12 juin 2022

10/10/1944 - Lettre d'Ana Lower à Norma Jeane

Lettre du 10 octobre 1944 écrite par "Tante Ana" - Ana Lower - à Norma Jeane, qui va rendre visite à sa demie-soeur Berniece à Détroit en passant par l'Etat de la Virginie pour voir les Goddard (Bebe Goddard qu'Ana salue) et termine son périple à Chicago (fin octobre) pour voir Grace McKee Goddard. Ana termine sa lettre par un verset biblique, montrant ainsi sa dévotion totale envers la chrétienneté (elle appartenait à la Science chrétienne).

Letter dated in October 10, 1944 written by "Aunt Ana" - Ana Lower - to Norma Jeane, who is going to visit her half-sister Berniece in Detroit, passing through the State of Virginia to see the Goddards (Bebe Goddard that Ana greets) and ends her journey in Chicago (end of October) to see Grace McKee Goddard. Ana ends her letter with a Bible verse, showing her total devotion to Christianity (she belonged to Christian Science).

1944-10-10-Letter_from_Ana_to_NJ-1a  1944-10-10-Letter_from_Ana_to_NJ-1b 

Traduction de la lettre:

10 octobre 1944

Ma précieuse fille,

Tu es en route vers un joyeux voyage. Que chaque instant de ses joyeuses attentes soit comblé à ras bord.
De nouveaux lieux, visages et expériences t'attendent.
Tu rencontrera tout cela avec ta douceur habituelle et ton aimable courtoisie.
Lorsque tu verras ta sœur, vous recevrez vraiment toutes les deux une bénédiction. Donnes-lui mon amour et un baiser, aussi à la chère petite fille.
Mon amour aussi au père et au mari chanceux.
Mon bonheur est grand que vous ayez un repos nécessaire. Et belle visite avec mes proches.
Embrasse Bebe pour moi aussi.
Une des joies du départ est le retour, où tous ceux qui vous aiment (et qui ne ne t'aime pas ?) nous attendent à bras ouverts pour nous recevoir.
Ma prière sera - Cher Père, tu es mon enfant, en ascension, ce soir et toujours.
Les lignes suivantes t'aideront à connaître une protection à tout moment.
"Je sais
Là où je suis
C'est Dieu. Puisque c'est ainsi
Aucun endroit ne peut être plus sûr que là où je vais"
Bonne nuit ma chérie
Avec amour et baisers
Tante Anne

Letter transcription:

Oct 10, 1944

My precious girl,

You are outward bound on a Happy Journey. May each moment of its joyous expectations be filled to the brim.
New places, faces, and experiences await you. You will meet these all with your usual sweetness and loving courtesy.
When you see your Sister, you will truly both receive a blessing. Give her my love and a kiss, also the dear little daughter,
My love also to the fortunate father and husband.
My happiness is much that you are to have a needed rest. And lovely visit with dear ones
Gives Bebe a kiss for me too
One joy of going away is the coming back, where all who love you (and who does not ?) will be waiting with open arms to receive you.
My prayer will be - Dear Father thou my child , on upward swing , tonight, and always.
The following lines will help you, know your protection at all times.
"I know
That where I am
Is God. Since this is so
No place can safer be than where I go"
Good night dearest
With Love and Kisses
Aunt Ana


© All images are copyright and protected by their respective owners, assignees or others.
copyright text by GinieLand.

Posté par ginieland à 22:47 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

25/09/1938 - Lettre de Oncle Art à Norma Jeane

Lettre dactylographiée datée du 25 septembre 1938, sur du papier à lettres à en-tête "International Correspondence Schools", écrite par  "Oncle Art" à Norma Jeane, âgée alors de 12 ans et vivait chez "Tante" Ana Lower (sur Nebraska Avenue, à Los Angeles).
Oncle Art et Tante Allis vivent à San José, en Californie. Ils semblent appartenir à la famille de Grace Goddard et de sa tante, Ana Lower; ils se surnomment eux-mêmes "Oncle" et "Tante" pour Norma Jeane, et semblent bien la connaître par les mots d'affection employés dans la lettre. Ils font référence à leur chien Trinket, dont on peut supposer qu'il est adoré par Norma Jeane.

Typed letter dated September 25, 1938, on "International Correspondence Schools" letterhead, written by "Uncle Art" to Norma Jeane, then 12 years old and living with "Aunt" Ana Lower (on Nebraska Avenue , in Los Angeles).
Uncle Art and Aunt Allis live in San Jose, California. They appear to be relatives of Grace Goddard and her aunt, Ana Lower; they call themselves "Uncle" and "Aunt" for Norma Jeane, and seem to know her well by the words of affection employed in the letter. They refer to their dog Trinket, whom one may assume was adored by Norma Jeane.

1938-09-25-Letter_from_uncle_art_aunt_allis_to_NJ-1 

Traduction de la lettre:

Notre douce Norma Jean :

Je t'ai promis une lettre, et j'essaie toujours de tenir mes promesses. Etre très attentif à tenir sa promesse est nécessaire à la construction d'un bon caractère, ne penses-tu pas ? Cependant, dans ce cas, tenir ma promesse procure un réel plaisir plutôt que l'accomplissement d'un devoir. V

Tu as appris par nos lettres à tante Ana notre voyage ici et notre nouvelle maison. Nous sommes tous les deux en bonne santé et de bonne humeur, et très heureux de tout. Dieu a été très bon avec nous, et Il en sera ainsi. Trinket a plus de peps que je ne l'ai jamais vue démontrer et est très satisfaite de tout. Il y a un beau parc en diagonale au coin de chez nous où elle peut se défouler sur l'herbe fraîche et verte à sa guise. Elle fait de nombreuses promenades, et il y a des gâteaux pour chiens spéciaux pour elle.

Hier matin, nous sommes allés à San Francisco et, après une conférence avec mes associés, nous avons traversé le pont de la baie de San Francisco. Chérie, c'est la plus grosse chose que j'ai jamais vue à côté de ton oncle Doc Goddard. C'était une belle journée claire et depuis le pont, nous pouvions voir le Golden Gate, la prison fédérale sur l'île d'Alcastraz où sont détenus les prisonniers gouvernementaux les plus difficiles, l'université d'État de Berkeley et toutes les villes autour de la baie de San Francisco. Nous pourrions contempler le parc des expositions du monde - ils l'appellent l'île au trésor - et certains des bâtiments sont déjà terminés. La foire aura lieu l'année prochaine, tu sais. Et c'est l'un des voyages où nous voulons t'emmener avec tante Ana si vous venez nous rendre visite l'année prochaine. Vous apprécierez tout cela, j'en suis sûr.

C'est une belle ville de 85 000 habitants. Ce matin, dimanche, nous sommes allés en voiture dans le quartier où résident les riches - le district de Hester, je pense que c'est ainsi que ta tante Allis l'appelait. Mais même les pauvres ici gardent leurs jardins propres, remplis de pelouse verte et de fleurs. Le pays environnant est le plus beau, les collines sont parsemées de chênes, et dans les vallées, il y a des miles ou des vergers et des fermes maraîchères. Nous sommes ravis de tout.

Maintenant, ma chère, écris-nous et dis-nous comment tu te débrouilles à l'école, et comment tout se passe là-bas. Je suis sûr que tu es heureuse parce que tout le monde là-bas t'aime et veut que tu sois heureux.

Tante Allis se joint à moi dans l'amour et les meilleurs vœux.

Affectueusement vôtre,
Oncle Art

Letter transcription:

Our Sweet Norma Jean:

I promised you a letter, and I always try to keep my promises. To be very careful to keep one's promise is necessary to the building of a good character, don't you think so ? However, in this case, keeping my promise provides real pleasure rather than the performance of a duty.

You have learned from our letters to Aunt Ana of our trip up here, and of our new home. We are both in fine health and spirits, and very happy over everything. God has been very good to us, and He will let Him. Trinket has more pep than I ever saw her demonstrate, and is highly pleased over everything. There is a beautiful park diagonally across the corner from where we live where she can romp over the cool, green grass to her heart's content. She is having many rides, and that is special dog cakes to her.

Yesterday morning we went to San Francisco, and after a conference with my business associates we drove over the San Francisco Bay bridge. Honey, that's the dangdest, biggest thing I ever saw next to your Uncle Doc Goddard. It was a beautiful, clear day, and from the bridge we could see the Golden Gate, The federal prison on Alcastras Island where they keep the thoughest government prisoners, the State University at Berkeley, and all the cities around San Francisco Bay. We could look right down upon the world's Fair grounds - they call it Treasure Island - and some of the buildings are already finished. The fair will be held next year, you know. And this is one of the trips we want to take you and Aunt Ana on if you come to visit us next year. You will enjoy it all, I am sure.

This is a beautiful city of 85,000 population. This morning, Sunday, we drove out into the section where the wealthy reside - the Hester District, I think your Aunt Allis called it. But even the poor up here keep their yards neat and filled with green lawn and flowers. The surrounding country is most beautiful, the rolling hills are dotted with oak trees, and in the valleys are miles or orchards and truck farms. We are delighted with everything.

Now, Dear, write and tell us how you are getting along in school, and how everything is going down there. I am sure you are happy bevause everyone there loves you, and wants you to be happy.

Aunt Allis joins me in love and best wishes.

Fondly Yours,
Uncle Art


Oncle Art écrira d'autres lettres à Norma Jeane pendant l'année 1939 dans lesquelles il l'appelle "Petite chérie" et "Nous envoyons tous de l'amour à notre petite fille." Ces correspondances pleines de tendresse montre que malgré les difficultés liées à son enfance sans parents, Norma Jeane était tout de même entourée de personnes attentionnés, soucieux de son bien être.

Uncle Art will write other letters to Norma Jeane during the year 1939 in which he calls her "Little Sweetheart" and "We all send love to our little girl"These correspondences full of tenderness show that despite the difficulties related to her childhood without parents, Norma Jeane was still surrounded by caring people, concerned about her well-being.


source Lettre vendue aux enchères en 2018 par Bonhams


© All images are copyright and protected by their respective owners, assignees or others.
copyright text by GinieLand.

Posté par ginieland à 21:41 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

22 février 2014

Eternity with the In-Crowd

Eternity with the In-Crowd: Funny Fellows, Doomed Damsels and Hollywood Hangers-on of Westwood Village Memorial Park

by Hadley Mearers
published on October, 25, 2013

online
kcet

westwood12 

Is it bad luck to laugh in a cemetery? If it is, then I'm in for a lifetime of doom. Is it strange to feel the crackling of opportunity and mid-century American idealism in the air of the dead? Then I am one odd bird. Is there a graveyard where you can transport yourself into the VIP room of a Dean Martin Celebrity Roast? There sure is, pal o'mine, and it is right in the heart of our dear old Los Angeles, USA.

Westwood Village Memorial Park is hard to find, as any legendary Hollywood haunt should be. Nestled behind the towers of Wilshire Boulevard, off Glendon Avenue, it is hidden by tall trees and high walls. It is an elegant little cemetery, and when I get there on a Saturday afternoon, it is quietly humming. The sparse modern chapel, akin to a ski lodge, has been roped off in anticipation of a memorial service later in the day. A smattering of people mill along the grassy yard with their heads down. They are not mourners but tourists, forever on the hunt for the next name they recognize. Every few minutes one motions over to another, their eyes never leaving the ground. This is a signal that another celebrity has been "spotted," and a picture of the cold stone must be taken.

A bald man with purple shorts and a large calf tattoo walks slowly around the cemetery, placing a single sunflower on select celebrities' simple graves. Many of the names evoke a glamorous sadness. There are the famous women who met untimely ends -- Natalie Wood, Dorothy Stratton, Dominique Dunne, Farrah Fawcett, Heather O'Rourke, Minnie Riperton, and Marilyn Monroe. But there are so many other notables -- Karl Malden, Truman Capote, John Cassavetes, Mel Torme, Walter Matthau, Ray Bradbury, Burt Lancaster, Eve Arden, Jack Lemmon, Donna Reed, Don Knotts, Roy Orbison, Rodney Dangerfield, Billy Wilder, Bob Crane, Dean Martin, Peggy Lee, Fanny Brice, Frank Zappa, George C. Scott, James Wong Howe, Peter Falk, Eva Gabor, Bettie Page, Darryl Zanuck and Janet Leigh, to name a few -- that the sadness is quickly snuffed out by sheer celeb-shock.

Overall, this unassuming, lovely place gives off the feel of a friendly studio commissary, of lives well lived and then some. There is evidence of rapid expansion, as uninhabited grave sites and uninscribed headstones abound. Sage Stallone, the tragic son of Sly, is buried all alone amongst a new corridor of deluxe plot berths. Each features a blank headstone and a ceremonial bench. There are several of these VIP corridors, including a couple which make up a sort of frat-row of famous chums. They seem to have tried to out funny each other, even in death (but more on that later). I laugh out loud at many of the epitaphs, and realize I have been on my feet so long I am absolutely knackered. I want to rest, but it feels presumptuous and rude to sit on a stranger's memorial bench. Then, by some kind of magic or sheer luck, I come to the grave of a couple named Lewis Hyman and Sandra Moss. Their bench reads:

westwood03"Sit down and have a chat with Sandra and Lew."

"Well, thank you," I say aloud, taking a load off as my eyes follow sunflower man, who has just reached Marilyn Monroe's lipstick stained crypt, on the other side of the park. "Don't mind if I do."

Sunrise in Sunset

"God's acre beautiful." 1

Westwood Village Memorial Park has existed under several names. There is some conjecture that it was a burial ground as early as the 1820s, when the area was part of the Rancho San Jose de Buenos Ayres. Burials were almost certainly taking place by the 1880s, and in 1904 the cemetery was legally established as Sunset Cemetery. The first recorded burial was in 1905. The cemetery was briefly part of the short lived boom town of Sunset, while the area to the north became the city of Sawtelle (1899-1922), a town of farms and small homes, which was centered around the Soldiers Home (now the VA complex). For a few years, the cemetery's mailing address was listed as Sawtelle.

The cemetery was thoroughly run of the mill, a place for the lower to upper-middle class residents in the surrounding area. In 1916, the dedication of a granite soldier's monument was conducted by the Burnside Post, Daughters of Veterans and the Corps of Sawtelle. In 1922 a civil war veteran named Dr. Osborne Wilson, who, it was claimed, developed the world's first life-like false teeth, was buried in the cemetery. His wife, Mary, one of the last commissioned civil war nurses, was in attendance. Sunset was sold in 1923, and in 1926 its name was changed to Westwood Memorial Park. The new owners of the expanded 3-acre park began to make extensive improvements. A promotional brochure promised potential residents:

It is being gradually improved with beautiful and permanent shade trees, shrubs and flowers. All existing monuments were lowered to grade and all future markings are restricted to uniform size, of granite or bronze, set flush at the head of each grade, thereby creating the effect of a pleasant and shaded park.2

In 1933, the owners and neighboring citizens squared off over the construction of a crematorium on site. In superior court, neighbors argued that smoke fumes and noxious gasses would cover their property and diminish its value. Despite protests and a temporary injunction, the crematorium was built in 1934. A year later, the L.A. Times profiled LaDessa Gibson Schaffnit, who had inherited the cemetery and crematorium from her father, as part of an article called "Why Women Won't Stay at Home." The article heralded LaDessa, a "pretty" L.A. native, who had witnessed her first cremation at the age of five. She subsequently ran the business operation at Westwood Memorial, although the family eventually sold the property.

In 1948, 68 year-old Ana Lower's ashes were interred at Westwood Memorial. This burial would change the pedestrian cemetery's destiny, though no one could have known this at the time. In 1953, Ana's niece, Grace Goddard, was also buried in the cemetery. Her small stone simply listed her name, birth and death dates, and the words "beloved sister." The quiet burial was reputedly paid for by a woman, whom Grace had taken care of as a child after her mother had been placed in a sanitarium. Grace had often sent this exceptionally attractive girl to live with her loving and maternal Aunt Ana, who, the woman claimed, was the first person whom she ever really loved. The woman was an actress, who, after years of bit parts, finally struck it big with the movie, "Gentlemen Prefer Blondes." Her name was Marilyn Monroe.

It almost seems like fate that the famed Pierce Brothers bought the cemetery in 1959, right before the deluge of celebrities began. If ever there were superstars in the L.A. mortuary business, then the Pierce Brothers were it. In the early 1880s, William and Fred Pierce opened a livery stable at Alameda and 16th Street. They soon found that some of their best passengers were the dead, and expanded into the mortuary business. In 1924, they built the first full service funeral home in the city, at 720 West Washington Boulevard. Expert showmen, they offered tours of their mortuaries to church groups to help assuage people's fears about the modern death industry. One night, dramatic actress and blowsy eccentric person, Tallulah Bankhead, burst into the mortuary with a gaggle of drunken friends and demanded a tour.

Pierce Brothers expanded exponentially, buying up most of the mortuaries in the city, opening more, and running three cemeteries. The same year they bought Westwood Memorial, they sold their large chain of mortuaries and graveyards for $6.5 million. Befitting the family's status, the cemetery was now called "Pierce Brothers Westwood Village Memorial Park," or just "Pierce Brothers." Indeed, it was a village -- with a crematorium, a mortuary (that had been built earlier in the decade) and a cemetery -- it was a one stop shop for the bereaved. The family set about expanding and beautifying the grounds. The small peaked-roof chapel was built, as were new mausoleums. Neighbors complained once again, fearful that the construction and expansion would lead to noise and increased traffic in the neighborhood.

They had no idea what they were in for.

00092995-thumb-400x480-62570
Westwood Memorial Chapel, 1962 | Herald-Examiner Collection,
Courtesy of the Los Angeles Public Library

00013352-thumb-600x441-62572 
Westwood Village Memorial Park can be seen behind the church facing Wilshire |
Courtesy of the Los Angeles Public Library

The Marilyn Effect

"So many people kiss the monument that we can't get the lipstick stains out of the granite." 3

It was August 8, 1962. The exhausted director of Westwood Memorial, Guy R. Hockett, was close to collapse on account of phone calls that had been pouring in from all over the world. But he still had to manage a small memorial service for 31 people, only the second ever performed in the new chapel. The deceased lay in her coffin, dressed in a simple green dress, a small bouquet of baby pink roses pressed into her hands. Before the casket was closed, her second husband kissed her lips and whispered, "I love you, I love you."

Marilyn Monroe had been discovered three days before in Brentwood, dead from an overdose of barbiturates. She had died in bed all alone, her only link to the world a telephone receiver clutched in her cold hand. On the day of her funeral, over 500 fans and the ever present press stood outside the gates, on walls and on neighboring roofs, straining to catch a glimpse of the select mourners, as they walked from the chapel to her new crypt. Over 100 police officers, studio security guards, and Pinkerton detectives were on hand to ensure order. Only those invited by the family and second husband, Joe DiMaggio, were allowed to enter the cemetery grounds. Those not on the list included almost all of her famous Hollywood friends. According to DiMaggio: "If it hadn't been for some of her friends, she wouldn't be where she is." 4

Where she was now -- near Ana and Grace, the guardian angels of her unhappy childhood -- quickly became a mecca for tourists from all over the world. Luckily, they tended to come in ones and twos. On the one year anniversary of her death, a reporter came across two women praying in front of the crypt, which was festooned with more than a dozen floral remembrances. No matter what time of the year it was, there was always one bouquet of six red roses, placed in the black ceremonial urn next to her nameplate. For over twenty years, they were delivered thrice weekly by the Parisian Flower Shop on a standing order from Joe DiMaggio. His instructions to the family run florist simply read, "three times a week ... forever." 5

These flowers were often stolen by trophy hunters, while thrill seekers often attempted to pry open Marilyn's crypt, or steal the brass nameplate. A tradition arose of kissing the crypt, which over the years has turned it a pale rose that stands out from the rest of the mausoleum. Celebrations on her birthday have grown over the years. On the 30-year anniversary of her death in 1992, over 200 impersonators, fans, and her longtime stand-in attended a service held in the rustic chapel. Afterwards, paparazzi snapped pictures of women modeling versions of her low-cut, iconic white gown on the cemetery grounds.

Perhaps in search of those eternal flashing bulbs, Marilyn's presence transformed this rather blasé cemetery into the in-eternity spot for the movie makers and shakers of her generation. Cemetery neighbors soon learned to deal with the crush of mourners and press each new celebrity burial would bring. There was Natalie Wood's heart breaking burial in 1981, where her husband, Robert Wagner, took three gardenias from her beige coffin, and handed them to their three daughters. At Dean Martin's nighttime memorial, reporters on a nearby rooftop garage struggled to see a who's-who of the rat pack generation enter the cemetery grounds. Prices for plots skyrocketed, leading Walter Matthau's son to joke: "Poppy, you said that you wanted a simple pine casket, so that's what we got you. But we want you to know, this plot alone cost as much as Ebbets Field." 6

enterrement1962 
Studio police guard Marilyn Monroe's crypt, August 8, 1962 |
Herald-Examiner Collection, Los Angeles Public Library

00081502-thumb-600x366-62594 
 Fans of Marilyn Monroe photograph each other today at star's tomb |
Herald-Examiner Collection, Los Angeles Public Library

00033866-thumb-600x378-62578 
Nancy Yorkshaitis, 14, left, and Jamie Steward, 18, pay their respects at cryptside ceremonies
in Westwood for Marilyn Monroe, who died 20 years ago. August 8, 1982 |
Herald-Examiner Collection, Los Angeles Public Library

Darling, you should have been there

Houston-based Service Corp International bought the cemetery in 1996, "with dollar signs in their eyes," according to Steve Sann, current chair of the Westwood Community Council. In 2002, a plan for massive expansion of crypt space sparked a nasty fight, which pitted the mega-corporation against plot-holders and neighbors in Westwood. Spearheaded by Steven Sann and Tamar Hoffs, a civic action committee called The Friends of Westwood Village Memorial Park was formed. At a heated meeting with city planners, Audrey Wilder, widow of Billy, voiced the sentiments of many.

"How dare you turn this beautiful and sacred place into Disneyland for the dead!" 7

Those opposed to the expansion fought back by campaigning for the cemetery to be designated as a historic cultural monument. This status was granted, and the West Los Angeles Planning Commission reversed an earlier OK of the plan, which would have granted the construction of two new large mausoleums. In the end, the smaller mausoleum was built, but the larger and more offensive one was not. A wall separating neighbors from the cemetery was also built, after having been promised to the neighborhood for 60 years.

Obviously, many people care deeply about this lovely cemetery. My favorite thing about Westwood Memorial is the culture of epitaphs, rich in café society élan and slapstick humor. In the newer part of the cemetery, near the chapel, some of the crème de la crème of '60s, '70s, and '80s Hollywood are buried close together. Many of the public figures buried at Westwood have crafted one last headline, one last punch line, to amuse their friends, family and the public -- their personas etched into stone:

  • Rodney Dangerfield: "There goes the neighborhood"
  • Merv Griffin: "I will not be right back after this message"
  • Jack Lemmon: "in"
  • Walter Matthau memorial bench: "There was a star danced and under that was I born"
  • Peter Falk: "I'm not here, I'm home with Shera"
  • Dean Martin: "Everybody loves somebody sometime"
  • Miss Peggy Lee: "Music is my life's breath"
  • Mel Torme: "Music, the greatest good that mortals know, and all of heaven we have below"
  • Billy Wilder: "I'm a writer but then nobody's perfect"
  • Audrey Wilder: "I'm right here Billy"

    It isn't just the famous whose epitaphs sparkle and shine. Scattered all over the cemetery are epitaphs rich in humor, joie de vivre, and professional pride. Some include pictures, like Jacques and Madeline Delobel, who smile at each other warmly, a glass of spirits raised in his hand. Some of my personal favorites include:

  • Douglas Wicks Walker: "WOW!"
  • Lewis I.: "Finally under par"
  • Marilyn Dunton Simpson: "I could have danced all night..."
  • Vince Eckhart: "The 'computer guys'"
  • The Young family memorial bench: "Forever Young"
  • Biff Elliot, actor: "It was easy."
  • Milton A. Rudin: "Counselor at law"
  • Charles McKey Hart: "A twinkle in his eyes, a smile, life was good"
  • Alice Gilbert Hart: "She cared"
  • Robert Earl Bradley: "Loving husband, terrific father and a super good guy"
  • Jeffery Craig Burkhart: "Darling, you should have been there."
  • Dorothy McKee Wray: "She passed the good around."
  • Lord Bacon Scherer: "God knows we love you!"
  • Hannah Russell: "...And life goes on."

    Indeed, life does go on. But at Westwood Village Memorial Park, the spirits of those who have left -- be they tragic or comic, famous or not -- are celebrated in an elegant and graceful way. One hopes that the owners of the cemetery will preserve the intimate, cocktail party feel of this peaceful oasis.. For as every good Hollywood insider knows, parties are best when they aren't too crowded.

westwood05  westwood14  westwood20 

1"Graveyard of stars hard to locate" Los Angeles Times, October 1976: graveyard of stars hard to locate
2Ibid.
3"Rest in Peace Fan Adoration Can Make It Hard" Los Angeles Times, July 24, 1995
4 "Joe Dimaggio weeps at Marilyn's funeral" Los Angeles Times, August 9, 1962
5"Three times a week...forever" Los Angeles Times, August 6, 1972
6"He Was No Grumpy Old Man" Los Angeles Times, July 26, 2000
7"Los Angeles; Cemetery's Expansion Plans OKd" Los Angeles Times, July 26, 2002

Posté par ginieland à 18:50 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

25 avril 2013

1960 Interview de Georges Belmont

C'est par l'intermédiaire de Ruppert Allan, chargé de la promotion de Marilyn, qu'eut lieu en 1960 la grande interview entre Marilyn Monroe et Georges Belmont. Ce dernier était alors rédacteur en chef de la revue Marie-Claire, qui publiera l'interview dans le numéro 72 d'octobre 1960. L'interview se déroula pendant le tournage du film Let's Make Love (Le milliardaire) qui connut un succès particulier en France en raison de l'interprétation d'Yves Montand.
Georges Belmont réussit bientôt à gagner la confiance de Marilyn. Il faut dire qu'il lui avait promis de mettre à sa disposition une transcription de l'interview et en outre de s'en tenir rigoureusement dans le texte écrit à la formulation orale de ses propos. La base était donc bonne. Tous ceux qui, par la suite, prirent connaissance de cet entretien, durent reconnaître avec étonnement qu'ils n'avaient jamais entendu Marilyn parler d'elle-même avec tant de naturel.
Voilà comment Georges Belmont dépeint l'ambiance : "Je la laissais parler. La seule pression dont j'usais était le silence. Quand elle s'arrêtait de parler, je ne disais rien et, au bout du silence, quand elle n'en pouvait plus, ce qui venait alors était souvent capital et terriblement émouvant presque toujours."

Marilyn Monroe: J'aimerais mieux répondre à des questions. Je ne sais pas raconter, c'est terrible... par ou commencer? Comment? Il y a tant de ramifications...

Georges Belmont: Tout de même, il y a eu un commencement : votre enfance.

Marilyn Monroe: Même cela, personne n'en saurait rien, sans un pur hasard.
Longtemps, mon passé, ma vie sont restés totalement inconnus. Jamais je n'en parlais. Sans raison particulière. Simplement, je trouvais que c'etait mon affaire et pas celle des autres. Puis un jour, un M. Lester Cowan a voulu me mettre dans un film avec Groucho Marx, 'Love Happy'. J'avais déjà été sous contrat avec la Fox et la Columbia, à l'époque, mais saquée... C'était un petit rôle qu'il m'offrait, ce M. Cowan, mais il tenait à m'avoir sous contrat. Donc, il téléphone. J'etais encore très jeune et il me dit qu'il voulait parler à mon père et à ma mère. Je lui dis : "Impossible." - "Pourquoi?" insiste-t-il. Je lui ai expliqué alors brièvement la chose : "Je n'ai jamais vécu avec eux." C'était la vérité et je ne vois toujours pas ce que cela avait de sensationnel. Mais il téléphona à la chroniqueuse Louella Parsons et lui raconta toute l'histoire. Cela parut dans la "colonne" de Louella. C'est comme ça que tout a commencé. Depuis, on a débité tant de choses fausses que, mon Dieu, oui, pourquoi ne pas dire la vérité maintenant?

Georges Belmont: Quelles sont les premières images de vous, enfant, que vous gardiez?

Marilyn Monroe (long silence) : Mon premier souvenir?... C'est un souvenir de lutte pour la vie. J'etais toute petite... un bébé dans un petit lit, oui, et je luttais pour ma vie. Mais j'aimerais mieux ne pas en parler, si cela vous est égal : c'est une chose cruelle qui ne regarde que moi et personne d'autre, comme je disais. Ensuite, aussi loin que je remonte, je me revois dans une poussette, en longue robe blanche, sur le trottoir de la maison ou je vivais dans une famille qui n'était pas la mienne. C'est un fait que je suis une enfant naturelle. Mais tout ce que l'on a dit de mon père, ou de mes pères, est faux. Le premier mari de ma mère s'appellait Baker. Le second, Mortenson. Mais elle avait depuis longtemps divorcé d'avec les deux quand je suis née. On a raconté que mon père était norvégien, sans doute à cause du nom Mortenson, et qu'il était mort dans un accident de moto, peu après ma naissance. J'ignore si c'est vrai de Mortenson, n'ayant jamais eu de lien de parenté avec lui. Quant à l'indentité de mon vrai père, là encore, si vous le voulez bien, je vous prierai de ne pas m'interroger ; cela n'intéresse que moi. Cependant, il y a deux faits qui peuvent expliquer certaines... confusions. D'abord, on m'a toujours dit dans ma petite enfance que mon père s'était tué dans un accident d'automobile à New York, avant ma naissance. Ensuite, curieusement, mon bulletin de naissance porte, en réponse à une mention "Profession", le mot Baker, qui était le nom du premier mari de ma mère, mais qui veut dire aussi "boulanger". Quand je suis née, enfant naturelle ainsi que je l'ai dit, ma mère devait me donner un nom. Mon sentiment est que, forcée de penser vite, elle donna : "Baker". Pure coincidence, puis confusion de la part de l'officier d'état civil... C'est du moins ce que je pense.

Georges Belmont: Votre mère... J'ai lu quelque part que, pour vous, elle n'était que "la femme aux cheveux roux"?

Marilyn Monroe: Je n'ai jamais vécu avec ma mère. On a dit le contraire, mais cela seul est vrai. Aussi loin que je remonte dans mes souvenirs, j'ai toujours vécu en pension chez des gens. Ma mère avait des... troubles mentaux. Elle est morte maintenant. Mes grands-parents maternels sont morts tous les deux fous, enfermés. Ma mère, aussi, il fallut l'interner. Elle sortait parfois, et puis elle... rechutait. Alors, vous savez comme c'est... toute petite, je disais en montrant la première femme venue : "Oh! une maman!", et le premier homme : "Oh! un papa!". Mais un matin, je devais avoir trois ans, pas plus, on me baignait et je dis "maman" à la femme qui s'occupait de moi à l'époque. Elle me répondit : "Je ne suis pas ta maman. Appelle-moi 'tante'." - "Mais lui est mon papa?" dis-je ne montrant son mari. - "Non", me dit-elle. "Nous ne sommes pas tes parents. Celle qui vient te voir de temps en temps, la femme aux cheveux roux, celle-là est ta maman." Ce fut un choc d'apprendre cela, mais comme elle venait très rarement, c'est vrai que, pour moi, elle resta surtout "la femme aux cheveux roux". Tout de même, j'essayais qu'elle existait. Seulement, plus tard, quand on me mit dans un orphelinat, j'ai eu un autre choc. Je savais lire, alors. Quand j'ai lu "orphelinat" en lettres d'or sur fond noir, il a fallu me traîner, je hurlais : "Je ne suis pas une orpheline! J'ai une maman!" Mais par la suite, j'ai fini par penser : "Il faut croire qu'elle est morte..." Et, plus tard encore, des gens me disaient : "Ta mère, mieux vaut que tu l'oublies." - "Mais ou est-elle?" demandais-je. - "N'y pense plus, elle est morte." Après quoi, tout à coup, j'avais de ses nouvelles... Et il en fut ainsi pendant des annèes. Je la croyais morte et je le disais. Et elle vivait. Ce qui fait qu'on a prétendu que j'avais inventé qu'elle était morte, parce que je ne voulais pas avouer où elle était. Idiot!
En tout cas, j'ai eu... attendez que je compte... dix, non onze "familles". La première vivait dans une petite ville du comté de Los Angeles ; je suis née à Los Angeles. Il y avait avec moi un petit garçon que ces gens adoptèrent ensuite. Je suis restée avec eux jusqu'à l'âge de sept ans environ. Ils étaient affreusement sévères. Sans méchanceté. C'était leur religion. Ils m'élevèrent à leur manière, durement, en me corrigeant souvent comme on ne devrait jamais le faire, à mon avis: à coup de ceinturon de cuir. Finalement, cela se sut ; on me retira pour me confier à un couple anglais, à Hollywood. Ceux-là étaient des acteurs, des figurants plutôt, avec une fille de vingt et un ans qui était la doublure de Madeleine Carroll. Chez eux, c'était la vie sans souci, et assez tumultueuse. Cela me changeait de la première famille ou on ne pouvait même pas parler de cinéma ou d'acteurs, ni de danser ou de chanter, sauf des psaumes. Mes "nouveaux parents" travaillaient dur, quand ils travaillaient et jouissaient de la vie le reste du temps. Ils aimaient danser, chanter, boire, jouer aux cartes et avoir beaucoup d'amis. Avec l'éducation religieuse que j'avais reçue, j'étais terrifiée : je les voyais tous en enfer! Je passais des heures à prier pour eux. Je me rappelle une chose... au bout de quelques mois, je crois, ma mère acheta une petite maison où tout le monde alla vivre. Pas pour longtemps ; trois mois au plus. Cette fois encore, ma mère dut être... emmenée. Et même pendant ces trois mois, je la vis à peine. Bref, ce fut un grand changement. Après son départ, nous regagnâmes Hollywood. Ces anglais me gardèrent tant qu'il y eut de l'argent... l'argent de ma mère, de ses biens et d'une assurance qu'elle avait souscrite. C'est avec eux que j'ai fait la connaissance du cinéma. Je n'avais pas huit ans. Ils me déposaient devant une des grandes salles d'Hollywood, L'Egyptien ou le Grauman's Chinese tôt le matin. Toute seule, je regardais les singes en cage devant l'Egyptien, ou j'essayais de placer mes pieds dans les moulages de ceux des stars, à l'entrèe du Grauman's: mais je n'y arrivais jamais, j'avais de trop grands souliers... C'est drôle de penser que mes empreintes y sont, et que maintenant, d'autres petites filles font peut-être comme moi autrefois.
Ils me conduisaient donc là chaque samedi et dimanche. C'était repos pour eux et j'imagine qu'ils ne voulaient pas s'encombrer d'un enfant à la maison. D'ailleurs, cela valait probablement mieux pour moi.
J'attendais l'ouverture, je donnais mes dix cents et m'installais au premier rang. J'ai vu toutes sortes de films comme cela. Je me souviens de 'Cléôpatre', avec Claudette Colbert.
Je restais là, tard, séance après séance. J'étais censée rentrer avant la nuit. Mais comment pouvais-je savoir quand c'était la nuit?! Et puis, on était bien; et même si je ne pouvais rien acheter quand j'avais faim, je savais qu'on me garderait de quoi manger. Alors, je restais. J'avais mes stars préférées. Jean Harlow!... Mes cheveux étaient platines ;on m'appelait "Tête d'étoupe". Je détestais ça, je rêvais de cheveux blond doré... jusqu'à ce que je l'ai vue : si belle, et platine, comme moi!... Et Clark Gable! J'éspère qu'il ne m'en voudra pas si je dis que je voyais en lui mon père, je n'étais qu'une gamine, et, d'après Freud, il n'y a pas mal à cela, au contraire! Je rêvais que mon père lui ressemblait, ou même qu'il était mon père... ce qui me rappelle que c'est curieux, mais je n'ai jamais rêvé que personne fût ma mère... Ou en étais-je?!

Georges Belmont: Le couple anglais. Quand il n'y a plus eu d'argent...

Marilyn Monroe: Oui. On m'a mise à l'orphelinat. Oh! mais, attendez! Oh!... non! Quand ces anglais n'ont plus pu me garder, je suis allée vivre chez des gens à Hollywood. Des gens de la Nouvelle-Orléans. Je m'en souviens parce qu'ils prononçaient "New Orlinns".
Mais je n'y suis pas restée longtemps. Trois, quatre mois. Je me rappelle seulement que le mari était opérateur de cinéma et que, tout à coup, on m'a conduite à l'orphelinat. Je sais, certains prétendent que ce n'était pas un endroit si affreux. Mais je sais aussi que la maison a beaucoup changé ; peut-être est-ce moins sinistre à présent... bien que l'orphelinat le plus moderne du monde demeure un orphelinat, si l'on voit ce que je veux dire.
La nuit, quand les autres dormaient, je restais à la fenêtre du dortoir et je pleurais parce que, loin et haut par-dessus les toits, je voyais briller les lettres des studios R.K.O. et que ma mère y avait travaillé come monteuse. Des annèes après, en 1951, quand je tournais 'Clash by night' pour R.K.O., je suis montée là-haut pour essayer de voir l'orphelinat; mais il y avait de trop grands buildings. J'ai lu, je ne sais où, que nous n'étions pas plus que trois ou quatre par chambre dans cet orphelinat. C'est faux. J'étais dans un dortoir de vingt-cinq lits, dont on pouvait faire le tour si on le méritait, en remontant du lit n°1 au lit n°27, qu'on appelait le "lit d'honneur". Et du 27, si l'on était très sage, on pouvait espérer passer dans un autre dortoir avec moins de lits. J'y ai réussi une fois. Mais un matin, où j'étais en retard, je pense, et où je laçais mes chaussures, la surveillante me dit : "Descendez!" Je tentai de lui expliquer: "Mais il faut que j'attache mes souliers!" Elle me foudroya : "retour au lit n°27!".
Le lever était à 6 heures et nous devions faire certaines corvées avant d'aller à l'école. Nous avions chacune un lit, une chaise et une armoire. Tout cela devait être très propre, astiqué, à cause des inspections à l'improviste. J'ai nettoyé le dortoir pendant un temps. Tous les jours, bouger les lits, balayer, épousseter. Les salles de bain, c'était plus facile: moins de poussière, à cause du sol en ciment. J'ai travaillé également aux cuisines. Je lavais la vaisselle. Nous étions cent: je lavais donc cent assiettes et autant de cuillères et de fourchettes... pas de couteaux ni de verres; nous buvions dans les quarts. Seulement, à la cuisine, on gagnait des sous: cinq cents par mois et à cela, après qu'on vous retenait un cent pour l'école du dimanche. Bref, on se retrouvait avec un cent au bout du mois, s'il n'y avait que quatre dimanches; de quoi acheter peut-être un petit cadeau pour sa meilleure amie, à Noël, en économisant. Je ne peux pas dire que j'étais très heureuse. Je n'étais pas bien avec les surveillantes. Mais la directrice était très gentille. Je me souviens, qu'un jour, elle me fait appeller dans son bureau et me dit: "Vous avez une très jolie peau, mais un peu luisante. Nous allons y mettre un soupçon de poudre, pour voir." Je me sentais honorée d'être là. Elle avait un petit pékinois qu'on empêchait d'aller avec les enfants parce qu'il les mordrait, mais qui me fit des tas d'amitiés. Comme j'adorais déjà les chiens, imaginez!... J'étais si honorée, vraiment, que je marchais dans les airs.
Un peu plus tard, j'ai voulu m'évader avec d'autres camarades. Pour aller où ? Nous n'en avions pas la moindre idée. Le temps de traverser une grande pelouse, nous étions déjà rattrapées. Quand on me ramena, je suppliais: "Ne le dites pas à la directrice!" - parce que je la voyais encore me sourire en me tapotant le nez avec sa houpette, et parce qu'elle m'avait laissé caresser son petit chien.
Même maintenant, cela revient parfois, quand je suis trop nerveuse ou surexcitée. Une fois, j'avais un petit rôle, avec une scène où je devais gravir un escalier; j'ai oublié ce qui arriva, mais le metteur en scéne assistant se précipita vers moi en me criant des mots et j'en fus si bouleversée que, au moment de la reprise, impossible de dire la réplique! Rien qu'un affreux bafouillis. Sur quoi, le metteur en scène, furieux, se précipite à son tour et crie : "Tout de même, vous ne bégayez pas?" - "V-v-vous croyez ça?" lui ai-je dit. C'était horrible! Et ça l'est encore, quand je parle trop vite ou quand je dois faire un discours. Pénible!...
(Silence) Je voudrais qu'on en ait fini avec cette partie de ma vie...
(Silence)
Je suis restée environ un an et demi dans cet orphelinat. Nous allions à l'école. C'est très mauvais pour les enfants d'une institution comme celle là, d'aller à l'école publique. Les autres nous montraient du doigt et serinaient : "Oh, v'là les orphelins!" Nous avions honte.
A l'école, j'aimais bien le chant et l'anglais. Je détestais le calcul ; je n'avais pas l'esprit à ça ; pendant les leçons, mes rêves s'envolaient par la fenêtre. Mais j'étais bonne en gymnastique et en sport. J'étais très grande. A l'orphelinat, le premier jour, on n'a pas voulu me croire quand j'ai dit mon âge: neuf ans. On m'en donnait quatorze. Je mesurais presque ma taille actuelle: 1m63. Mais j'étais très maigre jusqu'à onze ans, où les choses ont changé. Je n'étais plus à l'orphelinat, à cet âge. Je m'étais tellement plainte à ma tutrice qu'elle me sortit de là. C'était une vieille amie de ma mère. Grace McKee. Elle est morte il y a onze ans. A l'époque où elle était devenue ma tutrice, elle était chef monteuse chez Columbia. Puis on la renvoya et elle a épousé alors un homme de dix ans plus jeune qu'elle et père de trois enfants. Ils étaient très pauvres et, pour cela, ne pouvaient s'occuper de moi. En outre, je pense qu'elle estimait que son premier devoir allait à son mari et aux enfants de celui-ci, ce qui est normal. Néanmoins, elle était merveilleuse pour moi, à bien des égards. Sans elle, j'aurais pu me retrouver Dieu sait où, à l'Assistance Publique jusqu'à 18 ans.
A mon orphelinat, qui était privé, elle venait me voir et me sortait. Pas souvent, mais tout de même... cela me donnait du courage. Je n'avais que neuf ou dix ans, et elle me laissait jouer avec son rouge à lèvres ou me menait chez le coiffeur pour une ondulation... chose inouïe, d'abord parce que c'était interdit, et puis parce que j'avais les cheveux raides: alors vous imaginez ce que cela représentait! De plus, c'est elle qui me retira de l'orphelinat, après mes plaintes, ainsi que je l'ai dit. Naturellement, cela signifia d'autres "familles". Je me souviens d'une où je restais trois ou quatre semaines. Je m'en souviens à cause de la femme qui allait livrer des choses que son mari fabriquait. Elle m'emmenait avec elle, et oh! la voiture me rendait si malade!...
J'ignore si on les payait pour me garder. Je sais seulement que, après eux, j'ai tout le temps changé de maison. Certaines familles me prenaient à la fin d'un trimestre scolaire et en avaient assez, après les vacances; ou peut-être étais-ce l'arrangement. Par la suite, le comté de Los Angeles m'a prise en charge. C'était pire: je détestais ça. Même à l'orphelinat, quand j'allais à l'école, j'essayais toujours de ne pas avoir l'air d'une orpheline. Mais maintenant, une femme arrivait et disait: "Voyons, voyons... lève les pieds" et elle marquait: "Paire de chaussures". Puis: "A-t-elle un chandail ?" Ou encore: "Je crois que la pauvre fille aurait bien besoin de deux robes, une pour l'école, une pour le dimanche." Et les chandails étaient en coton et laids, les robes semblaient taillées dans de la toile de sac... Terrible! Et les chaussures! Je disais: "Je n'en veux pas!" Je m'arrangeais toujours pour me faire donner des robes, des robes de grandes personnes, qu'on recoupait à ma taille. Et la plupart du temps, j'avais des souliers de tennis: on en trouvait pour moins d'un dollar. Je devais être une drôle de fille, à cette époque. Très grande, comme je l'ai dit. Pas grimacière pour la nourriture. Mangeant de tout. Je le sais parce que, dans presque toute les familles, on disait que jamais on avait vu une enfant aussi peu difficile. Je sais aussi que j'étais très tranquille, avec les grandes personnes en tout cas. On m'appelait "la souris". Je parlais peu, sauf quand j'étais avec d'autres gosses. Alors je n'étais plus la même. Ils aimaient jouer avec moi. J'avais de l'invention; je disais: "On joue au divorce, au crime!" et eux me regardaient: "Mais où vas-tu prendre ça?".
J'étais probablement très différente des autres. Alors que les enfants refusent en général d'aller se coucher, jamais je ne rechignais. Au contraire, de moi-même je disais: "Je crois que je vais aller me coucher." J'aimais la solitude de ma chambre, et mon lit. J'aimais surtout me jouer le dernier film que j'avais vu. Debout sur mon lit, plus grande que jamais, je jouais tous les rôles, y compris ceux des hommes, et j'ajoutais des inventions de mon cru. J'adorais cela, tout comme jouer la comédie dans les fêtes scolaires.
Là, toujours à cause de ma taille, j'ai joué le roi une fois, et une autre fois le prince. J'ai eu une période heureuse, dans cette partie de ma jeunesse: celle où j'ai vécu chez "tante" Anna. C'était une vielle femme de soixante ou soixante-cinq ans, parente de Grace McKee. Elle m'aimait beaucoup et j'y étais très sensible. Elle me comprenait. Elle n'oubliait jamais qu'elle avait été jeune et ses merveilleuses histoires, tristes ou gaies, de ce temps passé, me fascinaient. Le soir, quand je faisais la vaisselle, j'étais si heureuse que je chantais ou sifflais par la fenêtre de la cuisine, et qu'elle disait: "Quel pinson! Je n'ai jamais rien entendu de pareil!". C'est vers la fin de cette période qu'on m'a mariée. Il y a peu de choses à dire de ce mariage. Grace McKee et son mari devaient partir pour la Virginie. A Los Angeles, ils touchaient vingt dollars du comté pour moi; si je partais avec eux, nous perdions cet argent. Comme ils n'étaient pas assez riches pour me faire vivre mais qu'ils m'aimaient bien, il fallait trouver un moyen de me "caser". En Californie, une jeune fille peut se marier à seize ans. On m'a donc donné le choix: ou entrer dans un Orphelinat d'Etat jusqu'à dix-huit ans ou me marier. J'avais presque seize ans; j'ai choisi le mariage.
Il s'appelait Dougherty, il avait vingt et un ans et travaillait dans une usine. Peu de temps après, ce fut la guerre. D'abord mobilisé comme moniteur d'éducation physique, il fut versé ensuite dans l'armée active, mais échoua finalement dans la marine marchande. Peu avant la fin de la guerre, j'allais à Las Vegas et obtins le divorce. J'avais vingt ans. Aujourd'hui, il est agent de police. J'ai travaillé en usine pendant la guerre. J'ai commencé par vérifier des parachutes, pour avions-cibles, pas pour hommes. Puis, je suis passée au "collage", comme on appelait ça... un enduit qu'on étalait sur ce qui servait à fabriquer les avions-cibles. C'était fastidieux et il y avait une mauvaise ambiance humaine. Les femmes parlaient surtout de l'emploi de leurs soirées et du prochain week-end. Je travaillais tout près de l'atelier de peinture au pistolet... rien que des hommes. Ils m'écrivaient des mots et s'arrêtaient de peindre, etc.
C'était si monotone que je travaillais vite, pour me débarrasser. Le résultat fut inattendu. On a dû trouver que j'abattais un travail formidable. Il y a eu une assemblée générale du personnel et le directeur m'a citée pour "bonne volonté exemplaire" et m'a remis une insigne en or et un bon du Trésor de vingt-cinq dollars. Les autres filles ont été folles de jalousie et m'ont mené la vie dure, après cela. Elles ricanaient et faisaient exprès de me bousculer quand j'allais remplir mon pot d'enduit; pour le renverser sur moi. Oh, j'ai souffert! Et puis, un jour, l'Armée de l'Air a voulu des photos de notre usine. Je revenais d'un congé, on m'appelle au bureau: "Où vous cachiez-vous?" Morte de peur, je réponds: "J'étais en permission régulière!"- ce qui était vrai. On me dit: "Là n'est pas la question. Voulez-vous poser pour des photos?" Bref, les photographes arrivèrent et prirent des photos. Ils en réclamèrent d'autres, hors de l'atelier. Moi, j'avais peur de m'attirer des ennuis si je quittais mon travail. J'ai refusé, j'ai dit: "Demandez la permission." Ils l'ont obtenue et j'ai passée plusieurs journées à poser ici, là, et à tenir des trucs, pousser des trucs, tirer des trucs...
Les photos étaient développées dans les laboratoires Eastman-Kodak. Et là, les gens ont demandé qui était le modèle et en ont parlé aux photographes; si bien que l'un d'eux - David Conover - est revenu me dire: "Vous devriez faire le modèle. Vous gagneriez facilement cinq dollars de l'heure." Cinq dollars de l'heure, alors que j'en gagnais vingt par semaine, pour dix heures de travail par jour, les pieds sur le ciment! Il y avait de quoi tenter la moins folle des filles.
Je m'y suis mise peu à peu. C'était la fin de la guerre. J'ai quitté l'usine. Je me suis présentée à une agence. J'ai eu du travail. Photos publicitaires. Calendriers... Pas celui qui a fait tant de bruit; nous y viendrons. D'autres, où j'étais brune, rousse, blonde. Et je gagnais vraiment cinq dollars de l'heure! De temps à autres, je pouvais réaliser un de mes rêves: me payer des leçons d'art dramatique... quand j'avais assez d'argent, car ça coûtait cher, dix dollars de l'heure! Je faisais la connaissance de gens très différents de ce que j'avais connus jusqu'alors. Des bons et des mauvais. Souvent, quand j'attendais un bus à un coin de rue, une voiture s'arrêtait et l'homme au volant me débitait une histoire: "Qu'est-ce que vous fabriquez là? Vous devriez être dans les films." Ensuite, il proposait de me ramener. Moi, je répondais toujours: "Non merci. J'aime mieux le bus." Mais tout de même, l'idée du cinéma cheminait dans ma tête. Une fois, je me souviens, j'ai accepté un rendez-vous dans un studio avec un homme rencontré de cette façon. Il devait être très persuasif. J'y suis allée. C'était un samedi et il n'y avait pas un chat dans ces studios. J'aurais dû me méfier, mais j'étais naïve à bien des points de vue. Bref, je trouve mon homme qui me conduit dans un bureau. Nous étions seuls. Il me tend un scénario en disant que je devrais faire l'affaire pour un rôle, mais qu'il faut voir. Sur quoi, il me demande de lire le rôle, tout en insistant pour que je relève ma robe et que je la garde comme ça. C'était en été et j'avais un maillot de bain sous ma robe. Mais comme il répétait: "Plus haut!" j'ai pris peur et, toute rouge, je me suis entêtée de mon côté: "Seulement si je garde mon chapeau!" C'était idiot, mais j'avais vraiment peur et j'étais déséspérée. Je devais être ridicule, assise là et cramponnée à mon chapeau. A la fin, il s'est mis en fureur, ce qui a achevé de me terrifier, je me suis sauvée et j'ai signalé l'affaire à l'agence. On a téléphoné aux studios, et ailleurs, pour essayer de le retrouver. Impossible. Il devait avoir un ami dans la place qui lui avait permis d'utiliser son bureau. L'incident me bouleversa à tel point que, pendant assez longtemps, je résolus de ne jamais être actrice. C'est une dure époque de ma vie. Je déménageais tout le temps, d'un meublé à l'autre. L'hôtel était trop cher.
Et puis le hasard a fait qu'on m'a vue sur la couverture de cinq magasines différents le même mois et la Fox a téléphoné. Je me suis retrouvée sur un banc de bois avec des gens de tout âge et de toutes dimensions qui attendaient comme moi. On a attendu lontemps avant que Ben Lyon, qui dirigeait le recrutement, sorte de son bureau. A peine sorti, il a dit en me montrant du doigt : "Qui est-ce?" Je portais une petite robe blanche en piqué que "Tante" Anna - j'étais revenue vivre chez elle quelque temps - avait lavée et repassée à toute vitesse; tout cela était arrivé si rapidement que je n'aurais jamais pu préparer la robe et me préparer en même temps; "Tante" Anna m'avait dit: "Je m'occupe de la robe. Occupe-toi de tes cheveux et de ton maquillage."
Je me sentais plutôt défaite aprés cette longue attente. Mais Lyon fut très gentil. Il me dit qu'il me trouvait si fraîche, si jeune, etc... Il dit même : "vous êtes la première que je découvre depuis Jean Harlow." Jean Harlow, entre nous, est ma préférée d'autrefois!
Le lendemain, bien qu'il eût fallu normalement le consentement du Président directeur général ou de je ne sais qui, Lyon me glissa dans une série de bouts d'essais en technicolor et, presque aussitôt, la Fox me signa un contrat. Un contrat de star, pour un an!
En pure perte d'ailleurs. Je n'ai jamais su pourquoi, jamais compris. Ils engageaient des tas de filles et de garçons et les laissaient tomber sans leur accorder une seule chance. Ce fut mon cas. Mise à la porte, j'essayai de voir M. Zanuck. Impossible. Chaque fois, on me répondait qu'il était à Sun Valley. Semaine après semaine je revins à l'assaut : "Navré", me disait-on. "Il est occupé, il est à Sun Valley." J'imagine, il y est encore... bien que je l'ai revu, quand la Fox me reprit sous contrat, après 'Asphalt Jungle'. Il me dit: "Vous avez déjà été ici apparemment ?" - "C'est vrai." - "Que voulez vous, la roue tourne!" et il enchaîna en déclarant que j'avais "quelque-chose", une qualité à trois dimensions qui lui rappelait Jean Harlow; ce qui fut très intéressant puisque ça avait été l'avis de Ben Lyon. Je dois beaucoup à Ben Lyon, il fut le premier à me donner confiance. Je lui doit aussi mon nom actuel. Un jour où nous cherchions pour moi un nom de cinéma, car je ne voulais pas garder celui d'un homme qui n'était pas mon père, j'insistai pour prendre celui du nom de jeune fille de ma mère: Monroe. Je tenais à conserver du moins une forme de lien avec mes parents. Il accepta Monroe, mais ce fut lui qui trouva Marilyn, parce que, dit-il, après Jean Harlow, l'actrice à laquelle je ressemblais le plus était Marilyn Miller, la fameuse vedette des comédies musicales de Broadway. Etrange, quand on y pense que me voilà devenue Marilyn Miller pour l'état civil!
Mais enfin, pour en revenir à notre histoire, j'étais donc sans rien. Saquée par la Fox, saquée par la Columbia un peu plus tard, quoique différemment. La Columbia m'avait du moins donné un rôle dans 'Ladies of the Chorus'. Un film affreux! Je jouais une danseuse de burlesque dont un type de Boston tombe amoureux. Horrible! Mais ce n'était pas la raison de mon départ. Le vrai motif tient à des circonstances plutôt étranges et, mettons, déplaisantes. Je n'en dirai pas plus, si ce n'est que... la vie est pleine de leçons. Je ne voyais pas d'issue. J'étais revenue aux jours les plus durs. J'habitais au Hollywood Studio Club. J'y étais très malheureuse: cela me rappelait l'orphelinat. J'avais des dettes et j'étais très en retard pour mon loyer. Au Club, on vous accorde une semaine de retard et, après, vous recevez un petit mot: "Vous êtes la seule à ne pas apporter votre soutien à notre merveilleuse institution.", etc. Et vous comprenez! Tant que vous vivez là, vous mangez deux fois par jour, petit déjeuner et dîner. Ce n'est pas toujours très bon, mais cela nourrit. Et vous avez un toit et un lit. Sans cela, où aller? Pas de famille. Rien. Personne. Et j'avais faim. Je sais, des gens me disaient: "Pourquoi ne pas chercher un job de vendeuse, quelque part ?" Oui, pourquoi pas ? Une fois j'ai essayé, dans un drugstore: on n'a pas voulu de moi parce que je n'avais pas terminé mes etudes de lycée. Et puis, comment dire ?... ce n'était pas la même chose. J'avais été modèle et surtout je voulais devenir une actrice et il me semblait que, si je retombais, ce serait sans retour. On a raconté beaucoup de fables à propos du fameux calendrier. A l'époque où l'on a découvert la chose, j'avais déjà fait 'Asphalt Jungle' et j'étais de nouveau sous contrat avec la Fox, pour sept ans cette fois. J'entends encore la voix de celui qui m'appela au téléphone, des bureaux de la Publicité: "C'est vrai que vous avez posé pour un calendrier?" - "Bien sûr", dis-je. "Cela vous ennuie?" puis j'ai compris à quel point ils étaient bouleversés, car la voix reprit : "Eh bien, même si c'est vrai, dites que non." - "Mais j'ai signé l'autorisation de vente! Comment voulez-vous que je mente?" Et, si contrariés qu'ils fussent, je dis la vérité. Mais quand les journalistes me demandèrent pourquoi et que je repondi: "J'avais faim", on crut à un bon mot.
Ceux qui me connaissent bien savent que j'ai beaucoup de mal à mentir. Cela m'a coûté assez cher dans la vie. Il m'arrive de passer délibérement des choses sous silence, pour me protéger ou protéger les autres - qui n'a pas envie ou besoin de se protéger? - mais je ne mens jamais. J'avais faim et j'avais quatre semaines de loyer en retard; je cherchais déséspérémment de l'argent. Telle est la vérité. Je me suis rappelée que j'avais posé pour les publicités de bière avec le photographe Tom Kelley, et que sa femme, Nathalie, avait suggéré que je devrais poser sans vêtements, en ajoutant qu'il n'y avait rien de mal à cela et que c'était bien payé: cinquante dollars, la somme dont j'avais besoin. Alors, comme ils avaient toujours été très gentils pour moi, j'ai téléphoné. J'ai commencé par dire à Tom: "Etes-vous sûr qu'on ne me reconnaîtra pas ?" Il l'a promis. Puis j'ai demandé si Nathalie serait là. "Oui." - Mais ça devra être de nuit", ai-je insisté. "Après que vos assistants seront partis. Vous devrez vous debrouillez tout seul avec Nathalie pour les éclairages." Il a dit oui. Je suis venue. Ils se montrèrent d'une compréhension extrêmes; ils me sentaient suffisamment bouleversée. Ils ont étalé un velour rouge. Ce fut vite fait, très simple, et plein de courants d'air. Mais je pus payer le loyer et manger.
Les gens sont drôles. Ils vous posent de ces questions ! Et si vous êtes franches, ils sont choqués ! On me demande: "Qu'est-ce que vous mettez pour vous coucher ? Un haut de pijama ? Le bas ? Une chemise de nuit ?" Je reponds: "Une goutte de Chanel n°5", et l'on croit que c'est encore un bon mot, alors que j'essaie de répondre avec tact à une question grossière et indiscrète. Et puis, c'est vrai ! Mais on ne le croit pas !
Il fut un moment où je commençais à être... reconnue, disons, et où les gens n'arrivaient pas à imaginer ce que je faisais quand je n'étais pas sur le plateau, parce qu'on ne me voyait à aucune première, aucune représentation de presse, aucune réception. C'est simple: j'allais à l'école ! Je n'avais jamais pu finir mes études, alors j'allais à l'Université de Los Angeles. Le soir. Dans la journée, je gagnais ma vie avec des petits rôles dans les films. Je suivais des cours d'histoire de littérature et d'histoire de ce pays; je lisais beaucoup, de grands écrivains. C'était dur d'être à l'heure pour les cours. Je devais me dépêcher. Je quittais le studio à 6h30 et j'avais dû me lever très tôt pour être sur le plateau, prête, à 9 heures du matin. Souvent j'étais morte de fatigue; il m'arrivait même de m'endormir en classe. Mais je me forçais à rester droite et à écouter. J'avais pour voisin un jeune noir, studieux et brillant: il me donnait l'exemple et cela m'aidait à rester éveillée. Entre parenthéses, c'était un humble postier à l'époque; il est aujourd'hui directeur des postes à Los Angeles. Le professeur, Mme Seay, ne savait pas qui j'étais, bien qu'elle trouvât bizzare que des garçons des autres classes passaient parfois la tête à la porte, pendant les cours, pour me regarder en chuchotant. Un jour, elle se décida à interroger mes camarades, qui dirent: "Elle joue dans les films". Surprise, elle déclara: "Et moi qui la prenais pour une jeune fille fraîche émoulue du couvent!" C'est l'un des plus grands compliments qu'on m'ait jamais faits.
Mais les gens dont je parlais tout à l'heure, eux, préféraient voir en moi une starlette frivole, "sexy" et stupide. C'est comme ma réputation d'être toujours en retard. D'abord, tout le temps, non ! On se rappele seulement quand je le suis. Cela dit, je crois en effet que je ne peux pas aller aussi vite que les autres. Ils sautent en voiture, se rentrent dedans, sans répit... Je ne crois pas que nous soyons faits pour vivre comme des machines. D'ailleurs, c'est tellement inutile ! On travaille tellement mieux avec un peu plus de bon sens et de loisirs ! Au studio, si je dois me presser pour répéter ou pour me faire coiffer, maquiller, habiller, j'arrive épuisée sur le plateau. Pendant que nous tournions 'Let's make love', George Cukor, le metteur en scéne, a trouvé plus intelligent de me laisser un peu en retard mais plus fraîche. En tout ce que je fais, j'aime prendre mon temps. On se bouscule trop, de nos jours. C'est pourquoi les gens sont si nerveux et si malheureux en face de la vie et d'eux-mêmes. Comment peut-on faire parfaitement quoi que ce soit, dans ces conditions ? La perfection demande du temps.
J'aimerais devenir une grande actrice, une vraie, et être heureuse aussi parfaitement que possible. Mais qui est heureux ? Le bonheur ! Vouloir devenir une vraie actrice, tout cela demande beaucoup d'effort et de temps.

Georges Belmont: J'imagine que ce portrait de la Duse, au mur, n'est pas ici pour rien ?

Marilyn Monroe: Non. J'ai une grande tendresse pour elle. A cause de sa vie, comme femme et comme actrice. Comment dire ?... Elle n'a jamais fait de concession, dans un cas comme dans l'autre.
Personnellement, quand il m'arrive de réussir quelque chose dans mon métier, j'ai le sentiment de toucher à ce qu'on appelle le sommet du bonheur. Mais ce ne sont que des moments ! Je ne suis pas heureuse, comme ça, en général. Si je suis quelque chose, en général, ce serait plutôt misérable comme un chien ! Mes deux vies, professionelle et privée, me sont si personnelles, sont si étroitement liées, que je ne peux les séparer: l'une réagit constamment sur l'autre.
L'ennui dans mon cas, je pense, c'est que je voudrais tant être merveilleuse ! Je sais que cela fera rire certains, mais c'est vrai. Une fois, à New York, mon avocat me parlait d'histoires d'argent, en déployant une patience d'ange pour m'expliquer ça. A la fin je lui ai dit: "Je n'y comprend rien et je m'en moque. Je sais seulement que je voudrais être merveilleuse!". Dites cela à un homme de loi, il vous croira folle.
Il y a un livre du poète Rainer Maria Rilke qui m'a beaucoup aidée: 'Lettres à un jeune poète'. Sans lui, peut-être croirais-je par moments que je suis folle. Quand un artiste... je m'excuse, mais je considère que je suis presque une artiste, et là encore, on rira sans doute; c'est pourquoi je m'excuse... quand un artiste recherche à tout prix la vérité, il a parfois la sensation de frôler la folie. Mais ce n'est pas vraiment la folie. C'est seulement qu'on s'efforce de faire sortir ce qu'on a de plus vrai en soi-même; et croyez-moi, c'est dur. Il y a des jours où l'on se dit: "Sois vraie, c'est tout !", et ça ne sort pas. Et d'autres jours, c'est si simple !
J'ai toujours eu le sentiment secret de ne pas être absolument sincère. Tout le monde sent cela, de temps à autre, je suppose. Mais dans mon cas, cela va loin parfois... jusqu'à penser que, foncièrement, je ne suis qu'un monstre de fabrication. Lee Strasberg, le directeur de l'Actors Studio me répète souvent: "...Pourquoi es-tu si mécontente de toi-même ?" Et il ajoute: "Après tout, tu es un être humain !" Et moi je lui réponds: "Oui, mais j'ai l'impression que je dois être plus que cela." - "Non!" me dit-il alors. "C'est cela que tu essaies de faire en ce moment ?" - "Il faut bien que j'entre dans la peau du personnage, non ?!" Et il répète encore : "Non ! Tu es un être humain. Pars de toi-même !" La première fois qu'il m'a sorti cela, j'ai crié : "De MOI?" Et il a répondu : "Oui! De TOI !!".
Après Arthur, Lee est probablement celui qui a le plus changé ma vie. C'est pourquoi j'aime tant aller à l'Actors Studio. A New York, j'y vais régulièrement. Je n'ai qu'une envie: faire de mon mieux, toujours, à tout instant. Sur le plateau, dès que la caméra se déclenche, je veux être parfaite, aussi parfaite que possible, jusqu'au bout. Quand j'étais à l'usine, le samedi soir, j'allais au cinéma. C'était le seul moment où je pouvais me distraire, rire, être moi-même. Alors, si le film était mauvais, quelle déception ! Toute la semaine, j'avais attendu et travaillé dur pour me payer cela. Si les acteurs me paraissaient jouer par-dessous la jambe, je sortais déçue comme si l'on m'avait trahie. Que me resterait-il pendant toute une semaine ? C'est pourquoi, aujourd'hui, quand je travaille, je songe toujours à ceux qui travaillent aussi pour pouvoir aligner leur argent au guichet dans l'espoir de s'amuser. Ce que pensent les producteurs et le metteur en scéne, cela m'est assez égal: mais pas ce que penseront les gens en voyant le film. Un jour, j'ai essayé d'expliquer ça à M. Zanuck...
L'amour et le travail sont les seules choses vraies qui nous arrivent dans la vie. Ils font la paire; sinon, c'est boiteux. D'ailleurs, le travail même est une forme d'amour. A l'usine j'ai dit que je me dépêchais d'expédier mon travail parce que c'était fastidieux; mais je me rappelle que, malgré tout, je mettais un point d'honneur à le faire exactement, aussi parfaitement que possible. Et si je rêvais de l'amour, c'était aussi comme d'une chose qui doit être la plus parfaite possible. Quand j'ai épousé Joe DiMaggio, en 1954, il ne jouait déjà plus au base-ball, mais c'était un merveilleux athlète et un être d'une grande sensiblité. Fils d'immigrants italiens, il avait eu une jeunesse difficile. Nous nous comprenions donc assez bien. Ce fut la base de notre mariage. Mais je dis assez bien. Et pour cela ce fut un échec. C'était fini au bout de neuf mois, malheureusement. Je mets le même point d'honneur à mes sentiments qu'à mon travail. Peut-être est-ce pourquoi je suis impétueuse et exclusive. J'aime bien les gens. Et quand j'aime, je pousse l'exclusivité jusqu'à ne plus avoir qu'une seule idée en tête ! Surtout, j'ai envi d'être traitée humainement.
La première fois que j'ai vu Arthur Miller, c'était sur un plateau et je pleurais. Je jouais dans un film 'As young as you feel', et il passait dans les studios avec Elia Kazan. Je pleurais à cause d'une amie dont je venais d'apprendre la mort. On nous présenta. Je voyais tout dans un brouillard. C'était en 1951. Je restai quatre ans sans le revoir, après cela. Nous nous écrivions et il m'envoya une liste de livres à lire. Mais je me rappelle que, constamment, je songeais qu'il me verrait peut-être dans un film... on passerait deux films, ce soir là, et peut-être serais-je dans un et me verrait-il. Alors, quand je travaillais, je faisais encore plus de mon mieux... Je ne sais comment décrire cela. Je l'aimais, depuis le premier jour. Voilà, c'est tout. Jamais je n'oublierai qu'il dit, ce jour là, qu'à son avis, je devrais faire du théâtre et que les gens autour de nous, sur le plateau, rirent en l'entendant. Mais il répéta: "Non, non, c'est très sérieux." Et le ton, son attitude, les circonstances, firent que je sentis en lui un être profondément humain et sensible, et qui m'avait traitée comme une personne humaine et sensible, moi aussi. C'est le mieux que je puisse dire. Mais c'est le plus important. Depuis notre mariage, quand je ne tourne pas, nous menons une vie tranquille et heureuse à New York, et plus encore dans notre maison du Connecticut pendant les week-ends. Mon mari aime travailler tôt le matin. Il se lève en général à 6 heures. Il se repose ensuite dans la journée en faisant la sieste. Comme l'appartement n'est pas grand, j'ai fait insonoriser son bureau. Il a besoin de solitude totale quand il travaille. Moi, je me lève à 8h30 et quelques. Nous avons une excellente cuisinière. Parfois, en attendant mon petit-déjeuner, je vais promener mon chien Hugo. mais quand la cuisinière est de sortie, je me lève plus tôt et je prépare le petit déjeuner pour mon mari; car je trouve qu'un homme ne doit pas s'occuper de ses repas. Je suis très vieux jeu à bien des égards. Je trouve aussi qu'un homme ne doit jamais porter à la main ce qui appartient en propre à la femme, souliers à hauts talons, sac, etc. Il m'arrive de cacher un peigne dans la poche de mon mari, mais c'est tout.
Après le petit déjeuner, je prends un bain, pour changer des jours de travail où je me lève si tôt, parfois à 6h ou 5h du matin, que je dois prendre deux douches, une chaude et une froide pour me secouer. A New York, j'aime à me tremper dans mon bain en lisant les journaux et écoutant des disques. Après, j'enfile une jupe, une blouse, des souliers plats et une veste de polo et, le mardi et le vendredi, je vais à l'Actors Studios, à 11h, ou les autres jours aux cours privés de Lee Strasberg. Je rentre pour le déjeuner, que nous prenons d'habitude ensemble, comme le dîner. Nous écoutons des disques en mangeant. Mon mari aime comme moi la musique classique. Ou le jazz s'il est excellent, bien que nous réservions plutôt cela aux soirées où nous avons des amis qui aiment danser. Souvent, Arthur se remet au travail après sa sieste. Je trouve toujours à m'occuper pendant ce temps. Il a deux enfants de son premier mariage et je m'efforce d'être une bonne belle-mère. Et il y a à faire dans l'appartement. J'aime faire la cuisine, pas tellement à la ville où l'on est trop bousculé, mais à la campagne pour le week-end. Je fais du très bon pain, et les nouilles aussi très bien. Rouler, sécher, la cuisson et la sauce. Ce sont mes deux spécialités. Mais j'aime également inventer... J'adore les assaisonnements ! L'ail ! Souvent, j'en mets de trop pour le goût des autres.
Il arrive que les acteurs avec qui j'étudie une scène pour les cours de Strasberg viennent à la maison, le matin ou l'après-midi et je leur prépare un petit-déjeuner ou le thé... Bref, les journées sont assez remplies. Mais toujours, j'ai soin d'être libre avant le dîner, pour mon mari. Aprés le dîner, parfois nous allons au théâtre ou au cinéma, ou des amis viennent, ou nous allons chez des amis. Mais très souvent, nous restons tout simplement à la maison, tous les deux, à écouter de la musique, parler ou lire. Ou encore, nous marchons dans les rues ou dans Central Park. Nous adorons marcher. Il n'y a pas de routine fixe dans notre vie. Il y a bien des moments où j'aimerai être plus organisée, faire certaines choses à certaines heures etc. Mais mon mari dit que comme ça, au moins, on ne s'ennuie pas ! Alors, tout va bien. Et puis, personellement, les choses ne m'ennuient jamais. Ce qui m'ennuient, ce sont les gens qui s'ennuient. J'aime beaucoup les gens; pourtant, parfois, je me demande si je suis vraiment sociable. La solitude ne me pèse pas. Cela m'est égal d'être seule. Même, j'aime cela. C'est un repos. Cela permet de prendre plus possession de soi-même, de se rafraîchir. Je crois qu'il y a deux aspects dans tout être humain; du moins, c'est ce que je sens dans mon cas. On a envie d'être seul, et en même temps, envie d'être ensemble. C'est un vrai conflit. J'y suis sensible à un point suraigu. C'est pourquoi, j'aime tant mon travail. Quand j'en suis contente, naturellement je me sens plus gaie, plus sociable. Quand ça ne va pas, j'ai envie d'être seule. Et c'est la même chose dans ma vie...

Georges Belmont: En sorte que, pour résumer, si je vous demande quelle impression cela fait d'être Marilyn Monroe, à ce stade de votre vie, que direz-vous?

Marilyn Monroe: Quelle impression cela vous fait-il d'être vous?

Georges Belmont: Parfois je suis content du monde et de moi-même. Parfois, non.

Marilyn Monroe: Et vous êtes heureux comme ça?

Georges Belmont: Ma foi, oui.

Marilyn Monroe: Eh bien, moi aussi. Et comme j'ai trente quatre ans et encore quelques années devant moi, j'éspère, cela me laisse le temps de travailler à devenir meilleure et plus heureuse dans mon métier comme dans ma vie privée. C'est ma seule ambition. Peut-être y mettrais-je le temps, car je suis lente; et je ne veux pas dire par là que ce soit le plus sûr moyen. Mais c'est le seul que je connaisse et qui me donne le sentiment que la vie, après tout, n'est pas sans espoir. 

05 juin 2010

1939, Yosemite Park - Norma Jeane et Ana Lower

Norma Jeane avec Ana Lower et des amies d'Ana - en 1939
lors d'une excursion au parc national de Yosemite, en Californie

Norma Jeane with Ana Lower and Ana's friends - in 1939
on a trip to Yosemite National Park, California

1939-Yosemite_trip-norma_jeane_with_ana-010-1 
1939-Yosemite_trip-norma_jeane_with_ana-010-1b  1939-Yosemite_trip-ana_lower-1 
1939-Yosemite_trip-norma_jeane_with_ana-020-1 
1939-Yosemite_trip-norma_jeane_with_ana-021-1 
1939-Yosemite_trip-norma_jeane_with_ana-030-1b 


© All images are copyright and protected by their respective owners, assignees or others.
copyright text by GinieLand.

Posté par ginieland à 18:43 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

04 juin 2010

19/06/1942, Los Angeles - Mariage Norma Jeane et Jim Dougherty

Le vendredi 19 juin 1942, Norma Jeane Mortensen épouse Jim Dougherty. Le mariage a lieu dans la maison de la famille Howell (Chester et Doris Howell), des amis de Grace Goddard, au 432 South Bentley Avenue, à Los Angeles. Norma Jeane vient de fêter ses 16 ans (le 1er juin) et James Dougherty est âgé de 21 ans. C'est Grace Goddard qui a "arrangé" ce mariage afin d'éviter à Norma Jeane le retour à l'orphelinat; et Ana Lower a organisé les préparatifs, notamment en envoyant les invitations et en confectionnant la robe de mariée.

On Friday, June 19, 1942, Norma Jeane marries Jim Dougherty. The wedding takes place at the home of the Howell family (Chester and Doris Howell), friends of Grace Goddard, at 432 South Bentley Avenue, Los Angeles. Norma Jeane just turned 16 (on June 1st) and James Dougherty is 21. It is Grace Goddard who has "arranged" this marriage in order to prevent Norma Jeane from returning to the orphanage; and Ana Lower has organized the preparations, including sending out the invitations and making the wedding dress.

- Le carton d'invitation -
- Personal invitation -

1942-06-19-wedding-invitation-1


Une annonce du mariage est aussi publiée dans la presse locale, dans le journal "Westwood Hills Press" rubrique "social" du 19 juin 1942 (soit le jour du mariage): "Norma Jeane Baker épousera James E Dougherty vendredi".

An announcement of the marriage is also published in the local press, in the newspaper "Westwood Hills Press", in the "social" section of June 19, 1942 (the day of the wedding): "Norma Jeane Baker to Marry James E Dougherty on Friday".

1942-06-19-press-westwood_hilss_press-annonce_mariage-1  


La cérémonie débute à 20h30 et est orchestrée par le révérend Benjamin Lingenfelder, appartenant à l'Eglise de la science chrétienne (dont faisait parti Gladys -la mère de Norma Jeane- et Norma Jeane).
Peu d'invités représentent la famille de Norma Jeane: en effet ni son ancienne tutrice Grace Goddard (partie vivre en Virginie), ni sa demie-soeur Berniece (qui vivait dans le Kentucky), ni sa mère Gladys (hospitalisée) ne sont présentes. Seuls les Bolender (famille d'acceuil de Norma Jeane quand elle était enfant) et Ana Lower sont là, Ana amenant Norma Jeane devant l'autel.
Les témoins des mariés sont: Marion Dougherty, le frère de Jim; et Lorraine Allen, une camarade de classe de Norma Jeane. Et c'est le neveu de Jim, Wesley (fils de sa soeur Billie)  qui amène les alliances disposées sur un coussin. Les filles des Howell, les jumelles Loralee et Doralee Howell sont les "flower girls", ces petites demoiselles d'honneur tenant les bouquets de fleurs devant la mariée.
Un photographe professionnel est même engagé: Axel Togg.

1942-06-19-LA-Howell_home-wedding-010-1 

The ceremony begins at 8:30 p.m. and is orchestrated by the Reverend Benjamin Lingenfelder, belonging to the Church of Christian Science (of which belonged Gladys -Norma Jeane's mother- and Norma Jeane herself).
Few guests represent the family of Norma Jeane: indeed neither her former tutor Grace Goddard (left to live in Virginia), nor her half-sister Berniece (who lived in Kentucky), nor her mother Gladys (hospitalized) are present. Only the Bolenders (Norma Jeane's foster family when she was a child) and Ana Lower are there, Ana bringing Norma Jeane to the altar.
The bride and groom's witnesses are: Marion Dougherty, Jim's brother; and Lorraine Allen, a classmate of Norma Jeane. And it is Jim's nephew, Wesley (son of his sister Billie) who brings the wedding rings laid out on a cushion. The Howell daughters, twins Loralee and Doralee Howell are the "flower girls", these little bridesmaids holding the bouquets of flowers in front of the bride.
A professional photographer is even hired: Axel Togg.

1942-06-19-wedding-NJ-2-1  1942-06-19-wedding-NJ-2-2-by_Axel_Togg-1 
1942-06-19-wedding-NJ-2-2-by_Axel_Togg-1-1-GF 
1942-06-19-wedding-NJ-3-1  1942-06-19-wedding-NJ-3-2b 


D'après le certificat de mariage, Norma Jeane a remplit le formulaire sous le nom de jeune fille "Mortensen"; à "nom du père", elle indique "E. Mortensen" et "inconnu" pour lieu de naissance du père; à "nom de la mère", elle inscrit d'abord un point d'interrogation puis l'inscription "inconnue" suivie de "Monroe" et "Oregon" pour le lieu de naissance.
Quand à James Edward Dougherty, ses parents Edward et Ethel sont nés tous deux dans le Colorado.

According to the marriage certificate, Norma Jeane completed the form under the maiden name "Mortensen"; at "father's name", she indicates "E. Mortensen" and "unknown" for father's birthplace; in "mother's name", she first writes a question mark then the inscription "unknown" followed by "Monroe" and "Oregon" for the place of birth.
As for James Edward Dougherty, his parents Edward and Ethel were both born in Colorado.

- Les certificats de mariage -
- Certificate of Marriage  -

1942-06-19-wedding-certificate-1a 
1942-06-19-wedding-certificate-2 


1942-06-19-wedding-NJ-3-2a  La robe de mariée que porte Norma Jeane a été confectionnée par "tante" Ana Lower: d'un col large arrondi, permettant un décolleté profond mais sage pour qu'ainsi la mariée puisse porter un grand collier de perles blanches autour du cou; les manches longues sont faites d'un voilage transparent, le reste de la robe est doublé d'un tissu en dentelle; elle porte aussi un voile transparent sur la tête.
Norma Jeane portera à nouveau la robe pour une séance photo (lors de ses jeunes années de mannequinat) le 23 mars 1946, photographiée en studio par Richard C Miller (mais elle empruntera le missel de l'épouse du photographe) et dont l'une des photographies fera la couverture du magazine Personal Romance de juin 1947.

 The wedding dress worn by Norma Jeane was made by "aunt" Ana Lower: with a wide rounded collar, allowing a deep but wise neckline so that the bride could wear a large necklace of white pearls around her neck; the long sleeves are made of transparent veiling, the rest of the dress is lined with lace fabric; she also wears a transparent veil over her head.
Norma Jeane would wear the dress again for a photo shoot (during her younger modeling years) on March 23, 1946, photographed in the studio by Richard C Miller (but she will borrow the missal from the photographer's wife) and one of whose photographs will be on the cover of the magazine Personal Romance in June 1947.

Click 23/03/1946 - Norma Jeane en mariée par Richard C Miller
1942-06-19-wedding-dress-1946-by_rcm-1 

Lorsque Norma Jeane deviendra la star Marilyn Monroe, il semble qu'elle ait conservé sa robe pour la donner à sa nièce, Mona Rae Miracle (la fille de sa demie-soeur Berniece Baker) qui racontera l'avoir eu en cadeau pour ses 14 ans (soit en 1952): 
"Marilyn a été ravie quand j'ai porté sa robe de mariée de 1942 pour mon premier rendez-vous à quatorze ans, une danse formelle. Marilyn l'avait portée à seize ans pour son mariage avec Jim Dougherty et une autre fois pour une photo de couverture pour Personal Romances. "Ton premier rendez-vous", dit Marilyn. "Wow, quel repère !" Ensuite, nous avons soigneusement emballé la robe dans du tissu et réfléchi aux changements qui se profilent."
La robe est vendue aux enchères en mars 2001 par Sotheby's, qui proposait les effets personnels appartenant à Berniece et Mona Rae Miracle; la mise à prix se situait entre 60 000 et 80 000 Dollars.
[extrait catalogue: Catalogue "Personal Property of Marilyn Monroe: The Berniece & Mona Miracle Collection", Sotheby's, 02/2001 ]

When Norma Jeane will become the star Marilyn Monroe, it seems that she kept her dress to give it to her niece, Mona Rae Miracle (the daughter of her half-sister Berniece Baker) who will say that she got it as a gift for her 14 years (i.e. in 1952):
"Marilyn was delighted when I wore her 1942 wedding gown for my first date at fourteen, a formal dance. Marilyn had wore it at sixteen for her wedding to Jim Dougherty and one again for a cover photo for Personal Romances. "Your first date", said Marilyn. "Wow, what a landmark !" Afterwards, we packed the dress carefully in tissue and pondered the changes looming ahead."

The dress was sold at auction in March 2001 by Sotheby's, which offered the personal effects belonging to Berniece and Mona Rae Miracle;
the starting price was between 60,000 and 80,000 Dollars.
[excerpt from catalog "Personal Property of Marilyn Monroe: The Berniece and Mona Rae Miracle Collection"]

1942-06-19-wedding-dress-1a  1942-06-19-wedding-dress-1b 
1942-06-19-wedding-dress-1c 
1942-06-19-wedding-dress-2001-02-SOTHEBYS-1  1942-06-19-wedding-dress-2001-02-SOTHEBYS-2 


© All images are copyright and protected by their respective owners, assignees or others.
copyright text by GinieLand. 

1940, Sawtelle - Norma Jeane & Betty Dugger

Norma Jeane et Bette Westcott, sa copine de collège
(qui s'appelait à l'époque Betty Dugger).
En 1940, elles vont à l'école Emerson Junior High School.
Photographie provenant des archives de Bette Westcott.

Norma Jeane and Bette Westcott, her high school' friend
(whose name at that time was Betty Dugger).
In 1940, they attend the Emerson Junior High School.
Photograph from the Bette Wesctcott archives.

1940-LA-nebraska_avenue-goddards_home-NJ_with_Bette_Westcott-010-1 
1940-LA-nebraska_avenue-goddards_home-NJ_with_Bette_Westcott-011-1 

Elles se tiennent devant la maison de bois blanc
où vit Norma Jeane avec Ana Lower (Tante Ana)
au 11348 Nebraska Avenue (à l'angle des avenues Corinth et Purdue)

They stand in front of the white wooden house
where Norma Jeane lives with Ana Lower (Aunt Ana)
at 11348 Nebraska avenue (at the corner of Corinth and Purdue avenues)

1940-LA-nebraska_avenue-goddards_home-NJ_with_Bette_Westcott-010-1a 


 source:
article "Marilyn in Sawtelle" sur Sawtelle California 1897 to 1950


© All images are copyright and protected by their respective owners, assignees or others.
copyright text by GinieLand.

Posté par ginieland à 18:24 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

03 juin 2010

1943, Los Angeles - Norma Jeane dans sa rue

Norma Jeane Dougherty probablement dans sa rue - vers 1943
Norma Jeane Dougherty probably in her street - circa 1943

1943-norma_jeane-photo-020-1a 
1943-norma_jeane-photo-020-1b 
1943-norma_jeane-photo-010-1  


- Devant le coupé Ford de son mari Jim Dougherty -
- In front of her husband Jim Dougherty's Ford coupe -

1943-norma_jeane-photo-011-1-Ford 

La maison pourrait être celle de Ana Lower
The house would be the one of Ana Lower
(-source: livre Before Marilyn - de Michelle Morgan)


© All images are copyright and protected by their respective owners, assignees or others.
copyright text by GinieLand.

Posté par ginieland à 19:01 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

01 juin 2010

1945 Norma Jeane et Ana Lower

Norma Jeane et Ana Lower vers 1945

1944_marilyn_private_in_black_tree_1_1 1944_marilyn_private_in_black_tree_1_1_a 1944_NJ_TEEN0001ana3
ana2 ana4 ana1

Posté par ginieland à 00:40 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , ,

29 mai 2010

Août 1946 Norma Jean en famille

L'été 1946, Berniece Miracle -la demie-soeur de Norma Jean- vient à Los Angeles avec sa fille Mona Rae, née en 1939. Berniece, qui était mariée, vivait dans le Kentucky. Il s'agit de la deuxième rencontre entre les deux soeurs Berniece et Norma Jean. Leur mère Gladys était aussi présente. Norma Jeane, qui prend des cours de danse et de théâtre à la Fox, vit alors avec sa mère Gladys, sortie de l'hôpital, à l'étage du duplex qui appartient à Ana Lower, -la tante de Grace Mc Kee (la meilleure amie de Gladys, qui fut aussi tutrice de Norma Jean). Elles firent visiter Los Angeles à Berniece: les plages californiennes, les grands boulevards d'Hollywood et les quartiers de Chinatown, The Famers Market, le Hollywood Bowl ou encore le Grauman's Chinese Theatre.

1946_NJ_with_family_resto_Berniece_Mona_GraceGoddard_X_NJ_AnaLower_Gladys 
Dans un restaurant chinois, été 1946.
de gauche à droite, en faisant le tour de table:
Berniece, Mona Rae, Grace Goddard, personne non identifiée,
Norma Jean, Ana Lower et Gladys Monroe.


1946_NJ_with_family_010_1
de gauche à droite:
Berniece, Gladys et Norma Jean
.

1946_NJ_with_family_011_1 1946_NJ_with_family_011_2 1946_NJ_with_family_011_3
de gauche à droite:
Berniece et Norma Jean

1946-08-berniece_gladys-1 
de gauche à droite:
Berniece et Gladys

Norma Jeane a prêté son maillot de bain à Berniece

1946_NJ_with_family_santamonicabeach_010_1 1946_NJ_with_family_santamonicabeach_020_1 1946_NJ_with_family_santamonicabeach_030_1
Sur une plage de Santa Monica, été 1946.
de gauche à droite, photo de groupe:
Berniece, Norma Jean, Gladys Monroe
et la petite Mona Rae.

1946_NJ_with_family_santamonicabeach_030_2

Posté par ginieland à 23:31 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,