06 juin 2017

Doc - Le Cinéma dans l'oeil de Magnum

Le cinéma dans l'oeil de Magnum

docu_magnum-cap01-2 

Année: 2017
Réalisation: Sophie Bassaler

Pays: France
Durée: 54 min

À l’occasion des 70 ans de Magnum, retour sur le lien noué entre les photographes de l'agence mythique et le monde du cinéma. Une plongée unique dans le regard des créateurs, parmi lesquels Robert Capa, Cartier-Bresson, ou Josef Koudelka.
L'agence Magnum, créée en 1947 par Robert Capa, est intimement liée au cinéma depuis soixante-dix ans. Ses photographes iconiques, Capa lui-même, Cartier-Bresson, ou plus tard Josef Koudelka ont accompagné des tournages, leurs réalisateurs et leurs vedettes. Ils ont ainsi documenté des scènes de vie quotidienne, de travail, ou choisi de s'écarter du cadre pour immortaliser leur propre vision artistique. Venant du reportage de guerre ou du documentaire, ces photographes du réel ont appliqué leurs méthodes de travail à ce monde d’illusions : appareil léger, lumière naturelle, photo sur le vif et sans retouches. Marilyn Monroe, James Dean, Kate Winslet, Michelangelo Antonioni ou Theo Angelopoulos sont passés sous l'œil de l'agence, instaurant un lien unique qui ne s'est pas défait en soixante-dix ans.
Fiction et réel
C’est par amour pour l’actrice Ingrid Bergman que Robert Capa prend la toute première photo de cinéma de Magnum sur le tournage des Enchaînés d’Alfred Hitchcock, inaugurant cette histoire entre l’agence et le cinéma. À partir de nombreux récits inédits, le documentaire retrace toute une vie d’histoires croisées entre deux mondes qu’a priori tout oppose : la fiction et le réel, comme cette rencontre en 1994 entre le réalisateur Theo Angelopoulos et le jeune photographe Josef Koudelka. Ils puiseront dans les Balkans, lieu de tournage du film Le regard d'Ulysse, des clichés et plans extraordinaires, tout en gardant chacun leur signature unique. Un témoignage passionnant sur le regard des créateurs, artistes de l'image, qu'ils soient derrière une caméra ou un appareil photo.

>> Diffusé en France sur arte le 31 mai 2017


Retranscription du passage lié à Marilyn Monroe:

(à 19min 30sec) - Peter Marlow (photographe): Quand on a ce genre de relations, cela rend les choses très différentes; ça permet d'atteindre ce niveau d'intimité.
David Hurn (photographe): L'exemple parfait, c'est Marilyn Monroe et Eve Arnold. Elles étaient très amies et totalement à l'aise ensemble.
Eve Arnold (photographe): Marilyn avait vu une série de photos que j'avais faite de Marlene Dietrich. C'était au début des années 50; ça devait être en 52. A cette époque, les photos étaient toutes retouchées. Tout était très mis en scène. Moi, je ne savais rien de tout ça, j'étais une photojournaliste. J'ai photographié Marlene comme elle était. Elle ne posait pas. Il n'y avait pas de décor ou d'éclairage, juste moi et elle qui chantait. Quelques temps plus tard, je suis allée à une fête donnée pour John Huston. C'est Sam Shaw, un ami commun, qui m'a présentée à Marilyn. Elle m'a regardée et m'a dit: "Vous avez fait du beau travail avec Marlene. Imaginez ce que vous pourriez faire avec moi." J'ai trouvé ça merveilleux. Il se dégageait d'elle une vraie naïveté, mais en même temps, elle avait le sens de son image et savait se vendre. Je suis sûre qu'elle a tout de suite sentie ce que nous pourrions faire ensemble. Un jour, une nuit plutôt, vers 4 heures du matin, elle m'a appelée pour savoir si j'acceptais de la rejoindre à 10 heures du matin à l'aéroport. J'aurai droit à un reportage exclusif, car elle voyageait seule avec son coiffeur.
Isabella Rossellini (actrice, réalisatrice): Eve avait sa délicatesse qui je pense, lui a permis de gagner la confiance d'autres actrices. Notamment, celle de Joan Crawford.

docu_magnum-cap02-1 docu_magnum-cap02-2 docu_magnum-cap02-3 
docu_magnum-cap02-4 docu_magnum-cap02-5 docu_magnum-cap02-6 
docu_magnum-cap02-7 docu_magnum-cap02-8 docu_magnum-cap02-9 
docu_magnum-cap02-10 docu_magnum-cap02-11 docu_magnum-cap02-12 
docu_magnum-cap02-13 docu_magnum-cap02-14 docu_magnum-cap02-15 
docu_magnum-cap02-16 docu_magnum-cap02-17 docu_magnum-cap02-18 

(... à 21min 50sec) - Eve Arnold: C'était à Chicago durant une escale qui s'éternisait. Marilyn est allée aux toilettes et comme je suis une femme, je l'ai suivie. Je n'avais pas l'intention de la photographier, mais elle était si belle avec sa jupe relevée sur ses petites jambes potelées. J'avais toujours pensé qu'elle était mince. Elle avait cette merveilleuse capacité à se faire plus grande qu'elle n'était.
David Hurn: Cette photo est tellement intime. Et j'aime à pense que Eve était si proche d'elle, que Marilyn lui faisait tellement confiance. Cette photo, pour moi, c'est la quintessence de la photographie.

docu_magnum-cap03-1 docu_magnum-cap03-2 docu_magnum-cap03-3 
docu_magnum-cap03-4 docu_magnum-cap03-5 docu_magnum-cap03-6 

Eve Arnold: Je l'ai photographiée sur une période de 10 ans. La plus courte de nos séances n'a duré que deux heures et la plus longue, deux mois, sur le tournage du film "The Misfits" de John Huston. Arthur Miller avait écrit une nouvelle dans laquelle il racontait l'histoire de trois hommes qui travaillaient dans le désert et capturaient des mustangs qu'ils vendaient ensuite pour faire de la nourriture pour chiens. C'est dans ce cadre sauvage qu'apparaît Marilyn. Clark Gable et Marilyn étaient le couple vedette. Il y avait aussi Montgomery Clift, Eli Wallach. Le film a été conçu dans le but de donner enfin un rôle sérieux à Marilyn.

docu_magnum-cap04-1 docu_magnum-cap04-2 docu_magnum-cap04-3 
docu_magnum-cap04-4 docu_magnum-cap04-5 docu_magnum-cap04-6 
docu_magnum-cap04-7 docu_magnum-cap04-8 docu_magnum-cap04-9 

Alain Bergala (essayiste): Les "Misfits" est totalement exceptionnel sur plein de points. Mais quand le film a commencé à se tourner, personne ne pouvait savoir à quel point, ce serait un film exceptionnel.
Voix Off: Le tournage du film "The Misfits" est un cas unique dans l'histoire des relations entre photographie et cinéma. Neuf grands photographes de Magnum Photos vont suivre ce tournage chaotique durant les trois mois de l'été 1960 à Reno et dans le désert du Nevada. Se succédant deux à deux toutes les deux semaines. Cet accord exceptionnel n'était pas uniquement le fait des liens de John Huston et de l'agence, mais revient à l'initiative de Lee Jones, à l'époque responsable des projets spéciaux du bureau de New York, qui a eu le pressentiment que ce film au casting de rêve mériterait une couverture exceptionnelle.

docu_magnum-cap04-10 docu_magnum-cap04-11 docu_magnum-cap04-12 
docu_magnum-cap04-13 docu_magnum-cap04-14 docu_magnum-cap04-15 
docu_magnum-cap04-16 docu_magnum-cap04-17 docu_magnum-cap04-18 
docu_magnum-cap04-19 docu_magnum-cap04-20 docu_magnum-cap04-21 
docu_magnum-cap04-22 docu_magnum-cap04-23 docu_magnum-cap04-24 
docu_magnum-cap04-25 docu_magnum-cap04-26 docu_magnum-cap04-27 

Alain Bergala: C'était la première fois dans l'histoire du cinéma où une agence obtenait l'exclusivité. Alors que toute la presse du monde aurait voulu être là. Il l'a obtenu pour une raison simple c'était que Marilyn était déjà mal en point au début du tournage et si elle avait vu arriver des photographes du monde entier, elle aurait craqué.

docu_magnum-cap05-1 docu_magnum-cap05-2 docu_magnum-cap05-3 
docu_magnum-cap05-4 docu_magnum-cap05-5 docu_magnum-cap05-6 

Voix Off: Les deux premiers photographes à arriver à Reno sont Inge Morath et Henri Cartier-Bresson.
Agnès Sire (directrice de la fondation Henri Cartier-Bresson): Cartier-Bresson, ça ne l'intéressait pas du tout. Et puis il a entrepris un voyage aux Etats-Unis l'année du tournage des "Misfits" et je pense que Lee Jones et tous les autres à Magnum lui ont dit: "Ca serait bien, on a l'exclu sur ce tournage. Ca serait bien que tu viennes, il y a Marilyn Monroe, etc..." Donc, il est allé sur le tournage; il n'est pas resté très longtemps. Mais il a fait beaucoup de photos; il a fait un portrait de Marilyn Monroe qui est très, très beau. Sa définition du portrait, qui est l'idée de saisir le silence intérieur d'une victime consentante, on voit vraiment, dans la photo de Marilyn Monroe, son silence intérieur.

docu_magnum-cap06-1 docu_magnum-cap06-2 docu_magnum-cap06-3 
docu_magnum-cap06-4 docu_magnum-cap06-5 docu_magnum-cap06-6 
docu_magnum-cap06-7 docu_magnum-cap06-8 docu_magnum-cap06-9 

Inge Morath (photographe -en 2001): Tout était exotique. Le caractère si américain du film était aussi exotique pour nous. Nous adoptions un point de vue très européen.
Agnès Sire: Arthur Miller a donc épousé Inge Morath qu'il a connue sur ce tournage des "Misfits". Arthur Miller était encore marié à Marilyn Monroe, mais c'était en train de se déliter totalement.
Alain Bergala: C'est hallucinant ce qu'on voit là dans les photos de ce tournage. Des scènes privées. C'est à dire que tout était destroy et du coup, tout était possible. Le photographe pouvait rentrer et faire la scène du ménage qui avait lieu à côté. Cela a évidemment beaucoup joué. Et ils ont senti ça, que tout allait mal.

docu_magnum-cap07-1 docu_magnum-cap07-2 docu_magnum-cap07-3 
docu_magnum-cap07-4 docu_magnum-cap07-5 docu_magnum-cap07-6 
docu_magnum-cap07-7 docu_magnum-cap07-8 docu_magnum-cap07-9 

Elliott Erwitt (photographe): Le chaos qui régnait sur le tournage était dû aux constants retards de Marilyn, à sa nervosité, et à sa grande détresse de façon générale.
Alain Bergala: Quand les acteurs arrivent, ils sont tous en très mauvais état. Clark Gable n'est pas en mauvais état mais il est très vieux, et Marilyn, ce film se trouve être son dernier film et elle le fait en très très mauvais état.
Bruce Davidson (photographe): Ce n'est pas le sex-appeal de Marilyn qui m'a attiré, mais sa fragilité. C'était une artiste qui luttait contre la dépression. Il y a cette photo que j'ai prise d'elle avec Huston qui m'a mis mal à l'aise. Elle souffrait beaucoup.

docu_magnum-cap08-1 docu_magnum-cap08-2 docu_magnum-cap08-3 
docu_magnum-cap08-4 docu_magnum-cap08-5 docu_magnum-cap08-6 
docu_magnum-cap08-7 docu_magnum-cap08-8 docu_magnum-cap08-9 

Susan Richards (auteure): Monty Clift était un peu comme  elle. Les acteurs que Dennis trouvait les plus humains sortaient souvent de l'Actor's Studio. Ils essayaient de rester eux-mêmes à Hollywood où tout le monde porte un masque. Et Monty Clift ne jouait pas ce jeu là.
Alain Bergala: L'homosexualité qu'il s'interdisait de faire savoir, névrose absolue, drogues, lui, il avait tout à la fois. Et c'est magnifique. Evidemment, la scène dans l'arrière-cour où ils sont tous les deux complètement destroy, parce qu'ils étaient réellement destroy. Et Huston détestant les homosexuels... En plus, c'était pas simple pour eux, le rapport avec Huston.
Marilyn Monroe: Ce travail peut être si... On essaie d'être sincère. Cela nous amène parfois au bord d'une sorte de folie. Ce n'est pas vraiment de la folie. Il s'agit plutôt d'essayer d'extraire de soi une part de vérité. Et c'est très dur. Enfin, disons, que c'est pas facile.
Alain Bergala: Marilyn, comme toutes les stars, contrôlait les images qu'on pouvait montrer d'elle. Sur les photos qu'elle ne voulait pas voir diffuser, on voit tout ce qui la menace. C'est à dire pour elle, la beauté n'était pas donnée, n'était pas acquise, qu'est ce qu'il a fallu de travail et d'efforts pour qu'on ait une autre image que ça. Cette lutte l'a tuée. D'être toujours une image, à un moment, ça ne tient plus. C'est le film où ça ne tient plus.
Eve Arnold: On l'a tous utilisée, cela ne fait aucun doute. Nous, photographes, devons accepter le fait qu'on a besoin de l'image des autres. Bien sûr, sans la photographie, Marilyn n'aurait jamais été Marilyn. On l'aurait jamais vue car c'est ainsi que beaucoup de gens l'ont découverte. C'est un cercle vicieux, tout le monde utilise tout le monde. Elle m'a utilisée pour l'aider à aller là où elle voulait, moi et des centaines d'autres. Je n'étais pas unique. J'était unique que dans le sens où elle faisait totalement confiance.

docu_magnum-cap09-1 docu_magnum-cap09-2 docu_magnum-cap09-3 
docu_magnum-cap09-4 docu_magnum-cap09-5 docu_magnum-cap09-6 
docu_magnum-cap09-7 docu_magnum-cap09-8 docu_magnum-cap09-9 
docu_magnum-cap09-10 docu_magnum-cap09-11 docu_magnum-cap09-12 
docu_magnum-cap09-13 docu_magnum-cap09-14 docu_magnum-cap09-15 
docu_magnum-cap09-16 docu_magnum-cap09-17 docu_magnum-cap09-18 
docu_magnum-cap09-19 docu_magnum-cap09-20 docu_magnum-cap09-21 
docu_magnum-cap09-22 docu_magnum-cap09-23 docu_magnum-cap09-24 
docu_magnum-cap09-25 docu_magnum-cap09-26  

Elliott Erwitt: Les photographes qui ont travaillé sur ce tournage n'étaient pas des paparazzis. Nous étions des photographes Magnum. Personne ne cherchait à nuire ou à créer de scandales. Je ne pense pas qu'il y ait eu des gens comme ça parmi nous.
Voix Off: Le tournage des "Misfits" s'achève le 4 novembre 1960. Le lendemain, Clark Gable est victime d'une crise cardiaque dont il décèdera quelques jours plus tard. Rarement la frontière entre la fiction et la réalité fut aussi mince; et la proximité entre les photographes et les stars aussi grandes.
Alain Bergala: C'est un film 'bascule'. Le cinéma hollywoodien ne sera jamais plus la même chose qu'avant. C'est terminé, donc Il a filmé, en même temps, la décomposition d'un système.
Voix Off: Concurrencé par la télévision, le système des studios s'est essouflé. Et bientôt, les grands magazines suivront. Pour Magnum et le cinéma, une page se tourne.

docu_magnum-cap10-1 docu_magnum-cap10-2 docu_magnum-cap10-3 
docu_magnum-cap10-4 docu_magnum-cap10-5 docu_magnum-cap10-6 
docu_magnum-cap10-7 docu_magnum-cap10-8 docu_magnum-cap10-9 
docu_magnum-cap10-10 docu_magnum-cap11-1 


© All images are copyright and protected by their respective owners, assignees or others.

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

10 août 2012

Le Nouvel Observateur 9/08/2012

lenouvelobs_coverLe magazine français Le Nouvel Observateur n°2492, paru le 9 août 2012 consacre un article de 5 pages à Marilyn Monroe (chapitre 5, par François Forestier).
 prix: 3,50 

lenouvelobs_p1_2 lenouvelobs_p3_4 
lenouvelobs_p5 


Chapitre 5 : le dernier film de Marilyn
Par François Forestier
en ligne
sur nouvelobs.com  

lenouvelobs_chap5
 Le tournage des « Misfists » s'achève dans l'amertume. Le 16 novembre, Gable meurt d'une crise cardiaque. Pour tous, c'est Marilyn qui est coupable… © DR  

Avec « The Misfits », de John Huston (1961), Marilyn Monroe quitte le cinéma et entre dans la folie.

Marilyn est déchaînée. Une haine noire sourd d'elle. Elle humilie constamment son mari. Elle lui fait porter son café. Elle refuse d'apprendre ses répliques. Elle demande qu'il récrive le scénario. Elle fait savoir publiquement qu'elle vient d'avoir une aventure avec Yves Montand, sur le tournage du « Milliardaire ». Arthur Miller, abattu, reste devant sa machine à écrire, et, par la fenêtre, contemple les montagnes dans le désert du Nevada. Des bouffées de vent apportent des nuages de poussière et les petits buissons d'alfafa roulent sur la terre violette, brûlée par le soleil. L'eau de Pyramid Lake s'évapore en brouillant la lumière. Il fait une chaleur folle : 55 degrés. L'apparence d'innocence, le masque de fragilité de Marilyn sont tombés : il ne reste plus qu'une harpie vulgaire, au vocabulaire de harengère et à l'allure d'une virago. Derrière Marilyn, la Gorgone.

Flash-back. Arthur Miller a eu l'idée des « Misfits » deux ans avant, lors du tournage du « Prince et la Danseuse ». A Londres, il a couché sur le papier l'histoire de deux cow-boys réduits à chasser des mustangs sauvages pour les vendre comme chair à Canigou. Dans les derniers espaces libres, ces survivants d'une autre époque prennent les chevaux au lasso et savent que ces palominos vont devenir de la pâtée pour chiens. Gay et Guido croisent sur leur chemin un autre homme, Perce, et un triangle amoureux s'installe avec la belle Roslyn, qui a toujours été traquée par les hommes comme ces chevaux… Dans l'esprit d'Arthur Miller, ce scénario est un cadeau d'amour pour Marilyn. Du moins, en 1957 : à ses yeux, alors, elle était une victime, une innocente éternellement abusée par les hommes, toujours utilisée comme objet sexuel. Mais, deux ans plus tard, son regard a changé : Marilyn est un monstre, Miller le voit bien. Elle manipule les gens, joue avec les sentiments, couche pour faire mal ; elle détruit, elle cingle. Il n'y a plus aucune douceur en elle. Les gens sont émus par sa vulnérabilité ? En fait, elle est aussi vulnérable qu'une écharde en Téfon. D'ailleurs, quand Miller lui a fait lire le script, elle l'a trouvé bête, sans intérêt et, c'est clair, elle ne tournera pas ce… ce… ce machin, mi-western, mi-drame.

1959. Les mois ont passé. Marilyn s'enfonce dans son paradis artificiel : elle prend une douzaine de pilules le soir. Autant pour se réveiller, avec un bloody mary. Elle dort nue dans un lit bouchonné, et son chien s'oublie sur les disques de Frank Sinatra qui traînent partout. Elle refuse de tourner le remake de « l'Ange bleu » avec Spencer Tracy. Elle se moque d'Arthur Miller, qui n'arrive pas à vendre son scénario aux producteurs. Elle refuse d'intervenir auprès de John Huston que Miller aimerait contacter. Après tout, elle a tourné avec Huston « Quand la ville dort », elle le connaît. Mais le cinéaste la connaît aussi : il sait qu'elle a été call-girl, qu'elle n'est qu'une « pauvre fille » abîmée et abrutie par les drogues, il la tient en médiocre estime. Il est au courant des deux overdoses qu'elle vient de faire, avant d'être sauvée au dernier moment. Finalement, quand Miller remet le scénario à Huston, celui-ci aime. Il ne craint qu'une chose : la folie de Marilyn. Et ses retards chroniques. Pourtant, récemment, elle a fait un effort : pour accueillir Nikita Khrouchtchev, président du Conseil des Ministres de l'URSS, lors de sa visite aux Etats-Unis et à Disneyland, elle a été à l'heure. Billy Wilder, qui vient de souffrir mille morts pendant le tournage de « Certains l'aiment chaud » à cause des absences de sa star, remarque immédiatement : « C'est Khrouchtchev qui doit mettre en scène le prochain film de Marilyn. »

John Huston contacte d'abord Robert Mitchum. Celui-ci lit « The Misfits », n'y comprend rien et donne comme consigne : « Dites à Huston que je suis mort. » Clark Gable, pressenti, est plus malléable. Il accepte. Marilyn est ravie, elle a toujours pensé qu'il aurait pu être son père de rêve. Si beau, si viril, le king Gable… Montgomery Clift, à peine remis d'un accident terrible qui l'a défiguré, bourré d'alcool et d'analgésiques, obtient le rôle de Perce, le cow-boy solitaire. Le tournage est fixé au 18 juillet 1960, non loin de Reno, Nevada. Trois jours plus tôt, la Convention du Parti démocrate a désigné JFK comme candidat officiel, au grand plaisir de Marilyn. Dans le désert, la production s'installe, avec parasols, réserves d'eau, génératrices. La star, dans sa caravane, répète avec Paula Strasberg, l'âme damnée de Marilyn, qui exaspère tout le monde en traînant derrière l'actrice comme une tique grasse. Lee Strasberg, le prophète de l'Actors Studio, arrive et s'habille immédiatement en cow-boy d'opérette. Son Stetson est plus grand que lui. Il refuse d'intervenir pour calmer Marilyn. Il n'est là que pour la persuader de jouer dans un film dont il a le projet, « Rain », d'après Somerset Maugham. Huston, découragé, va jouer son cachet au casino et, au petit matin, tombe dans le lit de sa maîtresse, Marietta Tree, une militante de gauche. Marilyn jette les vêtements d'Arthur Miller dans la poussière, le vire de sa caravane, le plante là, au vu et au su de tous. Et elle rejoint secrètement JFK au Cal Neva, un hôtel de la mafia dans lequel Joe Kennedy, le père du futur président, possède des actions, conjointement avec Sam Giancana, le parrain de Chicago. Peut-être Marilyn est-elle heureuse, pour quelques heures, sur la terrasse de l'un des bungalows du Cal Neva, au bord du lac Tahoe…

Jour après jour, Marilyn est en retard. Sous un soleil de plomb, l'équipe attend. Clark Gable, qui se sent mal, tempête. Il s'en prend à « Monty » Clift, qui est venu avec son amant. Quand il le traite de tapette, l'autre lui répond : « C'est celui qui dit qui en est. » Il ravive ainsi un passé ignoré : Clark Gable, l'idole des femmes, a débuté à Hollywood en accordant ses faveurs à des homosexuels réputés. Du coup, Gable se tait. L'ambiance est terrible. Une photographe autrichienne au visage de garçon traîne : rien n'échappe à Inge Morath, qui a traversé la fin de la guerre dans un camp de prisonniers ukrainiens. Elle voit, comme tous, que Marilyn n'a plus de regard. Ses yeux sont vitreux : elle prend au moins vingt pilules de Nembutal et des injections d'Amytal, deux barbituriques très dangereux, prescrits par le psy de Marilyn, Ralph Greenson, qui a jeté depuis longtemps aux orties son éthique professionnelle. Sa cliente rate ses scènes, puis s'enferme dans sa caravane et braille contre Mller. Paula Strasberg, pour 3 000 dollars par semaine, se contente de lire « Comment gagner au Craps » dans ces moments-là, et se bourre aussi d'analgésiques. Elle a un cancer des os. Lee, son mari, s'en va.

Au beau milieu du tournage, les montagnes, au loin, s'enflamment. Un incendie ravage la Sierra Nevada, les lignes téléphoniques et électriques sont coupées, la climatisation est en panne, la ville entière est plongée dans le noir. Marilyn s'assied et boit du champagne en contemplant le rougeoiement de l'horizon. Au dernier étage du Mapes Hotel, une fenêtre reste allumée : Arthur Miller a pris soin de faire brancher sa chambre sur un générateur de la production. Il récrit son scénario, jugé trop long, trop lent. Il n'arrive pas à trouver le point nodal de son « western moderne ». Il ne le trouvera jamais. Le feu éteint, Marilyn essaie de reprendre. Elle titube. Huston décide de l'envoyer subir une cure de désintoxication. Le tournage est interrompu.

Dix jours plus tard, Marilyn, bourrée de vitamines, revient, apparemment en forme. Huston commence par une scène difficile, où Roslyn est couchée dans un lit, et Gay (Clark Gable, en l'occurrence bien nommé), assis, dialogue avec elle. Une prise : ratée. Une autre prise : ratée. Sept prises sont jetées à la poubelle, car Marilyn savonne son texte. En désespoir de cause, elle a recours au plus vieux truc du monde : au beau milieu de la scène, elle fait glisser le drap et révèle un sein nu. Huston, dédaigneux : « Remballe ça, Marilyn. On connaît. » Elle se retire dans sa chambre, vexée. Elle reprend des pilules. Elle ne se lave plus. Arthur Miller change d'hôtel. John Huston règle ses dettes de jeu, se soûle copieusement, participe à une course de chameaux, lit le scénario de 800 pages de son prochain film, « Freud, passions secrètes », et le jette. Décidément, Jean-Paul Sartre, l'auteur de ce pensum, qui fonctionne aux « uppers » (amphétamines), ne sait pas écrire pour le cinéma, se dit Huston. Le tournage des « Misfits » s'achève dans l'amertume. Gable repart au plus vite retrouver sa femme enceinte. Il ne verra pas son enfant naître : le 16 novembre, il meurt d'une crise cardiaque foudroyante. Pour tous, c'est Marilyn qui est coupable. Elle s'enfuit au Mexique, pour divorcer loin des gazettes indiscrètes. Elle en profite pour rendre visite à Frederick Vanderbilt Field, un héritier fauché, membre du Parti communiste. Le FBI se met en alerte rouge. Elle est espionnée constamment. D'autant plus qu'elle fréquente JFK, l'ennemi juré de John Edgar Hoover, qui constitue un solide dossier pour faire chanter le futur président des Etats-Unis. Marilyn regrette le chien d'Arthur Miller, Hugo, un vieux basset lent. Elle partageait avec lui ses coupes de champagne, et le chien s'endormait en pétant.

Noël arrive. Marilyn passe la soirée avec les Strasberg, puis, seule, s'abandonne au désespoir : « Je suis Marilyn, Marilyn, Marilyn », répète-t-elle. Elle veut être une autre. Elle appelle son ancien mari, Joe DiMaggio. Il lui a envoyé des fleurs. Ils passent le 25 décembre ensemble, la main dans la main. Le 31 janvier 1961, la première de « The Misfits » a lieu à New York. Marilyn apparaît. Elle est l'ombre d'elle-même. Arthur Miller est là, avec celle qui deviendra sa femme, la photographe autrichienne. Inge Morath et Arthur Miller vont rester unis pendant quarante ans, jusqu'à la fin. Il écrira un livre triste, sur ce tournage, intitulé : « la Fin du film ». On peut y lire : « La vie, la joie de vivre n'est plus qu'une poussière pétrie par la haine la plus ordinaire. » Le public et la critique sont très tièdes, devant « The Misfits », oeuvre entre deux genres, insaisissable, longue et… en noir et blanc.

C'est le dernier film de Marilyn Monroe. Un mois plus tard, elle est internée. 


« Dear Mister Montand… »
le 12/08/2012
Par Bernard Comment
en ligne
sur cinema.nouvelobs.com

dearmrmontand 
 © DR / © Bruce Davidson-Magnum  

Chaque semaine, l'éditeur des écrits et dessins de la star nous offre un document rare. Aujourd'hui, une lettre adressée à Yves Montand, avec qui elle eut une brève et puissante histoire d'amour.

Le 21 septembre 1959, Marilyn Monroe se rend au Henry Miller's Theater, à Broadway, pour la première du one-manshow d'Yves Montand, un spectacle qui va connaître un énorme succès auprès du public new-yorkais. Arthur Miller étant retenu par l'écriture d'une nouvelle version des « Misfits » à rendre d'urgence, elle est accompagnée par Montgomery Clift, un de ses futurs partenaires dans le film à venir de John Huston.

Le ton de la lettre qu'elle dicte trois jours plus tard à sa secrétaire est à la fois prudent et chaleureux. Elle est adressée à l'Algonquin Hotel, où réside Montand. On ne sait si le mot « escort » se réfère à Montgomery Clift ou s'il désigne des gardes du corps. Cela ressemble en tout cas à une formalité, les excuses obligées pour un rendez-vous manqué, mais tout autant à une façon de prendre date. La séduction a-t-elle déjà opéré ? Quelques mois plus tard, Marilyn devait déclarer à la presse : « Avec Marlon Brando, et juste après mon mari, Yves Montand est l'homme le plus séduisant que j'aie rencontré. » La loyauté conjugale portée à son terme.

Le couple Miller-Monroe retournera ensemble voir Montand sur les planches quelques jours plus tard, et c'est Arthur (lié à Montand et Simone Signoret depuis que le couple avait interprété une mise en scène des « Sorcières de Salem », en 1956) qui insistera pour que le rôle de Jean-Marc Clément dans « Le Milliardaire » soit confié au chansonnier et acteur français, malgré ses piètres capacités dans la langue anglaise qui lui inspirèrent, à ses propres dires, une terreur au moins équivalente à celle qui s'emparait de Marilyn au moment d'apparaître devant les caméras. Gregory Peck, initialement pressenti, ayant fait défaut, la Fox accepte sans gaieté de coeur cette substitution, pour un film dont le scénario est de toute façon peu prometteur (Arthur Miller a dû y mettre la main, pour améliorer ce qui pouvait l'être).

Le tournage de « Let's Make Love » (titre autrement évocateur que « le Milliardaire »…) démarre le 9 novembre 1959, mais connaît de nombreuses interruptions, et prendra son véritable envol au printemps 1960. Marilyn et Montand se retrouvent bientôt seuls dans leurs bungalows du très chic Beverly Hills Hotel, et une puissante histoire d'amour se noue entre eux, qui confère peut-être ses rares moments de magie au film. Cette relation clandestine est vite connue des échotiers, dont des espions sont traditionnellement planqués dans les jardins de l'hôtel. Les époux trompés réagiront avec calme et dignité, et l'affaire cessera avec le départ d'Yves Montand vers l'Europe et le Japon.

En été 1960, peu après la fin de l'idylle, et au sortir d'une courte hospitalisation intervenue durant le tournage très tourmenté des « Misfits », Marilyn écrit une lettre à Lester Markel, responsable de l'édition dominicale du « New York Times », pour lui suggérer de consacrer un long article à Yves Montand, « non seulement un bon acteur, un merveilleux chanteur et danseur plein de charme, mais aussi un des hommes les plus attrayants qui soient » (brouillon de lettre à paraître dans le volume issu de l'intégralité des archives que les Editions du Seuil publieront en automne 2013).
Yves Montand, lui, fut parfois condescendant (et non dépourvu d'un certain machisme) dans sa description de l'idylle qui le lia à Marilyn.

On ne sait pas très bien ce que Marilyn ressentit quand l'oscar de la meilleure actrice fut attribué à Simone Signoret pour son rôle dans « Room at the Top » de Jack Clayton. En tous les cas, et pour s'en tenir à une preuve tangible, elle garde une beau souvenir de son aventure, puisqu'elle écrit, dans le post-scriptum d'une longue lettre adressée le 1er mars 1961 à son psychanalyste de Hollywood, le Dr Ralph Greenson : « From Yves I have heard nothing - but I don't mind since I have such a strong, tender, wonderful Memory » (« D'Yves je n'ai aucune nouvelle, mais cela m'est égal. J'en ai un souvenir fort, tendre, merveilleux »). Les femmes ont parfois plus d'élégance dans leurs souvenirs que les hommes…

14 décembre 2011

Marilyn by Magnum

Marilyn by Magnum
Auteur: Agence Magnum Photos

book_marilyn_by_magnumDate de sortie: avril 2012
Relié 160 pages
Langue: anglais

Éditeur: Prestel Verlag
ISBN-10: 3791346652
ISBN-13:
978-3791346656
Prix éditeur: 24,60 Euros
Ou le commander ? sur amazon.fr  

Présentation de l'éditeur: On the 50th anniversary of Marilyn’s death, this beautiful book is an elegant pictorial celebration of the beloved star by the Magnum photographers who immortalized her. It’s been half a century since we lost Marilyn Monroe, but her presence in popular culture has never faded—due in part to the incredible abundance of photographs that were taken of her. Many of those pictures were taken by members of the Magnum photographic cooperative, and appear in this stunning collection that expresses every aspect of Marilyn’s multifaceted persona. Henri Cartier-Bresson, Elliott Erwitt, Eve Arnold, Inge Morath, Philippe Halsman, Bruce Davidson, Dennis Stock, Bob Henriques, Erich Hartmann, and others capture Marilyn on and off the set. The images range from glamorous portraits to candid scenes of delicate intimacy. Marilyn is pictured filming movies such as Some Like It Hot and Gentlemen Prefer Blondes; also included in the book are Elliot Erwitt’s renowned shots of Marilyn wrangling horses on the set of The Misfits, her last film. In richly toned black and white as well as lustrous color, these photographs reveal Marilyn’s uncanny ease in front of the camera. Whether acting or exercising, putting on makeup or gracefully posing, Marilyn was a photographer’s dream. This celebration of her life will be a treasured keepsake for her millions of fans. (source:randomhouse )

27 novembre 2011

Paris Match 3/03/1962

mag_paris_match_1962_03_num673_coverLe magazine Paris Match n°673, du 3 mars 1962, consacrait un article de 4 pages sur le remariage d'Arthur Miller avec la photographe Inge Morath, intitulé "La nouvelle Mme Miller avait photographié la rupture avec Marilyn".

mag_paris_match_1962_03_num673_p1 mag_paris_match_1962_03_num673_p2
mag_paris_match_1962_03_num673_p3 mag_paris_match_1962_03_num673_p4

Posté par ginieland à 16:49 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

28 mars 2011

24/07/1960 Conférence de presse The Misfits

  Les Désaxés
Sur le tournage

Le 24 juillet 1960, une conférence de presse est organisée dans un salon du Mapes Hotel, à Reno dans le Nevada, lieu de tournage du film The Misfits. Un cocktail et des séances de poses devant les photographes ont lieu, avec l'équipe du film: Marilyn Monroe, Clark Gable, Montgomery Clift, Thelma Ritter, Arthur Miller, John Huston, Frank Taylor (le producteur du film). Des photographes de l'agence Magnum sont présents, tels que Inge Morath, Bruce Davidson et Henri Cartier-Bresson.

1960_07_24_party_01_1 1960_by_bruce_davidson_0270199
1960_07_24_party_02_11960_07_24_party_02_1a 1960_07_24_party_02_2
1960_misfits_149 1960_misfits_150 1960_misfits_151
1960_misfits_152
1960_misfits_154 1960_misfits_153
1960_misfits_4545345 1960_misfits_56456546 1960_misfits_contact
1960_07_24_party_03_1 1960_07_24_party_04_2 1960_party_misfits
1960_07_24_party_04_1 film_misf_AEE_788_CT_F_1_ 1960_MisfitsParty 
1960_07_24_party_04_3 44_Desaxes4_01  

> Avec la journaliste Dorothy Kilgallen
1960_07_24_party_05_1  1961-misfits-party 1961-misfits-party2 

1960_07_24_reno_mapes_hotel_01 1960_07_24_reno_mapes_hotel_02 1960_07_24_reno_mapes_hotel_03
1960_07_24_reno_mapes_hotel_04 1960_07_24_reno_mapes_hotel_05 1960_07_24_reno_mapes_hotel_06
1960_07_24_party_06_2 1960_07_24_party_07_1 1960_Marilyn_and_Arthur_Misfits_1_ 
1960_07_24_party_06_1 lot1195-H3257-L78855558 1960_misfits_party_scan_01 
1960_07_24_reno_mapes_hotel_07 1960_07_24_reno_mapes_hotel_08 1960_07_24_reno_mapes_hotel_09
1960_07_24_reno_mapes_hotel_10 1960_07_24_reno_mapes_hotel_11 1960_07_24_reno_mapes_hotel_12

>> Video

 >> Marilyn et Paula Strasberg
- Photo de Inge Morath -
1960_07_24_party_by_inge_morath_1

 >> Photo de Henri Cartier-Bresson
1960_07_24_conf_by_cartier_bresson_1

Souvenir du photographe Henri Cartier-Bresson qui est convié à un grand dîner organisé par la production et se trouve placé à côté de Marilyn: l'actrice est en retard. Henri pose son Leica sur sa chaise. Trois quarts d'heure plus tard, Marilyn arrive, salue tout le monde et regarde, déconcertée, sa chaise encombrée. Henri ne bouge pas. Elle reste quelques minutes debout, ne sachant que faire, puis lui demande d'enlever son boîtier : " Non, répond Cartier-Bresson, donnez-lui votre bénédiction d'abord ". Comprenant aussitôt, Marilyn posa un quart de seconde... Ses fesses sur le Leica de Henri.

> couverture de magazine
1960_07_Marilyn_Monroe__BHMagazino__1_

23 août 2010

Point de Vue 29/10/2003

mag_pointdevue_2003_10_29_coverDans le magazine Point de vue n°2884, de la semaine du 29 octobre au 4 novembre 2003, un article de 4 pages sur Marilyn Monroe sur le tournage des Misfits, photographiée par Inge Morath. (scans perso).

> sommaire
mag_pointdevue_2003_10_29_sommaire

> article

mag_pointdevue_2003_10_29_p46 mag_pointdevue_2003_10_29_p47
mag_pointdevue_2003_10_29_p48 mag_pointdevue_2003_10_29_p49

Posté par ginieland à 19:33 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,