Gentlemen Prefer Blondes caps 15
15ème partie des captures du film
Les hommes préfèrent les blondes
>> source captures sur fanpop.com
15ème partie des captures du film
Les hommes préfèrent les blondes
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Vidéo et Paroles
de la chanson When love goes wrong
interprétée en duo par Marilyn Monroe et Jane Russell
en 1952 pour le film Gentlemen Prefer Blonds
When love goes wrong
Nothing goes right
This one thing I know
When love goes wrong
A man takes flight
And women get uppity-oh
The sun don't beam
The moon don't shine
The tide don't ebb and flow
A clock won't strike
A match won't light
When love goes wrong
Nothing goes right
The blues all gather round you
And day is dark as night
A man ain't fit to live with
And a woman's sorry sight
When love goes wrong
Nothing goes right
When love goes wrong
Nothing goes right
When love goes wrong
Nothing goes, nothing goes right
When love goes wrong
Nothing goes right
The bees don't buzz
The fish don't bite
Clock won't strike
Match won't light
When love goes wrong
Nothing goes right
A woman's a fright, a terrible sight
A man goes out, gets high as a kite
Love is something you just can't fight
You can't fight it, honey
You can't fight it
When love goes wrong, nothin'
No bows, honey, just cigat bars and off
Nothing goes right
Crazy, Crazy oui, oui
lt's like we said
You're better off dead
When love has lost its glow
So take this down
in black and white
When love goes wrong nothing goes right
When love goes wrong nothing goes right
Nothing goes right
Traduction
Quand l'amour s'en va
Quand l'amour s'en va
Plus rien ne va
Ca je le sais bien
Quand l'amour s'en va
l'homme prend la fuite
Et les femmes gardent un maigre espoir
Le soleil est terne
La lune reste noire
Et même les marées cessent
Les horloges s'arrêtent
Les allumettes ne s'allument plus
Quand l'amour s'en va
plus rien ne va
La mélancolie vous entoure
Et le jour est une nuit noire
Un homme est à prendre
Et la femme fait peine à voir
Les abeilles ne bourdonnent pas
Les poissons ne mordent pas
Les horloges s'arrêtent
Les allumettes ne s'allument plus
La femme fait peine, est triste à voir
L'homme sort sur un petit nuage
On ne peut rien contre l'amour
Tu n'y peux rien chérie,
Tu n'y peux rien
Quand l'amour s'en va, plus rien
Pas de limites, mon cœur, attend et laisse passer
Plus rien ne va
C'est comme on te dit
Tu n'as plus de vie
Quand l'amour n'est plus beau
Alors note bien ceci
en noir sur blanc
Quand l'amour s'en va, plus rien ne va
Fiche Chanson avec paroles et traduction
> source fiche: blog sugarkane
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The Birth of Marilyn:
The Lost Photographs of
Norma Jean by Joseph Jasgur
Auteurs: Joseph Jasgur, Jeannie Sakol
Date de sortie: 1991
Relié 132 pages
Langue: anglais
Éditeur: Sidgwick & Jackson Ltd.
ISBN-10:0283998520
ISBN-13: 978-0283998522
Prix éditeur: on le trouve à 7 euros d'occasion sur amazon
Ou le commander ? sur amazon.fr
Description:
Joseph Jasgur a photographié Marilyn en mars 1946 à Zuma Beach, une plage de Californie. Photos et souvenirs du photographe.
Vous avez le livre ?
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Une rumeur complètement fausse court depuis les années 1990s: Marilyn aurait eu 6 doigts de pieds à l'un de ses pieds! En fait, cette information fut lancée par la publication de photographies prises en Mars 1946 par le photographe Joseph Jasgur, qui les publia dans un livre "The Birth of Marilyn: The Lost Photographs of Norma Jeane" en 1991 (Voir la séance sur le blog Norma Jeane en bikini rayé ).
Une de ces photos (ci-contre) montrent 6 doigts de pieds au pied gauche de Marilyn, mais il s'agit en fait d'un défaut de la lumière, qui crée des ombres; d'autant plus que ces photos montrent Marilyn à la plage, donc ses pieds sont plein de sable, ce qui crée aussi des ombres.
De plus, cette information a vite été démentie (même si Joseph Jasgur a toujours soutenu lui-même le contraire), car en observant d'autres photos de Marilyn où elle pose pieds nus (voir photos ci-dessous: une photographie prise à la même période en 1946, puis la séance Rock Sitting en 1953 et Ballerina Sitting en 1954 de Milton Greene, ainsi qu'une photographie d'Eve Arnold en 1955), ou même dans ses films, on voit bien que ses pieds sont normaux avec 5 doigts de pieds! Marilyn est née le 1er juin 1926 avec cinq doigts de pieds à chacun de ses pieds et elle est morte le 4 août 1962 avec les mêmes cinq doigts de pieds à chacun de ses pieds.
Cette rumeur fut cependant reprise dans bon nombres d'articles de presse et de livres consacrés à Marilyn, ainsi que sur certains sites webs, encore de nos jours. Ils serait judicieux que ces mêmes journalistes ou auteurs de sites webs qui reprennent ce genre d'informations, prennent la peine de vérifier autant leur sources, que de comparer avec d'autres clichés de Marilyn. C'est maintenant chose faite...
Article publié par Charlotte Houang
en ligne sur lexpress.org
Réalisé par Otto Preminger. Scénario de Frank Fenton. Avec : Robert Mitchum, Marilyn Monroe, Tommy Rettig… Sortie aux États-Unis : le 30 avril 1954.
L’histoire
Fraîchement libéré de prison, Matt – Robert Mitchum – va récupérer son fils qui avait été recueilli par Kay (Marilyn Monroe), chanteuse dans le saloon d’une ville minière du nord-ouest des États-Unis. Cette dernière est éprise de Harry Weston, petit escroc et nouveau propriétaire d’une mine d’or acquise malhonnêtement au jeu. L’ancien prisonnier et son fils partent s’installer dans une ferme isolée au bord d’une rivière, lorsque le radeau de fortune de deux malheureux, entraîné par les courants violents, vient troubler leur tranquillité. Matt s’empresse de secourir les naufragés qui ne sont autres que Kay et son amant…
Le tournage
Pour ce western à gros budget – 3 800 000 de dollars – tourné en cinémascope, le studio Fox accorde à l’équipe de production 12 semaines de préparation et 45 jours de tournage. Otto Preminger et son équipe s’envolent pour Calgary fin juin 1953 avant d’emprunter un train spécialement affrété jusqu’à l’hôtel Banff Springs, situé en plein cœur des Rocheuses. La foule s’amasse le long des rails dans l’espoir d’apercevoir Marilyn Monroe, dont le succès est grandissant depuis la sortie des films Les hommes préfèrent les blondes et Comment épouser un millionnaire.
Souriante sur les photos de l’époque, cette dernière ne laisse rien paraître de l’ambiance délétère du tournage. Le réalisateur Otto Preminger ne supporte pas la professeur d’art dramatique de Marilyn Monroe, Natasha Lytess, et tente en vain de l’évincer. Marilyn accumule les retards sur le plateau et peine à mémoriser son texte. Le réalisateur et l’actrice ne tardent pas à se détester. Otto Preminger doit également faire face à des conditions de tournage pénibles. En plus du temps pluvieux, les scènes tournées sur la rivière Bow relèvent du défi. Les acteurs, bien que doublés lors des cascades, doivent jouer sur un radeau accroché à la rive. Leurs moindres déplacements en sont rendus délicats : les pierres sont glissantes, les courants violents, Robert Mitchum abuse de la boisson et Marilyn Monroe est inattentive. Celle-ci se foule d’ailleurs la cheville peu avant la fin du tournage, l’obligeant à tourner les scènes intérieures à Los Angeles avec des béquilles.
Que sont-ils devenus ?
Très en vue depuis la sortie de Laura dix ans plus tôt, Otto Preminger, dopé par la réalisation de son film indépendant La Lune était bleue, se rend compte avec La rivière sans retour qu’il ne supporte plus de travailler pour un studio. Après ce tournage chaotique, il déboursera 150 000 $ pour rompre son contrat avec la Fox, censé se terminer six mois plus tard. Considéré comme un cinéaste de génie, il réalise plusieurs grands longs-métrages, dont l’audacieux Autopsie d’un meurtre sorti en 1959, avec James Stewart dans le rôle principal. Sa rancune envers Marilyn Monroe est tenace et il la critique longtemps après la sortie du film, allant jusqu’à affirmer que « même pour un million de dollars » il refuserait de la diriger à nouveau. Il ne se radoucit qu’après la mort de l’actrice.
De son côté, Marilyn Monroe a souvent dépeint ce film comme « le pire » de sa carrière. L’image de pin-up dont elle cherche désespérément à se débarrasser est encore accentuée dans La rivière sans retour. Après une courte brouille avec la Fox, elle incarne Vicky dans le film musical La joyeuse parade, un échec commercial. La jolie blonde renoue cependant avec le succès un an plus tard lors de la sortie de Sept ans de réflexion de Billy Wilder, réalisateur qu’elle admire profondément. Elle y tournera la scène la plus emblématique de sa carrière où l’air sorti d’une grille d’aération soulève sa robe blanche.
Tommy Rettig, qui incarne le fils de Matt dans le film, fut choisi parmi 500 garçons pour interpréter le rôle du meilleur compagnon de Lassie, dans la série télévisée du même nom diffusée jusqu’en 1957. Après l’arrêt de la série, le natif du Bronx peine à obtenir des rôles d’adultes consistants au grand écran et devient, contre toute attente, ingénieur informatique.
À l’instar de Marilyn Monroe, Robert Mitchum, l’homme aux 700 films, a obtenu le statut de mythe vivant et incarne aujourd’hui dans les mémoires un idéal hollywoodien. Connu pour son attitude de mauvais garçon, il cultive tout au long de sa carrière un je-m’en-foutisme prononcé. Personne n’osera le lui reprocher après son rôle-titre dans La nuit du chasseur, le chef-d’œuvre de Charles Laughton, sorti en 1955. Quarante ans plus tard et deux ans avant sa disparition, Robert Mitchum joue au coté de Johnny Deep dans Dead Man, son dernier film, dirigé par Jim Jarmusch.
La critique
Les coulisses du tournage ont finalement bien plus d’intérêt que le film en lui-même. Les décors naturels de l’Alberta, époustouflants, ne suffisent pas à sauver un western ennuyeux dont le scénario s’inspire pourtant du film néo-réaliste italien emblématique Le voleur de bicyclette. L’errance des personnages, propre à ce courant cinématographique, est bel et bien omniprésente avec ce radeau de fortune sur lequel Monroe apparaît peu convaincante. D’autres scènes, censées dynamiser le récit, frôlent le ridicule, comme celle où Kay et Matt se battent pour mieux se séduire au milieu de la forêt. Le film vaut cependant le coup d’œil ne serait-ce que pour admirer les Rocheuses, capturées en Technicolor, et ses acteurs, éternelles étoiles hollywoodiennes. ■
Critique de La rivière sans retour
Article publié par Otis B. Driftwood
en ligne sur DvdClassik.com
Réalisé par Otto Preminger
Avec Robert Mitchum, Marilyn Monroe, Tommy Rettig, Rory Calhoun, Murvyn Vye, Douglas Spencer, Will Wright, Arthur Shields...
Scénario de Frank Fenton d’après une histoire de Louis Lantz
Musique de Cyril J. Mockridge
Chansons de Ken Darby (lyrics) et Lionel Newman (musique)
Photographie Technicolor et Cinémascope de Joseph LaShelle
Montage de Louis R. Loeffler
Chorégraphie de Jack Cole
Produit par Stanley Rubin pour 20th Century-Fox
Distribué par 20th Century-Fox
Durée cinéma 91’
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DVD 9
Zone 2
Edité par 20th Century-Fox Home Entertainment
Format 16/9 compatible 4/3 2.55 :1
Langues : Anglais Dolby Digital 4.0, Français, Allemand, Espagnol et Italien stéréo
Sous-titres : Français, allemands, anglais pour malentendants, espagnols, italiens et néerlandais
Durée DVD 88’
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1875, quelque part dans les Rocheuses de l’Ouest américain. Matt Calder est un ancien détenu récemment libéré de prison qui aspire à la paix de la vie de fermier en compagnie de son fils Mark, neuf ans, qui ne le connaît pas. L’enfant a récemment perdu sa mère et vivote dans la jungle humaine d’un camp de chercheurs d’or transformé en cité champignon constituée de baraquements de fortune et de toiles de tentes. La chanteuse du ‘‘saloon’’ local, Kay, l’a plus ou moins recueilli. Kay et son amant Harry Weston, un joueur, rêvent tous deux d’une autre vie. L’occasion se présente lorsque Weston prétend avoir gagné une concession minière. Mais les circonstances sont des plus douteuses, et l’aventurier tient à faire enregistrer sa nouvelle propriété au plus vite à Council City. Malheureusement il lui est impossible de trouver un cheval, et, méconnaissant le danger, il décide avec Kay de rallier Council City en radeau. Avant d’embarquer, Harry et Kay se marient. Mais dès les premiers rapides le couple est en difficulté et ne doit son salut qu’à l’intervention de Matt et de Mark. Pour tout remerciement Calder se voit assommé et dépouillé de son cheval et de son fusil par celui à qui il refusait de céder sa monture, si précieuse en ces temps de résurgence de la menace indienne. Choquée par le comportement de son mari, Kay choisit de rester pour soigner la blessure de leur sauveteur, arguant que, de toute façon, Harry rejoindra plus vite le bureau d’enregistrement des concessions sans elle. Elle le rejoindra plus tard. Ce qu’elle ignore, c’est que les Indiens sont sur le pied de guerre. Matt, Kay et Mark, avec pour seules armes une hache et un malheureux couteau, doivent se résoudre à fuir à bord du radeau et défier les dangers de ce fleuve que les Indiens nomment... La rivière sans retour...
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River of no return tient une place à part dans la filmographie d’Otto Preminger, et pas seulement parce qu’il s’agit de sa seule incursion dans le genre alors triomphant du western. Il s’agit d’une commande de Darryl Zanuck au réalisateur le plus prestigieux de son studio à cette date (1953) après le départ de Joseph L. Mankiewicz l’année précédente. Mankiewicz a définitivement dit non au système des studios après Five Fingers mais n’a pas encore livré son premier film indépendant (ce sera The Barefoot Contessa). Preminger quant à lui a profité des largesses du mogul, autrefois son adversaire déclaré et désormais son plus puissant supporter : il a pu mener à bien son premier projet indépendant, The moon is blue, distribué par United Artists. Et avec quel succès ! Néanmoins il doit encore quelques années de contrat et la livraison d’au moins un film à la Fox. Les années de contrat, il les rachètera. Mais il n’est pas en mesure de refuser cette commande un peu particulière : pour la première fois depuis Forever Amber en 1947, il ne sera pas son propre producteur délégué. Même dans le cadre de son prêt à Howard Hughes, un an plus tôt pour le tournage d’Angel Face dans les studios de la RKO, il avait conservé ces prérogatives.
Pourquoi Zanuck exige-t-il la collaboration de son protégé pour ce western ? Parce que le film doit asseoir la popularité ascendante de Marilyn Monroe, dont les succès coup sur coup dans Niagara de Henry Hathaway, dans Gentlemen prefer blondes de Howard Hawks et, triomphale, dans le pourtant très médiocre How to marry a millionnaire de Jean Negulesco viennent de faire rentrer beaucoup d’argent dans les tiroirs-caisses de la 20th Century-Fox.
Après tout, l’occasion de diriger la nouvelle merveille du studio ne se refuse pas et l’idée de profiter d’un tournage en extérieur sur les sites grandioses de la province canadienne de l’Alberta n’est pas pour déplaire au réalisateur. Et surtout, c’est l’occasion pour lui de retrouver Robert Mitchum, un comédien qu’il apprécie tout particulièrement depuis leur collaboration sur Angel face. Un Robert Mitchum qui, lui, semble moins enthousiaste. Il ne se lassera jamais de qualifier ce western de Picture of no return !
Au premier abord, l’histoire de River of no return semble nettement plus marquée par les thèmes chers au scénariste Frank Fenton que par les obsessions premingeriennes. Nous relèverons la récurrence de l’itinéraire physique bien sûr, qui privilégie les dangers naturels aux menaces humaines (indiennes) et qui renvoie à The wild north d’Andrew Marton qu’interprétaient Wendell Corey, Stewart Granger et Cyd Charisse et surtout à cet autre sommet, Garden of evil de Henry Hathaway avec le trio Gary Cooper, Susan Hayward et Richard Widmark. Et de façon plus ostentatoire encore, nous retrouvons ce recours à la structure du trio dans lequel la femme est tiraillée entre une fidélité presque masochiste à son compagnon et une attirance physique irrépressible pour un homme que tout, à priori, semble séparer d’elle : Garden of evil encore, et surtout Ride, vaquero ! de John Farrow, western baroque doublé d’une allégorie religieuse dans lequel, pour le salut de son époux Howard Keel, Ava Gardner était tout proche, devant les yeux du ténébreux Robert Taylor dont elle était pourtant déjà éprise, de s’offrir au bandit Anthony Quinn. Marilyn n’agira pas si différemment ici lorsqu’elle entreprendra - sans trop avoir à se forcer au regard des sentiments qu’elle a déjà manifestement commencer à développer à son endroit - de séduire le placide Robert Mitchum, espérant ainsi le distraire de son obsession de vengeance. Il serait plus exact de dire : d’allumer le pauvre Mitchum, jusqu’à lui faire perdre la tête et de risquer un viol brutal, tout juste interrompu par les cris d’alarme de Mark.
Là réapparaît la "Preminger’s touch" : dans cette franchise sensuelle, dans cette transparence du style mettant à nus les corps comme les âmes. Matt Calder n’est pas que l’icône d’une sagesse exemplaire jetée en pâture au regard admiratif de son fils ; c’est avant tout un homme au passé troublé par un incident tragique, tentant de se reconstruire, psychologiquement et physiquement. Et comme tout héros participant du mythe de Robert Mitchum, c’est un homme qui ne se confie pas ; ni morphologiquement, ni bien sûr verbalement. Mais lorsqu’il se jette sur Marilyn pour l’immobiliser et la prendre de force au cours d’une séquence très peu suggestive qui évoque à plus d’un titre l’interception et la maîtrise de Dorothy Dandridge par Harry Belafonte dans le futur Carmen Jones, c’est toute la dualité de son personnage, ses frustrations d’homme reclus par plusieurs années d’emprisonnement, qu’il exprime avec une évidence patente et indélébile. Et ce n’est que lorsque Mark aura appréhendé cette évidence et accepté son père avec ses forces et ses faiblesses, que son apprentissage filial sera achevé.
‘There is a River
Called the River of No Return.
Sometimes it’s peaceful,
And sometimes wild and free.
Love is a traveller
On the River of No Return,
Swept on forever
To be lost
In the stormy sea.’
Rarement une ballade aura si parfaitement illustré l’étoffe du film dont elle agrémente la vision. Il y a peu d’action dans ce western nonchalant, et encore moins sous la forme de fusillades. Un puma, un duo de prospecteurs se dresseront sur le parcours du trio, puis enfin les Indiens, juste avant le face à face final à Council City, lui-même tronqué : une empoignade de plus, un coup de feu hors champs et ce sera terminé. C’est à peu près tout. Le reste du temps, comme pour The Big Sky de Hawks, comme pour Wagon Master de Ford ou pour le trop méconnu Across the wide Missouri de Wellman, le récit se perdra en méandres et digressions dédramatisées, contemplatives et sensuelles, faisant avec un même bonheur un sort aux corps qui se livrent dans l’effort et aux âmes que la rivière, éternelle source purificatrice du western (Bend of the river, The naked spur), se chargera de laver de leurs préjugés. Le dialogue lui-même se pare parfois d’une poésie solaire des plus inattendues dans le genre :
- I had to get money to get out. When I met Harry he wanted the same thing. Then he won the claim. It was our big chance ; a chance for both of us to get away.
- Where ?
- Out of the lives we were both living. Some place where people live like human beings.
- That’s in Heaven...
- We weren’t thinking of going quite that far with it.
Au terme de cet itinéraire, épuisant mais rédempteur, Matt et Kay auront appris à se défaire de cette défiance d’autrui qui les coupe du monde, et à se défaire de cette pudeur qui les empêche de s’avouer leur amour mutuel.
La merveilleuse alchimie du couple Mitchum - Monroe est pour beaucoup dans le ton heureux et serein de ce beau récit d’apprentissage ; la quiétude, la force tranquille et naturelle émanant du grand Bob, ici dans un emploi sur mesure, offrant un contrepoint parfait à la fragilité refoulée de Marilyn. Il est de notoriété publique que l’actrice s’entendit très mal avec son réalisateur, Preminger allant jusqu’à déclarer que "diriger Marilyn, c’est comme diriger Lassie ; il faut faire quatorze prises pour obtenir l’aboiement adéquat" ! Mais les exemples d’antipathie entre le réalisateur viennois (qui sera néanmoins beaucoup plus patient avec une autre comédienne en proie au doute, Kim Novak, sur le tournage de son admirable film sur la dépendance aux narcotiques, The man with the golden arm) sont légions, et dans son autobiographie, il s’en prendra surtout à la répétitrice de Marilyn sur le tournage, l’Allemande Natasha Lytess, coupable selon lui, non seulement de gâcher le naturel ébouriffant de la comédienne mais aussi de réussir à déstabiliser le très jeune et pourtant déjà très professionnel Tommy Rettig (Les 5000 doigts du Dr.T). Et Preminger de saluer l’initiative de Robert Mitchum, sachant ramener sa partenaire à plus de simplicité à grand recours d’encouragements et au besoin... de puissantes bourrades sur le dos !
Quoi qu’il en soit, il est permis de penser que la comédienne n’a jamais été ni meilleure ni plus désirable que dans ce western. Offerte sans fard à l’objectif caressant de Joseph LaShelle, elle s’y révèle pour la première fois – et peut-être la dernière - femme sous toutes ses facettes : tantôt femme enfant aveuglée par un premier amour factice ; tantôt piquante et séductrice ; tantôt maternelle face au petit Mark, le ravissant d’une merveilleuse complainte en plein air et rajustant sa tenue vestimentaire devant ses yeux, sans aucune fausse pudeur ; tantôt amante, découvrant ses sentiments au cours d’une scène de massage entrée dans toutes les mémoires cinéphiles, mais qui aurait été tournée par Jean Negulesco, après une preview publique assez désastreuse ; loin, très loin, de l’image de fausse ingénue désarmante et charnelle dans laquelle elle resta trop souvent enfermée. C’est peu dire que chacune des chansons qu’elle interprète, tour à tour songeuse (One silver dollar), provocante (I’m gonna file my claim), épanouie (Down in the meadow, donc) ou douloureusement nostalgique (la reprise finale de River of no return) est comme un petit moment de paradis cinégénique.
Western de la plénitude, il est évident que Rivière sans retour doit aussi beaucoup au style de caméra de son réalisateur, qui abordait le format du Cinémascope pour la première fois de sa carrière. Immédiatement conquis (hormis The man with the golden arm et Anatomy of a murder toutes les réussites ultérieures du cinéaste s’exprimeront à travers ce format ou celui, cousin, du SuperPanavision 70) Preminger l’utilise comme un écrin pour valoriser, dans de très amples et très lents mouvements d’appareils, la majesté irréelle de cette nature sauvage des Rocheuses, œuvrant avant tout sur la profondeur de champs pour donner un relief saisissant à ces gorges creusées par le torrent tumultueux ou pour conférer des dimensions sans fins à une vallée encaissée entre deux massifs montagneux. Filmant comme il respire, il sait aussi traduire l’effervescence de cette nouvelle Sodome et Gommorrhe (dixit le fidèle acteur fordien Arthur Shields dans son éternel emploi de prédicateur) que représente le camp de prospecteurs, découvert jusque dans les moindres strates offertes par l’accumulation géométrique des toiles de tentes dans le cadre, toutes grouillantes de vie, au rythme d’un travelling latéral effréné entrepris de droite à gauche après une courte hésitation et la retenue d’un cheval qui se cabre, surpris par la peur ; du grand art.
Après ce western de commande, Preminger vendra sa villa hollywoodienne pour racheter ses dernières années de contrat Fox à Zanuck, et s’exilera à New York, berceau de ses premiers succès américains dans le théâtre. Il livrera alors une série de chefs-d’œuvre amorcée dès le film suivant, Carmen Jones. Mais il ne reviendra malheureusement plus jamais au western. C’est fort dommage, car ne seraient-ce les inévitables transparences dues au sujet qui viennent parfois entacher la saisissante beauté de cet exaltant et très moral récit d’aventures, River of no return aurait sa place parmi les plus beaux fleurons du genre. Il s’en faut d’un rien.
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Au niveau de l’image, cette édition zone 2 a plus d’allure que de tenue véritable. Le master a été entièrement restauré en 1995, à l’occasion de l’édition du laserdisc par 20th Century-Fox. Cette restauration n’est pas parfaite. La colorimétrie et les contrastes font preuve d’une grande volatilité au détour de chaque séquence s’ouvrant et se fermant en fondu. Il faut parfois six à sept secondes de métrage avant qu’ils ne se stabilisent, comme dans le cas de ce plan de Mitchum transportant Marilyn, trempée et glacée, vers cette fameuse grotte où il la massera, nue sous sa couverture (chapitre 19). En dehors de ce problème de taille le master s’avère très lumineux, assez bien défini et sa propreté est sans reproche. Malheureusement, la compression s’avère fort décevante et porte atteinte à ces qualités. L’image est souvent instable et surtout, dans toutes les séquences en extérieur (évidemment nombreuses !) les arrière-plans fourmillent et pixellisent plus que de raison. La merveilleuse séquence dédiée à la chanson Down in the meadow en souffre ainsi malheureusement beaucoup au chapitre 11. De plus cette pixellisation intempestive porte atteinte à la définition dans les plans les plus mouvants : ainsi des arbres de la forêt détourés par un halo informe dans ce plan très éloigné lors de la descente des rapides au chapitre 14. Précisons toutefois que si l’image déçoit au regard des attentes légitimes soulevées par la splendeur naturelle de l’œuvre originale, elle reste néanmoins d’une qualité au-dessus de la moyenne. Pas d’alarmisme !
Le mixage sonore 4.0 de la bande son dédiée à la version originale se montre séduisant car enveloppant. C’est un vrai plaisir que d’écouter Marilyn nous susurrer ses ballades dans ces conditions. De même, les cœurs langoureux imaginés par Lionel Newman pour faire écho aux flots tumultueux de la rivière y puisent également une ouverture majestueuse. Nous serons néanmoins enclins à regretter la dispersion occasionnelle des dialogues sur les trois voies frontales. Cela reste néanmoins très épisodique et peu pénalisant dans l’ensemble.
Pour une fois la version française (stéréo) semble plutôt satisfaisante. Elle n’écrase pas totalement les bruits d’ambiance mais témoigne néanmoins d’un mixage très différent de celui de sa grande sœur anglaise. Ainsi, la V.O. fait-elle la part belle à l’accompagnement musical du piano mécanique au cours de la séquence où Kay retrouve Harry Weston dans sa loge au chapitre 7. Dans le V.F. par contre ce sont les murmures des clients dans la salle voisine du saloon qui sont mis en avant au détriment du piano. Les disparités de ce type sont légions, mais reconnaissons au moins une qualité à cette V.F. : elle se dispense, heureusement, de faire doubler Marilyn dans toutes les chansons. Compte tenu du nombre de trahisons offertes en ce domaine aux amateurs de comédies musicales par exemple (remember Gigi ?) cette précision n’est peut-être pas anecdotique...
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Les menus fixes, muets et franchement laids malgré la silhouette de Marilyn donnent accès au chapitrage (32 segments), au choix des langues et sous-titres et aux suppléments. Ceux-ci restent anecdotiques. Nous y retrouvons :
La bande-annonce originale non sous-titrée, très sombre, excessivement granuleuse et aux couleurs très érodées qui, ô suprême ironie, valorise les trois stars que sont Robert Mitchum, Marilyn Monroe et le Cinémascope alors naissant, mais nous est proposée dans un format rogné au 16/9 plein cadre.
Une comparaison visuelle avant et après la restauration de 1995, introduite par deux pages de texte en Anglais que l’éditeur n’a pas jugé utile de traduire... Autre problème, dans certains cas il est presque impossible de constater à l’écran l’amélioration apportée par ladite restauration... (durée du document : 1min27)
Une galerie de vingt photos d’exploitation et still shots, dont la plupart sont en noir et blanc. Les quelques photogrammes couleurs en présence s’avèrent particulièrement flétris.
La rivière sans retour
en ligne sur cineclubdecaen.com
Genre: Western
(River of no return). Avec : Robert Mitchum (Matt Calder), Marilyn Monroe (Kay Weston), Rory Calhoun (Harry Weston), Tommy Rettig (Mark Calder). 1h31.
Canada 1875. Le fermier Matt Calder a passé plusieurs années en prison pour avoir tué l'homme qui menaçait son meilleur ami. Il retrouve son fils Mark, 10 ans, dans un village de prospecteurs, où une chanteuse de saloon, Kay l'a recueilli. Les trois personnages vont donc faire le voyage ensemble, partageant leur temps entre de paisibles haltes nocturnes sur la rive et la dangereuse navigation sur les rapides. La constante menace indienne, une rencontre avec deux inconnus, dont l'un est l'homme à qui appartenait la concession de Harry, seront parmi les nombreux dangers qu'ils croiseront sur leur route. Au contact de Kay, le caractère bougon de Matt, son intolérance, la rigidité de sa nouvelle morale d'aventurier repenti, s'atténueront quelque peu.
Western psychologique, précurseur des westerns écologiques des années 70, c'est une allégorie de la libération que chacun doit provoquer en lui-même pour atteindre le bonheur.
Le bonheur de La rivière sans retour est une notion à la fois formelle et morale. Sur le plan formel, Preminger valorise tous les éléments formels mis à sa disposition : les extérieurs canadiens, le CinémasCope (maîtrise du cadre dès le prégénérique, scènes de salon exploitant avec aisance toutes les ressources de l'écran large, usage de la grue particulièrement brillant) Marilyn Monroe.
Sur le plan moral La rivière sans retour est par excellence le film de la libération. Au fur et à mesure des péripéties, les personnages se débarrassent, s'allègent de leurs préjugés, de leurs illusions comme de leurs biens matériels. Les étiquettes, les vieux démons, les idées fausses volent en éclats ou sont anéantis, tandis que les personnages forment peu à peu une vraie famille, découvrent avec une gravité teintée d'humour ce qui leur convient le mieux. La traversé du fleuve équivaut pour eux à un bain de jouvence d'où le spectateur sort lui aussi régénéré.
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.
Life
volume 53, numéro 07
.
Pays: USA
Date: 17 août 1962
Couverture: Marilyn Monroe (photo de Lawrence Schiller, extraite du film "Something's Got to Give")
Article: 11 pages consacrées à Marilyn:
d'abord, un article de 2 pages (p.32-33) intitulé "A Last Long Talk With a Lonely Girl" (-en français "Une dernière longue conversation avec une fille solitaire") rédigé par Richard Meryman, le dernier journaliste à l'avoir interviewée (l'interview avait été publiée dans le Life du 03 août 1962) où il relate les diverses entrevues chez Marilyn pour la préparation et l'entretien;
puis un portfolio hommage de 9 pages "Photographic Essay - Remember Marilyn" (p.63-71) avec la publication de photographies qui couvrent la vie de Marilyn.
- Crédit photos: Lawrence Schiller & Don Cravens (p.32-33); André De Dienes (p.63-64); Philippe Halsman (p. 64); Bert Stern (p. 64 + p.70-71); agence U.P.I (p.66), Ken Heyman (p.67); Lee Lockwood (p.67); Richard Avedon (p.68-69).
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Country: USA
Date: August, 17, 1962
Cover: Marilyn Monroe (photo by Lawrence Schiller, from the film "Something's Got to Give")
Article: 11 pages dedicated to Marilyn:
First, a 2-page article (pp. 32-33) entitled "A Last Long Talk With a Lonely Girl" by Richard Meryman, the last journalist to interview her (the interview was published in Life magazine on August 3, 1962), in which he recounts the various meetings at Marilyn's home for the preparation and the interview itself;
Then, a 9-page tribute portfolio, "Photographic Essay - Remember Marilyn" (pp. 63-71), featuring photographs that span Marilyn's life.
- Photo credits: Lawrence Schiller & Don Cravens (pp. 32-33); André De Dienes (pp. 63 + 64); Philippe Halsman (p. 64); Bert Stern (p. 64 + pp 70 + 71); U.P.I. agency (p. 66); Ken Heyman (p. 67). Lee Lockwood (p.67); Richard Avedon (p.68-69).
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- sommaire / content -
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- article p. 32-33 -
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A LAST LONG TALK WITH A LONELY GIRL
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Only a few weeks before her death Marilyn monroe talked at length to LIFE Associate Editor Richard Meryman about the effects of fame on her life. Her story was published in the August 3 issue. Here he recalls what Marilyn was like as she talked to him.
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by RICHARD MERYMAN
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If Marilyn Monroe was glad to see you, her "hello" will sound in your mind all of your life - the breathless warmth of the emphasis on the "lo," her weel-deep eyes turned up toward you and her face radiantly crinkled in a wonderfully girlish smile.
I first experienced this when, after two get-acquainted meetings in New York, I came in the late afternoon several weeks ago to her Brentwood, Calif. home to begin a series of conversations on fame. Expecting one of the famous waits for Marilyn, I sat on the soft wall-to-wall carpet of the living room and began struggling to set up my tape recorder. Suddenly I became aware of a pair of brilliant yellow slacks was Marilyn, silently watching me with a solicitous grin, very straight and slender with delicately narrow shoulders. She seemed shorter than I remebered and she looked spectacular in a loose-fitting blouse. I sttop up and we gretted and she said, "Do you want my tape recorder? I bought one to play the poems of a friend of mine."
Before starting what was to be no less than a six-hour talk, she wanted to show me her house which she had personally searched out and bought. Describing it earlier she exclaimed, "... and it has walls." She had refused LIFE any pictures of it, saying, "I don't want everybody to see exactly where I live, what my sofa or my fireplace looks like. Do you know the book "Everyman"? Well, I want to stay just in the fantasy of Everyman."
It was a small, three-bedroom house built in Mexican style, the first home entirely her own she had ever had. She exulted in it. On a special trip to Mexico she had carefully searched in roadside stands and shops and even factories to find just the right things to put in it. The large items had not arrived - nor was she ever to see then installed. As she led me through the rooms, bare and makeshift as though someone lived there only temporarily, she described with loving excitement each couch and table and dresser, wher it would go and what was special about it. The few small Mexican things - a tin candelabra, folding stools ingeniously carved from single pieces of wood, a leather-covered coffee table, tiles on the kitchen walls - revealed her impetuous, charming taste. Separate from the house, attached to her two-car garage, was a large room being converted to an apartment which would be, she explained, "a place for any friends of mine who are in some kind of trouble, you know, and maybe they'll want to live here where they won't be bothered till things are OK for them."
Back in the house I remarked on the profusion of flowers outside. Her face grew bright and she said, "I don't know why, but I've always been able to make anything grow." She went on: "When I was married to Mr. Miller, we celebrated Hanukkah and I felt, well, we should have also a Christmas tree. But I couldn't stand the idea of going out and chopping off a Christmas tree."
In the living room, seated on a non-descript chair and sofa, we went on talking - after Marilyn poured herself a glass of champagne. At each question she paused thoughtfully. "I'm trying to find the nailhead, not just strike a blow," she said. Then a deep breath and out her throughts would tumble, breathless words falling over breathless words. Once she said, "One way basically to handle fame is with honesty and I mean it and the other way to handle it when something happens - as things have happened recently, and I've had other things happen to me, suddenly, my goodness, the things they try to do to you, it's hard to take - I handle with silence."
Her inflections came as surprising twists and every emotion was in full bravura, acted out with exuberant gestures. Across her face flashed anger, wistfulness, bravado, tenderness, ruefulness, high humor and deep sadness. And each idea usually ended in a startling turn of thought, with her laugh rising to a delighted squeak. "I think I have always had a little humor," said Marilyn. "I guess sometimes people just sort of questionned 'does she know what she's saying,' and sometimes you do all of a sudden think about something else and you didn't mean to say it exactly. I'm pointing at me. I don't digest things with my mind. If I did, the whole thing wouldn't work. Then I'd just be kind of an intellectual and that I'm not interested in."
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At this point I began to see that Marilyn did nothing by halves. Of her millions of fans she said, "The least I can do is give them the best they can get from me. What's the good of drawing in the next breath if all you do is let it out and draw in another?" I could also soo how important it was to her to feel that the person she talked to "understood."
Understanding apparently meant being very sympathetic, taking her side in everything, recognizing the nuances of her meanings and valuing all that she valued, especially small things. When I showed genuine enthusiasm for her house, she said, "Good, anybody who likes my house, I'm sure I'll get along with."
But I had the constant, uneasy feeling that my status with her was precarious, that if I grew the least bit careless she might suddenly decide that I, like many others she felt had let her down, did not understand. Once I slangily asked her how she "cranked up" to do a scene. I was instantly confronted by queenly outrage: "I don't crank anything. I'm not a Model T. I think that's kind of disrespectful to refer to it that way."
But I could not feel impatient with her impatience. It was all so understandable as she talked about the people who wrote columns and stories about her: "They go around and ask mostly your enemies. Friends always say, 'Let's check and see if this is all right with her.'" And then she added wistfully: "You know, most people really don't know me." There was grief in her eyes when she described how she had once found her stepson Bobby Miller hiding a magazine containing a lurid article about her, and how Joe DiMaggio Jr. used to be taunted at school because of her.
"You know, ha, ha, your stepmother is Marilyn Monroe, ha, ha, ha, ha. All that kind of stuff." And there was yearning in her voice as she returned over and over again to "kids, and older people and workingmen" as a source of warmth in her life, as the unthreatening people who treated her naturally, whom she could meet spontaneously. I felt a rush of protectiveness for her; a wish - perhaps the sort that was at the root of the public's tenderness for Marilyn - to keep her from anyhting ugly and hurtful.
Before I left late that night she asked to be sent a transcript of the interview, "I often wake up in the night," she explained, "and I like to have something to think about."
When I arrived the next afternoon for a second session she immediately asked to postpone our talk. She was tired out, she said, from negociations with 20th Century-Fox over resumption of "Something's Got to Give." But she hospitably offered me a drink and we chatted. She was obviously upset. But ther was no hint of morose despair. She was electric with indignation and began talking angrily about how studios treat their stars. Then she paused, said she needed something to help overcome her tiredness and got a glass of champagne. I asked if she had ever wished that she were tougher. She answered, "Yes - but I don't think it would be very feminine to be tough. Guess I'll settle for the way I am."
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We were interrupted when her doctor arrived. Marilyn bounded out to the kitchen, returned with a little ampule, and holding it up to me said, "No kidding, they're making me take liver shots. Here, I'll prove it to you." By then she was willing to talk on, and it was nearly midnight when Marilyn jumped up and announced she was going to throw a steak on the grill. She came back to say there was no steak and no food at all. Before I left one of the last things she said was, "With fame, you know, you can read about yourself, somebody else's ideas about you, but what's important is how you feel about yourself - for survival and living day to day with what comes up."
Over the weekend Marilyn was scheluded to pose for pictures so I suggested we eat breakfast before her noon appointment. She agreed and I arrived on Saturday at 10. I rang the doorbell repeatedly. No answer. Buth through the window I could see a man sitting in her little glassed-in porch, reading a magazine with the bored patience of somebody who had been there a long time. I waited and rang for 10 minutes, then went aay for an hour. At 11 my ring was answered by Marilyn's housekeeper, Mrs. Murray, who took me to wait in a guest room just off a tiny hall from Marilyn's bedroom. At noon Mrs. Murray took a tray of breakfast in to her. Shortly afterward Marilyn came out and said hello.
I then became a witness to the fabled process of Marilyn preparing for an appointment - and being four hours late for it. The patient gentleman was her hairdresser, Mr. Kenneth. While he worked on her and she sat under the dryer I could hear uproarious laughter. Then, in her curlers, she made little barefooted errands about the house and in and out of her room, phone calls, visits to me to ask if I was comfortable, all busy bustling, getting nothing done. There was none of the fearful moping and preening in front of mirrors I had heard so much about. She was entirely cheerful and utterly disorganized. I could not help feeling that what some people blamed on stagefright might partly be her endless debt to time. The necessary mechanics of daily living were beyond her grasp; she always started out behind and never caught up.
Finally she was almost ready and she came trippingly into the room where I sat. She wore high heels, orange slacks, a brassiere, and held an orange blouse carelessly across her bosom. "Do I look like a pumpkin in this outfit?" she asked. She looked wonderful. "You'll set the fashion industry ahead 10 years," I said. She was very pleased and answered, "You think so? Good!"
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Two days later I called Marilyn for another appointment to talk over the final draft of her story. She said, "Come anytime, like, you know, for beakfast." There was in her voice a note wich I had come to recognize - an appealing eagerness to please. I came again at 10 and once again she slept till noon. Finally we sat down together on a tiny sofa. She was barefooted, wearing a robe, and had not yet washed off last night's mascara. Her delicate hair was in a sleep-tumbled whirl. But she had made me feel this was a compliment. "Friends," she had said, "accept you the way you are." As was usual, her face was very pale. She held the manuscript high in front of her eyes and carefully read it aloud, listening to every phrase to be sure it sounded exactly like her.
She kept the manuscript and I returned for it late that afternoon. On the steps of the house she showed me changes she had penciled in, all of them small. She asked me to take out a remark about quietly giving money to needy individuals. And then we said goodby. As I walked away she suddenly called after me, "Hey, thanks." I turned to look back and there she stood, very still and strangely forlorn. I thought then of her reaction earlier when I had asked if many friends had called up to rally round when she was fired by Fox. There was silence, and sitting very straight, eyes wide and hurt, she had answered with a tiny "No."
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photo caption:
THE QUIET ONES. In stony gried Joe DiMaggio and his 21 year-old Marine son Joe Jr. leave her funeral in Westwood. Her second husband and a beloved star in his own right, DiMaggio seized command of all arrangements, and all Hollywood celebrities were barred to keep the last rites private. At the end, Joe was reported to have bent over Marilyn and gently kissed her goodby.
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Traduction
UNE DERNIÈRE LONGUE CONVERSATION AVEC UNE FILLE SOLITAIRE
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Quelques semaines seulement avant sa mort, Marilyn Monroe s'est longuement entretenue avec Richard Meryman, rédacteur adjoint du magazine LIFE, au sujet des effets de la célébrité sur sa vie. Son témoignage a été publié dans le numéro du 3 août. Voici comment il décrit l'atmosphère de leur conversation.
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Par RICHARD MERYMAN
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Si Marilyn Monroe était heureuse de vous voir, son « bonjour » résonnera dans votre mémoire pour toujours: la chaleur haletante de l'insistance sur la dernière syllabe « jour », ses grands yeux profonds levés vers vous et son visage illuminé d'un sourire merveilleusement juvénile.
J'en ai fait l'expérience pour la première fois il y a quelques semaines, lorsque, après deux rencontres à New York, je suis arrivé en fin d'après-midi chez elle, à Brentwood, en Californie, pour entamer une série de conversations sur la célébrité. M'attendant à une de ces fameuses attentes pour Marilyn, je m'assis sur la moquette moelleuse du salon et commençai à peine à installer mon magnétophone. Soudain, je remarquai un pantalon jaune éclatant : c'était Marilyn, qui me regardait en silence avec un sourire bienveillant, très droite et mince, les épaules délicatement étroites. Elle me semblait plus petite que dans mon souvenir et elle était resplendissante dans son chemisier ample. Je me levai, nous nous saluâmes et elle me dit : « Vous voulez mon magnétophone ? J'en ai acheté un pour interpréter les poèmes d'une amie. »
Avant d'entamer ce qui allait être une conversation de six heures, elle tenait à me montrer sa maison, qu'elle avait elle-même dénichée et achetée. Me la décrivant auparavant, elle s'était exclamée : « … et elle a des murs ! » Elle avait refusé que LIFE publie des photos, expliquant : « Je ne veux pas que tout le monde voie exactement où j'habite, à quoi ressemblent mon canapé ou ma cheminée. Vous connaissez le livre « Everyman » ? Eh bien, je veux rester dans le monde imaginaire d'Everyman. »
C'était une petite maison de trois chambres, de style mexicain, la première maison entièrement à elle. Elle en était ravie. Lors d'un voyage spécial au Mexique, elle avait patiemment cherché, dans les échoppes, les boutiques et même les usines, les objets parfaits pour la meubler. Les meubles les plus imposants n'étaient pas encore arrivés – et elle ne les verrait jamais installés. Tandis qu'elle me faisait visiter les pièces, nues et meublées à la hâte, comme si elles n'étaient habitées que temporairement, elle décrivait avec un enthousiasme tendre chaque canapé, chaque table, chaque commode, leur emplacement et ce qui les rendait si particuliers. Les quelques petits objets mexicains – un candélabre en fer-blanc, des tabourets pliants ingénieusement sculptés dans des pièces de bois, une table basse recouverte de cuir, des carreaux aux murs de la cuisine – révélaient son goût fougueux et charmant. Séparée de la maison et attenante à son garage double, une grande pièce était en cours d'aménagement en appartement. Elle expliqua : « Ce serait un endroit pour mes amis qui traversent des moments difficiles, vous savez, et qui voudront peut-être y vivre en toute tranquillité jusqu'à ce que leur situation s'améliore. »
De retour dans la maison, je remarquai l'abondance de fleurs à l'extérieur. Son visage s'illumina et elle dit : « Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai toujours eu le don de faire pousser n'importe quoi. » Elle poursuivit : « Quand j'étais mariée à M. Miller, nous fêtions Hanoukka et je me disais qu'il nous faudrait aussi un sapin de Noël. Mais l'idée d'aller en couper un me répugnait. »
Dans le salon, assis sur un fauteuil et un canapé sans charme particulier, nous avons continué à discuter après que Marilyn se soit versée une coupe de champagne. À chaque question, elle marquait une pause, pensive. « J'essaie de trouver le point sensible, pas de frapper fort », disait-elle. Puis, une profonde inspiration, et ses pensées se déversaient, des mots haletants s'enchaînant les uns sur les autres. Une fois, elle dit : « Une façon de gérer la célébrité, c'est avec honnêteté, et je le pense vraiment. L'autre façon, quand quelque chose arrive – comme c'est arrivé récemment, et comme il m'est arrivé d'autres choses, soudainement, mon Dieu, ce qu'ils essaient de vous faire, c'est dur à supporter – je gère ça par le silence. »
Ses intonations étaient comme des rebondissements surprenants, et chaque émotion était exprimée avec une virtuosité éclatante, jouée avec des gestes exubérants. Sur son visage défilaient la colère, la nostalgie, la bravade, la tendresse, le regret, un humour mordant et une profonde tristesse. Et chaque idée se terminait généralement par un retournement de situation inattendu, son rire se muant en un petit cri de joie. « Je crois que j'ai toujours eu un certain sens de l'humour », dit Marilyn. « J'imagine que parfois, les gens se demandent si elle sait ce qu'elle dit, et il arrive qu'on pense soudainement à autre chose sans vouloir le dire. Je me désigne du doigt. Je ne réfléchis pas beaucoup. Si je le faisais, tout cela n'aurait aucun sens. Je serais juste une intellectuelle, et ça ne m'intéresse pas. »
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À ce moment-là, j'ai commencé à comprendre que Marilyn ne faisait jamais les choses à moitié. De ses millions de fans, elle disait : « Le moins que je puisse faire, c'est de leur donner le meilleur de moi-même. À quoi bon inspirer si c'est pour expirer et inspirer aussitôt ? » Je voyais aussi combien il était important pour elle que son interlocuteur la « comprenne ».
Comprendre signifiait apparemment être très empathique, prendre son parti en toutes circonstances, saisir les nuances de ses propos et valoriser tout ce qui comptait pour elle, surtout les petites choses. Quand j'ai manifesté un enthousiasme sincère pour sa maison, elle a dit : « Parfait, je suis sûre que je m'entendrai bien avec tous ceux qui aiment ma maison. »
Mais j'avais constamment l'impression que ma relation avec elle était précaire, que si je faisais preuve de la moindre négligence, elle pourrait soudainement décider que, comme tant d'autres qui, à ses yeux, l'avaient déçue, je ne la comprenais pas. Une fois, je lui ai demandé, sur un ton familier, comment elle se « mettait en condition » pour tourner une scène. J'ai été immédiatement confrontée à une indignation royale : « Je ne conduis rien à la manivelle. Je ne suis pas une Ford T. Je trouve ça plutôt irrespectueux de parler de ça. »
Mais je ne pouvais pas m'impatienter face à son impatience. Tout cela était si compréhensible lorsqu'elle évoquait les gens qui écrivaient des articles et des chroniques sur elle : « Ils vont voir et interrogent surtout vos ennemis. Mes amis disent toujours : “Vérifions si elle est d'accord.” » Puis elle ajouta avec nostalgie : « Vous savez, la plupart des gens ne me connaissent pas vraiment. » On pouvait lire de la tristesse dans ses yeux lorsqu'elle racontait comment elle avait un jour surpris son beau-fils, Bobby Miller, en train de cacher un magazine contenant un article racoleur sur elle, et comment Joe DiMaggio Jr. était la cible de moqueries à l'école à cause d'elle.
« Vous savez, ha, ha, votre belle-mère, c'est Marilyn Monroe, ha, ha, ha, ha. Ce genre de choses. » Et il y avait une profonde nostalgie dans sa voix lorsqu'elle revenait sans cesse aux « enfants, aux personnes âgées et aux ouvriers », cette source de chaleur dans sa vie, ces gens bienveillants qui la traitaient naturellement, qu'elle pouvait rencontrer spontanément. J'ai ressenti un élan de protection envers elle ; un désir – peut-être de la même nature que celui qui expliquait la tendresse du public pour Marilyn – de la préserver de tout ce qui était laid et blessant.
Avant de partir tard ce soir-là, elle m'a demandé de lui envoyer la transcription de l'entretien : « Je me réveille souvent la nuit, expliqua-t-elle, et j'aime avoir quelque chose à méditer. »
Quand je suis arrivé le lendemain après-midi pour notre deuxième entretien, elle a immédiatement demandé à le reporter. Elle était épuisée, m'a-t-elle expliqué, par les négociations avec la 20th Century-Fox concernant la reprise du tournage de « Something's Got to Give ». Mais elle m'a gentiment offert un verre et nous avons bavardé. Elle était visiblement contrariée, mais sans la moindre trace de désespoir. Elle était électrisée par l'indignation et s'est mise à parler avec colère de la façon dont les studios traitent leurs stars. Puis elle s'est interrompue, a dit avoir besoin de quelque chose pour se remonter le moral et est allée chercher une coupe de champagne. Je lui ai demandé si elle avait déjà souhaité être plus dure. Elle a répondu : « Oui, mais je ne pense pas que ce soit très féminin d'être dure. Je suppose que je vais me contenter de ce que je suis. »
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Notre conversation fut interrompue par l'arrivée de son médecin. Marilyn fit un bond dans la cuisine, revint avec une petite ampoule et, me la brandissant, s'exclama : « Sans blague, ils me font faire des injections au foie ! Tiens, je vais te le prouver ! » À ce moment-là, elle était prête à poursuivre la discussion, et il était presque minuit quand Marilyn se leva d'un bond et annonça qu'elle allait faire griller un steak. Elle revint en disant qu'il n'y avait ni de steak ni rien d'autre à manger. Avant mon départ, l'une de ses dernières paroles fut : « Avec la célébrité, vous savez, vous pouvez lire des choses sur vous, les idées que les autres se font de vous, mais le plus important, c'est ce que vous ressentez – pour survivre et vivre au jour le jour avec ce qui se présente. »
Le week-end suivant, Marilyn devait poser pour des photos, alors je lui ai proposé de déjeuner ensemble avant son rendez-vous de midi. Elle a accepté et je suis arrivé samedi à 10 heures. J'ai sonné à la porte à plusieurs reprises. Personne n'a répondu. Par la fenêtre, j'aperçus un homme assis sur sa petite véranda vitrée, lisant un magazine avec la patience blasée de quelqu'un qui était là depuis des heures. J'attendis dix minutes en sonnant, puis je repartis une heure plus tard. À onze heures, la gouvernante de Marilyn, Mme Murray, ouvrit la porte et me conduisit dans une chambre d'amis, juste à côté de la chambre de Marilyn, par un petit couloir. À midi, Mme Murray lui apporta un plateau de petit-déjeuner. Peu après, Marilyn sortit et me salua.
Je fus alors témoin du fameux rituel de Marilyn se préparant pour un rendez-vous – et arrivant avec quatre heures de retard. Le patient monsieur était son coiffeur, M. Kenneth. Pendant qu'il s'occupait d'elle et qu'elle était assise sous le sèche-cheveux, j'entendais des rires tonitruants. Puis, avec ses bigoudis, elle courait partout pieds nus dans la maison, entrant et sortant de sa chambre, passant des coups de fil, venant me voir pour s'assurer que j'étais bien, toute affairée, sans rien totalement accomplir. Il n'y avait aucune trace de ces lamentations angoissées et de ces séances de maquillage devant les miroirs dont j'avais tant entendu parler. Elle était d'une gaieté désinvolte et d'un désordre absolu. Je ne pouvais m'empêcher de penser que ce que certains attribuaient au trac était peut-être en partie dû à son retard incessant. Les rouages de la vie quotidienne lui échappaient ; elle était toujours à la traîne et ne rattrapait jamais son retard.
Enfin, elle était presque prête et entra d'un pas mal assuré dans la pièce où j'étais assis. Elle portait des talons hauts, un pantalon orange, un soutien-gorge et tenait négligemment un chemisier orange sur sa poitrine. « Est-ce que je ressemble à une citrouille dans cette tenue ? » demanda-t-elle. Elle était magnifique. « Vous allez révolutionner la mode », dis-je. Ravie, elle répondit : « Vous croyez ? Parfait ! »
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Deux jours plus tard, j'ai appelé Marilyn pour un autre rendez-vous afin de discuter de la version finale de son récit. Elle m'a dit : « Passez quand vous voulez, par exemple pour le petit-déjeuner. » Il y avait dans sa voix une note que j'avais appris à reconnaître : un désir irrésistible de faire plaisir. Je suis venu à 10 heures et, une fois encore, elle a dormi jusqu'à midi. Finalement, nous nous sommes assis ensemble sur un petit canapé. Elle était pieds nus, en robe de chambre, et n'avait pas encore enlevé son mascara de la veille. Ses cheveux délicats étaient ébouriffés par le sommeil. Mais elle m'avait fait comprendre que c'était un compliment. « Les amis », avait-elle dit, « vous acceptent comme vous êtes. » Comme toujours, son visage était très pâle. Elle tenait le manuscrit bien haut devant ses yeux et le lisait attentivement à voix haute, écoutant chaque phrase pour s'assurer qu'elle sonnait exactement comme elle.
Elle a gardé le manuscrit et je suis revenu le chercher en fin d'après-midi. Sur les marches de la maison, elle m'a montré les corrections qu'elle avait griffonnées au crayon, toutes minimes. Elle m'a demandé de supprimer une remarque sur le fait de donner discrètement de l'argent aux personnes dans le besoin. Puis nous nous sommes dit au revoir. Alors que je m'éloignais, elle m'a soudainement interpellé : « Hé, merci. » Je me suis retourné et je l'ai vue, immobile, l'air étrangement abattu. J'ai alors repensé à sa réaction plus tôt, lorsque je lui avais demandé si beaucoup d'amis l'avaient appelée pour la soutenir après son licenciement par les studios de la Fox. Il y avait eu un silence, et, assise très droite, les yeux grands ouverts et blessés, elle avait répondu par un petit « Non ».
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Légende photo :
LES SILENCIEUX. Joe DiMaggio, le visage grave et accablé de chagrin, et son fils Joe Jr., Marine de 21 ans, quittent les funérailles à Westwood. Son second mari, lui-même une star adulée, DiMaggio a pris en charge toute l'organisation, et toutes les célébrités hollywoodiennes ont été interdites d'accès afin de préserver l'intimité des obsèques. À la fin, Joe se serait penché sur Marilyn et l'aurait doucement embrassée pour lui dire adieu.
- article p. 63 à 71 -
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p.63: REMEMBER MARILYN
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At the age of 19 Marilyn Monroe sat on a Hollywood highway to pose for a publicity picture. She already had the look of a girl who was made to beremebered. Her face and body seemed gilded by the sun. She gave warm life even to the cold coils of film. Later, when Marilyn became the world's reigning symbol of sex, there remained about her an air of decenny and almost childlike innoncence.
Her death has diminished the loveliness of the world in which we live. Her life was filled with sadness - a bleak childhood, three unhappy marriages, her inability to have children. But for all her seeking, trying, hoping and never finding, she has left us many beautiful images to remember.
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p.67, photos captions:
- "Hope, Hope, Hope" was what Marilyn wrote on the back of this picture of herself and Arthur Miller, taken at his farm in Connecticut after their wedding in 1956.
- Marilyn said that it was icy cold when she sang "Do It Again" for the U.S. troops in Korea. But she recalled only the warmth she felt in their response and her joy in it.
- Marilyn often saw her second husband, Joe DiMaggio, after her divorce from Miller in 1961. Of all the men in Marilyn's life, DiMaggio remained the closest to her.
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p.68: SHE MIMICKED FABLED SIRENS
LIFE invited Marilyn to re-create four fabled actresses for its Entertainment Issue of December, 1958. The result is reprinted here as a reminder of her ability as an extraordinary mimic. She read biographies of each star, studied old pictures. When photographer Richard Avedon asked her to rest her leg on a handlebar for the picture above, she refused, saying, "Miss Russell just wouldn't have done that." But for her self-portrait at the left she made no fuss at all.
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photos captions:
As Lilian Russell
Marilyn as Marilyn
As Theda Bara
As Jean Harlow
As Marlene Dietrich
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pp. 70-71, photo caption:
This beautiful photograph was taken by Bert Stern for Vogue less than two months before she died, and will appear in a picture essay in Vogue's September 1 issue. One of the last great studio portraits of Marilyn, this laughing face will live in one's mind long after her death.
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Traduction
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p.63 : EN SOUVENIR DE MARILYN
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À 19 ans, Marilyn Monroe posait pour une photo publicitaire sur une autoroute hollywoodienne. Elle avait déjà l'air d'une jeune fille promise à la légende. Son visage et son corps semblaient dorés par le soleil. Elle insufflait une vie chaleureuse même aux bobines froides de la pellicule. Plus tard, lorsqu'elle devint l'incarnation même de la sensualité, elle conserva une certaine pudeur et une innocence presque enfantine.
Sa disparition a terni la beauté du monde dans lequel nous vivons. Sa vie fut marquée par la tristesse : une enfance morne, trois mariages malheureux, l'impossibilité d'avoir des enfants. Mais malgré toutes ses recherches, ses efforts, ses espoirs vains, elle nous a laissé de nombreuses images magnifiques à chérir.
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p. 67, légendes des photos :
- « Espoir, espoir, espoir », c’est ce que Marilyn a écrit au dos de cette photo d’elle et d’Arthur Miller, prise dans sa ferme du Connecticut après leur mariage en 1956.
- Marilyn racontait qu’il faisait un froid glacial lorsqu’elle a chanté « Do It Again » pour les troupes américaines en Corée. Mais elle ne se souvenait que de la chaleur de leur réaction et de la joie qu’elle en avait ressentie.
- Marilyn voyait souvent son second mari, Joe DiMaggio, après son divorce avec Miller en 1961. De tous les hommes de sa vie, DiMaggio est resté celui qui lui était le plus proche.
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p. 68 : ELLE IMITAIT DES SIRÈNES LÉGENDAIRES
Le magazine LIFE a invité Marilyn à recréer quatre actrices légendaires pour son numéro spécial divertissement de décembre 1958. Le résultat est reproduit ici pour témoigner de son extraordinaire talent d’imitatrice. Elle a lu les biographies de chaque star et étudié de vieilles photos. Lorsque le photographe Richard Avedon lui a demandé de poser sa jambe sur un guidon pour la photo ci-dessus, elle a refusé, déclarant : « Mademoiselle Russell n’aurait jamais fait ça.» Mais pour son autoportrait à gauche, elle n’a pas rechigné du tout.
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légendes des photos :
Dans le rôle de Lilian Russell
Marilyn dans le rôle de Marilyn
Dans le rôle de Theda Bara
Dans le rôle de Jean Harlow
Dans le rôle de Marlène Dietrich
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p.70-71, légende photo :
Cette magnifique photographie a été prise par Bert Stern pour Vogue moins de deux mois avant la mort de Marilyn Monroe et paraîtra dans un reportage photo du numéro du 1er septembre. L'un des derniers grands portraits de studio de Marilyn Monroe, ce visage rieur restera gravé dans les mémoires longtemps après sa disparition.
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copyright text by Life; retranscription and translation by GinieLand.