch : "Marilyn était tellement charmante, profonde et mélancolique. Elle a emprisonné le temps. Elle avait l'innocence et la sensualité en même temps. Tout le monde voulait la protéger."

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07 septembre 2012

Au théâtre: Double M

Double M
pièce de théâtre

affiche_couleur_double_MAuteure: Anne Pascale Patris
Durée: 1 heure.
8 personnages.

Synopsys : DOUBLE M, ce pourrait être les initiales de MARILYN MONROE, cela pourrait être l'histoire d'une femme à la double personnalité. D'un côté la petite orpheline devenue grande, Norma Jeane, et de l'autre l'icône de cinéma qu'elle a crée en se métamorphosant. Double M, la même et si différente, l'une brune et l'autre blonde, l'une ignorée, l'autre adulée. Comme les pièces d'un puzzle, des hommes parlent d'elle, la même et différente, la Double M. Sous sa fenêtre, les admirateurs, la foule, le public attendent, l'attendent. Les journalistes sont là aussi. Ses maris, ses amants témoignent de l'une et de l'autre et le puzzle se constitue, peu à peu, tout en couleur comme l'arc en ciel.

Le livre "Marilyn après tout" a été présenté au festival d'Avignon cet été 2012, ainsi qu' à Paris début août au festival du Théâtre 14; il sera à nouveau présenté au festival de Théâtre à Forges les Eaux du 11 au 14 octobre 2012, ainsi que la pièce Double M.
Marilyn figure sur les affiches du Festival Les Théâtrales, qui aura lieu du 11 au 14 octobre 2012, à Forges Les Eaux. 

AFFICHElestheatrales affiche_programmation_21012_THEATRALES_2_ 

Date et Horaire: samedi 13 octobre 2012 à 21h
Lieu: à l'Espace Jean Bauchet, de Forges-Les-Eaux (en Seine-Maritime) (site web Festival les theatrales)
Sur le web: site de l'auteure Anne Pascale Patris 
site de la troupe Les compagnons de l'Aubade

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05 septembre 2012

Marilyn Monroe, du fantasme aux podiums

logo_puretrendMarilyn Monroe, du fantasme aux podiums
Publié le 7/08/2012,
en ligne
sur puretrend.com

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1/ En 1953 dans Les hommes préfèrent les blondes, Marilyn Monroe joue les sex-symbols dans une robe fourreau décolletée jusqu'à la taille. Cousue directement sur le corps de la star, la pièce a valu à son couturier William Travilla le surnom de sex-symbol.
2/ Pre-Fall 2012 Oscar de la Renta, le plissé et le gold sont à l'honneur. 

Icône glamour, sex-symbol, fantasme, muse... Avec le temps, la popularité de Marilyn Monroe ne semble pas s'essoufler. Mieux, elle se regonfle quand on évoque les circonstances de son décès le 5 août 1962. Une mort encore inexpliquée qui nourrit le mythe même 50 ans après.

Un mythe construit avec l'aide de William Travilla, le couturier dédié de la star. A ses côtés durant toute son ascension, il est celui qui a dessiné, entre autres, la fameuse robe blanche, la robe "Marilyn", dans "7 ans de réflexion" en 1955. Une pièce vendue aux enchères en 2011 à 4,6 millions de dollars. Une somme astronomique qui fait écho avec le monument qu'est devenue la blonde.

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3/ Marilyn Monroe est l'une des premières actrices hollywoodiennes à poser en bikini. En 1948, elle se dénude pour la marque de maillots Jantzen aux côtés de la nageuse Esther Williams et du mannequin Betty Page.
4/ Eté 2012, les maillots fleurent bon les années 50. On masque son nombril et on "push" sa poitrine, l'heure est à l'exaltation des courbes. Dolce & Gabbana Printemps-Eté 2012.

Beauté, littérature, cinéma mais aussi mode... Marilyn continue d'inspirer, muse multi-générations.

La mode et Marilyn
Hiver 2011 déjà, les créateurs renouaient la jupe corolle. Une tendance boostée par la vague des séries hommage aux 50's/60's : Mad Men, Pan Am et The Hour pour ne citer qu'elles. Un oeil dans le rétro qui tombe à pic à l'heure où Louis Vuitton, Prada, Dolce & Gabbana... font un bon dans le passé. Les collections sentent bon la laine de jeune fille, les jupes s'épanouissent, la crayon apporte sa sévérité, les corsets subliment les silhouettes... Place aux codes d'une époque faussement pudibonde où la femme se pomponnait à coup de houppettes bien poudrées et de rouge à lèvres carmin.

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5/ Mystérieuse, Marilyn Monroe aimait jouer avec l'objectif, capeline XXL ajoutant du charme à son jeu.
6/ L'été 2011, Marc Jacobs faisait partie de ces créateurs qui relançaient le chapeau oversized.

L'image de Marilyn se dessine alors peu à peu pour sortir du flou de notre imagination au début de l'année. Le Festival de Cannes annonce qu'il en fait son égérie pour sa 65e édition. Pour l'anniversaire de sa mort. Et on le comprend car Norma Jeane Mortenson de son vrai nom est plus qu'une actrice américaine. Marilyn respire la sensualité, donne envie. Une impulsion fantasmée qui laisse les femmes rêveuses. Décolletés au nombril, fendus haut sur la cuisse, bikinis rétro, capelines XXL, gants en satin de soie, ceintures à vous étrangler la taille, sequins par millier, fourrure... Sa garde-robe est plus convoitée que celle de Carrie Bradshaw. Ou presque.

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7/ La robe ivoire en crêpe plissée de Marilyn Monroe dans Sept ans de réflexion (1955). Une robe imaginée par son couturier William Travilla.
8/ Toutes les marques ont revisité la fameuse robe Marilyn à l'image d'Elie Saab pour la saison Printemps-Eté 2012.

Coup de pouce des créateurs, le deux pièces fifties a revu le jour cet été comme la robe plissée cintrée à la taille. Le fantasme devient réalité, les Marilyn peuvent investir les rues habillées par Elie Saab, Christian Dior, Zuhair Murad ou Alexandre Vauthier.

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18 août 2012

Quand Marilyn s'appelait Norma Jean

   lefigaro Quand Marilyn s'appelait Norma Jean
publié le 27 juillet 2012
par Daphné Thiery
en ligne sur lefigaro.fr

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 Sous la pureté du lys et le charme de la rose, Marilyn entame une ascension foudroyante, au propre comme au figuré.
Crédits photo : Earl Theisen/Getty Images

Il y a cinquante ans, le 5 août 1962, s'éteignait le plus grand mythe du cinéma américain. Pour commémorer cette disparition, Le Figaro Magazine vous offre des photos inédites de Marilyn Monroe dans la fraîcheur de sa jeunesse. Elles ont été prises par Earl Theisen entre 1947 et 1952, avant que Norma Jean ne devienne une star.

Une poupée d'opérette, les cheveux d'un blond vénitien, se tient dans un jardin par un jour de grand beau. Elle sourit, les dents et le nez au vent. Elle est affublée d'une kitschissime robe longue de mousseline bleu ciel, brodée d'opulentes fleurs roses, et d'un long foulard assorti. Qui est cette tendre figure? Une Sissi en technicolor? Une Heidi des temps modernes? Non, cette ingénue - qui pourrait le croire? - n'est autre que Marilyn Monroe.

lefig_theisen2< Il n'y avait que Marilyn pour compléter ainsi des mots croisés.
Crédits photo : Earl Theisen/Getty Images 


The Marilyn, sex-symbol s'il en est, reine du music-hall, show girl de rêve... Les superlatifs ne manquent pas pour qualifier Norma Jean Baker, c'est son nom d'état civil, qui allait être la femme la plus photographiée au monde. Et voilà que, aujourd'hui, une série de quatre-vingts images inédites vient alimenter le mythe Marilyn, cinquante ans après sa mort. Elles ont été prises entre 1947 et 1952 par Earl Theisen, l'un des photographes de Look, fameux magazine américain à gros tirages. Jamais ces clichés n'avaient été dévoilés.

Ils appartiennent à la fille du photographe, qui Illes a longtemps conservés comme de précieux souvenirs, parmi les archives de son père (mort en 1973). Elle dit être un jour «retombée dessus», et s'est décidée à les donner à l'agence Getty Images.

lefig_theisen3< Cliché de 1951, dans les studios de la Fox.
Crédits photo : Earl Theisen/Getty Images


C'est en 1947 que Theisen photographie la star pour la première fois, dans cet accoutrement praline et chichiteux. Elle a 21 ans et vient tout juste de signer son premier film à la 20th Century Fox. Sur les photos de Theisen, elle semble encore vierge de tout. L'image de l'innocence. Elle s'amuse d'un rien, elle éclate de légèreté, et son rouge à lèvres vermillon explose comme deux pétales de joie sur son visage intense. Theisen s'enthousiasma: «Photographier Marilyn, c'était comme regarder une fleur éclore ; dès que l'objectif était tourné dans sa direction, elle s'ouvrait

Sous l'oeil de Theisen, Marilyn se révèle, en effet, candide et rayonnante. Pas de voyeurisme, pas de racolage. On est bien loin ici de l'image sulfureuse de celle qu'on appellera la Mmmmm girl, lorsqu'elle commença dans les années 40 à poser pour des magazines de pin-up. Comme on est bien loin de la fameuse série de Bert Stern, prise en juin 1962, dans une suite d'hôtel, où Marilyn pose nue quelques jours avant sa mort. N'en déplaise à Hitchcock, qui disait d'elle qu'elle avait «le sexe affiché partout sur sa figure»: Earl Theisen saisit tout le contraire chez la jeune femme. C'est la fraîcheur de Marilyn qui capte son attention, «le scintillement de ses yeux bleus», éblouissants.

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 Marilyn au début des années 1950.
Crédits photo : Earl Theisen/Getty Images

Mais cette image va peu à peu évoluer. Sur des photos ultérieures de cette série, la rising star exhibe les formes plantureuses de ses 25 ans. On est en 1951, elle porte un bikini couleur crème ou un maillot lamé aux reflets de sirène. Elle prend la pose, mais avec un instinct qui déjoue la vulgarité. Aguicheuse, certes, mais avec naturel, si l'on peut dire. Le photographe parvient à la surprendre à chaque instant dans sa pure beauté: même quand son brushing n'est pas parfait, même quand son ventre n'est pas tenu, quand elle est tout simplement, et non pas quand elle veut paraître. Comme si Theisen sentait déjà planer la menace du star-système qui pesait sur elle et effacerait un jour sa sincérité. Est-ce pour la protéger qu'il ne voulut jamais publier cette série de photos? Un lien solide semblait unir le photographe et sa muse.

Theisen était réputé pour sa gentillesse. Les stars l'adoraient (on raconte qu'il allait chasser l'ours avec Gary Cooper et qu'il voyageait en Afrique avec Hemingway). Il fut le confident et le conseiller de Marilyn, ainsi que le montrent ces tirages de 1951 où Theisen n'hésite pas à prendre la pose pour expliquer à la star peroxydée comment imiter les postures charmeuses de Jean Harlow !

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 < En 1953, sur le tournage de Comment épouser un millionaire.
Crédits photo : Earl Theisen/Getty Images


En avril 1952, c'est l'éclosion. Elle est la nouvelle coqueluche d'Hollywood. Marilyn devient Marilyn. Elle prend de l'assurance, éclaircit ses cheveux, apprend à sourire glamour et façonne son personnage iconique. Son regard est plus ambigu, plus fabriqué, plus langoureux. Cela n'échappe pas à Theisen. Il va la photographier avec plus de discrétion, de distance. Ainsi, dans cette chambre d'hôtel, où Marilyn, studieuse, travaille sur un script. Ou encore dans cette salle de bains, où on la voit, nue, une serviette enroulée pudiquement autour d'elle. L'image est prise de loin, comme si le photographe voulait préserver la pudeur de son modèle. C'est l'une des dernières photos de la série. Elle est touchante, énigmatique, et témoigne déjà de l'isolement qui va emprisonner Norma Jean. Theisen semble nous confier la vérité de Marilyn, dont il fut sans doute jamais l'un des seuls à la fois à traduire l'innocence et à pressentir le destin: la petite fille derrière la femme, la femme derrière l'héroïne adulée, l'être vulnérable derrière l'objet sexuel, la réalité derrière la légende.

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16 août 2012

TV - Match, l'album des français

   gif_tvmarilynLundi 20 août 2012
20h35 - France 3
Rediffusion : Jeudi 30/08 à 1h15

Documentaire:
Match, L'album des français -partie 2

 tv_match

 Durée: 2h
Réalisation: Stéphane Bergouhnioux, Pascal Forneri
Année: 2012

Résumé: Ce deuxième volet aborde des histoires d'actrices avec Marilyn Monroe, Isabelle Adjani, Marlene Dietrich ou Sophie Marceau ; de papes avec Paul VI, Pie XII et Jean-Paul II ; de people avec Gérard Depardieu, Michel Sardou, Mireille Darc, le roi Albert II de Belgique et Paola et Stéphanie de Monaco ; de révolutions avec Daniel Cohn-Bendit ; d'espace avec Neil Armstrong ; de chansons avec «Salut les copains», mais aussi avec Serge Gainsbourg ; d'aventures avec Haroun Tazieff ; d'hommes politiques dans leur intimité avec Valéry Giscard d'Estaing en mai 1981, le général de Gaulle et les lignes de la main, le G8 au Canada, la mort de François Mitterrand...

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10 août 2012

Les fans de Marilyn Monroe sur sa tombe

USA : les fans de Marilyn Monroe sur sa tombe 50 ans après sa mort
le 6/08/2012
Par CinéObs et AFP
en ligne
sur cinema.nouvelobs.com

lenouvelobsaout  

Une cérémonie en hommage à l’actrice a été organisée dimanche.

Quelques 300 fans de Marilyn Monroe se sont réunis dimanche dans le petit cimetière où elle repose, à Los Angeles, pour commémorer le souvenir de la star, 50 ans jour pour jour après sa mort.

Epilogue d'une semaine de célébrations organisées par plusieurs fan-clubs du sex-symbol, la cérémonie s'est tenue à la mi-journée au Westwood Village Memorial Park, un petit havre de verdure aujourd'hui coincé entre un parking et les tours du quartier résidentiel de Westwood, à l'ouest de Los Angeles.

Plusieurs personnes – fans, amis de Marilyn ou descendants de ses proches – se sont succédées au pupitre pour rendre hommage à l'actrice, décédée à Los Angeles le 5 août 1962 d'une surdose de barbituriques, dans sa villa du quartier huppé de Brentwood.

La petite salle abritant la cérémonie était trop exiguë pour accueillir tout le monde et une tente blanche avait été installée entre les arbres, avec un écran retransmettant la cérémonie.

Mais l'essentiel des participants écoutaient les hommages debout, se protégeant du soleil de plomb avec des programmes distribués gracieusement.

50ansmortmmFan de Marilyn depuis 25 ans, Debbie Elder, de Tulsa (Oklahoma), a fait le voyage à Los Angeles pour la semaine de célébrations. « C'était une telle icône… » déclare-t-elle à l'AFP. « L'une des choses que je préférais chez elle, c'était ses vêtements. Personne ne pouvait les porter comme elle, elle était tellement sexy, » dit-elle d'une voix posée et émue.

Pendant les hommages, fans et touristes se recueillent également devant la tombe de l'actrice, où de nombreux bouquets ont été déposés, ainsi que des photos de la pin-up, des messages et des lettres.

Quelques imitateurs de Marilyn – femmes et hommes – sont également présents dans l'assemblée.

Christina Patchett, venue de Nouvelle-Ecosse, au Canada, ne cherche pas à imiter Marilyn, mais elle en a néanmoins la couleur de cheveux blond platine. Comme Debbie, elle a marché sur les traces de Marilyn pendant toute la semaine, et pour elle, ce qui reste de la star, ce sont avant tout ses films.
« Je les regarde, encore et encore et encore. Et même si j'essaie de voir ses collègues (à l'écran), mes yeux restent scotchés sur elle, » dit-elle.
« Y a-t-il eu quelqu'un d'autre depuis ?  », demande-t-elle en souriant. « Pas vraiment. Il y a de belles femmes et actrices, aujourd'hui, mais personne comme elle. »

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06 août 2012

Marilyn Monroe, suicidaire ou heureuse ?

Marilyn Monroe, suicidaire ou heureuse ?
le 4/08/2012
Par Elizabeth Perrin
en ligne
sur lefigaro.fr

lefig_01Émissions et romanciers rendent hommage à l'actrice, disparue il y a 50 ans
Cinquante ans après la mort de Marilyn, chacun raconte la star à sa façon. Névrosée et suicidaire dans le documentaire de Patrick Jeudy ce soir sur Arte. Heureuse selon le journaliste de Télématin  Henry-Jean Servat, qui signe un hommage dans le JT de France 2, demain, et un livre en septembre, Marilyn, la légende (Hors Collection). Il nous en dit plus.

Henry-Jean Servat, vous allez à l'encontre de toutes les idées reçues en disant qu'elle était heureuse. Pourquoi ?
En m'intéressant à la vie de Marilyn au quotidien, j'ai découvert qu'à l'époque tout allait bien pour elle. Elle était amoureuse de José Bolaños, un scénariste mexicain, et elle était réconciliée avec la Fox, pour qui elle devait tourner un biopic sur Jean Harlow. Marilyn venait, pour la première fois, de s'acheter une maison ! Elle, qui avait toujours vécu à l'hôtel, dans des meublés ou chez les autres, avait enfin acquis une sorte d'hacienda dans un quartier calme de Los Angeles, fait venir des graines et des plantes pour son jardin, commandé des meubles aux Mexique... Est-ce l'attitude de quelqu'un qui veut en finir ?

Qui avez-vous rencontré pour vous parler d'elle ?
Billy Wilder, Jack Lemmon, Tony Curtis, Jane Russell, Gina Lollobrigida, qui m'a raconté le tournage de 7 Ans de réflexion, où elle s'était rendue vêtue de la même robe plissée que Marilyn. J'ai demandé à Carole Amiel ce que Montand lui disait sur sa relation avec la star. J'ai aussi parlé longuement avec la demi-soeur de Marilyn...

À votre avis, comment est-elle morte ?
Je pense que sa mort est vraiment accidentelle. Elle prenait toutes sortes de médicaments prescrits par des médecins auxquels elle taisait les ordonnances des autres. C'est ce cocktail qui l'a tuée.

Et la thèse de l'empoisonnement ?
Bien sûr, on peut avoir trafiqué ces mélanges que, au passage, elle ne prenait que par lavements. On dit que le FBI l'aurait assassinée à cause de sa relation avec JFK... Mais ça n'en était pas vraiment une. Elle rêvait d'un mari qui s'occupe d'elle, pas d'un coup rapide. Ce qui, semble-t-il, se résumait à cela. Je crois surtout que, à sa mort, un stagiaire a bâclé le constat, laissant la porte ouverte à toutes les théories.

Votre livre sort fin septembre, pourquoi si tard ?
Ce n'est pas un livre de plage ! C'est un bel ouvrage avec des photos inédites en couleur, éclatant, joyeux, comme elle. Ce n'est pas un cercueil que j'ai ouvert !

Propos recueillis par Élisabeth Perrin

À savoir
28 biographies, essais et documents ont été publiés avant l'été sur Norma Jean Baker, alias Marilyn Monroe. Cinquante ans après sa mort, la star de Certains l'aiment chaud ou des Hommes préfèrent les blondes n'en finit pas de faire parler d'elle. Et de séduire..

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Marilyn Monroe cache-t-elle encore une part de mystère?

Marilyn Monroe cache-t-elle encore une part de mystère?
le 5/08/2012
Par Alexis Ferenczi
en ligne
sur huffingtonpost.fr

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MARILYN MONROE - Icône absolue d'Hollywood et archétype de la bombe blonde et glamour, Norma Jeane est morte il y a 50 ans. Elle n'était pas la première pin-up d'Hollywood. Elle n'était même pas réellement blonde. Mais du petit pull rouge moulant de ses premières photos aux poses dénudées de Playboy et à la robe plissée qui n'en finit plus de se soulever sur une bouche de métro new-yorkais, l'image de la jeune femme a envahi l'Amérique et le monde.

Outre les films biographiques comme le récent My Week with Marilyn, Hollywood, les mondes de la musique et de la mode restent grisés par la star. Le styliste Joe Zee écrit dans Elle que "la bombe" continue à inspirer les défilés. Des célébrités comme la chanteuse Taylor Swift ou l'actrice Scarlett Johansson revêtent régulièrement le costume du mythe: décolleté plongeant, boucles blondes et robe moulante.

Le dernier festival de Cannes lui rendait d'ailleurs hommage en affiche alors que Lindsay Lohan était même allée jusqu'à apparaître dans Playboy imitant les photos de nus publiées en 1953 dans le magazine. Ce magnétisme intrigue. Même si l'actrice éclate dans des films comme Certains l'aiment chaud et quelques autres, son CV hollywoodien n'est pas le plus étoffé. On ne sait pas non plus si ce sex appeal est preuve de son indépendance ou de sa soumission.

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Produits dérivés

Les objets ayant appartenu à Marilyn Monroe s'arrachent encore aujourd'hui. De ses robes à son appareil photo d'enfance, les riches collectionneurs alignent les dollars pour se procurer le dernier élément de memorabilia mis aux enchères. En 2011, une robe de l'actrice au grain de beauté, portée dans le western Rivière sans retour, était partie pour 516.600 dollars à Macau, en Chine. Tous ces souvenirs de la star s'échangent à de tels prix aujourd'hui que les institutions publiques ont bien peu de chances de les acquérir.

Tout la légende liée à l'actrice, chanteuse et sex-symbol américaine nourrit une véritable industrie à travers le monde, avec la découverte fréquente de photographies non connues de la star. Entre NBC qui achève une mini-série, Smash avec Uma Thurman dans la peau d'une actrice jouant la célèbre blonde et une émission de télé réalité Finding Marilyn en cours de développement, Marilyn Monroe reste sans rivale.

Dernières pièces exhumées en date, des photos de Marilyn Monroe nue prises lors de ce qui fut sa probable dernière séance officielle de pose, à peine six semaines avant sa mort en 1962. Les clichés avaient été pris par Bert Sten lors d'une séance de pose pour le magazine Vogue. Elles capturent l'icône glamour d'Hollywood dévêtue, une coupe de champagne à la main, se prélassant dans un lit. L'une d'elle montre Marilyn sans haut, faisant face à l'objectif, les bras en l'air.

Mise à nue

Impossible d'échapper aussi à son histoire. On connaît tout des conquêtes de l'actrice. Joe DiMaggio, Elia Kazan, Robert Mitchum, Tony Curtis, Howard Hughes, Dean Martin, John Huston sont tous tombés sous le charme de Marilyn. Sa relation avec John F. Kennedy est peut-être la plus symbolique, mais c'est une autre affaire qui mérite d'être comptée à nouveau. Celle ponctuelle qui lie l'actrice à Yves Montand lorsque tous les deux sont à l'affiche du film de George Cukor, Le Milliardaire, au titre original bien plus évocateur - Let's make love, Faisons l'amour.

Hollywood, été 1960. Dans un bungalow du Beverly Hills Hotel, Marilyn Monroe est accompagnée de son mari, le dramaturge Arthur Miller. À côté, le couple d'or du cinéma français Simone Signoret et son mari Yves Montand s'installe. Le mariage de Monroe et Miller touche alors à sa fin. L'auteur a réécrit plusieurs fois le script du Milliardaire et après les refus de Gregory Peck, Cary Grant, Charlton Heston ou Yul Brynner, il suggère que le rôle soit attribué à Montand, ce dernier avait joué dans l'adaptation d'une pièce de Miller, Les Sorcières de Salem.

Pour le tournage du Milliardaire, l'acteur français débarque donc à Los Angeles avec Simone Signoret tout juste auréolée d'un Oscar pour son rôle dans Les Chemins de la haute ville. Pendant quatre mois, les deux couples vont cohabiter. Jusqu'à ce que Monroe et Montand entament une relation rapidement devenue publique. "Si elle aime Montand c'est qu'elle a du goût parce que je l'aime aussi", racontait Simone Signoret.
Dans ses mémoires La nostalgie n'est plus ce qu'elle était, l'actrice française est revenue plusieurs fois sur cette brève histoire notamment dans l'extrait ci-dessous évoquant la mort de Marilyn:
"Elle n'aura jamais rien su de mon chagrin, ce soir d'août 1962, elle n'aura jamais su combien je ne l'ai jamais détestée, et comme j'avais bien compris cette histoire qui ne regardait que nous quatre [avec Arthur Miller] et dont le monde entier s'est occupé dans un temps troublé où il se passait pourtant des choses plus importantes."

La théorie du complot

Le 5 août 1962, Marilyn Monroe est retrouvée morte à son domicile à 36 ans, une boîte de somnifères vide à son chevet. Avec une dizaine d'autres flacons de médicaments et pilules sur la table de nuit, la police conclue à un "suicide probable", dû à une surdose de barbituriques.

Pourtant, les spéculations perdurent quant aux vraies raisons du décès Marilyn, nourries par des détails: l'écart de 35 minutes - ou de 4 heures selon les versions - entre le moment où le médecin de Monroe l'a déclarée morte et celui où la police est arrivée sur les lieux, la disparition du relevé téléphonique, une étrange conversation avec son ami Peter Lawford et l'absence de tests toxicologiques menés sur les organes digestifs de l'actrice. Parmi les théories, on retient celles-ci:

  • Le suicide: par l'absorption d'une surdose de pilules de Nembutal en vue de se donner la mort. Théorie mise à mal par ceux qui défendent que l'actrice n'avait pas envie de mourir à ce moment-là.
  • La mort accidentelle: la surdose de pilules de Nembutal ne serait pas intentionnelle.
  • L'erreur médicale: Ralph Greenson, son psychiatre, aurait administré à l'actrice un lavement à l'hydrate de chloral - sensé l'aider à dormir - sans savoir qu'elle avait consommé au préalable du Nembutal. Le mélange des deux substances se serait avéré fatal. Dans la même veine, un shot d'adrénaline mal injecté et des traitements non adaptés sont mentionnés.
  • L'assassinat: le médecin légiste n'a trouvé aucune trace de pillule ou de poudre dans le corps de Marilyn. Impossible qu'elle ait ingurgité les médicaments. Les doses lui ont été injectées, alimentant les hypothèses d'un homicide déguisé en accident ou en suicide.
  • Le complot à grande échelle: le FBI ou la CIA aurait voulu faire taire l'actrice, à la suite de sa relation avec John F. Kennedy, afin qu'elle ne fasse pas de révélation encombrante sur la famille du président américain. Le commanditaire de l'assassinat pourrait aussi être Robert Kennedy lui-même si la Maison-Blanche avait décidé de s'en charger discrètement.
  • Le réglement de compte mafieux: parmi ses relations à la fin de sa vie, Marilyn compte quelques hommes de la pègre peu recommandables.

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Pour les fans de Norma Jeane, il est parfois difficile de faire le tri parmi tous les ouvrages disponibles racontant la vie de l'actrice. Entre compilation de photographies ou instantanées de vie privée, biographies officieuses ou romancés, les ouvrages sont légions. En voici quelques uns des plus récents choisis par la rédaction du Huff Post:

Une blonde à Manhattan
Le journaliste Adrien Gombeaud s'attache en textes et en photographies à raconter les quelques jours de mars 1955 que l'actrice passe à tenter de se réinventer. Elle a coupé les ponts avec Hollywood et s'est séparée de DiMaggio.

Marilyn Monroe - Métamorphoses
Album élaboré par David Wills avec plus de 300 photographies dont la plupart inédites, soulignant la métamorphose physique de l'actrice tout au long de sa carrière. Transformations volontaires et subies.

Marilyn Monroe de A à Z
De A pour Actrice à Z comme Zelda Zonk, son pseudo favori, l'ouvrage d'Isabelle Danel dessine au plus près le portrait polymorphe d'un déesse fragmentée, probablement l'ouvrage le plus complet en termes d'informations. Composé d'une riche gallerie de personnages ayant croisé le chemin de Marilyn.

Monroerama
Sous la direction Françoise-Marie Santucci, le livre réunit des témoignages de spécialistes, d'écrivains et de cinéastes qui rendent hommage à l'actrice, la chanteuse et l'icône.

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05 août 2012

Marilyn Monroe, tout est à vendre

lemondelogoMarilyn Monroe, tout est à vendre
le 2/08/2012
Par Frédéric Joignot, envoyé spécial à New York
en ligne
sur lemonde.fr

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A gauche : Joe DiMaggio, le second mari de Marilyn, est absent du testament de la star.
A droite : les psychanalystes Dorothy Burlingham, Mariane Kris - qui obtient 25 % de la succession - et Anna Freud, dans les années 1970.
FREUD MUSEUM, LONDON | BETTMANN/CORBIS.

Marilyn Monroe rédige son testament le 14 janvier 1961, à 34 ans, à une période douloureuse de sa vie. Elle vient d'annoncer son divorce avec l'écrivain Arthur Miller. Le tournage des Désaxés, de John Huston, a été une épreuve : elle se disputait sans cesse avec son mari, prenait des barbituriques à haute dose. L'année précédente, Le Milliardaire, une comédie de George Cukor, avec Yves Montand, a fait un flop.

Certains journaux la disent finie. L'actrice s'est installée à New York pour suivre à nouveau les cours de théâtre de Lee Strasberg à l'Actors Studio. Le maître des lieux, qui a formé Marlon Brando, Montgomery Clift, James Dean ou Dustin Hoffman, et dont l'épouse, Paula, est devenue le coach de Marilyn, propose de la diriger dans Rain, un téléfilm pour la NBC adapté d'un roman de Somerset Maugham. Marilyn se prépare, écrit à Maugham pour approfondir son rôle. En attendant, désespérée par sa rupture avec Miller, elle consulte chaque jour sa psychanalyste, Marianne Kris.

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 Marilyn Monroe, entourée de l'artiste Sammy Davis Jr et du photographe Milton Greene, dont elle était proche, en décembre 1954.
| BETTMANN/CORBIS

Voilà pourquoi, peut-être, elle lègue alors, après distribution de sommes en liquide à ses proches et à sa demi-soeur Berniece Miracle, 50 % de ses biens, revenus et droits à Lee Strasberg, son mentor. 25 % vont à Marianne Kris, afin qu'elle "les emploie à faire avancer le travail de tout groupe ou institution psychiatrique de son choix". Les 25 % restants ou, au choix, 40 000 dollars, reviennent à sa secrétaire, May Reis. Sinon, n'ayant pas eu d'enfant et son père l'ayant abandonnée, elle laisse 5 000 dollars par an "pour l'entretien et le soutien financier" de sa mère, Gladys Baker, internée dans un hôpital psychiatrique.

Ce testament est contesté aussitôt après sa mort. La conseillère financière de Marilyn Monroe, Inez Melson, qui ne reçoit rien, affirme, en octobre 1962, que l'actrice était "sous l'influence invalidante" des Strasberg et de son analyste. Mais elle est déboutée par le juge Samuel Di Falco, qui entérine le testament.

Aujourd'hui encore, sur le site Marilynmonroe.family.com, ses cousins parlent d'une manipulation de ses dernières volontés par ses proches, alors qu'elle était au plus mal. Plusieurs de ses biographes soutiennent qu'elle allait les modifier, au vu des événements qui ont suivi...

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Lee Strasberg et Marilyn Monroe
PETER BASCH 

En février 1961, le projet Rain avec Lee Strasberg s'écroule. Effondrée, l'actrice s'assomme aux barbituriques. Craignant qu'elle ne se suicide, Marianne Kris la fait admettre à la Payne Whitney Clinic, à Manhattan, où elle est placée en cellule de sécurité. Quand elle constate qu'elle est enfermée, Marilyn Monroe fait une crise de désespoir, casse une fenêtre, demande à sortir. Les médecins la menacent de la camisole de force. Elle fait passer un message à Lee Strasberg par une infirmière : "Le Dr Kris m'a fait enfermer sous la surveillance de deux imbéciles (...). Je suis enfermée avec les cinglés. Je suis sûre de finir comme eux si ce cauchemar se poursuit. Je vous en supplie, aidez-moi." Mais c'est l'ancien joueur de baseball Joe DiMaggio, son deuxième mari, qui, joint par Marilyn, la fait libérer. Il la place dans un centre ouvert, reste près d'elle. Selon Donald Spoto, son biographe le plus sérieux, ils envisageaient de se remarier.

Après cet épisode, l'actrice ne demandera plus jamais l'aide de Marianne Kris et, d'après plusieurs sources, elle fit savoir à son avocat, Milton Rudin, qu'elle souhaitait modifier son testament. Voilà pourquoi beaucoup s'étonnent que la psychanalyste hérite, que Joe DiMaggio, de retour dans sa vie, n'ait rien ou encore que Lee Strasberg reçoive la majeure partie de l'héritage. Selon Patricia Bosworth, du magazine Vanity Fair, Marilyn aurait confié la veille de sa mort au photographe Milton Greene, longtemps son ami et manager, qu'elle pensait que les Strasberg la manipulaient.

Marilyn Monroe décède dans la nuit du samedi 4 août 1962 d'un empoisonnement aigu aux barbituriques. Elle a 36 ans. En dehors de ses droits et royalties, ses biens sont estimés à 92 781 dollars. Ils sont distribués comme le stipule son testament. Ses effets personnels sont pieusement conservées par les Strasberg, qui pensent que ceux-ci rejoindront un jour un musée du cinéma.

Quand, en 1982, Lee Strasberg meurt, sa veuve et seconde femme, Anna, qui n'a jamais connu Marilyn, se retrouve à la tête du Lee Strasberg Theater Institute fondé par son mari, et de la majeure partie de l'héritage Monroe. Peu connue du grand public, Anna Strasberg s'érige aussitôt en stratège de l'exploitation de la marque et de l'image Marilyn Monroe. D'après Nathan Koppel, expert financier au Wall Street Journal, elle "lance son entreprise de licences et de publicité quelques mois à peine après la mort de son mari".

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Anna Strasberg, l'héritière, qui n'a jamais connu Marilyn Monroe, fait la promotion du livre « Fragments », à Francfort, en Allemagne, en 2010. EPA/CORBIS | ULI DECK/

Il faut comprendre qu'en ces années 1980, les budgets de communication des marques explosent. Elles cherchent des égéries, des icônes, des stars avec lesquelles s'associer. Marilyn Monroe est l'une d'elles. Anna Strasberg comprend vite que les royalties de l'actrice sont peu lucratives au regard de ce que pourraient rapporter ses droits à l'image. Les artistes eux-mêmes se sont inspirés de l'icône Marilyn Monroe. En 1954, Willem De Kooning peint une Marilyn aux traits déformés. En 1965, Richard Hamilton exécute My Marilyn, un collage photos. En 1967, c'est au tour d'Andy Warhol de produire plusieurs sérigraphies qui seront vendues dans le monde entier. En 1971, Salvador Dali réalise une lithographie intitulée Mae West, Marilyn Monroe, Mao. En 1982, la photographe américaine Cindy Sherman s'autoportraitise en Marilyn à peine maquillée...

Durant les années qui suivent, de fructueux contrats pleuvent. Les grands magasins Bloomingdale's ouvrent une boutique "Marilyn Monroe" à New York, Absolut Vodka lance un spot de télévision, la société de cosmétiques Revlon récupère son image, un clip pour le parfum Chanel no5 est tourné, même la griffe Nike s'accapare Marilyn sur ses baskets. D'après le Wall Street Journal, la marque "Marilyn Monroe" rapporte 7,6 millions de dollars à Anna Strasberg entre 1983 et 1993.

 QUELLE IMAGE GARDER DE MARILYN ?

Dès lors, comment continuer à faire fructifier cette manne jouant sur l'image et la légende de l'actrice ? Quels souvenirs l'actrice laisse-t-elle dans les mémoires ? Comment la présenter dans des publicités ou sur des produits commerciaux ? Quelle Marilyn Monroe est la plus vendeuse ? La blonde allumeuse de ses débuts ? La star glamour venue souhaiter, le 19 mai 1962, bon anniversaire au président John F. Kennedy, son amant ? Ou l'actrice inquiète de l'Actors Studio ?

Lawrence Schiller, 76 ans, a photographié Marilyn nue sur le bord de la piscine lors du tournage du film Something's Got to Give, abandonné en 1962. Selon lui, "le grand public aime le personnage "Marilyn", la blonde sexy et faussement ingénue que Monroe a inventée de toutes pièces. Quand elle a décidé de poser nue, je lui ai dit : "Vous êtes célèbre, vous allez me rendre célèbre." Elle m'a répondu : "Ne soyez pas insolent, les photographes se remplacent facilement." Pour chaque photo, elle devenait Marilyn, avec son sourire lumineux, sa féminité irrésistible. Ensuite, elle demandait à voir tous les tirages et en éliminait les trois quarts". Pour Schiller, Marilyn Monroe "jouait son va-tout" en posant nue. La Fox voulait la licencier, Liz Taylor était mieux payée qu'elle. "On découvre combien elle est encore belle. Pourquoi personne n'oublie-t-il Marilyn Monroe ? Elle a créé sa propre icône. Elle savait prendre la lumière comme aucune autre star."

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 Un exemplaire du premier numéro du magazine « Playboy » (1953) - avec, en couverture, Marilyn Monroe photographiée par Milton Greene - s'est vendu 31 070 dollars en 2010. | PLAYBOY

Les photos au bord de la piscine ont consacré Marilyn comme la bombe platine à la chair nacrée qui efface Lana Turner et Jean Harlow. C'est cette Marilyn-là qu'Anna Strasberg va vendre en série dans les années 1990. En 1996, elle s'associe avec Mark Roesler, le PDG de CMG Worlwide - qui gère les droits intellectuels pour utiliser des photos de célébrités. L'homme s'est fait connaître dans les années 1980 en envoyant des détectives privés rechercher les familles des stars décédées. C'est ainsi qu'il a récupéré les droits de Bette Davis, James Dean, Ava Gardner, Robert Mitchum, Gene Tierney, Ingrid Bergman, Jane Mansfield, Jane Russell... Il a emporté le marché Marilyn Monroe en promettant à Anna Strasberg 1,1 million de dollars de gains annuels en licences.

Les années suivantes, 700 contrats industriels et publicitaires utilisant l'image de Marilyn sont signés, jouant sur son sex-appeal. La star est représentée, souvent en petite tenue, sur des centaines de milliers d'objets et gadgets de toutes sortes. Mugs, cendriers, stylos, briquets, jetons de casino, vaisselle, literie, lingerie, tee-shirts, sacs, meubles, poupées, queues de billard, stores, tablettes de chocolat, bouteilles de vin (le "Marilyn merlot", le "sauvignon Blonde"). Parfois, c'est n'importe quoi. Une ligne de vêtements roses pour animaux a pour slogan "Les diamants sont les meilleurs amis du chien", des préservatifs à l'effigie de Marilyn sont mis en vente...

Paul Morizet, de Greenlight - filiale de la banque d'images Corbis -, croit, qu'à force, Anna Strasberg a dégradé l'image de la star. Il s'est occupé du film publicitaire Dior tourné, en 2011, par Jean-Jacques Annaud au château de Versailles avec Charlize Théron. Des doubles de Grace Kelly, Marlène Dietrich et Marilyn Monroe y apparaissent quelques secondes. "Nous gérons les images de Steve Mc Queen et Maria Callas. Il est décisif de ne pas galvauder la symbolique d'une star disparue. Le problème, avec Marilyn Monroe, c'est que son image a été trop vendue dans des produits bas de gamme. Elle a beaucoup perdu en image de marque. Résultat, une star vivante vaut beaucoup plus cher qu'elle. Elle ne reprend une valeur publicitaire que depuis deux ans", dit-il.

Si l'image de l'actrice est écornée, les licences la concernant rapportent gros. Entre 1996 et 2000, selon le Wall Street Journal, Anna Strasberg reçoit 7,5 millions de dollars de la CMG. C'est l'époque, écrit le journal économique, où "Anna Strasberg pense et gère l'image de Mme Monroe dès qu'elle se réveille". Elle cherche à récupérer les droits qui lui manquent, les 25 % légués à Marianne Kris. Avant de mourir, en 1980, la psychanalyste les a transmis à l'Anna Freud Centre de Londres, une clinique psychiatrique qui se servira de cet argent pour créer une unité thérapeutique "Marilyn Monroe" pour enfants en difficulté. Anna Strasberg va tenter, en vain, de racheter ces parts.

En 1999, l'héritière arrondit son pactole en mettant aux enchères les affaires personnelles de l'actrice chez Christie's, à New York. La vente de ses effets, près de 1 000 pièces, ses livres, ses meubles, ses robes rapportent 13,4 millions de dollars, quadruplant les estimations. Cette vente aux enchères a heurté beaucoup de gens. Les héritiers des grands photographes de Marilyn, ceux qui ont popularisé son image (Milton Greene, Tom Kelley, Sam Shaw) se disent choqués, et dénoncent l'âpreté au gain d'Anna Strasberg ainsi que la dégradation de l'image de Monroe.

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 La robe blanche que la star portait dans « Sept ans de réflexion », de Billy Wilder, en 1955, s'est vendue 4,6 millions de dollars, à Berverly Hills, le 18 juin 2011. | REX FEATURES/SIPA 

Au départ pourtant, la plupart d'entre eux apprécient les contrats de licence, en signent eux-mêmes, profitant de la manne. Selon The Wall Street Journal, Larry Shaw, fils de Sam, a amassé 100 000 dollars par an dans les années 1990 grâce aux droits de publicité sur Marilyn. De même, Tom Kelley Junior, dont le père a fait, en 1949, le premier nu de Marilyn (payé 50 dollars), a perçu 300 000 dollars. Les choses se gâtent dans les années 2000, lorsqu'Anna Strasberg s'arroge l'essentiel des dividendes. Joshua Greene, le fils de Milton, a déclaré au quotidien britannique The Telegraph : "Anna Strasberg et la CMG étaient seulement intéressés par l'argent. Au lieu de travailler avec nous, ils nous ont attaqués en tant que photographes, prenant 90 % des accords de licence. Nous avons même dû nous battre pour que les photos soient correctement créditées." Mark Roesler, de CMG, tout comme le service communication de l'entreprise, ont refusé de répondre à nos questions sur ces critiques.

Excédés, les trois héritiers des photographes Greene, Kelley et Shaw déposent, début 2007, un recours commun pour remettre en cause la propriété de l'image de l'actrice par Anna Strasberg. Pour cela, ils vont jouer sur les contradictions du droit américain. Selon leurs avocats, quand Marilyn Monroe homologue son testament, en janvier 1961, elle habite Manhattan. Or, aux Etats-Unis, les droits de publicité constituent un véritable maquis juridique. Dans l'Etat de New York, les descendants d'une célébrité n'ont pas le droit d'en hériter. Autrement dit, si la Marilyn de 1961 était jugée "résidente new-yorkaise" par une cour, ses droits de publicité après sa mort seraient nuls et non avenus. Anna Strasberg n'aurait pas le droit de les exploiter.

L'avocat adverse, Me Wegner, riposte fin 2007. A son décès, Marilyn Monroe se considérait comme californienne. Or, en Californie, la loi reconnaît la cession post mortem pour toute star décédée depuis 1938. Conclusion : Marilyn Monroe pouvait céder ses droits de publicité aux Strasberg.

En septembre 2008, la cour de district de New York a reconnu la demande des photographes lésés, qu'elle a libérés de la tutelle d'Anna Strasberg et de la CMG. Les titulaires de licence peuvent désormais traiter directement avec eux. Mark Roesler, le PDG de la CMG, qui a perdu là un marché décisif - Forbes Magazine estime à 7 millions de dollars les droits photographiques versés pour Marilyn en licences -, a parlé d'"une décision ridicule", et a fait appel. Ce procès a coûté très cher à toutes les parties. Selon The New York Times, Anna Strasberg a investi 100 000 dollars pour tenter de faire modifier la législation sur les droits de publicité à Albany, capitale de l'Etat de New York. Elle a été condamnée à 200 000 dollars d'amende dans un tribunal de Manhattan pour "manigances inacceptables".

Poussons à présent la porte du Lee Strasberg Theater Institute, un petit édifice peint de couleurs vives sur la 15e Rue, à New York. "Mme Anna Strasberg ? Non, elle n'est pas là. Mais je vais voir si la directrice, Victoria Krane, peut vous recevoir." A deux pas de la réception, on découvre un émouvant petit "Marilyn Monroe Theater" où les étudiants d'art dramatique répètent - ils aiment l'actrice de Niagara (1953) et Troublez-moi ce soir (1952), la Marilyn criminelle et malsaine qu'elle jouait si bien, aussi ! Dès qu'elle apprend que je cherche à joindre sa patronne, Victoria Krane décline tout entretien. J'insiste. Les jours suivants, je reçois deux mails secs. Tous deux m'indiquent qu'Anna Strasberg sera absente de New York jusqu'en septembre. Inutile de chercher à la rencontrer.

C'est Paul Newman qui a présenté Anna Mizrahi, 28 ans, une jolie actrice de Broadway montée à Hollywood, à Lee Strasberg, 66 ans, en 1967. Un an plus tard, ils se marient, et s'installent dans une belle maison à Brentwood, Los Angeles. Deux enfants naissent bientôt, Adam et David. L'actrice Susan Strasberg, la fille de Lee et de Paula, dans des Mémoires non publiés dont Vanity Fair a donné des extraits, parle d'une période heureuse - beaucoup d'acteurs passaient chez eux, Al Pacino était l'ami de la famille. Mais des dissensions naissent bientôt à propos de la gestion des instituts Strasberg. Le premier fils de Lee, Johnny, s'occupe de celui de New York. En 1978, il demande à toucher des dividendes de l'affaire. Son père et Anna Strasberg refusent. Elle le juge incompétent, refuse de le rencontrer. Johnny quitte l'institut. En juin 2003, il déclare à Vanity Fair : "Nous étions devenus deux familles, celle d'Anna et la nôtre."

Quand, en février 1982, Lee Strasberg meurt d'une crise cardiaque au Radio City Music Hall, l'essentiel de son héritage revient à Anna et à ses enfants. Johnny et Susan ont été déshérités. Les années qui suivent, Anna Strasberg prend la direction des instituts et récupère, après une bataille juridique, toutes les archives de l'Actors Studio. En 1988, elle viendra en aide à Susan et à sa fille Jenny, quand elles se trouveront sans argent. Susan demandera 1 % de la succession Monroe. En vain. Dans Vanity Fair, Anna Strasberg déclare : "Toute histoire a toujours deux versants."

Un écrivain et éditeur français, Bernard Comment, qui dirige la collection "Fiction & Cie" des éditions du Seuil, a rencontrée plusieurs fois Anna Strasberg. Il présente l'autre versant, parle d'une vieille femme cultivée, pleine d'humour, très élégante, attachée à préserver l'art dramatique de son mari, et relativise sa réputation de férocité en affaires. La manière dont elle l'a choisi pour publier le livre Fragments (Seuil, 2010), composé à partir des carnets intimes de Marilyn Monroe, en témoigne.

En octobre 2008, invité par le rocker Lou Reed - qu'il a publié au Seuil - à un dîner privé de collectionneurs d'art, Bernard Comment se voit aborder par un proche d'Anna Strasberg. Elle aurait découvert des textes de Marilyn qu'elle aimerait montrer à un éditeur "littéraire". Deux mois plus tard, l'écrivain arrive avec vingt minutes de retard dans un grand appartement new-yorkais. Anna Strasberg, 68 ans, moque gentiment son retard - elle le compare à Marilyn - et lui présente sept ou huit textes de l'actrice. "Je ne pouvais pas les toucher, j'ai eu à peine le temps de lire quelques extraits. Je repère qu'il y a un poème, des pleines pages, des notes... Je lui dis qu'il faudrait réaliser un livre d'auteur, signé, pas un "beau livre"..." Puis il précise aussitôt qu'il n'a pas d'argent. Enfin, très peu. Contre toute attente, Anna Strasberg se montre satisfaite. "Elle m'a dit qu'elle attendait depuis des années qu'on lui tienne un tel discours. Elle voulait avant tout mettre en valeur ce trésor. Un grand éditeur de presse américain était venu la trouver avant moi. Voyant les textes, il avait fait glisser un chèque en blanc sur la table. Elle avait décliné l'offre."

Dans les mois qui suivent, Bernard Comment revient plusieurs fois à New York pour travailler sur le futur livre. Finalement, l'ouvrage est accepté, les droits vendus. "Nous sommes loin d'une somme à six chiffres, dit-il. Ce qui est dérisoire." Il ajoute qu'Anna Strasberg lui a demandé des listes d'éditeurs littéraires dans toute l'Europe. Elle a demandé à chacun d'entre eux une lettre de motivation.

En France, selon l'éditeur, Fragments s'est vendu à 100 000 exemplaires. Autant en Allemagne, au Royaume-Uni, aux Etats-Unis. Le livre nous fait découvrir une Marilyn triste, doutant d'elle-même. Elle écrit : "Mon travail est le seul espoir fiable que j'ai", ajoutant : "Seule !!!!! Je suis seule. Je suis toujours seule quoi qu'il arrive." Plus loin encore : "Je sais que je ne serai jamais heureuse, mais je peux être gaie !" L'écrivain Antonio Tabucchi, qui préface Fragments, parle d'une "Joconde" contemporaine, précisant : "A l'intérieur de ce corps vivait l'âme d'une intellectuelle et poète dont personne n'avait le soupçon." Ces textes bouleversants retournent complètement l'image de la starlette écervelée.

Selon Bernard Comment, c'est ce que voulait Anna Strasberg. Au cours de leurs discussions, elle a laissé transparaître qu'elle avait été dépassée par cet héritage. Il lui fallait, pour conserver les affaires de Marilyn, louer des garde-meubles climatisés, prendre des assurances exorbitantes. Elle ne pouvait pas contrôler les millions d'objets qui ont déferlé sur le marché. Plusieurs fois, elle a essayé. Quand Larry Shaw, le fils du photographe, a dénoncé un téléphone gadget où la robe de Marilyn se soulevait à chaque sonnerie, elle a contacté l'industriel pour protester. On lui a dit que la statuette portait une culotte. Que faire ? Anna Strasberg devait encore maintenir en vie les écoles de New York et de Los Angeles, l'héritage de son mari, où plusieurs générations d'acteurs ont appris "la méthode" héritée de l'Actors Studio : Alec Baldwin, Laura Dern, Matt Dillon, Bridget Fonda, Ray Liotta, Robert de Niro, Mickey Rourke, Uma Thurman, Christopher Walken. Sans compter le financement des nombreuses bourses que l'institut a distribuées.


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 Dans les années 1990, 700 contrats de licences sont signés pour utiliser l'image de la star. | DR


En janvier 2011, à 73 ans, lasse des procès à répétitions, Anna Strasberg a rompu son contrat avec CMG Worldwide pour vendre la quasi-totalité de ses droits sur Marilyn à une nouvelle société, Authentic Brand Group (ABG). La négociation a duré six mois. La presse économique américaine a avancé deux prix : 25 et 50 millions de dollars. Un dirigeant d'ABG, James Salter, a déclaré au New York Post : "Nous voulons en finir avec les babioles et le trash." Le choix sera celui de "l'élégance, l'élégance, l'élégance", même s'il précise : "Marilyn était une femme élégante, mais elle n'était pas droite comme un crayon."

Dans les bureaux d'ABG, à New York, d'immenses photos de Marilyn habillent les murs. Le responsable du marketing, Nick Woodhouse, 35 ans, explique la nouvelle stratégie : "Nous pensons que Marilyn n'était pas à sa place. Elle était au-dessous de ses capacités comme icône glamour. Nous travaillons à lancer une joaillerie Marilyn, comme a commencé à le faire Chopard à Cannes, des parfums, de la lingerie, de la mode Marilyn... Dolce & Gabbana a développé des tee-shirts à 200 dollars ainsi qu'une ligne de cosmétiques où Scarlett Johansson pose en Marilyn."

La nouvelle Marilyn Monroe vaut-elle cher ? "C'est une marque premium". Vont-ils continuer à vendre des gadgets ? "Nous ne voulons plus de vulgarité. Mais l'extraordinaire avec Marilyn, c'est qu'elle séduit autant les camionneurs que l'élite, de Tokyo à Vancouver. Nous allons développer des campagnes haut de gamme mais aussi plus populaires. Nous venons de lancer sa page Facebook. Elle rassemble déjà plus de trois millions de fans."

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Megan Hilty et Katharine McPhee, les deux actrices aspirant au rôle de Marilyn dans la série américaine « Smash » (TF1). | DREAMWORKS TV/STORYLINE ENTERTAINMENT/UMS/THE KOBAL COLL./AFP

Pour convaincre ses futurs clients, Nick Woodhouse a rassemblé l'actualité récente consacrée à la star. C'est impressionnant... Elle souffle une bougie sur l'affiche du dernier Festival de Cannes. Elle inspire le film My Week With Marilyn, de Simon Curtis, sorti en avril. Brad Pitt confirme vouloir produire Blonde avec Naomi Watts, un film tiré du roman de Joyce Carol Oates (2000). Steven Spielberg et la chaîne NBC ont lancé le feuilleton télévisé "Smash", diffusé sur TF1 en juillet, qui raconte la création d'une comédie musicale d'après la vie de Marilyn. Angelina Jolie a été pressentie pour l'interpréter aux côtés de George Clooney dans Maf the Dog, tiré du roman d'Andrew O'Hagan's ("Maf" ou "Mafia" est le nom du chien offert par Franck Sinatra à Marilyn).
Le distributeur américain Entertainment One prépare une série d'émissions de télé-réalité sous le titre "Finding Marilyn" ("Chercher la nouvelle Marilyn").

Après avoir occupé les couvertures des magazines pour le 50e anniversaire de sa mort, Marilyn Monroe continue d'inspirer livres, films, séries et shows. Pourquoi nous séduit-elle toujours ? Nous émeut-elle encore ? Edgar Morin a magistralement analysé, dans Les Stars (Seuil, 1972), comment Marilyn Monroe est devenue "la première star au-delà du star-system", l'actrice désemparée dont les échecs artistiques, le mal-être et la mort brutale déchirent le mythe d'un Hollywood de rêve.

Aujourd'hui, des studios réfléchissent à une "virtual Marilyn" en 3D, un hologramme permettant de lui faire jouer de nouveaux rôles. Le fantôme de Marilyn Monroe n'a pas fini de nous hanter.