13 février 2010

1951 Marilyn à la plage par Beauchamp 2

Marilyn Monroe à la plage en 1951
Photographies d'Anthony Beauchamp

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1951 Marilyn par Anthony Beauchamp

Marilyn Monroe photographiée par Anthony Beauchamp

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>> couvertures de magazines:
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Vidéos 1952 Marilyn Parades

Vidéo montage créé par MissYria combinant deux parades de Marilyn Monroe à Atlantic City en septembre 1952: la première est celle de Miss America Pageant  et la seconde est celle de la  promotion pour Monkey Business .

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12 février 2010

Les interviews sur Monkey Business

Chérie, je me sens rajeunir 
Leinterviews

Howard_HawksHoward Hawks 
(
le metteur en scène)
(en engageant Marilyn)
Le côté surdéveloppé de cette gamine devrait être assez drôle.
Marilyn est arrivée devant la caméra, et la caméra l'a aimée. Tout d'un coup, c'était un pur symbole sexuel.
Marilyn Monroe était une petite fille extrêmement craintive, qui n'avait aucune confiance en ses capacités. Elle avait peur d'apparaître à l'écran.

carygrantCary Grant 
(
dans le rôle de Barnaby Fulton)
-
Je n'imaginais pas qu'elle allait devenir une grande vedette. Si elle avait quelque chose de différent des autres actrices, ce n'était pas apparent à l'époque. Elle semblait très timide et tranquille. Il y avait quelque chose de triste en elle.
- Elle paraissait très timide et je me souviens qu'elle avait l'air très gênée quand les techniciens du studio sifflaient sur son passage.

Niagara vu par Critikat.com

critikatlogoLe mari, l'amant et Marilyn

Article publié par Ophélie Wiel
en ligne sur critikat.com

critikatniagara

Il y aura quatre-vingts ans en avril, naissait une petite fille brune qui, en devenant blonde, allait bouleverser l’image de la femme au cinéma. En 1952, Niagara est le premier grand rôle de Norma Jean Baker, rebaptisée Marilyn Monroe, la petite starlette qui s’acharne dans les studios de la Twentieth Century Fox depuis six ans, convaincue qu’elle deviendra une grande star. Et même si le grincheux Henry Hathaway prétendit le regretter (Marilyn n’était-elle pas insupportablement perfectionniste devant une caméra ?), il fit bien d’embaucher la blonde actrice pour le rôle diabolique de Rose Loomis, la femme adultère et meurtrière. Car d’un banal polar, Niagara se transforma ainsi en un film à la facture quasi hitchcockienne, où la frustration sexuelle est le moteur des actes de chaque individu.

Les chutes du Niagara/Marilyn : lors de la sortie du film, le parallèle entre la force tranquille et fascinante de la cascade et les courbes voluptueuses du corps de l’actrice n’échappa pas au studio, qui en fit son premier argument de vente. La Nature et la Femme, jalouses de leur domination sur l’Homme, font feu de tout bois pour imposer leur prééminence. Hathaway filme ainsi avec la même admiration hypnotique le déhanché de Marilyn qui s’éloigne, de ce pas si violemment sensuel qui n’appartient qu’à elle et l’eau qui bascule soudain pour se transformer en un dangereux bouillon. Évidemment, la cascade a un avantage sur la femme : elle est éternelle et peut engloutir des vies humaines sans mettre en péril sa propre existence. Rose Loomis, elle, joue un jeu dangereux qui repose essentiellement sur la fascination presque inconditionnelle qu’elle exerce sur l’homme. Une fois évaporée cette fascination, elle n’est plus qu’un être fragile, à la merci de la force physique la plus basique. Quant Hathaway filme Marilyn, fuyant devant une mort certaine, il la fait venir vers la caméra : la célèbre vision du dos et du déhanché de l’actrice disparaît, comme pour mieux symboliser la perte de confiance de la femme en son pouvoir de séduction. Parallèlement, les tenues provocantes de Rose (comme la robe rouge de la chanson Kiss) ont laissé place à des tailleurs plus sobres.

Dès les premières minutes, les plans sur les chutes du Niagara - qui, finalement, n’auraient pu être qu’un décor parmi tant d’autres - sont une évidente (mais non pas moins splendide) métaphore du désir et de la frustration sexuelle. Le petit univers humain du film - un motel où les touristes américains viennent passer leur lune de miel - est parcouru de non-dits, de tensions malsaines. Le couple « ordinaire », apparemment heureux, incarné par Jean Peters et le falot Max Showalter, auquel le spectateur est censé s’identifier en tant que témoin du drame, est à peine plus solide que le couple vedette Joseph Cotten/Marilyn. La façon dont le mari de Jean Peters présente au douanier son week-end de lune de miel (« j’ai apporté des livres pour m’occuper »), ainsi que sa continuelle préoccupation pour son avenir professionnel (au point d’y sacrifier la santé mentale de sa femme) augurent le pire pour l’avenir du couple. Leur amour n’en semble que plus asexué, platonique. Ainsi, lorsque le jeune époux tente de transformer sa femme réticente en pin-up, l’ombre de Marilyn - celle de la maîtresse en puissance, de l’obscur objet de désir - vient gâcher la photo. Les cirés jaunes et noirs informes que les jeunes touristes doivent revêtir pour visiter les chutes sont un autre symbole de l’absence de sexualité : alors que Jean Peters doit s’éloigner pour que son mari puisse la photographier devant la cascade, Marilyn et son amant anonyme sont on ne peut plus proches, s’étreignant passionnément, aveugles à tout regard extérieur.

La frustration qu’éprouve Joseph Cotten est tout autre, évidemment beaucoup plus violente. Car la sensualité de sa femme Rose/Marilyn n’existe pas seulement dans son regard, mais dans celui de tous les spectateurs. Elle éclate sur l’écran : l’actrice n’est pas qu’une très belle femme, elle sait comment utiliser la caméra pour la rendre amoureuse d’elle. Or, sur la plupart des plans, Cotten est séparé d’une épouse qu’il désire jusqu’à la folie : marié à une femme que tous les hommes lui envient, il ne peut l’atteindre. Filmant Marilyn/Rose nue sous un drap ou derrière une vitre de douche, Henry Hathaway expose sa beauté tout en lui conférant un statut d’icône intouchable. Les seuls moments où Cotten pourra s’approcher de cette déesse n’ont rien du naturel caractéristique d’une relation amoureuse saine : le premier est choisi par Marilyn/Rose, qui cherche à mettre en confiance un mari dont elle sait qu’il n’a plus que quelques heures à vivre. Le deuxième est un viol par procuration : la satisfaction qu’éprouve Cotten en étranglant sa femme, puis en s’allongeant à côté de son corps sans vie, a tout de la sensation orgasmique.

Victime de sa beauté et de sa trop grande sensualité dans le monde contraint et puritain de l’Amérique des années 50, Rose Loomis n’est pas une criminelle. Incarnée par une comédienne fine, profondément attachante, qui a parfaitement compris l’ambiguïté du personnage, elle est la proie d’un dédoublement de personnalité, qu’Hathaway suggère par de nombreux gros plans sur son visage. Lorsque Rose entend l’air de Kiss entonné par les cloches de l’église (signe que son amant s’est débarrassé de son mari), le sourire qu’elle réprime à peine est volontairement choquant. Mais quelques minutes auparavant, lorsqu’elle regardait son amant, à son insu, elle n’était plus qu’une femme amoureuse attendrissante. Niagara, premier grand rôle d’une éclatante carrière, est une réponse définitive à tous ceux qui oseraient encore dire que Marilyn n’était pas une très grande actrice. 

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11 février 2010

Site - Monroe Online

/!/ --- SITE FERME --- /!/

Marilyn Monroe Online - en anglais

Monroe Online
Clik sur la bannière ci-dessus pour aller sur le site

Site complet sur Marilyn - ordonné en rubriques: 1/Marilyn avec une biographie et pleins d'anecdotes (de ses récompenses à ses animaux, en passant par ses salaires, familles et maris, son style de mode etc...). 2/Career qui propose les thèmes de 'model', films (avec fiches et photos), chansons et télévision. 3/Gallery contient plus de 7000 photos classées par albums (enfance, films, photographes, sorties en public, candides, publicités, scans...). 4/Media avec des vidéos, la chaîne youtube du webmaster, des audios, les paroles des chansons et le script de Some like it hot. 5/Fanzone regroupe les créations des fans (avatars, animations, wallpapers), des sondages. Un site à découvrir et à parcourir avec plaisir!

Monroe Online
Visuel du site (clik dessus pour aller sur le site) 

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12/06/1951 Herman Hoover Party

Fête chez Herman Hoover le 12 juin 1951, dans sa villa à Beverly Hills, propriétaire du restaurant Ciro's, avec quelques jeunes premiers du cinéma: Nick Savano, Craig Hill, Marilyn Monroe et Mala Powers. Marilyn Monroe porte le maillot de bain du film Let's make it legal . La soirée se termina au Ciro's.
Party at Herman Hoover's house on June 12, 1951, in his villa in Beverly Hills; he is the owner of the Ciro's restaurant. Here, few young film stars: Nick Savano, Craig Hill, Marilyn Monroe and Mala Powers. Marilyn Monroe wears the swimsuit of the movie Let's make it legal. The evening party ended at Ciro's.

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> Photographies de Bob Beerman
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> Marilyn entourée de photographes (dont Frank Powolny)
Photographie de Earl Theisen
 
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> Dans les studios de la Fox - Photographies de Earl Theisen
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>> Article de Modern Screen, septembre 1951
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25/10/1951 Soirée au Ciro's et Mocambo

Soirée au Ciro's, en septembre 1951. Marilyn Monroe danse avec David Wayne, son partenaire dans As young as you feel ; d'ailleurs, Marilyn porte la même robe que dans une scène du film.

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> Au dîner 'Hollywood Foreign Correspondents Association'
au Club Mocambo, Los Angeles, 25 octobre 1951

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> source date: enchère Marilyn Monroe Auction 11/2016 Photos 2-Photographies


> Puis une soirée est organisée sur le bateau USS Benham.
Photos de John Florea

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Monkey Business vu par Laterna Magica

baniere_laternaChérie, je me sens rajeunir (Monkey Business)
de Howard Hawks

article publié
par Benoît Thevenin
en ligne sur laternamagika

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Dans L’Impossible Monsieur Bébé déjà – le premier des cinq films qu’il auront tournés ensemble-   Cary Grant partageait la vedette avec un animal de zoo sous la direction de Howard Hawks. Monsieur Bébé était un léopard, mais il s’agit là, dans Chérie, Je me sens rajeunir, d’un chimpanzé…
Cary Grant incarne un scientifique un peu loufoque qui travaille sur une potion qui permettrait de rajeunir. Ses expérimentations ne donnent aucun résultat, jusqu’à ce qu’un chimpanzé de laboratoire, dans son dos, mélange quelques tubes. Sa mixture est déversée à l’insu de tous dans un distribureur d’eau…

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Il était prévu que Cary Grant soit dans le film l’époux d’Ava Gardner, encore jeune actrice, mais l’acteur réchignait à former à l’écran un couple avec une femme plus jeune que lui. C’est finalement à Ginger Rogers que le rôle échoua, et Hawks se vengera en harcelant l’actrice qui n’avait elle rien demander à personne. Bonjour l’ambiance sur le plateau ! Heureusement, elle est radicalement différente de celle du film. Réalisateur emblématique de la screwball comedy, laquelle mêle généralement comédie sentimentale et farce, Hawks est parfaitement à l’aise avec son sujet et livre un film décalé, et amusant qui donne même une sacré pêche. Le film donne l’impression d »avoir été conçu dans une ambiance de cours de récrée tant tout du long les acteurs s’amusent et transmettent leurs belles énergies.

Une petite séquence précède le générique, dans laquelle on entend Howard Hawks hors-champs qui ordonne à Cary Grant de ne pas rentrer tout de suite sur le plateau ! Le ton est donné, et ce décalage va être érigé en principe pendant tout le film.

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Cary Grant porte de grossière lunette qui sont sensé trahir sa relative vieillesse. Personne n’est dupe, mais l’allure que ça lui donne suffit à déjà faire sourire. Lorsqu’il boit la potion miracle, le personnage y voit soudain clair mais surtout retombe en enfance et se laisse aller à des gamineries qui sont en complet décalage avec la prestance et le sérieux qu’il dégage habituellement. Il redevient aussi un grand séducteur et celle qu’il va tourmenter, c’est cette secrétaire écervelée qui’il n’avait jamais vu auparavant et qui est jouée par Marilyn Monroe.

La jeune actrice n’est pas encore une star, son rôle est en retrait du couple Grant-Rogers, et personne ne l’imaginait réussir la carrière qu’elle allait mener. Et pourtant, les séquences avec son personnages sont parmi les moments les plus sympathiques du film, notamment par la jalousie et les bons quelle suscite de la part du personnage joué par Ginger Rogers.

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La première véritable séquence entre Cary Grant et Marilyn Monroe est un petit bijoux d’humour décalé et subtil depuis rentré dans la légende. La secrétaire porte des bas indéchirables, que le docteur Fulton à lui même inventé. Dans la séquence, Marylin révèle tout à fait innocemment à un Cary Grant qui ne se pose pas plus de question une jambe parfaitement gaînée, pour lui montrer  quelle point elle est satisfaite du produit. L’intensité érotique est au plus fort, mais noyée par la complète indifférence des deux personnages, soit une manière audacieuse de la part du cinéaste de faire tourner la tête des abominables censeurs du Code Hayes…

Marilyn n’est pas très présente dans le film mais chacune de ses apparitions révèle son incroyable sex-appeal, et c’est bien cette qualité là qui lui permettra de devenir bientôt une icône. L’année suivante, en 1953, Howard Hawks la redirigera dans un premier rôle cette fois, dans Les Hommes préfèrent les blondes ou elle fait plus que rivaliser avec la troublante Jane Russell et chante Diamond are a girls best friend. La même année, Marylin tourne dans Niagara d’Henry Hathaway et Comment épouser un millionaire de Jean Negulesco. Autan dire que sa carrière est belle et bien lancée…

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Monkey Business vu par Critikat.com

critikatlogoElixir de Jeunesse

Article publié
par Raphaëlle Pireyre
en ligne sur critikat.com 

Chérie, je me sens rajeunir

réalisé par Howard Hawks

Quinze après L’Impossible Monsieur Bébé, Howard Hawks entraîne à nouveau Cary Grant dans les aventures rocambolesques d’un scientifique. Cette fois, ce n’est pas du côté l’époque antédiluvienne, qu’il est tourné, mais vers la recherche de l’éternelle jeunesse, clé d’un bonheur conjugal sans faille.

C’est sur l’image de la façade d’un pavillon cossu que défilent les premiers noms du générique de Chérie, je me sens rajeunir (Monkey Business), lorsque la porte s’ouvre, laissant apparaître un homme distingué, portant frac et chapeau. Il avance tête baissée, marmottant quelque propos inintelligible, absorbé par ses pensées, comme coupé du monde – peut-être à cause de l’épaisseur des verres de ses lunettes. C’est alors qu’une voix grave se fait entendre, off : « Pas encore, Cary ». Pour Howard Hawks, l’homme que nous voyons n’est pas encore Barnaby Fulton, scientifique distrait marié à Edwyna (Ginger Rogers), mais toujours le célèbre comédien Cary Grant. Devant cette entrée en scène prématurée, le réalisateur se sent obligé d’intervenir lui-même, ne serait-ce que vocalement. Sommé de rebrousser chemin, l’acteur se ressaisit, retourne sagement derrière le décor, et le générique reprend son cours. Jusqu’au prochain faux départ. « Nooon », intervient à nouveau la voix. Le balbutiement d’une fiction qui démarre à contretemps tend à montrer qu’il existe un moment propice, où tous les éléments sont réunis, où tout le monde est prêt, et où l’acteur peut enfin faire disparaître ses traits de vedette sous le personnage qu’il incarne.

Il est assez étonnant de voir un film hollywoodien se désigner lui-même de la sorte, mettre en abyme son propre processus de fabrication. Mais peut-être cette minute de réflexivité est-elle destinée à nous rappeler que les deux hommes sont de vieilles connaissances qui ont déjà souvent fait équipe par le passé. Peut-être faut-il y voir le salut du metteur en scène à l’acteur avec lequel il a inventé le personnage de paléontologue rangé, pris dans une étourdissante aventure bien malgré lui, dans L’Impossible Monsieur Bébé. Avec cet échange direct, pour le moins inhabituel, entre le cinéaste et la star, c’est comme si Hawks affichait la couleur du défi lancé : quelles nouvelles avons-nous à donner du personnage comique de scientifique créé jadis ? Certes, le personnage n’est plus le Dr David Huxley, il n’est plus paléontologue, mais il a en revanche gardé son air ahuri et maladroit. En citant explicitement la fameuse scène où Cary Grant était horrifié de voir, au beau milieu d’un restaurant chic, l’arrière de la robe de Katharine Hepburn déchirée, Hawks assume pleinement la parenté entre les deux films, et fait de Chérie, je me sens rajeunir une sorte de reprise de L’Impossible Monsieur Bébé quinze ans après.

Le temps a passé. Et c’est justement ce qui pose problème à Barnaby Fulton, corps et âme dévoué à une recherche capitale : une potion miraculeuse, source de jouvence. Fruit de savants calculs, et surtout d’une aide inattendue, la formule est découverte. Rajeunir n’est enfin plus une utopie. Mais cette boisson dont les effets sont encore inconnus va être absorbée par les personnages à leur insu. Si le scénario se construit sur cette base de science fiction, Hawks n’a pas le projet de refaire un Dr Jekyll et Mr Hyde dans lequel les protagonistes subiraient de spectaculaires transformations. Les personnages vont rajeunir, mais en restant identiques. Ce qui intéresse le cinéaste, c’est de pousser le jeu d’acteur dans ses derniers retranchements. Comment Cary Grant, avec son corps, sa grande stature, son élégance, peut-il trouver les gestes, les attitudes, qui feront de lui un adolescent ou un enfant ? Conserver le même corps, mais en décalant les gestes et agissements, la façon de parler. Avec la précision qu’on lui connaît, Grant se plie brillamment à l’exercice, et finit même dans un contre-emploi de genre, puisqu’une bande d’enfants l’entraîne dans une séquence d’affrontement de cow-boys et d’Indiens. Cette tonalité de science-fiction que prend le scénario semble finalement relever d’une forme de défi lancé par le cinéaste à son acteur : être aussi drôle que par le passé. De Cary Grant à la joyeuse ribambelle d’enfants qu’il rencontre, du vieux Monsieur Oxley à la secrétaire jouée par la jeune Marilyn Monroe alors peu connue, de Ginger Rogers à un bébé qu’elle croit être son mari ayant absorbé une dose massive de potion, c’est une galerie de personnages totalement hétéroclites, à travers laquelle toute la pyramide des âges est représentée, qui joue à s’échanger les rôles.

« Regarder le chaos en s’amusant », tel était le principe comique de Howard Hawks. Or, qui doit le plus s’amuser de la farce, sinon celui qui est à l’origine de tout : le singe de laboratoire qui, fuguant de sa cage, a joué à l’apprenti sorcier, mélangé tous les produits chimiques, et créé la fameuse potion. C’est, encore une fois chez Hawks, comme dans plusieurs de ses films , la bête qui mène la danse, comme si le cinéaste voulait nous dire une bonne fois pour toutes que l’homme n’est qu’un animal comme les autres. Cette joyeuse pagaille sur fond de formule magique et de performance d’acteur vient mettre un peu d’aventure dans le quotidien d’un vieux couple qui s’ennuie et pose une fois encore la question qui passionne le cinéma classique hollywoodien : est-ce que le couple peut se bonifier avec le temps ? Et Hawks, qui coulait alors des jours heureux avec une toute nouvelle et toute jeune compagne, y répond avec un franc optimisme.

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