18 juin 2022

14/01/1945 - Lettre de Norma Jeane à Grace Goddard

Lettre de 4 pages du 14 janvier 1945 (datée par erreur en 1944) écrite par Norma Jeane Dougherty (Marilyn Monroe) à Grace McKee Goddard, qui était partie vivre avec son mari Ervin 'Doc' Goddard et la fille de celui-ci Bebe Goddard à Huntington, dans l'Etat de Virginie.
Norma Jeane n'a que 18 ans, mariée depuis deux ans et demie avec Jim Dougherty souvent absent (il est engagé dans la Marine marchande), et elle se sent seule: sans doute est-ce pour cette raison qu'elle s'est payée un manteau, alors qu'elle ne gagne pas beaucoup d'argent. Elle fait aussi des cadeaux à Grace puisqu'elle lui demande si le peignoir est à sa taille.
Elle raconte aussi à Grace que l'usine où elle travaille, Radioplane, a congédié (temporairement, pour deux semaines), l'ensemble des ouvriers et ouvrières (sans leur verser de salaire), certains étant même licensié définitivement.
Elle parle de son retour de l'Est, faisant ainsi référence à sa visite aux Goddard (Doc et Bebe) en Virginie et sa demie-soeur Berniece à Détroit à l'automne 1944.
Il semble que Norma Jeane porte beaucoup d'affection envers Doc Goddard, elle l'appelle "Papa" dans sa lettre.
On ressent surtout l'isolement de la jeune Norma Jeane, terminant sa lettre par son espoir de revoir les Goddard revenir en Californie.

Letter of 4 pages in January 14, 1945 (mistakenly dated 1944) written by Norma Jeane Dougherty (Marilyn Monroe) to Grace McKee Goddard, who had gone to live with her husband Ervin 'Doc' Goddard and his daughter Bebe Goddard in Huntington, Virginia.
Norma Jeane is only 18 years old, married for two and a half years to Jim Dougherty, who is often absent (he is engaged in the Merchant Marine), and she feels alone: ​​no doubt this is why she paid for a coat, although she doesn't earn much money. She also gives Grace gifts because she asks her if the robe is at the good size.
She also tells to Grace that the factory where she works, Radioplane, has dismissed (temporarily, for two weeks), all the workers (without paying them a salary), some of them being even definitively dismissed.
She talks about her return from the East, thus referring to her visit to the Goddards (Doc and Bebe) in Virginia and her half-sister Berniece in Detroit in the fall of 1944.
It seems that Norma Jeane has a lot of affection for Doc Goddard, she calls him "Dad" in her letter.
We especially feel the isolation of young Norma Jeane, ending her letter with her hope of seeing the Goddards back in California.

1944-01-14-Letter_from_NJ_to_Grace-1 
1944-01-14-Letter_from_NJ_to_Grace-2 

 Traduction de la lettre:

Ma très chère Grace,
Je suis désolée de ne pas avoir écrit plus tôt, mais honnêtement, j'ai été très occupée. En ce moment, j'ai deux semaines de vacances. (sans être payée).
Jimmie n'est pas encore rentré mais s'attend à être à la maison à tout moment. Il m'a envoyé 100 $ pour Noël alors j'en ai mis un peu plus et je suis maintenant l'heureuse propriétaire d'un manteau de singe Gold Coast. Oh c'est tout simplement magnifique ! J'ai obtenu la meilleure qualité possible parce que je pensais que je pourrais aussi bien obtenir quelque chose qui durerait. (Je ne veux pas que tout le monde sache que ça a coûté autant que ça le devait au départ, c'est mon affaire, tu ne crois pas ?
Tout le monde dit qu'ils ne peuvent pas comprendre à quel point j'ai changé depuis que je suis revenue de l'Est. Au travail, ils disent tous que je suis pleine de vie, de peps et de vitalité. Je n'ai pas travaillé très dur, je me suis juste laissé aller, mais j'ai quand même terminé tout mon travail. Radioplane Company a licencié près de la moitié de ses travailleurs. Mais je suis toujours là bien que je sois en vacances maintenant, comme tout le monde dans mon département, ce n'est que pour deux semaines.
S'il te plaît envoie-moi le livre d'anglais et de grammaire, tu avais dit que tu le ferais.
J'espère que tu as aimé ton peignoir. Était-ce la bonne taille ? As-tu mis des chaussons pour aller avec ?
Je suis contente que tu ne travailles pas chez Wildings parce que tu travaillais juste trop dur. J'espère que tu te reposes beaucoup. S'il te plaît, donne mon affection à Papa et Bebe. Vous me manquez certainement tous.
Dan Hill est vraiment génial, je n'ai pas eu beaucoup de temps pour le voir. Mais je l'aime beaucoup.
J'ai hâte de voir Papa en février. Chaque fois que je vois Dan, il n'arrête pas de demander "Quand est-ce que "Doc" revient ?"
Aujourd'hui, je suis allée à l'église et Mme Dougherty m'a accompagnée. Mon Dieu, je peux à peine attendre que vous reveniez tous ici, j'espère que ce sera bientôt.
Tout mon amour,
Norma Jeane,
PS j'écrirai plus tard

Letter transcription:

My dearest Grace,
I'm sorry I havn't written sooner but honestly I've been so busy. At the present time I'm having a two weeks vacation. (without pay).
Jimmie hasn't come home yet but expects to be home most any time. He sent me $100.00 for Christmas so I put some more with it and I am now the happy owner of a Gold Coast monkey coat. Oh its simply beautiful! I got the finest quality obtainable because I thought I might as well get something that would last. (I don't want everyone to know that it cost as much as it did in the first place its my own business, don't you think ?
Everyone says they can't get over how much I've changed since I've come back from the East. At work they all say I'm full of life, pep and vitality. I havn't been working very hard, just sort of taking it easy but I still get all of my work finished. Radioplane Company laxed almost half of its workers off. But I'm still there although I'm Having a vacation now so is everyone in my dept, its only for two weeks.
Please send me the English and Grammar book, you said you would.
I hope you liked your robe. Was it the right size? Did you get slippers to go with it ?
I'm glad you are not working at wildings because you were just working too hard. I hope you are getting a lot of rest.
Please give Daddy and Bebe my love. I certainly do miss all of you.
Dan Hill is really swell, I havn't had much time to see him. But I do like him very much.
I can hardly wait to see Daddy in February. Every time I see Dan he keeps asking "When is "Doc" coming back ?"
Today I went to church and Mrs. Dougherty went with me.
Golly I can hardly wait until all of you move back here, I hope it will be soon.
All my love,
Norma Jeane,
P.S. I shall write later


source Lettre vendue aux enchères en 2017 par Freeman's


© All images are copyright and protected by their respective owners, assignees or others.
copyright text by GinieLand.

Posté par ginieland à 19:48 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,

22 mai 2022

04 et 06/12/1935 - Echanges épistolaires entre Grace et l'Orphelinat

Le 04 décembre 1935, Grace Mc Kee Goddard (devenue tutrice légale de Norma Jeane cette année 1935), écrit une lettre à Mme Dewey, certainement l'interlocutrice (ou directrice) de l'orphelinat de Los Angeles où est placée Norma Jeane (âgée alors de 9 ans) depuis le 13 septembre 1935. Grace demande que l'institution refuse les visites de Ida Bolender à Norma Jeane (qui a élevé Norma Jeane avec son mari jusqu'à ses 7 ans) et cite les noms de ceux et celles autorisées à la voir.

On December 4, 1935, Grace Mc Kee Goddard (who became Norma Jeane's legal guardian this year 1935), writes a letter to Mrs. Dewey, certainly the contact person (or director) of the orphanage in Los Angeles where Norma Jeane (aged then 9 years old) is placed since September 13, 1935. Grace requests that the institution refuse visits from Ida Bolender to Norma Jeane (who raised Norma Jeane with her husband until she was 7 years old) and cite the names of those allowed to see her.

1935-12-04-Grace_letter_to_Mrs_Dewey_of_LA_Orphans-1 

Letter transcription:

December 4, 1935
3107 Barbara Court,
Hollywood, Calif.

Los Angeles Orphan's Home,
815 North El Centro
Hollywood, Calif.

Attention: Mrs Dewey

Dear Mrs. Dewey:

I am very anxious that no one sees or talks to little Norma Jean Baker, unless you have my written permission to do so.

I especially do not want Mrs. Ida Bolender to see her again, as her visits seem to upset the child.

I wish you could instruct every person who is in charge at night or on Sundays, to please see that she is not allowed to visit Norma Jean.

It is quite all right for Elsie or Harvey Giffin, Maude, George or Nell Atkinson, or her Aunt, Olive Monroe, or Mrs. Martin, Olive's Mother, to see her or take her out at any time.

If there is anyone else wishing to see her, I wish you would first get in tough with me here at the studio, Hollywood 3181, or at my home, Granite 4288.

Yours very sincerely,
GRACE MC KEE GODDARD

Traduction de la lettre:

À l'attention de : Mme Dewey

Chère Mme Dewey :

Je suis très inquiète que personne ne voie ou ne parle à la petite Norma Jean Baker, à moins que vous n'ayez ma permission écrite de le faire.

Je ne veux surtout pas que Mme Ida Bolender la revoie, car ses visites semblent bouleverser l'enfant.

Je souhaite que vous puissiez demander à chaque personne responsable la nuit ou le dimanche de veiller à ce qu'elle ne soit pas autorisée à rendre visite à Norma Jean.

Il est tout à fait correct pour Elsie ou Harvey Giffin, Maude, George ou Nell Atkinson, ou sa tante, Olive Monroe, ou Mme Martin, la mère d'Olive, de la voir ou de la sortir à tout moment.

S'il y a quelqu'un d'autre qui souhaite la voir, je souhaite que vous commenciez par entrer en contact avec moi ici au studio, Hollywood 3181, ou chez moi, Granite 4288.

Très sincèrement,
GRACE MC KEE GODDARD


Le 06 décembre 1935, Mme Dewey répond à Grace Mc Kee Goddard, expliquant qu'elle a constaté l'état de perturbation dans lequel se trouve Norma Jeane après la visite de Mme Bolender. Elle accepte la requête de Grace en refusant les visites de Ida Bolender et lui demande de faire un mot à chaque personne autorisée à venir voir Norma Jeane.

On December 6, 1935, Mrs. Dewey responds to Grace McKee Goddard, explaining that she has noticed the state of disturbance in which Norma Jeane finds herself after Mrs. Bolender's visit. She accepts Grace's request by refusing Ida Bolender's visits and asks her to write a word to each person authorized to come and see Norma Jeane.

1935-12-06-LA_Orphans_letter_to_Grace-1 

Letter transcription:

LOS ANGELES ORPHANS HOME SOCIETY
815 North El Centro Avenue
Hollywood 5311

Dec. 6, 1935

Mrs. Grace Mc Kee Goddard,
Hollywood, Calif.,

Dear Mrs. Goddard, -

When Mrs. Bolender was here I told her she should not talk to Norma about her mother.
The physicians have said Mrs. Baker would not get well - that means the child must have first consideration.
Will you please give a letter to each person you want Norma to see and go out with. That would be an extra check. If I just tell the ones who are on duty the names of the ones to see Norma there might be a slip.
Norma is not the same since Mrs. B. visited with her. She doesn't look as happy. When she is naughty she says - "Mrs. Dewey, I wouldn't ever want my Aunt Grace to know I was naughty." She loves you very much.
I'll do as you request. We want to do all we can to make Norma happy, and to please you.
Sincerely yours
(Mrs) SSDewey

Traduction de la lettre:

Chère Mme Goddard,-

Quand Mme Bolender était ici, je lui ai dit qu'elle ne devait pas parler à Norma de sa mère.
Les médecins ont dit que Mme Baker ne guérirait pas - cela signifie que l'enfant doit avoir la priorité.
Pourriez-vous, s'il vous plaît, donner une lettre à chaque personne que vous voulez que Norma voie et qu'ils la prennent avec eux. Ce serait une vérification supplémentaire. Si je dis juste à ceux qui sont de service les noms de ceux qui doivent voir Norma, il pourrait y avoir un faux pas.
Norma n'est plus la même depuis que Mme B. lui a rendu visite. Elle n'a pas l'air aussi heureuse. Quand elle est méchante, elle dit - "Mme Dewey, je ne voudrais jamais que ma tante Grace sache que j'étais méchante." Elle vous aime beaucoup.
Je ferai ce que vous demandez. Nous voulons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour rendre Norma heureuse et vous faire plaisir.
Cordialement
(Mme) SSDewey


source Lettres vendues 2 812 $ le 14/11/2019 aux enchères de The Personal Property Of Goodman Basil Espy III


© All images are copyright and protected by their respective owners, assignees or others.
copyright text by GinieLand.

10 avril 2022

10/1973, Tatler

Tatler

country: UK
date: 1973, October
content: 1 pages 1/2 article on Marilyn Monroe

1973-10-07-TATLER-UK-p01 

1973-10-07-TATLER-UK-p02 

 pays: Grande-Bretagne
date: october 1973
contenu: article d'1,5 page sur Marilyn Monroe


 In his controversial new book "Marilyn", author Norman Mailer portrays Marilyn Monroe's teen-age years as those of an "early hippie", whose mind was "muddy, drifting, fevered..." But a writer who actually knew Marilyn in those junior high school days, Dorothy Muir, has provided in the exclusive photo-story on these pages, the story of another Marilyn entirely. It is this Marilyn who is shown on a mountain excursion here with Mrs. Muir's son Bob, whom she often dated.

The Real Marilyn Monroe at 13...

A neighbor who knew her opens her family album to show the world these rare, previously unpublished snapshots and tells the truth about the Marilyn Norman Mailer never knew.
by DOROTHY MUIR
Copyright, 1973

There was no Marilyn Monroe in 1938. But that spring, and for a number of years after, Norma Jean Baker was a name I heard often.
She was a new girl at Emerson Junior High School where my son, Bob, was a student.
Norma Jean was carrying too many books and papers, there was a gust of wind, the papers sailed away and Bob retrieved them.
Of course they talked awhile - and everything considered, it is not at all surprising that in a very short time she was introduced into the group of kids he, the elder of the two, had grown up with.

They all spoke of her often, but it was June before I met Norma Jean. It was a beautiful day, a Saturday.
My husband's plans for the day included all of us, but Bob had plans of his own. He and two boy friends were going for a bike - and taking three girls. It had not been long since the boys had scorned girls in favor of a model rallroad set up in a room off our garage. Now, in junior high, girls had suddenly become important. Each had invited someone be considered "extra special."
The boys thought it too much trouble to carry a lunch, but finally agreed to one sandwich each. It wasn't nearly enough, but to a mother, there was no compensation: Hunger would certainly bring them home early.
Thus it was no surprise to hear their drugging footsteps on the drive long before four o'clock. They trooped into my kitchen, tired and hungry, and proceeded to make themselves comfortable on table top and stools as was their customs. That is, all but one did.
THE ONE WAS A stranger to me: A slender girl with delicate features and shoulder-length hair which was a shade dark to qualify as blond. She leaned hard against the wall for a few minutes and then, too tired to stand longer, eased herself down and sat cross-legged on the floor.
Suddenly Bob remerbered his manners and introduced us: "Mom - this is Norma Jean."
She simply said, "Hello," but there was a lovely smile of acknowledgement.
In a few years there would be a multitude who would adore that smile, but, at that moment, she was just a tired little girl.
I have read the book "Norma Jean" and about some of the things Norman Mailer has said about her. All they do is build up the sex angle and how unhappy she was. I don't know where Norman Mailer dug up his facts but what I know, I know from personal experience and my son agrees with me. Norma Jean was a normal teen-ager, full of fun and really enjoying life. My main reason for writing this article was to set the record straight. I don't know what went before or what went after, but she was a sweet kid, and there has been too much downgrading of her.
My impression was that she was shy, possibly thirteen years old, and just a trifle dared at being accepted as a peer by boys and girls who were all at least one year older.
While snacks and quantities of milk were consumed, I learned her last name was Baker and that she lived with an "aunt" and "uncle". Years later I learned the couple, Grace and Erwin (Doc) Goddard, were not actually her relatives.
Norma Jean become a regular in the group for several years and visited our home many times, but about all we ever learned was she was an orphan (father dead, mother hospitalised). Questions regarding her mother's health, she managed to evade. She would laugh and talk without apparent reservation, at the same time carefully avolding anything personal.
We sensed there was something in the past that was painful to think about but, for the time, it appeared she was happy living with Aunt Grace, of whom she was obviously very fond.

IN RECENT YEARS, many articles about Marilyn Monroe refer to her having lived with her Aunt Grace in the 'slum' area of what was then known as Sawtelle, now a part of the great West Los Angeles district. Since our home was there also, I always read these accounts with a certain amount of resentment, and I belive Norma Jean would share my feeling in this regard.
It is true the homes were modest, not manalons, but there were well cared for and mostly owner occupied. I recently drove through the area, and it has not changed very much in appearance. The house where Norma Jean lived with Aunt Grace still stands and its in good repair.
The fact of the matter is, Norma Jean spent her teen years in a very good neighborhood environment with an adult who was just as concerned for her welfare as any parent might be.
It is impossible not to smile when I recall some of the events following the Saturday of the bike. How often, in our living room, the girls tried to teach the boys to dance. "Begin the Beguine" was the popular tune of the day and their favorite. That record almost wore out as the boys tried valiantly to fellow the girls' nimble, not always accurate, dance routines. Those were wonderful fun times for Norma Jean, who appeared happy and carefree. She was a sweet kid we all grew to love very much.
Despite the fact that she was the youngest, she was by far the best dancer. Even with a thirteen-year-old's usual 'awkward' grace, it was clearly evident there was latent talent.

BUT THERE WAS something more important: "It's half snow and half rain, and the rain part is like ice."
She was right. My husband said, "Let's get out of here before we get stuck."
So we piled into the car. The two boys in the rumble seat, with Norma Jean between them, pulled a tarp over their heads to protect then from the ever increasing rainfall.
The road out of the valley was none too good. The car skidded around the many sharp curves. The road was littlered with debris, so we proceeded slowly. Suddenly a large rock, loosened by the snow and rain, came hurtling down the mountain side crashed directly onto the middle of the car's hood, and nearly hit the windshield.

Betty and I screamed, but the boys and Norma Jean were unaware of what had happened. While we sat numb with shock, we heard Norma Jean giggle, completely unaware of how close she had come to being killed. Just the slightest increase in the car's speed and the rock would have struck her instead of the hood. But was Norma Jean frightened when we told her ? Possibly so, but her reply was typical "teen-age".

"My head's too hard. That old rock would have bounced right off and wouldn't have left a dent."
I recall with pleasure another time in May of 1940. The desert wild flowers were especially beautiful that year, and Bob suggested we all go on a picnic and see them. Again he invited Norma Jean, Betty and Bill.
Quite by accident we came across a small deserted town - a doten or so buildings - weather-beaten and dilapidated. There was also the remains of and old jail, and of course the kids had to go inside and poke about in the rubble. When they came out, I took their picture while they stood in the doorway.
"I don't think we should have our picture taken, we're parobed prisoners and should be very careful," said Norma Jean. Her tone of voice was so solemn and her portrayal so perfect that we all burst into laughter.
After roaming about the desert for hours, sometimes in the car but mostly on foot, we finally spread a blanket on the sand and sat down to rest and eat.

WE TALKED AND LAUGHED a lot. I don't remember Norma Jean ever in a happier mood.
She was simply effervescent - the life of the party.
In late afternoon we picked bouquets of wild flowers to take home. She held hers as carefully as she might have held an infant and, with the adult sincerely she often displayed, said, "No two flowers alike - I never saw anything so lovely."
Shortly after the trip to the desert, Norma Jean stopped coming to our home. Bob said she was dating 'some old guy'. Later I learned this was Jim Dougherty, who was indeed four years her senior. That was the last I heard of Norma Jean until September of 1942, when I learned that she had been married to Dougherty, in June.
That fall, Bob chanced to meet her on Santa Monica Boulevard. Nothing could do but tell him to go home with her; she said Aunt Grace would be disappointed if he didn't.
It turned out that she and Jim happened to be visiting Aunt Grace that day. It was the only time Bob ever met Jim Dougherty, but he liked him and said Norma Jean and Jim seemed happy together.
In 1946, after his discharge from the Army, Bob again met Norma Jean, now 20. This time, it was in Van Nuys, where she was living. He declined an invitation to dinner when he learned Jim was overseas. Later, when telling about the meeting, he found it difficult to assess his impression of Norma Jean.
She was changed, prettier - actually beautiful, but something was lacking. It was as if she had been trying to cover up and was acting a part in order to do so - she was a bit too vivacious for real.
Norma Jean did say she was doing some modeling; but there was much talk, too, about an effort she was making to get into the movies.
Indeed, the day finally came when I opened a magazine to see a beautiful blond smiling at me from the printed page. Beneath was the caption: "Marilyn Monroe, Filmdom's lastes find." It was not cheesecake but a strictly glamour pose, and the photographer undoubtedly was proud of the result for it was truly a very beautiful picture.
I studied it carefully. There was just a bit of Norma Jean hidden there, but what had they done to her ? The sweet young girl we had known was gone, and I felt an unexplainable foreboding. It was as though the picture, even Marilyn Monroe, did not exist. Only Norma Jean was real, and she had gone away never to return.


traduction

Dans son nouveau livre controversé "Marilyn", l'auteur Norman Mailer décrit les années d'adolescence de Marilyn Monroe comme celles d'une "hippie précoce", dont l'esprit était "boueux, à la dérive, fiévreux..." Mais une écrivaine qui a réellement connu Marilyn pendant ses années de collège, Dorothy Muir, fourni à travers le reportage photo exclusif sur ces pages, l'histoire entière d'une autre Marilyn. C'est cette Marilyn qui est montrée ici lors d'une excursion en montagne avec le fils de Mme Muir, Bob, avec qui elle sortait souvent.

La vraie Marilyn Monroe à 13 ans...

Une voisine qui la connaissait ouvre son album de famille pour montrer au monde ces rares clichés inédits et raconte la vérité sur la Marilyn que Norman Mailer n'a jamais connue.
par DOROTHY MUIR
Droit d'auteur, 1973

Il n'y avait pas de Marilyn Monroe en 1938. Mais ce printemps-là, et pendant plusieurs années après, Norma Jean Baker était un nom que j'ai souvent entendu.
C'était une nouvelle venue de l'école Emerson Junior High School où mon fils, Bob, était étudiant.
Norma Jean transportait trop de livres et de papiers, il y a eu une rafale de vent, les papiers se sont envolés et Bob les a récupérés.
Bien sûr, ils ont discuté un moment - et tout compte fait, il n'est pas du tout surprenant qu'en très peu de temps, elle ait été introduite dans le groupe d'enfants avec lesquels lui, l'aîné des deux, avait grandi.

Ils parlaient tous souvent d'elle, mais c'était en juin avant que je rencontre Norma Jean. C'était une belle journée, un samedi.
Les plans de mon mari pour la journée nous incluaient tous, mais Bob avait ses propres plans. Lui et deux de ses copains allaient faire du vélo - et y emmenaient trois filles. Il n'y avait pas longtemps que les garçons avaient méprisé les filles en faveur d'un modèle de chemin de fer installé dans une pièce à côté de notre garage. Maintenant, au collège, les filles étaient soudainement devenues importantes. Chacun avait invité quelqu'un à être considéré comme "extra spécial".
Les garçons pensaient que c'était trop difficile de porter un déjeuner, mais ont finalement accepté un sandwich chacun. Ce n'était pas suffisant, mais pour une mère, il n'y avait aucune compensation : la faim les ramènerait certainement à la maison plus tôt.
Ce n'était donc pas une surprise d'entendre leurs pas de drogue sur l'allée bien avant quatre heures. Ils sont entrés dans ma cuisine, fatigués et affamés, et ont commencé à s'installer confortablement sur la table et les tabourets, comme c'était leur coutume. Autrement dit, tous se sont installés sauf une personne.
CELLE-CI ÉTAIT UNE INCONNUE POUR MOI : Une fille mince aux traits délicats et aux cheveux mi-longs qui étaient d'une teinte foncée pour être qualifiée de blonde. Elle s'appuya durement contre le mur pendant quelques minutes puis, trop fatiguée pour rester debout plus longtemps, se laissa tomber et s'assit en tailleur sur le sol.
Tout à coup, Bob s'est souvenu de ses manières et nous a présenté : "Maman, c'est Norma Jean."
Elle a simplement dit "Bonjour", mais il y avait un joli sourire de reconnaissance.
Quelques temps après, il y aura une foule qui adorera ce sourire, mais, à ce moment-là, elle n'était qu'une petite fille fatiguée.
J'ai lu le livre "Norma Jean" et certaines des choses que Norman Mailer a dites à son sujet. Tout ce qu'ils font, c'est développer l'angle sexuel et à quel point elle était malheureuse. Je ne sais pas où Norman Mailer a déterré ses faits mais ce que je sais, je le sais par expérience personnelle et mon fils est d'accord avec moi. Norma Jean était une adolescente normale, pleine de joie et appréciant vraiment la vie. Ma principale raison d'écrire cet article était de remettre les pendules à l'heure. Je ne sais pas ce qui s'est passé avant ou ce qui s'est passé après, mais c'était une gentille enfant, et il y a eu trop de déclassement sur elle.
J'avais l'impression qu'elle était timide, peut-être âgée de treize ans, et qu'elle osait à peine se faire accepter comme pair par des garçons et des filles qui avaient tous au moins un an de plus.
Alors que des collations et des quantités de lait étaient consommées, j'ai appris que son nom de famille était Baker et qu'elle vivait avec une « tante » et un « oncle ». Des années plus tard, j'ai appris que le couple, Grace et Erwin (Doc) Goddard, n'était pas vraiment de sa famille.
Norma Jean est devenue une habituée du groupe pendant plusieurs années et est venue dans notre maison à plusieurs reprises, mais tout ce que nous avons appris, c'est qu'elle était orpheline (père décédé, mère hospitalisée). Les questions concernant la santé de sa mère, elle réussissait à les éluder. Elle riait et parlait sans réserve apparente, tout en évitant soigneusement tout ce qui était personnel.
Nous avons senti qu'il y avait quelque chose de son passé dont il était douloureux d'y penser mais, pour le moment, il semblait qu'elle était heureuse de vivre avec tante Grace, qu'elle aimait manifestement beaucoup.

CES DERNIÈRES ANNÉES, de nombreux articles sur Marilyn Monroe mentionnent qu'elle a vécu avec sa tante Grace dans le quartier des "bidonvilles" de ce qui était alors connu sous le nom de Sawtelle, qui fait maintenant partie du grand quartier ouest de Los Angeles. Comme notre maison était là aussi, j'ai toujours lu ces récits avec un certain ressentiment, et je pense que Norma Jean partagerait mon sentiment à cet égard.
Il est vrai que les maisons étaient modestes, mais elles étaient bien entretenues et principalement occupées par leur propriétaire. J'ai récemment traversé la région en voiture et leur apparence n'ont pas beaucoup changée. La maison où Norma Jean vivait avec tante Grace est toujours là et en bon état. Le fait est que Norma Jean a passé son adolescence dans un très bon environnement de quartier de voisinage avec une adulte qui était toute aussi soucieuse de son bien-être que n'importe quel parent.
Il est impossible de ne pas sourire en évoquant certains des événements qui ont suivi le samedi du vélo. Combien de fois, dans notre salon, les filles ont essayé d'apprendre aux garçons à danser. "Begin the Beguine" était l'air populaire du moment et leur préféré. Ce disque a failli s'épuiser alors que les garçons essayaient vaillamment d'imiter les routines de danse agiles, pas toujours précises, des filles. Ce furent de merveilleux moments de plaisir pour Norma Jean, qui semblait heureuse et insouciante. C'était une enfant adorable que nous avons tous appris à aimer beaucoup.
Malgré le fait qu'elle était la plus jeune, elle était de loin la meilleure danseuse. Même avec la grâce «maladroite» habituelle d'une adolescente de treize ans, il était clairement évident qu'il y avait un talent latent.

MAIS IL Y AVAIT quelque chose de plus important : "C'est moitié neige et moitié pluie, et la partie pluie est comme de la glace."
Elle avait raison. Mon mari a dit : "Sortons d'ici avant que nous soyons coincés."
Nous nous sommes donc entassés dans la voiture. Les deux garçons dans le siège du grondement, avec Norma Jean entre eux, ont tiré une bâche sur leurs têtes pour se protéger des pluies toujours croissantes.
La route hors de la vallée n'était pas trop bonne. La voiture a dérapé dans les nombreux virages serrés. La route était un peu couverte de débris, nous avons donc procédé lentement. Soudain, un gros rocher, desserré par la neige et la pluie, est descendu du flanc de la montagne, et s'est écrasé directement au milieu du capot de la voiture et a presque heurté le pare-brise.

Betty et moi avons crié, mais les garçons et Norma Jean ignoraient ce qui s'était passé. Alors que nous étions assis engourdis par le choc, nous avons entendu Norma Jean glousser, complètement inconsciente à quel point elle avait été sur le point d'être tuée. La moindre augmentation de la vitesse de la voiture, et le rocher l'aurait frappée à la place du capot. Mais Norma Jean a-t-elle eu peur quand on lui a dit ? C'est possible, mais sa réponse était typiquement « adolescente ».

"Ma tête est trop dure. Ce vieux rocher aurait rebondi et n'aurait pas laissé de bosses."
Je me souviens avec plaisir d'une autre fois en mai 1940. Les fleurs sauvages du désert étaient particulièrement belles cette année-là, et Bob a suggéré que nous allions tous en pique-nique et les voir. Encore une fois, il a invité Norma Jean, Betty et Bill.
Tout à fait par hasard, nous sommes tombés sur une petite ville déserte - une douzaine de bâtiments - battue par les intempéries et délabrée. Il y avait aussi les restes d'une ancienne prison, et bien sûr les enfants devaient y entrer et fouiner dans les décombres. Quand ils sont sortis, j'ai les ai pris en photo alors qu'ils se tenaient dans l'embrasure de la porte.
"Je ne pense pas que nous devrions nous faire prendre en photo, nous sommes des prisonniers parobés et nous devons être très prudents", a déclaré Norma Jean. Son ton de voix était si solennel et son portrait si parfait que nous avons tous éclaté de rire.
Après avoir erré dans le désert pendant des heures, parfois en voiture mais surtout à pied, nous avons finalement étalé une couverture sur le sable et nous nous sommes assis pour nous reposer et manger.

NOUS AVONS BEAUCOUP PARLÉ ET RI. Je ne me souviens pas que Norma Jean ait jamais été de meilleure humeur. Elle était tout simplement effervescente - la vie de la fête. En fin d'après-midi, nous avons cueilli des bouquets de fleurs sauvages à emporter à la maison. Elle tenait la sienne avec autant de soin qu'elle aurait pu tenir un bébé et, avec la sincérité d'une adulte qu'elle affichait souvent, dit : "Il n'y a pas deux fleurs pareilles - je n'ai jamais rien vu d'aussi beau."
Peu de temps après le voyage dans le désert, Norma Jean a cessé de venir chez nous. Bob a dit qu'elle sortait avec "un gars plus vieux". Plus tard, j'ai appris qu'il s'agissait de Jim Dougherty, qui était en effet de quatre ans son aîné. Ce fut la dernière fois que j'entendis parler de Norma Jean jusqu'en septembre 1942, quand j'appris qu'elle avait été mariée à Dougherty, en juin.
Cet automne-là, Bob a eu la chance de la rencontrer sur Santa Monica Boulevard. Rien d'autre à faire que de lui dire de rentrer chez elle avec elle ; elle a dit que tante Grace serait déçue s'il ne le faisait pas.
Il s'est avéré qu'elle et Jim rendaient visite à tante Grace ce jour-là. C'était la seule fois où Bob rencontrait Jim Dougherty, mais il l'aimait bien et dit que Norma Jean et Jim semblaient heureux ensemble. En 1946, après sa libération de l'armée, Bob rencontre à nouveau Norma Jean, âgée alors de 20 ans. Cette fois là, c'était à Van Nuys, où elle habitait. Il a décliné une invitation à dîner quand il a appris que Jim était à l'étranger. Plus tard, en racontant la rencontre, il eut du mal à évaluer son impression sur Norma Jean.
Elle avait changée, était plus jolie - en fait belle, mais il manquait quelque chose. C'était comme si elle avait essayé de se couvrir et jouait un rôle pour le faire - elle était un peu trop vive pour de vrai. Norma Jean a dit qu'elle faisait du mannequinat; mais on parlait aussi beaucoup d'un effort qu'elle faisait pour entrer dans le cinéma.
En effet, le jour est enfin venu où j'ai ouvert un magazine pour voir une belle blonde me sourire depuis la page imprimée. En dessous se trouvait la légende : "Marilyn Monroe, la dernière trouvaille de l'industrie du cinéma." Ce n'était pas une image de pin-up mais une pose strictement glamour, et le photographe était sans aucun doute fier du résultat car c'était vraiment une très belle photo.
Je l'ai étudié attentivement. Il y avait juste un peu de Norma Jean caché là, mais qu'est-ce qu'ils lui avaient fait ? La douce jeune fille que nous avions connue était partie, et j'ai ressenti un pressentiment inexplicable. C'était comme si l'image, même Marilyn Monroe, n'existait pas. Seule Norma Jean était réelle, et elle était partie pour ne jamais revenir.


© All images are copyright and protected by their respective owners, assignees or others.

13 février 2022

25/12/1946 - Photo dédicacée de Marilyn aux Goddard

Photographie dédicacée de Marilyn Monroe pour Grace Goddard et son mari Erwin Goddard, datée du 25 décembre 1946, le jour de Noël indiquant qu'elle offre cette photographie dédicacée en guise de cadeau de Noël.

Autographed photograph of Marilyn Monroe for Grace Goddard and her husband Erwin Goddard, dated December 25, 1946, Christmas Day indicating she is giving this autographed photograph as a Christmas gift.

1946-12-25-Autograph_to_goddards-1 

"To Grace and Daddy
Always Lovingly,
Norma Jeane
12/25/46
"

"A Grace et Papa
Toujours avec amour,
Norma Jeane
25/12/46
"


© All images are copyright and protected by their respective owners, assignees or others.
copyright text by GinieLand.

Posté par ginieland à 12:51 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

20 août 2021

12/01/1955, The Australian Women's Weekly

The Australian Women's Weekly

country: Australia
date: 1955, January, 12
content: 4 pages article on Marilyn Monroe
part 1 of a series of articles in 4 parts - "This is my story"

1955-01-12-The_Australian_Women_s_Weekly-cover 

 pays: USA
date: 12 janvier 1955
contenu: article de 4 pages sur Marilyn Monroe
partie 1 sur une série d'articles en 4 parties - "This is my story"

1955-01-12-The_Australian_Women_s_Weekly-p16  1955-01-12-The_Australian_Women_s_Weekly-p17 
1955-01-12-The_Australian_Women_s_Weekly-p18  1955-01-12-The_Australian_Women_s_Weekly-p19 


Article: "This is my story - by Marilyn Monroe"

I thought the people I lived with were my parents. I called them Mamma and Dad. The woman said to me one day: "Don't call me Mama. You're old enough to know better, I'm not related to you in any way. You just board here. Your Mamma's coming to see you tomorrow. You can call her Mama, if you want to."
I said thank you. I didn't ask her about the man I called Dad. He was a letter-carrier. I used to sit on the edge of the bathtub in the morning and watch him shave, and ask him questions - which way was East or South or how many people there were in the world. He was the only one who had ever answered any questions I asked.
The people I had thought were my parents had children of their own. They weren't mean. They were just poor. They didn't have much to give anybody, even their own children. And there was nothing left over for me. I was seven, but I did my share of the work. I washed floors and dishes and ran errands.
My mother called me the next day. She was a pretty woman who never smiled. I'd seen her often before, but I hadn't known quite who she was.
When I said, "Hello, Mama", this time she stared at me. She had never kissed me or held me in her arms or hardly spoken to me. I didn't know anything about her then, but a few years later I learned a number of things.
When I think of her now my heart hurts me twice as much as it used to when I was a little girl. It hurts me for both of us.
My mother was married at fifteen. She had two children (before me) and orked in a movie studio as a film-cutter. Her young husband got mixed up with another woman; there was a big row, and he left home.
While my mother was crying over the collapse of her marriage he sneaked back one day and kidnapped her two babies. My mother spent all her savings trying to get her children back. She hunted them for a long time.
Finnaly she traced them to Kentucky and hitch-hiked to where they were.
She was broke and with hardly any strenght left when she saw her children again. They were living in a fine house. Their father was married again, and well off.
She met him, but didn't ask him for anything, not even to kiss the children she had been hunting for so long. But like the mother in the movie "Stella Dallas", she went away and left them to enjoy a happier life than she could give them.
She came back to Hollywood and went to work as a film-cutter again. I wasn't born yet.
The day my mother called for me at the letter-carrier's house and took me to her rooms for a visit was the first happy day in my life that I remember.
I had visited my mother before. Being sick, and unable to take care of me and keep a job, too, she paid the letter-carrier five dollars a week to give me a home. Every once in a while she brought me to her rooms for a visit.
I used to be frightened when I visited her and spent most of my time in the closet of her bedroom hiding along her clothes. She seldom spoke to me except to say, "Don't make so much noise, Norma." She would say this even when I was lying in bed at night, and turning the pages of a book. Even the sound of a page turning made her nervous.
There was one object in my mother's rooms that always fascinating me. It was a photograph on the wall. There were no other pictures on the walls, just this one framed photograph.
Whenever I visited my mother I would stand looking at this photograph and hold my breath for fear she would order me to stop looking. I had found out that people always ordered me to stop doing anything I like to do.
This time my mother caught me staring at the photograph, but didn't scold me. Instead, she lifted me up in a chair so I could see better.
"That's your father," she said.
I felt so excited I almost fell off the chair. It felt so good to have a father, to be able to look at this picture and know I belonged to him. And what a wonderful photograph it was. He wore a slouch hat a little gaily on the side. There was a lively smile in his eyes, and he had a fin moustache like Clark Gable's. I felt very warm towards the picture.
My mother said: "He was killed in an auto accident in New York city."
I believed everything people told me at that time, but I didn't believe this. I didn't believe he was run over and dead.
I asked my mother what his name was. She wouldn't answer, but went into the bedroom and locked herself in.
Years later I found out what his name was, and many other things about him. The strange thing was that everything I heard about him, even if it wasn't good, made me feel warmer towards him. The night I met his picture, I dreamed of it when I fell asleep. And I dreamed of it a thousand times afterwards.
That was my first happy time, finding my father's picture. And every time I remember how he smiled and how his hat was tipped I felt warm and not alone. When I started a sort of scrapbook a year later the firt picture I put in it was a photograph of Clark Gable because he looked like my father - especially the way he wore his hat and moustache.
And I used to make up daydreams, not about Mr. Gable, but about my father. When I'd be walking home from school in the rain and feeling bad, I'd pretend my father was waiting for me, and that he would scold me for not having worn my rubbers.
I didn't own any rubbers. Nor was the place I walked to any kind of home. It was a place where I worked as a sort of child servant, washing dishes, clothes, floors, running errands, and keeping quiet.
But in a daydream you jump over facts as easily as a cat jump over a fence. My father would be waiting for me, I daydreamed, and I would come into the house smiling from ear to ear.
Once, when I lay in a hospital after having my tonsils out, and running into complications, I had a daydream that lasted a whole week without stopping.
I kept bringing my father into the hospital ward and walking him to my bed, while the other patients looked on with disbelief and envy at so distinguished a visitor; and I kept bending him over my bed, and having him kiss my forehead, and I gave him dialogue, too.
"You're be well in a few days, Norma Jean. I'm very proud of the way you're behaving, not crying all the time like other girls."
And I would ask him to please take off his hat. But I could never get him in my largest, deepest daydream to take his hat off and sit down.
When I went back to my "home", I almost sick again. A man next door chased a dog I had loved, and who had been waiting for me to come home. The dog barked because he was happy to see me. And the man started chasing him, and ordering him to shut up. The man had a hoe in his hand. He swung the hoe. It hit my dog's back and cut him in half.
My mother found another couple to keep me. They were English people, and needed the five dollars a week that went with me. Also, I was large for my age, and could do a lot of work.
One day my mother came to call. I was in the kitchen washing dishes. She sttod looking at me without talking. When I turned around I saw there were tears in her eyes, and I was surprised.
"I'm going to build a house for you and me to live in," she said. "It's going to be painted white and have a backyard." And she went away.
It was true. My mother managed it somehow, out of savings and a loan. She built a house. The English couple and I were both taken to see it. It was small and empty, but beautiful, and was painted white.
The four of us moved in. I had a room to myself. The English couple didn't have to pay rent, just take care of me as they had done before. I worked hard, but it didn't matter. It was my first home.
My mither bought furniture, a table with a white top and brown legs, chairs, beds, and curtains. I heard her say, "It's all on time, but don't worry. I'm working double shift at the studio, and I'll soon be able to pay it off."
One day a grand piano arrived at my home. It was out of condition. My mother had bought it second-hand. It was for me. I was going to be given piano lessons on it. It was a very important piano, despite being a little banged-up. It had belonged to the movie star Fredric March.
"You'll play the piano over here, by the windows," my mother said, "and here on each side of the fireplace there'll be a love seat. And we can sit listening to you. As soon as I pay off a few other things I'll get the love seats, and we'll all sit in them at night and listen to you play the piano."
But the love seats were not to be. Mother had a nervous breakdown, fell seriously ill, and hed to be taken to the hospital. All the furniture disappeared. The white table, the chairs, the beds, and white curtains melted away, and the grand piano, too.
The English couple disappeared also. And I was taken from the newly painted house to an orphan asylum, and given a blue dress and white shirtwaist to wear, and shoes with heavy soles. And for a long time when I lay in bed at night I could no longer daydream about anything.
I never forgot the white painted house and its furniture. Years later, when I was beginning to earn some money modelling, I started looking around for the Fredric March piano. After about a year I found it in an oid auction room, and bought it.
I have it in my home now in Hollywood. It's been painted a lovely white, and it has new strings and plays as wonderfully as any piano in the world.

My mother's best friend was a woman named Grace. I called nearly everybody I knew Aunt or Uncle, but Aunt Grace was a different sort of make-believe relative. She became my best friend, too.
Aunt Grace worked as a film librarian in the same studio as my mother -Columbia Pictures. She was the first person who ever patted my head or touched my cheek. That happened when I was eight. I can still remember how thrilled I felt when her kind hand touched me.
Grace had almost as rough a time as my mother. She lost her job in the studio and had to scrape for living. Although she had no money she continued to look after my mother, who was starting to have mental spells, and to look after me.
At times she took me to live with her. When she ran out of money and had only a half-dollar left for a week's food, we lived on stale bread and milk. You could buy a sackful of old bread at the Holmes Bakery for 25 cents. Aunt Grace and I would stand in line for hours waiting to fill our sacks.
When I looked up at her she would grin at me and say: "Don't worry, Norma Jean. You're going to be a beautiful girl when you grow up. I can feel it in my bones."
Her words made me so happy that the stale bread tasted like cream puffs.

EVERYTHING seemed to go wrong for Aunt Grace. Only bad luck and death ever visited her. But there was no bitterness in my aunt. Her heart remained tender and she believed in God.
Nearly everybody I knew talked to me about God. They always warned me not to offend Him. But when Grace talked about God she touched my cheek and said that He loved me, and watched over me. Remembering what Grace had said, I lay in bed at night crying to myself. The only One who loved me and watched over me was Someone I couldn't see, or hear, or touch.
I used to draw pictures of God, whenever I had time.
In my pictures He looked a little like Aunt Grace, and a little like Clark Gable.
As I grew older I knew I was different from other children because they were no kisses or promises in my life. I often felt lonely and wanted to die. I would try to cheer myself up with daydreams. I never dreamed of anyone loving me as I saw other children loved. That was too big a stretch for my imagination. I compromised my dreaming of my attracting someone's attention (beside God), of having people look at me and say my name.
When my mother was taken to the hospital Aunt Grace become my legal guardian.
I could hear her friends arguing in her room at night when I lay in her bed pretending to be asleep. They advised her against adopting me because I was certain to become more and more of a responsability as I grew older. This was on account of my "heritage", they said.
They talked about my mother and her father and brother and grandmother all beign mental cases, and said I would certainly follow in their footsteps. I lay in bed shivering as I listened. I didn't know what a mental case was, but I knew it wasn't anything good. And I held my breath waiting to hear whether. Aunt Grace would let me become a State orphan or adopt me as her own.
After a few evenings of argument, Aunt Grace adopted me, heritage and all, and I fell asleep happy.
Grace, my new guardian, had no money, and was out looking for a job all the time, so she arranged for me to enter the Orphan Asylum - the Los Angeles Children's Home Society. I didn't mind going there because even in the orphanage I knew I had a guardian outside - Aunt Grace.
It wasn't till later that I realised how much she had done for me. It not for Grace I would have seen sent to a State or COunty institution where there are fewer privileges, such as being allowed to have a Christmas tree, or seeing a movie sometimes.
I lived in the orphanage only off and on. Most of the time I was placed with a family, who were given five dollars a week for keeping me. I was placed in nine different families before I was able to quit being a legal orphan. I did this at 16 by getting married.
The families with whom I lived had one thing in common - a need for five dollars. I was also an asset to have in the house. I was strong and healthy; and able to do almost as much work as a grown-up. And I had learned not to bother anyone by talking or crying.
I learned also that the best way to keep out of trouble was by never complaining ar asking for anything. Most of the families had children of their own, and I knew they always came first. They wore the colored dresses, and owned whatever toys there were, and they were the ones who were believed.
My own costume never varied. It consisted of a faded blue skirt and a white waist. I has two of each, byt since they were exactly alike everyone thought I wore the same outfit all the time. It was one of the things that annoyed people - my wearing the same clothes.
Every second week the home sent a woman inspector out to see how its orphans were getting along in the world. She never asked me any questions, but would pick up my foot and look at the bottom of my shoes. If my shoe bottoms weren't worn through I was reported in a thriving condition.
I never minded coming "last" in these families except on Saturday nights, when everybody took a bath. Water cost money, and changing the water in the tub was an unheard of extravagance. The whole family used the same tub of water. And I was always the last one in.
One family with whom I lived was so poor that I was often scolded for flushing the toilet at night.
"That uses up five gallons of water," my new "uncle" would say, and "five gallons each time can run into money. You can do the flushing in the morning."
No matter how careful I was there were always troubles. Once, in school, a little Mexican boy started howling that I had hit him. I hadn't. And I was often accused of stealing things... a necklace, a comb, a ring, or a nickel. I never stole anything.
When the troubles came I had only one way to meet them -by staying silent. Aunt Grace would ask me when she came to visit how things were. I would tell her alwayds they were fine, because I didn't like to see her eyes turn unhappy.
Some of my troubles were my own fault. I did hit someone occasionally, pull her hair and knock her down. But worse than that were my "character faults" A slightly overgrown child who stares and hardly ever speaks, and who expects only one thing of a home -to be thrown out- can seem like a nuisance to have around.
There was one home I hoped wouldn't throw me out. This is was a house with four children who were watched over by a great-grandmother who was over a hundred years old.
She took care of the children by telling them bloodcurling stories about Indian massacres, scalpings, and burnings at the stake, and other wild doings of her youth. She said she had been a close friend of Buffalo Bill and had fought at his side in hand-to-hand battles with the savage Redskins.
I listened to her stories with my heart in my mouth and did everything I could to make her like me. I laughed the loudest and shivered the most at her stories.
But one d y one of her own great-grandchildren came running to her with her dress torn from her neck. She said I had done it. I hadn't. But the old Indian-fighter wouldn't believe me and I was sent back to the orphanage in disgrace.
Most of my troubles were of this minor sort. In a way they were not troubles at all, because I was used to them. When I look back on those days I remember, in fact, that they were full of all sorts of fun and excitement. I played games in the sun and races. I also had draydreams, not only about my father's photograph but about many other things.
I daydreamed chiefly about beauty. I dreamed of myself becoming so beautiful that people would turn to look at me when I passed. And I dreamed of colors -scarlet, gold, green, white. I dreamed of myself walking proudly in beautiful clothes and being admired by everyone, and overhearing words of praise. I made up the praises and repeated them aloud as if someone else were saying them.
Daydreaming made my work easier. When I was waiting on the table in one of the poverty - stricken, unhappy homes where I lived,I would daydream I was a waitress in an elegant hotel, dressed in a white waitress uniform, and everybody who entered the grand dining-room where I was serving would stop to look at me and openly admire me. 
But I never daydreamed about love.

At 12 I looked like a girl of 17. My body wase developed and shapely. But no one knew this but me. I still wore the blue dress and the blouse the orphanage provided me. They made me look like an overgrown lummox.
I had no money. The other girls rode to school in a bus. I had no nickel to pay for the ride. Rain or shine, I walked the two miles from my "aunt's" home to the school.
I hated the walk. I hated the school. I had no friends.
The pupils seldom talked to me, and never wanted me in their games. Nobody ever walked home with me, or invited me to visit their homes. This was partly because I came from the poor part of the ditrict, where all the Mexicans and Japanese lived. It was also because I couldn't smile at anyone.
Once a shoemaker standing in the doorway of his shop stopped me as I was walking to school.
"What's your name ?" he asked me.
"Norma," I said.
"What's your last name ?" he asked.
I wouldn't give him the name I had - Norma Mortensen - because it wasn't the name of the man with the slouch hat and the Gable moustache. I didn't answer.
"You're a queer kid,' the shoemaker said. "I watch you pass here every day, and I've never seen  you smile. You'll never get anywhere like that."
I went on to school, hating the shoemaker.
In school the pupils often whispered about me and giggled as they stared at me.
They called me dumb and made fun of my orphan's outfit. I didn't mind beign thought dumb. I knew I wasn't.
One morning both my white blouses were torn, and I would be late for school if I stopped to fix them. I asked one of my "sisters" in the house if she could loan me something to wear. She was my age, but smaller. She loaned me a sweater.
I arrived at school just as the maths class was starting. As I walked to my seat everybody stared at me. It was a very tight sweater.
At recess a half dozen boys crowded around me. They made jokes and kept looking at my sweater as if it were a gold mine. I had known for sometime that I had shapely breasts and thought nothing of the fact. The maths class, however, was more impressed.
After school four boys walked home with me, wheeling their bicycles by hand. I was excited but acted as if I nothing unusual were happening.
The next week the shoemaker stopped me again.
"I see you've taken my advice," he said. "You'll find you get along much better if you smile at folks."
I noticed that he, also, looked at my sweater as he talked. I hadn't given it back to my "sister" yet.
The school and the day became different after that. Girls who had brothers began inviting me to their homes, and I met their folks, too. And there were always four or five boys hanging around my house. We played games in the street and stood around talking under the trees till suppertime.
I wasn't aware of anything sexual in their new liking for me and there were no sex thoughts in my mind. I didn't think of my body as having anything to do with sex. It was more like a friend who had mysteriously appeared in my life, a sort of magic friend.
A few weeks later I stood in front of the mirror one morning and put lipstick on my lips. I darkened my blonde eyebrowns. I had no money for clothes, and I had no clothes except my orphan rig and the lone sweater. The lipstick and the mascara were like clothes, however. I saw that they improved my looks as much as if I had put on a real gown.
My arrival in school with painted lips and darkened browns, and still encased in the magic sweater, started everyone buzzing. And the buzzing was not all friendly. All sorts of girls, ont only 13-year-olds, but seniors of 17 and 18, set up shops as my enemies.
They told each other and whoever would listen that I was a drunkard and spent my nights sleeping with boys on the beach.
The scandals were lies. I didn't drink, and I didn't let any boys take liberties. And i had never been on any beach in my life. Bu I couldn't feel angry with the scandal-makers. Girls being jealous of me ! Girls frightened of losing their boyfriends because I was more attractive ! These were no longer daydreams made up to hide lonely hours. They were thruths !
And by summertime I had a real beau. He was 21, and despite being very sophisticated, he thought I was 18 instead of 13. I was able to fool him by keeping my mouth shut, and walking a little fancy. Since taking the maths class by storm a few months ago I had practised walking languorously.
My sophisticated beau arrived at my home one Saturday with the news that we were going swimmings. I rushed into my "sister's" room (the one who was a little smaller than me) to borrow her bathing suit. Standing in front of the bureau mirror I spent an hour putting it on and practising walking in it.
My beau's impatient cries finally brought me out of the bedroom in an old pair of slacks and a sweater. The bathing suit was under them.
It was a sunny day and the sand was crowded with bathers and with mothers and their children. Despite being born and raised only a few miles from the ocean I had never seen it close up before. I stood and stared for a long time. It was like something in a dream, full of gold and lavender colors, blue and foaming white. And there was a holiday feeling in the air that surprised me. Everybody seemed to be smiling at the sky.
"Come on, let's get in," my beau commanded.
"In where ?" I asked.
"In the water," he laughed, thinking I had made a joke.
I thought of my tight bathing suit. The idea of hiding myself in the water while wearing it seemed to me ridiculous. But I said nothing. I sttod watching the girls and women and felt a little disappointed. I hadn't expected that half the feminine population of Los Angeles would be parading the sands with almost nothing on. I thought I'd be the only one.
My beau was getting impatient again so I removed my slacks and sweater and stood in my skimpy suit. I thought, "I'm almost naked," and I closed my eyes and stood still.
My sophisticated boyfriend had stopped nagging me. I started walking slowly across the sand. I went almost to the water's edge and then walked down the beach. The same thing happened that had happened in the maths class, but on a larger scale. It was also much noisier.
Young men whistled at me. Some jumped up from the sand and trotted up for a better view. Even the women stopped moving as I came nearer.
I paid no attention to the whistles and whoops. In fact, I didn't hear them. I was full of a strange feeling, as if I were too people. One of them was Norma Jean from the orphanage who belonged to nobody. The other was someone whose name I didn't know. But I knew where she belonged. She belonged to the ocean and the sky and the whole world.
BUT nothing happened out of the great vision that smote me on the beach. I went back to my blue dress and white blouse and returned to school. But instead of learning anything I grew more and more confused. So did the school. It had no way of coping with a thirteen year old siren.
Why I was a siren, I hadn't the faintest idea. I didn't want to be kissed and I didn't dream of having a duke or a movie star fall in love with me. The thruth was that with all my lipstick and mascara and precocious curves, I was as unsensual as a fossil. But I seemed to affect people quite otherwise.
The boys took to wooing me as if I were the only girl in the district. I used to lie awake at night wondering why they chased after me. Occasionally I let one of them kiss me to see if there was anything interesting in the performance.
There wasn't.
I decided finally that the boys came after me because I was an orphan and had no parents to look after me. This decision made me cooler than ever to my train of admirers. But neither coolness nor disdain nor "get out of here," "don't bother me," none of my frozen attitudes changed the pictures.
The boys continued to pursue me as if I were a vampire with a rose in my teeth.
The girl pupils were another problem, but one I could understand. They disliked me more and more as I grew older. Now, instead of being accused of stealing combs, nickels, or necklaces, I was accused of stealing young men.
Aunt Grace suggested a solution for my troubles.
"You ought to get married," she said.
"I'm too young," I said. I was still 15.
"I don't think you are," Aunt Grace laughed.
"But there's nobody wants to marry me," I said.
"Yes there is," she said.
"Who ?" I asked.
"Jim," said my aunt.
Jim was Mr. Dougherty. He lived near me. He was good-looking, polite, and fullgrown.
"But Jim is stuck on my 'sister'," I told her.
"It was you he took to the football game," Aunt Grace said, "not her."
"It was awful boring," I said. "I hate football games."
"How do you feel about Jim ?" she asked.
"I don't feel anything," I said, "He's like the others, except he's taller and more polite."
"That's a fine quality in a man," said Aunt Grace, "politeness".
The "aunt" and "uncle" with whom I was living - my ninth set of relatives - helped me to make up my mind. They were going to move. This meant I'd have to go back and live in the orphanage tii they unloaded me on another family.
I married Jim Dougherty.
The first effect marriage had on me was to increase my lack of interest in sex. My husband either didn't mind this or wasn't aware of it. We were both too young to discuss such an embarrassing topic openly.
Jim's folks didn't care much for me, for which I couldn't blame them. I was a peculiar wife. I disliked grown-ups. I preferred washing dishes to sitting and talking to them.
As sson as they started playing cards or having arguments I would sneak out of the house and join the kids in the street. I liked boys and girls younger than me. I played games with them until my husband came out and starting calling me.
My marriage brought me neither happiness nor pain. My husband and I hardly spoke to each other. This wasn't because we were angry. We had nothing to say. I've seen many married couples since that were just like Jim and me.
They were usually the more enduring kind if marriages, the ones that were pickled in silence.
The most important thing my marriage did for me was to end forever my status as orphan. I felt grateful to Jim for this. He was the Lochinvar who rescued me from my blue dress and white blouse.
My various advisers had been right about marriage putting an end to my popularity as a siren. The boys did not come after Mrs. Dougherty. The rose seemed to have fallen out of her teeth.
Jim joined the Merchant Marine in 1944, and I went to work in a parachut factory. The great war was on. Battles were being fought. Juke boxes were playing. People's eyes were lit up.

I WORE overalls in the factory. I was surprised that they insisted on this. Putting a girl in overalls is like having her work in tights, particularly if a girl knows how to wear them. As parachute inspector I was back in the maths class again. The men buzzed around me just as the high school boys had done.
I have noticed since that men usually leave married women alone, and are inclined to treat all wives with respect. This is no great credit to married women. Men are always ready to respect anything that bores them.
The reason most wives, even pretty ones, wear such a dull look is because they're respected so much.
Maybe it was my fault that the men in the factory tried to date me and buy me drinks. I didn't feel like a married woman. I was completely faithful to my overseas husband but that wasn't because I loved him or even because I had moral ideas. My fidelity was due to my lack of interest in sex.
Jim finally came home and we lived together again. It's hard to remember what you said, did, or felt when you were bored.
Jim was a nice husband. He never hurt me or upset me - except on one subject. He wanted a baby.
The thought of having a baby stood my hair on end. I could see it only as myself, another Norma Jean in an orphanage. Something would happen to me. Jim would wander off. And there would be this little girl in the blue dress and white blouse living in her "aunt's" home, washing dishes, being last in the bath water on Saturday night.
I couldn't explain thsi to Jim. After he fell asleep beside me at night I would lie awake crying. I didn't quite know who it was that cried, Mrs. Dougherty or the child she might have. It was neither.
It was Norma Jean, still alive, still alone, still wishing she were dead.
I feel different about having a child now. It's one of the things I dream of. She won't be any Norma Jean now. And I know how I'll bring her up - without lies. Nobody will tell her lies about anything. And I'll answer all her questions. It I don't know the answers I'll go to an encyclopedia and look them up. I'll tell her whatever she wants to know - about love, about sex, about everything !
But chiefly, no lies ! No lies about there being a Santa Claus, or about the world being full of noble and honorable people all eager to help each other and do good to each other. I'll tell her there are honor and goodness in the world, the same as there are diamonds and radium.
This is the end of my story of Norma Jean. Jim and I were divorced. And I moved into a room in Hollywood to live by myself. I was 19 and I wanted to find out who I was.
When I just wrote "This is the end of Norma Jean," I blushed as if I had been caught in a lie. Because this sad, bitter child who grew up too fast is hardley ever out of my heart. With success all around me I can still feel her frightened eyes looking out of mine.
She keeps saying: "I never lived, I was never loved," and often I get confused and think it's I who am saying it.
I had been a sort of "child bride." Now I was a sort of "child widow." Many things seemed to have happened to me. Yet, in a way, nothing had happened, except that I was 19 instead of nine, and I had to look for my own job.
The sort of instinct that leads a duck to water led me to photographer's studios. I got jobs posing for ads, and layouts. The chief trouble was that the photographers were also looking for work. Finding a photographer who wanted me as a model was easier than finding one who could pay more than promises.
But I made enough money for room rent and a meal a day, although sometimes I fell behind on my eating. It didn't matter, though. When you're young and healthy a little hunger isn't too important.
WHAT mattered more was being lonely. When you're young and healthy loneliness can seem more important than it is.
I looked at the streets with lonely eyes. I had no relatives to visit or chums to go places with.
My aunt Grace and Aunt Anna were working hard to keep food in their kitchens and the rent paid. When I called on them they felt sorry for me and wanted to help me. I knew how they neede the half-dollars in their purses, so I stayed away unless I had money and could take them to a restaurant or the movies.
I had only myself. When I walked home from the restaurant in the evening with the streets lighted up and a crowd on the sidewalks, I used to watch the people chatting to each other and hurrying some place. I wondered where they were going and how it felt to have places to go or people who knew you.
There were always men willing to help a girl be less lonely. They said "Hi! baby," when you passed. When you didn't turn to look at them they sneered, "Stuck up, eh ?"
I never answered them. Sometimes I felt sorry for them. They seemed as lonely as I was. These lonely street-corner wolves "Hi babying" me sounded like voices out of the past calling me to be Miss Nobody again.
One evening I met a man in a restaurant.
"This town has sure changed a lot in the past 40 years," he said. "Used to be Indians right where we're walking."
"Did you use to live here 40 years ago," I asked.
"Yes, ma'am," he said. "How old do you think I am ?"
"About 60," I said.
"Seventy-seven my last birthday," he corrected me. "The name is Bill Cox. You going anywhere ?"
I said I wasn't.
"Why not to drop in on me and the missus ?" he said. "Live right near here. I'm taking her home a sandwich."
I became a friend of Bill Cox and his wife. The three of us would walk together in the streets at night sometimes.
He talked chiefly about the Spanish-American War, in which he had been a soldier, and about Abraham Lincoln. These two topics were very exciting him.
I had never heard of the Spanish-American War. I must have been absent from school the week it was studied by my history class.
Walking with Bill Cox in the lighted Hollywood streets and hearing stories about the Spanish-American War and Abraham Lincoln, I didn't feel lonely and the sidewalk wolves didn't "Hi-baby" me.
One evening Bill Cox told me he was going back to Texas.
"I'm felling sick," he said, "and I'd hate to die any place except in Texas."
He sent me a few letters from texas. I answered them. Then a letter came from his wife saying Bill Cox had died in an Old Soldier's Home in Texas. I read the letter in the restaurant where I had met him, and I walked home crying. The Hollywood streets seemed lonelier than ever without Bill Cox, his favorite war, and Abraham Lincoln.

YOU sit alone. It's night outside. Automobiles roll down Sunset Boulevard like and endless string of beetles. Their rubber tyres make a purring, highclass noise. You're hungry and you say "It's good for my waistline not to eat. There's nothing finer than a washboard belly."
And you say your speech lesson out loud:
"Ariadne arose from her couch in the snows in the Akrakaronian mountains." Followed by "Hail to thee, blithe spirit, bird thou never wert."
The lessons are a dollar apiece. For a dollar you could buy a pair of stockings and a hamburger will never make you an actress. Speech lessons may. So with bare legs and an empty stomach you hit the consonants of, "Hail to thee, blithe spirit."
I used to think as I looked out on the Hollywood night, "There must be thousands of girls sitting alone like me dreaming of becoming a movie star. But I'm not going to worry about them. I'm dreaming the hardest."
You don't have to know anything to dream hard. I knew nothing about acting. I had never read a book about it, or tried to do it, or discussed it with anyone. I was ashamed to tell the few people I knew of what I was dreaming. I said I was hoping to make a living as a model. I called on all the model agencies and found a job now and then.
But there was this secret in me -acting. It was like being in gaol and looking at a door that said "This Way Out."
Acting was something golden and beautiful. It was like the bright colors Norma Jean used to see in her daydreams. It wasn't an art. It was like a game you played that enabled you to step out of the dull world you knew into worlds so bright they made your heart leap to think of them.
When I was eight I used to look out of the orphan asylum window at night and see a big lighted-up sign that read: "R.K.O. Radio Pictures." I hated the sign. It reminded me of the smell of glue. My mother had one taken me to the studio where she worked. The smell of the wet film she cut and spliced had stuck to my nose.
That was Norma Jean's nose. Norma Dougherty, the aspiring actress, had no such fellings towards studio signs. To her they were the beacons of a Promised Land - the land of Ingrid Bergman, Claudette Colbert, Joan Crawford, Bette Davis, Olivia De Havilland, Gene Tierney, Jennifer Jones.
That's the way it was when I sat alone in my Hollywood room. I went to sleep hungry and woke up hungry. And I thought all actors and actresses were geniuses sitting on the front port of Paradise - the movies.

To be continued

Next week
. Marilyn Monroe writes about a Hollywood you don't see on the screen - "the Hollywood of failure... where we were the prettiest tribe of panhandlers that ever overan a town... and around us were the wolves."


Traduction
"C'est mon histoire - par Marilyn Monroe"
 
Je croyais que les gens avec qui je vivais étaient mes parents. Je les appelais maman et papa. La femme me dit un jour : "Ne m'appelle pas maman. Tu es assez grande pour savoir, je ne suis en aucun cas apparentée à toi. Tu es juste de passage ici. Ta maman vient te voir demain. Tu pourras l'appeler maman, si tu veux."
Je lui ai dit merci. Je ne lui ai pas posé de questions sur l'homme que j'appelais papa. Il était facteur. J'avais l'habitude de m'asseoir sur le bord de la baignoire le matin pour le regarder se raser et lui poser des questions - où était l'Est ou le Sud ou combien de gens il y avait dans le monde. Il était la seule et unique personne à toujours répondre à mes questions.
Les gens que je pensais être mes parents avaient eux-mêmes des enfants. Ils n'étaient pas méchants. Ils étaient juste pauvres. Ils n'avaient pas grand-chose à donner à qui que ce soit, pas même à leurs propres enfants. Et il ne restait alors rien pour moi. J'avais sept ans, mais j'ai fait ma part du travail. Je lavais par terre, faisais la vaisselle et les courses.
 
Ma mère est venue me voir le lendemain. C'était une jolie femme qui ne souriait jamais. Je l'avais souvent vue auparavant, mais je ne savais pas vraiment qui elle était.
Quand je lui ai dit cette fois là "Bonjour maman", elle m'a regardé fixement. Elle ne m'avait jamais embrassée ni tenue dans ses bras, ni à peine parlé. Je ne savais rien d'elle à l'époque, mais quelques années plus tard, j'ai appris un certain nombre de choses.
Quand je pense à elle maintenant, mon cœur me fait deux fois plus mal qu'au temps où jétais une petite fille. Ça me fait mal pour nous deux.
Ma mère s'est mariée à quinze ans. Elle a eu deux enfants (avant moi) et a travaillé dans un studio de cinéma en tant que monteuse de pellicules. Son jeune mari a fréquenté une autre femme; il y a eu une grande dispute, et il a quitté la maison. 
Alors que ma mère pleurait sur l'effondrement de son mariage, il est revenu en douce un jour et a enlevé ses deux bébés. Ma mère a dépensé toutes ses économies pour essayer de récupérer ses enfants. Elle les a cherchés pendant longtemps.
Finalement, elle a retrouvé leur trace dans le Kentucky et a fait de l'auto-stop pour y aller.
Elle était fauchée et à bout de forces quand elle a revu ses enfants. Ils vivaient dans une belle maison. Leur père s'était remarié etgagnait bien sa vie.
Elle a discuté avec lui, mais ne lui a rien demandé, pas même d'embrasser ses enfants qu'elle cherchait depuis si longtemps.
Mais comme la mère dans le film "Stella Dallas", elle est repartie et les a laissés profiter d'une vie plus heureuse qu'elle ne pouvait leur offrir. 
Elle est revenue à Hollywood et est retournée travailler comme monteuse de pellicules. Je n'étais pas encore née.
Le jour où lors de l'une de ses visites, ma mère est venue me chercher chez le facteur pour m'emmener chez elle, fut le premier jour heureux de ma vie dont je me souvienne.
J'avais déjà été chez ma mère. Étant malade et incapable de s'occuper de moi, et comme elle travaillait, elle payait le facteur cinq dollars par semaine pour que je puisse bénéficier d'un foyer. De temps en temps, elle venait me chercher.
J'avais peur quand j'allais chez elle et passais le plus clair de mon temps dans le placard de sa chambre à me cacher le long de ses vêtements. Elle me parlait rarement, sauf pour me dire : "Ne fais pas autant de bruit, Norma." Elle disait cela même quand j'étais allongée dans mon lit le soir et que je feuilletais un livre. Rien que le bruit d'une page qu'on tourne la rendait nerveuse.
Il y avait quelque chose dans sa chambre qui m'avait toujours fasciné. C'était une photographie accrochée au le mur. Il n'y avait pas d'autres photos sur les murs, juste cette photo encadrée.
Chaque fois que je rendais visite à ma mère, je restais debout à regarder cette photo et retenais mon souffle de peur qu'elle ne m'ordonne d'arrêter de regarder. Je m'étais rendu compte que les gens m'ordonnaient toujours d'arrêter de faire ce dont j'avais envie.
Ce jour là, ma mère m'a surprise en train de regarder la photo, mais ne m'a pas grondé. Au lieu de cela, elle m'a soulevé sur une chaise pour que je puisse mieux voir.
"
C'est ton père", a-t-elle dit.
Je me sentais tellement excitée que j'ai failli tomber de la chaise. C'était si bon d'avoir un père, de pouvoir regarder cette photo et savoir que je lui appartenais. Et quelle magnifique photo c'était. Il portait un chapeau mou, cavalièrement incliné sur un côté. Son regard était vif et souriant, et il avait une fine moustache comme celle de Clark Gable. Je me sentais réconfortée à voir cette image.
Ma mère a dit : "Il a été tué dans un accident de voiture à New York." D'ahbitude, je croyais toujours ce que les gens me disaient, mais cette fois-là, je n'y croyais pas. Je ne croyais pas qu'il avait été renversé et qu'il était mort.
J'ai demandé à ma mère comment il s'appelait. Elle ne répondit pas, mais alla s'enfermer dans sa chambre.
Des années plus tard, j'ai découvert son nom et bien d'autres détails à son sujet. Le plus étrange était que tout ce que j'entendais à son sujet, même si ce n'était pas glorieux, me faisait me sentir encore plus chaleureuse envers lui. La nuit où j'ai vu sa photo pour la première fois, j'en ai rêvé en m'endormant. Et par la suite, j'en ai rêvé des milliers de fois.
Ce fut le premier moment heureux de ma vie, celui de découvrir la photo de mon père. Et chaque fois que je me rappelais de son sourire et comment son chapeau était incliné, je me sentais réconfortée et plus seule. Un an après, quand j'ai commencé à faire un album photos, la première photo que j'ai mise dedans était une photo de Clark Gable parce qu'il ressemblait à mon père - surtout la façon dont il portait son chapeau et sa moustache.
Et j'avais l'habitude de rêvasser, non pas de M. Gable, mais de mon père. Quand je rentrais de l'école à pied sous la pluie et que je me sentais déprimée, je faisais comme si mon père m'attendait et qu'il me grondait de ne pas avoir porté mes bottes en caoutchouc.
Je ne possédais aucune bottes en caoutchouc. Ce n'était pas non plus l'endroit où je rentrais chez moi. C'était un endroit où je travaillais comme une sorte d'enfant domestique, lavant la vaisselle, la lessive, les sols, faisant des courses, tout en gardant le silence.
Mais dans nos rêveries, on saute par-dessus les faits aussi facilement qu'un chat saute par-dessus une clôture. Je rêvais que mon père m'attendrait et que j'entrais dans la maison avec un immense sourire d'une oreille à l'autre. Un jour que j'étais à l'hôpital après l'opération d'ablation de mes amygdales suivies de complications, je me suis laissée emportée par mes rêves qui ont duré une semaine entière sans s'arrêter.
Je ne me lassais pas d'imaginer que mon père venait me voir à l'hôpital, s'approchant de mon lit, pendant que les autres patients regardaient avec incrédulité et envie un visiteur si distingué; et il se penchait sur mon lit pour m'embrasser sur le front, tout en discutant avec lui aussi.
"Tu seras guérie dans quelques jours, Norma Jean. Je suis très fier de la façon dont tu te comportes, ne pleure pas tout le temps comme les autres petites filles."
Et je lui demandais de bien vouloir enlever son chapeau. Mais même dans mes pensées de rêveries les plus folles et des plus intenses, je n'ai jamais réussi à lui faire enlever son chapeau, ni qu'il s'asseye à côté de moi.
Quand je suis rentrée "chez moi", j'ai failli retomber malade. Un voisin s'est mis à chasser un chien que j'aimais tellement et qui attendait mon retour. Le chien aboyait parce qu'il était content de me voir. Et l'homme s'est mis à le chasser en lui hurlant de la boucler. L'homme avait une houe à la main. Il a balancé la houe qui a touché le dos de mon chien et l'a coupé en deux.
Ma mère a trouvé un autre couple pour me garder. C'était des anglais et avaient besoin des cinq dollars par semaine pour me garder. De plus, j'étais grande pour mon âge, et je pouvais faire beaucoup de travail.
Un jour, ma mère est venue me voir. J'étais dans la cuisine en train de faire la vaisselle. Elle resta debout à me regarder sans parler. Quand je me suis retournée, j'ai vu qu'elle avait les larmes aux yeux, et j'ai été surprise. "Je vais construire une maison pour que toi et moi y vivions", a-t-elle déclaré. "Elle sera peinte en blanc et aura une arrière-cour." Et elle s'en alla.
C'était vrai. Ma mère s'est débrouillée d'une manière ou d'une autre, avec ses économies et en faisant un prêt. Elle a construit une maison. Le couple anglais et moi avons tous deux été emmenés pour la voir. Elle était petite et vide, mais belle, et était peinte en blanc.
Nous y avons emménagé tous les quatre. J'avais une chambre pour moi toute seule. Le couple anglais n'avait pas à payer de loyer, il s'occupait juste de moi comme ils le faisaient avant. Je travaillais dur, mais ce n'était pas grave. C'était mon premier foyer. Ma mère a acheté des meubles, une table avec un dessus blanc et des pieds marron, des chaises, des lits et des rideaux. Je l'ai entendue dire : "Tout est à crédit, mais ne t'inquiète pas. Je travaillerai deux fois plus au studio et je pourrai bientôt tout payer."
Un jour, un piano à queue est arrivé à la maison. Il était hors d'état. Ma mère l'avait acheté d'occasion. C'était pour moi. On me donnerait des leçons de piano avec. C'était un piano très important, même s'il était un peu cabossé. Il avait appartenu à la star de cinéma Fredric March.
"Tu joueras du piano ici, près des fenêtres", dit ma mère, "et ici, de chaque côté de la cheminée, il y aura une causeuse. Et nous pourrons nous asseoir à t'écouter. Dès que j'aurai fini de payer les autres choses, j'achèterai les causeuses, et nous nous assiérons tous dessus la nuit pour t'écouter jouer du piano."
Mais il n'y eut jamais de causeuses. Maman a fait une dépression nerveuse, est tombée gravement malade et a dû être emmenée à l'hôpital. Tous les meubles ont disparu. La table blanche, les chaises, les lits et les rideaux blancs, ainsi que le piano à queue.
Le couple anglais a disparu aussi. Et j'ai quitté ma maison fraîchement repeinte pour être emmenée dans un orphelinat, où on m'a donné une robe bleue et une blouse blanche à porter, et des chaussures à grosses semelles. Et pendant longtemps, quand j'était couchée la nuit, je ne pouvais plus rêver de rien. Je n'ai jamais oublié la maison peinte en blanc et ses meubles. Des années plus tard, alors que je commençais à gagner un peu d'argent en tant que mannequin, j'ai commencé à chercher le piano Fredric March. Environ un an après, je l'ai retrouvé dans une salle des ventes aux enchères et je l'ai acheté.
Je l'ai chez moi maintenant à Hollywood. Il a été peint d'un beau blanc, et il a de nouvelles cordes et joue aussi merveilleusement que n'importe quel autre piano au monde.

La meilleure amie de ma mère s'appelait Grace. J'appelais presque toutes les personnes que je connaissais par ma 'tante' ou mon 'oncle', mais tante Grace était différente de tous mes autres pseudo-parents. Elle est aussi devenue ma meilleure amie.
Tante Grace travaillait comme documentaliste dans le même studio que ma mère, à la Columbia. Elle a été la première personne à m'avoir tapoté la tête ou caressé ma joue. C'est arrivé quand j'avais huit ans. Je me souviens encore à quel point j'ai été ravie lorsque sa main bienveillante m'a touchée.
Grace a eu des moments presque aussi difficiles que ma mère. Elle a perdu son travail au studio et a dû s'escaner pour vivre. Bien qu'elle n'ait pas d'argent, elle a continué à s'occuper de ma mère, qui commençait à avoir des troubles mentaux, et à s'occuper de moi. Parfois, elle m'emmenait chez elle. Quand elle a manqué d'argent et qu'il ne lui restait plus qu'un demi-dollar pour manger dans la semaine, nous vivions de pain rassis et de lait. On pouvait acheter un sac de pain rassis à la boulangerie Holmes pour 25 centimes. Tante Grace et moi faisions la queue pendant des heures pour remplir nos sacs.
Quand je la regardais, elle me souriait et me disait: "Ne t'inquiète pas, Norma Jean. Tu seras une belle fille quand tu seras grande. Je peux le sentir au plus profond de moi".
Ses mots me rendaient si heureuse que le pain rassis avait le goût de choux à la crème.

TOUT semblait mal tourner pour tante Grace. Seules la malchance et la mort ont fait parti de sa vie. Mais il n'y avait aucune amertume chez ma tante. Son cœur restait tendre et elle croyait en Dieu.
Quasiment toutes les personnes que je connaissais me parlaient de Dieu. On m'a toujours averti de ne pas l'offenser. Mais quand Grace me parlait  de Dieu, elle caressait ma joue et me disait qu'Il m'aimait et veillait sur moi.
Me rappelant de ce que Grace m'avait dit, je restai dans mon lit la nuit à pleurer. LE seul qui m'aimait et veillait sur moi était quelqu'un que je ne pouvais ni voir, ni entendre, ni toucher.
J'avais l'habitude de dessiner des portraits de Dieu, chaque fois que j'en avais le temps.
Dans mes dessins, il ressemblait un peu à Tante Grace et un peu à Clark Gable.
En grandissant, je savais que j'étais différente des autres enfants parce qu'il n'y avait ni baisers ni promesses dans ma vie. Je me sentais souvent seule et je voulais mourir. J'essayais de me remonter le moral avec mes rêveries. Je ne rêvait jamais que quelqu'un m'aime comme j'ai vu d'autres enfants aimés. C'était trop d'imagination pour mes rêveries. Je me contentais de rêver d'attirer l'attention de quelqu'un (Dieu mis à part), des gens qui me regarderaient et prononceraient mon nom.
Quand ma mère a été emmenée à l'hôpital, Tante Grace est devenue ma tutrice légale. Je pouvais entendre ses amis discuter dans sa chambre la nuit quand j'étais allongé dans mon lit en faisant semblant de dormir. Ils lui ont déconseillé de m'adopter car il était certain que je deviendrai une responsabilité de plus en plus lourde à gérer en grandissant. C'était à cause de mon « héritage », disaient-ils. Ils ont parlé de ma mère, de son père, de son frère et de sa grand-mère, tous atteints de troubles mentaux, et ont dit que je suivrais certainement leurs traces. J'étais allongée sur le lit, frissonnant en les écoutant. Je ne savais pas ce qu'était un trouble mental, mais je savais que ce n'était rien de bon. Et je retenais mon souffle en attendant de savoir si Tante Grace me laisserait devenir orpheline d'État ou m'adopterait comme da propre enfant. Après quelques soirées de discussions, Tante Grace m'a adoptée, héritage ou autre, et je me suis endormie heureuse. Grace, ma nouvelle tutrice, n'avait pas d'argent et passait son temps à chercher du travail, alors elle s'est arrangée pour que j'entre à l'orphelinat - celui du Los Angeles Children's Home Society. Cela ne me dérangeait pas d'y aller parce que même à l'orphelinat, je savais que j'avais une tutrice à l'extérieur - tante Grace.
Ce n'est que plus tard que j'ai réalisé tout ce qu'elle avait fait pour moi. Sans Grace, j'aurais été envoyée dans une institution d'État ou de comté où il y a moins de privilèges, comme l'arbre de Noël ou de voir un film de temps en temps.
J'ai vécu dans l'orphelinat seulement par intermittence. La plupart du temps, j'étais placée dans une famille qui recevait cinq dollars par semaine pour me garder. J'ai été placée dans neuf familles différentes avant de pouvoir mettre un terme au statut légal d'être orpheline. Je l'ai fait à 16 ans en me mariant.
Les familles avec lesquelles je vivais avaient un point commun : le besoin d'avoir les cinq dollars. J'étais aussi un atout à avoir dans une maison. J'étais forte et en bonne santé ; et capable d'abattre autant de travail qu'un adulte. Et j'avais appris à ne déranger personne en parlant ou en pleurant.
J'ai aussi appris que la meilleure façon d'éviter les ennuis était de ne jamais se plaindre, ni de demander quoi que ce soit. La plupart des familles avaient leurs propres enfants et je savais qu'ils passaient toujours en premier. Ils portaient des vêtements colorés et possédaient toutes sortes de jouets, et c'étaient toujours eux que l'on croyait.
Mon habillement n'a jamais varié. Il se composait d'une jupe bleu délavée et d'une blouse blanche. J'en avais deux exemplaires de chaque, parfaitement identiques, si bien que tout le monde pensait que je portais toujours les mêmes vêtements. C'était l'une des choses qui agaçaient les gens - le fait d'être toujours habillée pareil.
Tous les quinze jours, le foyer envoyait une inspectrice pour voir comment ses orphelins se débrouillaient dans le monde. Elle ne me posait jamais de questions, mais soulevait mon pied pour regarder la semelle de mes chaussures. Si mes semelles n'étaient pas usées, elle signalait que j'étais placée dans de bonnes conditions.
Cela ne me dérangeait pas d'être la « dernière » dans ces familles, sauf le samedi soir, quand tout le monde prenait un bain. L'eau coûtait cher, et changer l'eau de la baignoire était une extravagance inouïe. Toute la famille utilisait la même baignoire d'eau. Et je passais toujours en dernier.
Une famille avec laquelle je vivais était si pauvre que j'étais souvent réprimandée pour avoir tiré la chasse d'eau la nuit.
"Cela consomme 15 litres d'eau", pouvait dire mon nouvel "oncle", et "15 litres à chaque fois, ça coûte de l'argent. Tu peux tirer la chasse d'eau que le matin."
Peu importe que je sois prudente ou non, il y avait toujours des problèmes. Une fois, à l'école, un petit garçon mexicain s'est mis à hurler que je l'avais frappé. Je ne l'avais pas fait. Et j'ai souvent été accusée d'avoir volé des choses... un collier, un peigne, une bague ou une pièce de cinq cents. Je n'ai jamais rien volé. Lorsque les problèmes surgissaient, je n'avais qu'un seul moyen de les confronter - c'était de garder le silence. Quand elle venait me voir, Tante Grace me demandait comment ça se passait. Je lui disais toujours que tout allait bien, parce que je n'aimais pas voir son regard empli de tristesse.
Certains de mes problèmes étaient de ma faute. De temps en temps, je frappais une fille, je lui tirais les cheveux et je la jetait par terre. Mais le pire cela était mes "défauts de caractère". Une enfant un peu trop grande qui regarde fixement et ne parle presque jamais, et qui s'attend à une seule chose d'un foyer -en être mise à la porte- peut sembler être une nuisance autour de soi.
Il y avait une maison dont j'espérais ne pas être chassée. C'était une maison avec quatre enfants qui étaient gardés par une arrière-grand-mère qui avait plus de cent ans.
Elle s'occupait des enfants en leur racontant des histoires sanglantes sur les massacres indiens, les scalps et les incendies sur le bûcher, et d'autres actes sauvages de sa jeunesse. Elle a dit qu'elle avait été une amie proche de Buffalo Bill et qu'elle avait combattu à ses côtés dans des combats au corps à corps avec les sauvages Peaux-Rouges.
J'écoutais ses histoires le coeur au bord des lèvres et j'ai fait tout ce que j'ai pu pour qu'elle m'aime. C'est moi qui riait le plus fort et qui frissonnait le plus à l'écoute de ses histoires.
Mais un jour, l'une de ses arrière-petites-filles accourut vers elle avec sa robe arrachée au col. Elle a dit que c'était moi. Je n'avais rien fait. Mais la vieille ennemie des Indiens n'a pas voulu me croire et j'ai été renvoyée à l'orphelinat en disgrâce.
La plupart de mes problèmes étaient de ce genre, plutôt sans importance. D'une certaine manière, ce n'étaient pas du tout des problèmes, parce que j'y étais habituée. Quand je repense à cette période, je me souviens qu'en fait je prenais beaucoup de plaisir et d'excitation. Je jouais au soleil et je faisais la course. Je rêvassais toujours, non seulement sur la photographie de mon père, mais aussi de bien d'autres choses.
Je rêvais surtout de beauté. Je rêvais de devenir si belle que les gens se retourneraient sur mon passage. Et je rêvais de couleurs - écarlate, or, vert, blanc. Je rêvais marchant fièrement dans de beaux vêtements et admirée par tout le monde, entendant leurs éloges. J'inventais ces louanges et me les répéter à haute voix comme si quelqu'un d'autre me les disait.
Ces rêves me faciliateint le travail. Quand je servais à table dans l'une des maisons misérables et malheureuses où je vivais, je rêvais que j'étais serveuse dans un hôtel élégant, vêtue d'un uniforme blanc, et tous ceux qui entraient dans la grande salle à manger où je servais, s'arrêtaient pour me regarder et m'admiraient ouvertement.
Mais je n'ai jamais rêvé d'amour.

À 12 ans, j'en paraissais 17. Mon corps s'était développé et j'étais bien galbée. Mais personne ne le savait à part moi. Je portais toujours la robe bleue et le chemisier que l'orphelinat m'avait fourni. J'avais l'air d'une grosse nunuche.
Je n'avais pas d'argent. Les autres filles allaient à l'école en bus. Je n'avais pas un nickel pour payer le trajet. Sous la pluie ou le soleil, je faisais les trois kilomètres à pied de la maison de mes "tantes" à l'école.
Je détestais marcher. Je détestais l'école. Je n'avais pas d'amis.
Les élèves me parlaient rarement et ne voulaient jamais jouer avec moi. Personne n'a jamais fait le trajet avec moi, ni ne m'a invité à venir chez eux. C'était en partie parce que je venais du quartier pauvre du district, où vivaient les Mexicains et les Japonais. C'était aussi parce que je ne sourais à personne.
Un jour, un cordonnier qui se tenait à la porte de son magasin m'a arrêté alors que j'allais à lécole.
"Comment t'appeles-tu ?" me demanda-t--il.
"Norma," lui dis-je.
"Quel est ton nom de famille ?" me demanda-t-il.
Je ne voulais pas lui dire mon nom - Norma Mortensen - parce que ce n'était pas le nom de l'homme au chapeau mou et à la moustache de Gable. Je n'ai pas répondu.
"Tu es une gamine étrange", dit le cordonnier. "Je te regarde passer ici tous les jours et je ne t'ai jamais vu sourire. Tu n'arriveras à rien comme ça."
J'ai repris mon chemin, détestant le cordonnier.
À l'école, les élèves chuchotaient souvent à mon sujet et ricanaient en me fixant.

Il me traitaient d'idiote et se moquaient de ma tenue d'orpheline. Je me fichais qu'on me croie idiote. Je savais que je ne l'étais pas.
Un matin, mes deux chemisiers blancs étaient déchirés et j'aurais été en retard à l'école si je les aurais raccommodés. J'ai demandé à l'une de mes «sœurs» de la maison si elle pouvait me prêter quelque chose à porter. Elle avait mon âge, mais était plus petite que moi. Elle m'a prêté un pull.
Je suis arrivé à l'école au moment où le cours de maths commençait. Pendant que je me dirigeais vers ma chaise, tout le monde me regardait. C'était un pull très serré.
A la récréation, une demi-douzaine de garçons m'entouraient. Ils faisaient des blagues et continuaient à regarder mon pull comme s'il s'agissait d'une mine d'or. Je savais depuis quelque temps que j'avais des jolis seins mais je n'y pensais pas. La classe de maths, cependant, en était plus impressionnée.
Après l'école, quatre garçons ont fait le chemin avec moi, tenant leurs vélos à la main. J'étais excitée mais j'agissais comme si rien d'inhabituel ne se passait.
La semaine suivante, le cordonnier m'a de nouveau arrêté.
"Je vois que tu as suivi mon conseil," dit-il. "Tu t'endendras mieux avec les gens si tu leur souris."
J'ai remarqué qu'il regardait aussi mon pull en me parlant. Je ne l'avais pas encore rendu à ma "soeur".
L'école et les journées sont devenues différentes après cela. Des filles qui avaient des frères ont commencé à m'inviter chez elles, et j'ai aussi rencontré leurs parents. Et il y avait toujours quatre ou cinq garçons qui traînaient près de chez moi. On jouait dans la rue et on restait à discuter sous les arbres jusqu'à l'heure du souper.
Je ne me rendais pas compte de l'aspect sexuel à travers les égards qu'ils me portaient et il n'y avait aucune pensée sexuelle dans mon esprit. Je ne pensais pas que mon corps avait un rapport avec le sexe. C'était plutôt un ami qui était mystérieusement apparu dans ma vie, une sorte d'ami magique.
Quelques semaines plus tard, un matin, devant le miroir, je me suis mise du rouge à lèvres. J'ai foncé mes sourcils blonds. Je n'avais pas d'argent pour acheter des vêtements, et je n'avais pas de vêtements à part ma tenue d'orpheline et le seul et unique pull. Le rouge à lèvres et le mascara étaient cependant comme des vêtements. J'ai vu qu'ils amélioraient mon apparence autant que si j'avais porté une vraie robe.
Mon arrivée à l'école, avec les lèvres peintes et les sourcils noircis, et toujours moulée dans le pull magique, a fait vibrer tout le monde. Et les réactions n'étaient pas toutes amicales. Pleins de filles, pas seulement celles de 13 ans, mais les plus âgées de 17 et 18 ans, sont devenues mes ennemies déclarées.
Elles racontaient entre elles, et à qui voulait bien les entendre, que j'étais une ivrogne et que je passais mes nuits à coucher avec des garçons sur la plage.
Les scandales étaient des mensonges. Je ne buvais pas et je ne laissais aucun garçon prendre des libertés avec moi. Et je n'avais jamais été sur aucune plage de ma vie. Mais je ne pouvais pas me sentir en colère contre les faiseurs de scandales. Des fillesjalouses de moi ! Des filles avaient peur de perdre leurs copains parce que j'étais plus attirante ! Ce n'étaient plus là des rêveries pour tromper ma solitude. C'étaient des vérités !
Et en été, j'ai eu un vrai soupirant. Il avait 21 ans, et bien qu'il soit très intelligent, il pensait que j'avais 18 ans au lieu de mes 13 ans. Je parvins à l'abuser en parlant le moins possible et en marchant d'une manière suggestive. Depuis que j'avais fait la conquête du cours de maths quelques mois avant, je m'étais entraînée à marcher langoureusement.
Mon soupirant intelligent est arrivé chez moi un samedi pour m'annoncer que nous partons nous baigner. Je me suis précipitée dans la chambre de ma "soeur" (celle qui était un peu plus petite que moi) pour lui emprunter son maillot de bain. Debout devant le miroir du bureau, j'ai passé une heure à m'entraîner à marcher après l'avoir mis.
Les cris d'impatience de mon soupirant me firent enfin sortir de la chambre, vêtue d'un vieux pantalon et d'un pull. Le maillot de bain était en-dessous.
C'était une journée ensoleillée et le sable envahi de baigneurs et de mères avec leurs enfants. Bien que née et ayant été élevée à seulement quelques kilomètres de l'océan, je ne l'avais jamais vu de si près auparavant. Je suis restée debout et je l'ai regardé pendant un long moment. C'était comme dans un rêve, pleins de couleurs or et lavande, d'un bleu et blanc mousseux. Et il y avait un esprit de vacances dans l'air qui m'a surprise. Tout le monde semblait sourire au ciel.
"Viens, allons-y", ordonna mon cavalier.
"Où ?" je lui ai demandé.
"Dans l'eau" dit-il en riant, pensant que je plaisantais. J'ai pensé à mon maillot de bain moulant. L'idée de me cacher dans l'eau en le portant me paraissait ridicule. Mais je n'ai rien dit. J'ai regardé les filles et les femmes et je me suis sentie décue. Je ne m'attendais pas à ce que la moitié de la population féminine de Los Angeles défile sur le sable portant presque rien sur elles. Je pensais être la seule.
Mon soupirant s'impatientait enocre alors j'ai enlevé mon pantalon et mon pull et restait plantée là, dans ma tenue étriquée. J'ai pensé : "Je suis presque nue", et j'ai fermé les yeux et je suis restée immobile.
Mon petit ami intelligent avait cessé de m'embêter. J'ai commencé à marcher lentement sur le sable. Je suis presque allée jusqu'au bord de l'eau, puis j'ai longé la plage. La même chose s'est produite que ce qui qui s'était produit dans la classe de maths, mais à plus grande échelle. C'était aussi beaucoup plus bruyant.
Les jeunes hommes me sifflaient. Certains ont sauté du sable et couraient en trottinant pour mieux voir. Même les femmes s'arrêtèrent de bouger à mesure que je m'approchais.
Je ne prêtais aucune attention aux sifflets et aux cris. En fait, je ne les ai pas entendus. J'étais envahie d'un sentiment étrange, comme si j'étais deux personnes. L'une d'elles était Norma Jean de l'orphelinat qui n'appartenait à personne. L'autre était quelqu'un dont je ne connaissais pas le nom. Mais je savais où elle se trouvait. Elle appartenait à l'océan, au ciel et au monde entier.

MAIS rien ne s'est passé en dehors de la vision grandiose qui m'avait frappée sur la plage. Je retrouvai à ma robe bleue et ma blouse blanche et je suis retournée à l'école. Mais au lieu d'apprendre quoi que ce soit, je suis devenue de plus en plus confuse. A l'école aussi. Ils ne savaient comment appréhender face à une sirène de treize ans.
Pourquoi j'étais une sirène, je n'en avais pas la moindre idée. Je ne voulais pas être embrassée et je ne rêvais pas qu'un duc ou une star de cinéma tombe amoureux de moi. La vérité était qu'avec tout mon rouge à lèvres, mon mascara et mes courbes précoces, j'étais aussi sensuelle qu'un fossile. Mais il semble que j'exerçais un effet opposé sur les gens.
Les garçons se sont mis à me courtiser comme si j'étais la seule fille du quartier. Je restais éveillée la nuit en me demandant pourquoi ils me poursuivaient. De temps en temps, je laissais l'un d'eux m'embrasser pour voir s'il y avait quelque chose d'intéressant dans la performance.
Il n'y en avait pas.
J'en ai finalement conclu que les garçons me couraient après parce que j'étais orpheline et que je n'avais pas de parents pour s'occuper de moi. Cette conclusion m'a rendu encore plus froide face à ma meute d'admirateurs. Mais ni ma froideur, ni mon dédain, ni mes « sors d'ici », « ne me dérange pas », aucune de mes attitudes figées ne changeaient les choses.
Les garçons continuaient à me poursuivre comme si j'étais un vampire avec une rose entre les dents.

Les filles de l'école étaient un autre problème, mais je pouvais le comprendre. Elles me détestaient de plus en plus à mesure que je vieillissais. Désormais, au lieu de m'accuser de voler des peignes, de la monnaie ou des colliers, j'était accusée de voler les garçons.
Tante Grace a suggéré une solution à mes problèmes.
"Tu devrais te marier", dit-elle.
"Je suis trop jeune," lui dis-je. J'avais encore 15 ans.
"Je ne pense pas que tu l'es", riait Tante Grace.
"Mais il n'y a personne qui veuille m'épouser," dis-je.
"Si, il y a quelqu'un", a-t-elle dit.
"Qui ?" ai-je demandé.
"Jim," dit ma tante.

Jim était M. Dougherty. Il habitait près de chez moi. Il était beau, poli et adulte.
"Mais Jim vise ma 'soeur'," lui dis-je.
"C'est toi qu'il a emmenée au match de football", a déclaré tante Grace, "pas elle."
"C'était terriblement ennuyeux," lui dis-je. "Je déteste les matchs de football."
"Que penses-tu de Jim ?" m'a-t-elle demandé.
"Je ne ressens rien," lui ai-je répondu, "Il est comme les autres, sauf qu'il est plus grand et plus poli."
"C'est une belle qualité chez un homme", a déclaré tante Grace, "la politesse".
La "tante" et "l'oncle" avec qui je vivais - ma neuvième famille - m'ont aidé à me décider. Ils allaient déménager. Cela signifiait que je devais retourner vivre à l'orphelinat où on m'aurait replacé dans autre famille.
J'ai épousé Jim Dougherty.
Le premier effet que le mariage a eu sur moi a été d'augmenter mon manque d'intérêt pour le sexe. Mon mari ne s'en souciait pas ou n'était pas au courant. Nous étions tous les deux trop jeunes pour discuter ouvertement d'un sujet aussi embarrassant.

Les parents de Jim ne se souciaient pas beaucoup de moi, ce dont je ne pouvais pas les blâmer. J'étais une femme particulière. Je n'aimais pas les adultes. Je préférais faire la vaisselle plutôt que de m'asseoir et leur parler.
Dès qu'ils commençaient à jouer aux cartes ou à avoir des discussions, je sortais de la maison en douce et je rejoignais les enfants dans la rue. J'aimais les garçons et les filles plus jeunes que moi. Je jouais avec eux jusqu'à ce que mon mari sorte de la maison et commence à m'appeler.

Mon mariage ne m'a apporté ni bonheur, ni douleur. Mon mari et moi ne nous parlions à peine. Ce n'était pas parce que nous étions fâchés. Nous n'avions rien à nous dire. J'ai vu beaucoup de couples mariés depuis qui étaient comme Jim et moi.
Ce sont généralement les mariages les plus durables, ceux qui sont vécus dans le silence.

La chose la plus importante que mon mariage a eu comme effet pour moi, a été de mettre fin à jamais à mon statut d'orpheline. J'étais reconnaissante envers Jim pour cela. C'est le chevalier qui m'a délivrée de ma robe bleue et de ma blouse blanche.
Mes différents conseilleurs avaient eu raison de dire que le mariage mettait fin à ma popularité de sirène. Les garçons ne venaient plus après Mme Dougherty. La rose semblait être tombée de ses dents.
Jim a rejoint la marine marchande en 1944, et je suis allée travailler dans une usine de parachutes. La grande guerre était lancée. Des batailles se livraient. Des juke-box jouaient. Les yeux des gens étaient illuminés.

JE PORTAIS des salopettes à l'usine. J'ai été surprise qu'ils ai insisté là-dessus. Mettre une fille en salopette, c'est comme la faire travailler en collants, surtout si une fille sait comment les porter. En tant qu'inspectrice de parachutes, j'étais de nouveau comme en classe de maths. Les hommes bourdonnaient autour de moi comme les lycéens l'avaient fait.
J'ai remarqué depuis que les hommes laissent généralement les femmes mariées tranquilles et ont tendance à les traiter avec respect. Ce n'est pas glorieux pour les femmes mariées. Les hommes sont toujours prêts à respecter ce qui les ennuie.
La raison pour laquelle la plupart des femmes, même les plus jolies, paraissent aussi ternes, c'est parce qu'elles sont trop respectées.
C'était peut-être de ma faute si les hommes de l'usine ont essayé de sortir avec moi et de m'offrir à boire. Je ne me sentais pas comme une femme mariée. J'étais complètement fidèle à mon mari parti en mer mais ce n'était pas parce que je l'aimais ou même parce que j'avais des idées morales. Ma fidélité était due à mon manque d'intérêt pour le sexe.
Jim est finalement rentré à la maison et nous avons de nouveau vécu ensemble. C'est difficile de se rappeler ce qu'on a dit, fait ou ressenti quand on s'ennuie.
Jim était un mari gentil. Il ne m'a jamais blessé ou contrarié - sauf sur un sujet. Il voulait un bébé.
L'idée d'avoir un bébé me dressait les cheveux sur la tête. Je ne pouvais l'imaginer que comme un double de moi-même, une autre Norma Jean dans un orphelinat. Il se passerait quelque chose. Jim s'éloignerait. Et il y aurait cette petite fille en robe bleue et chemisier blanc vivant chez une "tante", faisant la vaisselle, étant la dernière à aller dans l'eau du bain le samedi soir.
Je ne pouvais pas expliquer cela à Jim. Dès qu'il s'endormait à côté de moi le soir, je restais éveillée à pleurer. Je ne savais pas trop qui pleurait, Mme Dougherty ou l'enfant qu'elle aurait pu avoir. Ce n'était ni l'une ni l'autre.
C'était Norma Jean, toujours vivante, toujours seule, souhaitant toujours d'être morte.
Je ressens différemment les choses maitenant sur le fait d'avoir un enfant. C'est l'une des choses dont je rêve. Elle ne sera plus une Norma Jean maintenant. Et je sais comment je l'élèverai - sans mensonges. Personne ne lui dira des mensonges sur quoi que ce soit. Et je répondrai à toutes ses questions. Si je ne connais pas les réponses, j'irai les chercher dans une encyclopédie. Je lui dirai tout ce qu'elle veut savoir - sur l'amour, sur le sexe, sur tout !

Mais surtout, pas de mensonges ! Pas de mensonges sur le fait qu'il y ait un Père Noël, ou que le monde soit rempli de gens nobles et honorables tous désireux de s'entraider et de se faire du bien. Je lui dirai qu'il y a de l'honneur et de la bonté dans le monde, tout comme il y a des diamants et du radium.
C'est la fin de mon histoire de Norma Jean. Jim et moi avons divorcé. Et j'ai emménagé dans une chambre à Hollywood pour vivre seule. J'avais 19 ans et je voulais savoir qui j'étais.
Quand je viens d'écrire "C'est la fin de Norma Jean", j'ai rougi comme si j'avais été surprise dans un mensonge. Parce que cette enfant triste et amère qui a grandi trop vite n'est presque jamais sortie de mon cœur. Avec le succès qui m'entoure aujourd'hui, je peux encore ressentir ses yeux effrayés regarder au-delà des miens.
Elle n'arrête pas de dire : "Je n'ai jamais vécu, je n'ai jamais été aimée", et souvent je suis confuse et je pense que c'est moi qui dis ça. J'avais été une sorte d'«enfant épouse». J'étais maintenant devenue une sorte d'«enfant veuve». Beaucoup de choses semblaient m'être arrivées. Pourtant, d'une certaine manière, il ne s'était rien passé, sauf que j'avais 19 ans au lieu de 9 et que je devais me chercher un boulot.
L'espèce d'instinct qui conduit un canard à l'eau, m'a conduit vers les studios des photographes. J'ai obtenu des emplois posant pour des publicités et des mises en page. Le principal problème était que les photographes cherchaient eux aussi du travail. Trouver un photographe qui me voulait comme modèle était plus facile que d'en trouver un qui pouvait payer plus que des promesses.
Mais je gagnais assez d'argent pour me payer le loyer d'une chambre et un repas par jour, même si parfois je faisais l'impasse sur le repas. Cela n'avait pas d'importance, cependant. Quand vous êtes jeune et en bonne santé, avoir un peu faim n'est pas très important.

CE qui importait le plus, c'était d'être seule. Quand on est jeune et en bonne santé, la solitude peut sembler plus importante qu'elle ne l'est. Je regardais les rues avec des yeux solitaires. Je n'avais pas de parents à visiter ni de copains avec qui sortir.
Ma tante Grace et tante Anna travaillaient dur pour se nourrir et payer le loyer. Quand je les ai appelés, elles ont eu pitié de moi et ont voulu m'aider. Je savais qu'elles avaient grand besoin des demi-dollars restant dans leurs sacs à main, alors je restais à l'écart jusqu'à ce que j'ai assez d'argent pour pouvoir les emmener au restaurant ou au cinéma.
Je n'avais que moi. Quand je rentrais du restaurant à pied le soir dans les rues illuminées avec la foule sur les trottoirs, j'avais l'habitude de regarder les gens bavarder entre eux et se dépêcher de partir quelque part. Je me demandais où ils allaient et ce que ça faisait d'avoir des endroits où aller ou de connaître des gens.

Il y avait toujours des hommes prêts à aider une fille à se sentir moins seule. Ils disaient "Salut ! bébé", quand vous passiez dans la rue. Quand vous ne vous retourniez pas pour les regarder, ils ricanaient: "Coincée, hein ?"

Je ne leur ai jamais répondu. Parfois, je me sentais désolée pour eux. Ils semblaient aussi seuls que moi. Ces loups solitaires du coin de la rue à beugler "Salut bébé" me résonnait comme des voix du passé m'appelant à être à nouveau Madame Personne.
Un soir, j'ai rencontré un homme dans un restaurant. "Cette ville a certainement beaucoup changé au cours des 40 dernières années", a-t-il déclaré. "Avant, il y avait des Indiens là où nous sommes."
"Est-ce que vous habitiez ici il y a 40 ans ?", lui ai-je demandé.
"Oui, m'dame", dit-il. "Quel âge pensez-vous que j'ai ?"
"Environ 60", dis-je.

"Soixante-dix-sept ans à mon dernier anniversaire", me corrigea-t-il. "Mon nom est Bill Cox. Vous allez quelque part ?"
J'ai dit que non.

"Pourquoi ne pas venir chez moi et madame ?" dit-il. "On vit juste à côté d'ici. Je lui ramène un sandwich."
Je suis devenue amie avec Bill Cox et sa femme. Nous nous promenions tous les trois dans les rues parfois le soir.
Il parlait principalement de la guerre hispano-américaine, dans laquelle il avait été soldat, et d'Abraham Lincoln. Ces deux sujets l'excitaient beaucoup.

Je n'avais jamais entendu parler de la guerre hispano-américaine. Je devais être absente de l'école la semaine où on l'a étudié en cours d'Histoire. En marchant avec Bill Cox dans les rues éclairées d'Hollywood et en écoutant les histoires sur la guerre hispano-américaine et Abraham Lincoln, je ne me sentais pas seule et les loups des trottoirs ne m'accostaient plus par "Salut bébé".
Un soir, Bill Cox m'a dit qu'il retournait au Texas.
"Je suis malade", m'a-t-il dit, "et je détesterais l'idée de mourir ailleurs qu'au Texas."

Il m'a envoyé quelques lettres du Texas. Je lui répondais. Puis une lettre est parvenue, écrite par sa femme, disant que Bill Cox était mort dans une maison retraite pour soldats au Texas. J'ai lu la lettre dans le restaurant où je l'avais rencontré et je suis rentrée chez moi en pleurant. Les rues d'Hollywood semblaient plus vides que jamais sans Bill Cox, sa guerre préférée, et Abraham Lincoln.

VOUS êtes assise seule. Il fait nuit dehors. Les voitures roulent sur Sunset Boulevard comme un chapelet interminable de scarabées. Leurs pneus en caoutchouc émettent un ronronnement distingué. Vous avez faim et vous vous dîtes "C'est bon pour ma ligne de ne pas manger. Il n'y a rien de plus beau qu'un ventre plat." Et vous récitez votre leçon de diction à voix haute :
"Ariane s'est levée de son canapé parmi les neiges des montagnes d'Akrakaronian." Suivi de "Salut à toi, esprit joyeux, oiseau que tu n'as jamais été."
Les cours sont à un dollar. Pour un dollar, vous pourriez vous acheter une paire de bas et un hamburger, mais qui ne fera jamais de vous une actrice. Les cours de diction le peuvent. Ainsi, avec les jambes nues et l'estomac vide, vous frappez les consonnes de "Salut à toi, esprit joyeux".
J'avais l'habitude de penser en observant dehors la nuit à Hollywood: "Il doit y avoir des milliers de filles assises seules comme moi qui rêvent de devenir une star de cinéma. Mais je ne vais pas m'inquiéter pour elles. Je suis celle qui en rêve le plus fort."
Vous n'avez pas besoin de savoir quoi que ce soit pour rêver si hardemment. Je ne connaissais rien au métier d'acteur. Je n'avais jamais lu un livre à ce sujet, ni essayé de le faire, ni discuté avec qui que ce soit. J'avais honte de dire aux quelques personnes que je connaissais ce dont je rêvais. Je disais que j'espérais gagner ma vie en tant que mannequin. J'ai fait appel à toutes les agences de mannequins et je trouvais du travail ici et là.
Mais il y avait ce secret en moi: jouer la comédie. C'était comme être en prison et regarder une porte qui disait "Sortie".

Jouer était comme de l'or et c'était beau. C'était comme les vives couleurs que Norma Jean avait l'habitude de voir dans ses rêveries. Ce n'était pas un art. C'était comme un jeu qui vous permettait de sortir du monde ennuyeux que vous connaissiez pour vous projeter dans des mondes si brillants qu'ils faisaient bondir votre cœur rien que d'y penser.
Quand j'avais huit ans, je regardais par la fenêtre de l'orphelinat la nuit et je voyais un grand panneau lumineux sur lequel était écrit : "R.K.O. Radio Pictures". J'ai détesté ce panneau. Cela m'a rappelé l'odeur de la colle. Ma mère m'avait amené une fois au studio où elle travaillait. L'odeur de la pellicule mouillée qu'elle découpait et collait s'était impregnée dans mes narines.
C'était les narines de Norma Jean. Norma Dougherty, elle, l'actrice en herbe, n'avait pas un tel ressenti envers l'enseigne du studio. Pour elle, ils représentaient des projecteurs menant à une terre promise - la terre d'Ingrid Bergman, de Claudette Colbert, de Joan Crawford, de Bette Davis, d'Olivia De Havilland, de Gene Tierney, de Jennifer Jones.
C'était comme ça quand je m'asseyais seule dans ma chambre à Hollywood. Je m'endormais affamée et je me réveillais affamée. Et je pensais que tous les acteurs et actrices étaient des génies assis devant la porte de ce paradis: le cinéma.

À suivre

La semaine prochaine
. Marilyn Monroe parle d'un Hollywood qu'on ne voit pas à l'écran - "le Hollywood de l'échec... où nous étions la plus jolie tribu de mendiants qui n'ait jamais envahi une ville... et autour de nous se trouvaient les loups".


pour info

Il s'agit ici de la publication dans la presse (et du vivant de Marilyn) de ce qui restera considéré comme son "autobiographie" débutée mais jamais achevée, le fruit d'une collaboration émaillée d'entretiens avec le journaliste Ben Hecht au début de l'année 1954 et publiée dans un livre intitulé (comme cet article) "My Story" en 1974 et publié en France en 2011 sous le titre de "Confession inachevée".

This is here the publication in the press (and during Marilyn's lifetime) of what will remain considered as her "autobiography" started but never completed, the result of a collaboration punctuated by several interviews with the journalist Ben Hecht at the early of the year 1954 and published in a book entitled (like this article) "My Story" in 1974 and published in France in 2011 under the title of "Confession inachevée".


© All images are copyright and protected by their respective owners, assignees or others.
copyright text by GinieLand. 

20 décembre 2014

M comme Monroe, Gladys

Gladys Pearl Monroe
( 1902 - 1984 )
Mère de Marilyn Monroe

banner_gladys

Gladys Pearl Monroe (appelée aussi Gladys Baker, Gladys Mortensen, Gladys Eley) naît le 27 mai 1902 à Porfirio Diaz (aujourd'hui nommé Piedra Negra) au Mexique et est la première des deux enfants de Della Mae Hogan et Otis Elmer Monroe (les grands-parents de Marilyn). Son existence est déclarée civilement cinq jours après sa naissance (le 1er juin) à un juge civil mexicain. Son père, Otis, travaille dans les chemins de fer mexicains depuis 1901. Après la naissance de leur fille Gladys, la petite famille retourne aux Etats-Unis, menant une vie itinérante le long de la Côte Ouest, jusque dans le Nord des Etats-Unis pendant un an, puis s'installent à Los Angeles au printemps 1903 où son père décroche un emploi à la Pacific Electric Raimway. Ils vivent dans un petit bungalow d'une seule pièce dans la 37ème Rue Ouest (secteur sud du centre-ville). C'est là que naît le frère de Gladys, Marion Otis Elmer (l'oncle de Marilyn), en 1905. La famille vit dans une certaine précarité et n'a pas de foyer stable (ils vivent dans près de onze foyers différents -maisons ou appartements- entre 1903 et 1909). Gladys et Marion vivent ainsi leur enfance dans la pauvreté et l'insécurité, sans pouvoir se lier d'amitié avec des amis de leurs âges.

>> Certificats de naissance de Gladys
1900s-gladys-certificat_birth-1 1900s-gladys-certificat_birth-2 1900s-gladys-certificat_birth-3

 >> 1906 - Gladys, 4 ans
1906-gladys-4ans 

En 1907, la santé de son père Otis Elmer se dégrade. Porté sur la boisson et souffrant de troubles de la mémoire, son état s'empire rapidement: maux de tête, tremblements, instabilité émotionnelle avec des accès de rage, des crises de larmes et même des attaques cardiaques. L'été 1908, suite à une crise, Otis se retrouve à moitié paralysé. Admis à l'hôpital 'Southern California State Hospital' à Patton, en Californie, en novembre 1908, où sa mère Della espace de plus en plus ses visites car Otis ne reconnaît même plus son épouse, il y meurt, le 22 juillet 1909, à l'âge de 43 ans. Il était atteint de parésie, le stade ultime de la syphilis qu'il avait contracté au Mexique, à cause des piètres conditions d'hygiène. C'est ainsi que seulement âgée de 7 ans, Gladys se retrouve orpheline de père. Gladys souffrira beaucoup de l'absence de son père. Sans doute terrifiée par le fulgurent déclin mental de son mari, Della Mae racontera à ses enfants que leur père était devenu fou, à cause de l'alcool et de sa vie désordonnée. Pourtant, le dossier médical qu'on lui avait remis après la mort d'Otis, explique qu'il était décédé d'une maladie organique et non d'une maladie mentale.
Se retrouvant veuve à seulement 33 ans, sa mère
Della Mae vit une deuxième jeunesse en fréquentant de nombreux hommes qu'elle reçoit chez elle entre 1910 et 1911, avant de se marier le 7 mars 1912 avec Lyle Arthur Graves, un aiguilleur en chef à la Pacific Electric, où il avait travaillé avec Otis. Ils vont vivre dans la maison de Graves, au 324 bis South Hill Street dans la partie nouvelle du quartier d'affaires de Los Angeles. Lyle semble être un bon beau-père, offrant des cadeaux aux enfants de Della. Mais le couple ne tient pas, Otis étant aussi porté sur la boisson que son précédent mari, et ils divorcent le 17 janvier 1914.

>> 1912 - Gladys, 10 ans, et son frère Marion, 7 ans
245039_0    

>> 1916 - Gladys, 13 ans
 
1915-gladys-13ans 1915-gladys-13ans-2

A la fin de l'année 1916, Della Mae loue une chambre dans une pension de famille au 26 Westminster Avenue sur la toute nouvelle plage du district de Venice, en Californie, au sud de Santa Monica. Le propriétaire de la pension de famille s'appele John Baker et l'engage pour diriger sa propriété pendant qu'il s'occupe d'une salle de jeux sur la plage. Della envoie son fils Marion, âgé de 11 ans, vivre chez des cousins à San Diego car elle pense qu'un garçon doit être élevé par un homme, et seule Gladys reste vivre auprès de sa mère. Gladys est une jeune fille coquette, brillante, expansive, aux cheveux châtains clairs, parlant d'une voix limpide et haut perchée, au rire facile, et à la recherche d'attention des hommes mûrs (sans doute en lien avec son enfance, était-elle à la recherche d'une figure paternelle). Sa mère, Della, ne tarde pas à rester bien longtemps seule et elle fréquente un veuf, Charles GraingerCette nouvelle liaison rend Gladys malheureuse, qui se braque contre le nouveau compagnon de sa mère, en lui opposant un silence absolu, et se montrant de très mauvaise humeur. Gladys devient alors un boulet pour Della, qui avait peur de perdre Charles Grainger. C'est alors qu'elle décide de la marier.

1917-05-17-baker_wedding_certificat1Gladys, qui n'a alors que 14 ans, commence à avoir un certain succès auprès des hommes. Et c'est Jasper Newton "Jap" Baker (le fils de John Baker, qui est pompiste ou releveur de comptes à gaz selon les biographes) âgé de 26 ans, qui, aidé de Della Mae, certifie que Gladys était en âge de se marier, 18 ans (alors qu'elle n'en avait que 15) sous prétexte que les preuves de sa date de naissance ont disparu suite aux nombreux déménagements, et l'épouse le 17 mai 1917 (certificat de mariage ci-contre). En fait, Gladys était enceinte de deux mois au moment du mariage. Della assiste gaiement au mariage et donne sa chambre de Westminster Street aux jeunes mariés, pour, de son côté, emménager dans le bungalow de Charles Grainger. Gladys et Jasper Baker ont deux enfants: un fils Robert 'Jack' 'Kermit' Baker (le demi-frère de Marilyn) qui naît le 10 novembre 1917, et une fille Berniece Inez Gladys (la demie-soeur de Marilyn) qui naît le 30 juillet 1919.
A la naissance de Berniece, le couple donne l'adresse de Della Monroe (1410 Coral Canal Court) sur le certificat de naissance. C'est ainsi qu'à 17 ans, Gladys se retrouve épouse et mère de deux enfants. Cependant, suite à son enfance chaotique, l'exemple d'une vie mouvementée de sa mère, ayant connue de nombreux beaux-pères, et par son jeune âge (elle est encore adolescente), Gladys se montre peu maternelle avec ses enfants, dont l'envie serait plutôt de sortir pour aller s'amuser. Il lui arrive d'ailleurs de confier s
es enfants à des voisins pour sortir dans les bals et fêtes organisés sur les plages, pendant que son mari travaille de longues heures comme représentant de commerce.

>> vers 1917/1918 - Gladys, Robert Baker et une amie
1916-gladys_john_baker-2  

>> 1918 - Gladys, 16 ans
1918-gladys-1-1 1918-gladys-16ans

>> 30/07/1919 - Certificat de naissance de Berniece
1919-07-30-berniece

>> 1919 - Gladys avec ses enfants et sa mère Della Mae
1919-della_and_gladys-with_jackiehermitt_berniece-1 
1919-della_and_gladys-with_jackiehermitt_berniece-2

>> 1919 - Gladys avec Robert Baker et leurs enfants
1919-gladys_berniece_marion_jackie-1  1919-gladys_berniece_marion_jackie-1a 1919-gladys_berniece_marion_jackie-1b

  >> vers 1920 - Gladys et Robert Baker
1916-gladys_john_baker-1 

Au cours de l'année 1921, le couple part en voyage à Flat Lick, dans le Kentucky, ville d'où est originaire Jasper, pour rendre visite à la famille de celui-ci. Durant le trajet, pendant que Gladys et Robert se disputent, leur fils Jackie tombe de la voiture dans un virage et se blesse à la hanche. Robert, furieux, reproche à Gladys son manque d'attention. Pendant leur séjour à Flat Lick, Gladys part un jour en randonnée dans les bois avec Audrey, le frère cadet de Jasper. Bien que Jasper est bel homme, il est jaloux de son frère. Quand Gladys revient de la promenade, Jasper la frappe avec une bride dans le dos. Gladys s'enfuit et part en ville, où elle y montre son dos aux passants, en hurlant et pleurant qu'elle a peur de son mari. Finalement, elle revient et ils repartent ensemble avec les enfants pour retourner en Californie. Un jour, elle surprend son mari avec une autre femme dans la rue (d'après ce que rapportera plus tard Gladys à Berniece). C'en est trop pour Gladys qui finit par demander le divorce en 1921 selon les motifs suivants: "Cruauté extrême sous forme de mauvais traitements, d'insultes et de langages orduriers à son égard et en sa présence, de coups et blessures." John rétorque que sa femme a une conduite impudique et lascive.

Après avoir quitté le domicile conjugual, Gladys loue un bungalow au 46 Rose Avenue, à Venice, qu'elle partage avec sa mère Della Mae. Gladys avait signé le bail sous le nom de sa mère Della Monroe, et sous-loue deux des chambres, afin d'être payée comme gérante, ce qui lui permet de verser 100$ par mois aux propriétaires absents, Adele Weinhoff et Susie Noel.
Fin juin 1922, le dernier chèque du loyer n'avait pas été posté. Une dispute éclate entre Gladys et Della, chacune accusant l'autre de dilapider l'argent. N'ayant d'emploi ni l'une ni l'autre, l'essentiel de leurs revenus leur était versé par Charles Grainger, le compagnon de sa mère, et le reste consistant en une modeste somme qu'envoyait Jasper Baker. La courte expérience de colocataires entre mère et fille prend fin en juillet 1922, sous une menace d'expulsion. Della, avec la permission de Charles Grainger, part alors vivre dans un bungalow vide qu'il posséde à Hawthorn.

>> Gladys et sa mère Della Mae
1920s-della_mae_gladys_baby-1 1920s-della_mae_gladys_baby-2 1920s-gladys-1

1923-05-11-divorceLe divorce de Gladys et John est prononcé le 11 mai 1923 et Gladys obtient la garde des enfants (jugement de divorce ci-contre). Mais lors d'un week-end de garde, déjà bien avant que le divorce ne soit prononcé, Jasper ne ramène pas les enfants -Robert et Berniece- et les emmène dans sa ville d'origine Flat Lick dans le Kentucky, pour s'installer chez sa mère, pensant que les enfants recevront une meilleure éducation et de son côté, il espère recommencer sa vie.
Leur fils Robert, qui garde des séquelles de sa blessure à la hanche, boite. Il est hospitalisé dans un hôpital de Louisville et porte un plâtre à la jambe.
Quand à Gladys, qui souhaite récupérer ses enfants mais qui reste sans nouvelles, elle se rend à San Diego car elle pense que Jasper y a trouvé un emploi et s'y est installé. Puis elle reçoit un courrier de son ex beau-frère l'avertissant que Jasper et les enfants se trouvent à Flat Lick. Elle s'y rend donc en demandant de l'aide à sa belle-soeur Myrtle (la soeur de Jasper) qui non seulement refuse, mais va avertir Jasper. C'est alors que Jasper et sa mère cachent Berniece et avertissent les médecins de l'hôpital pour empêcher Gladys d'emmener son fils. Mais Gladys n'abandonne pas: elle s'installe à Louisville et y trouve un emploi de femme de ménage, en attendant que l'état de Robert s'améliore. Gladys va rester presqu'une année, vivant chez la famille Cohen (Margaret et John 'Jack' Cohen), où elle officie en tant que nounou de leur fille de trois ans, prénommée Norma Jeane (d'où l'origine du prénom de Marilyn Monroe et non pas Norma pour Norma Talmadge et Jean pour Jean Harlow comme bon nombre de biographes pensent). Il semblerait que Gladys aurait reporté tout son amour maternel sur la petite fille, allant jusqu'à projeter de la kidnapper pour l'emmener avec elle à Los Angeles.
De son côté, Jasper se remarie. S'avouant vaincue, ne pouvant voir ses enfants que de façon irrégulière, et réalisant qu'elle ne pourra jamais les récupérer définitivement, Gladys décide de repartir à Los Angeles et va finir par perdre de vue ses enfants.
Marilyn écrira plus tard: "Ma mère dépensa toutes ses économies pour récupérer les enfants. Finalement, elle les retrouvera dans le Kentucky où ils vivaient dans une belle maison. Leur père s'était remarié et vivait dans l'aisance. Elle le rencontra mais ne lui demanda rien, pas même d'embrasser les enfants qu'elle avait recherché pendant si longtemps."

mmfather1A Los Angeles, Gladys parvient à trouver un emploi dans la florissante industrie du cinéma: elle travaille six jours sur sept comme monteuse pour la Consolidated Film Industries, puis pour la Columbia et enfin pour la RKO. A la Consolidated Film Industries, elle se lie d'amitié avec une collègue, la surveillante Grace McKee. A la fin de l'été 1923, elles dédicent alors de partager un appartement au 1211 Hyperion Avenue (aujourd'hui le Silver Lake) à Los Angeles, à quelques kilomètres à l'Est de Hollywood. Gladys change d'apparence et teint ses cheveux en rouge cerise. Les deux femmes -Gladys et Grace- mènent une vie joyeuse de femmes célibataires, se promenant en ville et faisant beaucoup la fête. Un collègue de Gladys, Vernon S. Harbin dira que Gladys "avait la réputation d'être un pilier de bar". Mrs Leila Fields, qui travaillera avec Gladys à la RKO, dira d'elle: "C'était une belle femme, une des plus belles femmes que j'ai eu le privilège de rencontrer. Elle avait bon coeur, était une bonne copine et était toujours de bonne humeur avant sa maladie."
C'est aussi dans cette usine -la Consolidated Film Ind.- que Gladys rencontre un bel homme, Charles Stanley Gifford (le père "présumé" de Marilyn, portrait photographique ci-dessus), un véritable coureur de jupons, éléguant et distingué.

  >> Gladys au Noël de la Consolidated Film Industries
1920s-christmas_consolidated_film_industry-1 1920s-christmas_consolidated_film_industry-1b 1920s-christmas_consolidated_film_industry-1a

 

edward_mortenson Pendant l'été 1924, Gladys fréquente assidûment un homme, Edward Mortensen (photographie ci-contre) immigrant norvégien, bel homme qui est un bon parti, avec un travail stable. Ils se marient le 11 octobre 1924. Mais Gladys, sans doute trop frivole et incapable de partager une vie maritale, se lasse très vite de sa nouvelle vie; elle confie à Grace que la vie avec son mari est certes convenable, mais ennuyeuse à mourir et à peine quatre mois après son mariage, elle quitte le domicile conjugual le 26 mai 1925 pour aller revivre avec Grace. Le couple finit donc par divorcer. Et Gladys de reprendre sa vie légère faites d'aventures et d'amusement entre amis. Elle renoue quelques temps une liaison avec Charles Stanley Gifford.
En 1924, elle retourne tout de même dans le Kentucky afin de revoir ses enfants mais ces derniers sont restés trop longtemps éloignés de leur mère, et aussi probablement manipulés; pour eux, leur mère n'est qu'une étrangère. Gladys se résoud à laisser la garde définitive à leur père.

>> Certificat de mariage avec Mortensen
1924-10-11-mortensen_wedding_certificate-1  1924-10-11-mortensen_wedding_certificate-2 

>> Gladys (2ème en partant de la droite) et des amies
avec annotation de Marilyn

1920s-gladys_friends-1a 
1920s-gladys_friends-1b 

>> vers 1924 - Portraits de Gladys
 1924-gladys-1-2 1924-gladys-1-1 1924-gladys-1-3
1924-gladys-1-4 1924-gladys-1-5 1924-gladys-1-various

A la fin de l'année 1925, Gladys se retrouve enceinte. Elle donne naissance à une petite fille qu'elle prénomme Norma Jeane Mortenson (future Marilyn Monroe) le 1er juin 1926. A l'hôpital, dont le séjour est payé grâce à une collecte de ses collègues, elle affirme que ses deux premiers enfants sont décédés. Elle déclare que le "père" de l'enfant est Martin Edward Mortensen, son précédent mari, mais il semblerait que le père soit Charles Stanley Gifford, son collègue qu'elle fréquente épisodiquement depuis 1923 et qui l'aurait abandonné dès qu'il aurait su qu'elle était enceinte. Cependant, des biographes citent d'autres pères potentiels, tous des collègues de Gladys: Harold Rooney, Clayton MacNamara, ou encore Raymond Guthrie qui avait fait une cour enflammée à Gladys au cours de l'année 1925.
Plusieurs années après, Gladys sympathisera avec une jeune infirmière Rose Anne Cooper qui rapportera les propos de Gladys: "Elle disait qu'elle avait été intime avec un certain nombre d'hommes et elle parlait de son passé, disant ouvertement que lorsqu'elle était jeune, elle était 'très sauvage' comme elle disait. Cependant, pour elle, le seul genre d'intimité pouvant mener à une grossesse était celle qu'elle avait partagé avec 'Stan Gifford'. Elle avait toujours été ennuyée par le fait que personne ne semblait vouloir la croire, mais que c'était la vérité. Elle disait que même sa propre mère ne la croyait pas. 'Tout le monde pensait que je mentais ou que je ne le savais pas. Je savais. J'ai toujours su', racontait-elle".
Elle ne réclamera jamais de soutien ni moral ni financier à Charles Stanley Gifford.
Marilyn Monroe racontera plus tard: "Elle ne parlait presque jamais sauf pour dire "Ne fais pas tant de bruit, Norma." Elle me disait ça même quand j'étais au lit le soir avec un livre. Même le bruit d'une page de livre qu'on tournait l'agaçait. Il y avait un objet dans l'appartement de ma mère qui me fascinait. C'était une photographie accrochée au mur. Il n'y avait rien d'autre sur les murs que cette photographie encadrée. Chaque fois que je rendais visite à mère, je restais plantée devant en retenant mon souffle tellement j'avais peur qu'elle m'ordonne d'arrêter de la regarder. Un jour, elle m'a surprise ainsi, mais elle ne m'a pas grondée, bien au contraire. Elle m'a fait monter sur une chaise pour que je la vois mieux. Elle m'a dit :"C'est ton père." J'étais tellement bouleversée que j'ai failli tomber de la chaise. C'était si bon d'avoir un père, de pouvoir regarder sa photo et de savoir que j'étais de lui. Et quelle merveilleuse photo, en plus ! Il était coiffé d'un grand chapeau mou qu'il portait incliné sur le côté. Il avait des yeux rieurs et pleins de vie et une petite moustache à la Clark Gable. Cette photo me réconfortait... J'ai demandé à ma mère comment il s'appelait. Elle ne m'a pas répondu. Elle est allée s'enfermer dans sa chambre." 

>> 01/06/1926 - Certificats et Acte de naissance de Norma Jeane
1926-06-01-birth_certificate-1    1926-06-01-birth_certificate-3  
1926-06-01-birth_certificate-2

Après la naissance de l'enfant, Gladys rentre chez elle avec son bébé, au 5454 Wilshire Boulevard. Mais le 13 juin 1926, soit douze jours après la naissance de Norma Jeane, Gladys place le bébé dans une famille d'accueil -les Bolender- qui vivent à Hawthorn, à environ 25 km de chez elle, et non loin d'où vit Della Mae. Gladys avait echoué dans son rôle de mère avec ses deux premiers enfants, et avec son travail à plein temps et son goût pour les plaisirs et sorties, elle est incapable d'élever une enfant. C'est d'ailleurs sa mère Della Mae qui lui a conseillé de placer le bébé chez une famille d'accueil, les Bolender, un couple sérieux et dévot qu'elle connait bien, puisqu'ils sont voisins. Cependant, cette situation semble n'être que temporaire pour Gladys: elle s'installe quelques temps chez les Bolender, avant de retourner vivre chez elle et de verser 25 Dollars par mois à la famille d'accueil. Elle rend aussi visite à sa fille le week-end, comme le racontera Wayne Bolender: "Gladys venait presque tous les samedis vers midi. Il lui arrivait de passer la nuit ici, mais généralement, elle avait un rendez vous le samedi soir ou bien elle était invitée à une soirée, auquel cas elle repartait pour Hollywood au bout de quelques heures." Marilyn racontera plus tard que quand sa mère venait la voir, jamais elle ne lui montrait une marque d'affection; elle lui parlait à peine, ne l'embrassait pas et ne lui souriait pas: "C'était la belle dame qui souriait jamais. Je l'avais vue souvent auparavant mais je ne savais pas exactement qui elle était. Quand je lui ai dit:"Bonjour Maman", elle m'a regardée avec stupeur. Elle ne m'avait ni embrassée ni prise dans ses bras, elle ne m'avait jamais tellement parlé."
Sans doute les Bolender aurait peut être voulu adopter Norma Jeane, comme ils l'ont fait avec d'autres enfants dont ils s'occupaient, mais Gladys s'y est opposée, espérant reprendre un jour sa fille.
Le 18 août 1926, le divorce d'avec Mortenson est prononcé.

>> 1926 - Gladys et Norma Jeane
1926-gladys_with_nj-1-2 21604_0717_9_lg  1926-gladys_with_nj-1-3

Au début de l’année 1927, Gladys s'installe chez sa mère Della Mae qui rencontre de sérieux problèmes de santé; elle est notamment atteinte de fréquentes infections respiratoires. Malgré le surcroît de transport en trolley pour aller à son travail, Gladys s'occupe de sa mère et se retrouve ainsi aussi dans la même rue des Bolender, ce qui lui permet alors de voir plus fréquemment sa fille.
La maladie du coeur de sa mère s'aggrave rapidement, suivie d'une profonde dépression: elle souffre de délires, d'euphorie, de sautes d'humeur, de colères et d' hallucinations. Elle est hospitalisée au Norwalk State Hospital  le 4 août 1927 où on lui diagnostique une myocardite aiguë (inflammation du coeur et des tissus environnants ) et elle y décède le 23 août 1927, à l'âge de 51 ans, d'un arrêt cardiaque pendant une crise de folie. Gladys s'occupe des funérailles, faisant enterrer sa mère auprès du premier mari de celle-ci et père de Gladys, Otis Elmer Monroe, au Rose Hill Cemetery, à Whittier. Gladys sombre dans la déprime, mais parvient à faire face au deuil et reprend son activité de monteuse pour les studios de cinéma (à la Columbia et à la RKO).

>> 1928, Santa Monica - Gladys et sa fille Norma Jeane,
son frère Marion avec sa femme Olive et leur fille Ida May
 21604_0717_6_lg  1900s_NJFamily_Gladys00100  21604_0717_8_lg
1928-santa_monica-2-olive_gladys-2  1928_nj_beach_01_1 
1928_nj_beach_02_7 1928_onbeach2 
1928_nj_beach_02_2 1928_onbeach 1928_nj_beach_02_3a
1928_nj_beach_03_1 
1928-santa_monica-3-gladys_olive-1  

Pendant sept ans, Norma Jeane va rester chez les Bolender, recevant la visite de sa mère qui de temps en temps, la prenait pour un week-end. En 1933, lorsque Norma Jeane est atteinte de la coqueluche, Gladys va rester quelques jours chez les Bolender, puis quelques temps après, elle retire sa fille de chez les Bolender car la petite restait inconsolable après la mort de son chien Tippy, tué par un voisin. Marilyn se souviendra: "Un jour, ma mère est venue me voir. J'étais en train de faire la vaisselle. Elle me regardait sans dire un mot. Quand je me suis retournée, j'ai été surprise de voir ses yeux pleins de larmes. Elle m'a dit: "Je vais faire construire une maison et nous y vivrons toutes les deux. Elle sera peinte en blanc et il y aura un petit jardin derrière."
Elles vivent ensemble dans l'appartement de Gladys au 6021 Afton Place, situé près des studios de Hollywood où elle travaille comme monteuse en free-lance avec son amie Grace. Gladys et Grace emmènent parfois Norma Jeane visiter les studios d'Hollywood, mais aussi au cinéma pour aller voir les derniers films sortis. La même année, en 1933, Gladys obtient un prêt de 5000 Dollars de la Mortgage Guarantee Company de Californie pour acheter une maison meublée de six pièces, dont trois chambres, au 6812 Arbol Street, près de Hollywood Bowl. Dans la maison, il y a aussi un piano demie-queue blanc de la marque Franklin (ayant appartenu à l'acteur Fredric March) qui a séduit Gladys. Pour faire face aux charges, Gladys loue une chambre de la maison à un couple d'anglais, George Atkinson, sa femme et leur fille. Pour Norma Jeane, c'est un nouveau mode de vie, elle expliquera plus tard: "La vie devint désinvolte et tumultueuse, c'était un changement radical après ma première famille. Quand ils travaillaient, ils travaillaient dur, et le reste du temps, ils s'amusaient. Ils aimaient danser et chanter, ils buvaient et jouaient aux cartes et avaient un tas d'amis. A cause de mon éducation religieuse, j'étais affreusement choquée -j'étais persuadée qu'ils finiraient tous en enfer. Je passais des heures à prier pour eux."
A cette époque, Norma Jeane ressent les premiers attraits vers le cinéma. Pendant les vacances scolaires, elle reste des heures dans les salles de cinéma, comme elle le racontera plus tard: "J'étais assise, toute la journée, quelques fois une partie de la nuit -face à l'écran tellement grand pour une petite fille comme moi, toute seule, et j'adorais ça. Rien ne m'échappait de ce qui se passait - et il n'y avait pas de pop-corn à l'époque."
Le 17 août 1933, le fils de Gladys, Robert 'Jackie Kermit' Baker qui vit dans le Kentucky avec son père, décède à l'âge de 16 ans des suites d'une infection rénale. Le garçon était atteint d'une tuberculose osseuse déclarée après son accident à la hanche quand il était petit. Gladys n'avait plus aucun contact avec ses enfants de son premier mariage. Robert 'Jackie' n'a donc jamais revu sa mère et n'a jamais su l'existence de sa demie-soeur Norma Jeane.

>> 1933, Californie - Gladys
1933-california-gladys-1 
1933 - Gladys et sa fille Norma Jeane
1933_NJ_01_1_with_gladys 

Le 29 mai 1933, le grand-père de Gladys qu'elle n'a jamais connu, Tilford Hogan, s'est pendu. Gladys prend peur: son père et sa mère sont morts dans des hôpitaux psychiatriques, après des phases de démence; elle reste donc persuadée que ces problèmes sont héréditaires et que sa santé mentale est en jeu. Peu à peu, elle entre en dépression et est soignée par médicaments. En janvier 1934, Gladys fait une crise d'hystérie, tremblante et recroquevillée sous l'escalier. Les Atkinson se voient obligés d'appeler une ambulance qui emmène de force Gladys à l'hôpital Los Angeles General Hospital. Cet événement va marquer Norma Jeane à jamais; Marilyn se souviendra plus tard: "Soudain, il y eu un bruit épouvantable dans l'escalier, à côté de la cuisine. Je n'avais jamais rien entendu d'aussi effrayant. Des coups et des bruits sourds qui semblaient ne jamais devoir s'arrêter. J'ai dit :"Il y a quelque chose qui tombe dans l'escalier." L'anglaise m'a empêcher d'aller voir. Son mari est sorti et il est revenu dans la cuisine au bout d'un certain temps en disant: "J'ai fait appeler la police et une ambulance." J'ai demandé si c'était ma mère et il m'a répondu :"Oui, mais tu ne peux pas la voir." Je suis restée dans la cuisine et j'ai entendu des gens arriver et essayer d'emmener ma mère. Personne ne voulait que je la voie. Tout le monde me disait: "Sois mignonne, petite, reste dans la cuisine. Elle va bien. Ce n'est rien de grave!" Mais je suis sortie quand même et j'ai jeté un coup d'oeil dans l'entrée. Ma mère était là, debout. Elle hurlait et elle riait en même temps. Ils l'ont emmenée à l'hopital spychiatrique de Norwalk. Celui où on avait emmené le père de ma mère et ma grand mère quand ils avaient commencé à hurler et à rire ( ..) J'ai longtemps continué à entendre le bruit épouvantable dans les escaliers, avec ma mère qui hurlait et riait pendant qu'ils l'entrainaient hors du havre familial qu'elle avait tenté de construire pour moi". En février 1934, Gladys est autorisée à rentrer chez elle, mais elle est à nouveau hospitalisée pendant plusieurs mois dans un asile de Santa Monica, puis transférée au Los Angeles General Hospital et en décembre, elle rejoint le Norwalk State Hospital. Gladys va passer les quarante années suivantes entre diverses institutions. Il semble qu'elle souffrait de troubles mentaux et ne pouvait mener une vie normale hors d'un encadrement spécialisé. Cependant, les soins apportés à cette époque étaient quelques peu rudimentaires et il est possible qu'un traitement non adapté n'ait fait qu'empirer son état.
Durant cette période difficile, les Atkinson et Grace McKee s'occupent alternativement de Norma Jeane, qui parvient à voir sa mère lors de rares week-end où Gladys est autorisée à sortir; lorsque c'est le cas, Gladys, Grace et Norma Jeane vont déjeuner à l'Ambassador Hotel. Marilyn confiera: "Je veux tout simplement oublier tout le malheur, toute la misère qu'elle a eus dans sa vie, et tous ceux que j'ai eus dans la mienne. Je ne peux pas oublier, mais j'aimerais essayer. Quand je suis Marilyn Monroe et que je ne pense pas à Norma Jeane, cela marche quelquefois."
Le 15 janvier 1935, Gladys est déclarée aliénée, souffrant de schizophrénie paranoïde, par les médecins du Norwalk State Hospital. Le rapport du médecin chef déclare : "Sa maladie se caractérise par des préoccupations religieuses et par une dépression profonde et une certaine agitation. Cet état semble chronique".

Le 25 mars 1935, Grace McKee devient la représentante légale de Gladys, par décision de la Cour Supérieure de Justice de Californie. Le bilan de la situation financière de Gladys est dressé: elle dispose de 60$ sur son compte en banque, de 90$ en chèques non endossés sur une assurance, d'un meuble de radio (d'une valeur de 25$ dont 15 n'ont pas été payés et sont dus au magasin); ses dettes s'élèvent à 350$ sur une Plymouth et de 200$ d'arriérés sur le piano blanc.
Pour combler les dettes, Grace revend la voiture à son précédent propriétaire, vend le piano pour 235$, et revend le crédit de la maison.

>> 25/03/1935 - Décision de la Cour: Grace tutrice des biens de Gladys
et situation financière de Gladys:
1935-03-25-grace_guardian-1 1935-03-25-grace_guardian-2 1935-03-25-grace_guardian-bilan 

>> Etat des finances de Gladys - 28/09/1936
1936-09-28-report_account-1 1936-09-28-report_account-2 1936-09-28-report_account-3
1936-09-28-report_account-4 1936-09-28-report_account-5 1936-09-28-report_account-6
1936-09-28-report_account-7 1936-09-28-report_account-8 

En 1938, Gladys tente de s'enfuir du Norwalk State Hospital. Elle racontera avoir reçu des appels téléphoniques de Martin Edward Mortensen, son précédent époux, ce qui est impossible car celui-ci est décédé dans un accident de moto neuf ans auparavant. Cependant, il existe un homonyme, un homme se nommant aussi Martin Edward Mortensen, vivant à Riverside Country en Californie, qui revendiquera bien longtemps après la paternité de Marilyn et pour lequel on retrouvera dans ses affaires après sa mort, le 10 février 1981, des documents le liant à Gladys (les papiers de mariage et divorce, mais aussi le certificat de naissance de Norma Jeane).
Après cette tentative d'évasion qui a échouée, Gladys est transférée au Agnew State Asylum, un établissement adapté pour les personnes souffrant d'hallucinations schizophrénique, situé à San José, près de San Francisco. C'est à partir de ce moment que Norma Jeane verra que très peu sa mère. Un jour, Grace emmène Norma Jeane à la pension de la clinique où vit Gladys: cette dernière ne lui adresse pas la parole jusqu'au moment de partir, où elle dit à sa fille: "Tu avais de si jolis petits pieds".

Durant l'Hiver 1938, Gladys écrit une lettre à sa fille Berniece, l'envoyant à Flat Lick chez les parents de Jasper. Mais ces derniers étant décédés, le facteur a transmis la lettre au frère de Jasper qui vit aussi à Flat Lick, qui la renvoie à son tour à Jasper qui vit désormais à Pineville, en Louisianne. Dans cette lettre, Gladys explique à Berniece qu'elle a une demi-soeur, Norma Jeane, âgée de douze ans, qui vit chez les Goddard (Grace McKee s'est mariée à Ervin Goddard en 1935). Gladys supplie aussi Berniece de la sortir de l'Agnew State Hospital, et lui donne l'adresse de sa tante (la soeur de Della Monroe), Dora Hogan Graham, qui vit à Portland, dans l'Oregon. Berniece répond à sa mère en lui informant qu'elle a contacté diverses personnes (dont Dora) et qu'elle va tout tenter pour la faire sortir.

>> Etat des finances de Gladys - 07/02/1940
1940-02-07-report_account-1 1940-02-07-report_account-2 1940-02-07-report_account-3
1940-02-07-report_account-4 1940-02-07-report_account-5 

>> 1940s - Gladys et Grace (McKee) Goddard
1940s-gladys_grace-1 

>> 1940s, Reno - Gladys
1940s-gladys-reno-1

En 1945, Dora Hogan Graham, qui vit à Portland, intervient auprès des autorités pour qu'on laisse sortir Gladys, qui en retour, accepte de vivre avec sa tante pendant un an. L'été 1945, l'hôpital 'Agnew State Hospital' la laisse alors sortir avec 200$ et deux robes, déclarant que Gladys ne représente plus un danger ni pour elle, ni pour les autres. Gladys part vivre chez sa tante Dora et trouve du travail en faisant le ménage et effectuant des soins non-médicaux à des patients en convalescence et invalides. Elle s'habille de blanc, comme une infirmière. Dora écrit une lettre à Berniece en lui racontant que Gladys s'intéresse beaucoup à la Science Chrétienne, et qu'elle souhaite soigner des gens malades sans l'apport de la médecine.
En novembre et décembre 1945, Norma Jeane voyage dans l'Ouest des Etats-Unis avec le photographe André DeDienes pour un reportage photographique: ils vont jusque dans le désert de Mojave et dans le Nevada. Lors de leur passage dans l'Oregon, ils font une halte à Portland pour rendre visite à Gladys où ils arrivent les bras chargés de cadeaux. Mais après des années passées dans des institutions, Gladys est devenue totalement asociale, fermée sur elle-même et très amaigrie. Ces retrouvailles vont marquer profondément Norma Jeane: e
lle embrasse sa mère et lui montre les photos prises par Dedienes. Gladys reste murée dans son silence, vissée dans son fauteuil. DeDienes racontera plus tard: "La rencontre entre la mère et la fille manquait de chaleur. Elles n'avaient rien à se dire. Mrs Baker était une femme d'un âge incertain, émaciée et apatique, ne faisant aucun effort pour nous mettre à l'aise. Norma Jeane faisait bonne figure. Elle avait déballé nos cadeaux: une écharpe, du parfum, des chocolats. Ils restèrent où nous les avions posés, sur la table. Il y eut un silence. Puis Mrs Baker cacha son visage dans ses mains et sembla nous oublier complètement. C'était très pénible. Apparement, ils l'avaient laissée sortir trop tôt de l'hopital." Déboussollée, Norma Jeane s'agenouille auprès de sa mère qui finit par lui murmurer: "J’aimerais tellement vivre avec toi Norma Jeane." Retenant ses larmes, Norma Jeane embrasse sa mère et lui laisse son adresse et son numéro de téléphone avant de partir. En reprenant la route avec Dedienes, elle restera inconsolable, ne cessant de pleurer. En effet, Gladys reste plus ou moins une étrangère pour Norma Jeane qui ne l'a, finalement, que très peu connue. De plus, Norma Jeane vient de signer un contrat de modèle et aspire à faire carrière. Elle se sent donc incapable de prendre soin de Gladys qui souffre de problèmes mentaux.

Gladys insiste et ne cesse d'implorer sa fille Norma Jeane lui réclamant de l'aide. En avril 1946, Norma Jeane cède et envoie de l'argent à sa mère pour qu'elle la rejoigne à Los Angeles. Elles partagent deux petites chambres louées par Norma Jeane, en dessous de chez "tante" Ana Lower, sur Nebraska Avenue. Gladys n'est pas en forme; elle est obsédée par la Science Chrétienne et découvre, par le biais des pouvoirs guérisseurs d'Ana Lower, les possibilités de l'esprit sur la maladie et étudie ainsi dévotement de nombreux livres sur ce thème. Elle assiste aussi aux services de l'Eglise tous les dimanches. Eleanor 'Bebe' Goddard (la fille de Doc Goddard, le mari de Grace McKee) racontera: "Elle errait et était imprévisible. Elle était docile mais absente."
Un jour, Gladys, toute de blanc vêtue, se rend à l'agence de modèle de sa fille (BlueBook) et déclare à la directrice Emmeline Snively, en lui saisissant la main: "Je suis simplement venue vous remercier personnellement pour tout ce que vous avez fait pour Norma Jeane. Vous lui avez offert une nouvelle vie."
En août 1946, Berniece se rend à Los Angeles avec sa fille Mona Rae pour rendre visite à sa famille. A leur arrivée à l'aéroport de Burbank, Norma Jeane, Grace McKee, Ana Lower et Gladys sont venues les accueillir.

>> Août 1946, Santa Monica - Gladys et ses filles
(Berniece et Norma Jeane) et sa petite fille Mona Rae
 1946_NJ_with_family_santamonicabeach_020_1 1946_NJ_with_family_santamonicabeach_030_1  

1946-08-berniece_gladys_nj-1  1946-08-berniece_gladys-1

>> Août 1946, Los Angeles, dans un restaurant chinois:
Berniece, Mona Rae, Grace, Norma Jean, Ana Lower et Gladys.
1946-08-LA-berniece_monarae_grace_friend_nj_ana_gladys

Après plusieurs semaines, Gladys rechute et doit à nouveau rejoindre l'hôpital Norwalk State Asylum. Grâce à ses salaires gagnés en tant que modèle, Norma Jeane envoie de l'argent pour améliorer la prise en charge de sa mère.
Gladys entretient une correspondance épistolaire avec Margaret Cohen (la mère de la petite Norma Jeane qu'elle gardait à Louisville en 1923); elle lui confie, dans une de ses lettres envoyée l'été 1946: "Mes propres filles ne me comprennent pas, elles n'essayent même pas". Gladys lui demande aussi des nouvelles de Norma Jeane Cohen, âgée désormais de 26 ans, souhaitant reprendre contact avec elle.
En février 1948, Gladys sort de l'hôpital et emmènage chez Ana Lower; elle trouve un emploi de femme de ménage.
Le 30 mai 1948, Gladys écrit une lettre à Berniece, lui reprochant notamment le fait qu'elle ne lui ait pas annoncée la mort de Tante Ana Lower, décédée le 14 mars, mais aussi car Berniece n'a pas répondu à sa dernière lettre:

>> Juin 1948 - Lettre de Gladys à Grace
1948-06-gladys_letter_to_grace  

>> Lettre non datée de Gladys à Norma Jeane
(merci à Eduardo)

gladys_letter-1 

Le 20 avril 1949, Gladys épouse John Stewart Eley, un électricien originaire de Boise, dans l'Idaho. Norma Jeane apprend la nouvelle par une lettre que lui a envoyée Grace. Mais John est déjà marié et son épouse vit à Boise.
En 1951, Marilyn demande à Inez Melson, l'administratrice de ses affaires, de faire des visites régulières à Gladys, pour s'assurer de son bien être tandis qu'elle continue à fréquenter diverses institutions. En 1952, Inez Melson persuade Marilyn qu'elle la désigne comme tutrice légale de Gladys. Gladys travaille dans une clinique privée à Homestead Lodge, près de Pasadena.
Le 23 avril 1952, John Stewart Eley meurt d'une affection cardiaque à l'âge de 62 ans et Gladys se retrouve veuve. La semaine suivante, l'existence de la mère de Marilyn est révélée par le journaliste Erskine Johnson: Marilyn a toujours dit qu'elle était orpheline; mais avec le scandale du calendrier où elle a posé nue en 1949 et qui fait surface cette année là, des journalistes curieux enquêtent et découvrent que sa mère n'est pas morte, contrairement à ce qu'a encore déclaré Marilyn la semaine précédente dans une interview pour Redbook, et que celle-ci a fréquenté des institutions psychiatriques. Marilyn accorde alors une interview, publiée le 3 mai 1952, qu'elle a préparée avec Sidney Skolsky, et y déclare notamment: "Je n'ai jamais connu ma mère intimement et, depuis que je suis adulte, je suis entrée en contact avec elle. A présent, je l'aide et veux continuer à l'aider tant qu'elle aura besoin de moi." Puis Marilyn reçoit alors une lettre implorante de sa mère: "Chère Marilyn, Je t'en prie, ma chère fille, j'aimerais avoir de tes nouvelles. Je n'ai que des soucis ici, et j'aimerais bien partir le plus vite possible. Je préfèrerais avoir l'amour de mon enfant que sa haine. Tendrement, ta mère." Gladys continue à entretenir aussi des relations avec sa fille Berniece: elle lui rend visite en Floride au cours de l'année 1952.

>> 1952, Floride - Berniece, Gladys et Mona Rae
1952-florida-berniece_gladys_monarae-1 

Le 9 février 1953, d'après les conseils de Grace McKee, Marilyn fait transférer Gladys dans un établissement plus confortable, l'institution privée Rockhaven Sanatorium, à Verduga City, afin de protéger sa mère contre les journalistes trop curieux; Marilyn paie alors 300$ par mois pour les frais d'hospitalisation.
Marilyn racontera: "Longtemps, j'ai eu peur de m'apercevoir que je ressemblais à ma mère et que je finirais comme elle dans un asile de fous. Quand je déprime, je me demande si je vais craquer, comme elle. Mais j'éspère devenir plus forte."

>> 22/03/1956 - chèque de 600 Dollars de Marilyn
adressé à Inez Melson pour l'hospitalisation de Gladys
(merci à Eduardo)

1956-03-22-check 

En 1959, Marilyn assure définitivement l'avenir financier de sa mère par un fonds de fidéicommis (qui désigne une disposition juridique -souvent testamentaire- par laquelle un bien est versé à une personne via un tiers). Pour Noël 1959, Gladys envoie ses souhaits à Marilyn, signant toujours du nom de son dernier époux décédé: "Loving Good Wishes, Gladys Pearl Eley":

>> Noël 1959 - Carte de voeux de Gladys pour Marilyn:
1959-12-gladys_letter_to_mm

Au cours du premier trimestre 1960, pendant que Marilyn tourne le film "Le Milliardaire" ("Let's Make Love"), elle donne une interview au journaliste George Belmont, à qui elle évoque notamment son enfance et sa mère. Elle déclare alors que sa mère est "morte".
Le 5 août 1962, le monde entier apprend le décès de Marilyn Monroe. Gladys en est très affectée; elle ne se rend pas à l'enterrement et fera plusieurs tentatives de suicide. Le 22 août 1962, elle écrit une lettre à Inez Melson, la remerciant de son soutien et rappelant qu'elle avait enseigné la science chrétienne à Norma Jeane: "I am very greatefull for your kind and gracious help toward Berniece and myself and to dear Norma Jeane. She is at peace and at rest now and may our God bless her and help her always. I wish you to know that I gave her (Norma) Christian Science treatment for approximately a year."

>> 22/08/1962 - Lettre de Gladys à Inez Melson:
1962-08-22-gladys_letter_to_inez

Un jour, en 1963, elle s'enfuit de Rockhaven Sanatorium; elle est retrouvée le lendemain, dans une église de San Fernando Valley, serrant dans ses mains une bible et un livre de prières de la Science chrétienne.
Inez Melson déclarera: "La mère de Marilyn se consacrait toute entière à sa religion, la Science chrétienne, et était principalement préoccupée par le mal. C'est là que se situait ses dysfonctionnements. Elle pensait avoir fait quelque chose de mal dans sa vie, et qu'elle serait punie pour cela."

>> 1963 - Gladys
1963-gladys-1-1 1963-gladys-1-2  

Le 27 avril 1966, elle est transférée au Camarillo State Hospital où elle y reste un an. Elle reçoit régulièrement la visite de Inez Melson:

>> 1966 - Gladys et Inez Melson
-photographies-

1966-gladys_with_berniece-1 1966-gladys_with_berniece-3 1966-gladys_with_berniece-2
-captures-
1966-gladys_inez_melson-cap01 1966-gladys_inez_melson-cap02 1966-gladys_inez_melson-cap03

1966-gladys_inez_melson-cap04 1966-gladys_inez_melson-cap05 1966-gladys_inez_melson-cap06
1966-gladys_inez_melson-cap07 1966-gladys_inez_melson-cap08 1966-gladys_inez_melson-cap09
1966-gladys_inez_melson-cap10 1966-gladys_inez_melson-cap11 1966-gladys_inez_melson-cap12
-video-

En 1967, elle part vivre chez sa fille Berniece en Floride.
En 1970, c'est sous le nom de Gladys Eley qu'elle intègre la maison de retraite Collins Court Home, à Gainesville en Floride. Aux journalistes curieux qui tentent de l'approcher pour qu'elle leur évoque sa célèbre fille Marilyn, elle leur répond: "Ne me parlez pas de cette femme !". En 1972, elle déclare à James Haspiel, un fan de Marilyn qui l'a connu et suivi pendant de nombreuses années: "Je n'ai jamais voulu qu'elle fasse ce métier !"
En 1980, c'est Lawrence Cusak qui devient son tuteur légal.
Le 11 mars 1984, c'est à l'âge de 81 ans que Gladys meurt d'une crise cardiaque; elle est incinérée.

>> Années 1980s - Gladys
1980s-gladys-1-1  1980s-gladys-1-2
1980s-gladys-1-1a  1983-gladys-1-1


> sources pour l'article:
Livres:
Marilyn Monroe, L'encyclopédie, de Adam Victor The secret life of Marilyn Monroe, de J. Randy Taraborelli / Marilyn Monroe de Roger Baker
Sur le blog:
enfance de Marilyn évoquée dans l' Interview de Georges Belmont
Sur le web: biographie d'Yria sur le forum mmonline /
article "family" sur marilynmonroesplace / fiche Gladys sur findagrave , sur geni , sur imdb


© All images are copyright and protected by their respective owners, assignees or others.
copyright text by GinieLand.

Enregistrer

22 février 2014

Eternity with the In-Crowd

Eternity with the In-Crowd: Funny Fellows, Doomed Damsels and Hollywood Hangers-on of Westwood Village Memorial Park

by Hadley Mearers
published on October, 25, 2013

online
kcet

westwood12 

Is it bad luck to laugh in a cemetery? If it is, then I'm in for a lifetime of doom. Is it strange to feel the crackling of opportunity and mid-century American idealism in the air of the dead? Then I am one odd bird. Is there a graveyard where you can transport yourself into the VIP room of a Dean Martin Celebrity Roast? There sure is, pal o'mine, and it is right in the heart of our dear old Los Angeles, USA.

Westwood Village Memorial Park is hard to find, as any legendary Hollywood haunt should be. Nestled behind the towers of Wilshire Boulevard, off Glendon Avenue, it is hidden by tall trees and high walls. It is an elegant little cemetery, and when I get there on a Saturday afternoon, it is quietly humming. The sparse modern chapel, akin to a ski lodge, has been roped off in anticipation of a memorial service later in the day. A smattering of people mill along the grassy yard with their heads down. They are not mourners but tourists, forever on the hunt for the next name they recognize. Every few minutes one motions over to another, their eyes never leaving the ground. This is a signal that another celebrity has been "spotted," and a picture of the cold stone must be taken.

A bald man with purple shorts and a large calf tattoo walks slowly around the cemetery, placing a single sunflower on select celebrities' simple graves. Many of the names evoke a glamorous sadness. There are the famous women who met untimely ends -- Natalie Wood, Dorothy Stratton, Dominique Dunne, Farrah Fawcett, Heather O'Rourke, Minnie Riperton, and Marilyn Monroe. But there are so many other notables -- Karl Malden, Truman Capote, John Cassavetes, Mel Torme, Walter Matthau, Ray Bradbury, Burt Lancaster, Eve Arden, Jack Lemmon, Donna Reed, Don Knotts, Roy Orbison, Rodney Dangerfield, Billy Wilder, Bob Crane, Dean Martin, Peggy Lee, Fanny Brice, Frank Zappa, George C. Scott, James Wong Howe, Peter Falk, Eva Gabor, Bettie Page, Darryl Zanuck and Janet Leigh, to name a few -- that the sadness is quickly snuffed out by sheer celeb-shock.

Overall, this unassuming, lovely place gives off the feel of a friendly studio commissary, of lives well lived and then some. There is evidence of rapid expansion, as uninhabited grave sites and uninscribed headstones abound. Sage Stallone, the tragic son of Sly, is buried all alone amongst a new corridor of deluxe plot berths. Each features a blank headstone and a ceremonial bench. There are several of these VIP corridors, including a couple which make up a sort of frat-row of famous chums. They seem to have tried to out funny each other, even in death (but more on that later). I laugh out loud at many of the epitaphs, and realize I have been on my feet so long I am absolutely knackered. I want to rest, but it feels presumptuous and rude to sit on a stranger's memorial bench. Then, by some kind of magic or sheer luck, I come to the grave of a couple named Lewis Hyman and Sandra Moss. Their bench reads:

westwood03"Sit down and have a chat with Sandra and Lew."

"Well, thank you," I say aloud, taking a load off as my eyes follow sunflower man, who has just reached Marilyn Monroe's lipstick stained crypt, on the other side of the park. "Don't mind if I do."

Sunrise in Sunset

"God's acre beautiful." 1

Westwood Village Memorial Park has existed under several names. There is some conjecture that it was a burial ground as early as the 1820s, when the area was part of the Rancho San Jose de Buenos Ayres. Burials were almost certainly taking place by the 1880s, and in 1904 the cemetery was legally established as Sunset Cemetery. The first recorded burial was in 1905. The cemetery was briefly part of the short lived boom town of Sunset, while the area to the north became the city of Sawtelle (1899-1922), a town of farms and small homes, which was centered around the Soldiers Home (now the VA complex). For a few years, the cemetery's mailing address was listed as Sawtelle.

The cemetery was thoroughly run of the mill, a place for the lower to upper-middle class residents in the surrounding area. In 1916, the dedication of a granite soldier's monument was conducted by the Burnside Post, Daughters of Veterans and the Corps of Sawtelle. In 1922 a civil war veteran named Dr. Osborne Wilson, who, it was claimed, developed the world's first life-like false teeth, was buried in the cemetery. His wife, Mary, one of the last commissioned civil war nurses, was in attendance. Sunset was sold in 1923, and in 1926 its name was changed to Westwood Memorial Park. The new owners of the expanded 3-acre park began to make extensive improvements. A promotional brochure promised potential residents:

It is being gradually improved with beautiful and permanent shade trees, shrubs and flowers. All existing monuments were lowered to grade and all future markings are restricted to uniform size, of granite or bronze, set flush at the head of each grade, thereby creating the effect of a pleasant and shaded park.2

In 1933, the owners and neighboring citizens squared off over the construction of a crematorium on site. In superior court, neighbors argued that smoke fumes and noxious gasses would cover their property and diminish its value. Despite protests and a temporary injunction, the crematorium was built in 1934. A year later, the L.A. Times profiled LaDessa Gibson Schaffnit, who had inherited the cemetery and crematorium from her father, as part of an article called "Why Women Won't Stay at Home." The article heralded LaDessa, a "pretty" L.A. native, who had witnessed her first cremation at the age of five. She subsequently ran the business operation at Westwood Memorial, although the family eventually sold the property.

In 1948, 68 year-old Ana Lower's ashes were interred at Westwood Memorial. This burial would change the pedestrian cemetery's destiny, though no one could have known this at the time. In 1953, Ana's niece, Grace Goddard, was also buried in the cemetery. Her small stone simply listed her name, birth and death dates, and the words "beloved sister." The quiet burial was reputedly paid for by a woman, whom Grace had taken care of as a child after her mother had been placed in a sanitarium. Grace had often sent this exceptionally attractive girl to live with her loving and maternal Aunt Ana, who, the woman claimed, was the first person whom she ever really loved. The woman was an actress, who, after years of bit parts, finally struck it big with the movie, "Gentlemen Prefer Blondes." Her name was Marilyn Monroe.

It almost seems like fate that the famed Pierce Brothers bought the cemetery in 1959, right before the deluge of celebrities began. If ever there were superstars in the L.A. mortuary business, then the Pierce Brothers were it. In the early 1880s, William and Fred Pierce opened a livery stable at Alameda and 16th Street. They soon found that some of their best passengers were the dead, and expanded into the mortuary business. In 1924, they built the first full service funeral home in the city, at 720 West Washington Boulevard. Expert showmen, they offered tours of their mortuaries to church groups to help assuage people's fears about the modern death industry. One night, dramatic actress and blowsy eccentric person, Tallulah Bankhead, burst into the mortuary with a gaggle of drunken friends and demanded a tour.

Pierce Brothers expanded exponentially, buying up most of the mortuaries in the city, opening more, and running three cemeteries. The same year they bought Westwood Memorial, they sold their large chain of mortuaries and graveyards for $6.5 million. Befitting the family's status, the cemetery was now called "Pierce Brothers Westwood Village Memorial Park," or just "Pierce Brothers." Indeed, it was a village -- with a crematorium, a mortuary (that had been built earlier in the decade) and a cemetery -- it was a one stop shop for the bereaved. The family set about expanding and beautifying the grounds. The small peaked-roof chapel was built, as were new mausoleums. Neighbors complained once again, fearful that the construction and expansion would lead to noise and increased traffic in the neighborhood.

They had no idea what they were in for.

00092995-thumb-400x480-62570
Westwood Memorial Chapel, 1962 | Herald-Examiner Collection,
Courtesy of the Los Angeles Public Library

00013352-thumb-600x441-62572 
Westwood Village Memorial Park can be seen behind the church facing Wilshire |
Courtesy of the Los Angeles Public Library

The Marilyn Effect

"So many people kiss the monument that we can't get the lipstick stains out of the granite." 3

It was August 8, 1962. The exhausted director of Westwood Memorial, Guy R. Hockett, was close to collapse on account of phone calls that had been pouring in from all over the world. But he still had to manage a small memorial service for 31 people, only the second ever performed in the new chapel. The deceased lay in her coffin, dressed in a simple green dress, a small bouquet of baby pink roses pressed into her hands. Before the casket was closed, her second husband kissed her lips and whispered, "I love you, I love you."

Marilyn Monroe had been discovered three days before in Brentwood, dead from an overdose of barbiturates. She had died in bed all alone, her only link to the world a telephone receiver clutched in her cold hand. On the day of her funeral, over 500 fans and the ever present press stood outside the gates, on walls and on neighboring roofs, straining to catch a glimpse of the select mourners, as they walked from the chapel to her new crypt. Over 100 police officers, studio security guards, and Pinkerton detectives were on hand to ensure order. Only those invited by the family and second husband, Joe DiMaggio, were allowed to enter the cemetery grounds. Those not on the list included almost all of her famous Hollywood friends. According to DiMaggio: "If it hadn't been for some of her friends, she wouldn't be where she is." 4

Where she was now -- near Ana and Grace, the guardian angels of her unhappy childhood -- quickly became a mecca for tourists from all over the world. Luckily, they tended to come in ones and twos. On the one year anniversary of her death, a reporter came across two women praying in front of the crypt, which was festooned with more than a dozen floral remembrances. No matter what time of the year it was, there was always one bouquet of six red roses, placed in the black ceremonial urn next to her nameplate. For over twenty years, they were delivered thrice weekly by the Parisian Flower Shop on a standing order from Joe DiMaggio. His instructions to the family run florist simply read, "three times a week ... forever." 5

These flowers were often stolen by trophy hunters, while thrill seekers often attempted to pry open Marilyn's crypt, or steal the brass nameplate. A tradition arose of kissing the crypt, which over the years has turned it a pale rose that stands out from the rest of the mausoleum. Celebrations on her birthday have grown over the years. On the 30-year anniversary of her death in 1992, over 200 impersonators, fans, and her longtime stand-in attended a service held in the rustic chapel. Afterwards, paparazzi snapped pictures of women modeling versions of her low-cut, iconic white gown on the cemetery grounds.

Perhaps in search of those eternal flashing bulbs, Marilyn's presence transformed this rather blasé cemetery into the in-eternity spot for the movie makers and shakers of her generation. Cemetery neighbors soon learned to deal with the crush of mourners and press each new celebrity burial would bring. There was Natalie Wood's heart breaking burial in 1981, where her husband, Robert Wagner, took three gardenias from her beige coffin, and handed them to their three daughters. At Dean Martin's nighttime memorial, reporters on a nearby rooftop garage struggled to see a who's-who of the rat pack generation enter the cemetery grounds. Prices for plots skyrocketed, leading Walter Matthau's son to joke: "Poppy, you said that you wanted a simple pine casket, so that's what we got you. But we want you to know, this plot alone cost as much as Ebbets Field." 6

enterrement1962 
Studio police guard Marilyn Monroe's crypt, August 8, 1962 |
Herald-Examiner Collection, Los Angeles Public Library

00081502-thumb-600x366-62594 
 Fans of Marilyn Monroe photograph each other today at star's tomb |
Herald-Examiner Collection, Los Angeles Public Library

00033866-thumb-600x378-62578 
Nancy Yorkshaitis, 14, left, and Jamie Steward, 18, pay their respects at cryptside ceremonies
in Westwood for Marilyn Monroe, who died 20 years ago. August 8, 1982 |
Herald-Examiner Collection, Los Angeles Public Library

Darling, you should have been there

Houston-based Service Corp International bought the cemetery in 1996, "with dollar signs in their eyes," according to Steve Sann, current chair of the Westwood Community Council. In 2002, a plan for massive expansion of crypt space sparked a nasty fight, which pitted the mega-corporation against plot-holders and neighbors in Westwood. Spearheaded by Steven Sann and Tamar Hoffs, a civic action committee called The Friends of Westwood Village Memorial Park was formed. At a heated meeting with city planners, Audrey Wilder, widow of Billy, voiced the sentiments of many.

"How dare you turn this beautiful and sacred place into Disneyland for the dead!" 7

Those opposed to the expansion fought back by campaigning for the cemetery to be designated as a historic cultural monument. This status was granted, and the West Los Angeles Planning Commission reversed an earlier OK of the plan, which would have granted the construction of two new large mausoleums. In the end, the smaller mausoleum was built, but the larger and more offensive one was not. A wall separating neighbors from the cemetery was also built, after having been promised to the neighborhood for 60 years.

Obviously, many people care deeply about this lovely cemetery. My favorite thing about Westwood Memorial is the culture of epitaphs, rich in café society élan and slapstick humor. In the newer part of the cemetery, near the chapel, some of the crème de la crème of '60s, '70s, and '80s Hollywood are buried close together. Many of the public figures buried at Westwood have crafted one last headline, one last punch line, to amuse their friends, family and the public -- their personas etched into stone:

  • Rodney Dangerfield: "There goes the neighborhood"
  • Merv Griffin: "I will not be right back after this message"
  • Jack Lemmon: "in"
  • Walter Matthau memorial bench: "There was a star danced and under that was I born"
  • Peter Falk: "I'm not here, I'm home with Shera"
  • Dean Martin: "Everybody loves somebody sometime"
  • Miss Peggy Lee: "Music is my life's breath"
  • Mel Torme: "Music, the greatest good that mortals know, and all of heaven we have below"
  • Billy Wilder: "I'm a writer but then nobody's perfect"
  • Audrey Wilder: "I'm right here Billy"

    It isn't just the famous whose epitaphs sparkle and shine. Scattered all over the cemetery are epitaphs rich in humor, joie de vivre, and professional pride. Some include pictures, like Jacques and Madeline Delobel, who smile at each other warmly, a glass of spirits raised in his hand. Some of my personal favorites include:

  • Douglas Wicks Walker: "WOW!"
  • Lewis I.: "Finally under par"
  • Marilyn Dunton Simpson: "I could have danced all night..."
  • Vince Eckhart: "The 'computer guys'"
  • The Young family memorial bench: "Forever Young"
  • Biff Elliot, actor: "It was easy."
  • Milton A. Rudin: "Counselor at law"
  • Charles McKey Hart: "A twinkle in his eyes, a smile, life was good"
  • Alice Gilbert Hart: "She cared"
  • Robert Earl Bradley: "Loving husband, terrific father and a super good guy"
  • Jeffery Craig Burkhart: "Darling, you should have been there."
  • Dorothy McKee Wray: "She passed the good around."
  • Lord Bacon Scherer: "God knows we love you!"
  • Hannah Russell: "...And life goes on."

    Indeed, life does go on. But at Westwood Village Memorial Park, the spirits of those who have left -- be they tragic or comic, famous or not -- are celebrated in an elegant and graceful way. One hopes that the owners of the cemetery will preserve the intimate, cocktail party feel of this peaceful oasis.. For as every good Hollywood insider knows, parties are best when they aren't too crowded.

westwood05  westwood14  westwood20 

1"Graveyard of stars hard to locate" Los Angeles Times, October 1976: graveyard of stars hard to locate
2Ibid.
3"Rest in Peace Fan Adoration Can Make It Hard" Los Angeles Times, July 24, 1995
4 "Joe Dimaggio weeps at Marilyn's funeral" Los Angeles Times, August 9, 1962
5"Three times a week...forever" Los Angeles Times, August 6, 1972
6"He Was No Grumpy Old Man" Los Angeles Times, July 26, 2000
7"Los Angeles; Cemetery's Expansion Plans OKd" Los Angeles Times, July 26, 2002

Posté par ginieland à 18:50 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

28 novembre 2011

Icons of Hollywood 12/2011 - Documents papiers

lot n°694: 18-year-old Marilyn Monroe amazing autograph letter signed
18-year-old Marilyn Monroe amazing autograph letter signed - MONROE, MARILYN. Amazing Autograph Letter Signed “Norma Jeane”, Four pages, blue-lined Octavo sheets, dated June 15, 1944. Penned at the top, and stricken-through, is the address “14668 Parthenia St, Van Nuys” (curiously, she never lived at that address). Written to Grace Goddard, Norma Jeane’s legal guardian and ‘mother’ figure during the tumultuous years of her youth. Norma Jeane — just 18 years of age — pens (in full):

Dearest Grace,
I was so happy to hear from you. I was so thrilled to read your letter and learn of all that you have been doing lately. [Grace had recently moved to West Virginia]
I will send you your picture very s[h]ortly now, I’m going down Saturday to find out more about it. Also will send you lots of snapshoots at the same time I send you the picture. I found out that a 10² x 12² (that was the size you wanted wasn’t it?) cost exactly $5.00.
Jimmie has been gone for seven weeks and the first word I received from him was the day before my birthday. He sent a cable night letter by Western Union saying ‘Darling, on you birthday, I send you a whole world of love’. I was simply thrilled to death to hear from him.
I have never really written and told you of Jimmies and my married life together. Of course I know that if it hadn’t been for you we might not have ever been married and I know I owe you a lot for that fact alone, besides countless others. That is why I feel that I should let you know about us. I love Jimmie just more than anyone (in a differn’t way I suppose than anyone) and I know I shall never be happy with anyone else as long as I live, and I know he feels the same towards me. So you see we are really very happy together that is of course, when we can be together. We both miss each other terribly. We will be married two years June 19th. And we really have had quite a happy life together.
I am working 10 hrs. a day at Radioplane Co., at Metropolitain Airport. I am saving almost everything I earn (to help pay for our future home after the war.) The work isn’t easy at all for I am on my feet all day and walking quite a bit.
I was all set to get a Civil Service job with the Army, all my papers filled out and everything set to go, and then I found out I would be working with all Army fellows. I was over there one day, there are just too many wolves to be working with, there are enough of those at Radioplane Co. with out a whole army full of them. The Personal [Personnel] Officer said that he would hire me but that he wouldn’t advice it for my own sake, so I am back at Radioplane Co. & pretty contented.
Well I guess that is about all for now.
With much love,
Norma Jeane

Summer of 1944 was a fateful time for young Norma Jeane Dougherty. Circa 1943-44, she landed her first job at Radioplane Co. (a defense contractor in Burbank, California), through the influence of her mother-in-law, Ethel. Her husband, Jim, had recently joined the U.S. Merchant Marine and shipped off to war just “seven weeks” previously.
Although she here thanks Grace for the instrumental role she played in organizing and consenting to her marriage, it is known that she later harbored feelings of resentment towards Grace for taking off to West Virginia (in effect, abandoning Norma Jeane), and believed that her “surrogate mother” had arranged the marriage as a convenient way to get rid of her. Despite Norma Jeane gushing over her love for her husband, her marriage was soon to unravel. Just a few months later, Norma Jeane met a man who would vault her to stardom: Army photographer David Conover. Conover had been tasked by his commanding officer (who was, interestingly enough, actor and future President Ronald Reagan) to photograph women factory workers who were helping with the war effort. Making the rounds at Radioplane he was naturally drawn to Norma Jeane, who, along with her stunning beauty and bubbly personality, seemed to have a certain “aura” around the camera.
She soon appeared on the cover of Yank magazine, and the die was cast. Heeding the advice of Conover and Grace, she obtained a divorce from Dougherty (September 13, 1946), and began one of the most famous careers in Hollywood.
A wonderful letter, showing how Norma Jeane viewed her world and her future with Jim Dougherty just two years into their marriage — though her life would soon change forever. Numerous corrections throughout, and page one exhibits original ink-blot. Overall, in excellent condition.
Estimate: $40 000 - $60 000

21604_0694_1_lg 21604_0694_2_lg 21604_0694_3_lg 21604_0694_4_lg


lot n°719: Marilyn Monroe’s personal annotated
working promptbook-script for The Sleeping Prince

(aka The Prince and the Showgirl) - (Warner Bros., 1957) Clasp-bound in crimson paper covers, and intentionally printed in half-size (5” x 8”) for ease of use on set, especially considering the elaborate costumes required for this drawing-room comedy starring, and co-produced by, Marilyn Monroe and Laurence Olivier. This example is identified on the specially-printed titled front cover as “PERSONAL COPY OF MISS MONROE”. Many pages inside exhibit not only scene and dialogue notes attributed to Monroe’s own hand, but many personal thoughts and observations by her as well, namely “What am I doing here with this man/I can’t believe my eyes, ears/ watch him/’oh no’/this idiot/ Chanel #5/ I just think it’s a joke/ don’t take anyone else’s tone/ affective memory/ heart breaking” plus at least one slightly naughty joke, “like a music box: a tinkle”, among other ‘notes to self’. Accounts from the time agree that Marilyn had more trouble working with Olivier than with any other male lead in her career. At least (31) of this small, character-dialogue promptbook-script’s (68) pages exhibit anywhere from one to numerous notations by Miss Monroe, making this one of the most intensely personal artifacts extant from her professional career. Covers are significantly tattered all around the margins, and front cover, together with first (2) pages, are torn 2/3 down from top near spine, else intact and complete as originally issued.
Estimate: $30 000 - $50 000
21604_0719_1_lg 21604_0719_2_lg 21604_0719_3_lg 


lot n°723: Marilyn Monroe signed check to her housekeeper, Eunice Murray
Personal check signed, 3 in. x 8 ¼ in., dated July 10, 1962 and drawn from Marilyn Monroe’s account paying her housekeeper Eunice Murray $100.00. Signed “Marilyn Monroe” in blue ink. Cancellation stamps on recto and verso and bearing Murray’s endorsement signature on the verso. Murray was Monroe’s housekeeper during the last years of her life and accompanied Monroe during her trip to Mexico in February, 1962. Eunice Murray was staying with Monroe the night of the star’s death and reportedly called Monroe’s psychiatrist, Dr. Ralph Greenson, upon discovering the body the night of August 5, 1962. This check was signed just three weeks prior to Monroe’s death and amazingly stamped “PAID” on August 7, two days after she died. A wonderful association.
Estimate: $1 500 - $2 500
21604_0723_1_lg 


 lot n°724: Joe DiMaggio autograph postcard signed to Marilyn Monroe
Autograph Postcard Signed, “Joe,” to “Dearest Marilyn” from Copenhagen, Denmark and postmarked May 20, 1962. DiMaggio pens, “Dearest Marilyn, Have a short stop over here at Copenhagen enroute for the ‘long underwear country.’ Should be there in about three hours. Spent nine days here in 1958. Wonderful country. The famous Tivoli park was one of my favorite places. Love, Joe.” Addressed in DiMaggio’s hand to “Miss Marilyn Monroe, 12305 Fifth Helena Dr., Los Angeles 49, California, USA.” In February, 1961, Monroe was admitted to the Payne Whitney Psychiatric Clinic where she contacted DiMaggio. He secured her release and she spent some time with him in Florida where the couple reconciled. Accompanied by a printed photograph of the couple on their wedding day
Estimate: $4 000 - $6 000
21604_0724_1_lg 21604_0724_2_lg 


  lot n°737: Marilyn Monroe invitation to JFK birthday celebration with call sheet from her personal property
From the Christie’s 1999 sale of the personal property of Marilyn Monroe, three items for one event which document one of the most significant personal moments for her. In chronological sequence, the first is the personal invitation from “New York’s Birthday Salute to the President” requesting her presence at Madison Square Garden on May 19, 1962 to celebrate President John F. Kennedy’s birthday gala party; the second is a 2pp mimeo call-sheet for the evening’s order of events, detailing Marilyn’s appearance at #35, “Marilyn Monroe and Stars”, which an unknown hand has doodled what might be a stage, and written in red grease pencil, with corrections in graphite, “Who do you have to be to ask- Who do you have to be to be disappointment-“ ; the last is the official illustrated program for the birthday event with iconic portrait of Kennedy on cover, with red, white and blue patriotic design. All three items were the personal examples in Marilyn Monroe’s possession during the time of this historic event, for which she performed an extraordinarily sexy, breathy rendition of “Happy Birthday”to the President (even calling in sick to work at Fox in order to do so), and each shows extra folds and slight handling by her, presumably to secure inside a purse that night. Kennedy remarked on stage that he could retire from politics after such a performance; Peter Lawford introduced her as “the late Marilyn Monroe”, and sadly she would be gone to a mysterious death in just over two months.
Provenance: Christie’s Personal Property of Marilyn Monroe, Lot 54, October 27-28, 1999 and sold for $129,000.
Estimate: $40 000 - $60 000
21604_0737_1_lg

13 juin 2010

1926 - Portraits Studio de Norma Jeane

Portrait studio de Norma Jeane, âgée de six mois.

Studio Portrait of Norma Jeane, aged six months.

1926-norma_jeane-portrait-020-1d 
1926-norma_jeane-portrait-020-1c 


- photographie annotée de la main de Grace Goddard
photograph noted by Grace Goddard's hand
"Marilyn Monroe age 6 ms."

1926-norma_jeane-studio_portrait-grace_goddard_hand_note-1a 1926-norma_jeane-studio_portrait-grace_goddard_hand_note-1b 


- autre photographie annotée
other noted photograph
"8 to 10 ms."

1926-norma_jeane-portrait-020-1b  1926-norma_jeane-portrait-020-1b-8_to_10_months 


Autre portrait studio de Norma Jeane, 1926.

Other studio Portrait of Norma Jeane, 1926.

1926-norma_jeane-portrait-010-1 


© All images are copyright and protected by their respective owners, assignees or others.
copyright text by GinieLand.

Enregistrer

Enregistrer

Posté par ginieland à 15:39 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

10 juin 2010

1928 - Portrait Studio de Norma Jeane

Portrait studio de Norma Jeane, vers 1928

Studio portrait of Norma Jeane, circa 1928

1928-norma_jeane-portrait-010-1b 

 

1928-norma_jeane-portrait-010-1c 


- photographie annotée de la main de Grace Goddard
photograph noted by Grace Goddard's hand
"Marilyn Monroe age 2 yrs."

1927-norma_jeane-studio_portrait-grace_goddard_hand_note-1a 1927-norma_jeane-studio_portrait-grace_goddard_hand_note-1b 


© All images are copyright and protected by their respective owners, assignees or others.
copyright text by GinieLand.

Enregistrer

Enregistrer

Posté par ginieland à 19:10 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,