11 janvier 2014

Marilyn Monroe : ses pensées illuminent les planches

 leparisien_logoMarilyn Monroe : ses pensées illuminent les planches
Article publié le 7/01/2014
en ligne sur leparisien.fr

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L'actrice française Lolita Chammah ressuscitera l'icône hollywoodienne Marilyn Monroe dans la mise en scène de Fragments par Samuel Doux. Crédits photo : Rue des Archives/© Rue des Archives/DILTZ

Les Fragments de l'icône hollywoodienne, parus en 2010, seront mis en scène par Samuel Doux à Orléans dès le 15 janvier. La fille d'Isabelle Huppert, Lolita Chammah, a été choisie pour donner vie aux précieux mots de la star disparue.

Depuis quelques mois, elle est l'héroïne de la nouvelle campagne de publicité pour le parfum N°5 de Chanel. La robe blanche qu'elle a portée dans Sept Ans de réflexion, de Billy Wilder, vient d'être désignée comme «le costume le plus culte d'Hollywood» par la British Heart Foundation. Le théâtre rend à son tour hommage à Marilyn Monroe... le strass en moins.

C'est l'écrivain, réalisateur et scénariste français Samuel Doux qui a eu à cœur de mener à bien ce projet, rapporte le webzine Écran noir. Pas de comédie musicale façon Smash , mais la mise en scène de Fragments , un recueil paru aux éditions du Seuil en octobre 2010, composé de 104 fac-similés des manuscrits de Marilyn Monroe. Des poèmes, écrits intimes, lettres teintés de désespoir, accompagnés de leurs transcriptions et de leurs traductions. Ces textes inédits, assortis de 33 photos qui présentent Marilyn en lectrice ou en compagnie d'écrivains, éclairent la relation singulière que l'actrice entretenait avec la littérature... et prouvent que sa personnalité ne se limitait pas à son décolleté plongeant et à sa sensualité débordante.

Pour donner vie à ces précieux mots, témoins d'une existence aussi lumineuse que chaotique, le metteur en scène a choisi une autre blonde: Lolita Chammah, vue aux côtés de sa mère Isabelle Huppert dans Copacabana de Marc Fitoussi, qui connaît bien, dit-elle, cet écartèlement entre le désir du regard et celui de la reconnaissance. «Enfant, je jouais à être Marilyn. Aujourd'hui ce qui rend imaginable ce projet, c'est justement de ne pas tenter de l'interpréter, de ne pas chercher l'incarnation, mais plutôt de la retrouver au travers de ses textes d'abord et de mon enfance aussi

Un cadre simple, un jeu de lumière

Sur un plateau obscur, où clignotent au néon les noms d'Arthur Miller, John Huston et Lee Strasberg, la jeune actrice donnera corps aux doutes qui tourmentaient Norma Jean. Une mise en scène que Samuel Doux décrit: «Sur la scène la lumière fait apparaître et disparaître la jeune comédienne. Cadre simple, architecture des années 1950, une ouverture, un format long, un écran, une baie vitrée, un ciel ou le vide. Une coursive qui entoure un salon ou une piscine ou la scène elle-même. Nous travaillons [avec le scénographe Éric Soyer] à la fois dans la profondeur et jusque très près des spectateurs. Sans frontières. Est-il possible, dans l'espace, grâce à la lumière, à la distance et au corps, de traduire le flou et le net?»

Samuel Doux a déjà prouvé son engouement pour la face sombre de la belle en mars dernier, avec une mise en lecture de La Fin du film, d'Arthur Miller, qui raconte le tournage dramatique du long métrage de John Houston: Les Misfits (Les Désaxés). Fragments avait, par ailleurs, inspiré la chaîne américaine HBO pour le documentaire Love, Marilyn présenté au Festival de Toronto l'an passé et diffusé pour la première fois à la télévision en juin dernier. La première théâtrale de l'ouvrage, d'une durée d'une heure trente, aura lieu le 15 janvier au Centre Dramatique National d'Orléans/Loiret/Centre pour une dernière représentation le 23 janvier.

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16 juillet 2011

TV - Un Livre, Un Jour

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Mercredi 20 juillet 2011 - 17h20 - sur France 3
Magazine - Un livre, un jour

 Durée : 10 minutes
Présenté par : Olivier Barrot.

Sujet : "«Fragments», de Marilyn Monroe (Le Seuil)".

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10 février 2011

Pleine Vie février 2011

mag_pleine_Vie_N_296_Fev_2011coverLe magazine Pleine Vie de février 2011, n°296, consacre un article sur le livre Fragments.

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27 novembre 2010

Rencontres avec Bernard Comment

Je vous joins un mail que j'ai reçu:

Bonjour,

Suite à la publication inédite et mondiale de « Fragments », textes, poèmes et documents de Marilyn aux éditions du Seuil, je vous propose de vous envoyer une liste de trois rencontres à venir ce mois-ci, en présence de l’éditeur Bernard Comment, qui a travaillé plus de deux ans sur ce livre,est allé à la rencontre des proches de Marilyn, et a touché au plus près de son intimité. Peut-être cela interessera-t-il vos fans. Très belle continuation à vos sites.

Cordialement,

Loraine Capelier
25, bd Romain Rolland
CS 21 418
75 993 Paris cedex  14
01.41.48.83.73

www.editionsduseuil.fr 
www.fictionetcie.com

Soirée-Rencontre avec l’éditeur Bernard Comment le 10 décembre au Comptoir des mots à 20h, 239 rue des Pyrénées-75020 Paris

Soirée-Rencontre avec l’éditeur Bernard Comment le 12 décembre à la librairie l’Arbre à lettres à 16h, 14 Rue Boulard , 75014 Paris-01 43 22 32 42

Soirée-Rencontre avec l’éditeur Bernard Comment le 17 décembre à la librairie les Cahiers de Colette à 18h30, 23 Rue Rambuteau, 75004 Paris- 01 42 72 95 06

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26 novembre 2010

Blondes… MAIS écrivains

Blondes… MAIS écrivains: De Marilyn Monroe (« Fragments ») à Nelly Arcan (« A ciel ouvert »)
article publié le 15 novembre 2010
par Alexandra Galakof sur blogs.lexpress.fr
 

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  --- ARTICLE SUPPRIME DU BLOG A LA DEMANDE DE L' "AUTEUR" SUITE A DES MENACES DE POURSUITES POUR FAIRE SUPPRIMER LE BLOG EVOQUANT LA RAISON DE "PLAGIAT" BIEN QUE LE NOM DE L'AUTEUR ET LA SOURCE DE L'ARTICLE SONT MENTIONNES  --- 

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20 novembre 2010

Marilyn et le papillon

Marilyn et le papillon

Article publié le 25/10/2010
en ligne sur lemonde.fr 

Il est parfois infranchissable, le gouffre qui sépare un être solaire de ceux qui le regardent, et il faudrait des milliers de mots pour raconter l'étendue de l'effarement : parler de cette béance, de l'incompréhension, parler encore de l'ambiguïté, de l'insondable mystère d'entre les gens, dire que l'on est dissemblable de l'image qui s'imprime sur les rétines avides et voyeuses. L'étrange avec ces Fragments qui viennent d'être publiés, c'est qu'ils surgissent quarante-huit ans après un troublant suicide. Les milliers de mots qui nous manquaient afin de savoir qui fut, au plus intime, Marilyn Monroe, née Norma Jeane Baker, s'étalent là comme un livre des aveux et des secrets, une analyse révélée, ils parlent du vide sidéral qui régna entre les nombreuses biographies qui nous furent proposées et une réalité têtue, restée muette jusqu'à ce jour.

Très tôt, la jeune femme fut la proie des photographes, qui voyaient en elle une jolie fille à la moue pulpeuse, au corps voluptueux qui séduisit tant les pellicules argentiques. Surexposées, la solitude et la souffrance se sont emparées de Marilyn. Comme un dysfonctionnement entre réalité et irréalité, elle vit son corps propulsé à la lumière alors que stagnaient cette autre partie d'elle régnant dans l'obscurité de son coeur, une autre vie faite de peur, d'angoisses, d'aspiration à la folie, un trouble ontologique qui la faisait être deux alors qu'elle ne désirait qu'une chose : comprendre. Comprendre le fantasme qu'elle incarnait, le mythe de chair qu'elle représentait, désirant plus que tout voir se mêler aux regards des autres ses songes, ses détresses, ses cris, ses larmes. Dédoublée, elle vit avec horreur sa personne exposée au vu et au su de tous alors qu'inexorablement un "exil intérieur" la faisait s'éloigner du monde. "A l'aide à l'aide/Je sens la vie qui se rapproche alors que tout ce que je veux c'est mourir."

Elle sut très vite qu'on ne voyait en elle qu'une silhouette : "J'en ai assez d'être pour les gens la fille bien roulée", que lorsque sur une photo on la voyait lire l'Ulysse de Joyce, chacun se gaussait et songeait à l'imposture, qu'il s'agissait d'une mise en scène afin que la ravissante idiote puisse passer pour une érudite. Bien sûr, pour les ayatollahs des lettres, il y a dans ces écrits des mièvreries et lieux communs, mais ce qui submerge plus que tout c'est l'instinct de mort qui rôde là, le goût du désastre, du néant.

Pourtant, quelle actrice fut autant photographiée qu'elle, un livre à la main, ou encore en compagnie d'écrivains comme Karen Blixen et Carson McCullers, ou alanguie dans les bras de Truman Capote, l'instant d'une valse ? Or aujourd'hui on se rend compte en lisant ses poèmes, ses lettres, ses écrits intimes qu'elle connaît la littérature, qu'elle est une pensée, qu'elle écrit à vue, sans règles, à la manière surréaliste, qu'elle analyse comme personne le monde et les hommes. Sa bibliothèque ne comptait-elle pas plus de quatre cents volumes, des classiques (Milton, Dostoïevski, Whitman) aux contemporains (Hemingway, Beckett, Kerouac...) ? Elle fait des fautes d'orthographe, et alors ? N'est-ce pas Proust - auteur qu'elle lisait sur le tournage de Nid d'amour en 1951 - qui eut cette étrange formule : "Toute faute d'orthographe est l'expression d'un désir." Et le désespéré désir de Marilyn était simple : que chacun ne se contente pas de l'apparence des choses mais fouille sous la peau jusqu'à l'os, là où ça crie. Ambivalente, on apprend qu'elle s'évertua à jouer, toute sa courte vie, un rôle : "Ma vie est peut-être plus équilibrée qu'elle n'aurait pu l'être si je n'avais eu cette capacité sociale à me montrer agréable ou charmante.""Je sais que je ne serai jamais heureuse, mais je peux être gaie ! Est-ce Milton qui a écrit : Les gens heureux ne sont jamais nés ?" Elle, qui n'a aucune illusion sur le bonheur :

Si, à ses débuts, sa fulgurante beauté fut sa plus grande alliée, celle-ci sera sa plus redoutable ennemie lorsque les sunlights d'Hollywood se seront emparés d'elle. Devenue sex-symbol, elle se sent happée par le regard des autres, étrangère à elle-même, dilapidée, elle s'éparpille et se disloque : "Je ne peux plus me rassembler." Comme un verre brisé, elle tente de recoller chaque morceau, mais le puzzle se complique : tantôt le besoin rassurant de séduction est vainqueur, tantôt c'est le repli sur soi qui l'emporte et, prisonnière de cette dualité mortifère, elle se brûle et verse des larmes, elle qui aimerait tant retrouver sa naïveté adolescente, ses émois d'alors, une innocence...

Emouvante Marilyn qui nous apparaît telle une coquille de noix flottant sur l'océan, ballottée par les courants, les vents, soumise aux orages et aux éclairs du grand large, elle est la chevrette de Monsieur Séguin qui résista toute une nuit dans un vain combat. Elle se débat, rêve d'être un pur esprit, sans enveloppe corporelle, désincarnée. Elle ne veut qu'être une femme et pas seulement un corps. Ses nombreux visages d'effroi qu'ont su saisir Cartier-Bresson, Elliott Erwitt, Bruce Davidson, l'équipe de Magnum, nous font songer à ceux qui, revenus des aurores blanches de la mort, se résignent à vivre dans un monde incrédule, hostile, incapable de lire dans ces yeux venus d'ailleurs que la partie, pour ceux-là, est désormais perdue.

Marilyn rêva d'être réincarnée en papillon. Ne serait-ce pas elle qui nous enchante à l'aube des étés, quand ces merveilleux paons de jour virevoltent dans l'azur, légers, libres, aux couleurs chatoyantes, qu'ils nous frôlent et nous donnent un désir fou de les tenir, une poignée de secondes, dans le creux de nos mains ?


Yves Simon a reçu le prix Médicis pour La Dérive des sentiments et le Grand Prix Chanson de l'Académie française pour son œuvre discographique. Dernier livre : Jack London, le Vagabond magnifique (Mengès, 2007). Dernier CD : Rumeurs
(Barclay/Universal, 2007)

Yves Simon, écrivain

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11 novembre 2010

L'autre Marilyn Monroe

L'autre Marilyn Monroe
article publié le 2 novembre 2010
par Chantal Guy sur cyberpresse.ca
 

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Plus de 48 ans après sa mort, Marilyn Monroe continue de nous fasciner. Dans un livre exceptionnel qui paraît aujourd'hui, les fans ont pour la première fois un accès privilégié à l'intimité de la star. Fragments rassemble les textes inédits de Marilyn Monroe, écrits entre 1943 et 1962, dans lesquels on découvre une autre Marilyn. Mélancolique, lucide, avide d'apprendre et sans aucune illusion sur elle-même et sur le monde. Entrevue avec Bernard Comment, qui a eu l'insigne honneur d'éditer ces documents rares et précieux.

212289_marilyn_monroe_avec_carson_mccullers«J'ai été très ému de voir ces papiers et cette émotion incroyable, les gens doivent l'éprouver», confie au bout du fil Bernard Comment, éditeur au Seuil. Voilà ce qui explique la forme particulière de Fragments, dans lequel tous les textes de Marilyn Monroe sont reproduits en fac-similés. La matérialité graphique de ces écrits donne effectivement une dimension émotive à la découverte.

C'est le hasard qui a voulu que Bernard Comment tombe sur ces documents exceptionnels, qui font l'envie de tous les éditeurs. Un ami de la famille Strasberg - qui détient les droits de la succession de Marilyn Monroe - voulait l'avis d'un éditeur sur ces papiers inédits. Bernard Comment s'est donc retrouvé à New York, en compagnie d'Anna Strasberg, veuve de Lee Strasberg qui a été le professeur de l'actrice légendaire.

«J'avais un énorme handicap: étant un éditeur très littéraire, je n'avais pas beaucoup d'argent à proposer, c'est la première chose que je lui ai dite. En fait, cela a été mon meilleur atout, car c'est exactement ce qu'elle avait envie d'entendre. Elle ne voulait pas faire ce livre pour gagner de l'argent, mais parce qu'elle avait l'impression de détenir un trésor. Elle voulait quelque chose de soigné et de respectueux.»

Et quelque chose d'incarné. Ici, Marilyn ne passe pas une fois de plus par l'interprétation de quelqu'un d'autre. Elle est l'auteure de ce livre, c'était l'un des objectifs de l'éditeur. «Ce n'est pas un journal intime, avec le côté un peu artificiel quand on écrit pour être lu. Là, ce sont des écrits bruts, ses états d'âme. C'est très rare que quelqu'un nous laisse des traces comme ça. Je trouve que ce livre révèle une âme et, surtout, une belle âme.»

Le choix des photos illustrant Fragments respecte cette idée d'aller au-delà de l'éternelle image de la belle blonde pulpeuse, le plus célèbre sexe-symbole du XXe siècle. Ce désir de s'affranchir des studios hollywoodiens, de se cultiver, de perfectionner son jeu plutôt que de rester confinée à cette image de rêve était accueilli avec beaucoup de scepticisme ou d'ironie à l'époque, comme s'il y avait quelque chose de choquant à ce qu'une femme aussi belle ne se contente pas tout simplement de ce que la nature lui avait donné. Pas de Marilyn en bikini dans ce livre, mais en compagnie d'écrivains, ou alors qui tient un livre à la main. Ses lectures allaient de Flaubert à Kerouac, en passant par Camus, Beckett et Joyce. Pendant sa recherche, Bernard Comment a été étonné du souci de la star de vouloir se faire photographier avec les livres.

«Ce n'est pas du chiqué, note l'éditeur. De son vivant, elle voulait échapper aux clichés qui étaient donnés sur elle. Pas qu'ils soient inexistants, c'est Marilyn Monroe, elle était époustouflante! Mais elle voulait affirmer autre chose. Ce livre est la confirmation et l'affirmation de cette autre chose qui ne contredit en rien la magnifique icône qu'elle est et qu'elle reste.»

Fragments est un titre qui résume bien le projet de ce livre. Marilyn ne tenait pas régulièrement un journal, elle écrivait sur des feuilles volantes, dans des agendas qu'elle ne terminait pas, sur le papier à lettre du Waldorf-Astoria. Probablement dans un trop-plein passager, donc dans une franchise. Des poèmes, des pensées, des notes à elle-même... «Ce n'est pas une intellectuelle ni un écrivain, note Bernard Comment. Mais je pense que la littérature était un peu le territoire où elle comblait ses manques. C'était un territoire solide par rapport à cette vie sur des sables mouvants.»

La face cachée de l'astre

On n'en finit plus de vouloir déshabiller Marilyn Monroe et ce livre pourrait être une indécence de plus, s'il n'était un travail honnête visant à dévoiler l'autre facette de la star, plus sombre et plus sincère, qu'elle-même n'arrivait pas à imposer tellement son image faisait écran.

«Ça a été mon obsession du début à la fin, d'être totalement respectueux de cette femme, confie Bernard Comment. Si j'ai décidé de faire ce livre, c'est parce que j'avais l'intime conviction qu'elle sortait grandie de cette publication. Parce qu'il y a une autre dimension de sa personnalité qui apparaissait. L'imaginaire produit par la machine hollywoodienne, c'est la blonde un peu nunuche, facile et sexy. Il y a autre chose chez Marilyn Monroe.»

La face cachée de l'astre, en somme. Une quête d'amour, certes, mais un regard lucide sur les hommes et le couple, sur l'incapacité de rejoindre l'autre vraiment. On y apprend que l'échec de son premier mariage venait de la trahison de son mari, et non le contraire. Une immense exigence envers elle-même qui parfois la tétanisait dans son travail. Des peurs innombrables et, oui, des inquiétudes d'ordre esthétique, comme toutes les femmes. Une grande solitude - ça, on s'en doutait. Un épisode pénible d'internement contre sa volonté, dans une lettre poignante envoyée aux Strasberg pour la délivrer, mais qui ne pouvaient rien faire, n'étant pas de la famille. Heureuse intervention de son ex-mari Joe DiMaggio qui a peut-être empêché que Marilyn ne connaisse un sort semblable à celui de Frances Farmer.

C'est fou à quel point, dans ce monde, on veut enfermer les blondes, dans les clichés comme dans les hôpitaux... Avec ce livre, la légende prend une profondeur insoupçonnée.

Quelques extraits?

«Pour quelqu'un comme moi, c'est une erreur de pratiquer l'auto-analyse - je le fais déjà assez dans mes pensées en général / Ce n'est pas si drôle de se connaître trop bien ou de penser qu'on se connaît - chacun a besoin d'un peu de vanité pour surmonter ses échecs.» (1943)

«Peur de me donner les nouvelles répliques / Je ne serai peut-être pas capable de les apprendre, je ferai peut-être des erreurs / Les gens vont penser que je ne suis pas bonne, ou rire et me rabaisser, ou encore penser que je ne sais pas jouer / Les femmes ont l'air sévère et critique - inamicales et froides en général / Crainte que le réalisateur pense que je ne vaux rien.» (1950)

«C'est bien mieux de connaître la réalité ou les choses telles qu'elles sont que de ne pas savoir / C'est mieux d'avoir le moins d'illusions possible.»

«Plus jamais une petite fille seule et terrorisée / Souviens-toi que tu peux être assise au sommet du monde (on ne dirait pas) / Souviens-toi qu'il n'y a rien dont tu sois dépourvue - rien dont tu aurais à prendre conscience toi-même - tu as tout sauf la discipline et la technique que tu apprends et que tu cherches si bien toute seule / Après tout rien ne t'a été ou ne t'est donné - rien de ce que tu as eu dans ton travail ne t'est tombé tout cuit dans le bec / Tu l'as cherché, cela ne t'a pas cherché.» (1955)

«Je trouve que la sincérité et être simple et directe comme (possiblement) j'aimerais est souvent pris pour de la pure stupidité, mais puisqu'on n'est pas dans un monde sincère, il est très probable qu'être sincère est stupide.» (1955)

«Je pense que j'ai toujours été profondément effrayée à l'idée d'être la femme de quelqu'un car j'ai appris de la vie qu'on ne peut aimer l'autre / Jamais, vraiment.» (1956)

«Je cherche une façon de jouer ce rôle, ma vie entière me déprime depuis toujours - comment puis-je incarner une fille aussi gaie, juvénile et pleine d'espoirs - je me sers de ce dimanche de mes 14 ans où j'étais tout cela - pourquoi ne puis-je m'en servir de façon plus ferme, ma concentration vacille presque sans arrêt - quelque chose s'emballe en moi dans la direction opposée vers la plupart des jours dont je peux me souvenir.»


Fragments. Poèmes, écrits intimes, lettres. Marilyn Monroe. Seuil, 267 pages.

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27 octobre 2010

ArtPress novembre 2010

mag_artpress_sorti22oct2010Le magazine art press de novembre 2010 (sorti le 22 octobre 2010) n°372, consacre sa couverture à Marilyn Monroe et un article intérieur sur ses "écrits", le livre Fragments. Prix: 6,50 € 

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21 octobre 2010

TV - La grande librairie

gif_tvmarilynJeudi 21 octobre 2010 à 20h40
rediffusion dimanche 24 octobre à 8h49

- france 5 -
Magazine: 
La grande librairie

Durée: 1 heure
Année: 2010
Episode: numéro 8
Proposé et présenté par François Busnel
coproduit par France Télévisions / Rosebud Productions
Résumé:
  François Busnel propose chaque semaine un magazine qui suit de près l'actualité littéraire, avec pour seul mot d'ordre, le plaisir. Au menu : un plateau d'écrivains connus, français et étrangers, qui prennent le temps de se raconter et qui nous donnent ainsi l'envie de déguster des histoires, de dévorer les pages, de savourer les mots en fin gourmet de la littérature.
Cette semaine, l'émission se déroulera autour du thème "L'amour / la jalousie".
Invités : Lucy Vincent, "L'amour de A à XY" (Odile Jacob) ; Nicolas Grimaldi, "Essai sur la jalousie - L'enfer proustien" (P.U.F.) ; Antonio Tabucchi et Bernard Comment "Les carnets de Marylin Monroe" (Seuil).
(Programme sous-titré par télétexte pour les sourds et les malentendants)

>> Source: programme sur france5.fr 

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18 octobre 2010

Livre - Marilyn Monroe, une vie en morceaux

Livre - Marilyn Monroe, une vie en morceaux

Article publié le 07/10/10
par
Stéphane Haïk
en ligne sur francesoir.fr

Fragments, qui réunit extraits de journaux intimes, lettres et poèmes, écrits de 1943 à la veille de sa mort, en 1962, révèle la vraie Marilyn, bien loin de l’icône.

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Couverture du livre
"Marilyn Monroe, Fragments"
 

A mille lieues de l’image de la pin-up détachée de tout questionnement existentiel, les écrits de Marilyn la montrent douée d’un vrai sens de la réflexion. Et pétrie d’une angoisse névrotique. En témoigne l’effroi qui perce en filigrane dans une bonne partie de sa correspondance, telle cette lettre écrite en 1961. A son insu, son psychiatre l’avait fait interner dans une cellule spécialisée d’une clinique new-yorkaise, tandis qu’elle croyait y entrer pour une cure de repos : « Enfermée avec tous ces pauvres fous, je me sens comme dans une prison pour un crime que je n’ai pas commis. S’il vous plaît, aidez-moi. » Destinataire de la missive : Lee Strasberg, qui forma Marlon Brando et James Dean dans son école de l’Actors Studio. Marilyn, assurément trop fragile, trop dépressive, pour assumer le poids de l’apprentissage et les contraintes d’un métier aux contours si incertains. D’autant que celle qui se nommait encore Norma Jeane Mortenson et exerçait la profession de mannequin devint comédienne par hasard, après avoir été repérée par un cadre de la 20th Century Fox.

Son ascension fulgurante, à laquelle elle ne fut mentalement pas préparée, ne fit qu’accentuer un mal-être développé depuis l’enfance. D’ailleurs, qui fut son père ? Le barde norvégien Martin Edward Mortenson ? Ou celui que sa mère lui montra un jour en photo et qui affichait d’étranges ressemblances avec Clark Gable ? Le sort psychologique de la future Marilyn fut alors scellé.

Prison intérieure

La maturité venue, l’actrice tenta en vain de combattre ses démons intérieurs dans les bras des hommes – amants, dont le plus fameux demeura le président Kennedy, et maris successifs. « Je ressens une souffrance lourde d’un sentiment de rejet et de blessure face à la destruction et à la perte d’une sorte d’image idéalisée de l’amour vrai », nota-t-elle après sa séparation d’avec son premier époux, Jim Dougherty, en 1946. Et ses mariages avec le joueur de base-ball Joe DiMaggio et le dramaturge Arthur Miller, auprès duquel elle espéra enfin trouver l’amour idéal tel qu’elle se le figurait, ne lui firent pas plus entrevoir l’horizon d’une possible délivrance.

De cette vie chaotique emplie de doutes sur elle, sur les hommes, sur son travail, elle s’échappa par intermittence. En écrivant des poèmes. Sans grand intérêt. Et en lisant. Frénétiquement. Jusqu’à se constituer une bibliothèque de quelque 400 ouvrages où voisinèrent Camus, Proust, Beckett, Hemingway, Joyce. Réussit-elle pour autant à en saisir toute la portée littéraire ? On peut en douter. Une chose est certaine : elle fut soucieuse d’ouvrir les portes d’un univers auquel son éducation ne l’avait pas prédestinée. Et d’y chercher un havre de paix au cœur d’une prison intérieure dans laquelle sa psyché l’avait enfermée à perpétuité.

Marilyn Monroe, Fragments,
270 p., éd. Le Seuil, 29,80 €.

François Forestier : “Elle eut autant de rigueur qu’une méduse”

« Elle fut non seulement malade, mais fortement toxique », explique à France-Soir le journaliste du Nouvel Observateur François Forestier, auteur en 2008 de Marilyn et JFK (éd. Albin Michel). « Son comportement sur les plateaux devint à ce point désastreux que la 20th Century Fox décida de rompre son contrat. Ce qui, dans toute l’histoire du cinéma, ne s’était jamais produit pour une star qui rapportait autant d’argent. » Et François Forestier de penser que, si le destin lui avait prêté vie après 1962, elle eût sans doute terminé sa carrière en Europe dans des productions insignifiantes. « Elle eut autant de rigueur qu’une méduse. Certaines séquences nécessitèrent parfois jusqu’à 30 ou 40 prises, rendant les choses ingérables pour les équipes techniques. » Parce qu’elle fut mauvaise comédienne ? « Non, parce que sa grave dépression, qui s’était mue en une forme de schizophrénie, jusqu’à ne plus supporter l’image que lui renvoyaient ses propres rôles de composition, l’avait rendue inapte au travail. »

Marilyn telle qu’en elle-même

Des lettres, des billets, des poèmes, des notes à foison. La lecture minutieuse de ces écrits se révèle passionnante, en ce qu’elle permet de mieux appréhender la vraie nature de Marilyn : les ratures, nombreuses, la graphie, maladroite, le déroulement de la pensée, « accidenté ». Tout trahit, dans le fond comme dans la forme, un personnage désabusé, instable, mais la tête emplie de rêves. Seul regret : l’iconographie, que l’on eût préférée plus riche, plus révélatrice d’une femme aux multiples visages

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