06 juin 2017

Doc - Le Cinéma dans l'oeil de Magnum

Le cinéma dans l'oeil de Magnum

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Année: 2017
Réalisation: Sophie Bassaler

Pays: France
Durée: 54 min

À l’occasion des 70 ans de Magnum, retour sur le lien noué entre les photographes de l'agence mythique et le monde du cinéma. Une plongée unique dans le regard des créateurs, parmi lesquels Robert Capa, Cartier-Bresson, ou Josef Koudelka.
L'agence Magnum, créée en 1947 par Robert Capa, est intimement liée au cinéma depuis soixante-dix ans. Ses photographes iconiques, Capa lui-même, Cartier-Bresson, ou plus tard Josef Koudelka ont accompagné des tournages, leurs réalisateurs et leurs vedettes. Ils ont ainsi documenté des scènes de vie quotidienne, de travail, ou choisi de s'écarter du cadre pour immortaliser leur propre vision artistique. Venant du reportage de guerre ou du documentaire, ces photographes du réel ont appliqué leurs méthodes de travail à ce monde d’illusions : appareil léger, lumière naturelle, photo sur le vif et sans retouches. Marilyn Monroe, James Dean, Kate Winslet, Michelangelo Antonioni ou Theo Angelopoulos sont passés sous l'œil de l'agence, instaurant un lien unique qui ne s'est pas défait en soixante-dix ans.
Fiction et réel
C’est par amour pour l’actrice Ingrid Bergman que Robert Capa prend la toute première photo de cinéma de Magnum sur le tournage des Enchaînés d’Alfred Hitchcock, inaugurant cette histoire entre l’agence et le cinéma. À partir de nombreux récits inédits, le documentaire retrace toute une vie d’histoires croisées entre deux mondes qu’a priori tout oppose : la fiction et le réel, comme cette rencontre en 1994 entre le réalisateur Theo Angelopoulos et le jeune photographe Josef Koudelka. Ils puiseront dans les Balkans, lieu de tournage du film Le regard d'Ulysse, des clichés et plans extraordinaires, tout en gardant chacun leur signature unique. Un témoignage passionnant sur le regard des créateurs, artistes de l'image, qu'ils soient derrière une caméra ou un appareil photo.

>> Diffusé en France sur arte le 31 mai 2017


Retranscription du passage lié à Marilyn Monroe:

(à 19min 30sec) - Peter Marlow (photographe): Quand on a ce genre de relations, cela rend les choses très différentes; ça permet d'atteindre ce niveau d'intimité.
David Hurn (photographe): L'exemple parfait, c'est Marilyn Monroe et Eve Arnold. Elles étaient très amies et totalement à l'aise ensemble.
Eve Arnold (photographe): Marilyn avait vu une série de photos que j'avais faite de Marlene Dietrich. C'était au début des années 50; ça devait être en 52. A cette époque, les photos étaient toutes retouchées. Tout était très mis en scène. Moi, je ne savais rien de tout ça, j'étais une photojournaliste. J'ai photographié Marlene comme elle était. Elle ne posait pas. Il n'y avait pas de décor ou d'éclairage, juste moi et elle qui chantait. Quelques temps plus tard, je suis allée à une fête donnée pour John Huston. C'est Sam Shaw, un ami commun, qui m'a présentée à Marilyn. Elle m'a regardée et m'a dit: "Vous avez fait du beau travail avec Marlene. Imaginez ce que vous pourriez faire avec moi." J'ai trouvé ça merveilleux. Il se dégageait d'elle une vraie naïveté, mais en même temps, elle avait le sens de son image et savait se vendre. Je suis sûre qu'elle a tout de suite sentie ce que nous pourrions faire ensemble. Un jour, une nuit plutôt, vers 4 heures du matin, elle m'a appelée pour savoir si j'acceptais de la rejoindre à 10 heures du matin à l'aéroport. J'aurai droit à un reportage exclusif, car elle voyageait seule avec son coiffeur.
Isabella Rossellini (actrice, réalisatrice): Eve avait sa délicatesse qui je pense, lui a permis de gagner la confiance d'autres actrices. Notamment, celle de Joan Crawford.

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(... à 21min 50sec) - Eve Arnold: C'était à Chicago durant une escale qui s'éternisait. Marilyn est allée aux toilettes et comme je suis une femme, je l'ai suivie. Je n'avais pas l'intention de la photographier, mais elle était si belle avec sa jupe relevée sur ses petites jambes potelées. J'avais toujours pensé qu'elle était mince. Elle avait cette merveilleuse capacité à se faire plus grande qu'elle n'était.
David Hurn: Cette photo est tellement intime. Et j'aime à pense que Eve était si proche d'elle, que Marilyn lui faisait tellement confiance. Cette photo, pour moi, c'est la quintessence de la photographie.

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Eve Arnold: Je l'ai photographiée sur une période de 10 ans. La plus courte de nos séances n'a duré que deux heures et la plus longue, deux mois, sur le tournage du film "The Misfits" de John Huston. Arthur Miller avait écrit une nouvelle dans laquelle il racontait l'histoire de trois hommes qui travaillaient dans le désert et capturaient des mustangs qu'ils vendaient ensuite pour faire de la nourriture pour chiens. C'est dans ce cadre sauvage qu'apparaît Marilyn. Clark Gable et Marilyn étaient le couple vedette. Il y avait aussi Montgomery Clift, Eli Wallach. Le film a été conçu dans le but de donner enfin un rôle sérieux à Marilyn.

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Alain Bergala (essayiste): Les "Misfits" est totalement exceptionnel sur plein de points. Mais quand le film a commencé à se tourner, personne ne pouvait savoir à quel point, ce serait un film exceptionnel.
Voix Off: Le tournage du film "The Misfits" est un cas unique dans l'histoire des relations entre photographie et cinéma. Neuf grands photographes de Magnum Photos vont suivre ce tournage chaotique durant les trois mois de l'été 1960 à Reno et dans le désert du Nevada. Se succédant deux à deux toutes les deux semaines. Cet accord exceptionnel n'était pas uniquement le fait des liens de John Huston et de l'agence, mais revient à l'initiative de Lee Jones, à l'époque responsable des projets spéciaux du bureau de New York, qui a eu le pressentiment que ce film au casting de rêve mériterait une couverture exceptionnelle.

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Alain Bergala: C'était la première fois dans l'histoire du cinéma où une agence obtenait l'exclusivité. Alors que toute la presse du monde aurait voulu être là. Il l'a obtenu pour une raison simple c'était que Marilyn était déjà mal en point au début du tournage et si elle avait vu arriver des photographes du monde entier, elle aurait craqué.

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Voix Off: Les deux premiers photographes à arriver à Reno sont Inge Morath et Henri Cartier-Bresson.
Agnès Sire (directrice de la fondation Henri Cartier-Bresson): Cartier-Bresson, ça ne l'intéressait pas du tout. Et puis il a entrepris un voyage aux Etats-Unis l'année du tournage des "Misfits" et je pense que Lee Jones et tous les autres à Magnum lui ont dit: "Ca serait bien, on a l'exclu sur ce tournage. Ca serait bien que tu viennes, il y a Marilyn Monroe, etc..." Donc, il est allé sur le tournage; il n'est pas resté très longtemps. Mais il a fait beaucoup de photos; il a fait un portrait de Marilyn Monroe qui est très, très beau. Sa définition du portrait, qui est l'idée de saisir le silence intérieur d'une victime consentante, on voit vraiment, dans la photo de Marilyn Monroe, son silence intérieur.

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Inge Morath (photographe -en 2001): Tout était exotique. Le caractère si américain du film était aussi exotique pour nous. Nous adoptions un point de vue très européen.
Agnès Sire: Arthur Miller a donc épousé Inge Morath qu'il a connue sur ce tournage des "Misfits". Arthur Miller était encore marié à Marilyn Monroe, mais c'était en train de se déliter totalement.
Alain Bergala: C'est hallucinant ce qu'on voit là dans les photos de ce tournage. Des scènes privées. C'est à dire que tout était destroy et du coup, tout était possible. Le photographe pouvait rentrer et faire la scène du ménage qui avait lieu à côté. Cela a évidemment beaucoup joué. Et ils ont senti ça, que tout allait mal.

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Elliott Erwitt (photographe): Le chaos qui régnait sur le tournage était dû aux constants retards de Marilyn, à sa nervosité, et à sa grande détresse de façon générale.
Alain Bergala: Quand les acteurs arrivent, ils sont tous en très mauvais état. Clark Gable n'est pas en mauvais état mais il est très vieux, et Marilyn, ce film se trouve être son dernier film et elle le fait en très très mauvais état.
Bruce Davidson (photographe): Ce n'est pas le sex-appeal de Marilyn qui m'a attiré, mais sa fragilité. C'était une artiste qui luttait contre la dépression. Il y a cette photo que j'ai prise d'elle avec Huston qui m'a mis mal à l'aise. Elle souffrait beaucoup.

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Susan Richards (auteure): Monty Clift était un peu comme  elle. Les acteurs que Dennis trouvait les plus humains sortaient souvent de l'Actor's Studio. Ils essayaient de rester eux-mêmes à Hollywood où tout le monde porte un masque. Et Monty Clift ne jouait pas ce jeu là.
Alain Bergala: L'homosexualité qu'il s'interdisait de faire savoir, névrose absolue, drogues, lui, il avait tout à la fois. Et c'est magnifique. Evidemment, la scène dans l'arrière-cour où ils sont tous les deux complètement destroy, parce qu'ils étaient réellement destroy. Et Huston détestant les homosexuels... En plus, c'était pas simple pour eux, le rapport avec Huston.
Marilyn Monroe: Ce travail peut être si... On essaie d'être sincère. Cela nous amène parfois au bord d'une sorte de folie. Ce n'est pas vraiment de la folie. Il s'agit plutôt d'essayer d'extraire de soi une part de vérité. Et c'est très dur. Enfin, disons, que c'est pas facile.
Alain Bergala: Marilyn, comme toutes les stars, contrôlait les images qu'on pouvait montrer d'elle. Sur les photos qu'elle ne voulait pas voir diffuser, on voit tout ce qui la menace. C'est à dire pour elle, la beauté n'était pas donnée, n'était pas acquise, qu'est ce qu'il a fallu de travail et d'efforts pour qu'on ait une autre image que ça. Cette lutte l'a tuée. D'être toujours une image, à un moment, ça ne tient plus. C'est le film où ça ne tient plus.
Eve Arnold: On l'a tous utilisée, cela ne fait aucun doute. Nous, photographes, devons accepter le fait qu'on a besoin de l'image des autres. Bien sûr, sans la photographie, Marilyn n'aurait jamais été Marilyn. On l'aurait jamais vue car c'est ainsi que beaucoup de gens l'ont découverte. C'est un cercle vicieux, tout le monde utilise tout le monde. Elle m'a utilisée pour l'aider à aller là où elle voulait, moi et des centaines d'autres. Je n'étais pas unique. J'était unique que dans le sens où elle faisait totalement confiance.

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Elliott Erwitt: Les photographes qui ont travaillé sur ce tournage n'étaient pas des paparazzis. Nous étions des photographes Magnum. Personne ne cherchait à nuire ou à créer de scandales. Je ne pense pas qu'il y ait eu des gens comme ça parmi nous.
Voix Off: Le tournage des "Misfits" s'achève le 4 novembre 1960. Le lendemain, Clark Gable est victime d'une crise cardiaque dont il décèdera quelques jours plus tard. Rarement la frontière entre la fiction et la réalité fut aussi mince; et la proximité entre les photographes et les stars aussi grandes.
Alain Bergala: C'est un film 'bascule'. Le cinéma hollywoodien ne sera jamais plus la même chose qu'avant. C'est terminé, donc Il a filmé, en même temps, la décomposition d'un système.
Voix Off: Concurrencé par la télévision, le système des studios s'est essouflé. Et bientôt, les grands magazines suivront. Pour Magnum et le cinéma, une page se tourne.

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31 mars 2015

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Marilyn Monroe le 9 août 1955
dans l'avion en route pour Bement.
Photographie de Eve Arnold.

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Posté par ginieland à 15:03 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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25 janvier 2011

09/08/1955 Marilyn en visite à Bement

Le 9 août 1955, Marilyn Monroe téléphone à quatre heures du matin à la photographe Eve Arnold, pour lui annoncer qu'elle s'envole le jour même pour Bement, une petite ville de 1500 habitants dans l'Illinois, lieu historique d'une rencontre entre Abraham Lincoln et Stephen Douglas. Sa mission consiste à "sensibiliser à l'art les masses populaires". Elle demande à Eve Arnold de l'accompagner, elle et son assistant et coiffeur Peter Leonardi, assurant Eve Arnold d'obtenir ainsi un reportage photographique exclusif; la photographe, à moitié endormie mais intriguée, accepte.
C'est Carlton Smith, le directeur de la 'National Arts Foundation', qui a convaincu Marilyn de venir promouvoir l'art. Mais Bement célébre alors aussi son centenaire et la venue de Marilyn dans cette petite bourgade en fait une publicité nationale.
Marilyn accepta sans doute cette proposition car elle a toujours été fascinée par Abraham Lincoln.
Photographies noir et blanc d' Eve Arnold; Snapshots de James Collins et Frieda Hull, fans des 'Monroe Six' / James Haspiel / Peter Leonardi

On August 9, 1955, Marilyn Monroe phones to Eve Arnold at four o'clock in the morning to inform her that she is flying the same day for Bement, a small town of 1,500 inhabitants in Illinois, place of the historical meeting between Abraham Lincoln and Stephen Douglas. Her mission is to "raise awareness of art among the popular people". She asks to Eve Arnold to accompany her, with her assistant and hairdresser Peter Leonardi, assuring Eve Arnold to obtain an exclusive photographic report. The photographer, half asleep but intrigued, accepts.
It's Carlton Smith, the director of the National Arts Foundation, who convinced Marilyn to come and promote art. But Bement also celebrates its centenary and the arrival of Marilyn in this small town makes it a national advertisement. Marilyn accepts this proposal because she has always been fascinated by Abraham Lincoln.
Black and white photographs by Eve Arnold; Snapshots by James Collins and Frieda Hull, fans from the 'Monroe Six' band / James Haspiel / Peter Leonardi

  • Marilyn, son coiffeur Leonardi et Eve Arnold partent de l'aéroport La Guardia de New York à dix heures du matin. Marilyn s'est levée tôt car elle vit alors dans le Connecticut. On a demandé à Marilyn d'écrire un discours sur Lincoln, qu'elle prononcerait là-bas. Dans l'avion, elle écrit et répète son discours.

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  • Le voyage en avion est long et le premier arrêt se fait à Chicago. Après deux heures d'attente à l'aéroport, Marilyn, son coiffeur et Eve Arnold, prennent un autre avion en direction de Champaign, où les attendent une voiture et une escorte de motards du gouverneur, chargés de les mener à Bement.

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> photo de James Collins, un fan des 'Monroe Six'
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  • A l'arrivée sur l'aérodrome de Champaign, Eve Arnold décrit l'ambiance comme étant "cauchemardesque". Des centaines de journalistes de la presse, de la radio et même de la télévision, étaient sur place et se bousculaient pour apercevoir la star. Tout le monde voulait voir Marilyn, la toucher, lui parler, obtenir un autographe et Marilyn répond à toutes les attentes. Pour l'occasion, la population de la ville avait quadruplé et les admirateurs étaient venus de loin pour voir la star. Parmi les fans se trouve James Haspiel, que l'on distingue mêlé aux photographes et journalistes sur l'une des photographies. Dans l'aéroport, Eve Arnold surveille de près Marilyn et va même jusqu'à la suivre dans les toilettes pour s'assurer que personne ne vienne la perturber. 

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> Signature d'autographes au Pastafazula Club
dans un salon de l'aéroport Midway
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  • Arrivée à Bement, Marilyn est très fatiguée: les longs voyages en avion et en voiture ainsi que les bousculades l'ont épuisée. De plus, elle souffre d'une infection rénale et a oublié ses médicaments, si bien que ses chevilles enflent. Marilyn, son coiffeur et sa photographe sont emmenés au domicile de Carlton Smith. Elle demande une cuvette d'eau pour réduire l'oedème et s'allonge sur le lit avec ses pieds surélevés, pendant que son coiffeur Leonardi s'endort au pied du lit. Pendant ce temps, la foule s'agglutinent autour de la maison: certains ont escaladé les toits des maisons avoisinantes, d'autres regardent par les fenêtres (qui n'avaient pas de volets), frappent à la porte, criant le nom de Marilyn. Quelqu'un parvient même à enfoncer la porte d'entrée de la maison!

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  • Marilyn n'a emmené aucun vêtement de rechange, excepté deux paires de chaussures (une paire blanche et des sandales noires).
    C'est Eve Arnold qui repasse sa robe, pendant que Marilyn se remaquille tout en se faisant recoiffer par Leonardi puis de répéter encore son discours. Elle passe un coup de fil et mange un peu de raisin. Elle enfile ensuite une paire de gants noirs avant de sortir au contact de la foule.

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  • Marilyn visite ensuite le musée d' Abraham Lincoln et une exposition d'oeuvres d'art primitif, prêtées par un musée de Chicago, puis elle répond aux questions des journalistes et signe le livre d'or.

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  • Marilyn prononce son discours sur Lincoln puis participe au concours de la plus belle barbe. Tous les hommes de la ville se sont laissés pousser la barbe pour participer au concours. Ils devaient tous figurer dans un tableau.

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> Avec Clark Plummer 
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  • Avant de partir, Marilyn va au contact de la population, discute avec plaisir avec les gens et signe des autographes.

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  • Le départ définitif est perturbé: le petit avion qui doit les ramener à New York ne peut pas décoller en raison d'une tempête annoncée. Carlton Smith leur propose alors de passer la nuit sur place mais Marilyn ne compte pas rester et veut absolument rentrer à New York. Face à son désarroi, Eve Arnold propose qu'ils se rendent tous à Chicago, à plus d'une centaine de kilomètres, où il y a encore certainement des avions en destination de New York. Après avoir appelé l'aéroport, il reste un seul avion en destination de New York, qui décolle à 23 heures et il était déjà 21h30. Le gouverneur est contacté par l'un des motards qui les a escorté à leur arrivée, et il accorda la permission d'utiliser sa voiture. C'est le sergent de la police de l'Etat d'Illinois, Dick "Jiggs" Robinson, qui conduit la voiture. Il se souvient que Marilyn lui demande d'accélerer un peu pour ne pas rater l'avion. Allongée sur la banquette arrière, elle discute avec le sergent, lui demande des renseignements sur l'histoire de la ville et les paysages qui défilent par la vitre.

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  • 1955_bementLa soirée est fraîche et il commence à pleuvoir. Marilyn frissonnait dans sa robe blanche légère et ajourée sans manches. Eve Arnold lui prête alors son gilet. A l'aéroport de Chicago, l'avion les attend depuis 10 minutes. Les passagers, endormis, n'ont pas reconnu Marilyn qui avait les cheveux ébouriffés et qui était éreintée de sa journée. Ils arrivent tous à New York à deux heures du matin. Au moment de se quitter, Marilyn serre Eve Arnold dans ses bras et la remercie de lui avoir épargner une nuit dans l'Illinois.

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> dans la presse
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>> sources:
livre "Marilyn Monroe" d' Eve Arnold,
livre "Les trésors de Marilyn Monroe" de Jenna Glatzer
lire l'article
A good place to call home 


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28 février 2010

Jours de France 20/08/1955

mag_JDF_1955_08_20_n41_coverLe magazine Jours de France n°41, du 20 août 1955 -consacrait un article intérieur de deux pages sur la visite de Marilyn Monroe à la ville de Bement: "En l'honneur d'Abrahman Lincoln, Marilyn a tiré 150 barbes de six moix." 

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18 octobre 2007

A good place to call home

Marilyn Monroe en visite à Bement (dans l'Illinois) le 9 août 1955

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Cela se passa il y a plus de 50 ans, mais il est difficile de commencer l'histoire du village Piatt County à Bement sans parler de Marilyn Monroe. La star hollywoodienne visita la ville en 1955 pour en célébrer son centenaire. Elle avait choisi le père d'Harry Porter, Cotton Porter, comme le gagnant du concours de la plus grande barbe, elle l'embrassa et lui lança 15 minutes de gloire: une apparition à la télévision dans le programme populaire "I've Got a Secret" (= J'ai un secret).
Elle propulsa la ville de Bement dans les news nationales (...). Harry Porter raconte "Il n'y aura plus jamais de personne comme elle. Elle était spécialement jolie". Des politiciens de plusieurs états participèrent à l'événement (...). Tous ont témoigné dans "The Bement Story: the First 150 years" publié en 2005, le livre raconte aussi l'histoire de la venue de Marilyn: Elle et Carleton Smith (natif de Bement, il a su convaincre Marilyn d'y venir), se sont rencontrés dans un hôtel de New York où elle ne pouvait pas payer sa facture d'une somme considérable. Smith paya la note et fit promettre à Marilyn une contre partie: de participer à l'événement de Bement.

 
Extrait de l'article "A good place to call home" par Anne Cook
>> source article et photos sur The News Gazette 

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