22 février 2014

C'est fou comme le "corps parfait" a changé en 100 ans

C'est fou comme le "corps parfait" a changé en 100 ans

par Nina Bahadur du The Huffington Post
publié le 11/02/2014

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huffingtonpost.fr

Une femme au corps parfait en 1930 obtiendrait aujourd’hui à peine un regard d’un producteur hollywoodien ou d’un agent de mannequins.

Le site Rehabs.com (consacré à la guérison de la dépendance et des troubles alimentaires) a travaillé avec l’agence Fractl sur un projet observant les origines de l’Indice de masse corporelle (IMC) et la façon dont le corps de la femme idéale avait changé avec le temps, comparé à la moyenne nationale. Et leurs résultats ont montré que les mannequins et les stars de cinéma deviennent de plus en plus minces, comparées à la femme américaine moyenne.

Bien que les mesures de l’IMC ne fassent pas la distinction entre graisses et muscles, ce qui ne les rend donc pas vraiment fiables pour établir si quelqu’un est obèse ou non, les données IMC par le passé donnent d’intéressants points de comparaison. Selon le Centre pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), l’IMC moyen des Américaines a régulièrement augmenté ces cinquante dernières années, passant de 24,9 en 1960 à 26,5 aujourd’hui.

De son côté, Rehabs.com a constaté que la différence entre le poids des mannequins et le poids moyen des Américaines est passée de 8 % en 1975 à plus de 23 % aujourd’hui. En bref, l’écart entre le corps de la femme idéale et de celle de tous les jours se creuse.

Tenant compte de cette disparité, des marques comme Dove, Debenhams et H&M se sont efforcées d’inclure des types corporels différents dans leurs catalogues et leurs publicités. Des organisations comme The Representation Project sont par ailleurs en train de sensibiliser les femmes et les jeunes filles aux médias et sur la façon dont elles doivent appréhender l’image sexualisée des femmes à la télévision, sur les panneaux d’affichage et sur Internet (il reste bien sûr encore beaucoup à faire).

En plus des efforts des enseignes et des organisations, revoir la femme "idéale" à travers le siècle dernier nous apprend combien la vision du "corps parfait" est subjective. Les sex-symbols ont varié en termes de silhouette, de taille, de poids et de musculature , de la taille de guêpe de Mae West à la Brindille Kate Moss. Même si la diversité de ces icônes est limitée – elles sont toutes blanches et aucune ne pourrait être qualifiée de mannequin grande taille – cela fait du bien de voir que différents types corporels ont été considérés sexy par le passé, et le seront probablement de nouveau un jour. Voici donc l’évolution du "corps idéal" depuis plus de 100 ans.


La Gibson Girl, 1900-1910
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La "Gibson girl" est une création de l’illustrateur Charles Dana Gibson, une femme qui symbolisa l’idéal féminin au tournant du siècle. Gibson a décrit cette représentation – qui était grande avec une forte poitrine et de larges hanches, mais à la taille fine – comme un composite des jeunes femmes qu’il avait observées.

En 1910, il confia à un reporter du Sunday Times Magazine : "Je vais vous raconter comment j’ai obtenu ce que vous avez appelé la 'Gibson Girl.' Je l’ai vue dans les rues, je l’ai vue dans les théâtres, je l’ai vue dans les églises. Je l’ai vue partout et faisant tout. Je l’ai vue oisive sur la 5ème Ave, et active derrière les comptoirs des magasins."


 La Garçonne, années 1920
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Les garçonnes étaient connues pour leurs cheveux au carré, leurs robes courtes et leur comportement "scandaleux" comme fumer en public et conduire des voitures. Les garçonnes portaient rarement le corset, effaçant leurs poitrines et leur taille, et montraient souvent leurs chevilles ou genoux.

En 1920, un maître de conférence nommé R. Murray-Leslie a décrit les garçonnes comme : "Le type du papillon social… La garçonne frivole, légère et court-vêtue, joyeuse, irresponsable et indisciplinée, pour qui une danse, un nouveau chapeau ou un homme doté d’une voiture a plus d’importance que le sort de l’humanité."


 Mae West, années 1930
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La star d’Hollywood Mae West n’aurait pas pu être plus différente que les garçonnes. Elle soulignait sa taille et ses hanches, mettant en avant sa silhouette grâce à des vêtements moulants.

West aurait un jour dit : "Cultivez vos courbes – elles peuvent être dangereuses mais elles ne peuvent pas être ignorées."


Rita Hayworth, années 1940
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Durant la Seconde Guerre mondiale, l’idéal s’est éloigné des courbes inaccessibles de Mae West et de l’attitude désinvolte de la Garçonne. Des stars comme Rita Hayworth affichaient une peau sans défaut et des corps minces, éclatants de santé, assez proches finalement de l’Américaine moyenne.


Marilyn Monroe, années 1950
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Les sex-symbols des années 1950, comprenant Marilyn Monroe, Jayne Mansfield et Betty Page, étaient connues pour leurs jambes longues, et leur silhouette à la taille de guêpe mais au buste généreux. Des pin-up comme Sophia Loren et Brigitte Bardot transpiraient le glamour.

"Le corps est fait pour être vu, pas caché," a déclaré Marylin Monroe.


 Twiggy, années 1960

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Avec la révolution sexuelle, les années 1960 ont aussi marqué l’événement d’un nouvel idéal de beauté – mince et doté de longues jambes. Le mannequin de luxe Twiggy Lawson est ainsi devenue célèbre pour sa silhouette gracile et son look "androgyne" – un clin d’œil à l’idéal des garçonnes.

Twiggy s’est prononcée contre l’idéal de minceur tout en reconnaissant son propre rôle dans sa perpétuation. "J’étais un mannequin très très mince durant les années 1960, mais c’était naturel… C’est ce à quoi je ressemblais," a-t-elle expliqué au Huffington post en 2010. "Je mangeais normalement. J’ai toujours dit que je mangeais, et je ressemblais beaucoup à mon père qui était très maigre. Je pense donc que c’était génétique… Si, à 17 ans, vous faites 1 m 80, vous avez de grandes chances d’être mince."


Farrah Fawcett, années 1970
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La femme idéale des années 1970 était bronzée, les cheveux libres et un corps svelte et musclé – un look athlétique avec un maquillage minimal ou "naturel". L’actrice Farrah Fawcett était considérée comme l’une des plus belles femmes de cette décennie.

Les années 1970 ont aussi vu l’apparition de l’anorexie chez un grand nombre de femmes s’efforçant de maigrir à tout prix.


Jane Fonda, années 1980
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Alors que le type du corps athlétique gagnait en popularité, les "hardbodies" – des femmes minces très musclées – étaient considérées comme particulièrement attirantes. Etre maigre était idéal ; être mince et musclée était encore mieux. Selon Rehabs.com, 60 % des mannequins de Playboy dans les années 1980 pesaient 15 % de moins que le poids moyen recommandé pour leur taille.

L’actrice Jane Fonda a incarné cette folie pour le fitness et fut le symbole du "hardbody"- ses vidéos d’exercices d’aérobic se sont vendues à des millions d’exemplaires.

Les top-models ont aussi fait leurs débuts dans les années 1980, comme Naomi Campbell et Claudia Schiffer, dont les corps élancés et minces étaient loin de représenter le type corporel moyen de la femme américaine.


Kate Moss, années 1990
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Dans les années 1990, les mannequins ont terriblement minci. Kate Moss et sa silhouette de brindille dans la campagne Calvin Klein de 1993 ont été l’origine de l’expression : "héroïne chic" – peau pâle, structure osseuse angulaire et membres très fins étaient désormais à la mode.
La déclaration de Moss est restée célèbre : "On ne se sent jamais aussi bien que mince."


Adriana Lima, début des années 2000
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Les années 2000 nous ont amené le règne des Anges de Victoria Secret – des mannequins grandes, fines et élancées, dotées de fortes poitrines, aux cheveux fluides et aux corps sculptés. Le mannequin brésilien Adriana Lima est un Ange VS depuis l’an 2000.

Pour en apprendre plus sur le sujet, lisez l’étude complète sur Rehabs.com.

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29 avril 2012

Autour du film How to marry a millionaire

 Comment épouser un millionnaire

Secrets de tournage ...
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 ... et anecdotes

Le Cinémascope
cinemascopeLa Twentieth Century Fox lance en 1953 une grande innovation technique depuis l'apparition de la couleur au cinéma: le Cinémascope, un nouveau format d'image panoramique. How to marry a millionaire (Comment épouser un millionnaire) est souvent présenté à tort comme le premier film en Cinémascope; alors qu'il soit sorti après The Robe (La Tunique), un péplum à sujet religieux avec Richard Burton et Jean Simmons. Pour Darryl Zanuck, le grand patron de la Fox, il s'agit alors d'un moyen de sauver les salles de cinéma face à la concurrence de la télévision, qui gagne les foyers américains. Pour convaincre les exploitants de s'équiper de nouveaux projecteurs, Zanuck affirme que tous les prochains films de la Fox seront tournés en "scope". Si ce format d'image convient parfaitement aux films à grand spectacle, il reste à prouver son utilité pour les autres films, comme les comédies et cette tâche échoue au réalisateur Jean Negulesco avec How to marry a millionnaire. Zanuck lui confie un scénario écrit par Nunnally Johnson, d'après une pièce de théâtre à succès de Broadway. Sur le plan de la mise en scène, les paysages majestueux sont remplacés par trois jeunes femmes, qui doivent être trois stars. Il s'agit néanmoins du premier film enregistré en son stéréo.

Trois actrices, trois rôles
sc06_htm_film_set_publicity_01_2aLa 20th Century Fox sort son brelan d'as: Betty Grable, Lauren Bacall et Marilyn Monroe, pour un film contant l'histoire de trois aventurières en chasse d'un mari riche. Le scénariste Nunnally Johnson précisa qu'il avait créé les personnages en les adaptant à la personnalité des trois actrices.
Au départ, Marilyn hésite à accepter en revendiquant le rôle de Loco, attribué à Betty Grable, car elle n'aimait pas son propre personnage Pola, une femme stupide affublée de lunettes. Son hésitation provient surtout des motivations de sa coach Natasha Lytess, qui cherche des rôles plus intellectuels pour Marilyn. Le réalisateur Jean Negulesco persuade Marilyn d'accepter, lui faisant valoir que c'était le meilleur rôle. Et il avait raison: la drôlerie engendrée par la myopie valut à Marilyn des critiques positives sur ses talents comiques. Pourtant Marilyn ne considérait pas son interprétation comme l'une des meilleures. Lorsqu'elle demanda au réalisateur de lui exposer les motivations de son personnage et l'interprétation du caractère, il lui répondit: "Marilyn, n'essaye pas de vendre ce sexe là. Tu es le sexe, l'institution du sexe. Et la seule motivation dont tu as besoin pour ce rôle est le fait que dans le film, tu es myope comme une taupe sans lunettes. Voilà tes motivations." Jean Negulesco expliqua que "ce qui la préoccupait, c'était la façon dont son rôle transmettait l'image du sexe, car c'était cela -croyait elle- qu'elle devait incarner."

Une coach détestée face à une actrice inquiète
sc09_htm_film_set_MM_with_lytess_1Pendant le tournage, la coach personnelle de Marilyn, Natasha Lytess, parvient à se faire détester de l'équipe, comme à son habitude, en poussant son élève à réclamer sans cesse des prises supplémentaires. Exaspéré, le réalisateur Jean Negulesco perd patience et finit par renvoyer la coach, lui interdisant l'accès au plateau de tournage. Le lendemain, Marilyn décide donc de ne pas venir au studio, prétextant une bronchite. Charles Feldman, l'agent de Marilyn, annonce qu'elle ne peut pas tourner sans sa coach; Natasha Lytess est donc non seulement réintégrée mais obtient une augmentation de salaire. Malgré les frictions avec sa répétitrice, Jean Negulesco s'entend fort bien avec Marilyn: "A la fin du tournage, je l'adorais; parce que c'était une pure enfant , parce qu'elle avait donné ce je ne sais quoi que Dieu lui avait donné, et que nous sommes encore incapables de définir ou de comprendre. Or, c'est cela qui a fait d'elle une star. Jusqu'à la fin, jusqu'au montage, nous ne savions pas si elle avait joué bien ou mal. Mais alors, il s'est avéré qu'il y avait une personne sur cet écran qui était une grande actrice: elle."
test_script_1Marilyn se déconcentrait souvent pendant une scène. "Le metteur en scène devait interrompre les prises trop longues, car elle ne tenait pas la durée", raconte le monteur Orven Schanzer. La présence de sa coach la rassurait car Marilyn apparaissait comme une femme inquiète et l'équipe la considérait comme une actrice difficile. "Marilyn dégageait un charme magique, et en dépit des problèmes qu'elle provoquait, je n'ai jamais entendu personne la dénigrer, raconte le monteur Orven Schanzer. Je pense que c'est parce que les relations de Marilyn avec les gens sur le plateau, du premier au dernier échelon, étaient simples et affectueuses."
Peu après le début du tournage, le scénariste Nunnally Johnson écrivit à un ami que "Monroe est un peu comme un zombie. On a l'impression de parler à quelqu'un qui est sous l'eau." Des années plus tard, il n'oubliera pas cette image de l'actrice ajoutant: "On n'arrive pas à se faire entendre d'elle. Elle me fait penser à un de ces animaux qu'on appelle les paresseux. Vous lui piquez le ventre avec une aiguille, il fait 'Aïe' huit jours après."
Pendant une scène où elle reçoit un coup de fil en prenant son petit-déjeuner, Jean Negulesco se souvient qu' "elle s'embrouillait complètement, répondant au téléphone avant qu'il se mette à sonner, portant la tasse de café à ses lèvres avant de l'avoir remplie."
Le réalisateur Jean Negulesco racontera d'ailleurs dans ses mémoires, que Marilyn avait une peur maladive de la caméra mais "une fois devant, une histoire d'amour extraordinaire se déroulait en secret entre elle et l'objectif. Une histoire d'amour dont personne autour d'elle n'avait conscience - réalisateur, caméraman, preneur de son. C'était un langage de regards, une intimité secrète. Il fallait attendre le montage du film pour que cette histoire d'amour nous soit révélée. L'objectif était le public."

Clins d'oeil
Le film multiplie les allusions à la carrière mais aussi à la vie privée des trois stars:
htmmurderbystrangulation> Lors de la scène du défilé, Pola (Marilyn Monroe) présente un maillot de bain et un gilet sans manche sertis de diamants, dont la vendeuse rappelle qu'ils sont "les meilleurs amis d'une femme" ("Diamonds are the girl's best friends") en référence à la célèbre chanson de Les hommes préfèrent les blondes (Gentlemen prefer blondes).
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Dans la scène de l'avion, Pola (Marilyn) lit un roman intitulé "Murder by Strangulation" ("Meurtre par strangulation") qui renvoie à la mort de son personnage dans Niagara (1953, Henry Hathaway).

> Schatze (Lauren Bacall) affirme aimer les hommes mûrs, comme "ce vieil acteur dans L' Odyssée de l'African Queen" qui n'était autre qu' Humphrey Bogart, son mari à la ville. Lauren Bacall n'a par ailleurs eu aucun mal à se mettre dans la peau de la mannequin Schatze car avant de devenir actrice, Lauren travaillait en tant que mannequin, défilant dans des tenues devant des clientes potentielles.

> Dans la scène du chalet, Loco (Betty Grable) ne reconnaît pas un titre qui passe à la radio de son époux à la ville, le musicien Harry James.

De fausses rivalités
La presse à scandales se fait un délice de l'affiche du film, constituée de trois stars rivalisant de beauté, voulant à tout prix faire l'écho d'un crêpage de chignon entre les trois actrices. Cependant, les trois femmes s'entendent à merveilles.
sc05_htm_set_MM_with_lauren_1> Même l'exigente Lauren Bacall fait preuve d'indulgence face aux caprices et retards de Marilyn. Dans son autobiographie Be Myself and Then Some, Lauren Bacall raconte comment se passait le travail sur le plateau avec Marilyn qui était terrifiée et pleine de doutes: "Elle était effrayée, anxieuse, ne se fiait qu'à Natasha Lytess, et était toujours en retard. Pendant nos scènes, elle regardait mon front au lieu de mes yeux; à la fin d'une prise, elle ne regardait que son coach qui se tenait à côté de Jean Negulesco, pour avoir son approbation... Il fallait souvent faire une quinzaine de prises, voir davantage, ce qui veut dire qu'il fallait être bonne dans chacune d'entre elles, car on ne savait jamais laquelle serait conservée. Ce n'était pas facile et souvent énervant ! Elle était pénible et agaçante! Et pourtant, je n'arrivais pas à ne pas aimer Marilyn. Il n'y avait pas une once de méchanceté en elle, aucune malice. Elle devait simplement se concentrer sur elle et sur les gens qui n'étaient là que pour elle. Il y avait en elle quelque chose de triste -une sorte d'appel- un manque de confiance dans les autres, un malaise. Elle ne faisait aucun effort pour être agréable et pourtant, elle l'était. ."
Lauren Bacall sentait une sorte de tristesse chez Marilyn, une difficulté à se lier avec les autres. Elle et Betty Grable s'efforcèrent de l'aider à leur faire confiance, même si Marilyn parlaient rarement avec elles en dehors du plateau. "Un jour, elle vint dans ma loge, se souvient Lauren. Elle me confia qu'elle aurait vraiment voulu être à San Francisco, à une fête avec Joe DiMaggio, et manger des spaghettis. Ils n'étaient pas encore mariés. Elle voulait que je lui parle de mes enfants, de mon foyer; elle me demanda si j'étais heureuse. A son air un peu triste, elle semblait beaucoup envier cet aspect de ma vie, et espérait que cela lui arriverait un jour."

sc01_htm_set_MM_with_betty_01_1a> Mais les échotiers surveillent particulièrement les relations entre Marilyn et Betty Grable. Cette dernière avait en effet vu le rôle des Hommes préfèrent les blondes lui échapper au profit de Marilyn (> lire l' anecdote), qui revenait ainsi moins chère à la production lui attribuant un cachet bien inférieur à ce qu'aurait pu toucher Miss Grable. Et même malgré les efforts des studios pour "vendre" à la presse une guerre entre Marilyn et Betty Grable, les deux actrices s'entendirent fort bien et Betty se montra gentille avec Marilyn. Betty avait été l'idole de la nation pendant près de dix ans et passait gentiment le flambeau, déclarant à Marilyn: "Ma chérie, j'ai eu mon temps. A toi maintenant. C'est ton tour." A la fin du tournage, Betty Grable rompt brutalement avec trois ans d'avance son contrat de cinq ans avec la Fox, déclarant à Darryl F. Zanuck qu'elle ne tournerait plus de films pour la Fox. Le 3 juin 1953, le studio annonce officiellement la rupture de contrat. Son bungalow est alors attribué à Marilyn, qui refusera de s'y rendre. A la sortie du film, le nom de Betty Grable disparaît même de la tête d'affiche à titre de représailles. 

La scène marquante du film
sc03_htm_film_05_2bLa séquence la plus réjouissante du film est celle de la "powder room", expression qui renvoie à la salle de poudrière, où les dames se refont une beauté. Les pitreries de Marilyn, dans le rôle de la myope Pola, rendent cette séquence délicieusement inoubliable, où l'actrice révèle un véritable talent comique qu'elle doit sans doute aux cours qu'elle suivait au printemps de 1953, avec Lotte Goslar, une célèbre mime allemande qui incitait ses élèves à exploiter toutes leurs potentialités d'expressions corporelles. Une méthode de travail pourtant opposée à celles très cérébrales de Natasha Lytess, mais qui ont aidé Marilyn à se livrer à une prestation à la limite du burlesque. Dès son entrée au restaurant luxueux où elle retrouve ses copines, elle exécute un hilarant numéro digne de Charlie Chaplin ou de Buster Keaton, en suivant un serveur qu'elle prend pour son cavalier, en heurtant le maître d'hôtel et se cognant le nez contre le mur, juste après s'être admirée dans un miroir où son image est démultipliée. Le contraste entre cette image d'une déesse de l'amour et d'une jeune femme naïve à souhait, montre assurément à Marilyn qu'elle avait beaucoup d'humour pour tourner ainsi en dérision son statut d'idole de l'écran.
Le fameux plan où l'on découvre une Marilyn démultipliée par ses reflets dans les grands miroirs a sans doute été inspiré d'une part, par Jean Harlow, que Marilyn admirait beaucoup, mais aussi et surtout un clin d'oeil à "La Dame de Shangai" -1947- avec une Rita Hayworth aux cheveux courts et blond platine, face à de grands miroirs qui la reflètent:

film-htm-jean_harlow  film-htm-rita-1947-lady_shangai  

La musique
htm_orchestraLa scène d'ouverture du film, où l'on voit et entend un orchestre jouer, est une musique composée par Alfred Newman qui provient du film Street Scene (Scène de la rue) en 1931. Le morceau a aussi été utilisé dans le film I Wake Up Screaming (Qui a tué Vicky Lynn?) en 1941, avec déjà Betty Grable et produit par la Fox; mais aussi dans le film Gentleman's Agreement (Le mur invisible) en 1947.

Le succès du film et la starification de Marilyn
htm_premiereCe n'est qu'au soir de la première, le 4 novembre 1953 , que Marilyn Monroe put prendre la mesure de la qualité de son interprétation. Le styliste William Travilla, le maquilleur Alan Snyder et la coiffeuse Gladys Rasmussen avaient mis plus de 6 heures à la préparer pour son entrée en scène. Elle avait emprunté au vestiaire de la Fox une robe, du couturier Travilla, en crêpe de Chine couleur chair couverte de paillettes que l'on avait cousue sur elle, de longs gants blancs et une étole en renard blanc. Au cocktail précédant la première, Marilyn, tendue, avait bu plusieurs bourbon soda et était visiblement éméchée quand elle traversa la foule hurlante pour entrer dans le Fox Wilshire Theatre. On entendit Nunnally Johnson dire: "Les femmes portant des robes moulantes ne devraient jamais boire de trop". Mais pour Marilyn, la soirée fut un triomphe, "la plus belle nuit de ma vie" dira-t-elle. Le Hollywood Reporter écrivit: "Nous n'avons rien vu de tel depuis Gloria Swanson au faîte de sa gloire." Jean Negulesco approuva. Il déclara qu'elle avait "prouvé à tout le monde et à elle-même qu'elle pouvait affronter toutes les concurrences."
Quand à Nunnally Johnson, producteur et scénariste du film, il déclara que "la première fois que tout le monde aima sincèrement Marilyn, pour elle-même, dans un film, ce fut dans How to Marry a Millionaire. Elle-même fournissait une explication très perspicace de ce fait. Elle dit que de tous les films qu'elle avait tourné, c'était le seul où elle avait une certaine pudeur -pudeur non pas physique, mais par rapport à elle-même."
Au bout de quelques mois, le film avait fait une recette brute 5 fois supérieure à son budget faramineux de 2,5 millions de dollars. La longue robe d'intérieur en laine crème utilisée pour les affiches publicitaires fut vendue aux enchères en juin 1997 pour 57 000 dollars, un record pour un costume de cinéma.

Remake
Entre 1957 et 1959, la télévision américaine diffusa une série sitcom How to marry a millionaire, avec les actrices  Barbara Eden (dans le rôle de Loco Jones), Merry Anders (dans le rôle de Michelle "Mike" Page) et Lori Nelson (dans le rôle de Greta Lindquist); puis l'actrice Lisa Gaye (dans le rôle de Gwen Kirby) qui remplaca Lori Nelson.

>> photos de la série How to marry a millionaire
howtomarry_serie_1 howtomarry_serie_2 howtomarry_serie_3

 >> un épisode (partie 1) de la série How to marry a millionaire

Plus récement, Nicole Kidman a acheté les droits du film How to Marry a Millionaire (Comment épouser un millionnaire) afin de le produire et probablement s'y attribuer un rôle. 

> sources:
Livre Marilyn Monroe, d'Adam Victor
Livre Les vies secrètes de Marilyn Monroe, d'Anthony Summers
Livre Les Trésors de Marilyn Monroe 

Revue : Les légendes d'Hollywood, Comment épouser un millionnaire.
Article et photos sur thesymmetricswan
Les anecdotes sur 
allocine
La fiche du film et des anecdotes sur imdb
Le film sur wikipedia 

19 février 2012

H comme Hunt

 Helen Hunt
(dates ?)

coiffeuse

D'origine britannique, Helen Hunt était la coiffeuse styliste en chef des studios de la Columbia. Elle travaillera pour le cinéma pendant plus de 30 ans: de 1935 à 1967. Elle était surtout la coiffeuse attitrée de l'actrice Rita Hayworth, depuis ses débuts au cinéma et avec qui elle était devenue amie. C'est à Helen Hunt que Rita doit sa longue chevelure rousse ondulée -comme pour Gilda en 1946- mais aussi son dégradé court et blond pour La Dame de Shangai en 1947.

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Rita avait tellement confiance en sa coiffeuse, qu'elle ne vérifiait même pas le résultat de sa coiffure dans un miroir, après que Helen Hunt avait terminé son 'travail'; elle déclarait naturellement "It looks great !".


>> Marilyn et Helen Hunt <<
adv_1945_12_frank_joseph_Sylvia_Barnhart_02_1 film_The_Riders_of_the_Whistlines_Pines_set_avec_coiffeuse_helenhunt

Helen Hunt s'occupa de la chevelure de Marilyn dès 1946, au salon de Frank and Joseph; puis en 1948 pour le film Ladies of the Chorus et pour les photographies de Riders of the Whistling Pines. Marilyn arborait ainsi une longue chevelure blonde, à l'ondulation crantée, à l'image de la célèbre coiffure de Rita Hayworth.
Helen Hunt était aussi la chef de Gladys Whitten Rasmussen, qui est devenue, pour sa part, la coiffeuse attitrée de Marilyn Monroe.

> video: Helent Hunt parle de Marilyn

>> Voir les photos de Marilyn et Helen Hunt

>> sources:
Le site officiel ritahayworth.com et le site Rita The Love Goddess 
La carrière d'Helen Hunt sur 
imdb 

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