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Divine Marilyn Monroe
DIVINE MARILYN

Bienvenue sur ce blog entièrement consacré à Marilyn Monroe: sa vie, sa carrière, l'actu ...
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Welcome to this blog entirely dedicated to Marilyn Monroe: her life, her career, the latest news...
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« L’argent ne m’intéresse pas.
Je veux juste être merveilleuse.»

Marilyn Monroe
1926 - 1962  

« I’m not interested in money.
I just want to be wonderful. »

 

Identités

Noms officiels
Norma Jeane Mortensen
Norma Jeane Mortenson

Norma Jeane Baker
Norma Jeane Dougherty
Marilyn Monroe
Norma Jeane DiMaggio
Marilyn DiMaggio

Marilyn Miller

« Je n'ai jamais aimé le nom de Marilyn.
J'ai souvent regretté de ne pas avoir insisté
pour ne pas m'appeler Jean Monroe.
Mais je pense il est trop tard
pour faire quoi que ce soit maintenant .»
-1952

«  I've never liked the name Marilyn.
I've often wished that I had held out
that day for Jean Monroe.
But I guess it's too late to do anything about it now. 
 -1952

Le 12 mars 1956
Norma Jean Mortensen devient légalement
Marilyn Monroe

March 12, 1956
Norma Jean Mortensen legally becomes
Marilyn Monroe

Pseudonymes | Alias
Jean Norman
Carole Lind
Journey Evers

Carole Lind
Mona Monroe
Marilyn Marlowe
Clare Norman
Norma Baker
Joan Newman

Zelda Zonk
Mrs Leslie
Faye Miller
Tony Roberts
Miss Reis
Mrs N. White

Surnoms | Nicknames
Le haricot
La souris
The Oomph Girl
The Mmmmm Girl
Maril
The Woo Woo Girl
Miss Cheesecake
Miss Caswell
Baby Doll
Mazzie
Sugar Finney

Archives
2 août 2012

Le Nouvel Observateur 2/08/2012

lenouvelobs_coverLe magazine français Le Nouvel Observateur n°2491, paru le 2 août 2012 consacre un article de 4 pages à Marilyn Monroe (chapitre 4, par François Forestier).
 prix: 3,50  


Marilyn Monroe, ange et démon
Par François Forestier
en ligne
sur nouvelobs.com  

Avec "Le Prince et la Danseuse", le conte de fées de Marilyn Monroe, dont on commémore le 50e anniversaire de la mort, tourne au cauchemar.

lenouvelobs_photo 
Une collection unique de près de 4.000 photographies de Marilyn Monroe, dont certaines jusqu'à présent non publiées, sera exposée en août en Pologne avant d'être mise aux enchères, a indiqué vendredi le quotidien Gazeta Wyborcza. (c) Afp

Marilyn, vêtue d'une robe sombre en velours, le cou orné d'une rangée de perles, descend l'escalier de marbre blanc. C'est une apparition magique. Laurence Olivier la prend par le bras, la mène vers son fauteuil. La conférence de presse pour annoncer le tournage du "Prince et la Danseuse" est prometteuse : Laurence Olivier, le plus grand acteur du monde, et Marilyn Monroe, la femme la plus célèbre du cosmos. Merveilleux casting.
Les journalistes, hypnotisés, demandent à Marilyn : "Vous allez continuer avec l'Actor Studios ?" Elle bat des cils, sa gorge palpite. Elle répond : "Je voudrais me développer de toutes les façons possibles." Silence. Laurence Olivier prend la parole : "Miss Monroe a un talent... Mmm... Extraordinaire pour vous faire croire une minute qu'elle est une petite chose coquine et, la minute suivante, vous convaincre qu'elle est une ravissante idiote", dit-il. Les photographes shootent au niveau du genou, espérant prouver que Marilyn ne porte rien sous sa culotte. L'atmosphère est électrique. Soudain, la bretelle de la robe de Marilyn cède. La salle devient dingue. Marilyn se rajuste, gênée, innocente, rougissante. Une assistante apporte une épingle de nourrice. Marilyn la lui a remise juste avant l'"accident".

"Fais comme si tu étais une bouteille de ketchup"

Depuis qu'elle est tombée sous de l'empire de Lee Strasberg, le gourou de l'Actor Studio, Marilyn s'emploie à devenir une tragédienne. Elle répète Eschyle, martèle Shakespeare, énonce James Joyce. L'épouse de Lee, Paula Strasberg, une sorte de sorcière adipeuse en djellaba noire et éternellement coiffée d'un chapeau de paille, cornaque Marilyn tout le temps, à prix d'or - 1 500 dollars la semaine. Les metteurs en scène deviennent fous, de voir cette ombre sinistre souffler des âneries à l'oreille de la blonde. "Fais comme si tu étais une bouteille de ketchup" ou "imagine une brosse à dents très sale", voilà les indications scéniques de la Strasberg.

Le précédent réalisateur de Marilyn, Joshua Logan, a failli verser dans la rage baveuse, pendant le tournage de "Bus Stop". Maintenant que la star est sa propre productrice, personne ne peut plus la contredire. Elle navigue entre son psy et son médecin, et fait des efforts pathétiques pour plaire à son nouveau mari, Arthur Miller, auteur dramatique en vogue. Lequel est empêtré dans ses déclarations devant la Commission des Activités anti-américaines. Soupçonné d'être communiste, il est invité à balancer des noms, comme son ex-ami Elia Kazan. Il ne le fera pas. Il finaude, se dérobe, a signé une pièce anti-McCarthy, "Les Sorcières de Salem". Cet intellectuel avec cette blonde ? C'est l'union de la Belle et de la Bête, daube la presse.

 lenouvelobs 
  Laurence Olivier à Marilyn : « Soyez sexy. » Catastrophe : c'est exactement ce qu'elle ne veut pas entendre. © DR  

Quand Marilyn et Miller sont arrivés en Angleterre pour « Le Prince et la Danseuse », ils ont été accueillis comme des seigneurs. Flanqués de quatre motards, ils ont été déposés à Parkside House, un manoir géorgien qui jouxte le palais de Windsor. Onze chambres à coucher, un parc privé, une armée de valets, thé à tous les étages. Mais la réception fastueuse masque le mépris de Laurence Olivier pour le maigre talent de dramaturge de Miller. De plus, Olivier est noyé dans les problèmes que lui pose son épouse, la sublime Vivien Leigh, qui le cocufle allégrement avec un autre acteur, Peter Finch, avant de s'offrir, nue sous un manteau de fourrure, au premier passant venu. C'est que lady Olivier a sombré dans une schizophrénie agressive. Sir Laurence, qui doit interpréter le rôle principal et mettre en scène le film, compte sur Marilyn pour redorer son blason. Il est sous le charme, absolument.

Tandis que Miller se met à écrire une adaptation de l'une de ses pièces, Marilyn se rend à l'essayage. Elle est dans son état non-Marilyn : blême, le cheveu gras, le regard égaré. Laurence Olivier est stupéfait. Derrière elle, à trois pas, Paula Strasberg. La magie s'effrite instantanément. On débarbouille l'actrice, on la maquille, on l'éclaire. Ouf, c'est réparé. Le conte de fées entre le grand-duc Charles de Carpathie et la danseuse Elsie, surnommée The Coconut Girl, peut commencer. Mince histoire d'amour, dans la tradition des pâtisseries viennoises - tout repose sur la légèreté, la drôlerie, la vivacité. C'est ce que Laurence Olivier essaie d'expliquer à Marilyn. Celle-ci le regarde comme une huître morte. Paula Strasberg murmure à l'oreille de l'actrice. Sir Laurence se contient pour ne pas faire expulser cette Carabosse. Le 30 juillet 1956, le tournage débute. Marilyn arrive une heure en retard. Le deuxième jour, deux heures. Le troisième… Les acteurs anglais sont ponctuels, connaissent leur texte, n'ont pas besoin de se chauffer comme les derviches de l'Actors Studio. Laurence Olivier se consume de colère. Marilyn, elle, pense qu'au contact de ce shakespearien renommé un peu de son éclat va déteindre sur elle. C'est son obsession. Le soir, avec Arthur Miller, elle ne songe qu'à sortir de son rôle de bimbo. Son mari l'observe avec dépit : il a épousé la plus belle créature du monde, il se retrouve avec une névrosée bourrée de pilules, torturée par son image, dévorée d'angoisse, agressive, agaçante. Il espérait être avec Marilyn, il est avec la Poison.

Laurence Olivier, costumé en aristocrate d'opérette, se tourne vers Marilyn et, juste avant que la caméra ne se mette en marche, lui dit : « Soyez sexy. » Catastrophe : c'est exactement ce qu'elle ne veut pas entendre. Elle est donc utilisée, une fois de plus, pour sa sensualité ? Pas pour son talent ? Elle fuit, s'enferme dans sa loge, appelle Lee Strasberg à New York, pleure la nuit, tempête dans les onze chambres à coucher, rage. On s'est moqué d'elle. Miller se cache la tête sous l'oreiller. Elle ouvre le carnet de notes de son mari, lit : « J'ai pensé avoir épousé un ange, je me suis trompé. » Là, Marilyn craque complètement. Elle a déjà été abandonnée par son père, par sa mère, par son producteur, par ses deux premiers maris. On la laisse tomber une fois de plus ? Miller repart aux Etats-Unis, pour apparaître devant les inquisiteurs. Marilyn avale des poignées d'anxiolytiques et boit du champagne. Puis elle couche avec le gentil assistant, Colin Clark, qui fera de cette aventure un livre - non, deux. En attendant, Laurence Olivier se retrouve avec deux folles : sa femme, qui vient de faire une fausse couche, et son actrice, qui est camée. Quand Arthur Miller revient, il fait grand cas de se montrer à la première londonienne de sa pièce « Vu du pont ». Il demande sa carte de membre du Comedy Club, devant les photographes. Pour ce faire, il doit certifier qu'il est éligible et que sa femme n'est pas « indésirable ». Il certifie énormément.

Lee Strasberg arrive au studio. Il lui est interdit d'entrer, il reste à la grille. Sa femme, qu'Olivier surnomme « The Beast », tempête. Marilyn plonge dans un marécage opiacé. Son look se détériore. Elle ne se souvient plus de son texte. Le directeur photo, Jack Cardiff, qui a travaillé avec Huston sur « African Queen » et avec le tandem Michael Powell-Emeric Pressburger, fait tout pour camoufler les dégâts. Par moments, Marilyn retrouve son éclat, sa vivacité, sa fraîcheur. Puis elle retombe dans une aboulie pâteuse, et déserte le plateau le lendemain. Ravie, elle écoute Lee Strasberg lui expliquer qu'elle est géniale, que Laurence Olivier est un acteur surestimé, qu'elle n'est pas jugée à sa vraie valeur. Son mari pense qu'elle est une « pute emmerdante », dit-elle à Strasberg. Arthur Miller rétorque que c'est faux, et que les Strasberg sont des serpents venimeux. L'ambiance est bien pourrie. Pour alléger, Miller emmène Marilyn à Stratford-upon-Avon, visiter le lieu de naissance de Shakespeare. La presse anglaise note que le couple fait chambre à part, désormais. Un adolescent enamouré campe devant le manoir, jour après jour, une fleur à la main. Finalement, Marilyn sort, lui adresse quelques mots et le remercie pour la belle rose. Puis elle l'embrasse sur la bouche. Un demi-siècle plus tard, le vieil homme est encore émerveillé.

De fable charmante, « le Prince et la Danseuse » vire au cauchemar. Quand Laurence Olivier demande à Marilyn de se déplacer pour être dans l'axe de la caméra, celle-ci rétorque : « Vous ne me voyez pas. Pas la peine d'être ici, alors », et elle s'en va. Milton Greene, l'associé de Marilyn, ex-photographe devenu producteur, s'alarme de la note de téléphone (la psychanalyse longue distance, c'est cher), des retards, du budget qui explose. Un jour que Marilyn attend avec Paula dans sa loge, l'assistant fait savoir au metteur en scène que la star est prête. Il entend Laurence Olivier, gentleman exquis, pair du royaume, dire  : « Qu'elle aille se faire foutre. » Et Marilyn recommence ses caprices : alors que l'équipe attend, elle commande des robes, des chaussures, des ensembles. Le 29 octobre, elle est officiellement présentée à la reine, devant laquelle elle fait une jolie révérence, en robe lamée or, bretelles de topazes. Sur les clichés, Sa Majesté regarde avec curiosité le décolleté très ajusté de sa voisine de palier. Mais peut-être jauge-t-elle les topazes…

Le tournage s'achève en novembre, avec onze jours de retard. Avant de rentrer aux Etats-Unis, où Arthur Miller a finalement été très légèrement condamné pour avoir « manifesté du mépris pour la cour » et non pour ses opinions de gauche, le couple se rend à une soirée, pour rencontrer deux acteurs français : Simone Signoret et Yves Montand. Deux ans plus tard, Marilyn tournera « Le Milliardaire » avec ce dernier. Le 13 juin 1957, « le Prince et la Danseuse » sort au Radio City Music Hall, l'une des plus belles salles de New York. A cette occasion, Marilyn, apparemment heureuse, décrit à la presse la petite maison au bord de la mer où elle passe ses vacances avec son mari, « juste assez grande pour nous et des enfants », et, au détour d'une interview, dit : « La seule chose dont j'aie peur, c'est de moi-même. » Elle a raison : sa consommation de pilules s'accroît, ses absences aussi. Bientôt, elle sera internée. Mais, pendant le tournage du « Prince et la Danseuse », un événement mondain a eu lieu : Grace Kelly est devenue princesse de Monaco. Or, il y a un an, c'est Marilyn qui a été approchée pour être l'élue. Elle a simplement répondu : « Monaco ? C'est où, ça ? » Elle a failli vivre l'histoire du « Prince et la Danseuse », en vrai. Bientôt, le destin va lui offrir une deuxième chance, un deuxième prince : JFK. Elle rêvera de devenir première dame. A l'époque, pas question d'être la « first girl-friend ».

Le plus étonnant, c'est que le film de Laurence Olivier, s'il est fade et mou, n'existe que par la présence de Marilyn. Les orages, les angoisses, l'amertume, rien ne transparaît : Marilyn est lumineuse, parfois un peu rêveuse, mais si sexy, si touchante, on ne voit qu'elle. Le « plus grand acteur du monde », à côté, est aussi sensuel qu'un ravier à margarine. Il a de la prestance, de l'allure, du style, mais il est déplacé. Il voudrait être Cary Grant, il n'est que l'ombre de sa manchette. Marilyn va bientôt tourner son chef-d'oeuvre absolu : « Certains l'aiment chaud ». C'est là que Tony Curtis, exaspéré, déclarera : « Embrasser Marilyn, c'est comme embrasser Hitler », comparaison discutable mais pittoresque. Surtout, l'espoir de fonder un foyer va fondre comme un glacier sous réchauffement climatique. Déjà, Arthur Miller s'éloigne. Le jour de leur mariage, il a offert à sa fiancée un bracelet en or. Avec ces mots : « A à M, juin 1956. Maintenant et à jamais. »

Le bonheur ? Jamais.

Lire l'intégralité de l'article de François Forestier, "Marilyn, ange et démon", dans "le Nouvel Observateur" du 2 août 2012.
sur le site  cinema.nouvelobs.com   


Marilyn : « Merci de m'aider à sauver ma vie »
le 4/08/2012
Par Bernard Comment
en ligne
sur cinema.nouvelobs.com

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 © KOBAL-AFP-© DR  

Chaque semaine, l'éditeur des écrits et dessins de la star - mandaté par la famille Strasberg - nous offre un document rare. Aujourd'hui, une lettre inédite à Lee Strasberg

Durant les premiers mois de 1956, Marilyn Monroe, désormais new-yorkaise, quitte sa nouvelle ville d'adoption pour se rendre sur le tournage de « Bus Stop ». Elle rentre d'abord à Hollywood, après plus d'un an d'absence, puis se rend à Phoenix (Arizona) et à Sun Valley (Idaho), avant de revenir à Los Angeles où elle réside au luxueux hôtel Chateau Marmont, sur Sunset Boulevard (elle y retrouve Arthur Miller, pour des amours encore clandestines à ce moment-là). Le réalisateur de « Bus Stop », Joshua Logan, était incertain au départ sur le choix de Marilyn et s'était renseigné auprès de Lee Strasberg, qui l'avait chaleureusement recommandée, convaincu de l'énorme talent d'actrice de celle que les studios de Hollywood s'efforçaient d'enfermer dans un rôle de blonde sexy et superficielle. Elle tenait ainsi l'occasion de démontrer son talent, avec un beau rôle complexe, dirigée par un cinéaste de talent.

Quatorze mois plus tôt, en décembre 1954, alors que le monde du cinéma la reconnaissait enfin comme une star en l'honorant d'un grand dîner de gala après les énormes succès, coup sur coup, de « Niagara », « Les hommes préfèrent les blondes » et « Comment épouser un millionnaire », elle avait quitté la Côte Ouest pour se rendre à New York, à la fois pour y fonder une société de production cinématographique (avec le photographe Milton Greene) et pour suivre les cours de Lee Strasberg à l'Actors Studio. La décision de ce déplacement est vertigineuse, et exceptionnelle : aucune star n'a jamais renoncé à l'éclat de la gloire pour aller se perfectionner sur les bancs d'une école, fût-elle hautement prestigieuse.

Ce choix, au demeurant, ne manque pas de cohérence. En effet, la formation de Marilyn au métier de comédienne s'est toujours faite sous les auspices du grand maître russe, Stanislavski. Ce choix est dû au départ à un certain hasard, lorsque la Columbia donne comme coach à sa starlette Natasha Lytess, formée à cette tendance de l'art dramatique. Cela relève ensuite d'une vraie décision, quand Marilyn va suivre l'enseignement de Michael Tchekhov, le neveu d'Anton, lui aussi apôtre de Stanislavski. Et c'est donc en bonne logique que Marilyn se rend à New York auprès de Lee Strasberg, un des fondateurs de l'Actors Studio, dont la « méthode » consiste à se fondre totalement dans le personnage, à s'imprégner de ses goûts, de ses réflexes, de sa façon de vivre et de sentir (en complément, Lee Strasberg encourageait ses étudiants à entreprendre une psychanalyse, ce que fit Marilyn dès les premiers mois de 1955). De fait, le génie de Marilyn tenait à ce qu'elle ne jouait pas, mais qu'elle était - à l'écran comme sur les photos. Dans son livre « Tu vois, je n'ai pas oublié », Montand ne dit pas autre chose : « Marilyn était un être d'exception dans la mesure où c'était sa lumière intérieure qui lapropulsait à l'avant-scène, devant les projecteurs. Si tu crois en Dieu, tu peux dire que c'est Dieu seul qui produit une lumière pareille, une lumière que ne maîtrise pas celui qu'elle habite… Marilyn soufrait de ne pas être une actrice reconnue, mais ce n'était pas véritablement une actrice : elle se situait bien au-delà du jeu. »

Dans les coulisses de « Bus Stop » se joue un petit drame. Natasha Lytess n'est plus là, elle a été évincée par Paula Strasberg, la femme de Lee, qui sera le coach de studio de Marilyn jusqu'à la fin, au grand dam parfois de célèbres réalisateurs (George Cukor, John Huston) supportant mal cette double commande où le commentaire sur les scènes tournées et la nécessité de les refaire ou non appartenait davantage à Paula qu'à eux-mêmes.

Ce qui est sûr, c'est que Lee Strasberg a joué un rôle déterminant dans la vie et la carrière de Marilyn. Il a d'emblée cru en elle, qu'il considérait comme une nouvelle Duse, promise à une étincelante carrière sur les planches. Il avait compris que ses peurs et sa fragilité devaient devenir sa force, et que seules la technique et la discipline pourraient lui permettre d'exprimer son fragile équilibre au bord de l'abîme. Marilyn se sentait enfin comprise.

Ce brouillon de lettre sur papier à en-tête du Chateau Marmont aurait dû figurer dans « Fragments ». Il se trouve simplement qu'il était classé par erreur dans les courriers reçus par Marilyn (des archives qui feront l'objet d'un gros volume à paraître en automne 2013 aux éditions du Seuil), et n'a été découvert que quelques mois après la publication des écrits intimes. Il m'a paru qu'en cette date anniversaire il était légitime de faire paraître le texte dans « le Nouvel Observateur », qui avait consacré sa couverture à Marilyn lors de la sortie de « Fragments », en octobre 2010, ce qui permettra à chacun de glisser les deux pages ici présentes dans le livre, comme un précieux complément. Je suis, à titre personnel, évidemment touché par cette lettre où Marilyn se compare à « un poisson hors de l'eau » (ce qu'elle était en effet, perdue parmi la foule des cyniques), le titre d'un de mes romans…

La lettre de Marilyn à Lee Strasberg

Cher Lee,

Si je n'avais pas trouvé le moyen de me mettre au travail je serais (comme je l'ai toujours été depuis que j'ai une conscience) un poisson hors de l'eau - agitée et rêvant (à des choses impalpables auxquelles je n'ai pas accès) et cent fois plus nerveuse, et totalement désespérée. Je reste mal organisée - mais j'entrevois même légèrement mes responsabilités pour moi-même et pour les autres qui m'ont aidée et même ceux qui m'ont abîmée et qui sont tous mes autres moi-même, dans ce que j'endure, ce que par miracle je parviens à faire. Mais Lee, pourquoi est-ce que ça doit être si douloureux ? sauf que j'éprouve plus fortement que jamais à quel point l'être humain est dans la survie.

J'essaye d'être même plus sociable que je l'ai jamais été mais les gens semblent prendre cela à tort pour une sorte de [mot manquant] et pour une faiblesse revendiquée qui et comme les poulets - qui donnent des coups de bec à ceux qui sont malades et s'affaiblissent - jusqu'à ce que je sente que je vais tout lâcher et mourir - par leur faute et surtout par la mienne - je suis certaine que tout ceci semble absurde - mais je vous remercie de votre patience. Et de laisser Paula à mes côtés - elle m'aide - même parfois elle a la bonne idée - ainsi je peux parler avec elle et parfois avoir l'espoir de m'identifier à sa présence féminine et chaleureuse alors que toutes les autres personnes avec qui je parle se mettent à penser que je débloque et leur grande inquiétude - semble me terrifier - la crainte qu'ils aient raison avec leur inquiétude.

Merci, merci, merci de m'aider à sauver ma vie.

Peut-être que je ne serai jamais capable de faire ce que je veux faire - mais au moins j'ai de l'espoir. Je ne sais pas comment je joue - je sais juste que je peux rester concentrée, au moins une partie du temps - et que les exercices que j'ai appris en cours peuvent toujours marcher à condition que je les convoque franchement.

Merci.

Amitié

M

Mon amitié à Suzie et Johnnie

(*)Susan et John, les deux enfants de Lee et Paula Strasberg.

1 août 2012

Ici Paris 1/08/2012

ici_paris_M1873Le magazine français Ici Paris n°3500, paru le 1er août 2012 consacre un article de 3 pages à Marilyn Monroe.
 prix: 1,20 

ici_paris_p1 ici_paris_p1a ici_paris_p2 

1 août 2012

Gala 1/08/2012

gala_M1800Le magazine français Gala n°999, paru le 1er août 2012 consacre un article de 2 pages à Marilyn Monroe.
 prix: 2,40 

gala_P1  

31 juillet 2012

Arte Magazine 4/08/2012

arte_mag_coverLe magazine en ligne Arte Magazine  n°32 de la semaine du 4 au 10 août 2012 consacre sa couverture à Marilyn et divers articles sur les documentaires diffusés sur la chaîne.
A télécharger en fichier pdf sur arte-magazine.arte.tv   

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31 juillet 2012

Fémitude 31/07/2012

f_mitude_L3610Le magazine français Fémitude n°25, paru le 31 juillet 2012 consacre un encart sur sa couverture à Marilyn Monroe et un article de 14 pages à Susan Bernard et Marilyn Monroe (photographiée par Bruno Bernard).
 prix: 3,10 

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30 juillet 2012

Marilyn dans la presse TV du 30/07/2012

Voici un petit aperçu des articles consacrés à Marilyn Monroe dans la presse française (le 4 août prochain sera le cinquantenaire de sa disparition). Ce sont surtout les magazines de télé qui publient des articles sur MM, car plusieurs programmes télés seront diffusés les 4 et 5 août (utilisez le tag "à la télé" pour plus d'infos): quelque soit votre magazine de programme tv, vous n'échapperez pas à Marilyn ! Le plus bel article et le plus complet, qui constitue donc le plus bel hommage, revient à Télé Poche qui consacre sa couv' à la star et un dossier de 13 pages.

> Télé Poche, n°2723, paru le 30/07/2012 
mag_telepoche_cover mag_telepoche_article1
mag_telepoche_article2 mag_telepoche_article3 mag_telepoche_article4
mag_telepoche_article5 mag_telepoche_article6
mag_telepoche_article7 mag_telepoche_article8

> Télé 7 Jours, n°2723, paru le 30/07/2012
mag_t7j_cover mag_t7j_article

> Télé Star, n°1870, paru le 30/07/2012
mag_ts_cover mag_ts_article

> Télé Loisirs, n°1379, paru le 30/07/2012
mag_teleloisirs_cover tl_p1 tl_p2

> Télé Cable Sat, n°1161, paru le 30/07/2012
mag_telecablesat_cover mag_telecablesat_article 

> Télé Z, n°1560, paru le 30/07/2012 
mag_telez_cover mag_telez_article  

28 juillet 2012

Télé Cable Sat 4/08/2012

telecablesat_monroe  Le magazine français Télé Cable Sat n°1161, de la semaine du 4 au 10 août 2012 consacre sa couverture et un article sur Marilyn Monroe.
 prix: 1,50 

28 juillet 2012

Télé Star 4/08/2012

ts_img939 Le magazine Télé Star n°1870, de la semaine du 4 au 10 août juillet 2012, consacre un article d'une page et demie sur Marilyn Monroe.

ts_img940 ts_img941 ts_img942 

27 juillet 2012

Le Nouvel Observateur 26/07/2012

lenouvelobs_26juilletLe magazine français Le Nouvel Observateur n°2490, paru le 26 juillet 2012 consacre un article à Marilyn Monroe (chapitre 3, par François Forestier).
 prix: 3,50 


 Chapitre 3: Et Marilyn créa l'émeute
Par François Forestier
en ligne
sur nouvelobs.com  

lenouvelobs_27juillet  

Avec « Sept Ans de réflexion » (1955), de Billy Wilder, Marilyn Monroe, dont on célèbre le 50e anniversaire de la mort, devient un mythe universel.

C'est un chaos indescriptible. Les voitures sont pare-chocs contre pare-chocs, la foule est compacte, les policiers à cheval tentent de se faufiler, des photographes se bousculent et des projecteurs sont installés sur les toits, comme pour un bombardement. Un petit homme, le chapeau noir de travers, court : il vérifie que tout est bien en place, que la vitrine du Trans-Lux Theatre, cinéma coincé entre une boutique de fleuriste et un coiffeur, est nettoyée et que la caméra est bien située. Billy Wilder est un perfectionniste qui travaille avec un chronomètre en main. Les gags et les répliques de son film, « Sept Ans de réflexion », vont être millimétrés, alésés. Survolté, il finit par s'asseoir, le coeur au bord des lèvres. L'acteur principal, Tom Ewell, est là, les mains dans les poches. La foule grossit.

Marilyn, elle, se prépare dans la chambre de son hôtel. Elle a mis une robe blanche, s'est fait coiffer méticuleusement et, l'angoisse vissée à l'estomac, attend en buvant du champagne et en gobant des calmants. Son mariage avec Joe DiMaggio, surnommé le Yankee Slugger (le « frappeur yankee »), est une déception : le joueur de base-ball est de plus en plus renfrogné, de plus en plus jaloux, de plus en plus terne. Le soir où Marilyn est arrivée au restaurant de Toots Shor en robe moulante, tous les copains ont immédiatement remarqué qu'elle ne portait pas de culotte. DiMaggio, rageur, a envoyé son épouse s'acheter un slip, manu militari. Toots Shor, le pote de toujours de Joe, a secrètement ouvert une petite caisse pour faire des paris : combien de temps le mariage va-t-il durer ? Moins d'un an, dit-il. Marilyn est une allumeuse.
La planète entière la désire. C'est l'idéal féminin, le top de l'érotisme, le rêve américain par excellence. Partout où Marilyn passe, c'est l'émeute. Quand elle a été au Japon pour son voyage de noces, en janvier, elle a été accueillie comme une vamp. Avec un peu d'étonnement, elle a constaté que son mari était une sorte de divinité, là-bas. Quand elle a chanté en Corée pour les soldats, elle a failli déclencher une autre guerre. Il n'y a pas, il n'y aura jamais, de star comme Marilyn Monroe. Elle adore ces milliers de regards qui la désirent, elle n'est heureuse qu'à ces moments-là. Puis elle éteint sa lampe intérieure et sort dans la rue, méconnaissable, les cheveux gras, le visage démaquillé, et personne ne la remarque. Elle s'est inventé un nom : Zelda Zonk. Et cette Zelda, personne n'en veut. Seule à la maison, elle ne se lave même pas. Sa femme de ménage ramasse les crottes du chien, le linge sale, les draps bouchonnés.

Billy Wilder attend. Marilyn a l'habitude d'arriver en retard, un peu par caprice, un peu pour se faire désirer, un peu par trac. Même à son mariage, en janvier dernier, elle était en retard. Wilder lui suggère d'aller prendre des cours « chez Patek Philippe, en Suisse, pour arriver à l'heure ». Son peu d'assiduité a valu à Marilyn d'être mise à pied sans solde par le studio. Elle s'est consolée en rendant visite à Joe Mankiewicz, le réalisateur d'« Eve », qui prépare « Blanches Colombes et vilains messieurs » avec Marlon Brando et Frank Sinatra. Pour le rendez-vous, elle s'est vêtue comme une showgirl, décolleté plongeant, robe moulante, rouge à lèvres flashy et moue de petite fille. Mankiewicz, qui n'a que mépris pour cette gisquette manipulatrice, la regarde et dit : « Allez vous rhabiller, Marilyn. » Elle est congédiée comme une soubrette.

« Sept Ans de réflexion » est une pièce de théâtre de George Axelrod, un scénariste de radio qui a travaillé avec Jerry Lewis et Dean Martin. Montée en 1952 au Fulton Theatre, la pièce a été un triomphe : elle raconte l'aventure estivale d'un type marié, dont l'épouse et les enfants sont en vacances, avec sa délicieuse voisine. Titre original : « The Seven Year Itch », traduisez : « la Démangeaison de sept ans ». Dès qu'elle a été montée, Charlie Feldman, l'imprésario de Marilyn, en a acheté les droits. Mais, immédiatement, la censure est intervenue. Il a fallu couper des répliques, changer la fin : pas question que le quidam couche avec la créature. Tout se passera dans sa tête et restera un rêve masturbatoire. Marilyn en rajoute. Quand un reporter lui a demandé si, pour ses photos déshabillées, en 1949, elle n'avait rien mis, elle a répondu : « Si. La radio. »

Il est 1 heure du matin. La foule s'est épaissie. Une voiture arrive. Marilyn en sort. C'est comme un ouragan. Elle porte une robe plissée qui frétille au moindre coup de hanche, le dos est nu, et le décolleté est maintenu par deux bretelles fragiles, qui peuvent glisser à tout moment. Pas de soutien-gorge. En 1954, c'est une incitation à l'émeute des frustrés, à la jacquerie des voyeurs. Les projecteurs s'allument, les flashs crépitent, les cordons de police menacent de se rompre. Billy Wilder, qui a été gigolo à Vienne et qui connaît la valeur d'une mise en jambes érotique, demande à Marilyn de prendre quelques poses sur une grille de métro. Elle s'échauffe. Wilder se réfugie derrière la caméra et donne le top moteur. Un grondement se fait entendre, un puissant souffle d'air surgit du sol, et les trois ventilateurs - ce sont en fait des pales d'avion - se mettent en route. La robe de Marilyn se gonfle, ondule, retombe. Les spectateurs en redemandent. Les flics aussi. Chacun envie les trois machinos qui actionnent les ventilos, ils ont le meilleur job du monde. Marilyn est belle à mourir.

Joe DiMaggio est cocu, et comment ! Il est jaloux, mais, malgré sa surveillance, Marilyn s'échappe. Elle passe ses journées avec Hal Schaefer, un petit musicien sympathique, elle a eu une aventure avec Frank Sinatra, elle n'hésite pas à faire entrer le livreur du pressing ou le visiteur de passage. A chaque fois, elle constate la même réaction incrédule : « Je vais coucher avec… Marilyn ? » Du coup, deux fois sur trois, les élus ont une réaction molle et sont privés de leurs moyens. Marilyn Monroe intimide, Zelda Zonk pas du tout. Elle vient de tourner « La Rivière sans retour », et Robert Mitchum l'a prise en affection tout en se moquant gentiment d'elle, après avoir passé quelques nuits avec elle. En revanche, le metteur en scène, Otto Preminger, a piqué des colères phénoménales à cause des retards de l'actrice et de la présence envahissante de la coach autoritaire, Natasha Lytess. Puis Marilyn a incarné une chanteuse de cabaret dans « La Joyeuse Parade ». Elle est fatiguée de ces rôles de bimbo. Elle veut devenir tragédienne, comme Duse ou Sarah. Déclamer du Shakespeare, scander du Yeats, la main vers le ciel. Faire des rôles « sérieux », bon sang de bonsoir.

Walter Winchell, le journaliste vedette de la radio, cherche Joe DiMaggio. Il le trouve au bar du Saint Regis, en train de siroter une bière. Il l'invite à venir sur le plateau. Le Yankee Slugger fait des ronds avec son verre. Il se fait tirer l'oreille. Il n'a pas envie. Winchell insiste. Finalement, DiMaggio le suit. Quand les deux hommes parviennent sur Lexington Avenue, c'est le souk. Il y a même des types suspendus aux toits. Les projecteurs balaient la foule. Impossible de s'approcher. DiMaggio veut s'en aller, quand un flic le repère. Il lui fraie un chemin. Miraculeusement, les gens s'écartent devant le seigneur des stades. DiMaggio entend des cris : « Plus haut ! Plus haut ! Encore ! » Et il voit une scène de rêve et de cauchemar. Le désir et la rage se télescopent en une déflagration atomique. Marilyn, la robe levée, montre ses cuisses. Ses jambes. Ses fesses. Elle a beau avoir mis deux culottes superposées, on voit bien qu'elle n'est pas une blonde naturelle. Les épaules nues, le visage levé vers le ciel obscur, elle danse, elle bouge, elle glisse, elle rabat cette satanée robe qui s'envole à nouveau, elle est offerte aux hommes, à tous les hommes. Elle fait un strip pour la planète entière. Joe DiMaggio s'étouffe de rage. Il est le cornard magnifique.

Il regarde les hommes, autour de lui, qui gueulent « Encore ! Encore ! », les yeux fixés sur l'entrejambe de sa femme. Il a envie de cogner. Il s'en va. Marilyn, inquiète, demande à Billy Wilder s'il pense que ça va durer, cette soirée. Non, répond Wilder, on a presque fini. Menteur, va ! Ils ne lèveront le camp qu'à 5 heures du matin, avec le petit jour. DiMaggio, effondré, s'est réfugié chez Toots Shor. Celui-ci regarde son copain de toujours et lui dit  : « Tu croyais quoi ? C'est une pute ! Une pute ! » Joe s'en va. Il ne reverra plus jamais le malappris. La procédure de divorce est engagée quelques jours plus tard.

A Los Angeles, DiMaggio, désespéré, demande au journaliste Sidney Skolsky  : « Toi qui sais tout, dis-moi, Il y a un autre homme ? » Il y en a dix, vingt, mais Skolsky ne dit rien. Une semaine plus tard, il revoit Marilyn lors d'une fête donnée en l'honneur de « Sept Ans de réflexion » : il y a là Claudette Colbert, Humphrey Bogart, Gary Cooper, James Stewart, Loretta Young et Clark Gable, cet homme que Marilyn a tant admiré dans son enfance. L'hôte, Charlie Feldman, est accoudé à la silhouette de Marilyn, robe soulevée, découpée dans du carton. « J'ai l'impression d'être Cendrillon », dit-elle. Dehors, un détective privé surveille la nouba. Il a été engagé par Joe DiMaggio pour espionner la belle infidèle.
Puis elle s'envole pour New York, où elle rejoint son nouvel amant, le photographe Milton Greene, avec qui elle va créer une société de production. Elle disparaît du radar de Hollywood. Zanuck, enragé, essaie de la retrouver, la convoque, lui envoie du papier bleu, la traque. Rien à faire. Zelda Zonk, anonyme, s'est fondue dans la foule. « Sept Ans de réflexion » est un triomphe, certes, mais Marilyn a trouvé une famille d'adoption : celle de Greene. Comme un coucou, elle niche dans le refuge d'autrui. Elle devient amie avec l'épouse de Greene. Elle lit des livres, écrit des bouts-rimés, patauge dans la piscine, rêve de jouer Grouchenka dans « Les Frères Karamazov ». Elle ne veut plus de « sex rôles ». Elle rompt avec la 20th Century Fox, malgré son contrat. C'est une décision maladroite, qui va lui coûter sa carrière, et, probablement, sa vie.

Les avocats entrent dans la danse. Zanuck est impitoyable. L'un de ses affidés déclare : « Marilyn est stupide. Elle est mal conseillée. » Convoquée par le studio pour faire des tests pour son nouveau film, curieusement intitulé « Comment devenir très, très populaire », elle ne daigne même pas se présenter. Elle préfère s'inscrire à l'Actor's Studio, et prendre des cours avec Lee Strasberg à New York. Celui-ci, soutenu par sa femme, Paula, va devenir le confident, le gourou, l'analyste, le professeur et, finalement, l'héritier de la Monroe. Avec lui, elle va se réinventer. Assise dans la salle du Studio, intimidée, les ongles sales, le regard perdu, elle passera des heures à absorber les théories philosophiques, les considérations sur le métier d'acteur, les conseils psychanalytiques. A l'autre bout de la ville, un homme se rend au théâtre pour les répétitions de sa pièce, « Vu du pont ». Arthur Miller passe tous les jours devant la silhouette en carton de Marilyn, robe envolée.

Les plans tournés à New York, la nuit du 15 septembre 1954, ne seront jamais utilisés. Ils seront refaits en studio. En fait, il ne s'agissait que d'un coup de publicité.


Marilyn dessine
le 28/07/2012
Par Bernard Comment
en ligne
sur cinema.nouvelobs.com

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Chaque semaine, l'éditeur des écrits et dessins de la star - mandaté par la famille Strasberg - nous ofre un document rare. Aujourd'hui, le dessin d'une femme allongée après l'amour.

Lors de mes premières visites à Anna Strasberg, j'avais remarqué, suspendu au mur, un dessin à la sanguine et un jour mon hôte me révéla qu'il y en avait plusieurs autres. C'était à la fin de la conception du livre « Fragments », on aurait pu les ajouter à l'ensemble, mais j'eus tout de suite l'idée qu'il fallait faire un livre à part, et ne pas mélanger ce petit trésor plein de fraîcheur avec des textes qui relevaient d'une autre intention, d'un autre besoin. On peut écrire dans l'urgence, pour retrouver un semblant d'équilibre dans les « sables mouvants » de la vie. Pour le dessin, même quand il s'agit d'une esquisse, on a plus de distance, on regarde, on observe, on se souvient, et on dépose cela sur la feuille, en quelques traits plus ou moins appuyés.

Tout comme elle n'était pas poète, Marilyn n'était pas dessinatrice ni artiste. Mais elle avait, à l'évidence, un regard et un coup de crayon. Une sorte de grâce. Et des images de référence dans la tête. En voyant ce dessin, on pense à des poses classiques, comme autant de Vénus dans les tableaux de la Renaissance, ou encore à la très érotique série du « Peintre et son modèle » de Pablo Picasso. L'amante dort allongée sur le dos, les seins fermes et pointés en l'air, sans doute repus de l'amour à peine consommé (ou, variante possible : en attente de l'étreinte à venir). C'est un corps offert, littéralement ouvert, aux alléchantes courbes qui inspirent la vigueur de l'homme au premier plan, qu'un élan semble pousser vers l'avant. On ne sait pas très bien comment interpréter la position du bras gauche : en appui sur le bord du lit, ou amorçant une caresse ? Ce qui est très beau, c'est l'énergie qu'on sent sur le visage de ce personnage sans même le voir, une tension portée vers l'objet de son désir - assouvi ou non.

La plupart des dessins de Marilyn sont titrés par elle-même, et la légende apporte son poids d'informations, d'ironie décalée ou de contre pied - comme dans le verre de champagne qu'elle esquisse (« A Glass of Champagn the Morning After ») pour le reverser aussitôt dans le désenchantement du lendemain.

Pour compléter ces dessins inédits et souvent touchants et en faire un livre, il m'a semblé évident de faire apparaître une très belle série totalement inconnue de photos faites par le réalisateur Joshua Logan au soir du dernier jour de tournage de « Bus Stop », en marge d'un dîner donné dans sa propriété de Hollywood par un des fondateurs de la Fox, William Goetz, par ailleurs grand collectionneur d'art. L'actrice, mi-enjouée, mi-lunaire, y prend la pose devant des tableaux de Manet, Cézanne, Van Gogh, Bonnard, Picasso, et face à une sculpture de Degas.

Encore fallait-il une couverture. Pour « Fragments », j'avais opté pour un cliché sombre, nocturne, d'une Marilyn entre peur, stupeur et tristesse, qui correspondait à la tonalité du livre. Pour ce petit volume intitulé « Girl Waiting » (c'est la légende d'un des dessins), je voulais quelque chose de plus joyeux et lumineux, et j'ai enfin pu exploiter une photo que j'avais depuis longtemps en tête, découverte sur le site cursumperfcio.net (une mine de renseignements et de découvertes), qui montre une Marilyn rieuse, solaire, irradiante sous son chapeau de paille. Par recoupements successifs, j'ai acquis la certitude que la photo a été prise par Arthur Miller avec un Leica, en amateur, dans la torpeur légèrement venteuse de l'été à Amagansett au bout de Long Island. La femme de tous les rêves est saisie dans sa simple vérité, sans apprêt aucun, la bouche ouverte par le rire, les yeux mi-clos, plus belle que jamais, comme un pied de nez naturel, vibrant, vivant, à l'icône figée dans laquelle Hollywood avait cru pouvoir l'enfermer. On a l'impression de l'entendre rire dans la lumière du soleil.

Né en Suisse en 1960, Bernard Comment est écrivain, scénariste (pour Alain Tanner) et traducteur d'Antonio Tabucchi. Directeur de la collection « Fiction & Cie » au Seuil, il est l'éditeur de « Fragments », qui regroupe les écrits intimes, poèmes et lettres de Marilyn Monroe. Il est l'auteur, entre autres, de « l'Ombre de mémoire » (1990), « Roland Barthes, vers le Neutre » (1991), « Même les oiseaux » (1998) et « Tout passe », Bourse Goncourt de la nouvelle 2011.

27 juillet 2012

Le Figaro Magazine 27/07/2012

mag_le_figaro_M0134Le magazine français Le Figaro Magazine n°727, du 27 juillet 2012, (vendu avec le journal + Tv Magazine + Madame Figaro)  consacre sa couverture et un dossier de 10 pages sur Marilyn Monroe.
 prix: 4,50  


 Et Dieu créa... Marilyn
par Eric Neuhoff
en ligne
sur lefigaro.fr  

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 Maîtrisant l'art de la pose comme personne, celle qui débuta comme mannequin aime se prêter au jeu des séances.
Crédits photo : Earl Theisen/Getty Images  

De son enfance à la Dickens jusqu'à sa mort inexpliquée, la vie de Marilyn est un roman que le monde entier ne se lasse pas de feuilleter. Portrait d'une fille tourmentée, d'une beauté fatale, d'une actrice appliquée... Bref, d'une femme aux cent visages.

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S'ils n'expliquent pas tout, ces chiffres magiques sont pour beaucoup dans le prestige de la star. Ses mensurations auraient pu être gravées sur sa tombe. Au lieu de quoi, on lit simplement: Marilyn Monroe 1926-1962. Cela a le mérite de la sobriété. Cinquante ans après sa mort, cette «enfant radieuse», selon l'expression de Truman Capote, continue à fasciner, intriguer. Des piscines d'encre ont été vidées à cause d'elle. Les rumeurs les plus folles continuent à courir à son sujet. Ce bel animal ne s'est jamais laissé enfermer dans une cage. On n'a toujours pas réussi à l'empailler. Apparemment, ça n'est pas demain la veille.

lefigaro_etdieu_2Au départ, il y a une enfant de la dépression, dans les deux sens du terme. La mère de Norma Jean Baker considère les hôpitaux psychiatriques comme ses résidences secondaires. Sa grand-mère a fini en camisole. Son père s'est volatilisé après sa naissance, mais il était, dit-on, le sosie de Clark Gable. La gamine grandit entre foyers et familles d'accueil. Par la fenêtre de son orphelinat, elle aperçoit les lettres majuscules HOLLYWOOD sur la colline d'en face. Plus tard, elle fera de son enfance un récit à la Dickens. Elle en rajoutait peut-être un peu. La légende nécessite des accommodements. C'est une fille qui sait ce qu'elle veut. Elle connaît le prix à payer. Elle se marie très tôt avec n'importe qui, se teint les cheveux - Marilyn, oui, était brune! -, divorce, fait le mannequin. Le fameux calendrier pour lequel elle pose nue lui a rapporté 50 dollars. Elle trouve un nouveau nom, traîne sa blondeur platine dans les salons qu'il faut, accompagne des messieurs introduits. Les petits rôles arrivent. Ils ne vont pas tarder à s'étoffer. Marilyn Monroe est née deux fois. C'était le seul moyen de ne jamais mourir.

A part Garbo, il n'est pas interdit d'avancer qu'elle bat toutes ses rivales à plates coutures. À l'écran, sa sensualité (euphémisme) saute au visage. Ses partenaires masculins ont les yeux qui leur sortent de la tête. Les autres, tous les autres, elle n'en fait qu'une bouchée. Les hommes, elle sait s'en servir. Elle aura des liaisons avec des agents, des maîtres-nageurs, des journalistes, des photographes, des professeurs de chant, des scénaristes mexicains, des présidents. Ses draps auront vu Marlon Brando, Frank Sinatra, Yves Montand. Elle aura épousé deux icônes de la civilisation américaine: un sportif et un écrivain. Sammy Davis Jr. aura ce mot: «Elle hante les hommes qui l'ont connue, comme une araignée qui revient sans cesse sur votre plafond.» Voilà pour la façade.

Le malheur, l'incertitude étaient rarement loin. Avortements à répétition, fausses couches à la pelle, tentatives de suicide impossibles à répertorier: elle a peur de devenir folle, d'oublier son texte, de rater sa vie. Ses carnets publiés récemment ont révélé une femme sensible, écorchée vive, intelligente. On découvre le sismographe d'un désastre intime. En quelques pages, adieu à la ravissante idiote. Arthur Miller avait raison: «Elle était un poète au coin de la rue essayant de réciter ses vers à une foule qui lui arrachait ses vêtements.»

lefigaro_etdieu_3À l'image, on ne remarque qu'elle. Dans Quand la ville dort, elle est la maîtresse d'un avocat marron. Dans Eve, elle est une actrice sans talent qui ne lâche pas le bras de George Sanders. Dans Sept ans de réflexion, une bouche de métro soulève sa robe blanche, sur un trottoir de Lexington Avenue. Elle est la Lorelei Lee des Hommes préfèrent les blondes, la délicieuse Sugar Kane de Certains l'aiment chaud, la chanteuse Cherie de Bus Stop. Dans Comment épouser un millionnaire, elle est l'intrigante Pola Debevoise.

Dans la vie, quand elle ne voulait pas qu'on la reconnaisse, elle utilisait le pseudonyme de Zelda Zonk. Le choix du prénom n'est pas indifférent. C'est celui de l'épouse de Fitzgerald. Côté touche de désastre, Marilyn n'avait rien à apprendre.Elle avait un secret et elle ignorait lequel. Le public l'adorait. Certains de ses pairs la méprisaient. Tony Curtis assurait que «l'embrasser, c'est comme donner un baiser à Hitler». Laurence Olivier la prenait de haut. «Il me lançait de sales regards, même quand il souriait. On aurait cru qu'il venait de renifler un tas de poissons morts.» «Tout ce qu'on vous demande, Marilyn, ma chère, c'est d'être sexy», lâchait-il en se pinçant le nez sur le plateau du Prince et la Danseuse. Elle qui rêvait de jouer Les Frères Karamazov...

La discipline des studios l'incommodait. Elle ruait dans les brancards. Lorsqu'elle se plaignait à Lee Strasberg de son incapacité à être à l'heure, le fondateur de l'Actors Studio lui répondit: «Eh bien, soyez en avance.» Avec elle, les prises étaient innombrables. Billy Wilder s'arrachait les cheveux, mais il était bien obligé d'avouer que le résultat valait la peine.

Hollywood a des relents faisandés. «C'est un endroit où on peut vous offrir 1 000 dollars pour un baiser et 50 cents contre votre âme. Je parle en connaissance de cause, j'ai souvent refusé le premier marché et sollicité le second.» Ses caprices sont légion, noyés dans des flots de gin et de Dom Pérignon, accompagnés de poignées de barbituriques, de coups de fil nocturnes, de rimmel qui coule, de promesses non tenues. Elle glousse, se dandine, masque son léger bégaiement, aimerait que ses seins ne constituent pas son principal atout. Elle savait comment marcher. Ses hanches ondulaient. L'effet était palpable, immédiat. Et cette façon de garder les lèvres perpétuellement entrouvertes.

Son coach, l'insupportable Paula Strasberg - la Méthode, la fameuse méthode, où vous devez laisser vos pires souvenirs s'emparer de vous pour la moindre scène - ne la quitte pas d'une semelle.Cette fille-là devait être irrésistible, exténuante, incontrôlable. Elle a eu plusieurs existences, des identités multiples. Elle a été présentée à la reine Elisabeth, a serré la main de Khrouchtchev, couché avec John Kennedy.

lefigaro_etdieu_4Truman Capote, avec qui elle dansait le mambo dans les boîtes new-yorkaises, voulait qu'elle incarne la Holly Golightly de Petit déjeuner chez Tiffany. Elle convoita le rôle d'Elizabeth Taylor dans Cléopâtre, postula pour celui de Baby Doll. Verdict: trop âgée. Elle créa sa propre société de production avec le photographe Milton Greene, s'installa sur la côte Est («Si je ferme les yeux et que je pense à LA, tout ce que je vois, c'est une énorme varice»). Elle n'avait pas un sou sur elle («Je me fiche de l'argent. Je veux simplement être merveilleuse»).

Feuilles d'herbe était son livre de chevet. Elle déjeunait chez Carson McCullers avec Karen Blixen, lisait Ulysse dans des jardins publics. Elle fut un idéal gibier de psychanalyse. Le docteur Ralph Greenson en profita. Son mariage avec Joe DiMaggio dura neuf mois. Les champions de base-ball ne raffolent pas qu'on leur casse les oreilles avec Freud ou Joyce. Par amour pour Arthur Miller, elle se convertit au judaïsme.

Sa véritable religion était elle-même. «Tout ce que je veux, c'est mourir», écrit-elle quelque part. Le désordre qui régnait dans sa tête égalait celui qu'on remarquait sur sa table de nuit ou sur la banquette arrière de sa voiture. Sa beauté l'encombrait. «Je peux obliger mon visage à faire tout ce que je veux, exactement comme vous pouvez prendre une toile blanche et y peindre un tableau.» Ses vingt-huit films constituent un autoportrait. Elle a gratté son ukulélé dans un wagon bondé, sauvé des mustangs dans le désert du Nevada, s'est endormie dans un autocar, trémoussée pour obtenir des diamants. Elle a souhaité un lascif «Happy birthday, Mister President» à JFK, lors d'une soirée au Madison Square Garden. La robe transparente qu'elle portait a été vendue aux enchères. Le motel de Niagara a été rasé. À la place, on a édifié un centre commercial.

Et puis il y a la nuit du 4 au 5 août 1962. Personne n'aura jamais la vérité. Banal mélange de Nembutal et de laxatif? Assassinat déguisé? Faux suicide? Les hypothèses se sont accumulées. Le FBI l'avait mise sur écoute. Robert Kennedy l'avait appelée. Elle avait eu aussi Peter Lawford, beau-frère et fournisseur de filles attitré. La police ne fut pas prévenue tout de suite. Que s'était-il passé au juste, le week-end précédent, au Cal Neva Lodge du lac Tahoe, rendez-vous favori des pontes de la mafia? Marilyn en était revenue hagarde, droguée, murée dans son silence. Ces questions restent sans réponse.

À son enterrement, DiMaggio refusa que Sinatra soit présent. Over The Rainbow, la chanson du Magicien d'Oz, s'éleva sous la voûte de la chapelle. Vingt-quatre personnes avaient été invitées, pas une de plus. Pendant vingt ans, trois fois par semaine, DiMaggio viendra fleurir sa tombe de trois roses rouges. «La gravité finit toujours par nous rattraper», avait dit Marilyn un jour. Sa mère lui a survécu. Le père qu'elle n'avait pas connu est mort bien après elle. Dans son portefeuille, on trouva une photo de sa fille. Sur le tirage, était-ce Norma Jean ou Marilyn Monroe ?


Michel Schneider :«Marilyn est une sorte de miroir»
par Sébastien Le Fol
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«Ca me va d'être perçue comme sexuelle», disait celle qui attire, en février 1952, l'objectif d'Earl Theisen et fera scandale le mois d'après en posant nue pour un calendrier.
Crédits photo : Earl Theisen/Getty Images

L'auteur de Marilyn, dernières séances (Grasset) consacre un feuilleton radiophonique à la star américaine. Sur France Culture, à partir du 30 juillet, en partenariat avec Le Figaro Magazine.

Le Figaro-Magazine - Comment expliquez-vous la fascination qu'exerce encore Marilyn Monroe, cinquante ans après sa mort?
Michel Schneider - C'est le grand mythe du demi-siècle écoulé. Trois mythes. Le rêve américain de l'ascension d'une pauvre fille devenue la femme la plus célèbre de son temps. De la femme-enfant ou plutôt de l'enfant-femme incarnant à la fois l'innocence sexuelle et la femme absolue. D'un destin où se nouent sexe et pouvoir. Sa mort jeune, dans des circonstances mystérieuses, ajoute au mythe.

Ses admirateurs, notamment dans les jeunes générations, seraient-ils amoureux d'une icône?
La Marilyn réelle n'était pas l'icône sexuelle dans laquelle on l'a enfermée. Ravissante blonde idiote? Ravissante, sans doute, blonde, pas vraiment, et idiote, pas du tout. Aujourd'hui, c'est le paradoxe de la postérité de Marilyn. Les 80 % de ses admirateurs ne sont pas des hommes avides d'un sex-appeal vintage, mais de jeunes femmes qui ne l'ont jamais vue dans un film. Marilyn est une sorte de miroir. Chacun projette sur elle ses propres idéaux magnifiés.

Aurait-elle connue pareille postérité si elle avait été brune?
Elle était plutôt rousse. Une agence de modèles lui a conseillé de se décolorer. La blondeur est en effet associée à la pureté et à la beauté. À quelque chose de désincarné, d'angélique, comme une promesse de paradis. Les rousses, par leur chevelure de flamme, évoquent l'enfer du désir. Mais on ne parlerait plus de Marilyn, si elle n'avait été que cette blondeur qu'elle avait empruntée à Jean Harlow et ce corps sculpté comme une oeuvre. Il y avait d'autres actrices plus belles qu'elle à Hollywood. Mais les starlettes bien faites qui lisaient Rilke entre deux prises d'un film, ça ne courait pas les studios.

Il y a quelques années, vous avez écrit un pamphlet pour dénoncer La Confusion des sexes. Marilyn serait-elle le dernier symbole de la «différence des sexes»?
Tout était distinct dans ces années-là: les hommes et les femmes, les adultes et les enfants, les Blancs et les Noirs, les dominants et les dominés... D'où, probablement plus de distance, moins de fusion et de confusion, et sans doute plus de désir. Répandu, excitant, caché, l'adultère était un scandale, Marilyn se montrait tout en se cachant. Elle incarne le désir dans ce qu'il a de plus exacerbé. Elle pouvait se déguiser en brune pour sortir dans la rue et draguer des inconnus. Il lui aurait été plus difficile de se faire passer pour un garçon! Elle assumait d'être une femme sexy et sexuée. Elle revendiquait sa différence avec les hommes, ce qui n'excluait pas des rencontres sexuelles avec des femmes.

Notre époque libertaire regretterait-elle le temps des interdits?
Sans interdit ni mystère, le désir s'émousse. Notre époque est peut-être nostalgique de cette forme d'interdit qu'entendait abroger la prétendue «libération sexuelle».

Et pourtant, certaines féministes en font le porte-étendard de leur cause...
J'ai interviewé l'écrivain américain Joyce Carol Oates, dont le roman, Blonde, offre une vision «féministe» de Marilyn, présentée, à mon avis, de manière excessive, comme une victime du monde masculin. Or, elle était aussi cruelle et destructrice. Il ne faisait pas bon être son mari ou son thérapeute. Marilyn n'est pas l'icône ou la contre-icône du féminisme. Elle n'avait pas une sexualité de victime et assumait, scandale à l'époque, une grande liberté sexuelle. Elle dit dans un entretien: «La séduction est fondée sur la féminité. Ça me va d'être perçue comme sexuelle. L'art, le vrai, vient de la sexualité.»

L'engouement pour cette femme recélerait-il une part de nostalgie pour les années 50-60?
C'est la nostalgie des années Mad Men. Une époque politiquement incorrecte par certains aspects et extrêmement conformiste par d'autres. Les années 50 et 60 sont aujourd'hui sublimées, mythifiées. Kennedy passe pour un grand président alors que tout le monde admet aujourd'hui que Nixon a été meilleur. Mais ce temps-là était celui de l'Amérique repoussant les frontières, avant que l'Occident ne répète en boucle: «No future.»

Le monde d'aujourd'hui pourrait-il produire des mythes aussi durables que celui de Marilyn Monroe?
L'information circule infiniment plus vite que dans les années 60. Le public se lasse vite. Je ne crois pas qu'on parlera de Lady Gaga dans cinquante ans.

Après un roman, vous consacrez un reportage radiophonique fleuve à Marilyn. Qui fascine-t-elle en vous? L'homme? Le psy? L'écrivain?
En tant que femme, elle n'était et n'est pas mon genre. Elle m'apparaissait très poupée, trop de formes, trop de sourires, trop de trop... Et en tant qu'actrice, je lui préférais les brunes vénéneuses comme Ava Gardner. J'ai commencé à m'intéresser à elle en travaillant à un film sur la psychanalyse et le cinéma, Un écran nommé désir. C'est cela qui m'a amené ensuite à faire de Marilyn et de son psychanalyste des personnages de roman. C'est davantage l'écrivain en moi qui est captivé par elle. Son drame d'être restée prisonnière de son image. Loin des mots qui lui auraient permis de dire qui elle était. J'ai fait ces émissions pour lui rendre la parole.


 Immortelle Marilyn

Pour rien au monde, libraires et disquaires n'auraient manqué un tel anniversaire. 2012 a ainsi vu arriver en têtes de gondoles toutes sortes d'objets inédits ou réédités consacrés à la star.

lefigaro_ms_02Les thématiques sont variées: biographique avec la parution de Marilyn Monroe, la vie d'une icône glamour (livre + DVD chez Parragon) ; analytique avec Marilyn Monroe, biographie intime de Louise Livert (Hachette) ; inédite avec Fragments (Points) ; cinématographique avec sa filmographie par Arnaud Stahl (Grimal) ou Certains l'aiment chaud! et Marilyn par Tony Curtis (Union Distribution)...

Une blonde à Manhattan, l'essai d'Adrien Gombeaud (10-18), s'attache, lui, à la relation qu'entretenait la star avec le photographe Ed Feingersh alors que l'ouvrage que consacrent les éditions Taschen à l'icône révèle en image ses multiples visages. Des expressions qu'a su capter l'actrice Michelle Williams pour incarner l'idole dans My Week With Marilyn, le film de Simon Curtis autour duquel Studio Canal a concocté un magnifique coffret. Enfin, pour retrouver les talents de comédie de la vraie Marilyn, Fox Pathé Europa a réuni ses sept plus grands films. De quoi régaler tous les fans. 

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