18 octobre 2010

Version Femina 13/10/2010

femina868462867_LLe magazine hebdo Version Femina de la semaine du 13 octobre 2010, n°446, consacre un article sur Marilyn Monroe et le livre Fragments.

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16 octobre 2010

Marilyn Monroe a encore des secrets à dévoiler

Marilyn Monroe a encore des secrets à dévoiler

Article en ligne sur feminin.com

Marilyn Monroe fait son come-back
aufeminin1Après un été où l'on a vu ressurgir Brigitte Bardot, sac Lancel oblige, c’est une autre blonde aux initiales doubles qui vient clôturer l'année avec une actu plus intello : Marilyn Monroe.
La star que l'on a trop souvent classée dans la catégorie des pin-up décérébrées revient sur le devant de la scène. Livres, films et écrits inédits nous révèlent une tout autre femme derrière l'icône de la blondeur made in Hollywood...
De cette icône, tout a été dit, analysé et pourtant on ne se lasse pas de décortiquer sa vie. Alors que deux livres événements sur le mythe sortent ce mois-ci, deux longs métrages sont également en préparation. 48 ans après sa mort, Norma Jeane Baker la mystérieuse reste au cœur de l’actualité.

Journal intime
aufeminin2Les éditeurs américains sont verts de jalousie, pourquoi ? Parce que c'est un éditeur français, le Seuil, qui a obtenu l'exclu de la sortie du livre événement signé Marilyn : Fragments.
Avec ce livre, on pénètre pour la première fois dans l'intimité de la star. Morceaux choisis de journal intime, lettres, poèmes, extraits de ses agendas... nous révèlent la face sombre de Marilyn, bien loin de l'image que l'industrie du cinéma américain avait voulu donner d'elle.
Après des bios aussi réussies que Marilyn, Dernières séances ou l'excellent Blonde, Fragments offre une nouvelle approche de la star. Ce recueil de documents personnels met en lumière non seulement la douleur et les angoisses de la femme, mais aussi son vif intérêt pour les arts et lettres.
"Oh comme j’aimerais être morte– absolument non existante- partie loin d’ici ", confesse Marilyn.
Fragments, par Marilyn Monroe - éditions du Seuil, 29,80 €

7 jours avec un mythe
aufeminin3Le mythe Monroe va aussi revivre en images. My week with Marilyn, réalisé par Simon Curtis, reviendra sur les coulisses du tournage du film Le prince et la danseuse et l’histoire de Colin Clark, engagé comme assistant et à qui l’actrice avait fait du gringue.
A l’époque, prise pour une imbécile par son partenaire et traitée de capricieuse par Arthur Miller (son mari), le sex symbol avait tenté de dissiper son mal-être dans les bras du jeune homme. Cette histoire vraie verra le jour sur nos écrans courant 2011.
Dans le rôle de Marilyn, on retrouvera la douce Michelle Williams. Emma Watson interprétera le rôle de l'assistante de la costumière maltraitée par la starlette. Viendront compléter ce jolie casting : Kenneth Branagh, Dominic Cooper et Judi Dench.

Marilyn en coulisses
aufeminin4Durant l’été 1953, John Vachon, photographe pour Look Magazine, part dans les Rocheuses canadiennes pour couvrir les plateaux de trois films. Marilyn, alors au Canada pour tourner les scènes extérieures de La rivière sans retour, croisera l’objectif du photographe.
Marilyn, August 1953 -  The Lost Look Photos regroupe une centaine de clichés de la blonde, jamais montrés jusqu'alors.
Les images intimes de la star au bord de la piscine, sur un télésiège ou avec ses partenaires font de ce livre un objet unique, que tout fan de Marilyn Monroe qui se respecte se doit de posséder.
Le petit plus ? Des copies de lettres manuscrites de John Vachon et quelques essais de textes.
Marilyn, August 1953 The Lost Look Photos, Calla éditions, 22,18 €

Dans la peau de Marilyn
aufeminin5Qui mieux que l'Australienne Naomi Watts pour interpréter la douce Norma Jeane ?
Dans Blonde, adapté de la biographie romancée de Joyce Carol Oates, l’actrice jouera Marilyn sous un angle semi-fictif donc.
Le réalisateur, Andrew Dominik, coutumier des biopics, a expliqué au site Screendaily sa propre vision de Marilyn : "Elle est l’objet du désir sexuel pour les hommes et, pour les femmes, la représentation de toutes les injustices qu’elles subissent."
Naomi Watts, habituée à jouer des femmes fortes et douces à la fois, trouve ici un rôle à sa mesure. Côté physique, la ressemblance entre les deux femmes est un plus. Toutes deux icônes blondes, beautés classiques et classieuses, stars dans la vie comme sur papier glacé.
Blonde sortira fin 2011.

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art - Influential Picture

Peinture monumentale par les artistes Dai Dudu, Li Tiezi et Zhang en 2006 représentant les personnages historiques les plus influents. On y retrouve bien sûr Marilyn Monroe, mais aussi Bruce Lee, Audrey Hepburn, Shirley Temple, Charlie Chaplin, Einstein, Dante, Freud, Nietsche, Ramses II, Elizabeth II, Confucius, Lincoln, Michelangelo, De Vinci, Aristote, Rousseau, Bush, Jules Cesar etc...

InfluentialPicture

Zoom Marilyn:
InfluentialPicture

>> source:
mettez votre souris sur les personnages sur le site frizou.org
 

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BloG - Sous la couverture avec Marilyn

/!/ --- BLOG FERME --- /!/ 

Sous la couverture avec Marilyn

Monroe Covers - en français

Monroe Covers
Clik sur la bannière ci-dessus pour aller sur le site

 Un petit nouveau sur la toile: ce Blog répertorie les couvertures de magazines avec Marilyn Monroe, le tout classé par thèmes: par années et par pays.

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13 octobre 2010

10/07/1962 Marilyn in Black Dress and Blond Hair par Bert Stern

The Last Sitting
day 2 
 

Le 10 juillet 1962, deuxième séance photos avec Bert Stern, dans le bungalow 96, l'une des plus grande suite du Bel Air Hotel de Los Angeles. Shooting de photos de mode où Marilyn Monroe porte une robe noire classique du créateur Norman Norell tenant une paire de gants dans ses mains et jouant parfois avec un chapeau noir.

**** Marilyn in Black Dress and Blond Hair ****

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>> Planches Contact (en intégralité)
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12 octobre 2010

Vanity Fair novembre 2010

vanityfair_2010_novLe magazine américain Vanity Fair de novembre 2010 consacre sa couverture à Marilyn Monroe et un dossier spécial Marilyn en pages intérieures (16 pages) intitulé "Marilyn and her Monsters". [lire le sommaire du magazine sur leur site]. Prix: 8,99 €  

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Marilyn Monroe, entre ratures et poésie

Marilyn Monroe, entre ratures et poésie

Article publié le 7 octobre 2010
en ligne sur lexpress.fr

Fragments, poèmes, écrits intimes, lettres signés de Monroe paraissent ce jeudi au Seuil. On aurait tort de crier au génie.

 fragments6148 ans après sa mort, la blonde fait toujours vendre: il y a quelque mois, une radio de ses poumons a été mise aux enchères. Alors, on publie tout, y compris les fonds de tiroir. En l'occurrence, des carnets intimes, qui sortent avec fracas dans 10 pays ce jeudi. Il s'agit de textes presque tous inédits, écrits entre 1943 et 1962. Présentés en ordre chronologique, ces fragments -le mot est juste- n'ont jamais été destinés à la publication. 

Désordonnés, gribouillés, sans queue ni tête, ils constituent pourtant le coeur de ce recueil de 270 pages. On y trouve d'autres documents, comme des lettres à ses docteurs. Chaque page de gauche présente les fac-similés des carnets de Marilyn, face à leur transcription, en français et en anglais, à droite. La moitié du bouquin, donc, est composée de l'écriture illisible de Marilyn. Les adorateurs de la blonde trouveront cela émouvant, ceux qui pensaient qu'elle n'était qu'une ravissante idiote découvriront un esprit sensible au mot juste, qui raturait beaucoup. Les autres se lasseront vite du processus. 

Sensibilité poétique 

Si le recueil confirme l'intelligence de Marilyn, il serait excessif d'affirmer que la star ait un talent particulier pour l'écriture. Hormis quelques pépites, les éditeurs présentent un grand nombre de brouillons dont l'intérêt est variable: les "notes de cuisine", n'en n'ont aucun. Visiblement passionnés par leur sujet, ils n'ont pas assez trié. Ils consacrent ainsi une double page à ce seul gribouillis: "Tu sais que j'aurais 25 ans en juin", une réplique de Certains l'aiment chaud. La mise en scène pompeuse du moindre aphorisme dessert le fond, parfois très léger, du livre. 

La quatrième de couverture promet de dévoiler "l'autre face de l'icône". Certes, ces notes nous plongent au plus profond de l'intimité de la star. On la "découvre" angoissée, mal à l'aise sur les tournages, sensible, stressée, triste et peu sûre d'elle. Rien qu'on ne sache depuis des années, en somme. 

On retiendra pourtant la sensibilité poétique qui baigne l'ensemble des écrits. Loin d'être abouties, certaines notes dévoilent une fragilité qui rend Marilyn infiniment touchante. "Et moi, ma détresse implacable/ devant la souffrance de sa nostalgie- lorsqu'il regarde une autre et qu'il l'aime/ comme une insatisfaction ressentie depuis/ le jour de sa naissance/ nous devons l'endurer/ moi encore plus tristement car je ne puis ressentir aucune joie."(p 133) Un livre à réserver aux fétichistes, aux collectionneurs, aux adorateurs. 

Fragments, poèmes, écrits intimes, lettres, édité par Stanley Buchthal et Bernard Comment.
Seuil, 270pp, 29,80 euros.

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Marilyn Monroe à fleur de peau

Marilyn Monroe à fleur de peau

Article publié le 6 octobre 2010
par Sabine Audrerie
en ligne
sur cyberpresse.ca

Publiés simultanément dans plusieurs pays, les écrits intimes de Marilyn Monroe dévoilent une femme complexe éprise des mots, loin de l’icône sotte et sexy à laquelle elle fut longtemps résumé

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Cette photo de Marilyn Monroe en 1956 était la préférée de l'actrice.
Ambassador Hotel, New York, 1956
(photo Cecil Beaton/Camera Press/ Rapho-Gamma).

Fragments Poèmes, écrits intimes, lettres de Marilyn Monroe
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Tiphaine Samoyault, Seuil, 270 p., 29,80 €


Elle était la « fille américaine », « l’Actrice blonde », « la déesse américaine de l’amour sur la grille du métro de New York », « la Fille Sans Nom », « la Fille de Vos Rêves », elle était « Marilyn Monroe », égrène Joyce Carol Oates au long de son extraordinaire roman, Blonde .

Pourtant, l’écrivain n’incarne vraiment son personnage que sous un seul nom : Norma Jean, prénom de baptême de la petite fille éperdue d’amour que Marilyn ne cessa jamais d’être. Elle ne s’appelait pas Marilyn, elle n’était pas idiote, elle n’était même pas blonde. La recherche de sa propre identité fut au centre de toute sa vie heurtée.

Depuis sa mort, le public a fait le même chemin à rebours, comprenant peu à peu que l’image de la pin up peroxydée forgée dans les années cinquante était chimérique.

De Marilyn Monroe, il a connu les films, les photographies, encore placardées aujourd’hui sur tant de murs, de vitrines, de magazines, les innombrables biographies qui lui furent consacrées, tissées d’informations plus ou moins exactes, ses éclats de rire, sa dépression, ses retards sur les tournages racontés par Billy Wilder ou John Huston, la merveilleuse actrice qui n’arrivait pas à retenir ses répliques, la chanteuse à la voix sensuelle, la maîtresse du président Kennedy… mais que savait-il des émotions de cette femme disparue en août 1962, à l’âge de 36 ans ?

Une femme d’esprit à la recherche de connaissance

Marilyn elle-même s’employa à brouiller les pistes, se cachant derrière l’écran protecteur de l’icône sexuelle. « Pour moi, il s’agit d’une beauté entièrement fabriquée par le studio, la publicité, les médias, et de cette image elle est devenue prisonnière », souligne l’historien du cinéma Jean-Pierre Coursodon (1).

C’est cette image, tronquée et réductrice, que s’est employée à équilibrer depuis des années Anna Strasberg, la femme de Lee Strasberg, ami cher de Marilyn et son professeur à l’Actors Studio à New York, détentrice du droit moral de l’actrice. À coups de procès – gagnés – contre l’utilisation marketing de photographies ou de son nom, et par une communication choisie sur la star, Anna Strasberg va faire éclore la femme intelligente et cultivée derrière la ravissante idiote.

La publication, jeudi 7 octobre, simultanément dans plusieurs pays, des écrits personnels de l’actrice, conservés par elle depuis la mort de son mari, participe de ce mouvement, dévoilant une Marilyn non seulement sensible et fragile, désemparée et appelant à l’aide, mais aussi une femme d’esprit à la recherche de connaissance et de reconnaissance intellectuelle.

« Ce qui frappe à la lecture de ces documents, remarque l’éditeur Bernard Comment, qui a coordonné les publications, c’est l’intensité de son rapport poétique au monde. » Issus de plusieurs carnets et de feuillets épars (tous reproduits en fac-similé en regard de la belle traduction de Tiphaine Samoyault), ces écrits intimes sont émouvants.

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Fac-similé de Marilyn Monroe
(extrait de Fragments Poèmes, écrits intimes, lettres de Marilyn Monroe, publié au Seuil)

Ils projettent le lecteur dans les pensées et les émotions de Marilyn, confirment sa fragilité mais aussi son extraordinaire prescience, sur elle-même, sur le monde. Elle tâtonne, semble emplie d’un grand appétit de vivre contrarié par une mélancolie inhibante. Avec, encore et toujours, son physique comme rempart à des tourments plus profonds.

« Je pense que je suis très seule – mon esprit bat la campagne. Je me vois dans la glace à présent, le sourcil en bataille – si je me mets très près je verrai ce que je ne peux pas y voir – la tension, la tristesse, la déception, mes yeux ternes, les joues rougies par des petits vaisseaux qui paraissent comme des rivières sur une carte – les cheveux qui tombent comme des serpents. C’est la bouche qui me rend le plus triste, près de mes yeux presque morts. Il y a une ligne sombre entre les lèvres comme les contours de nombreuses vagues soulevées par un violent orage – qui dit ne m’embrasse pas, ne me ridiculise pas, je suis une danseuse qui ne sait pas danser. »

Marilyn livre aussi dans ces fragments ses réflexions sur son métier. Son application, sa créativité, son talent de femme d’affaires, ou celui de femme d’intérieur, avec là aussi comme seul ressort l’envie d’être aimée. Surtout s’en dégage un sentiment tenace d’insécurité, et, plus que le désir de plaire, la volonté de ne pas décevoir.

Marilyn a l’intuition que le bonheur passera par cette équation piégée : si je ne déçois pas, on m’aimera. Poignante, cette scène où Marilyn dit son chagrin après avoir compris que son mari, l’adulé, l’admiré Arthur Miller, a honte d’elle et doute de leur amour. L’actrice crie sa solitude, se réfugie tout entière dans son travail, dans l’attente de la perfection qu’elle fait peser sur elle, et dans ce qu’elle sait le mieux faire : jouer. « Je sais que je ne serai jamais heureuse, mais je peux être gaie ! ».

"Les mots étaient pour elle la seule et grande question"

Ce recueil richement illustré n’est pas que le récit d’un mal-être, c’est aussi une confession totale, et une recherche obstinée. « Elle ne se protégeait pas, explique Bernard Comment. Elle donnait, elle donnait tout. On ressent à la lire l’incroyable sincérité de cette femme, son absence totale de cynisme et son extrême fragilité. C’est peut-être pour cela qu’elle reste autant dans l’imaginaire collectif, c’est un phénomène étrange. »

« Je pense que c’est une bonne chose de remettre Marilyn à la place d’une femme qui, sans être une intellectuelle, était éprise du langage dans toutes ses formes, et notamment sa forme poétique », poursuit Michel Schneider, écrivain et psychanalyste, qui a montré un visage complexe de l’actrice dans son roman Marilyn dernières séances (2).

« Les mots étaient pour elle la seule et grande question. Elle avait beaucoup de difficultés à parler, et les photos furent un moyen d’expression plus facile. » Mais insatisfaisant. La poésie, les confessions intimes, l’auto-analyse deviennent un refuge et un langage.

« Elle était un poète au coin de la rue essayant de réciter ses vers à une foule qui lui arrache ses vêtements », disait Norman Mailer. C’est à ce poète empêché de marcher par un corps dévorant que rend grâce ce livre. Les vers de Marilyn ne sont pas ceux d’un écrivain mais ceux d’une femme qui donne une forme à sa demande affective. Ils touchent, telle cette phrase d’un fol espoir et d’une incapacité mêlés : « À partir de demain je vais prendre soin de moi. »

(1) coauteur, avec Bertrand Tavernier, de Cinquante ans de cinéma américain, Éd. Omnibus.
(2) Marilyn dernières séances, Grasset et Folio.

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Critique de Fragments par Télérama

Fragments (poèmes, écrits intimes, lettres)

Article publié le 9 octobre 2010
par Nathalie Crom
en ligne sur telerama.fr

labelCritique

marilyn_monroe_fragments_poemes_ecrits_intimes_lettres_M43199Il n'y a bien sûr que les sots pour penser que derrière l'icône blonde et radieuse que fut et demeure Marilyn se cache une femme écervelée, frivole, inconséquente. A vrai dire, on ne voit même pas d'où a pu naître une telle idée et de quoi elle a pu se nourrir, du vivant de la star et depuis sa mort, il y a près de cinquante ans. Alors même que sont si nombreux, variés, convaincants, les indices contraires : entretiens qu'elle a accordés, témoignages de ceux qui l'ont côtoyée - notamment Truman Capote, qui met en scène leur complicité dans le formidable Musique pour caméléons -, travaux biographiques tel celui, magistral, de Donald Spoto... Sans compter les romanesques mais diablement pénétrants Blonde, de Joyce Carol Oates, et Marilyn dernières séances, de Michel Schneider. Tout cela pour dire que Marilyn Monroe n'est vraiment en rien à « réhabiliter » ou à disculper de quoi que ce soit, et que ce n'est pas dans cet état d'esprit qu'il convient de se plonger dans ce beau livre composite, sobrement intitulé Fragments. Les poèmes, extraits de carnets intimes et lettres, presque tous inédits, qu'il rassemble entr'ouvrent avec délicatesse et pudeur une porte sur la vie psychique de la jeune femme. Et révèlent de façon saisissante et terriblement bouleversante le mélange d'intelligence, de pugnacité, de lucidité, d'orgueil et d'extrême vulnérabilité qui constitue l'alchimie intime de cette psyché.

Névrotique, Marilyn ?, s'interroge, dubitatif, l'écrivain Antonio Tabucchi dans la préface qu'il donne à l'édition française de l'ouvrage, qui paraît parallèlement dans une dizaine de pays, dont les Etats-Unis. Oui, peut-être peut-on dire cela, mais alors « de la même façon qu'on peut qualifier de névrotiques tous ceux qui pensent trop, qui aiment trop, qui sentent trop ». En fait, c'est un peu court pour dire la complexité et l'équilibre infiniment changeant du mouvement contradictoire qui, d'un bout à l'autre de cette collection de fragments, anime et bouscule la jeune femme : vitalité et désespoir, aspiration au bonheur et fatigue d'être soi, désir farouche d'indépendance vis-à-vis du regard des autres et solitude déchirante. « Ce n'est pas si drôle de se connaître trop bien ou de penser qu'on se connaît - chacun a besoin d'un peu de vanité pour surmonter ses échecs », note-t-elle dès 1943 - elle a alors 17 ans.

La suite des fragments la montre, poursuivant au fil des ans - le dernier texte, une lettre au psychanalyste Ralph Greenson, date de 1961 - cette autoanalyse lucide, transpercée d'aveux de solitude : « Seuls quelques fragments de nous toucheront un jour des fragments d'autrui - la vérité de quelqu'un n'est en réalité que ça -, la vérité de quelqu'UN. On peut seulement partager le fragment acceptable pour le savoir de l'autre, ainsi on est presque toujours seuls. »

L'ego en miettes, elle se sent tantôt « déprimée folle ». Et écrit encore : « Pourquoi est-ce que je ressens cette torture ? Ou pourquoi est-ce que je me sens moins un être humain que les autres (toujours senti d'une certaine façon que je suis sous-humaine, pourquoi en d'autres mots suis-je la pire, pourquoi ?) Même physiquement j'ai toujours été sûre que quelque chose n'allait pas pour moi là - peur de dire où alors que je sais où... » Ce qui la tient debout, c'est le travail, omniprésent, considéré toujours avec un infini sérieux, le souci de « discipline concentration », de s'améliorer sans cesse - la voie, pour elle, d'un salut possible : « Plus jamais une petite fille seule et terrorisée / Souviens-toi que tu peux être assise au sommet du monde (on ne dirait pas). »

C'est entre les mains d'Anna Strasberg, ­seconde femme de Lee Strasberg (1901-1982), le directeur de l'Actors Studio, que reposaient, depuis la mort de l'actrice, ces notes et carnets personnels demeurés privés jusqu'à ce jour. On n'y trouvera nulle confession fracassante sur la vie privée de Marilyn Monroe, non plus que la révélation d'une Marilyn qu'on pourrait qualifier d'écrivain ou de poète. Ce serait introduire un malentendu, un de plus, à tous ceux qu'elle a suscités que de le prétendre. Et cela n'enlève rien à l'intérêt réel de ses textes, à l'émotion qu'ils procurent, à la grâce authentique de cet ouvrage qui mêle les fac-similés des textes (pages de carnets, feuilles volantes...), leur transcription rigoureuse en anglais et en français, et des illustrations soigneusement choisies où prédominent les portraits intimistes. « Je sais que je ne serai jamais heureuse, mais je peux être gaie ! Vous vous souvenez que je vous ai dit que Kazan prétendait que j'étais la fille la plus gaie qu'il ait connue, et il en a connu ! [...] Est-ce Milton qui a écrit : "Les gens heureux ne sont jamais nés" ? », confiait-elle à Ralph Greenson. L'aveu d'une femme qui ne connut jamais l'apaisement, ni même cette sérénité tragique que Flannery O'Connor appelait « l'habitude d'être ».

Telerama n° 3169 - 09 octobre 2010

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Bernard Comment, le Suisse qui révèle l’autre Marilyn

Bernard Comment, le Suisse qui révèle l’autre Marilyn

Article publié le 5 octobre 2010
par Mattthieu Van Berchem
en ligne sur swissinfo.ch

Le Jurassien, éditeur au Seuil, publie «Fragments» de Marilyn Monroe. Où l’on découvre une star qui s’ausculte sans complaisance. Sortie simultanée dans une dizaine de pays, le 7 octobre. Interview de Bernard Comment.

mmreading«Marilyn n'a pas changé ma vie. Mais je reconnais que je lui ai consacré beaucoup de soirées et de nuits blanches.» Bernard Comment, directeur de la collection «Fiction & Cie» aux éditions du Seuil, vit des heures trépidantes. Chaque rentrée littéraire est synonyme de forte adrénaline pour un éditeur parisien, mais celle-ci fait exploser tous les tensiomètres: le 7 octobre paraît, un peu partout en Europe, Fragments, des textes de Marilyn Monroe rassemblés et publiés par le Jurassien.

On connaissait de la star américaine ses poses émoustillantes, sa petite voix sensuelle, ses amours avec les grands de ce monde, sa fragilité, sa mort enfin. Pas ses écrits. De 1943 à 1962, année de son décès, l'actrice noircit des cahiers, des bouts de papier et des lettres. L'actrice y jette un regard sans complaisance sur elle-même et sur son monde. «C'est quelque chose d'une grande pureté», note Bernard Comment.

swissinfo.ch: Racontez-nous vos derniers séjours aux États-Unis et en Angleterre, entièrement consacrés à la publication du livre.

Bernard Comment: L'ouvrage est encore sous embargo. Mais les quelques personnes qui l'ont lu sont absolument enthousiastes. L'hebdomadaire américain Vanity Fair publiera les bonnes feuilles dans sa prochaine édition. Au départ, le directeur du magazine ne pensait pas faire la couverture sur Marilyn : il lui avait déjà consacré la «une» il y a deux ans. Mais après lecture du texte, il s'est ravisé. Le Spiegel en Allemagne, El Pais en Espagne, Le Nouvel Observateur en France consacrent au livre des dizaines de pages. Tout cela me prend beaucoup de temps. C'est moi qui ai choisi les éditeurs étrangers. Pour tous ces pays et à l'exception des États-Unis, ce sont les éditions du Seuil qui impriment l'ouvrage.

swissinfo.ch: Pouvez-vous décrire la genèse de ce livre ? Comment se fait-il qu'Anna Strasberg - la veuve de l’acteur Lee Strasberg - qui gère actuellement l'héritage de Marilyn, vous ait confié à vous, Suisse vivant en France, la publication de ces écrits ?

bernardcommentB.C.: Tout commence par hasard: la rencontre à Paris avec un ami de la famille Strasberg, qui me parle de ces textes inédits de Marilyn. Je me suis rendu illico chez Anna Strasberg, à New York. A vrai dire, sans grandes illusions. D'abord, je me méfiais un peu de la qualité intrinsèque de ces écrits. Ensuite, je n'avais pas beaucoup d'argent à lui proposer. Paradoxalement, c'est ce qui a plu à Mme Strasberg. Son raisonnement n'était pas commercial, mais littéraire. D'ailleurs, jamais nous n'avons parlé argent avec elle, jamais. Et si je révélais le montant du contrat, personne ne me croirait.

swissinfo.ch: Sur quel support Marilyn écrivait-elle ?

B.C.: Sur des carnets, dont elle ne remplissait généralement que les premières pages. Sur du papier à entête de grands hôtels, comme le Waldorf, ou de la résidence où elle a séjourné avec Arthur Miller. Et quelques lettres.

swissinfo.ch: Qu'est-ce qui vous impressionne le plus quand vous découvrez ces textes ?


B.C.: C'est la façon de Marilyn d'explorer ses propos gouffres. C'est souvent vertigineux, et toujours touchant. Elle est très généreuse, se donne sans limite. Ce qui me frappe aussi, c'est la fulgurance poétique de certains textes, dans un style jamais affecté. On sait qu'elle avait fait lire ses écrits à des proches, notamment à l'écrivain Norman Rosten. Mais le tout n’était pas destiné à la publication. C'est intime, mais toujours très pudique. Je n'ai jamais ressenti la moindre gêne en la lisant. Sachez qu'il n'y a aucune révélation sur sa vie sexuelle, ou sur les Kennedy.

swissinfo.ch: Avez-vous suscité des jalousies, notamment aux Etats-Unis ?

B.C.: Peut-être. Mes collègues américains ne cachaient pas leur étonnement. Certains un peu exaspérés de ne pas avoir mis la main eux-mêmes sur ces documents. Avant moi, d'autres éditeurs avaient approché Anna Strasberg, de gros chèques dans les poches. Mais Mme Strasberg se méfiait de leur côté prédateur. Elle voulait un livre qui place Marilyn en position d'auteur, sans photo d'elle en bikini.

swissinfo.ch: Le fait d'être suisse vous a-t-il aidé dans cette histoire ? Je pense par exemple à l'intérêt, bien jurassien, pour les aventures lointaines ?

B.C.: Qui sait ? Ce qui est sûr, c’est qu’il fallait éviter à tout prix toute arrogance, et ne pas bouder son enthousiasme.

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