20 décembre 2014

M comme Monroe, Gladys

Gladys Pearl Monroe
( 1902 - 1984 )
Mère de Marilyn Monroe

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Gladys Pearl Monroe (appelée aussi Gladys Baker, Gladys Mortensen, Gladys Eley) naît le 27 mai 1902 à Porfirio Diaz (aujourd'hui nommé Piedra Negra) au Mexique et est la première des deux enfants de Della Mae Hogan et Otis Elmer Monroe (les grands-parents de Marilyn). Son existence est déclarée civilement cinq jours après sa naissance (le 1er juin) à un juge civil mexicain. Son père, Otis, travaille dans les chemins de fer mexicains depuis 1901. Après la naissance de leur fille Gladys, la petite famille retourne aux Etats-Unis, menant une vie itinérante le long de la Côte Ouest, jusque dans le Nord des Etats-Unis pendant un an, puis s'installent à Los Angeles au printemps 1903 où son père décroche un emploi à la Pacific Electric Raimway. Ils vivent dans un petit bungalow d'une seule pièce dans la 37ème Rue Ouest (secteur sud du centre-ville). C'est là que naît le frère de Gladys, Marion Otis Elmer (l'oncle de Marilyn), en 1905. La famille vit dans une certaine précarité et n'a pas de foyer stable (ils vivent dans près de onze foyers différents -maisons ou appartements- entre 1903 et 1909). Gladys et Marion vivent ainsi leur enfance dans la pauvreté et l'insécurité, sans pouvoir se lier d'amitié avec des amis de leurs âges.

>> Certificats de naissance de Gladys
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 >> 1906 - Gladys, 4 ans
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En 1907, la santé de son père Otis Elmer se dégrade. Porté sur la boisson et souffrant de troubles de la mémoire, son état s'empire rapidement: maux de tête, tremblements, instabilité émotionnelle avec des accès de rage, des crises de larmes et même des attaques cardiaques. L'été 1908, suite à une crise, Otis se retrouve à moitié paralysé. Admis à l'hôpital 'Southern California State Hospital' à Patton, en Californie, en novembre 1908, où sa mère Della espace de plus en plus ses visites car Otis ne reconnaît même plus son épouse, il y meurt, le 22 juillet 1909, à l'âge de 43 ans. Il était atteint de parésie, le stade ultime de la syphilis qu'il avait contracté au Mexique, à cause des piètres conditions d'hygiène. C'est ainsi que seulement âgée de 7 ans, Gladys se retrouve orpheline de père. Gladys souffrira beaucoup de l'absence de son père. Sans doute terrifiée par le fulgurent déclin mental de son mari, Della Mae racontera à ses enfants que leur père était devenu fou, à cause de l'alcool et de sa vie désordonnée. Pourtant, le dossier médical qu'on lui avait remis après la mort d'Otis, explique qu'il était décédé d'une maladie organique et non d'une maladie mentale.
Se retrouvant veuve à seulement 33 ans, sa mère
Della Mae vit une deuxième jeunesse en fréquentant de nombreux hommes qu'elle reçoit chez elle entre 1910 et 1911, avant de se marier le 7 mars 1912 avec Lyle Arthur Graves, un aiguilleur en chef à la Pacific Electric, où il avait travaillé avec Otis. Ils vont vivre dans la maison de Graves, au 324 bis South Hill Street dans la partie nouvelle du quartier d'affaires de Los Angeles. Lyle semble être un bon beau-père, offrant des cadeaux aux enfants de Della. Mais le couple ne tient pas, Otis étant aussi porté sur la boisson que son précédent mari, et ils divorcent le 17 janvier 1914.

>> 1912 - Gladys, 10 ans, et son frère Marion, 7 ans
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>> 1916 - Gladys, 13 ans
 
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A la fin de l'année 1916, Della Mae loue une chambre dans une pension de famille au 26 Westminster Avenue sur la toute nouvelle plage du district de Venice, en Californie, au sud de Santa Monica. Le propriétaire de la pension de famille s'appele John Baker et l'engage pour diriger sa propriété pendant qu'il s'occupe d'une salle de jeux sur la plage. Della envoie son fils Marion, âgé de 11 ans, vivre chez des cousins à San Diego car elle pense qu'un garçon doit être élevé par un homme, et seule Gladys reste vivre auprès de sa mère. Gladys est une jeune fille coquette, brillante, expansive, aux cheveux châtains clairs, parlant d'une voix limpide et haut perchée, au rire facile, et à la recherche d'attention des hommes mûrs (sans doute en lien avec son enfance, était-elle à la recherche d'une figure paternelle). Sa mère, Della, ne tarde pas à rester bien longtemps seule et elle fréquente un veuf, Charles GraingerCette nouvelle liaison rend Gladys malheureuse, qui se braque contre le nouveau compagnon de sa mère, en lui opposant un silence absolu, et se montrant de très mauvaise humeur. Gladys devient alors un boulet pour Della, qui avait peur de perdre Charles Grainger. C'est alors qu'elle décide de la marier.

1917-05-17-baker_wedding_certificat1Gladys, qui n'a alors que 14 ans, commence à avoir un certain succès auprès des hommes. Et c'est Jasper Newton "Jap" Baker (le fils de John Baker, qui est pompiste ou releveur de comptes à gaz selon les biographes) âgé de 26 ans, qui, aidé de Della Mae, certifie que Gladys était en âge de se marier, 18 ans (alors qu'elle n'en avait que 15) sous prétexte que les preuves de sa date de naissance ont disparu suite aux nombreux déménagements, et l'épouse le 17 mai 1917 (certificat de mariage ci-contre). En fait, Gladys était enceinte de deux mois au moment du mariage. Della assiste gaiement au mariage et donne sa chambre de Westminster Street aux jeunes mariés, pour, de son côté, emménager dans le bungalow de Charles Grainger. Gladys et Jasper Baker ont deux enfants: un fils Robert 'Jack' 'Kermit' Baker (le demi-frère de Marilyn) qui naît le 10 novembre 1917, et une fille Berniece Inez Gladys (la demie-soeur de Marilyn) qui naît le 30 juillet 1919.
A la naissance de Berniece, le couple donne l'adresse de Della Monroe (1410 Coral Canal Court) sur le certificat de naissance. C'est ainsi qu'à 17 ans, Gladys se retrouve épouse et mère de deux enfants. Cependant, suite à son enfance chaotique, l'exemple d'une vie mouvementée de sa mère, ayant connue de nombreux beaux-pères, et par son jeune âge (elle est encore adolescente), Gladys se montre peu maternelle avec ses enfants, dont l'envie serait plutôt de sortir pour aller s'amuser. Il lui arrive d'ailleurs de confier s
es enfants à des voisins pour sortir dans les bals et fêtes organisés sur les plages, pendant que son mari travaille de longues heures comme représentant de commerce.

>> vers 1917/1918 - Gladys, Robert Baker et une amie
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>> 1918 - Gladys, 16 ans
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>> 30/07/1919 - Certificat de naissance de Berniece
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>> 1919 - Gladys avec ses enfants et sa mère Della Mae
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>> 1919 - Gladys avec Robert Baker et leurs enfants
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  >> vers 1920 - Gladys et Robert Baker
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Au cours de l'année 1921, le couple part en voyage à Flat Lick, dans le Kentucky, ville d'où est originaire Jasper, pour rendre visite à la famille de celui-ci. Durant le trajet, pendant que Gladys et Robert se disputent, leur fils Jackie tombe de la voiture dans un virage et se blesse à la hanche. Robert, furieux, reproche à Gladys son manque d'attention. Pendant leur séjour à Flat Lick, Gladys part un jour en randonnée dans les bois avec Audrey, le frère cadet de Jasper. Bien que Jasper est bel homme, il est jaloux de son frère. Quand Gladys revient de la promenade, Jasper la frappe avec une bride dans le dos. Gladys s'enfuit et part en ville, où elle y montre son dos aux passants, en hurlant et pleurant qu'elle a peur de son mari. Finalement, elle revient et ils repartent ensemble avec les enfants pour retourner en Californie. Un jour, elle surprend son mari avec une autre femme dans la rue (d'après ce que rapportera plus tard Gladys à Berniece). C'en est trop pour Gladys qui finit par demander le divorce en 1921 selon les motifs suivants: "Cruauté extrême sous forme de mauvais traitements, d'insultes et de langages orduriers à son égard et en sa présence, de coups et blessures." John rétorque que sa femme a une conduite impudique et lascive.

Après avoir quitté le domicile conjugual, Gladys loue un bungalow au 46 Rose Avenue, à Venice, qu'elle partage avec sa mère Della Mae. Gladys avait signé le bail sous le nom de sa mère Della Monroe, et sous-loue deux des chambres, afin d'être payée comme gérante, ce qui lui permet de verser 100$ par mois aux propriétaires absents, Adele Weinhoff et Susie Noel.
Fin juin 1922, le dernier chèque du loyer n'avait pas été posté. Une dispute éclate entre Gladys et Della, chacune accusant l'autre de dilapider l'argent. N'ayant d'emploi ni l'une ni l'autre, l'essentiel de leurs revenus leur était versé par Charles Grainger, le compagnon de sa mère, et le reste consistant en une modeste somme qu'envoyait Jasper Baker. La courte expérience de colocataires entre mère et fille prend fin en juillet 1922, sous une menace d'expulsion. Della, avec la permission de Charles Grainger, part alors vivre dans un bungalow vide qu'il posséde à Hawthorn.

>> Gladys et sa mère Della Mae
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1923-05-11-divorceLe divorce de Gladys et John est prononcé le 11 mai 1923 et Gladys obtient la garde des enfants (jugement de divorce ci-contre). Mais lors d'un week-end de garde, déjà bien avant que le divorce ne soit prononcé, Jasper ne ramène pas les enfants -Robert et Berniece- et les emmène dans sa ville d'origine Flat Lick dans le Kentucky, pour s'installer chez sa mère, pensant que les enfants recevront une meilleure éducation et de son côté, il espère recommencer sa vie.
Leur fils Robert, qui garde des séquelles de sa blessure à la hanche, boite. Il est hospitalisé dans un hôpital de Louisville et porte un plâtre à la jambe.
Quand à Gladys, qui souhaite récupérer ses enfants mais qui reste sans nouvelles, elle se rend à San Diego car elle pense que Jasper y a trouvé un emploi et s'y est installé. Puis elle reçoit un courrier de son ex beau-frère l'avertissant que Jasper et les enfants se trouvent à Flat Lick. Elle s'y rend donc en demandant de l'aide à sa belle-soeur Myrtle (la soeur de Jasper) qui non seulement refuse, mais va avertir Jasper. C'est alors que Jasper et sa mère cachent Berniece et avertissent les médecins de l'hôpital pour empêcher Gladys d'emmener son fils. Mais Gladys n'abandonne pas: elle s'installe à Louisville et y trouve un emploi de femme de ménage, en attendant que l'état de Robert s'améliore. Gladys va rester presqu'une année, vivant chez la famille Cohen (Margaret et John 'Jack' Cohen), où elle officie en tant que nounou de leur fille de trois ans, prénommée Norma Jeane (d'où l'origine du prénom de Marilyn Monroe et non pas Norma pour Norma Talmadge et Jean pour Jean Harlow comme bon nombre de biographes pensent). Il semblerait que Gladys aurait reporté tout son amour maternel sur la petite fille, allant jusqu'à projeter de la kidnapper pour l'emmener avec elle à Los Angeles.
De son côté, Jasper se remarie. S'avouant vaincue, ne pouvant voir ses enfants que de façon irrégulière, et réalisant qu'elle ne pourra jamais les récupérer définitivement, Gladys décide de repartir à Los Angeles et va finir par perdre de vue ses enfants.
Marilyn écrira plus tard: "Ma mère dépensa toutes ses économies pour récupérer les enfants. Finalement, elle les retrouvera dans le Kentucky où ils vivaient dans une belle maison. Leur père s'était remarié et vivait dans l'aisance. Elle le rencontra mais ne lui demanda rien, pas même d'embrasser les enfants qu'elle avait recherché pendant si longtemps."

mmfather1A Los Angeles, Gladys parvient à trouver un emploi dans la florissante industrie du cinéma: elle travaille six jours sur sept comme monteuse pour la Consolidated Film Industries, puis pour la Columbia et enfin pour la RKO. A la Consolidated Film Industries, elle se lie d'amitié avec une collègue, la surveillante Grace McKee. A la fin de l'été 1923, elles dédicent alors de partager un appartement au 1211 Hyperion Avenue (aujourd'hui le Silver Lake) à Los Angeles, à quelques kilomètres à l'Est de Hollywood. Gladys change d'apparence et teint ses cheveux en rouge cerise. Les deux femmes -Gladys et Grace- mènent une vie joyeuse de femmes célibataires, se promenant en ville et faisant beaucoup la fête. Un collègue de Gladys, Vernon S. Harbin dira que Gladys "avait la réputation d'être un pilier de bar". Mrs Leila Fields, qui travaillera avec Gladys à la RKO, dira d'elle: "C'était une belle femme, une des plus belles femmes que j'ai eu le privilège de rencontrer. Elle avait bon coeur, était une bonne copine et était toujours de bonne humeur avant sa maladie."
C'est aussi dans cette usine -la Consolidated Film Ind.- que Gladys rencontre un bel homme, Charles Stanley Gifford (le père "présumé" de Marilyn, portrait photographique ci-dessus), un véritable coureur de jupons, éléguant et distingué.

  >> Gladys au Noël de la Consolidated Film Industries
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edward_mortenson Pendant l'été 1924, Gladys fréquente assidûment un homme, Edward Mortensen (photographie ci-contre) immigrant norvégien, bel homme qui est un bon parti, avec un travail stable. Ils se marient le 11 octobre 1924. Mais Gladys, sans doute trop frivole et incapable de partager une vie maritale, se lasse très vite de sa nouvelle vie; elle confie à Grace que la vie avec son mari est certes convenable, mais ennuyeuse à mourir et à peine quatre mois après son mariage, elle quitte le domicile conjugual le 26 mai 1925 pour aller revivre avec Grace. Le couple finit donc par divorcer. Et Gladys de reprendre sa vie légère faites d'aventures et d'amusement entre amis. Elle renoue quelques temps une liaison avec Charles Stanley Gifford.
En 1924, elle retourne tout de même dans le Kentucky afin de revoir ses enfants mais ces derniers sont restés trop longtemps éloignés de leur mère, et aussi probablement manipulés; pour eux, leur mère n'est qu'une étrangère. Gladys se résoud à laisser la garde définitive à leur père.

>> Certificat de mariage avec Mortensen
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>> Gladys (2ème en partant de la droite) et des amies
avec annotation de Marilyn

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>> vers 1924 - Portraits de Gladys
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A la fin de l'année 1925, Gladys se retrouve enceinte. Elle donne naissance à une petite fille qu'elle prénomme Norma Jeane Mortenson (future Marilyn Monroe) le 1er juin 1926. A l'hôpital, dont le séjour est payé grâce à une collecte de ses collègues, elle affirme que ses deux premiers enfants sont décédés. Elle déclare que le "père" de l'enfant est Martin Edward Mortensen, son précédent mari, mais il semblerait que le père soit Charles Stanley Gifford, son collègue qu'elle fréquente épisodiquement depuis 1923 et qui l'aurait abandonné dès qu'il aurait su qu'elle était enceinte. Cependant, des biographes citent d'autres pères potentiels, tous des collègues de Gladys: Harold Rooney, Clayton MacNamara, ou encore Raymond Guthrie qui avait fait une cour enflammée à Gladys au cours de l'année 1925.
Plusieurs années après, Gladys sympathisera avec une jeune infirmière Rose Anne Cooper qui rapportera les propos de Gladys: "Elle disait qu'elle avait été intime avec un certain nombre d'hommes et elle parlait de son passé, disant ouvertement que lorsqu'elle était jeune, elle était 'très sauvage' comme elle disait. Cependant, pour elle, le seul genre d'intimité pouvant mener à une grossesse était celle qu'elle avait partagé avec 'Stan Gifford'. Elle avait toujours été ennuyée par le fait que personne ne semblait vouloir la croire, mais que c'était la vérité. Elle disait que même sa propre mère ne la croyait pas. 'Tout le monde pensait que je mentais ou que je ne le savais pas. Je savais. J'ai toujours su', racontait-elle".
Elle ne réclamera jamais de soutien ni moral ni financier à Charles Stanley Gifford.
Marilyn Monroe racontera plus tard: "Elle ne parlait presque jamais sauf pour dire "Ne fais pas tant de bruit, Norma." Elle me disait ça même quand j'étais au lit le soir avec un livre. Même le bruit d'une page de livre qu'on tournait l'agaçait. Il y avait un objet dans l'appartement de ma mère qui me fascinait. C'était une photographie accrochée au mur. Il n'y avait rien d'autre sur les murs que cette photographie encadrée. Chaque fois que je rendais visite à mère, je restais plantée devant en retenant mon souffle tellement j'avais peur qu'elle m'ordonne d'arrêter de la regarder. Un jour, elle m'a surprise ainsi, mais elle ne m'a pas grondée, bien au contraire. Elle m'a fait monter sur une chaise pour que je la vois mieux. Elle m'a dit :"C'est ton père." J'étais tellement bouleversée que j'ai failli tomber de la chaise. C'était si bon d'avoir un père, de pouvoir regarder sa photo et de savoir que j'étais de lui. Et quelle merveilleuse photo, en plus ! Il était coiffé d'un grand chapeau mou qu'il portait incliné sur le côté. Il avait des yeux rieurs et pleins de vie et une petite moustache à la Clark Gable. Cette photo me réconfortait... J'ai demandé à ma mère comment il s'appelait. Elle ne m'a pas répondu. Elle est allée s'enfermer dans sa chambre." 

>> 01/06/1926 - Certificats et Acte de naissance de Norma Jeane
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Après la naissance de l'enfant, Gladys rentre chez elle avec son bébé, au 5454 Wilshire Boulevard. Mais le 13 juin 1926, soit douze jours après la naissance de Norma Jeane, Gladys place le bébé dans une famille d'accueil -les Bolender- qui vivent à Hawthorn, à environ 25 km de chez elle, et non loin d'où vit Della Mae. Gladys avait echoué dans son rôle de mère avec ses deux premiers enfants, et avec son travail à plein temps et son goût pour les plaisirs et sorties, elle est incapable d'élever une enfant. C'est d'ailleurs sa mère Della Mae qui lui a conseillé de placer le bébé chez une famille d'accueil, les Bolender, un couple sérieux et dévot qu'elle connait bien, puisqu'ils sont voisins. Cependant, cette situation semble n'être que temporaire pour Gladys: elle s'installe quelques temps chez les Bolender, avant de retourner vivre chez elle et de verser 25 Dollars par mois à la famille d'accueil. Elle rend aussi visite à sa fille le week-end, comme le racontera Wayne Bolender: "Gladys venait presque tous les samedis vers midi. Il lui arrivait de passer la nuit ici, mais généralement, elle avait un rendez vous le samedi soir ou bien elle était invitée à une soirée, auquel cas elle repartait pour Hollywood au bout de quelques heures." Marilyn racontera plus tard que quand sa mère venait la voir, jamais elle ne lui montrait une marque d'affection; elle lui parlait à peine, ne l'embrassait pas et ne lui souriait pas: "C'était la belle dame qui souriait jamais. Je l'avais vue souvent auparavant mais je ne savais pas exactement qui elle était. Quand je lui ai dit:"Bonjour Maman", elle m'a regardée avec stupeur. Elle ne m'avait ni embrassée ni prise dans ses bras, elle ne m'avait jamais tellement parlé."
Sans doute les Bolender aurait peut être voulu adopter Norma Jeane, comme ils l'ont fait avec d'autres enfants dont ils s'occupaient, mais Gladys s'y est opposée, espérant reprendre un jour sa fille.
Le 18 août 1926, le divorce d'avec Mortenson est prononcé.

>> 1926 - Gladys et Norma Jeane
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Au début de l’année 1927, Gladys s'installe chez sa mère Della Mae qui rencontre de sérieux problèmes de santé; elle est notamment atteinte de fréquentes infections respiratoires. Malgré le surcroît de transport en trolley pour aller à son travail, Gladys s'occupe de sa mère et se retrouve ainsi aussi dans la même rue des Bolender, ce qui lui permet alors de voir plus fréquemment sa fille.
La maladie du coeur de sa mère s'aggrave rapidement, suivie d'une profonde dépression: elle souffre de délires, d'euphorie, de sautes d'humeur, de colères et d' hallucinations. Elle est hospitalisée au Norwalk State Hospital  le 4 août 1927 où on lui diagnostique une myocardite aiguë (inflammation du coeur et des tissus environnants ) et elle y décède le 23 août 1927, à l'âge de 51 ans, d'un arrêt cardiaque pendant une crise de folie. Gladys s'occupe des funérailles, faisant enterrer sa mère auprès du premier mari de celle-ci et père de Gladys, Otis Elmer Monroe, au Rose Hill Cemetery, à Whittier. Gladys sombre dans la déprime, mais parvient à faire face au deuil et reprend son activité de monteuse pour les studios de cinéma (à la Columbia et à la RKO).

>> 1928, Santa Monica - Gladys et sa fille Norma Jeane,
son frère Marion avec sa femme Olive et leur fille Ida May
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Pendant sept ans, Norma Jeane va rester chez les Bolender, recevant la visite de sa mère qui de temps en temps, la prenait pour un week-end. En 1933, lorsque Norma Jeane est atteinte de la coqueluche, Gladys va rester quelques jours chez les Bolender, puis quelques temps après, elle retire sa fille de chez les Bolender car la petite restait inconsolable après la mort de son chien Tippy, tué par un voisin. Marilyn se souviendra: "Un jour, ma mère est venue me voir. J'étais en train de faire la vaisselle. Elle me regardait sans dire un mot. Quand je me suis retournée, j'ai été surprise de voir ses yeux pleins de larmes. Elle m'a dit: "Je vais faire construire une maison et nous y vivrons toutes les deux. Elle sera peinte en blanc et il y aura un petit jardin derrière."
Elles vivent ensemble dans l'appartement de Gladys au 6021 Afton Place, situé près des studios de Hollywood où elle travaille comme monteuse en free-lance avec son amie Grace. Gladys et Grace emmènent parfois Norma Jeane visiter les studios d'Hollywood, mais aussi au cinéma pour aller voir les derniers films sortis. La même année, en 1933, Gladys obtient un prêt de 5000 Dollars de la Mortgage Guarantee Company de Californie pour acheter une maison meublée de six pièces, dont trois chambres, au 6812 Arbol Street, près de Hollywood Bowl. Dans la maison, il y a aussi un piano demie-queue blanc de la marque Franklin (ayant appartenu à l'acteur Fredric March) qui a séduit Gladys. Pour faire face aux charges, Gladys loue une chambre de la maison à un couple d'anglais, George Atkinson, sa femme et leur fille. Pour Norma Jeane, c'est un nouveau mode de vie, elle expliquera plus tard: "La vie devint désinvolte et tumultueuse, c'était un changement radical après ma première famille. Quand ils travaillaient, ils travaillaient dur, et le reste du temps, ils s'amusaient. Ils aimaient danser et chanter, ils buvaient et jouaient aux cartes et avaient un tas d'amis. A cause de mon éducation religieuse, j'étais affreusement choquée -j'étais persuadée qu'ils finiraient tous en enfer. Je passais des heures à prier pour eux."
A cette époque, Norma Jeane ressent les premiers attraits vers le cinéma. Pendant les vacances scolaires, elle reste des heures dans les salles de cinéma, comme elle le racontera plus tard: "J'étais assise, toute la journée, quelques fois une partie de la nuit -face à l'écran tellement grand pour une petite fille comme moi, toute seule, et j'adorais ça. Rien ne m'échappait de ce qui se passait - et il n'y avait pas de pop-corn à l'époque."
Le 17 août 1933, le fils de Gladys, Robert 'Jackie Kermit' Baker qui vit dans le Kentucky avec son père, décède à l'âge de 16 ans des suites d'une infection rénale. Le garçon était atteint d'une tuberculose osseuse déclarée après son accident à la hanche quand il était petit. Gladys n'avait plus aucun contact avec ses enfants de son premier mariage. Robert 'Jackie' n'a donc jamais revu sa mère et n'a jamais su l'existence de sa demie-soeur Norma Jeane.

>> 1933, Californie - Gladys
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1933 - Gladys et sa fille Norma Jeane
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Le 29 mai 1933, le grand-père de Gladys qu'elle n'a jamais connu, Tilford Hogan, s'est pendu. Gladys prend peur: son père et sa mère sont morts dans des hôpitaux psychiatriques, après des phases de démence; elle reste donc persuadée que ces problèmes sont héréditaires et que sa santé mentale est en jeu. Peu à peu, elle entre en dépression et est soignée par médicaments. En janvier 1934, Gladys fait une crise d'hystérie, tremblante et recroquevillée sous l'escalier. Les Atkinson se voient obligés d'appeler une ambulance qui emmène de force Gladys à l'hôpital Los Angeles General Hospital. Cet événement va marquer Norma Jeane à jamais; Marilyn se souviendra plus tard: "Soudain, il y eu un bruit épouvantable dans l'escalier, à côté de la cuisine. Je n'avais jamais rien entendu d'aussi effrayant. Des coups et des bruits sourds qui semblaient ne jamais devoir s'arrêter. J'ai dit :"Il y a quelque chose qui tombe dans l'escalier." L'anglaise m'a empêcher d'aller voir. Son mari est sorti et il est revenu dans la cuisine au bout d'un certain temps en disant: "J'ai fait appeler la police et une ambulance." J'ai demandé si c'était ma mère et il m'a répondu :"Oui, mais tu ne peux pas la voir." Je suis restée dans la cuisine et j'ai entendu des gens arriver et essayer d'emmener ma mère. Personne ne voulait que je la voie. Tout le monde me disait: "Sois mignonne, petite, reste dans la cuisine. Elle va bien. Ce n'est rien de grave!" Mais je suis sortie quand même et j'ai jeté un coup d'oeil dans l'entrée. Ma mère était là, debout. Elle hurlait et elle riait en même temps. Ils l'ont emmenée à l'hopital spychiatrique de Norwalk. Celui où on avait emmené le père de ma mère et ma grand mère quand ils avaient commencé à hurler et à rire ( ..) J'ai longtemps continué à entendre le bruit épouvantable dans les escaliers, avec ma mère qui hurlait et riait pendant qu'ils l'entrainaient hors du havre familial qu'elle avait tenté de construire pour moi". En février 1934, Gladys est autorisée à rentrer chez elle, mais elle est à nouveau hospitalisée pendant plusieurs mois dans un asile de Santa Monica, puis transférée au Los Angeles General Hospital et en décembre, elle rejoint le Norwalk State Hospital. Gladys va passer les quarante années suivantes entre diverses institutions. Il semble qu'elle souffrait de troubles mentaux et ne pouvait mener une vie normale hors d'un encadrement spécialisé. Cependant, les soins apportés à cette époque étaient quelques peu rudimentaires et il est possible qu'un traitement non adapté n'ait fait qu'empirer son état.
Durant cette période difficile, les Atkinson et Grace McKee s'occupent alternativement de Norma Jeane, qui parvient à voir sa mère lors de rares week-end où Gladys est autorisée à sortir; lorsque c'est le cas, Gladys, Grace et Norma Jeane vont déjeuner à l'Ambassador Hotel. Marilyn confiera: "Je veux tout simplement oublier tout le malheur, toute la misère qu'elle a eus dans sa vie, et tous ceux que j'ai eus dans la mienne. Je ne peux pas oublier, mais j'aimerais essayer. Quand je suis Marilyn Monroe et que je ne pense pas à Norma Jeane, cela marche quelquefois."
Le 15 janvier 1935, Gladys est déclarée aliénée, souffrant de schizophrénie paranoïde, par les médecins du Norwalk State Hospital. Le rapport du médecin chef déclare : "Sa maladie se caractérise par des préoccupations religieuses et par une dépression profonde et une certaine agitation. Cet état semble chronique".

Le 25 mars 1935, Grace McKee devient la représentante légale de Gladys, par décision de la Cour Supérieure de Justice de Californie. Le bilan de la situation financière de Gladys est dressé: elle dispose de 60$ sur son compte en banque, de 90$ en chèques non endossés sur une assurance, d'un meuble de radio (d'une valeur de 25$ dont 15 n'ont pas été payés et sont dus au magasin); ses dettes s'élèvent à 350$ sur une Plymouth et de 200$ d'arriérés sur le piano blanc.
Pour combler les dettes, Grace revend la voiture à son précédent propriétaire, vend le piano pour 235$, et revend le crédit de la maison.

>> 25/03/1935 - Décision de la Cour: Grace tutrice des biens de Gladys
et situation financière de Gladys:
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>> Etat des finances de Gladys - 28/09/1936
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En 1938, Gladys tente de s'enfuir du Norwalk State Hospital. Elle racontera avoir reçu des appels téléphoniques de Martin Edward Mortensen, son précédent époux, ce qui est impossible car celui-ci est décédé dans un accident de moto neuf ans auparavant. Cependant, il existe un homonyme, un homme se nommant aussi Martin Edward Mortensen, vivant à Riverside Country en Californie, qui revendiquera bien longtemps après la paternité de Marilyn et pour lequel on retrouvera dans ses affaires après sa mort, le 10 février 1981, des documents le liant à Gladys (les papiers de mariage et divorce, mais aussi le certificat de naissance de Norma Jeane).
Après cette tentative d'évasion qui a échouée, Gladys est transférée au Agnew State Asylum, un établissement adapté pour les personnes souffrant d'hallucinations schizophrénique, situé à San José, près de San Francisco. C'est à partir de ce moment que Norma Jeane verra que très peu sa mère. Un jour, Grace emmène Norma Jeane à la pension de la clinique où vit Gladys: cette dernière ne lui adresse pas la parole jusqu'au moment de partir, où elle dit à sa fille: "Tu avais de si jolis petits pieds".

Durant l'Hiver 1938, Gladys écrit une lettre à sa fille Berniece, l'envoyant à Flat Lick chez les parents de Jasper. Mais ces derniers étant décédés, le facteur a transmis la lettre au frère de Jasper qui vit aussi à Flat Lick, qui la renvoie à son tour à Jasper qui vit désormais à Pineville, en Louisianne. Dans cette lettre, Gladys explique à Berniece qu'elle a une demi-soeur, Norma Jeane, âgée de douze ans, qui vit chez les Goddard (Grace McKee s'est mariée à Ervin Goddard en 1935). Gladys supplie aussi Berniece de la sortir de l'Agnew State Hospital, et lui donne l'adresse de sa tante (la soeur de Della Monroe), Dora Hogan Graham, qui vit à Portland, dans l'Oregon. Berniece répond à sa mère en lui informant qu'elle a contacté diverses personnes (dont Dora) et qu'elle va tout tenter pour la faire sortir.

>> Etat des finances de Gladys - 07/02/1940
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>> 1940s - Gladys et Grace (McKee) Goddard
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>> 1940s, Reno - Gladys
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En 1945, Dora Hogan Graham, qui vit à Portland, intervient auprès des autorités pour qu'on laisse sortir Gladys, qui en retour, accepte de vivre avec sa tante pendant un an. L'été 1945, l'hôpital 'Agnew State Hospital' la laisse alors sortir avec 200$ et deux robes, déclarant que Gladys ne représente plus un danger ni pour elle, ni pour les autres. Gladys part vivre chez sa tante Dora et trouve du travail en faisant le ménage et effectuant des soins non-médicaux à des patients en convalescence et invalides. Elle s'habille de blanc, comme une infirmière. Dora écrit une lettre à Berniece en lui racontant que Gladys s'intéresse beaucoup à la Science Chrétienne, et qu'elle souhaite soigner des gens malades sans l'apport de la médecine.
En novembre et décembre 1945, Norma Jeane voyage dans l'Ouest des Etats-Unis avec le photographe André DeDienes pour un reportage photographique: ils vont jusque dans le désert de Mojave et dans le Nevada. Lors de leur passage dans l'Oregon, ils font une halte à Portland pour rendre visite à Gladys où ils arrivent les bras chargés de cadeaux. Mais après des années passées dans des institutions, Gladys est devenue totalement asociale, fermée sur elle-même et très amaigrie. Ces retrouvailles vont marquer profondément Norma Jeane: e
lle embrasse sa mère et lui montre les photos prises par Dedienes. Gladys reste murée dans son silence, vissée dans son fauteuil. DeDienes racontera plus tard: "La rencontre entre la mère et la fille manquait de chaleur. Elles n'avaient rien à se dire. Mrs Baker était une femme d'un âge incertain, émaciée et apatique, ne faisant aucun effort pour nous mettre à l'aise. Norma Jeane faisait bonne figure. Elle avait déballé nos cadeaux: une écharpe, du parfum, des chocolats. Ils restèrent où nous les avions posés, sur la table. Il y eut un silence. Puis Mrs Baker cacha son visage dans ses mains et sembla nous oublier complètement. C'était très pénible. Apparement, ils l'avaient laissée sortir trop tôt de l'hopital." Déboussollée, Norma Jeane s'agenouille auprès de sa mère qui finit par lui murmurer: "J’aimerais tellement vivre avec toi Norma Jeane." Retenant ses larmes, Norma Jeane embrasse sa mère et lui laisse son adresse et son numéro de téléphone avant de partir. En reprenant la route avec Dedienes, elle restera inconsolable, ne cessant de pleurer. En effet, Gladys reste plus ou moins une étrangère pour Norma Jeane qui ne l'a, finalement, que très peu connue. De plus, Norma Jeane vient de signer un contrat de modèle et aspire à faire carrière. Elle se sent donc incapable de prendre soin de Gladys qui souffre de problèmes mentaux.

Gladys insiste et ne cesse d'implorer sa fille Norma Jeane lui réclamant de l'aide. En avril 1946, Norma Jeane cède et envoie de l'argent à sa mère pour qu'elle la rejoigne à Los Angeles. Elles partagent deux petites chambres louées par Norma Jeane, en dessous de chez "tante" Ana Lower, sur Nebraska Avenue. Gladys n'est pas en forme; elle est obsédée par la Science Chrétienne et découvre, par le biais des pouvoirs guérisseurs d'Ana Lower, les possibilités de l'esprit sur la maladie et étudie ainsi dévotement de nombreux livres sur ce thème. Elle assiste aussi aux services de l'Eglise tous les dimanches. Eleanor 'Bebe' Goddard (la fille de Doc Goddard, le mari de Grace McKee) racontera: "Elle errait et était imprévisible. Elle était docile mais absente."
Un jour, Gladys, toute de blanc vêtue, se rend à l'agence de modèle de sa fille (BlueBook) et déclare à la directrice Emmeline Snively, en lui saisissant la main: "Je suis simplement venue vous remercier personnellement pour tout ce que vous avez fait pour Norma Jeane. Vous lui avez offert une nouvelle vie."
En août 1946, Berniece se rend à Los Angeles avec sa fille Mona Rae pour rendre visite à sa famille. A leur arrivée à l'aéroport de Burbank, Norma Jeane, Grace McKee, Ana Lower et Gladys sont venues les accueillir.

>> Août 1946, Santa Monica - Gladys et ses filles
(Berniece et Norma Jeane) et sa petite fille Mona Rae
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>> Août 1946, Los Angeles, dans un restaurant chinois:
Berniece, Mona Rae, Grace, Norma Jean, Ana Lower et Gladys.
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Après plusieurs semaines, Gladys rechute et doit à nouveau rejoindre l'hôpital Norwalk State Asylum. Grâce à ses salaires gagnés en tant que modèle, Norma Jeane envoie de l'argent pour améliorer la prise en charge de sa mère.
Gladys entretient une correspondance épistolaire avec Margaret Cohen (la mère de la petite Norma Jeane qu'elle gardait à Louisville en 1923); elle lui confie, dans une de ses lettres envoyée l'été 1946: "Mes propres filles ne me comprennent pas, elles n'essayent même pas". Gladys lui demande aussi des nouvelles de Norma Jeane Cohen, âgée désormais de 26 ans, souhaitant reprendre contact avec elle.
En février 1948, Gladys sort de l'hôpital et emmènage chez Ana Lower; elle trouve un emploi de femme de ménage.
Le 30 mai 1948, Gladys écrit une lettre à Berniece, lui reprochant notamment le fait qu'elle ne lui ait pas annoncée la mort de Tante Ana Lower, décédée le 14 mars, mais aussi car Berniece n'a pas répondu à sa dernière lettre:

>> Juin 1948 - Lettre de Gladys à Grace
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>> Lettre non datée de Gladys à Norma Jeane
(merci à Eduardo)

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Le 20 avril 1949, Gladys épouse John Stewart Eley, un électricien originaire de Boise, dans l'Idaho. Norma Jeane apprend la nouvelle par une lettre que lui a envoyée Grace. Mais John est déjà marié et son épouse vit à Boise.
En 1951, Marilyn demande à Inez Melson, l'administratrice de ses affaires, de faire des visites régulières à Gladys, pour s'assurer de son bien être tandis qu'elle continue à fréquenter diverses institutions. En 1952, Inez Melson persuade Marilyn qu'elle la désigne comme tutrice légale de Gladys. Gladys travaille dans une clinique privée à Homestead Lodge, près de Pasadena.
Le 23 avril 1952, John Stewart Eley meurt d'une affection cardiaque à l'âge de 62 ans et Gladys se retrouve veuve. La semaine suivante, l'existence de la mère de Marilyn est révélée par le journaliste Erskine Johnson: Marilyn a toujours dit qu'elle était orpheline; mais avec le scandale du calendrier où elle a posé nue en 1949 et qui fait surface cette année là, des journalistes curieux enquêtent et découvrent que sa mère n'est pas morte, contrairement à ce qu'a encore déclaré Marilyn la semaine précédente dans une interview pour Redbook, et que celle-ci a fréquenté des institutions psychiatriques. Marilyn accorde alors une interview, publiée le 3 mai 1952, qu'elle a préparée avec Sidney Skolsky, et y déclare notamment: "Je n'ai jamais connu ma mère intimement et, depuis que je suis adulte, je suis entrée en contact avec elle. A présent, je l'aide et veux continuer à l'aider tant qu'elle aura besoin de moi." Puis Marilyn reçoit alors une lettre implorante de sa mère: "Chère Marilyn, Je t'en prie, ma chère fille, j'aimerais avoir de tes nouvelles. Je n'ai que des soucis ici, et j'aimerais bien partir le plus vite possible. Je préfèrerais avoir l'amour de mon enfant que sa haine. Tendrement, ta mère." Gladys continue à entretenir aussi des relations avec sa fille Berniece: elle lui rend visite en Floride au cours de l'année 1952.

>> 1952, Floride - Berniece, Gladys et Mona Rae
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Le 9 février 1953, d'après les conseils de Grace McKee, Marilyn fait transférer Gladys dans un établissement plus confortable, l'institution privée Rockhaven Sanatorium, à Verduga City, afin de protéger sa mère contre les journalistes trop curieux; Marilyn paie alors 300$ par mois pour les frais d'hospitalisation.
Marilyn racontera: "Longtemps, j'ai eu peur de m'apercevoir que je ressemblais à ma mère et que je finirais comme elle dans un asile de fous. Quand je déprime, je me demande si je vais craquer, comme elle. Mais j'éspère devenir plus forte."

>> 22/03/1956 - chèque de 600 Dollars de Marilyn
adressé à Inez Melson pour l'hospitalisation de Gladys
(merci à Eduardo)

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En 1959, Marilyn assure définitivement l'avenir financier de sa mère par un fonds de fidéicommis (qui désigne une disposition juridique -souvent testamentaire- par laquelle un bien est versé à une personne via un tiers). Pour Noël 1959, Gladys envoie ses souhaits à Marilyn, signant toujours du nom de son dernier époux décédé: "Loving Good Wishes, Gladys Pearl Eley":

>> Noël 1959 - Carte de voeux de Gladys pour Marilyn:
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Au cours du premier trimestre 1960, pendant que Marilyn tourne le film "Le Milliardaire" ("Let's Make Love"), elle donne une interview au journaliste George Belmont, à qui elle évoque notamment son enfance et sa mère. Elle déclare alors que sa mère est "morte".
Le 5 août 1962, le monde entier apprend le décès de Marilyn Monroe. Gladys en est très affectée; elle ne se rend pas à l'enterrement et fera plusieurs tentatives de suicide. Le 22 août 1962, elle écrit une lettre à Inez Melson, la remerciant de son soutien et rappelant qu'elle avait enseigné la science chrétienne à Norma Jeane: "I am very greatefull for your kind and gracious help toward Berniece and myself and to dear Norma Jeane. She is at peace and at rest now and may our God bless her and help her always. I wish you to know that I gave her (Norma) Christian Science treatment for approximately a year."

>> 22/08/1962 - Lettre de Gladys à Inez Melson:
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Un jour, en 1963, elle s'enfuit de Rockhaven Sanatorium; elle est retrouvée le lendemain, dans une église de San Fernando Valley, serrant dans ses mains une bible et un livre de prières de la Science chrétienne.
Inez Melson déclarera: "La mère de Marilyn se consacrait toute entière à sa religion, la Science chrétienne, et était principalement préoccupée par le mal. C'est là que se situait ses dysfonctionnements. Elle pensait avoir fait quelque chose de mal dans sa vie, et qu'elle serait punie pour cela."

>> 1963 - Gladys
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Le 27 avril 1966, elle est transférée au Camarillo State Hospital où elle y reste un an. Elle reçoit régulièrement la visite de Inez Melson:

>> 1966 - Gladys et Inez Melson
-photographies-

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En 1967, elle part vivre chez sa fille Berniece en Floride.
En 1970, c'est sous le nom de Gladys Eley qu'elle intègre la maison de retraite Collins Court Home, à Gainesville en Floride. Aux journalistes curieux qui tentent de l'approcher pour qu'elle leur évoque sa célèbre fille Marilyn, elle leur répond: "Ne me parlez pas de cette femme !". En 1972, elle déclare à James Haspiel, un fan de Marilyn qui l'a connu et suivi pendant de nombreuses années: "Je n'ai jamais voulu qu'elle fasse ce métier !"
En 1980, c'est Lawrence Cusak qui devient son tuteur légal.
Le 11 mars 1984, c'est à l'âge de 81 ans que Gladys meurt d'une crise cardiaque; elle est incinérée.

>> Années 1980s - Gladys
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> sources pour l'article:
Livres:
Marilyn Monroe, L'encyclopédie, de Adam Victor The secret life of Marilyn Monroe, de J. Randy Taraborelli / Marilyn Monroe de Roger Baker
Sur le blog:
enfance de Marilyn évoquée dans l' Interview de Georges Belmont
Sur le web: biographie d'Yria sur le forum mmonline /
article "family" sur marilynmonroesplace / fiche Gladys sur findagrave , sur geni , sur imdb


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01 novembre 2012

H comme Hogan, Della Mae

Della Mae Hogan
( 1876 - 1927 )
Grand-Mère ~Maternelle~ de Marilyn Monroe
 

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1900s_charlotty_virginia_jennie_nance_with_della_with_tilford_marion_hoganDella Mae Hogan (appelée aussi Della Mae Monroe, Della Mae Graves et Della Mae Grainger) naît le 1er juillet 1876 dans le Comté de Brunswick (Missouri) et est la seconde de quatre enfants. Ses parents, Tilford Marion Hogan et Jennie Nance (Charlotty Virginia Jennie Nance) (photo ci-contre), sont ouvriers agricoles.
Della est une enfant sans beauté particulière, mais gaie et espiègle, précoce et pleine d'énergie. Peu influencée par les penchants académiques de son père, elle pratique, au contraire, l'école buissonnière. La dure vie paysanne amène les Hogan de l'Est vers l'Ouest, en Californie, dans les années 1890. 
Ses parents se séparent lorsqu'elle a 13 ans. Elle passera les années suivantes à vivre alternativement avec un parent puis avec l'autre.

>> Della Mae (à droite) et sa soeur Myrtle dans les années 1890
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Son père, Tilford Marion Hogan, est né le 24 février 1851. Il était un journalier, fils de fermiers de l'Illinois, George Hogan et Sara Owen qui ont eu 8 enfants (Mary, John, William Jasper, Newton, Tilford Marion, Amanda, Stephen et Rosa).
Tilford épouse Jennie Nance à Barry Country, dans le Missouri et ils ont ensemble quatre enfants (Dora née en 1875, Della Mae née le 1/07/1876, William Marion né le 4/04/1878 et Myrtle née en 1882). Le couple restera marié pendant 20 ans.
Tilford se remarie en 1928, à l'âge de 77 ans avec une veuve du nom d'Emma Wyatt. Il se suicide le 29 mai 1933. Comme un grand nombre de paysans, il avait dû abandonner ses terres pendant la Dépression. Cette situation avait été trop pénible à vivre pour lui, et il se pend à une poutre de sa grange. Ce n'est que quelques mois après son suicide, que sa petite fille, Gladys Baker, sombrera dans la maladie mentale. 

 > Certificat de décès du 29 mai 1933
Article de presse de l'avis de décès

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En 1898, Della Mae, alors âgée de 22 ans, rencontre Otis Elmer Monroe (le grand-père de Marilyn), un peintre en bâtiment de dix ans son aîné et fraîchement débarqué de l'Etat d'Indiana. Ils se marient l'année suivante, à la fin de l'année 1899. En 1901, ils partent s'installer au Mexique, où Otis avait trouvé un emploi dans les chemins de fer mexicains. Au début, Della Mae est triste d'avoir quitté les Etats-Unis et a du mal à s'adapter. Elle sort souvent sur son porche pour mieux contempler le pont qui, par dessus le Rio Grande, mène au Texas. Puis elle parvient à s'adapter et se sent par la suite très à l'aise dans la tâche qu'elle s'est attribuée: elle donne des cours aux Indiennes et aux Mexicaines à qui elle sert occasionnellement de sage-femme.
A l’automne 1901, Della tombe enceinte et donne naissance à une petite fille, Gladys Pearl Monroe (qui sera la mère de Marilyn), le 27 mai 1902 à Mexico. L'enfant sera déclarée cinq jours après sa naissance à un juge civil mexicain. 

La famille retourne ensuite aux Etats-Unis: ils mènent une existence itinérante le long de la Côte Ouest, jusque dans le Nord des Etats-Unis, puis s'installent dans la région de Los Angeles, qui était prospère et offrait de meilleures perspectives d'emploi. C'est ainsi qu'au printemps 1903, Otis Elmer trouve un emploi mieux rémunéré à Los Angeles, à la Pacific Electric Raimway. La famille s'installe à L.A. et loue un petit bungalow d'une seule pièce dans la 37ème Rue Ouest (secteur sud du centre-ville). C'est là que naît leur deuxième enfant, en 1905, un garçon prénommé Marion Otis Elmer (l'oncle de Marilyn).
Mais la famille vit dans la pauvreté et n'a pas de foyer stable (ils vivent dans près de onze foyers différents -maisons ou appartements- entre 1903 et 1909). Leurs enfants Gladys et Marion vivent donc leur enfance dans l'insécurité, sans pouvoir se lier d'amitié avec des amis de leurs âges.

A partir de 1907, la santé d'Otis Elmer commence à se dégrader. Il boit beaucoup et souffre de troubles de la mémoire. Son état s'empire rapidement: il souffre de violents maux de tête, est pris de tremblements importants, et devient émotionnellement fragile et instable avec des accès de rage, des crises de larmes et même des attaques cardiaques. Admis à l'hôpital 'Southern California State Hospital' à Patton, Californie, en novembre 1908, où Della espace de plus en plus ses visites, il y meurt, le 22 juillet 1909, à l'âge de 43 ans. Il était atteint de parésie, le stade ultime de la syphilis qu'il avait contracté au Mexique, à cause des piètres conditions d'hygiène.

>> Portraits de Della Mae
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Pendant qu'Otis est à l'hôpital, Della adopte une attitude très digne, devenant une femme fort dévote, avec une mélancolie mêlée de stoïcisme. Elle fréquente, avec ses enfants, une des églises protestantes les plus proches, «pour qu'ils prient pour la santé de leur propre esprit». Mais malgré cet excès de piété transitoire, elle garde tout de même l'exubérance et l'impétuosité de sa jeunesse. Lorsqu'elle se retrouve veuve, à l'âge de 33 ans, Della Mae retourne ainsi à la vie désinvolte de sa jeunesse. Et en 1910, elle reçoit des hommes célibataires et des veufs chez elle, dans sa maison du 2440 Boulder Street. Et elle se fiançe même plusieurs fois entre 1910 et 1911.

>> Della Mae et l'un de ses amants
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1912_03_07_wedding_della_lyle_arthur_gravesPuis elle rencontre Lyle Arthur Graves, originaire de Green Bay, dans le Winsconsin, de six ans son cadet, un homme timide et appliqué. Originaire de Green Bay (Wisconsin), il avait d'ailleurs travaillé à la Pacific Electric avec Otis. Il était devenu depuis aiguilleur en chef. Le 7 mars 1912, Della Mae et Lyle Graves se marient (certificat de mariage ci-contre). La famille s'installe chez Lyle, dans sa maison au 324 bis South Hill Street qui se trouve dans le récent quatier d'affaires de Los Angeles. Mais le mariage est un échec. Della découvre que Lyle est aussi alcoolique que son précédent mari et il se montre même violent. C'est alors que seulement huit mois après leur mariage, en novembre 1912, Della Mae quitte le domicile conjugal avec ses deux enfants et part s'installer dans un meublé. Mais elle rencontre des difficultés financières et continue à garder contact avec son mari. Sans plus aucune ressources, elle se résout à retourner vivre chez Lyle pendant le Noël 1912. Mais malgré toutes les bonnes attentions de Lyle, notamment en offrant des cadeaux aux enfants, Della finit par le quitter définitivement en mai 1913, bien que celui-ci avait laissé à Della la gestion de son propre salaire.
Le divorce est prononcé le 17 janvier 1914. Della y accuse Lyle Graves notamment de « ne pas lui avoir assuré le soutien matériel, de débauche et d'intempérance chronique ».

Deux ans plus tard, à la fin de l'année 1916, Della Mae loue une chambre dans une pension de famille au 26 Westminster Avenue sur la toute nouvelle plage du district de Venice, en Californie, au sud de Santa Monica. Le propriétaire de la pension de famille s'appele John Baker et l'engage pour diriger sa propriété pendant qu'il s'occupe d'une salle de jeux sur la plage.
Elle envoit son fils Marion, âgé de 11 ans, vivre chez des cousins à San Diego car Della pense qu'un garçon doit être élevé par un homme.  

charles_graingerLe 1er janvier 1917, au cours d'une soirée du Nouvel An, Della rencontre un charmant veuf d'1 mètre 85, Charles Grainger (né en 1875, mort en 1953 - photo ci-contre) , qui avait parcouru le monde en travaillant pour des compagnies pétrolières. Il avait deux fils, qui vivaient avec leur mère au Nord de la Californie. Il habitait d'ailleurs près de chez elle, au 1410 Coral Canal Court, dans un modeste bungalow de deux pièces qui donnait sur un des nombreux canaux de Venice. L'endroit était très charmant et Della succombe à son charme. A cette époque, vivre ensemble sans être mariés n'était pas très bien vu, tout comme le fait d'être divorcé. Della Mae se fait appeler Mrs. Grainger, bien qu'elle n'était pas mariée. Ils restent liés pendant plusieurs années, sans pour autant vivre ensemble.
Mais cette nouvelle liaison rendait Gladys malheureuse. Elle se braquait contre le nouveau compagnon de sa mère, en lui opposant un silence absolu, et se montrant de très mauvaise humeur. Gladys devenait alors un boulet pour Della, qui avait peur de perdre Charles Grainger. C'est alors qu'elle décide de la marier. Gladys, qui n'avait alors que 14 ans, commence à avoir un certain succès auprès des hommes. Et c'est Jasper Newton "Jap" Baker (le fils de John Baker) âgé de 26 ans, qui, aidé de Della Mae, certifie que Gladys était en âge de se marier, et l'épouse le 17 mai 1917. Della assiste au mariage et donne sa chambre de Westminster Street aux jeunes mariés, pour emménager dans le bungalow de Charles Grainger. Gladys et Jasper Baker ont deux enfants: une fille Berniece et un garçon Robert Baker.

En 1918, Charles Grainger trouve un emploi non pas dans le pétrole, mais comme directeur du Pickering Pleasure Pier de Santa Monica, où il avait un salaire régulier. Della était alors souvent séparée de Charles Grainger, pendant des jours, voire des semaines.
Le couple se quitte puis se remet à nouveau ensemble à plusieurs reprises.

En 1921, sa fille Gladys retourne vivre chez elle, après la faillite de son mariage. Elles vivent dans un bungalow que Gladys loue au 46 Rose Avenue, à Venice. Gladys avait signé le bail sous le nom de Della Monroe, et sous-loue deux des chambres, afin d'être payée comme gérante, ce qui lui permet de verser 100$ par mois aux propriétaires absents, Adele Weinhoff et Susie Noel.
Fin juin 1922, le dernier chèque du loyer n'avait pas été posté. Une dispute éclate entre Gladys et Della, chacune accusant l'autre de dilapider l'argent. N'ayant d'emploi ni l'une ni l'autre, l'essentiel de leurs revenus leur était versé par Charles Grainger, le reste consistant en une modeste somme qu'envoyait Jasper Baker. Leur courte expérience de colocataires pris fin en juillet 1922, sous une menace d'expulsion. Della, avec la permission de Charles Grainger, part alors vivre dans un bungalow vide qu'il posséde à Hawthorn.

>> Della Mae avec Gladys et ses petits-enfants
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En 1924, son fils Marion se marie avec une de ses camarades de classe, Olyve Brunnings.
L'année suivante, le 11 octobre 1925, sa fille Gladys se remarie, avec Martin Mortensen, pour le quitter quelques mois après. A la fin de l'année, Gladys est enceinte. Se retrouvant seule, elle cherche un soutien auprès de sa mère, qui réagit mal. Et la situation tombe d'ailleurs très mal car Della part en voyage en Asie du Sud-Est, un voyage prévu de longues dates avec Charles Grainger, qui y avait été envoyé sur un site de forage par la Shell, pour son travail. Certains biographes affirment qu'ils sont aussi partis en Inde. Le 24 février 1926, Della fait une demande de passeport pour son voyage à Bornéo prévu pour le 30 mars 1926. Sur cette demande, la date de mariage de Della et Charles Grainger était stipulée comme ayant eu lieu le 25 novembre 1920.

 > Lettre de recommandation Shell pour Charles Grainger du 23 avril 1925:
1925_04_23_charles_grainger_Passport_Request_Letter

> Demande de Passeport du 24 février 1926
Photographie du passeport
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1926_05_27_carte_postaleLe 27 mai 1926, Della envoit une carte postale de Bornéo, une île du sud-est asiatique, (carte postale ci-contre) à ses petits enfants Berniece et Robert Baker, qui vivent avec leur père dans le Kentucky. Elle ne semble pas savoir que les enfants n'avaient pas de nouvelles de leur mère Gladys:
« Dear Little Berniece,
This is kind of big snakes they have here. They are big enough they could swallow you and Jackie and so could the alligators. They have lots of fun here hunting them. This is your mother's birthday. Do you and Jackie ever write to her, write to me.
Your grand mother Mrs Chas. Grainger
».

> Photographies de son voyage exotique en Asie
1926_asie_2  
1926_asie_1  

1926_della_home_hawthornDella Mae revient en juin 1926. Quand elle découvre sa petite fille Norma Jeane (Marilyn Monroe), deux semaines après sa naissance, elle incite sa fille Gladys à placer l'enfant chez un couple sérieux et dévot qu'elle connait bien, les Bolender, une famille d'accueil qui vit à Hawthorn (une banlieue ouvrière de Los Angeles, actuellement l'aéroport international), dans la même rue qu'elle (photo ci-contre). Ida et Wayne Bolender s’occuperont de la petite fille pendant 7 ans.
Della est devenue une adepte fervente et dévouée de Soeur Aimee Semple Mc Pherson et fait baptiser Norma Jeane le 6 décembre 1926 au Sister Aimee's Angelus Temple, à la Hawthorn Foursquare Church (4503 puis 4511 West Broadway à Hawthorn):

> Photographie de Della Mae et Norma Jeane
Photographie de l'Eglise 'Hawthorn Foursquare Church'
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Au début de l’année 1927, le coeur de Della Mae commence à faiblir et elle est atteinte de fréquentes infections respiratoires. Elle dépend alors totalement de sa fille Gladys, qui, en dépit du surcroît de transport en trolley pour aller à son travail, est venue s'installer chez elle. A la fin du printemps, Della est au plus mal; ses problèmes respiratoires se sont aggravés par l'évolution de sa maladie du coeur, ce qui la plonge dans une dépression des plus sombres. Comme bon nombre de malades atteints de troubles cardio-pulmonaires, elle dérive dans de plaisantes rêveries, des délires et des moments de franche euphorie. Sans compter des imprévisibles sautes d'humeur et colères. En juillet, Della est perduadée que sa mort est proche. Elle avait de plus en plus des hallucinations; elle raconte notamment à sa fille Gladys que ses parents, Tilford et Jennie Hogan, s'étaient réconciliés et qu'ils viendraient la secourir.
Durant cette période, Ida Bolender raconta dans une interview donnée en 1966 (et diffusée dans le documentaire The Legend of Marilyn Monroe) que Della Mae venait souvent voir sa petite fille à travers les vitres de leur maison: elle frappait sans cesse à la porte mais un jour, n'obtenant pas de réponse, elle cassa la vitre avec son coude et les Bolender ont dû appelé la police.
De plus, Marilyn racontera plus tard que sa grand-mère Della Mae fut responsable de l'incident le plus épouvantable de sa vie: en juillet 1927, Della Mae aurait tenter d'étouffer sa petite fille avec un oreiller. Mais il est possible que Marilyn inventa cette histoire. 

1927_08_23_Della_M_Monroe_Death_CertificateLe 4 août 1927, Della Mae est hospitalisée au Norwalk State Hospital où on lui diagnostique une myocardite aiguë (inflammation du coeur et des tissus environnants). Elle meurt le 23 août 1927, à l'âge de 51 ans, d'un arrêt cardiaque pendant une crise de folie, victime de ce que Gladys puis Marilyn elle même considéreront comme une malédiction familiale. Son certificat de décès (voir ci-contre) mentionne comme cause du décès une myocardite ainsi qu'une "psychose maniaco-dépressive", ce terme ayant été ajouté car Gladys n'avait cessé de répéter aux médecins que l'humeur de sa mère avait été changeante et imprévisible pendant ses dernières semaines.
C'est Gladys qui s'occupe des funérailles, et fait enterrer Della auprès de son premier mari, Otis Elmer Monroe, au Rose Hill Cemetery, à Whittier.

  Selon le biographe Donald Spoto, le comportement violent de Della Mae n'était pas provoqué par une maladie mentale, mais par une maladie cardiaque dégénérative entraînant une dépression aigüe. Son état de santé avait été aggravé par une attaque avant l'été 1927. Sa mort a donc été provoquée par une grave maladie du coeur qui fut mal soignée, avec, pour facteur aggravant, une psychose maniaco-dépressive.

> La tombe de Della Mae au Rosedale Cemetery 
(Washington Boulevard, Los Angeles)  
monroedellam


sources pour l'article:
Livres:
Marilyn Monroe, L'encyclopédie, de Adam VictorLes vies secrètes de Marilyn Monroe, de Anthony Summers
Sites Internets:
frise chrono sur geni.com  / généalogie sur genforum.genealogy.com / documents sur le forum Everlasting Star  /  sa tombe sur findagrave.com


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03 décembre 2011

Marilyn Monroe: the unseen files

The_TelegraphMarilyn Monroe: the unseen files 
Par Tim Auld, publié le 21/02/2011,
en ligne
sur telegraph.co.uk 

A new book reveals the extraordinary contents of Marilyn Monroe's private filing cabinets, thought lost for over 40 years after her death

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Detail of a test print from the Marilyn Monroe archive
 Photo: MARK ANDERSON

In November 2005 Millington Conroy, a businessman living in Rowland Heights, 40 miles east of Los Angeles, contacted Mark Anderson, a successful magazine photographer, to discuss an unusual commission.

He had in his possession two metal filing-cabinets, one brown, one grey, containing private papers and a collection of furs, jewellery and other assorted memorabilia, all belonging to Marilyn Monroe. Would Anderson be interested in photographing the collection?

The material – about 10,000 documents – had been thought lost for more than 40 years since the death of Monroe on the night of 4 August 1962. Now, here it was, a treasure trove, languishing in a Californian suburb.

It was the commission of a lifetime, the largest undocumented Monroe archive in existence. Yes, of course Anderson was interested, and, with the help of the biographer and Monroe aficionado Lois Banner, he set about creating a record of the archive's contents, which is now to be published for the first time as a book.

There are letters from Monroe glowing with admiration for Robert Kennedy; a half-finished love letter to her ex-husband Joe DiMaggio found in her room after she died from a drug overdose; unseen pictures of Monroe as a child and young woman; touching fan mail; rare insights into her marriage to the playwright Arthur Miller; and extensive documentation of her squabbles with the Hollywood studio Twentieth Century-Fox.


In these documents the flesh-and-blood Monroe, usually lost in the heady blaze of the images of her on film and in glamour photographs, comes alive in the flotsam and jetsam of everyday life.

We can see her bookshop receipt for The Life and Works of Sigmund Freud, volumes one, two and three (she was a slave to therapy); the newspaper cuttings, both flattering and critical; her witty little telegrams. Then there are the bills for enemas, facials and prescription drugs, the uppers and downers that in her later years carried her through the day, and eventually killed her.

Frank Sinatra, one of Monroe's lovers, is said to have suggested she buy the filing cabinets to protect her privacy when she was living in New York in 1958. In early 1962, when she moved to Brentwood, Los Angeles, she had the cabinets shipped down.

The grey one, containing private correspondence, was kept in the guest cottage at the Brentwood house; the brown one, containing business records, was stored across town in her office at Twentieth Century-Fox studios.

One account of Monroe's last night claims that she actually died in the guest cottage and was subsequently moved to her bedroom in the main house and rearranged on her bed.

What is certain is that sometime on the night of 4 August the cabinet in the guest cottage was broken into, and that crucial files were removed – perhaps pertaining to Monroe's relationship with the Kennedys and their links with the Mafia boss Sam Giancana, perhaps to her contractual arrangements with Twentieth Century-Fox.

How did these immensely valuable cabinets manage to vanish for so long only to resurface in a quiet corner of suburban California? The key to the mystery is Inez Melson, Monroe's business manager in the mid-1950s, guardian of Monroe's schizophrenic mother, and, following Monroe's death, administrator of her Los Angeles holdings.

In the days and weeks after Monroe died Melson, who received nothing in Monroe's will (the bulk of the estate and her personal effects were left to Lee and Paula Strasberg, her acting coaches), made sure the filing cabinets ended up in her possession.

She had the brown cabinet at Twentieth Century-Fox transported to her home in Hollywood Hills, and, fraudulently, using the name of one of her nephews, bought the grey cabinet for $25 at the Monroe Estate auction she herself had organised. Upon her death in 1985 Melson left her collection, including the cabinets, to her sister-in-law Ruth Conroy, who, upon her death, bequeathed it to her son Millington.

In the course of their research, it soon became apparent to Anderson and Banner that Melson had acquired the contents of her archive illegally and that Strasberg's third wife, Anna, was in fact the legal owner of the material.

'We told Mill what we had found,' writes Banner. 'Realising that his ownership of the collection could be in jeopardy, he threatened to sell it on the black market… We wanted to ensure that the [collection] remained intact and that it would eventually be shown to the public; so we informed Anna Strasberg of its existence. We were not privy to her ensuing negotiations with Mill. All we know is that, in the end, they reached a settlement.'

What is astonishing about the archive, says Banner, is quite how much material has survived, and also its quality. Amid the mass of bills, cheques, contracts and publicity shots there are insights into the most private corners of her life.

Monroe grew up effectively an orphan. She never knew her father, and her mother's illness meant Monroe spent her childhood and teenage years being passed from family to family, including a spell at the Los Angeles Orphan Home. She was left with a lifelong desire to truly belong in a family, and to bring up children of her own.

Monroe's horror at the idea of not being able to get pregnant is made starkly and rather zanily clear by a handwritten letter she taped to her stomach before having her appendix removed in 1952: 'Cut as little as possible,' it reads. 'I know it seems vain but that doesn't really come into it. The fact I'm a woman is important. You have children and you must know what it means. For God's sakes Dear Doctor no ovaries removed.'

Monroe suffered three miscarriages in the mid-1950s while married to the playwright Arthur Miller, and the archive is full of reminders of how painful that time must have been. There's a receipt for a maternity dress Miller bought, and a letter of condolence from the poet Louis Untermeyer, which sums up the paradox of her life – at once adored by millions and isolated in her suffering: 'It's grimly ironic that while the rest of the country was enjoying the comedy of your impersonations in Life [the December 1958 issue had a shoot in which Monroe spoofed the great sirens of history], you were going through your personal tragedy… Arthur's tribute was a model of good taste, artistic balance, and love. It must be an added comfort to know that everyone loves you – especially now.'

Most extraordinary is a letter she and Miller received on 24 January 1958, in the aftermath of her third miscarriage, offering them a child to adopt: 'Wonder if you might be interested in the adoption of a baby girl, that was born to an unwed mother about the same time your wife lost her child. It is a healthy and beautiful baby and the mother feels that you people would really make a good happy home for her… If you are interested you can reach me by phone.'

Would Monroe have been a good mother? Who can tell? But letters she wrote to her stepchildren, Bobby and Jane Miller, reveal a playfulness and understanding of childhood needs and disappointments that would surely have stood her in good stead.

In August 1957 we find her writing to them at summer camp in the guise of their basset hound, Hugo (she also wrote to them as their Siamese cat, Sugar Finney): 'It sure is lonesome round here! I made a mistake and I am sorry, but I chewed up one of your baseballs. I didn't mean to. I thought it was a tennis ball and that it wouldn't make any difference but Daddy and Marilyn said that they would get you another one, so is it all right for me to keep playing with this one as long as you are getting a new one? Love from your friend and ankle-chewer.'

The light-hearted, but slightly wistful tone of these letters (the word lonesome crops up again and again in her letters to the children at this time) are made more poignant by the fact that on 1 August Monroe had suffered her second miscarriage.

Anderson and Banner's selection of material presents Monroe in a positive light. She is a woman fighting to control her image in a man's world; a talented comic actress compared by directors to Garbo and Chaplin; a caring stepmother; a clever correspondent; a trustworthy friend.

The authors do not, however, gloss over her petulance ('I am exceedingly sorry but I do not like it,' reads her curt telegram to Twentieth Century-Fox on being sent the script for Pink Tights, which she'd already decided she did not want to make); nor over her refusal to compromise, which during the filming of The Misfits led to Dorothy Jeakins – a major Hollywood costume designer who had done costumes for Monroe on both Niagara and Let's Make Love – leaving the film ('I'm sorry I have displeased you. I feel quite defeated – like a misfit, in fact,' wrote Jenkins). Angry legal spats also bear witness to her legendary lateness, which resulted in almost everything she worked on running over schedule.

Despite knowing how infuriating she could be, it remains impossible not to like Monroe. She had a wit worthy of Mae West ('There is only one way he could comment on my sexuality and I'm afraid he has never had the opportunity!' she wrote of Tony Curtis, though he would later claim to have been her lover) and an ability to remain winsome even in adversity.

After she was fired from the film Something's Got to Give in 1962, as her drug habit escalated, she wrote to George Cukor, the director: 'I blame myself but never you. The next weekend I will do any painting, cleaning, brushing you need around the house. I can also dust.'

Marilyn always said it was the people and not the studios who had made her famous, and we see the best of her when she reaches out to her public. She received thousands of fan letters each week, and was meticulous about filing away those that had particularly touched her.

There is a charming letter from a 17-year-old Italian boy, who is clearly entirely overcome: 'I imagine that you and I dance wrapped in a sky of stars, and they smile on us.' He requests a lock of Monroe's hair. Monroe is clearly touched because along with the letter is found a note by her: 'Pic of him and dedication autographed and returned also a lock of hair. Also a letter which I will carry next to my heart always.'

Equally moving is a note from the mother of a soldier who saw Monroe perform in Korea in 1955. She quotes from the letter her son sent her: 'When she appeared on the stage, there was just a sort of gasp from the audience – a single gasp multiplied by the 12,000 soldiers present… The broadcasting system was extremely poor… However, it didn't matter. Had she only walked out on stage and smiled it would have been enough.'

If representatives of the Kennedys did remove documents from the filing cabinet on the night of Monroe's death, and Lois Banner is certain that they did ('I know who took them and what happened to them, but I don't feel at liberty to say at this point,' Banner told me), they were pretty thorough. The archive now has almost no material relating to Monroe's relationships with JFK and Robert Kennedy, which are thought to have dominated the final months of her life.

Tantalisingly, she makes two references to Robert Kennedy in letters written on 2 February 1962, the day after she had attended a dinner in the attorney general's honour. To Arthur Miller's son, Bobby, she writes: 'I had to go to this dinner last night as [Robert Kennedy] was the guest of honor and when they asked him who he wanted to meet, he wanted to meet me. So, I went to the dinner and I sat next to him, and he isn't a bad dancer either. But I was mostly impressed with how serious he is about civil rights.'

She is rather more circumspect when relating the incident to Miller's father, Isidore: '[Robert Kennedy] seems rather mature and brilliant for his thirty-six years, but what I liked best about him, besides his Civil Rights program, is he's got such a wonderful sense of humor.'

Smitten? Maybe. There are certainly no other letters here that emanate this wide-eyed flirty glow. But the remaining documents from Monroe's last spring and summer offer no hint as to where this relationship might have gone.

Instead there are ledgers and memos charting the increasingly poor state of Monroe's finances and revealing that her main expenditure was on medical bills. There is an eerie absence of anything else. Where are the letters from friends, the fan mail, the urgent telegrams of former times?

Stolen, perhaps? Or had the isolation that Marilyn always so feared begun to close around her. The only hint of human warmth to be found among a sea of cheques and tumbling balances is a note, signed with a heart, from Monroe's acting coach Paula Strasberg: 'Have faith,' it reads.

MM – Personal: From the Private Archive of Marilyn Monroe (Abrams, £22.50), by Lois Banner with photographs by Mark Anderson, published on Tuesday, is available from Telegraph Books (0844 871 1515; books.telegraph.co.uk) at £20.50 plus £1.25 p&p

> sur le blog: le livre MM Personal 


The private files of Marilyn Monroe

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  1/ PUBLICITY STILLS: Monroe in 1960 on the set of Let’s Make Love

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 2/LETTER TO HER SURGEON: A note Monroe taped to her stomach before her appendectomy in 1952, in which she urged the doctor to remove 'as little as possible... no ovaries’
3/ BOOKSHOP RECEIPT: When asked by journalists what her religion was, Monroe replied 'Freud’. She began reading his writings during her early years in Hollywood. This receipt shows the purchase of all three volumes of his life and works
4/ CLOTHING LIST: Favourite garments shipped to Monroe in New York in 1955. The seventh item is thought to be the dress she wore to perform to troops in Korea

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5/ LETTER FROM HER FOSTER MOTHER: Ida Bolender, who had looked after Monroe as a child, wrote to Marilyn’s half-sister after the star’s death to dispute stories of an unhappy childhood. The picture was taken by Monroe’s grandmother
6/ LETTER TO HER STEPCHILDREN: Monroe writes to Arthur Miller’s children at summer camp in the voice of their cat, Sugar Finney (or 'Feeny’ as she misspells it)
7/ FUR COAT: This leopardskin coat is thought to have belonged to Monroe and have been taken from her home after she died by Inez Melson

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8/ LETTER FROM A COSTUME DESIGNER: Dorothy Jeakins, a famous Hollywood costume designer, left The Misfits after a disagreement over her work. Here she writes to the actress to apologise for displeasing her
9/ FANMAIL: Two children from Brooklyn send a token of their esteem
10/UNUSED MATERNITY CLOTHES: Receipt for a bed-jacket Arthur Miller bought Monroe just before she suffered a miscarriage in December 1958

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11/ FOSTER BROTHER: The Bolenders called Monroe and Lester, another of their foster children, 'the twins’
12/ LETTER FROM HER PUBLICIST: In a letter of 1959 Joe Wolhandler lists the several inaccurate press stories he has had to deny in the past 24 hours. He concludes, 'I am in the business 20 years and I still don’t know how these things happen’
13/ TEST PRINT: A costume and make-up test for Something’s Got to Give

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14/ LETTER TO HER LAWYER: Monroe’s assistant writes to the lawyer’s secretary to make sure the parlous state of Monroe’s finances remains a secret

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15/ THE FILING CABINETS
16/ ADOPTION OFFER: Soon after one of Monroe’s miscarriages, she and Arthur Miller received this letter offering a baby girl
17/ RECORD RECEIPT: A bill for three records by Frank Sinatra, who is known to have had an affair with Monroe 

11 juin 2010

B comme Bolender

La famille Bolender
Famille d'accueil de Norma Jeane
de 1926 à 1933

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Gladys met au monde Norma Jeane le 1er juin 1926 mais c'est seulement âgée de douze jours, soit le 13 juin 1926, que Norma Jeane fut placée chez des parents adoptifs: des voisins de Della Monroe, la mère de Gladys, Ida et Albert "Wayne" Bolender. C'est Della qui conseilla à sa fille Gladys de placer le bébé chez les Bolender qui étaient, selon Della, une famille respectable qui fourniront une éducation correcte à Norma Jeane. Della, comme sa fille, était dans l'incapacité de s'occuper du bébé: elle souffrait de plus en plus de délires de persécution, avait des problèmes de santé sérieux (respiratoires et cardiaques) et voyageait aussi beaucoup en Amérique du Sud et en Asie, afin de se réconcilier avec son mari.

bolenderschildrenWayne Bolender était postier et malgré la grande dépression suite à la crise de 1929, il parvient à garder son poste tout en imprimant des tracts religieux. Ils ont déménagé de l'Ohio en 1919 pour s'installer en Californie. Leur vie était ainsi assez confortable pour l'époque: ils vivaient dans un bungalow, au 4201 W. 134th St., à Hawthorne, une banlieue moderne de Los Angeles. Le couple avait l'habitude de prendre en charge des enfants non désirés (photo ci-contre) et ainsi, percevaient des allocations, leur fournissant ainsi une source de revenus supplémentaire. Ils avaient un potager avec des légumes, élevaient des poulets et des chèvres.

 >> La maison des Bolender ; Wayne et Ida Bolender 
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Gladys s'installa brièvement chez eux avec sa fille, avant de retourner vivre dans son propre appartement: elle versait aux Bolender 25 dollars par mois pour s'occuper de l'enfant.
Pendant les sept années qui suivirent, les Bolender s'occupèrent de Norma Jeane, soit jusqu'en 1933.

1926_NJ_gladys_1Norma Jeane voyait sa mère le week-end (photo ci-contre), sans se rendre compte qu'il s'agissait réellement de sa mère: Marilyn racontera plus tard qu'un jour, elle appela Ida Bolender "maman" comme le faisait Lester, un petit garçon du même âge qu'avait adopté les Bolender, mais elle la reprit en lui déclarant sèchement: "Ta maman, c'est la femme aux cheveux roux qui vient te voir le week-end." Ce fut un choc pour Marilyn d'apprendre que cette visiteuse du week-end était sa mère: "Et Wayne, c'est mon père?" demanda la jeune Norma Jeane, "Non, tu dois l'appeler mon oncle" rétorqua Ida. Marilyn se retrouvait sans lien affectif, ni maternel, ni paternel: "Ils n'étaient ni ma tante, ni mon oncle, je ne faisais que vivre ici."
Les Bolender adoptèrent officiellement Lester; sans doute auraient-ils voulu faire de même avec Norma Jeane, mais Gladys s'y opposa, préférant les payer chaque mois car elle espérait reprendre la petite fille avec elle.

Certains biographes ont noirci le portrait des Bolender et quelque part, Marilyn elle même ne leur a pas lancé des fleurs en exagérant son enfance misérable: les Bolender, fondamentalistes, menait une vie régit par des règles plutôt strictes. Plus tard, Marilyn racontera que ce dont elle se souvenait à leur propos était le salut des âmes et le martinet.
Ce couple de scientiste chrétien s'efforça de l'élever avec discipline et amour, mais plus tard, Marilyn leur reprochera une certaine froideur et dureté: "Personne ne m'a jamais dit que j'étais jolie quand j'étais petite fille. On devrait le dire à toutes les petites filles, même quand elles ne le sont pas."

Marilyn racontera aussi qu'elle devait promettre de ne jamais boire ni jurer, elle devait se rendre à l'église plusieurs fois par semaine, devait prier chaque soir, et on lui répétait sans cesse qu'elle irait en enfer si elle ne respectait pas ces principes. La jeune Norma Jeane garda ainsi en secret ses rêves de vouloir chanter, danser et de jouer la comédie dans une vie fantasmée "plus intéressante que la vie que je menais"
, le cinéma étant mal vu chez les Bolender.
1927_NJ_withMaternalGdmotherDellaHogan_1Par ailleurs, c'est Della Mae Monroe, la grand-mère de Norma Jeane qui était voisine des Bolender (photo ci-contre), qui l'emmenait à l'église évangeliste 'Foursquare Gospel Church' dans laquelle elle fera baptiser sa petite fille "Norma Jeane Baker" par Aimee Semple McPherson
, surnommée Soeur Aimee.
Durant cette période, Della Monroe commençait à être persécutée: dans une interview donnée en 1966 (et diffusée dans le documentaire The Legend of Marilyn Monroe) Ida Bolender raconta que Della venait souvent voir sa petite fille à travers les vitres de la maison: elle frappait sans cesse à la porte mais un jour, n'obtenant pas de réponse, elle cassa la vitre avec son coude et les Bolender ont dû appelé la police.

Cependant, la vie de Norma Jeane chez les Bolender semble avoir été plutôt paisible et insouciante: les photos de l'époque montrent une petite fille souriante et bien habillée. Les enfants avaient des jouets, la famille organisait des fêtes et des voyages à la mer. Il y a donc bien eu des moments heureux durant son enfance chez les Bolender:
bolenders_familyelle jouait avec ses quatre frères et soeurs d'adoption: Lester, Mumsey, Alvina, Noel et Nancy, la plus jeune. Mais c'est surtout avec Lester qu'elle était le plus proche:
il n'avait en effet que deux mois de moins qu'elle, était son compagnon de jeux et camarade de classe (ils fréquentaient la même école), toujours collés l'un à l'autre, on les prenait même parfois pour des jumeaux;
D'après Nancy Jeffrey, Norma Jeane jouait à la marelle, apprenait le piano et écoutait son émission de radio préférée "The Green hornet" et "The Lone Ranger".
Norma Jeane avait un chien surnommé Tippy, que Wayne acheta et que la petite fille adorait.

>> Ida et Wayne Bolender en 1966
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Quand Norma Jeane eut sept ans, Gladys la reprit avec elle en 1933: la petite fille ne vivra plus chez les Bolender. Ils seront cependant présents à son premier mariage avec Jim Dougherty le 19 juin 1942.
En 1942, les Bolender transforment leur maison en pensionnat pour les employés des usines proches, comme celle où Jim Dougherty travaillait. Norma Jeane allait souvent leur rendre visite et il semblerait que Marilyn avait toujours gardé contact avec les Bolender, elle aurait même appelé Wayne quelques mois avant sa mort en 1962. En 1944, la maison fut vendue à la grand-mère de Ted Hatlestad, l'actuel propriétaire. Les Bolender ont finit leur vie dans une maison voisine, au 4211 W. 134th Street, qui est devenue par la suite un restaurant chinois. Ida est morte en 1972, deux ans après son mari Wayne.

* * * * * * * * * *  

 Lester Bolender
Frère de lait de Norma Jeane
de 1926 à 1933

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La mère de Lester est Pearl Wilken (née en 1909): enceinte à seize ans, elle épouse Charles Flugel le 12 août 1926. Une semaine et demie après, alors qu'elle vivait dans une tente placée dans une arrière cour d'un membre de la famille à Hawthorne, en Californie, elle donne naissance à un garçon et le fait adopter par Ida et Wayne Bolender. Pearl ne parla jamais de la naissance de son fils et garda le secret juste avant sa mort en 1988, le révélant à ses quatre autre fils, pour les informer de l'existence d'un demi-frère.
bolenders_lester_nj_1931_2En fouillant dans les papiers, la soeur de Pearl découvrit une lettre écrite par Ida Bolender, adressée à Pearl et datant de 1927: "Little Norma Jeane is with me. She is the baby girl I had when Lester came. They had great times together. Lots of people think them twins. I dress them alike at times and they do look cunning... They are full of mischief and keep me busy."
Seulement deux
mois séparaient Lester et Norma Jeane qui était née en juin 1926. Il a été adopté officiellement par les Bolender.

bolenders_children_nj_lester_girlLes enfant adoptés et / ou élevés par les Bolender, Lester, Mumsey, Alvina, Noel, Nancy, et Norma Jeane, se retrouvaient de temps en temps les dimanche après-midi. Nancy avait même emmené Norma Jeane voir sa mère Gladys au sanatorium en 1942. Tous ont assisté à son premier mariage avec Jim Dougherty.

lester-carl-bolender-26-99Adulte, Lester a servi dans la marine pendant la seconde guerre mondiale. Marié à Jean, avec qui il a eu une fille Cheryl Milham et un fils David; ainsi que deux beau-fils John Hunt et Gery Partch; il avait 15 petits-enfants et 32 arrière petits-enfants et 2 arrière arrière petits-enfants.

A partir de la lettre d'Ida Bolender, la famille de Pearl parvient à retrouver la trace de Lester Bolender qui se rendit à Colville, à Washington, en 1990, afin d'assister à une réunion avec les membres de la famille. Cependant, aucun des quatre fils n'a voulu considérer Lester comme un frère. Le fils aîné, Milton Flugel, meurt en 1999 et sa nécrologie indique que Lester est son frère. Lester meurt à son tour peu de temps après, le 31 décembre 1999, en Arizona, à l'âge de 73 ans.

>> Voir les photos de Norma Jeane et les Bolender


 (sources pour l'article:
Livres:
Les Trésors de Marilyn Monroe, de Jenna GlatzerMarilyn Monroe, de Roger Baker
Sites Internets:
biographie sur howstuffworks.com   / les fiches de cursumperficio Lester sur strickertfamily.com et sur fearandloafing.com  )


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1926 Norma Jeane et les Bolender

 Ida Bolender et son mari Albert Wayne Bolender, acceuillent Norma Jeane douze jours après sa naissance; ils prennent aussi en charge un autre bébé: un garçon, prénommé Lester.
 Ida Bolender and her husband Albert Wayne Bolender, welcome Norma Jeane twelve days after her birth; they also support another baby, a boy, named Lester.

>> Bébé Marilyn âgée de trois mois
1926_09_NJ_bolender_BabyAged3months
1926_09_NJ_bolender_BabyAged3months_2
nj_ima0018A 1926_09_NJ_bolender_BabyAged3months_3

>> Photo annotée par Marilyn
1926_NJ_01


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10 juin 2010

1927 Norma Jeane et Lester 1

Norma Jeane (au premier plan) et Lester,
chez les Bolender, vers 1927
Norma Jeane (in the foreground) and Lester,
at the Boldender's, circa 1927


1927_NJ_02 1927_NJ_02a 


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1927 Norma Jeane et Lester 2

Norma Jeane (à droite) et Lester (à gauche),
chez les Bolender, vers 1927
Norma Jeane (at right) and Lester (at left)
at the Bolender's, circa 1927

1927_NJ_with_lester_01a 

> Photo annotée par Marilyn
Photograph noted by Marilyn

1927_NJ_with_lester_01 


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Intox: ce n'est pas Marilyn enfant

nj_bio01Dans la plupart des livres de photographies consacrés à Marilyn Monroe, ainsi que dans bon nombre articles de presse de tous pays, ainsi que dans certains documentaires télévisés, on retrouve cette photographie où l'on nous présente la jeune Norma Jeane qui poserait ici en 1929, assise sur une Ford, la voiture des Bolender, sa famille d'acceuil. Or, aussi incroyable que cela puisse paraître au vu de la publication de cette photographie, qui se retrouve ainsi sur des sites webs consacrés à Marilyn, et sur des sites d'agence photos, en réalité, ce n'est pas Marilyn Monroe enfant qui est photographiée, mais son frère d'adoption: Lester Bolender !

1929_NJ_01_ford 1929_NJ_01c

lester_et_normaObservons cette photographie (ci-contre) représentant Lester (à gauche) et Norma Jeane (à droite): on pourrait croire qu'ils sont de vrais frères et soeur de par leur ressemblance physique, leur blondeur et coiffures de cheveux (lisses et blonds). Cependant, on y distingue des différences physiques:
Le nez de Lester est plus droit et plus allongé que Norma Jeane;
Les oreilles de Lester sont grandes et un peu décollées;
Les yeux de Lester sont un peu enfoncés;
Les cheveux de Lester sont légèrement plus courts que ceux de Norma Jeane: Lester a une coup au bol et Norma Jeane a une coup légèrement dégradée, avec une frange sur le front plus courte que les longueurs.
Il s'agit certes de petits détails, mais qui permettent de les différencier.

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09 juin 2010

1930 Norma Jeane et Lester

Norma Jeane (à gauche) et Lester (au milieu),
chez les Bolender, vers 1930
Norma Jeane (left) and Lester (middle)
at the Bolender's, circa 1930


1930_NJ_CHILD_1 mag_LIFE_1966_11_04_p51v 


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1931 Norma Jeane et Lester

Norma Jeane et Lester Bolender,
son frère d'adoption
vers 1931
Norma Jeane and Lester Bolender,
her adopted brother, circa 1931


1931_NJ_02_1 1931_Norma_Jean_and_Lester_Bolender 1931_nj_with_lester_02_2a
1931_NJ_02_2 1931_nj_with_lester_01_1 1931_nj_with_lester_02_1
1931_nj_with_lester_02_1a 1931_nj_with_lester_02_2 1931_nj_with_lester_03 1929_chilhood0489000 

> photographie annotée de la main de Grace Goddard
photograph noted by Grace Goddard's hand
"Marilyn Monroe age 5 yo."

1931-norma_jeane_with_lester-grace_goddard_hand_note-1a 
1931-norma_jeane_with_lester-grace_goddard_hand_note-1b  

> photographie annotée de la main de Grace Goddard
photograph noted by Grace Goddard's hand
"Marilyn Monroe age 4yrs."
1931-norma_jeane_with_lester-grace_goddard_hand_note-2a 
1931-norma_jeane_with_lester-grace_goddard_hand_note-2b  1931-norma_jeane_with_lester-grace_goddard_hand_note-2c  


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