08 mai 2014

Les critiques de Let's Make Love

Le Milliardaire
Lecritiques 

New York Times
L'inconsistance du film réalisé par George Cukor et le scénario bourré de clichés de Norman Krasna empêchent le dynamisme de Marilyn monroe de s'exprimer. Sa rencontre avec M. Yves Montand ne semble finalement pas si importante.

Hollywood Citizen News
Miss Monroe n'est aussi convaicante comme actrice que comme vedette de comédie musicale. Son jeu est correct mais n'impressionne pas beaucoup. Pour le plaisir des yeux ? Marilyn nous offre ses magnifiques courbes, avec un excédent de rondeurs. Et si l'on faisait un petit régime ?

New York World-Telegraph and Sun
Dans Let's Make Love, Marilyn Monroe joue le rôle le plus comique de sa vie (...). C'est une farce gaie, saugrenue et délicieuse (...). Marilyn supporte la comparaison avec Mary Martin lorsqu'elle chante My heart belongs to daddy dans la première scène. Le soir où j'ai vu le film, le public l'a applaudi à tout rompre.

New York Daily Mirror
Comédienne de premier plan, Miss Monroe n'a pas la moindre réplique marquante. Seuls ses célèbres charmes sont mis en évidence. 

Télé 2 Semaines (3 coeurs)
La rencontre Marilyn Monroe / Yves Montand tient toutes ses promesses grâce notamment à la réalisation de Cukor.

Télé 7 Jours (2 Sept)
Une magistrale réflexion sur le spectacle et sur le pouvoir corrupteur de l'argent qui ne manque ni de classe, ni d'élégance, ni d'humour. Du pur Cukor en somme. Toute la finesse aussi d'Yves Montand et son tendre duo avec l'inoubliable Marilyn Monroe, sous les traits ici d'une déesse en collants noirs.

Télé Cable Sat (2 étoiles)
Cette honnête comédie musicale consacrée au monde du spectacle marquait les premiers pas d'Yves Montand dans un film américain.

Télé Loisir (2 étoiles)
Marilyn possède toujours le même charme fragile et ravageur. Lorsqu'elle chante "Mon coeur appartient à papa" ("My heart belongs to daddy"), on craque ! Yves Montand n'est pas toujours convaincant dans son rôle de milliardaire capricieux, en particulier lorsqu'il prend des cours de chant avec Bing Crosby.

Télé Star (2 T)
Bien qu'assez impersonnelle, cette comédie musicale nous gratifie de quelques jolies scènes et numéros chorégraphiés, ajoutés à la présence du couple Marilyn Monroe -Yves Montand, contribuent à faire du "Milliardaire" un agréable spectacle.

Les Inrockuptibles (Hors Série - 2012 - par Hélène Frappat)
Après la femme fatale (Niagara), l'entraîneuse (Bus Stop), la petite désarmée qui chuchote des berceuses ensorcelantes (Rivière sans retour), la bécasse "à moitié enfant - pas la moitié visible" (Chérie, je me sens rajeunir), le produit d'appel publicitaire (Sept ans de réflexion), la "chercheuse d'or" (Les hommes préfèrent les blondes, Comment épouser un millionnaire), la créature "camp" (Certains l'aiment chaud), quel avatar d'elle-même Marilyn construit-elle avec George Cukor dans Le Milliardaire ? La mise en scène de Cukor, dernier cinéaste à avoir filmé Marilyn en 1962 dans le film fantôme inachevé Something's Got to Give, est étonnemment tendre si on se réfère à la légende hollywoodienne selon laquelle le cinéaste organisait des concours de fausses Marilyn au cours desquels il faisait défiler de jeunes éphèbes, grimés et travestis, au bord de la piscine de sa villa, le dimanche.
Dans Le Milliardaire, Marilyn exhibe une vérité dont aucun faux "sosie" ne saura jamais faire passer le frisson: la blonde "taie d'oreiller sale" (comme elle qualifiait elle-même sa couleur) a désormais choisi d'aller vers le blanc. En 1960, alourdie par un abus de champagne et de neuroleptiques qui ralentissent son jeu et rendent sa diction encore plus vaporeuse, Marilyn est presque aussi platine que dans Something's Got to Give, où sa chevelure brûlée, cassée se fond dans la robe et le peignoir blancs choisis par Cukor pour souligner le devenir spectral de la star.
Les costumes du Milliardaire (un Burberry sous lequel elle paraît nue, un pull irlandais bleu vif, des collants noirs de danseuse, une chemise de nuit bleu ciel, un béret noir) ont peu de relief comparés au grain de sa peau. Son corps entier semble poudré, velouté de blanc, pour s'unir à la chevelure abîmée, décolorée, laiteuse. Marilyn coïncide désormais avec le fantôme que son partenaire Tony Curtis avait renommé, sur le tournage de Certains l'aiment chaud, "M.M., Missing Marilyn", Marilyn (la blonde essentiellement) manquante. Dans Le Milliardaire, son personnage Amanda réussit la coexistence du passé lointain et de l'avenir proche de la star: le passé, c'est l'enfant Norma Jeane, orpheline bègue qui redoublait toutes les syllabes (et a choisi, pour se cacher ou renaître au grand jour, un pseudonyme en forme de double "M"). Cette petite fille fantôme, petite fille malade qui hante d'autres icônes blondes (Marnie), chante "my heart belongs to daddy, da-da-da-da-da-da-da-dad..." Et l'avenir proche, c'est le moment où les cheveux définitivement morts (du Milliardaire à Something's Got to Give en passant par Les Désaxés en 1961) aussi décolorés que la surface entière de la peau, ne renvoient plus aucune lumière, mais l'absorbent toute. Alors la blonde-enfant devient blonde-cadavre, qu'aucun partenaire masculin, surtout pas le fade et emprunté Yves Montand, ne parvient à ramener à la vie. Telle est la mort lente, l'extinction de la lumière de la dernière star, que contemple, en 1960, le regard mélancolique de George Cukor. Une étoile est morte. Et juste avant de s'éteindre, elle nous a murmuré, droit dans les yeux: Let's Make Love.

Télérama (Hors Série - Mai 2012 - par Cécile Mury)
Collants noirs, pull moulant d'adorables rondeurs, Marilyn ne chante pas, elle ronronne. In sexy french dans le texte: "Mon coeur... est à papa !" Elle est si captivante qu'on en oublierait presque son unique spectateur: notre Yves Montand national, subjugué en direct. Le milliardaire du titre, c'est lui, qui se fait embaucher incognito dans une revue de Broadway pour les beaux yeux de Marilyn, pardon, Amanda, la chanteuse vedette. Marivaudage, jeu de dupes, guest stars de luxe (Bing Crosby, Gene Kelly): Le Milliardaire mérite mieux que les éternels commentaires sur la tapageuse liaison Montand-Monroe, qui dura peu ou prou le temps du tournage. Devant les caméras, l'alchimie des deux comédiens est bien plus excitante: lui, presque sévère, visiblement mal à l'aise dans cette incursion en terre hollywoodienne, offre un contraste touchant avec sa vivacité à elle, un ouragan doux, un oiseau de paradis, naïf et palpitant, prêt à se laisser cueillir en plein vol.

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13 octobre 2013

Les critiques de Bus Stop

Arrêt d'Autobus
Lecritiques 

The Saturday Review
En parlant d'artistes... Nous en avons une vraie parmi nous, cela devient de plus en plus évident. Dans Bus Stop, Marilyn Monroe dissipe une fois pour toutes l'idée qu'elle serait uniquement une séductrice avec un corps parfait, des lèvres pulpeuses et des yeux bleus aguichants.

The Los Angeles Examiner
Ce film est un cadeau de Marilyn, et, mes amis, elle offre beaucoup: son corps, sa beauté, son talent. Elle est autant grande comédienne que petite chanteuse de bastringue. Son passage à l'Actors Studio de New York ne lui a apparemment pas fait de mal.

New York Herald Tribune
Il y a un an et demi, Marilyn Monroe quitta Hollywood pour l'est des Etats-Unis afin d'étudier sérieusement le métier d'acteur. Actuellement, elle revient sur les écrans... et tout le monde assiste au spectacle de la nouvelle Marilyn.
Dans Bus Stop, elle a un rôle formidable, qu'elle interprète avec un mélange d'humour et de souffrance, très touchant. Ce contraste est également le génie du film, qui passe d'un instant à l'autre de la drôlerie la plus délirante à la tendresse la plus fragile. D'une certaine façon, le réalisateur Joshua Logan est l'artisan de ce délicat équilibre.

New York Times
Cramponnez-vous à vos sièges et attendez-vous à un spectacle renversant. Marilyn Monroe vient d'administrer dans Bus Stop la preuve qu'elle est une actrice. Le film et elle sont formidables !... Mr Logan a réussi dans ce film à lui faire faire autre chose que se tortiller, faire la moue, battre des cils et jouer la vamp. Il est parvenu à en faire le personnage de la pièce de William Inge, une fille quelconque, écervelée, avec l'accent des monts Orzak et de l'eczéma. 
Il a su faire d'lle uen gourde, une poupée de faux luxe découverte dans une boîte de Phoenix par un cow-boy assez mal dégrossi. Celui-ci la poursuit avec assiduité jusqu'à un arrêt d'autobus bloqué par la neige dans un coin sauvage de l'Arizona. Et, plus important encore, il réussit à allumer en elle la petite étincelle de dignité qui la transforme en jeune femme émouvante.
Heureusement pour elle, et conformément à la tradition qui veut que le travail mène au succès, elle donne à voir dans ce film un vrai talent d'actrice et non pas, comme auparavant, l'image d'une très jolie femme et d'un sex-symbol. 

Télé Cable Sat (4 étoiles)
Jamais Marilyn ne fut plus belle et plus émouvante que dans cette comédie lui offrant l'un de ses plus beaux rôles. Une oeuvre admirable.

Télé Loisir (3 étoiles)
Une merveille ! Marilyn joue les ravissantes idiotes avec un talent fou.

Télé Star (2 T)
Tour à tour lumineuse, vulnérable et attendrissante, Marilyn trouva l'un de ses plus beaux rôles dans ce divertissement enlevé, qui oscille sans cesse, à l'image de sa star, entre gaieté et mélancolie.

Les Inrockuptibles (Hors Série - 2012 - par Clélia Cohen)
Prenant l'air en peignoir fleuri dans l'arrière-cour d'un saloon de Phoenix, c'est une toute nouvelle Marilyn qui apparaît au bout de quinze minutes de Bus Stop. Le film de Joshua Logan est celui de son "retour" à Hollywood après un bras de fer avec la Fox pour plus d'indépendance, un exil de quelques mois à New York, les cours de l'Actors Studio et la création de Marilyn Monroe Productions. Après les années d'ascension progressive, puis celles de l'explosion du mythe (Niagara, Les hommes préfèrent les blondes, etc), Bus Stop inaugure la troisième (et dernière) phase de la carrière de l'actrice blonde.
Une phase plus consciente, à la fois de son personnage et de sa biographie, que Les Désaxés prolongera. Marilyn a passé du temps à l'Actors Studio, et elle veut que ça se voie. Visage trop poudré, accent plouc, voix dissonante, costume rapiécé: au départ, on craint l'overdose. Mais Cherie, son personnage, explique que depuis qu'elle est gamine elle vit dans les films, montre une carte des Etats-Unis où elle a tracé une ligne qui va de son bled natal à Hollywood. On comprend donc vite que ce qui est beau dans Bus Stop, c'est précisèment que Marilyn y joue une paumée influencée par le mythe de la femme la plus connue au monde à ce moment-là. Et lorsqu'elle monte sur scène pour chanter That Old Black Magic d'une voix mal assurée, orchestrant elle-même les changements d'éclairage d'un coup de talon branlant, tentant de capter l'attention d'une horde de gueulards imbibés, on image qu'il y en eut plein, des pas si jeunes filles du Midwest, qui, à la fin des années 50, se trémoussaient mollement dans les bars à cowboys en rêvant à Marilyn. Mais cette distance réflexive ne marcherait pas sans sincérité, et l'actrice se dévoile aussi: son amie serveuse lui fait répéter les répliques et déplacements qu'elle doit mémoriser pour échapper au jeune cowboy qui a jeté son dévolu sur elle et veut l'emmener de force dans son ranch du Montana. Le moment venu, Cherie oublie ses répliques, s'embrouille, bégaie, comme la vraie Marilyn.
Le dernier acte du film, huis clos dans un relais routier entouré de neige, semble juste construit pour suivre les oscillations de sa conscience et de son corps (va-t-elle ou non se décider à suivre ce cowboy maladroit ?) dans un ballet erratique où, harrassée par le doute et le désir, elle se déplace avec peine, allongée sur le bar, enlaçant le juke-box avec une douleur indécise très physique. Sa décision enfin prise, elle se love dans le blouson qu'il lui tend, poussant des petits cris de biche, une manche après l'autre, presque au ralenti. Suspendre un moment aussi anodin (enfiler un blouson) si longtemps, tout en ayant la certitude qu'on ne la quittera pas des yeux et que ce sera le moment le plus gracieux du film, il n'y a que Marilyn pour se le permettre.

Télérama (Hors Série - Mai 2012 - par Ophélie Wiel)
"C'est la chose la plus gentille qu'on m'ait jamais dite" avoue Cherie en pleurs à Bo, qui vient de lui murmurer qu'on l'aime "telle qu'elle est". Etait-il donc impossible d'aimer Marilyn telle qu'elle était ? Bus Stop n'est pas le premier rôle "dramatique" de l'actrice, mais ce rôle-là, elle l'a voulu. Après son passage remarqué à l'Actors Studio, et alors qu'on se moquait d'elle lorsqu'elle rêvait d'interpréter la Grouchenka des Frères Karamazov, Bus Stop, oeuvre a priori mineure dans sa filmographie, la consacra enfin aux yeux de la critique. "Marilyn est devenue une vraie actrice", entendit-on. A bien y regarder, pourtant, Marilyn n'a pas changé: certes, elle a modulé sa voix dans les tons suraigus; elle a donné à Cherie un fort accent provincial du Sud; elle a accepté de chanter terriblement faux et de se ridiculiser dans des vêtements vulgaires, elle qui avait un sens si aigu du style. Enne enfile de nouveau avec sérénité le costume de la blonde stupide qu'on lui a collé à la peau. Simplement, sa fragilité ne se cache plus derrière un masque: dans Bus Stop, les deux visages de Marilyn ne font plus qu'un. A travers Cherie, c'est l'actrice qui rêve: quand elle s'était tracée une voie royale vers les étoiles de Hollywood, n'aurait-elle pas mieux fait de s'égarer en chemin ? "Au-delà de l'amour, j'ai juste envie de sentir que celui que j'épouserai me respectera." Il est grand temps, cinquante ans après sa mort, de ne plus seulement aimer Marilyn. 


> dans la presse
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04 mai 2013

Les critiques de The Seven Year Itch

Sept ans de réflexion
Lecritiques 

The New York Times
Miss Monroe apporte à ce film une touche personnelle et un je-ne-sais quoi de tangible (...) Dès le moment où elle apparaît dans le film, vêtue d'une robe qui drape ses jolies formes comme si une main experte l'avait moulée dedans, il n'émane plus de la fameuse vedette de l'écran aux boucles blond argent et aux yeux candidement écarquillés, qu'une seule suggestion, une suggestion que l'on retrouve tout au long du film. Faut-il le préciser ? Miss Monroe, de toute évidence, joue le rôle principal.

The New Yorker
Ce film offre des vues stimulantes de Marilyn Monroe, succédané du comique que George Axelrod avait introduit dans la version originale de cette bagatelle. Il arrive que Tom Ewell suscite un rire ou deux, mais quand Miss Monroe apparaît sous la forme d'une jeune personne trop réelle pour les rêves, le film est réduit au rang de la revue déshabillée.

Hollywood Reporter
Marilyn est presque parfaite dans le rôle de l'héroïne à l'idiotie plaisante et aux courbes plus plaisantes encore.

New York Daily Mirror
Tout Américain digne de ce nom attendait ce film depuis la publication des photos aguicheuses montrant le vent soulevant la jupe de Marilyn Monroe et dévoilant ses jambes sculpturales. Cela valait la peine d'attendre. "Sept ans de réflexion" est un nouvel exemple d'adaptation intelligente à l'écran d'une pièce à succés. (...) Presque tout le mérite de cette comédie réussie revient à Tom Ewell, qui avait reçu les éloges de la critique pour son interprétation au théâtre et emporta le rôle de haute lutte, et à la "Monrore". (...) L'élocuation boudeuse (de celle-ci), sa moue -incarnation du glamour de cette décennie- font d'elle l'une des plus grandes attractions de Hollywood, dont elle prouve ici, une fois encore, que ce n'est pas un modèle très brillant.

Time
La démarche tape-à-l'oeil de Marilyn Monroe est plus ondulante et chaloupée que jamais. Elle distille également une jolie note comique, qui fait penser à une Judy Holliday au babil enfantin. 

Télé 7 Jours
Inoubliable ! La robe de Marilyn soulevée par le souffle du métro ! Un film désopilant sur les affres du démon de midi.

Télé Loisir
En plus d'un divertissement de qualité avec une inoubliable scène de Marilyn Monroe, une critique amusante du "mâle" américain en proie à des fantasmes.

Télé Star
Marilyn est plus affriolante que jamais dans cette comédie délicieusement loufoque, qui voit un bon père de famille, déboussolé par le voisinage d'une créature de rêve, s'abandonner à d'hilarants fantasmes, parodies de divers genres cinématographiques ou films célèbres. Un régal. 

Les Inrockuptibles (Hors Série - 2012 - par Serge Kaganski)
"Certains l'aiment chaud" du même Billy Wilder est le film d'une réplique culte "nobody's perfect" ("personne n'est parfait"), mais c'est surtout une comédie trépidante et bourée d'idées. "Sept ans de réflexion" est le film d'une image culte, celle de la robe de Marilyn s'envolant au-dessus d'une bouche d'aération et dénudant ses cuisses voluptueuses, mais c'est une comédie laborieuse, bavarde et théâtrale au mauvais sens du terme. On rappelle le pitch: laissé seul en ville pendant les vacances d'été comme tous les maris et pères de famille new-yorkais, l'éditeur nerd Richard Sherman en pince pour sa nouvelle et gironde voisine.
Comme souvent chez Wilder, la sexualité est le moteur qui fait tourner le monde (et les têtes) mais le génial réalisateur juif autrichien est ici loin de l'inspiration débridée qui a rendu inoubliables "Certains l'aiment chaud", "Embrasse-moi idiot" ou "Un, deux, trois". Le film s'enlise dans des dialogues interminables et l'alchimie (même comique) ne prend pas entre Marilyn et Tom Ewell. Peut-être manque-t-il ici la fine fleur du rock qui électrisait "La Blonde et moi" sur un sujet similaire, avec le même Tom Ewell et Jayne Mansfield dans le rôle de Marilyn. Dans "Sept ans de réflexion" demeure cette scène iconique qui a migré dans de nombreux films et publicités et incendié l'imaginaire de génération de spectateurs. Combien de garçons (et de filles ?) n'ont-ils pas rêvé d'être à la place de la bouche d'aération ?

Télérama (Hors Série - Mai 2012 - par Guillemette Odicino)
C'est "la fille qui a chaud" (dixit Wilder) et fait monter la température sans s'en rendre compte en avouant à son voisin du dessous qu'elle met ses dessous au réfrigérateur ou en restant plantée avec délectation sur une grille d'aération de métro... Comme le voisin, un mâle moyen, célibataire le temps des vacances, a l'air conditionné, elle voudrait bien dormir chez lui. Pas "avec" lui, quoi qu'il puisse imaginer. Il ne pense qu'à "ça", elle ne pense qu'à plus de fraîcheur. Tout le malentendu Marilyn en un film. Il la drague en pianotant, tente de l'embrasser maladroitement, ils tombent du tabouret du piano. Honteux sur la moquette, il s'excuse: "Je suis désolé, cela ne m'arrive jamais." "Moi, ça m'arrive tout le temps", répond-elle, regard candide au possible de 'girl next door' pas allumeuse pour deux sous. En faisant des compliments à Tom Ewell, pourtant aussi sexy qu'une endive au jambon, Marilyn fait croire aux mâles du monde entier qu'eux aussi, elle pourrait les admirer...
Mieux: à la fin, quand ce crétin de mari fidèle part rejoindre sa femme, les hommes su monde entier se persuadent alors qu'ils pourraient résister à Marilyn. A la fenêtre, elle dit gentiment au revoir à l'endiver qui court vers une autre. Elle est resplendissante: il lui a laissé l'air conditionné.


> dans la presse
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19 décembre 2012

Les critiques de The Prince and the Showgirl

Le prince et la danseuse
Lecritiques 

The New York Times
Nous nous devons de vous dire que Miss Monroe n'ôte jamais sa robe et que Mr. Rattigan ne sort jamais du cercle vicieux dans lequel il a laissé sa maigre intrigue tomber. (...) Il n'a pas permis au film de faire davantage que de tourner en rond, encore et encore, pour s'achever sur une note triste.

New York Herald Tribune
A condition de ne pas le prendre au sérieux, 'Le Prince et la danseuse' est extrêmement divertissant. C'est assurément ce que voulait son auteur, Terrence Rattigan. Il s'amuse, nous offrant deux heures de distraction, et les acteurs ont un plaisir immense à jouer cette farce. Ils s'efforcent de garder leur sérieux, mais une étincelle dans leurs yeux suffit à les trahir.
Dans le cas de Laurence Olivier, cette étincelle doit vaincre l'obstacle d'un épais monocle pour être perceptible, et elle y parvient. Un humour subtil caractèrise son interprétation. (...) Le rôle de Marilyn est bien moins nuancé. Son personnage est celui d'une danseuse de music-hall aimable et sotte, mais rien de plus. Tout au long du film, aux rires, à l'innocence puérile, aux gloussements de plaisir et aux moues ennuyées de Miss Monroe, succèdent les roulements d'yeux grands comme des soucoupes, sans oublier les très plaisantes ondulations d'un corps tout en courbes.

New York World-Telegram and Sun
Les hauts et les bas imprévisibles qui ont marqué jusqu'à présent la carrière d'actrice de Marilyn Monroe, promettent de déboucher sur un triomphe dans 'Le prince et la danseuse'. (...) Cette charmante comédie n'a d'égale que la surprise que nous révèle Marilyn. Partenaire principal et réalisateur, Laurence Olivier révèle des dons auxquels les précédents films de l'actrice ne nous avaient pas habitués. Sa gaieté communicative est d'une folle espièglerie. Elle joue les scènes d'amour comme s'il s'agissait de jeux de petite fille. Elle interprète cette comédie bouffonne sans effort et tourne les moments solennels à la plaisanterie.

The Los Angeles Times
C'est, j'en suis sûr, la meilleure oeuvre cinématographique de Miss Monroe. Sous la direction de Laurence Olivier, elle révèle un véritable talent comique. Elle prouve également qu'elle peut désormais attirer l'attention autrement qu'avec sa célèbre démarche chaloupée.

New York Post
En tant qu'individu et actrice comique, Marilyn Monroe n'a jamais semblé aussi sûre d'elle-même. Elle réussit à faire rire sans sacrifier la véritable Marilyn à la comédie; c'est bien évidemment le propre à de grands artistes, talentueux et expérimentés. La surprise est d'autant plus agréable que Marilyn Monroe a été jusqu'à présent moitié actrice, moitié phénomène.


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17 novembre 2012

La joyeuse parade vue par Télérama

telerama“La Joyeuse Parade”
Il était une fois Marilyn | “There's No Business Like Show Business”, de Walter Lang, 1954

Article
publié par Ophélie Wiel
en ligne
sur telerama.fr

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Une jupe échancrée et un haut de bikini bien ajusté : quand Marilyn apparaît, la température monte d'un coup. Le spectateur, endormi par des chansons vieillottes, se réveille en sueur. Cette fille vient d'une autre planète, d'un autre film : La Joyeuse Parade tente de recréer le vaudeville des années 30 mais oublie que ce temps-là est bien fini.

Ce que l'on veut à présent, c'est une femme en pantalon étroit, chantant lascivement sur son canapé son désir de paresse, ou reprochant aux hommes, toutes jambes dehors, de se fatiguer d'elle dès qu'ils ont obtenu ce qu'ils attendaient d'elle. Marilyn ne voulait pas de La Joyeuse Parade, et elle se venge en lançant sa sexualité à la tête de l'univers puritain du musical hollywoodien. Cette femme-là, c'est une rebelle, une fille des fifties. Et ça se voit.

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20 octobre 2012

Les critiques de There's no business...

La Joyeuse Parade
Lecritiques 

New York Times
Lorsqu'il s'agit de faire montre de son talent, Miss Gaynor a une longueur d'avance sur Miss Monroe, dont les trémoussements et les tortillements, lorsqu'elle chante Heat Wave et Lazy, sont embarrassants à voir. 

New York Daily Mirror
Marilyn Monroe, qui détourne Donald du monde du spectacle et le pousse à revêtir l'uniforme, chante et joue sur le mode sexy dont elle est coutumière. (...) La Joyeuse Parade est un film d'une extravagance bouffonne, coloré et mélodique, avec juste ce qu'il faut de sentimentalité pure et magnifique.

New York Daily News
La Joyeuse Parade abonde en épisodes distrayants. (...) Tourné en DeLuxe Color, c'est un film à l'affiche prestigieuse; la référence à Irving Berlin lui confère du rythme, du dynamisme et une agréable note nostalgique. (...) Marilyn tient la vedette de façon amusante dans trois chansons très particulières, lorsqu'elle joue sur le mode burlesque une chanteuse sexy, interprète de chansons grivoises.
 

Variety
Il faut voir la façon dont Miss Monroe chante pour l'apprécier. Ca ne va pas chasser ses rivales du box-office; et en termes de vente de disques, elle ne fera jamais d'ombre à Miss Merman. Avec ses courbes, elle fait davantage concurrence à Mae West.


> dans la presse
 -magazine "Focus"

film-tnb-focus1551 
film-tnb-focus1552 

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19 octobre 2012

La joyeuse parade vue par DVDClassik

dvdclassik_logoCritique de La Joyeuse Parade
Article
publié par Ronny Chester
en ligne
sur DvdClassik.com

dvdclassik_joyeuseparade 

dvdla_joyeuse_parade

Générique
Année : 1954
Pays : États-Unis    
Genres : Comedie, Drame, Musical, Romance    
Réalisé par : Walter Lang    
Avec : Ethel Merman, Donald O'Connor, Marilyn Monroe, Dan Dailey, Johnnie Ray, Mitzi Gaynor, Richard Eastham, Hugh O'Brian, Frank McHugh, Rhys Williams, Lee Patrick, Eve Miller, Robin Raymond    
Montage : Robert L. Simpson    
Photographie : Leon Shamroy    
Scénario : Phoebe Ephron, Henry Ephron, Lamar Trotti    
Costumes : Travilla, Miles White    
Maquillage : Ben Nye, Helen Turpin    
Décorateur de plateau : Stuart A. Reiss, Walter M. Scott    
Direction artistique : John DeCuir, Lyle R. Wheeler    
Studios de production : Twentieth Century Fox Film Corporation


Technique
Durée : 117 min
Format d'image : 2.55:1
Couleur : Couleur 


L'histoire
dvdhis_joyeuseparadeMolly et Terence Donahue forment, avec leurs trois enfants, une grande famille de saltimbanques nommée "The Five Donahues". Ils parcourent le pays, se produisant dans des numéros de music-hall chaleureux et endiablés. Des petits bonheurs ou petits malheurs du quotidien, rien ne vient perturber leur sens du spectacle et de la fête. Cependant les enfants grandissent et, devenus adultes, finissent par afficher leur désir d’indépendance. Steve, le fils aîné souhaite quitter le métier pour entrer dans les ordres. Quant à Tim, le cadet, grand séducteur et noceur devant l’éternel, il est follement séduit par Vicky Parker, une très belle jeune femme ardente d’entrer dans la profession. De sérieuses tensions familiales font leur apparition, mais ne dit-on pas que le milieu du spectacle est une grande famille ?


Analyse et Critique
dvdan_joyeuseparadeA l’instar de That’s Entertainment, There’s no Business like Show Business tient une place particulière dans la culture américaine. Elle est devenue la chanson symbole de la comédie musicale, l’emblème d’un spectacle donnant toujours la priorité au merveilleux. Un spectacle défendu par des artistes complets, moines soldats d’un genre qui doit survivre aux différentes difficultés que ceux-ci endurent au quotidien. La Joyeuse Parade est ainsi une œuvre qui se veut un hommage vibrant à la comédie musicale et à ceux qui la font vivre sur les planches comme au cinéma. Le film est aussi et surtout un hommage à Irving Berlin, musicien américain d’origine russe grandement influencé par le Jazz, l’un des compositeurs les plus talentueux et respectés de la comédie musicale à Broadway et à Hollywood. Il composa une vingtaine de chansons pour des films comme Top Hat, En suivant la flotte ou Noël Blanc. Irving Berlin fut également l’auteur du célèbre hymne patriotique "God Bless America". Jerome Kern, autre grand compositeur qui révolutionna le musical dans les années 1910 et 1920, dit de lui un jour : "Berlin ne tient aucune place particulière dans la musique américaine… il EST la musique américaine".

Pour toutes ces raisons, on aurait donc bien voulu encenser un tel film, s’enflammer devant la perspective alléchante d’un aussi beau spectacle. Malheureusement, il nous faut vite déchanter face à un film poussif, dénué de toute émotion et de talent proprement cinématographique. Le problème se situe véritablement à la base : le scénario n’est manifestement qu’un prétexte à un enchaînement de numéros musicaux. Daryl Zanuck, initiateur du projet, ne s’est pas trop soucié de produire un film soutenu par une véritable intrigue et de réels enjeux dramatiques. Le sujet de La Joyeuse Parade se résume à une historiette insipide faisant vaguement le lien entre les différentes et nombreuses chorégraphies. De plus, le film ne se trouve pas vraiment être une comédie musicale dans le sens où les segments musicaux ne s’insèrent pas dans la dramaturgie du récit, exception faite de la chanson "A Man chasses a Girl" interprétée par Donald O’Connor.

Ensuite, la Fox eut la volonté d’utiliser un nouveau format de pellicule apparu depuis un an : le Cinémascope. Grâce à ce dernier, les spectateurs allaient voir sur l’écran un spectacle inédit. Le film fut en effet la première comédie musicale tournée dans ce format. Mais innovation technique n’est point synonyme d’innovation artistique. Et le metteur en scène Walter Lang, à qui Zanuck confia la réalisation du film, le prouve brillamment si l’on puis dire. Walter Lang fut un réalisateur docile et appliqué comme il y en eu des dizaines à Hollywood. Il signa de nombreuses comédies (musicales ou non) dont la plus célèbre reste sans doute la version du Roi et moi de 1956. Mais ce dernier film doit sa réussite bien plus à la qualité de son livret (signé Rodgers & Hammerstein), à ses interprètes (Deborah Kerr et Yul Brynner) et à ses qualités plastiques qu’à la réalisation désespérément plate de Lang. Ancien illustrateur de mode, le metteur en scène ne fait justement que cela : illustrer. Et La Joyeuse Parade en est l’exemple le plus frappant. La caméra se contente de suivre les prestations des comédiens en plans larges, se rapprochant par moments de la scène mais pas trop près car, comprenez-vous, le cinémascope est là pour faire entrer tout ce joli monde dans son cadre extra large. On a donc véritablement l’impression d’assister à du théâtre filmé ou plutôt du music-hall filmé, devrait-on dire. Et en dehors des numéros musicaux, Walter Lang continue de plus belle en appliquant le même principe, la caméra ne faisant qu’honorer misérablement son format : plan large / léger travelling avant / léger travelling arrière, etc...

On constate enfin, et c’est bien là le paradoxe avec La Joyeuse Parade, que le cinémascope, évolution technique majeure s’il en est, a fait reculer d’une demi génération la représentation de la comédie musicale à l’écran. On en est revenu, avec ce film, à l’illustration pure et simple de superbes numéros musicaux comme le furent ceux de Busby Berkeley. Il ne s’agit évidemment pas de dénigrer cette merveilleuse période des années 1930, source de tant de beauté et de création. Mais comment peut-on, en 1954, faire fi du renouveau apporté par le sublime et baroque Vincente Minnelli, comme de la modernité venue du couple formé par les fougueux Stanley Donen et Gene Kelly ? Il faudra attendre jusqu’à 1961 pour qu’un cinéaste digne de ce nom utilise le cinémascope à de réelles fins artistiques dans une comédie musicale. On pense évidemment à Robert Wise et West Side Story.

La distribution de La Joyeuse Parade fait la part belle à des interprètes spécialistes du genre. Ethel Merman fut une fameuse artiste de Broadway qui avait créé sur scène deux célèbres Musicals de Irving Berlin : Annie get your Gun et Call me Madam. Dan Dailey était également un acteur complet, chanteur et danseur, très apprécié aux Etats-Unis bien qu’il ne fût pas véritablement considéré comme une star. Il figura dans de nombreuses comédies musicales dans les années 40 et 50. Ces deux comédiens, jouant le couple Donahue, manquent néanmoins quelque peu de charisme. Lisses et gentillets, ils ajoutent un peu trop de mièvrerie à un scénario qui en regorge déjà beaucoup. Ethel Merman et son côté "bobonne", flanquée de la sympathique mais trop sage Mitzi Gaynor, nous font amèrement regretter les personnages forts et charismatiques qui peuplent les films de Donen ou Minnelli. Heureusement, le jovial et sautillant Donald O’Connor apporte sa fraîcheur et son énergie communicative à un film qui en manque définitivement.

Mais ne restent-il pas des raisons de se réjouir à la vision de La Joyeuse Parade ? En dehors des performances de Donald O’Connor et de quelques tableaux enchanteurs (dont l’émouvant tableau final reprenant la chanson titre), les quelques instants de bonheur proviennent assurément de la présence de Marilyn Monroe. Une Marilyn qui fit des pieds et des mains pour ne pas figurer dans le film. Darryl Zanuck, qui avait acquiescé à son désir de renoncer au projet Pink Tights, l’obligea à accepter ce second rôle qu’elle renâclait tant à jouer. Le fameux contrat de sept ans qu’elle avait signé avec la Fox, et qu’elle allait bientôt casser, ne lui laissait pas d’autre alternative. Alors qu’au même moment, le grand réalisateur Henry Hathaway terminait l’adaptation du roman "Of human bondage" de Somerset Maugham, et espérait y faire jouer Marilyn Monroe et James Dean, on n’ose pas imaginer ce que nous avons perdu au change… Mais Zanuck fit la sourde oreille.

Dans la Joyeuse Parade, Marilyn Monroe interprète trois chansons : "After you get what you want", "Heat Wave" et "Lazy". Dans le premier acte, sa présence lumineuse et sa voix langoureuse avec ses vibratos donnent enfin un peu de chaleur au film. Et cela même si Walter Lang ne sait absolument pas la filmer, en la desservant avec ses plans larges, alors que Marilyn est bien meilleure chanteuse que danseuse. Nos vœux sont quand même exaucés avec le tableau "Heat Wave" qui porte bien son nom. La sensualité affriolante de Marilyn y fait merveille. Ses déhanchements lascifs et son jeu de scène suggestif affolent les rétines. Cette séquence, plus gestuelle que dansante, parvient heureusement à la mettre en valeur. Bizarrement, on a enfin le droit à un gros plan, ce qui prouve que même un réalisateur médiocre peut se sentir pousser des ailes devant un tel phénomène. La chanson "Lazy" est également propice à un joli numéro dans lequel Marilyn, accompagnée de Mitzi Gaynor et Donald O’Connor, impose à nouveau sa sensualité et son tempérament.

Malheureusement, c’est lors du tournage de ce film que la santé de Marilyn Monroe commença à chanceler. Les effets secondaires de sa consommation répétée de somnifères commençaient à se faire sentir. C’est également sur ce plateau qu’elle fit la connaissance de Susan Strasberg qui allait bientôt jouer un rôle important dans sa vie personnelle et professionnelle. Quant à La Joyeuse Parade, on laissera le dernier mot à Marilyn : " un rôle idiot dans un film idiot.. ". Rideau !


DVD
dvd_la_joyeuse_parade_fpe_diamond_collection 
DVD Diamond Collection 20th Century Fox 2002
 DVD - Région 2
20th Century Fox
Parution: 4 / 9 / 2002 

Technique
Durée : 112 min
Support : 1 DVD9
Région : 2
Norme : PAL
Format cinéma : 2.55 : 1
Format vidéo : 16/9
Langues : anglais en 3.1 et italien en mono 2.0
Sous-titres : anglais, français, italien, hollandais, grec 

Image : Encore une fois, le coffret "The Diamond Collection" des films de Marilyn se distingue par sa qualité technique. La copie proposée a été magnifiquement restaurée. Les images sont quasiment nettoyées de toute impureté. Les couleurs sont belles et pimpantes. On remarquera néanmoins, pour faire le difficile, un léger voile granuleux sur tout le film dû à la compression. Mais cela n’entache en rien la vision d’un tel spectacle coloré. A noter que l’on a droit au format dit "Cinémascope 53" avec un rapport impressionnant de 2.55.

Son
: L’éditeur offre une piste originale mixée en 3.1. Cette bande son apporte donc une spatialisation bienvenue à l’avant et un canal dédié au caisson de basse (qu’on qualifiera de symbolique). La stéréo avant est appréciable, même si l’ensemble manque de dynamique. Cependant, les voix restent claires. Malheureusement, à plusieurs reprises, quelques voix sont illogiquement déportées sur les voies latérales, provoquant des effets déplaisants. Le DVD ne propose pas de piste française. Une version italienne en mono est présente, mais elle est caractérisée par un souffle important et un doublage… particulier. On ne saurait trop recommander la version originale.

dvdbo_joyeuseparadeTrois bandes annonces : une première bande annonce originale (4’15’’) en cinémascope non sous-titrée, un peu usée ; une seconde bande annonce originale (2’41’’) plus propre mais aux couleurs passées ; une bande annonce portugaise (2’41’’), qui est la traduction de la précédente (le film s’appelle O Mundo da Fantasia.
La restauration du film (1’59’’), une comparaison avant et après, introduite par trois pages d’explications en anglais (non sous-titré) sur le processus de restauration.
Une affiche originale du film en couleur.
Le chapitrage fixe et muet.

17 juin 2012

Les critiques de River of no return

La rivière sans retour
Lecritiques 

New York Times
Le paysage montagneux est spectaculaire, tout comme, à sa façon, Miss Monroe. On peut se demander ce qui, du paysage ou de la participation de Marilyn Monroe, constitue l'attrait majeur de Rivière sans retour (...). Les paysages de montagnes sont splendides, mais, à sa façon, Miss Monroe l'est aussi.

New York Post
D'une manière générale, le décor ne mérite que des éloges, et le cinémascope trouve là un domaine à sa mesure. Les séquences sur la rivière sont dramatiques à souhaits. Mr Mitchum et les autre interprètes masculins sont chez eux au milieu des montagnes et des arbres; en fait, Miss Monroe est le seul véritable pôle d'attraction du film. L'éblouissant face à face de Miss Monroe et de la nature environnante déroute et attire à la fois. Car si elle-même personnifie l'instinct naturel, son maquillage et ses cheveux
décolorés lui confèrent une apparence artificielle aux antipodes du naturel. Cela crée une sorte de tension difficile à définir, mais qui se manifeste très concrètement pour de la publicité, de la popularité et l'intérêt du public.

Los Angeles Examiner
Miss Monroe s'applique à faire tout ce que l'on exige d'elle dans cette longue aventure, il n'y a pas de doute, mais, à ce stade de sa carrière d'actrice, elle n'est pas tout à fait à la hauteur des éléments profondément dramatiques du film.

Télé 7 jours
Marilyn Monroe nous remue le coeur avec des chansons inoubliables et son duo d'amour avec Robert Mitchum ne peut que toucher toutes les âmes sensibles. Images superbes. Un récit prenant.

Télé Poche
Une superbe épopée dans des paysages magnifiques du cours de laquelle action et émotion alternent avec bonheur.

Télé Star
La virilité de Robert Mitchum et l'indicible éclat de Marilyn Monroedans un superbe western en cinémascope, fertile en rebondissements et imprégné de gravité et de mélancolie.

Télé Loisirs
Ce western inhabituel, sauvage et beaun s'intéresse d'abord aux personnages. Mitchum, l'ours au coeur tendre, et Marilyn, forment un couple inoubliable. Quant aux scènes de descentes de la rivière en radeau, elles sont à couper le souffle.


La presse

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04 février 2012

Les critiques de How to marry a millionaire

Comment épouser un millionnaire
Lecritiques 

New York Daily News
Betty Grable,
Lauren Bacall et Marilyn Monroe, piquantes et drôles à souhait, formidablement servies par la fantaisie de Nunnaly Johnson, jouent avec un naturel qui met en valeur l'effet comique. C'est la comédie la plus drôle de l'année.

New York Herald Tribune
A la question "A quoi ressemble Marilyn Monroe sur grand écran", il est facile de répondre. Si vous tenez à être au premier rang, vous aurez l'impression d'être enrobé dans une omelette norvégienne. Vue de loin, sa plastique est toujours aussi affriolante; son jeu de comédienne pince-sans-rire est aussi agréable que son physique. Séductrice myope qui refuse de porter des lunettes quand un homme se trouve dans les parages, elle se cogne au meubles et lit des livres à l'envers avec un air faussement naïf qui vous fait fondre... Comment épouser un millionnaire se mesure à la formidable invention comique du tandem Johnson-Negulesco et aux formes de Marilyn -et c'est ce que vous pouvez attendre de mieux.

New York Post
Vous remarquerez que Miss Monroe a incontestablement acquis une bonne dose d'expérience en matière de comédie légère.

Télé Cable Satellite
Une comédie amusante et entraînante dans laquelle Marilyn Monroe compose un personnage savoureux et offre un numéro extraordinaire. 

Télé Star
Myope de charme, Marilyn Monroe rafle la vedette de cette agréable comédie sentimentale.


> articles de presse
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25 mai 2011

Comment épouser un millionnaire vu par DVDclassik

logo_dvd_classikCritique de Comment épouser un millionnaire

Article publié par Roy Neary
en ligne
sur DvdClassik.com

 1ti_million

6ja_million
Réalisateur : Jean Negulesco
Avec : Betty Grable, Marilyn Monroe, Lauren Bacall, David Wayne, Rory Calhoun, Cameron Mitchell, William Powell
Scenario : Nunnally Johnson
Musique : Alfred Newman
Directeur de la photo : Joe MacDonald
Un film 20th Century Fox
USA - 92’ - 1953

 
dvdclassiktec_modele
FPE
Couleur / 92 mn
Zone 2
Format cinéma : 2,55
Format vidéo : 16/9
Langues : anglais en 3.1, français, allemand, italien, espagnol en mono 2.0
Sous-titres : français, anglais, allemand, italien, espagnol, hollandais et 12 autres langues 

 


2his_millionTrois splendides top models fauchées emménagent dans un luxueux appartement laissé vacant par une personne en délicatesse avec les services financiers de l’état. Les trois jeunes femmes partagent le même but : utiliser tous les stratagèmes à leur disposition pour séduire et épouser un millionnaire. Aveuglées par leur soif de richesse, elles négligent les hommes sincèrement épris de leurs charmes. L’amour triomphera-t-il finalement de l’argent ? 

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3an_millionLes hommes préfèrent les blondes
connaît un succès public retentissant. La Fox y voit rapidement l’opportunité de prolonger la réussite commerciale du studio en produisant une suite officieuse au film de Howard Hawks. En novembre 1953 sort donc Comment épouser un millionnaire réalisé par Jean Negulesco. Le film remplit les salles au-delà de toute espérance et dépasse son illustre aîné au box office. Le pari financier de Zanuck est gagné haut la main. Le film bénéficie en outre de l’apport tout récent du Cinémascope, nouveau format étrenné la même année par La Tunique de Henry Koster. Comment épouser un millionnaire devient ainsi la première comédie de l’histoire du cinéma tournée en Cinémascope.

La recette apparaît donc fort simple : on prend Les hommes préfèrent les blondes et on étend ses attributs dans plusieurs dimensions. Les personnages principaux ne sont plus deux mais trois belles jeunes femmes arrivistes et vénales, la surface de l’écran n’est plus carrée mais rectangulaire, les décors extérieurs sont plus nombreux. On perd en route l’aspect musical de son prédécesseur, mais c’est sans doute pour mieux développer les situations de comédie pure. Et qu’obtient-on en retour ? Certainement une des comédies les plus insipides qui soit. C’est bien malheureux mais cette superproduction tombe souvent à plat, et sa force comique se révèle très inférieure à celle que nous avons l’habitude de rencontrer dans maintes productions américaines du même genre. La satire jouissive du film de Howard Hawks est absente : les bons sentiments coulent de source et un happy end trop consensuel fait passer à la trappe le semblant de critique sociale dont on espérait naïvement un développement.

En attendant ce qui ne viendra jamais, le spectateur se voit d’entrée proposer une scénographie apte à retranscrire les sensations provoquées par le Cinémascope. Le film s’ouvre sur la prestation d’un orchestre symphonique dont l’impressionnante composition occupe toute la largeur de l’écran. Alfred Newman conduit lui-même l’orchestre qui interprète le thème principal du film. Le format 2.55 est évidemment mis à profit pour mettre en valeur les différentes sections de musiciens. Enfin apparaît le générique puis les premières scènes qui nous présentent quelques vues aériennes de New York. Après donc un début certainement impressionnant pour les yeux d’un spectateur découvrant le format Cinémascope en salles, Comment épouser un millionnaire peine à retrouver le lustre de son introduction que seul les décors et le Technicolor entretiennent. Le film manque gravement de rythme et l’intrigue avance péniblement, mal servie par une mise en scène fonctionnelle de Jean Negulesco. Le réalisateur d’origine roumaine fut l’un de ces metteurs en scène exécutants, simplement attentifs aux ordres des studios, mais il fit cependant dans le passé preuve de plus de raffinement et de talent avec des œuvres comme Johnny Belinda ou Road House.

L’intérêt du film provient simplement, une fois de plus, de ses comédiennes. Trois belles stars dont les statuts respectifs sont pourtant bien différents en ce début des années 1950. La superbe, altière et plantureuse Lauren Bacall trône au sommet de sa popularité, la prometteuse et sensuelle Marilyn Monroe déboule en force, prête à incendier Hollywood sur son passage, et Betty Grable, la fameuse et très populaire pin-up des années 1940, est sur le déclin. Cette dernière fait d’ailleurs pâle figure devant la classe naturelle de Bacall, qui se révèle être le personnage central du film au grand bonheur de ses admirateurs, et la sensualité comique de Monroe. Marilyn nous offre justement une prestation délicieuse en jouant un personnage affublé d’une forte myopie, honteux de son handicap au point de systématiquement cacher ses lunettes devant les hommes. La voir se cogner aux murs ou parler dans le vide constituent d’ailleurs les rares moments comiques du film. Occasionnellement, le film se permet de jouer avec la légende hollywoodienne. En effet, on voit Lauren Bacall faire allusion à The African Queen et à son attirance pour les vieux mâles (Humphrey Bogart en l’occurrence), Betty Grable ignorer la chanson de son époux à la ville Harry James, et Marilyn Monroe parler de strangulation en référence à Niagara.

Comment épouser un millionnaire s’avère donc une réelle déception pour qui s’attendrait à une fraîche et pétillante comédie. La faute à un scénario poussif, pourtant dû au grand scénariste et producteur Nunnally Johnson (La Femme au portrait de Lang, The Dark Mirror de Siodmak, Le Renard du désert de Hathaway ou Les 12 Salopards de Aldrich), à un manque flagrant d’originalité et à une réalisation engourdie et sans relief. Seuls les amoureux transi de Lauren Bacall et Marilyn Monroe arriveront peut-être à trouver un certain plaisir à la vision de ce film totalement écrasé par l’ombre de son célèbre prédécesseur.

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4dvd_millionImage : A part quelque rares petites taches, la copie est d’une propreté exemplaire. Les couleurs sont vives et saturées et le contraste excellent, malgré quelques écarts. La restitution du cinémascope est exemplaire. On notera, comme souvent dans cette collection consacrée à Marilyn, une pixellisation continue et légère des arrière-plans. On déplorera aussi et surtout des problèmes à chaque changement de plans en fondu enchaîné : les variations de couleur et de contraste sont bien trop importants lors de ces raccords.

Son : La piste anglaise est mixée en 3.1, la musique profite joliment de cette spatialisation mais il arrive trop souvent que les voix des personnages soient déportées sur les enceintes latérales au contraire de toute logique. La version française est étouffée et perd toutes les ambiances, mais si vous voulez entendre Annie Cordy doubler Lauren Bacall…

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5bo_millionLa bande annonce originale (2’22’’) en noir et blanc. Elle ne présente aucun extrait du film, seulement des photos avantageuses des trois belles célibataires. Une profusion de panneaux et de titres glorifient le film et insistent sur la présence du format Cinémascope.


Une bande annonce italienne (2’29’’) en couleur et d’assez bonne qualité. Plus traditionnelle, elle offre une vraie alternative à la bande annonce précédente en montrant des extraits du film.

La restauration du film (4’34’’) : une comparaison avant et après, introduite par un texte en anglais non sous-titré de 4 pages.

Les Archives Movietone News (1’18’’) : les actualités cinématographiques présentent la Première du film en salles avec la présence de nombreuses stars hollywoodiennes.

Le chapitrage est fixe et muet (24 chapitres)
 

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