04 novembre 2012

Filmland January 1953

Filmland_Magazine_1953_january_cover Le magazine américain Filmland, de janvier 1953, consacrait un article de 2,5 pages à Marilyn Monroe intitulé "Failure was my spur", écrit par Marilyn elle-même.

Filmland_Magazine_1953_january_p1 Filmland_Magazine_1953_january_p2 Filmland_Magazine_1953_january_p3  

Traduction
L'échec était mon moteur, par Marilyn Monroe.

Marilyn Monroe écrit sa sensationnelle succes story... il y a une leçon formidable dans l'art de la vie pour chacun d'entre nous, dans l'estimation personnelle de sa fabuleuse ascension vers la gloire et la star célèbre qu'elle est devenue maintenant...
Combien de fois avez-vous entendu dire que les bonnes choses provienent de la malchance ? Nous entendons aussi dire que dans beaucoup de cas, nous pourrions être chanceux si nous secouons par nos ammares, principalement parce que nous sommes devenus flegmatique et lourd et n'avons pas réussi à faire de progrès, tels qu'ils soient!
Ces observations m'ont fréquemment été jetées à la figure, mais d'être le genre de fille que je suis, naturellement, j'ai pensé qu'ils ne me l'ont pas appliqué. J'étais une actrice intéressée par une carrière, je n'étais jamais en retard sur un plateau, et je suivais les instructions du réalisateur jusqu'au dernier mot.
Y avait-il là quelque chose de plus que je pourrais peut-être faire ? Il ne m'a pas fallu très longtemps pour découvrir la triste vérité. J'étais sous contrat avec la Columbia et je venais juste de terminer une comédie musicale intitulée "Ladies of the Chorus". Des amis qui avaient vus des rushes du film m'ont dit que tout était bien, et j'étais d'autant plus enthousiasmée quand on m'a informé que j'étais bien placée pour un rôle important des studios de prochaines grandes productions.
J'étais naturellement très excitée à cette idée, et j'ai pris grand soin de me vêtir aussi séduisante que possible, tel que je savais le faire, pour l'importante réunion à laquelle je devais me rendre, étant donné les bonnes nouvelles.
J'étais heureuse en entrant dans le bureau, et j'ai attendu patiemment jusqu'à ce que le responsable parla. Il me regarda un long moment, et puis il dit: "Miss Monroe, nous croyons en vous, et pensons que vous irez loin. Mais, pour le moment, nous n'avions rien pour vous dans nos studios." Puis il ajouta que ma candidature avait été abandonnée et la réunion prit fin brutalement.
Avant tout ça, j'avais eu un contrat pour un an à la 20th Century Fox, mais je sentais que ça ne compterai pas parce que j'avais joué seulement un tout petit rôle qui avait finalement été coupé au montage final. Mais le contrat de la Columbia était différent: j'étais certaine qu'une grande opportunité arriverait. Maintenant tout se fracassait en morceaux !
Je retourna à ma carrière de mannequin pour gagner de l'argent pour vivre, et en même temps, je commençais à faire de sérieuses réflexions. Vous n'êtes pas virée deux fois sans une bonne raison, pensais-je, et si tout ça s'en va, cela pourrait devenir une habitude démoralisante !
Plus j'y pensais, plus je réalisais que peut être il y avait une bénédiction déguisée quelque part dans mes échecs. Une actrice ne déteste pas jouer mais il y a plus que ça qu'un simple désir de retranscrire des émotions devant les caméras. Peut-être elle ne peut pas jouer, et on lui dit que les studios n'ont rien pour elle, juste de la laisser tomber gentiment.
J'en suis venue à la conclusion que je savais très peu de choses sur le jeu d'acteur -et c'était à moi, et à moi seule- de faire quelque chose pour palier à ce manque important. Si je n'étais pas une bonne actrice, ai-je conclu, il était alors temps de faire des transformations drastiques.
J'ai cherché une coach d'art dramatique, Natasha Lytess, et me suis inscrite pour une série de leçons. Pour les payer, je continuais à poser en tant que mannequin, et j'étudiais très dur quand j'avais du temps libre certaines journées et tous les soirs. Ma vie sociale, en conséquence, devint pratiquement non-existente, mais je sentais que les progrès que je faisais en valaient la peine.
A cette période, j'ai travaillé avec le photographe très connu Tom Kelley, qui me photographia en couleur pour les couvertures de cinq magazines. Elles ont toutes été publiées le même mois, et c'était une bonne pause pour moi, parce que la 20th Century Fox les a vu et me donna un petit rôle dans "A Ticket to Tomahawk". Entre-temps, la personne à la recherche de talent à la MGM, Lucille Ryman, me suggéra à son studio pour un rôle dans "Asphalt Jungle". 
Le dernier jour de tournage de "A Ticket to Tomahawk", la MGM me communiqua pour une entrevue avec le réalisateur John Huston. Il pensait que je collais au rôle, mais il n'était pas sûr que je puisse le faire. Le rôle exigeait quelques aptitudes de jeu et mes rôles passés n'étaient pas suffisant pour convaincre même un réalisateur d'un film de série B !
"Laissez-le moi lire", ai-je suggéré à Monsieur Huston. Dès que je commençai à lire, j'ai béni Miss Lytess pour toutes les longues heures de travail que j'avais passé avec elle. Quand j'ai fini, Monsieur Huston était convaincu, et on m'a donné le rôle !
Avant qu' "Asphalt Jungle" ne sorte au cinéma, le directeur de la 20th Century Fox, Joseph Mankiewicz, vit le film et il me fit appeler. Le résultat fut un bon rôle dans "All About Eve". Ce qui mena à un fabuleux contrat avec le studio qui m'avait abandonné seulement trois ans auparavant.
Je pousuivais mes cours d'art dramatique avec Miss Lytess. Par une grande coïncidence, elle vit maintenant par commodités juste à côté de la 20th Century Fox !
Tout ceci est une preuve suffisante pour moi que l'échec était mon moteur. Je n'étais pas prête pour une carrière d'actrice quand j'ai d'abord eu l'opportunité d'en avoir une. Si je n'avais pas été abandonnée, j'aurais probablement joué de petits rôles qui serait peut-être ou peut-être pas parvenus sur grand écran. Quand je regarde en arrière, je ne peux guère blâmer n'importe quel éditeur de film pour m'avoir retiré d'une séquence.
Je pense que ce même profit de l'expérience s'applique à la plupart d'entre nous dans nos différentes manières de vivre. L'histoire est remplie de personnes qui, à travers une série d'échecs, apprennent comment accéder à la réussite. Nous faisons de notre mieux que lorsque nous sommes remis en question, lorsque nous avons à surmonter des obstacles. Une fois que nous trouvons notre bonne direction et de nous préparer à fond pour leurs revendications, il n'y a pas rien pour nous retenir!
Donc quand tout ne se passe pas bien comme il le faut, ne ruminez pas sur ça ! Il y a certainement quelque chose de meilleur qui vous attend si vous faîtes votre possible pour ça. Soyez simplement prêt pour votre grande chance. Le succès est à votre portée de main, et si vous pensez qu'il en vaut la peine, il sera le vôtre! 

Posté par ginieland à 18:47 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

13 octobre 2012

Marilyn Monroe Citation 16

I've been on a calendar, but never on time.

calendar_1949

J'ai figuré dans un calendrier, mais je n'ai jamais été à l'heure.

Posté par ginieland à 12:45 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

02 octobre 2012

Lawrence Schiller 2

*photographe. Sur le tournage de 'Something's Got to Give', en 1962:

Lawrence_Schiller_Photographers_Marilyn_Monroe 

-Vous êtes déjà célèbre, maintenant, vous allez me rendre célèbre... dixit Schiller.
-"Ne soyez pas si insolent, les photographes, ça se remplace facilement,
répliqua Marilyn.

Posté par ginieland à 19:05 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

Lawrence Schiller 1

*photographe. Marilyn dans la salle d'habillage de 'Let's Make Love' (Le Milliardaire), en 1960:

mm_by_schillerEn regardant par dessus son épaule gauche, elle m'a lancé un sourire mutin qui m'a appris tous ce que je devais savoir sur Marilyn Monroe :
elle savait qui elle était,
elle savait qui j'étais,
elle savait quoi faire...

Posté par ginieland à 18:59 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

20 septembre 2012

Bob Dylan Poem

*chanteur, auteur, compositeur. En découvrant une photographie représentant la piscine de la maison où décéda Marilyn Monroe (sa demeure de Brentwood), Bob Dylan écrivit ce poème.

1962_dead_by_barry_feinstein_large_monroe_pool

death silenced her pool
the day she died
hovered over
her little toy dogs
but left no trace
of itself
at her
funeral
 

Posté par ginieland à 19:43 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

10 septembre 2012

Les égéries L'Oréal Paris parlent de Marilyn Monroe

La beauté de Marilyn Monroe, vue par les égéries...
publié le 22 mai 2012
en ligne sur get-the-look.fr

marilyn_monroe_en_1962La star omniprésente de ce Festival de Cannes, c'est elle. Marilyn Monroe, captivante sur l'affiche de cette 65e édition-anniversaire, est dans toutes les têtes. L'occasion pour les ambassadrices de beauté L'Oréal Paris, de passage sur la Croisette, de se souvenir de l'actrice blondissime !

Quel est votre film préféré de Marilyn Monroe ?

Eva Longoria : "Les hommes préfèrent les blondes. Elle était juste captivante. Et la garde-robe sur ce film... époustouflante ! C'est amusant de voir comment la mode se répète. Sur ce film, elle était déjà très Victoria Beckham, très chic".

Freida Pinto : "Sept ans de réflexion. Car il contient toutes les images que l'on a de Marilyn."

Jane Fonda : "Certains l'aiment chaud. Et je l'ai vue sur le shooting de ce film car c'était une amie à moi. Elle était superbe".

Paz Vega et Heike Makatsch : "Certains l'aiment chaud".

Selon vous, pourquoi est-elle encore une icône de beauté ?

Eva Longoria : "Marilyn est classique. Tout ce qu'elle faisait se retrouve aujourd'hui. Les lèvres rouges, les superbes robes, le make-up parfait. Personne ne savait jamais ce qu'elle allait faire, où elle allait être, et avec qui !"

Freida Pinto : "Elle était sensible. Elle était naturellement captivante. Elle a été si unique et l''une des premières à déclencher la fièvre des paparazzi et du monde. Tout le monde était fou d'elle. Elle est la première des icônes de beauté, celle que tout le monde suivait, dont tout le monde rêvait, que tout le monde voulait être."

Paz Vega : "Elle était authentique. Elle avait une énergie incroyable. Elle était tourmentée et cela la rendait encore plus intéressante. Elle a toujours gardé son image, elle n'a jamais changé de look. Elle avait confiance en elle".

Inès de la Fressange : "Elle est intemporelle. Elle avait le charme, la féminité, la fragilité et la sensualité. Elle n'était pas liée à la mode, bien qu'elle était quelqu'un des années 50. Je crois qu'on a toutes quelque chose de Marilyn Monroe".

Heike Makatsch : "Marilyn était tellement charmante, profonde et mélancolique. Elle a emprisonné le temps. Elle avait l'innocence et la sensualité en même temps. Tout le monde voulait la protéger."

Posté par ginieland à 14:11 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

Eva Longoria Citation

*actrice, dans une interview donnée en juin 2012, elle a déclaré:

Marilyn Monroe had that certain something. She never changed her look, and even after her death that blonde hair with the red lips is still glamorous and beautiful. But it's also what she exuded - she was electrifying and you couldn't wait to see what she did next and who she was with. She just had this essence about her that was beautiful.

eva_longoria_2011_Screen_Actors_Guild_Awards 

Marilyn Monroe avait ce petit quelque chose. Elle n'a jamais changé de style et même après sa mort, sa chevelure blonde et ses lèvres rouges sont restées glamour et beaux. Mais c'est aussi ce qu'elle sécrétait -elle était électrifiante et vous ne pouviez pas savoir ce qu'elle allait faire et avec qui. Elle avait juste ça en elle et c'était beau.

Posté par ginieland à 13:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

25 août 2012

Eve Arnold citation 1

*photographe

ph_arnold_bed_38925953Etre photographiée,
c'était pour elle être caressée et aimée sans danger.

Posté par ginieland à 23:53 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : ,

03 août 2012

Marilyn Monroe, histoire d'un mythe

 logo_express_cultureMarilyn Monroe, histoire d'un mythe
Par
publié le 3 août 2012
en ligne sur lexpress.fr

 C'est une marque déposée. Un totem sexuel. Le sujet inépuisable d'études romanesques ou de reproductions commerciales. Elle est ce que l'on veut qu'elle soit... ll y a 50 ans, le 5 août 1962, disparaissait Marilyn Monroe.

lexpress_01 
Marilyn Monroe, initiales M.M. 

C'est une marque déposée. Un totem sexuel. Le sujet inépuisable d'études romanesques ou de reproductions commerciales. Marilyn Monroe est ce que l'on veut qu'elle soit. Actrice et chanteuse. En robe lamée couleur chair ou jean moulant et chemisier de soie. Garce torride ou enfant perdue. Quand ce n'est pas les deux à la fois: "Je suis instable, je le sais, reconnaissait-elle. Je voudrais trouver l'amour, mais je sacrifie tout à ma carrière. Je souhaiterais jouer de grands personnages, mais je suis incapable de mémoriser mes textes. Je suis une star, mais les studios me haïssent." Lucide et désespérée, elle ne pouvait s'empêcher d'atténuer ses souffrances en s'enivrant d'alcool, de médicaments et d'amants, pour mieux abolir les barrières entre ses illusions et la réalité.


lexpress_02
 Marilyn Monroe et Richard Allan dans Niagara d'Henry Hathaway (1953).

Au lendemain de sa disparition, le 5 août 1962, la photographe Eve Arnold, qui l'avait si longtemps sublimée en déesse de l'amour, en faisait le constat, désolée: "Marilyn s'est noyée dans son propre rêve." Elle était pourtant née au coeur de cet eden qu'elle avait caressé. À Hollywood. Mais du mauvais côté d'une barrière qui vous fait contempler de loin les étoiles sans jamais les toucher. Coeur d'artichaut et monteuse à la RKO, Gladys Monroe ne doutait pas qu'elle puisse échapper à la règle. La jeune femme avait eu deux enfants d'un nommé Baker, parti avec leur progéniture sans laisser d'adresse. Dépourvue de remords, elle s'était alors éprise d'un immigré norvégien, Edward Mortenson, boulanger itinérant qui reprit la route en apprenant sa grossesse. Fruit de leur amour de misère, une petite fille avait vu le jour le 1er juin 1926. Boucles châtain, yeux gris bleuté, Norma Jean idéalise son père sans le connaître. Toute gosse, elle se plaît à l'identifier, sur la foi d'une vague ressemblance photo, à Clark Gable. Le pli est pris. Entre Gladys et son amie, tante Gracie, la gamine arpente Sunset Boulevard et s'imagine laissant ses empreintes dans le ciment du Grauman's Theater. Elle ambitionne aussi de parcourir, nue, le vaste monde. Le temps de comprendre la cruauté des hommes, elle se retrouve, grelottante, pupille du comté de L.A., séparée d'une mère parano et dépressive internée en maison de repos. Parce qu'elle en est privée, la petite Norma Jean visite, le long de nuits sans sommeil, d'étranges familles d'accueil. Ballottée, elle reçoit, au passage, l'attention particulière de pères d'adoption pervers. Il lui en restera, à vie, un bégaiement traumatisant et, longtemps, un effroi pour l'acte de chair contrastant avec son apparence légère.

lexpress_03
Marilyn Monroe et Tom Ewell dans Sept ans de réfexion (1955).  

L'EXHIBITIONNISTE INACCESSIBLE

Faussement offerte, l'orpheline malgré elle a, en effet, conscience de sa séduction. Jouant, gage innocent d'affection, de ses appas dès l'âge de 12 ans, accoutumée à la puberté aux rendez-vous galants, elle sort mais ne couche pas. Norma Jean n'est pas Messaline. Son entourage ne le comprend pas. Pour couper court aux rumeurs et aux menaces d'un retour à l'orphelinat, on la marie, à 16 ans, à Jim Dougherty, brave gars qui pense épouser la version femme au foyer de Miss America. Potiche aux fourneaux, Norma Jean ne sait pas même faire cuire un oeuf au plat. En revanche, ce dont elle use admirablement bien, c'est d'un sex-appeal consommé. Suivant Jim, enrôlé sur la base de Catalina Island, elle s'y pavane à la moindre occasion, roulant des hanches, vêtue de sweats moulants et de jupes échancrées. Dougherty réalise. Un peu tard. "Elle savait qu'elle avait un corps magnifique, dira-t-il. Elle savait que les hommes l'aimaient et il ne lui déplaisait pas de se dévoiler légèrement." Exhibitionniste inaccessible, la belle ne dément pas: "Cela m'est égal que le monde soit fait pour les hommes tant que je peux y être femme." Sa profession de foi lui brûle pourtant les doigts. Décidée à s'affranchir d'un carcan étouffant, Norma Jean quitte son usine d'armement et pense devenir modèle après avoir allumé l'objectif des photographes militaires.

lexpress_04
Marilyn Monroe et Brad Dexter dans Quand la ville dort de John Huston (1950).

Remarquée par une agence de Beverly Hills, elle rompt les amarres avec Dougherty et accepte, contre son gré, de se faire décolorer en blond platine ou doré avant de trouver un nom de cover-girl pour magazines. Marilyn Monroe devient, en fait, son personnage. Séance photos pour Halsman et Lifeau milieu de sept autres starlettes. Repérage d'un expert en la matière -Howard Hughes- qui la conduit au premier bout d'essai réalisé clandestinement à la Fox. Chef op chevronné, Leon Shamroy flaire l'affaire: "Je fus pris d'un frisson. C'était la première fille qui ressemblait à ces luxuriantes stars du muet. Chaque image de l'essai irradiait la sexualité. Elle n'avait pas besoin de son pour raconter une histoire." Patron de la 20th Century Fox, Darryl Zanuck n'est qu'à moitié convaincu. Il l'engage tout de même. On la distribue négligemment dans quelques bandes sans intérêt. Leçons de chant et de comédie, mais au bout d'un an la Fox ne renouvelle pas son contrat. Idem à la Columbia. Monroe déprime. Accepte, vieux fantasme, de poser nue pour survivre. On lui ressortira les clichés scandaleux à l'heure des premiers box-offices.

En attendant, Marilyn se trouve un mentor: vice-président de la William Morris, Johnny Hyde relance sa carrière. Fou d'amour, le ponte hollywoodien obtient pour elle de petits rôles dans de grands films, chez Huston et Mankiewicz. Le décès brutal de l'amant Pygmalion la laisse sans repères. De fait, la Fox, qui l'a récupérée, ne sait que faire de la blonde incendiaire. Marilyn désespère: "Je ne trouvais pas le moyen de faire une percée. M. Zanuck m'apparaissait la nuit dans mes cauchemars. Je me réveillais le matin, décidée à amener M. Zanuck à m'apprécier, et j'essayais de le voir pour en parler, mais il ne me le permettait pas." Si Darryl résiste à la starlette complexée qui se pique de suivre des cours d'art et de littérature à UCLA, les distributeurs, piqués au vif par la curiosité d'un public la plébiscitant comme une nouvelle Betty Grable, commencent à renvoyer au studio l'écho d'une popularité grandissante.

lexpress_05
Marilyn Monroe dans La rivière sans retour d'Otto Preminger (1954).

L'EMMERDEUSE PERFECTIONNISTE

Lors du tournage de Chérie, je me sens rajeunir, qui la voit faire jeu égal avec Cary Grant, Marilyn rencontre le champion de base-ball Joe DiMaggio. Il la trouve sensuelle et soumise. Elle ignore tout du sport. Il s'enflamme. Elle s'attache. Le malentendu est consommé sur le tournage de Niagara, film noir en couleur qui révèle son talent dramatique. 1952 est son année. Elle en a conscience lorsque, à l'issue des Hommes préfèrent les blondes, elle pose, en compagnie de Jane Russell, ses mains dans le plâtre humide du Grauman's Theater. Un rêve d'enfant passe, même si Gladys et tante Gracie ne sont pas là pour en témoigner. Après avoir affirmé que les diamants sont les meilleurs amis de la femme, elle enchaîne les succès, d'aimables pochades (Comment épouser un millionnaire) en semi-navets (Rivière sans retour). Combinant déhanchement ondoyant, voix susurrante et suave, son jeu plaisant, mais encore limité, dégage un érotisme torride comparé, par le producteur Jerry Wald, à une sexualité mise en bouteille: "Elle en laisse sortir une certaine dose quand elle en a besoin pour une scène; après quoi, elle remet le bouchon et range le flacon."

lexpress_06
Marilyn Monroe, Betty Grable et Lauren Bacall dans Comment épouser un millionnaire.

La rupture survient avec Sept ans de réflexion. La scène de la bouche de métro ayant provoqué l'ire du macho DiMaggio, Marilyn en profite pour s'envoler vers New York. Cours à l'Actor's Studio, choix d'une coach-gourou, Paula Strasberg, omniprésente; Monroe s'évertue à changer d'image, applique à son instabilité un vernis intello, fréquente le dramaturge Arthur Miller. Athlétique, froid, raisonné, ce dernier se laisse séduire. Marilyn, de son côté, pense l'heure venue. Apprenant à cuisiner kasher, à jouer la tragédie -dans l'émouvant Arrêt d'autobus-, elle imagine ne plus avoir de comptes à rendre à son passé. Un échec cuisant -Le prince et la danseuse- et deux fausses couches plus loin, Norma Jean la rattrape. Plus que jamais dépressive, elle se laisse néanmoins convaincre par Miller de jouer dans Certains l'aiment chaud. Le tournage de ce qui devait rester son meilleur film tourne au cauchemar. L'emmerdeuse perfectionniste vire névrosée et rend folle l'équipe. Jack Lemmon, l'un de ses partenaires, s'en souviendra longtemps: "Elle était malade à l'époque, mais nous ne l'avons su qu'après. Dans une scène, elle devait frapper à la porte, entrer et demander: "Où est cette bouteille de bourbon?" Puis elle l'apercevait, disait: "Oh, la voilà" et la prenait. C'était tout. Neuf mots. Avec Tony Curtis, on a pris les paris. Il a fallu quarante-huit prises!"  


lexpress_07
 Les Désaxés de John Huston (1961).

À la sortie du film, son auteur, Billy Wilder, ironise: "Je ne tournerai plus avec elle. J'en ai parlé à mon homme d'affaires et à mon psy qui m'ont dit que j'étais trop vieux et trop riche pour recommencer cela." Mais à l'écran, rien ne transparaît. Triomphe artistique et financier, Certains l'aiment chaud grille pourtant Marilyn aux yeux de la profession. Du Milliardaire, où elle vit auprès d'Yves Montand une passade, aux Désaxés, qui la voit rompre avec Miller, en passant par sa liaison contrariée avec le Président Kennedy, la chute est programmée. Le capotage de Something's Got to Give, au printemps 1962, semble, paradoxalement, marquer une rémission. Résignée à entamer une nouvelle phase de sa vie, Marilyn n'avait vraisemblablement pas choisi de se suicider un petit matin d'été. Qu'importent, au fond, les rumeurs qui, depuis, se sont succédé. Loin de ses ultimes tourments, Marilyn Monroe, ange émouvant et troublant de l'ère Eisenhower, manipulatrice fragile et naïve, demeure, pour longtemps, seule avec son aura et ses mystères.

Posté par ginieland à 18:52 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : ,

11 juillet 2012

Marilyn Monroe Citation 15

My illusions didn't have anything to do with being a fine actress. I knew how third rate I was. I could actually feel my lack of talent, as if it were cheap clothes I was wearing inside. But my God, how I wanted to learn, to change, to improve !

mm_et_natasha_lytess 

Mes illusions n'avaient rien à voir avec le fait d'être une bonne actrice. Je savais à quel point j'étais médiocre. Je pouvais réellement ressentir mon manque de talent, comme des vêtements bas de gamme que j'aurais portés à l'intérieur de moi. Mais, mon Dieu, comme je voulais apprendre, changer, m'améliorer !

Posté par ginieland à 19:53 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :