Les Echos Week-End
n°23712

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pays: France
parution le vendredi 20 mai 2022
Le supplément magazine vendu avec l'édition du journal le vendredi
Article de 1/2 pages

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Les sept dernières années de la vie de Marylin Monroe par le poète Norman Rosten
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Dans « Marilyn, ombre et lumière », le poète américain Norman Rosten brosse un portrait délicat de Marilyn Monroe durant les sept dernières années de sa vie. En 120 pages, il révèle toute la générosité, la beauté, l'intelligence et la fragilité de la divine étoile. Morte du mal d'amour.

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Marilyn Monroe photographiée dans la propriété de son mari, l'écrivain Arthur Miller(circa 1957).
(©Zumapress / Bridgeman Images)

Le mythe de Marilyn Monroe (1926-62) a suscité moult littérature : essais, biographies ou romans, comme l'impressionnant « Blonde » de Joyce Carol Oates. Mais l'ouvrage le plus délicat et le plus poignant sur la star hollywoodienne est sans doute « Marilyn, ombre et lumière » de Norman Rosten (1913-95). Publié en 1974, il vient tout juste d'être traduit en français. Le poète américain, ami d'Arthur Miller, n'a pas voulu écrire de biographie de l'actrice. Il raconte les sept dernières années de sa vie, à compter du jour où il l'a rencontrée un jour de pluie à New York, accompagnant un ami photographe. Rosten et sa femme mettent un moment pour comprendre que la jeune femme timide et trempée qui s'est assise dans leur salon est Marilyn Monroe. S'ensuit une profonde amitié, qui les unira jusqu'à la fin.

Au gré d'anecdotes inédites et de conversations, se révèlent toute la générosité, l'intelligence et la fragilité de la star. Et surtout sa quête d'amour désespérée. Rosten nous fait revivre sa passion, vite consumée pour Arthur Miller, avec qui elle restera mariée six ans, sa brève et tendre « love affair » avec Yves Montand… et à chaque fois ce sentiment d'échec qui la submerge. Marilyn cherche la perfection en tout. Elle prend très aux sérieux ses cours à l'Actor Studio, rêve de jouer au théâtre, s'interroge sans cesse sur le métier d'actrice.

Un naturel confondant

Elle s'essaie, humblement, à la poésie (aux vertus thérapeutiques). Et cultive un naturel confondant. Dans son comportement sans filtre avec ses amis et ses proches, mais aussi dans sa façon décomplexée d'assumer son vedettariat. Parfois, l'hystérie qu'elle suscite frôle le drame. Comme cette baignade sur une plage où elle manque de se noyer en voulant échapper à une horde de jeunes gens excités.

Patchwork saisissant d'une vie de star, ce bref ouvrage, merveilleusement écrit, s'achève de manière poignante sur l'échange téléphonique survolté de Marilyn avec Rosten la veille de son suicide. Le poète se désole de n'avoir su déceler l'appel à l'aide de son amie, minée par le doute, la solitude et le manque d'amour. L'ombre a emporté Norma Jean Baker… Norman Rosten, pendant 120 pages rallume la lumière.

Philippe Chevilley

« Marilyn, ombre et lumière », Norman Rosten. Traduit par François Guérif. Editions Seghers, 128 p., 116 euros.


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