08 septembre 2013

OH LA ! 5/08/2003

img082Le magazine OH LA !  n°254, du 5 août 2003, consacrait un article de 4 pages intitulé "Les dessous tragiques du mariage de Marilyn Monroe et Joe DiMaggio", avec le témoignage de Dolores Hope Masi.

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06 août 2013

15/09/1954 NYC - Sur le tournage de The Seven Year Itch partie 3

Sept ans de réflexion
Sur le tournage - scène 11   

Date: le 15 septembre 1954, à une heure du matin.
Lieu: entre la 51 et 52st Street, au croisement de Lexington Avenue.
Scène: il s'agit d'une scène mythique, l'une des plus célèbres de l'histoire du cinéma, qui reste sans doute la "scène la plus vue au monde", celle où la robe blanche de Marilyn se soulève entraînée par l'air d'une grille de métro. La presse en parla comme de "l'exhibition la plus intéressante depuis Lady Godiva".

Date: September 15, 1954, at one o'clock.
Location: between 51 and 52st Street on the corner of Lexington Avenue.
Scene: it is a mythical scene, one of the most famous in the history of cinema, which is probably the "most scene view in the world," the one where the white dress of Marilyn Monroe rises, driven by the blow of the subway grate. The press spoke of as "the most interesting exhibition since Lady Godiva".


Le tournage de cette scène eut des conséquences dans la vie privée de Marilyn Monroe en jouant un rôle déterminant dans sa relation de jeune mariée d'avec Joe DiMaggio: l'accès de jalousie de son époux. Au départ, Joe DiMaggio n'avait nullement l'intention de se rendre sur le lieu de tournage: il se trouvait dans un bar, à quelques pâtés d'immeubles de là, avec son ami Georges Solotaire. Mais sachant peut-être pertinemment qu'il avait tort, il fini par accepter de s'y rendre, après maintes insistances de son ami, l'influent journaliste people Walter Winchell, qui l'emmèna sur le lieu du tournage. Ensemble, ils traversèrent les cordons des policiers et se postèrent à côté de la première caméra. Joe ne put supporter de voir des milliers de gens déshabiller sa femme du regard des heures d'affilées et marmonna :"Qu'est-ce que c'est que ce cirque ?" et, en s'adressant à Winchell: "Je te l'ai dit que je n'avais rien à foutre ici ! Partons !". Choqué, il quitta le plateau plein de rage. Sans doute Walter Winchell avait prévu la réaction de Joe et parvint à le convaincre de venir sur le plateau, afin d'alimenter ses propres rubriques à potins. Une fois les prises de vues terminées, Winchell entraîna ensuite Joe dans la loge de Marilyn, qui, affalée dans un fauteuil, salua Joe: "Salut Giuseppe !"; Winchell percevant que sa gaieté n'était pas naturelle. D'ailleurs, presque aussitôt, une dispute entre le couple éclata, jusqu'au dîner. Winchell, gêné, finira par quitter le repas. De retour au Saint Regis Hotel, où le couple séjournait, ils eurent une violente dispute, et l'on rapporte que Joe devint brutal avec sa femme. Le caméraman chef opérateur du film, Milton Krasner, qui occupait une chambre au Saint Regis, fut réveillé par des hurlements de colère de l'autre côté du mur. Gladys Whitten, la coiffeuse de Marilyn, raconta que le lendemain matin, Marilyn lui a dit qu'elle avait appelé en criant de toutes ses forces Gladys et l'habilleuse. Gladys racontera plus tard: "(...) son mari était fou furieux et l'a battue. (...) Des coups aux épaules, on en voyait les traces; mais on les a fait disparaître avec un peu de crème teintée et elle a continué le travail." Amy Greene, la femme du photographe Milton Greene, rendit aussi visite à Marilyn pour essayer un vison: "J'étais assise sur le lit, dans son vison, et Marilyn commence à se déshabiller. (...) Elle enlève son corsage: elle était pleine de bleus dans le dos, je n'arrivais pas à y croire. (...) Elle ne savait quoi dire, et comme ce n'était pas une menteuse, elle dit simplement: 'Eh oui'. (...)".
Le lendemain de la dispute, le 16 septembre, c'est pourtant avec Joe que Marilyn reprit l'avion pour regagner la Californie. Trois semaines plus tard, la Fox publiera un communiqué de presse annonçant que le couple se séparait.

The filming of this scene had consequences in the private life of Marilyn Monroe playing a key role in its relationship with Joe DiMaggio: the jealousy of her husband. Initially, Joe DiMaggio did not intend to go to the set: he was in a bar a few blocks of buildings there with his friend George Solotaire. But perhaps knowing full well he was wrong, he finally agreed to go there, after much insistence of his friend, the influential people journalist Walter Winchell, who took him at the place of the shooting. Together, they crossed police cords and stayed next to the first camera. Joe could not bear to see thousands of people seeing his wife undressed by the air for hours and he muttered: "What is this circus ?" and, in addressing Winchell: "I have told you that I had nothing to do here. Let's go!". Shocked, he left the set full of rage. Winchell probably foresaw the reaction of Joe and managed to convince him to come on the set, in order to feed his own topic to gossip. Once the shooting ended, Winchell led Joe into the lodge of Marilyn, who slumped in a chair, bowed Joe: "Hi Giuseppe !" Winchell perceiving that his cheerfulness was not natural. In fact, almost immediately, an argument between the couple broke up until the dinner. Winchell, embarrassed, leaved during the meal. Back to St. Regis Hotel, where the couple stayed, they had a heated argument, and it is reported that Joe became violent with his wife. The cameraman cinematographer of the film, Milton Krasner, who occupied a room at the St. Regis, was awakened by screams of anger on the other side of the wall. Gladys Whitten, the hairdresser of Marilyn, told the next morning that Marilyn said she had called and shouted with all his might Gladys and her dresser. Gladys said later: "(...) her husband was mad and beat her (...) Shots shoulders, we saw the traces, but it was the away with a bit of tinted moisturizer. And she continued to work. " Amy Greene, the wife of photographer Milton Greene, also made a visit to Marilyn to try a mink: "I was sitting on the bed in her mink and Marilyn begins to undress (...) She takes off her blouse: it was full of bruising in her back, I could not believe it (...) She did not know what to say, and as she was not a liar, she simply said.. 'Yes' (. ..) ".
The day after the fight, in September 16, it is with Joe that Marilyn took the plane back to California. Three weeks later, Fox will announce that the couple were separated.

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> Joe et Walter Winchell - photographies de Bruno Bernard
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> Dans le Trans-Lus Theater

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> Le 15 septembre 1954 marque le premier anniversaire du Cinémascope
Date of September 15, 1954 marks the first anniversary of CinemaScope
- Marilyn coupe le gâteau avec Walter Winchell et Joe / Marilyn cuts the cake
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- Marilyn avec Earl Wilson et Gina Lollobrigida
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> Photographies de Milton Greene
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> Photographies de Sam Shaw
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> Photographies de Bruno Bernard
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> Autographe de Marilyn et Joe
signatures du 15 septembre 1954

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> dans la presse
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>> sources:
- Livres: Bernard of Hollywood's Marilyn / De Norma Jean à Marilyn, de Susan Bernard / Marilyn among friends, Sam Shaw / L'Encyclopédie d'Adam Victor / Marilyn Monroe et les caméras, de Georges Belmont / Les trésors de Marilyn Monroe, de Jenna Glatzer / Les vies secrètes de Marilyn Monroe, d'Anthony Summers.


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25 avril 2013

1960 Interview de Georges Belmont

C'est par l'intermédiaire de Ruppert Allan, chargé de la promotion de Marilyn, qu'eut lieu en 1960 la grande interview entre Marilyn Monroe et Georges Belmont. Ce dernier était alors rédacteur en chef de la revue Marie-Claire, qui publiera l'interview dans le numéro 72 d'octobre 1960. L'interview se déroula pendant le tournage du film Let's Make Love (Le milliardaire) qui connut un succès particulier en France en raison de l'interprétation d'Yves Montand.
Georges Belmont réussit bientôt à gagner la confiance de Marilyn. Il faut dire qu'il lui avait promis de mettre à sa disposition une transcription de l'interview et en outre de s'en tenir rigoureusement dans le texte écrit à la formulation orale de ses propos. La base était donc bonne. Tous ceux qui, par la suite, prirent connaissance de cet entretien, durent reconnaître avec étonnement qu'ils n'avaient jamais entendu Marilyn parler d'elle-même avec tant de naturel.
Voilà comment Georges Belmont dépeint l'ambiance : "Je la laissais parler. La seule pression dont j'usais était le silence. Quand elle s'arrêtait de parler, je ne disais rien et, au bout du silence, quand elle n'en pouvait plus, ce qui venait alors était souvent capital et terriblement émouvant presque toujours."

Marilyn Monroe: J'aimerais mieux répondre à des questions. Je ne sais pas raconter, c'est terrible... par ou commencer? Comment? Il y a tant de ramifications...

Georges Belmont: Tout de même, il y a eu un commencement : votre enfance.

Marilyn Monroe: Même cela, personne n'en saurait rien, sans un pur hasard.
Longtemps, mon passé, ma vie sont restés totalement inconnus. Jamais je n'en parlais. Sans raison particulière. Simplement, je trouvais que c'etait mon affaire et pas celle des autres. Puis un jour, un M. Lester Cowan a voulu me mettre dans un film avec Groucho Marx, 'Love Happy'. J'avais déjà été sous contrat avec la Fox et la Columbia, à l'époque, mais saquée... C'était un petit rôle qu'il m'offrait, ce M. Cowan, mais il tenait à m'avoir sous contrat. Donc, il téléphone. J'etais encore très jeune et il me dit qu'il voulait parler à mon père et à ma mère. Je lui dis : "Impossible." - "Pourquoi?" insiste-t-il. Je lui ai expliqué alors brièvement la chose : "Je n'ai jamais vécu avec eux." C'était la vérité et je ne vois toujours pas ce que cela avait de sensationnel. Mais il téléphona à la chroniqueuse Louella Parsons et lui raconta toute l'histoire. Cela parut dans la "colonne" de Louella. C'est comme ça que tout a commencé. Depuis, on a débité tant de choses fausses que, mon Dieu, oui, pourquoi ne pas dire la vérité maintenant?

Georges Belmont: Quelles sont les premières images de vous, enfant, que vous gardiez?

Marilyn Monroe (long silence) : Mon premier souvenir?... C'est un souvenir de lutte pour la vie. J'etais toute petite... un bébé dans un petit lit, oui, et je luttais pour ma vie. Mais j'aimerais mieux ne pas en parler, si cela vous est égal : c'est une chose cruelle qui ne regarde que moi et personne d'autre, comme je disais. Ensuite, aussi loin que je remonte, je me revois dans une poussette, en longue robe blanche, sur le trottoir de la maison ou je vivais dans une famille qui n'était pas la mienne. C'est un fait que je suis une enfant naturelle. Mais tout ce que l'on a dit de mon père, ou de mes pères, est faux. Le premier mari de ma mère s'appellait Baker. Le second, Mortenson. Mais elle avait depuis longtemps divorcé d'avec les deux quand je suis née. On a raconté que mon père était norvégien, sans doute à cause du nom Mortenson, et qu'il était mort dans un accident de moto, peu après ma naissance. J'ignore si c'est vrai de Mortenson, n'ayant jamais eu de lien de parenté avec lui. Quant à l'indentité de mon vrai père, là encore, si vous le voulez bien, je vous prierai de ne pas m'interroger ; cela n'intéresse que moi. Cependant, il y a deux faits qui peuvent expliquer certaines... confusions. D'abord, on m'a toujours dit dans ma petite enfance que mon père s'était tué dans un accident d'automobile à New York, avant ma naissance. Ensuite, curieusement, mon bulletin de naissance porte, en réponse à une mention "Profession", le mot Baker, qui était le nom du premier mari de ma mère, mais qui veut dire aussi "boulanger". Quand je suis née, enfant naturelle ainsi que je l'ai dit, ma mère devait me donner un nom. Mon sentiment est que, forcée de penser vite, elle donna : "Baker". Pure coincidence, puis confusion de la part de l'officier d'état civil... C'est du moins ce que je pense.

Georges Belmont: Votre mère... J'ai lu quelque part que, pour vous, elle n'était que "la femme aux cheveux roux"?

Marilyn Monroe: Je n'ai jamais vécu avec ma mère. On a dit le contraire, mais cela seul est vrai. Aussi loin que je remonte dans mes souvenirs, j'ai toujours vécu en pension chez des gens. Ma mère avait des... troubles mentaux. Elle est morte maintenant. Mes grands-parents maternels sont morts tous les deux fous, enfermés. Ma mère, aussi, il fallut l'interner. Elle sortait parfois, et puis elle... rechutait. Alors, vous savez comme c'est... toute petite, je disais en montrant la première femme venue : "Oh! une maman!", et le premier homme : "Oh! un papa!". Mais un matin, je devais avoir trois ans, pas plus, on me baignait et je dis "maman" à la femme qui s'occupait de moi à l'époque. Elle me répondit : "Je ne suis pas ta maman. Appelle-moi 'tante'." - "Mais lui est mon papa?" dis-je ne montrant son mari. - "Non", me dit-elle. "Nous ne sommes pas tes parents. Celle qui vient te voir de temps en temps, la femme aux cheveux roux, celle-là est ta maman." Ce fut un choc d'apprendre cela, mais comme elle venait très rarement, c'est vrai que, pour moi, elle resta surtout "la femme aux cheveux roux". Tout de même, j'essayais qu'elle existait. Seulement, plus tard, quand on me mit dans un orphelinat, j'ai eu un autre choc. Je savais lire, alors. Quand j'ai lu "orphelinat" en lettres d'or sur fond noir, il a fallu me traîner, je hurlais : "Je ne suis pas une orpheline! J'ai une maman!" Mais par la suite, j'ai fini par penser : "Il faut croire qu'elle est morte..." Et, plus tard encore, des gens me disaient : "Ta mère, mieux vaut que tu l'oublies." - "Mais ou est-elle?" demandais-je. - "N'y pense plus, elle est morte." Après quoi, tout à coup, j'avais de ses nouvelles... Et il en fut ainsi pendant des annèes. Je la croyais morte et je le disais. Et elle vivait. Ce qui fait qu'on a prétendu que j'avais inventé qu'elle était morte, parce que je ne voulais pas avouer où elle était. Idiot!
En tout cas, j'ai eu... attendez que je compte... dix, non onze "familles". La première vivait dans une petite ville du comté de Los Angeles ; je suis née à Los Angeles. Il y avait avec moi un petit garçon que ces gens adoptèrent ensuite. Je suis restée avec eux jusqu'à l'âge de sept ans environ. Ils étaient affreusement sévères. Sans méchanceté. C'était leur religion. Ils m'élevèrent à leur manière, durement, en me corrigeant souvent comme on ne devrait jamais le faire, à mon avis: à coup de ceinturon de cuir. Finalement, cela se sut ; on me retira pour me confier à un couple anglais, à Hollywood. Ceux-là étaient des acteurs, des figurants plutôt, avec une fille de vingt et un ans qui était la doublure de Madeleine Carroll. Chez eux, c'était la vie sans souci, et assez tumultueuse. Cela me changeait de la première famille ou on ne pouvait même pas parler de cinéma ou d'acteurs, ni de danser ou de chanter, sauf des psaumes. Mes "nouveaux parents" travaillaient dur, quand ils travaillaient et jouissaient de la vie le reste du temps. Ils aimaient danser, chanter, boire, jouer aux cartes et avoir beaucoup d'amis. Avec l'éducation religieuse que j'avais reçue, j'étais terrifiée : je les voyais tous en enfer! Je passais des heures à prier pour eux. Je me rappelle une chose... au bout de quelques mois, je crois, ma mère acheta une petite maison où tout le monde alla vivre. Pas pour longtemps ; trois mois au plus. Cette fois encore, ma mère dut être... emmenée. Et même pendant ces trois mois, je la vis à peine. Bref, ce fut un grand changement. Après son départ, nous regagnâmes Hollywood. Ces anglais me gardèrent tant qu'il y eut de l'argent... l'argent de ma mère, de ses biens et d'une assurance qu'elle avait souscrite. C'est avec eux que j'ai fait la connaissance du cinéma. Je n'avais pas huit ans. Ils me déposaient devant une des grandes salles d'Hollywood, L'Egyptien ou le Grauman's Chinese tôt le matin. Toute seule, je regardais les singes en cage devant l'Egyptien, ou j'essayais de placer mes pieds dans les moulages de ceux des stars, à l'entrèe du Grauman's: mais je n'y arrivais jamais, j'avais de trop grands souliers... C'est drôle de penser que mes empreintes y sont, et que maintenant, d'autres petites filles font peut-être comme moi autrefois.
Ils me conduisaient donc là chaque samedi et dimanche. C'était repos pour eux et j'imagine qu'ils ne voulaient pas s'encombrer d'un enfant à la maison. D'ailleurs, cela valait probablement mieux pour moi.
J'attendais l'ouverture, je donnais mes dix cents et m'installais au premier rang. J'ai vu toutes sortes de films comme cela. Je me souviens de 'Cléôpatre', avec Claudette Colbert.
Je restais là, tard, séance après séance. J'étais censée rentrer avant la nuit. Mais comment pouvais-je savoir quand c'était la nuit?! Et puis, on était bien; et même si je ne pouvais rien acheter quand j'avais faim, je savais qu'on me garderait de quoi manger. Alors, je restais. J'avais mes stars préférées. Jean Harlow!... Mes cheveux étaient platines ;on m'appelait "Tête d'étoupe". Je détestais ça, je rêvais de cheveux blond doré... jusqu'à ce que je l'ai vue : si belle, et platine, comme moi!... Et Clark Gable! J'éspère qu'il ne m'en voudra pas si je dis que je voyais en lui mon père, je n'étais qu'une gamine, et, d'après Freud, il n'y a pas mal à cela, au contraire! Je rêvais que mon père lui ressemblait, ou même qu'il était mon père... ce qui me rappelle que c'est curieux, mais je n'ai jamais rêvé que personne fût ma mère... Ou en étais-je?!

Georges Belmont: Le couple anglais. Quand il n'y a plus eu d'argent...

Marilyn Monroe: Oui. On m'a mise à l'orphelinat. Oh! mais, attendez! Oh!... non! Quand ces anglais n'ont plus pu me garder, je suis allée vivre chez des gens à Hollywood. Des gens de la Nouvelle-Orléans. Je m'en souviens parce qu'ils prononçaient "New Orlinns".
Mais je n'y suis pas restée longtemps. Trois, quatre mois. Je me rappelle seulement que le mari était opérateur de cinéma et que, tout à coup, on m'a conduite à l'orphelinat. Je sais, certains prétendent que ce n'était pas un endroit si affreux. Mais je sais aussi que la maison a beaucoup changé ; peut-être est-ce moins sinistre à présent... bien que l'orphelinat le plus moderne du monde demeure un orphelinat, si l'on voit ce que je veux dire.
La nuit, quand les autres dormaient, je restais à la fenêtre du dortoir et je pleurais parce que, loin et haut par-dessus les toits, je voyais briller les lettres des studios R.K.O. et que ma mère y avait travaillé come monteuse. Des annèes après, en 1951, quand je tournais 'Clash by night' pour R.K.O., je suis montée là-haut pour essayer de voir l'orphelinat; mais il y avait de trop grands buildings. J'ai lu, je ne sais où, que nous n'étions pas plus que trois ou quatre par chambre dans cet orphelinat. C'est faux. J'étais dans un dortoir de vingt-cinq lits, dont on pouvait faire le tour si on le méritait, en remontant du lit n°1 au lit n°27, qu'on appelait le "lit d'honneur". Et du 27, si l'on était très sage, on pouvait espérer passer dans un autre dortoir avec moins de lits. J'y ai réussi une fois. Mais un matin, où j'étais en retard, je pense, et où je laçais mes chaussures, la surveillante me dit : "Descendez!" Je tentai de lui expliquer: "Mais il faut que j'attache mes souliers!" Elle me foudroya : "retour au lit n°27!".
Le lever était à 6 heures et nous devions faire certaines corvées avant d'aller à l'école. Nous avions chacune un lit, une chaise et une armoire. Tout cela devait être très propre, astiqué, à cause des inspections à l'improviste. J'ai nettoyé le dortoir pendant un temps. Tous les jours, bouger les lits, balayer, épousseter. Les salles de bain, c'était plus facile: moins de poussière, à cause du sol en ciment. J'ai travaillé également aux cuisines. Je lavais la vaisselle. Nous étions cent: je lavais donc cent assiettes et autant de cuillères et de fourchettes... pas de couteaux ni de verres; nous buvions dans les quarts. Seulement, à la cuisine, on gagnait des sous: cinq cents par mois et à cela, après qu'on vous retenait un cent pour l'école du dimanche. Bref, on se retrouvait avec un cent au bout du mois, s'il n'y avait que quatre dimanches; de quoi acheter peut-être un petit cadeau pour sa meilleure amie, à Noël, en économisant. Je ne peux pas dire que j'étais très heureuse. Je n'étais pas bien avec les surveillantes. Mais la directrice était très gentille. Je me souviens, qu'un jour, elle me fait appeller dans son bureau et me dit: "Vous avez une très jolie peau, mais un peu luisante. Nous allons y mettre un soupçon de poudre, pour voir." Je me sentais honorée d'être là. Elle avait un petit pékinois qu'on empêchait d'aller avec les enfants parce qu'il les mordrait, mais qui me fit des tas d'amitiés. Comme j'adorais déjà les chiens, imaginez!... J'étais si honorée, vraiment, que je marchais dans les airs.
Un peu plus tard, j'ai voulu m'évader avec d'autres camarades. Pour aller où ? Nous n'en avions pas la moindre idée. Le temps de traverser une grande pelouse, nous étions déjà rattrapées. Quand on me ramena, je suppliais: "Ne le dites pas à la directrice!" - parce que je la voyais encore me sourire en me tapotant le nez avec sa houpette, et parce qu'elle m'avait laissé caresser son petit chien.
Même maintenant, cela revient parfois, quand je suis trop nerveuse ou surexcitée. Une fois, j'avais un petit rôle, avec une scène où je devais gravir un escalier; j'ai oublié ce qui arriva, mais le metteur en scéne assistant se précipita vers moi en me criant des mots et j'en fus si bouleversée que, au moment de la reprise, impossible de dire la réplique! Rien qu'un affreux bafouillis. Sur quoi, le metteur en scène, furieux, se précipite à son tour et crie : "Tout de même, vous ne bégayez pas?" - "V-v-vous croyez ça?" lui ai-je dit. C'était horrible! Et ça l'est encore, quand je parle trop vite ou quand je dois faire un discours. Pénible!...
(Silence) Je voudrais qu'on en ait fini avec cette partie de ma vie...
(Silence)
Je suis restée environ un an et demi dans cet orphelinat. Nous allions à l'école. C'est très mauvais pour les enfants d'une institution comme celle là, d'aller à l'école publique. Les autres nous montraient du doigt et serinaient : "Oh, v'là les orphelins!" Nous avions honte.
A l'école, j'aimais bien le chant et l'anglais. Je détestais le calcul ; je n'avais pas l'esprit à ça ; pendant les leçons, mes rêves s'envolaient par la fenêtre. Mais j'étais bonne en gymnastique et en sport. J'étais très grande. A l'orphelinat, le premier jour, on n'a pas voulu me croire quand j'ai dit mon âge: neuf ans. On m'en donnait quatorze. Je mesurais presque ma taille actuelle: 1m63. Mais j'étais très maigre jusqu'à onze ans, où les choses ont changé. Je n'étais plus à l'orphelinat, à cet âge. Je m'étais tellement plainte à ma tutrice qu'elle me sortit de là. C'était une vieille amie de ma mère. Grace McKee. Elle est morte il y a onze ans. A l'époque où elle était devenue ma tutrice, elle était chef monteuse chez Columbia. Puis on la renvoya et elle a épousé alors un homme de dix ans plus jeune qu'elle et père de trois enfants. Ils étaient très pauvres et, pour cela, ne pouvaient s'occuper de moi. En outre, je pense qu'elle estimait que son premier devoir allait à son mari et aux enfants de celui-ci, ce qui est normal. Néanmoins, elle était merveilleuse pour moi, à bien des égards. Sans elle, j'aurais pu me retrouver Dieu sait où, à l'Assistance Publique jusqu'à 18 ans.
A mon orphelinat, qui était privé, elle venait me voir et me sortait. Pas souvent, mais tout de même... cela me donnait du courage. Je n'avais que neuf ou dix ans, et elle me laissait jouer avec son rouge à lèvres ou me menait chez le coiffeur pour une ondulation... chose inouïe, d'abord parce que c'était interdit, et puis parce que j'avais les cheveux raides: alors vous imaginez ce que cela représentait! De plus, c'est elle qui me retira de l'orphelinat, après mes plaintes, ainsi que je l'ai dit. Naturellement, cela signifia d'autres "familles". Je me souviens d'une où je restais trois ou quatre semaines. Je m'en souviens à cause de la femme qui allait livrer des choses que son mari fabriquait. Elle m'emmenait avec elle, et oh! la voiture me rendait si malade!...
J'ignore si on les payait pour me garder. Je sais seulement que, après eux, j'ai tout le temps changé de maison. Certaines familles me prenaient à la fin d'un trimestre scolaire et en avaient assez, après les vacances; ou peut-être étais-ce l'arrangement. Par la suite, le comté de Los Angeles m'a prise en charge. C'était pire: je détestais ça. Même à l'orphelinat, quand j'allais à l'école, j'essayais toujours de ne pas avoir l'air d'une orpheline. Mais maintenant, une femme arrivait et disait: "Voyons, voyons... lève les pieds" et elle marquait: "Paire de chaussures". Puis: "A-t-elle un chandail ?" Ou encore: "Je crois que la pauvre fille aurait bien besoin de deux robes, une pour l'école, une pour le dimanche." Et les chandails étaient en coton et laids, les robes semblaient taillées dans de la toile de sac... Terrible! Et les chaussures! Je disais: "Je n'en veux pas!" Je m'arrangeais toujours pour me faire donner des robes, des robes de grandes personnes, qu'on recoupait à ma taille. Et la plupart du temps, j'avais des souliers de tennis: on en trouvait pour moins d'un dollar. Je devais être une drôle de fille, à cette époque. Très grande, comme je l'ai dit. Pas grimacière pour la nourriture. Mangeant de tout. Je le sais parce que, dans presque toute les familles, on disait que jamais on avait vu une enfant aussi peu difficile. Je sais aussi que j'étais très tranquille, avec les grandes personnes en tout cas. On m'appelait "la souris". Je parlais peu, sauf quand j'étais avec d'autres gosses. Alors je n'étais plus la même. Ils aimaient jouer avec moi. J'avais de l'invention; je disais: "On joue au divorce, au crime!" et eux me regardaient: "Mais où vas-tu prendre ça?".
J'étais probablement très différente des autres. Alors que les enfants refusent en général d'aller se coucher, jamais je ne rechignais. Au contraire, de moi-même je disais: "Je crois que je vais aller me coucher." J'aimais la solitude de ma chambre, et mon lit. J'aimais surtout me jouer le dernier film que j'avais vu. Debout sur mon lit, plus grande que jamais, je jouais tous les rôles, y compris ceux des hommes, et j'ajoutais des inventions de mon cru. J'adorais cela, tout comme jouer la comédie dans les fêtes scolaires.
Là, toujours à cause de ma taille, j'ai joué le roi une fois, et une autre fois le prince. J'ai eu une période heureuse, dans cette partie de ma jeunesse: celle où j'ai vécu chez "tante" Anna. C'était une vielle femme de soixante ou soixante-cinq ans, parente de Grace McKee. Elle m'aimait beaucoup et j'y étais très sensible. Elle me comprenait. Elle n'oubliait jamais qu'elle avait été jeune et ses merveilleuses histoires, tristes ou gaies, de ce temps passé, me fascinaient. Le soir, quand je faisais la vaisselle, j'étais si heureuse que je chantais ou sifflais par la fenêtre de la cuisine, et qu'elle disait: "Quel pinson! Je n'ai jamais rien entendu de pareil!". C'est vers la fin de cette période qu'on m'a mariée. Il y a peu de choses à dire de ce mariage. Grace McKee et son mari devaient partir pour la Virginie. A Los Angeles, ils touchaient vingt dollars du comté pour moi; si je partais avec eux, nous perdions cet argent. Comme ils n'étaient pas assez riches pour me faire vivre mais qu'ils m'aimaient bien, il fallait trouver un moyen de me "caser". En Californie, une jeune fille peut se marier à seize ans. On m'a donc donné le choix: ou entrer dans un Orphelinat d'Etat jusqu'à dix-huit ans ou me marier. J'avais presque seize ans; j'ai choisi le mariage.
Il s'appelait Dougherty, il avait vingt et un ans et travaillait dans une usine. Peu de temps après, ce fut la guerre. D'abord mobilisé comme moniteur d'éducation physique, il fut versé ensuite dans l'armée active, mais échoua finalement dans la marine marchande. Peu avant la fin de la guerre, j'allais à Las Vegas et obtins le divorce. J'avais vingt ans. Aujourd'hui, il est agent de police. J'ai travaillé en usine pendant la guerre. J'ai commencé par vérifier des parachutes, pour avions-cibles, pas pour hommes. Puis, je suis passée au "collage", comme on appelait ça... un enduit qu'on étalait sur ce qui servait à fabriquer les avions-cibles. C'était fastidieux et il y avait une mauvaise ambiance humaine. Les femmes parlaient surtout de l'emploi de leurs soirées et du prochain week-end. Je travaillais tout près de l'atelier de peinture au pistolet... rien que des hommes. Ils m'écrivaient des mots et s'arrêtaient de peindre, etc.
C'était si monotone que je travaillais vite, pour me débarrasser. Le résultat fut inattendu. On a dû trouver que j'abattais un travail formidable. Il y a eu une assemblée générale du personnel et le directeur m'a citée pour "bonne volonté exemplaire" et m'a remis une insigne en or et un bon du Trésor de vingt-cinq dollars. Les autres filles ont été folles de jalousie et m'ont mené la vie dure, après cela. Elles ricanaient et faisaient exprès de me bousculer quand j'allais remplir mon pot d'enduit; pour le renverser sur moi. Oh, j'ai souffert! Et puis, un jour, l'Armée de l'Air a voulu des photos de notre usine. Je revenais d'un congé, on m'appelle au bureau: "Où vous cachiez-vous?" Morte de peur, je réponds: "J'étais en permission régulière!"- ce qui était vrai. On me dit: "Là n'est pas la question. Voulez-vous poser pour des photos?" Bref, les photographes arrivèrent et prirent des photos. Ils en réclamèrent d'autres, hors de l'atelier. Moi, j'avais peur de m'attirer des ennuis si je quittais mon travail. J'ai refusé, j'ai dit: "Demandez la permission." Ils l'ont obtenue et j'ai passée plusieurs journées à poser ici, là, et à tenir des trucs, pousser des trucs, tirer des trucs...
Les photos étaient développées dans les laboratoires Eastman-Kodak. Et là, les gens ont demandé qui était le modèle et en ont parlé aux photographes; si bien que l'un d'eux - David Conover - est revenu me dire: "Vous devriez faire le modèle. Vous gagneriez facilement cinq dollars de l'heure." Cinq dollars de l'heure, alors que j'en gagnais vingt par semaine, pour dix heures de travail par jour, les pieds sur le ciment! Il y avait de quoi tenter la moins folle des filles.
Je m'y suis mise peu à peu. C'était la fin de la guerre. J'ai quitté l'usine. Je me suis présentée à une agence. J'ai eu du travail. Photos publicitaires. Calendriers... Pas celui qui a fait tant de bruit; nous y viendrons. D'autres, où j'étais brune, rousse, blonde. Et je gagnais vraiment cinq dollars de l'heure! De temps à autres, je pouvais réaliser un de mes rêves: me payer des leçons d'art dramatique... quand j'avais assez d'argent, car ça coûtait cher, dix dollars de l'heure! Je faisais la connaissance de gens très différents de ce que j'avais connus jusqu'alors. Des bons et des mauvais. Souvent, quand j'attendais un bus à un coin de rue, une voiture s'arrêtait et l'homme au volant me débitait une histoire: "Qu'est-ce que vous fabriquez là? Vous devriez être dans les films." Ensuite, il proposait de me ramener. Moi, je répondais toujours: "Non merci. J'aime mieux le bus." Mais tout de même, l'idée du cinéma cheminait dans ma tête. Une fois, je me souviens, j'ai accepté un rendez-vous dans un studio avec un homme rencontré de cette façon. Il devait être très persuasif. J'y suis allée. C'était un samedi et il n'y avait pas un chat dans ces studios. J'aurais dû me méfier, mais j'étais naïve à bien des points de vue. Bref, je trouve mon homme qui me conduit dans un bureau. Nous étions seuls. Il me tend un scénario en disant que je devrais faire l'affaire pour un rôle, mais qu'il faut voir. Sur quoi, il me demande de lire le rôle, tout en insistant pour que je relève ma robe et que je la garde comme ça. C'était en été et j'avais un maillot de bain sous ma robe. Mais comme il répétait: "Plus haut!" j'ai pris peur et, toute rouge, je me suis entêtée de mon côté: "Seulement si je garde mon chapeau!" C'était idiot, mais j'avais vraiment peur et j'étais déséspérée. Je devais être ridicule, assise là et cramponnée à mon chapeau. A la fin, il s'est mis en fureur, ce qui a achevé de me terrifier, je me suis sauvée et j'ai signalé l'affaire à l'agence. On a téléphoné aux studios, et ailleurs, pour essayer de le retrouver. Impossible. Il devait avoir un ami dans la place qui lui avait permis d'utiliser son bureau. L'incident me bouleversa à tel point que, pendant assez longtemps, je résolus de ne jamais être actrice. C'est une dure époque de ma vie. Je déménageais tout le temps, d'un meublé à l'autre. L'hôtel était trop cher.
Et puis le hasard a fait qu'on m'a vue sur la couverture de cinq magasines différents le même mois et la Fox a téléphoné. Je me suis retrouvée sur un banc de bois avec des gens de tout âge et de toutes dimensions qui attendaient comme moi. On a attendu lontemps avant que Ben Lyon, qui dirigeait le recrutement, sorte de son bureau. A peine sorti, il a dit en me montrant du doigt : "Qui est-ce?" Je portais une petite robe blanche en piqué que "Tante" Anna - j'étais revenue vivre chez elle quelque temps - avait lavée et repassée à toute vitesse; tout cela était arrivé si rapidement que je n'aurais jamais pu préparer la robe et me préparer en même temps; "Tante" Anna m'avait dit: "Je m'occupe de la robe. Occupe-toi de tes cheveux et de ton maquillage."
Je me sentais plutôt défaite aprés cette longue attente. Mais Lyon fut très gentil. Il me dit qu'il me trouvait si fraîche, si jeune, etc... Il dit même : "vous êtes la première que je découvre depuis Jean Harlow." Jean Harlow, entre nous, est ma préférée d'autrefois!
Le lendemain, bien qu'il eût fallu normalement le consentement du Président directeur général ou de je ne sais qui, Lyon me glissa dans une série de bouts d'essais en technicolor et, presque aussitôt, la Fox me signa un contrat. Un contrat de star, pour un an!
En pure perte d'ailleurs. Je n'ai jamais su pourquoi, jamais compris. Ils engageaient des tas de filles et de garçons et les laissaient tomber sans leur accorder une seule chance. Ce fut mon cas. Mise à la porte, j'essayai de voir M. Zanuck. Impossible. Chaque fois, on me répondait qu'il était à Sun Valley. Semaine après semaine je revins à l'assaut : "Navré", me disait-on. "Il est occupé, il est à Sun Valley." J'imagine, il y est encore... bien que je l'ai revu, quand la Fox me reprit sous contrat, après 'Asphalt Jungle'. Il me dit: "Vous avez déjà été ici apparemment ?" - "C'est vrai." - "Que voulez vous, la roue tourne!" et il enchaîna en déclarant que j'avais "quelque-chose", une qualité à trois dimensions qui lui rappelait Jean Harlow; ce qui fut très intéressant puisque ça avait été l'avis de Ben Lyon. Je dois beaucoup à Ben Lyon, il fut le premier à me donner confiance. Je lui doit aussi mon nom actuel. Un jour où nous cherchions pour moi un nom de cinéma, car je ne voulais pas garder celui d'un homme qui n'était pas mon père, j'insistai pour prendre celui du nom de jeune fille de ma mère: Monroe. Je tenais à conserver du moins une forme de lien avec mes parents. Il accepta Monroe, mais ce fut lui qui trouva Marilyn, parce que, dit-il, après Jean Harlow, l'actrice à laquelle je ressemblais le plus était Marilyn Miller, la fameuse vedette des comédies musicales de Broadway. Etrange, quand on y pense que me voilà devenue Marilyn Miller pour l'état civil!
Mais enfin, pour en revenir à notre histoire, j'étais donc sans rien. Saquée par la Fox, saquée par la Columbia un peu plus tard, quoique différemment. La Columbia m'avait du moins donné un rôle dans 'Ladies of the Chorus'. Un film affreux! Je jouais une danseuse de burlesque dont un type de Boston tombe amoureux. Horrible! Mais ce n'était pas la raison de mon départ. Le vrai motif tient à des circonstances plutôt étranges et, mettons, déplaisantes. Je n'en dirai pas plus, si ce n'est que... la vie est pleine de leçons. Je ne voyais pas d'issue. J'étais revenue aux jours les plus durs. J'habitais au Hollywood Studio Club. J'y étais très malheureuse: cela me rappelait l'orphelinat. J'avais des dettes et j'étais très en retard pour mon loyer. Au Club, on vous accorde une semaine de retard et, après, vous recevez un petit mot: "Vous êtes la seule à ne pas apporter votre soutien à notre merveilleuse institution.", etc. Et vous comprenez! Tant que vous vivez là, vous mangez deux fois par jour, petit déjeuner et dîner. Ce n'est pas toujours très bon, mais cela nourrit. Et vous avez un toit et un lit. Sans cela, où aller? Pas de famille. Rien. Personne. Et j'avais faim. Je sais, des gens me disaient: "Pourquoi ne pas chercher un job de vendeuse, quelque part ?" Oui, pourquoi pas ? Une fois j'ai essayé, dans un drugstore: on n'a pas voulu de moi parce que je n'avais pas terminé mes etudes de lycée. Et puis, comment dire ?... ce n'était pas la même chose. J'avais été modèle et surtout je voulais devenir une actrice et il me semblait que, si je retombais, ce serait sans retour. On a raconté beaucoup de fables à propos du fameux calendrier. A l'époque où l'on a découvert la chose, j'avais déjà fait 'Asphalt Jungle' et j'étais de nouveau sous contrat avec la Fox, pour sept ans cette fois. J'entends encore la voix de celui qui m'appela au téléphone, des bureaux de la Publicité: "C'est vrai que vous avez posé pour un calendrier?" - "Bien sûr", dis-je. "Cela vous ennuie?" puis j'ai compris à quel point ils étaient bouleversés, car la voix reprit : "Eh bien, même si c'est vrai, dites que non." - "Mais j'ai signé l'autorisation de vente! Comment voulez-vous que je mente?" Et, si contrariés qu'ils fussent, je dis la vérité. Mais quand les journalistes me demandèrent pourquoi et que je repondi: "J'avais faim", on crut à un bon mot.
Ceux qui me connaissent bien savent que j'ai beaucoup de mal à mentir. Cela m'a coûté assez cher dans la vie. Il m'arrive de passer délibérement des choses sous silence, pour me protéger ou protéger les autres - qui n'a pas envie ou besoin de se protéger? - mais je ne mens jamais. J'avais faim et j'avais quatre semaines de loyer en retard; je cherchais déséspérémment de l'argent. Telle est la vérité. Je me suis rappelée que j'avais posé pour les publicités de bière avec le photographe Tom Kelley, et que sa femme, Nathalie, avait suggéré que je devrais poser sans vêtements, en ajoutant qu'il n'y avait rien de mal à cela et que c'était bien payé: cinquante dollars, la somme dont j'avais besoin. Alors, comme ils avaient toujours été très gentils pour moi, j'ai téléphoné. J'ai commencé par dire à Tom: "Etes-vous sûr qu'on ne me reconnaîtra pas ?" Il l'a promis. Puis j'ai demandé si Nathalie serait là. "Oui." - Mais ça devra être de nuit", ai-je insisté. "Après que vos assistants seront partis. Vous devrez vous debrouillez tout seul avec Nathalie pour les éclairages." Il a dit oui. Je suis venue. Ils se montrèrent d'une compréhension extrêmes; ils me sentaient suffisamment bouleversée. Ils ont étalé un velour rouge. Ce fut vite fait, très simple, et plein de courants d'air. Mais je pus payer le loyer et manger.
Les gens sont drôles. Ils vous posent de ces questions ! Et si vous êtes franches, ils sont choqués ! On me demande: "Qu'est-ce que vous mettez pour vous coucher ? Un haut de pijama ? Le bas ? Une chemise de nuit ?" Je reponds: "Une goutte de Chanel n°5", et l'on croit que c'est encore un bon mot, alors que j'essaie de répondre avec tact à une question grossière et indiscrète. Et puis, c'est vrai ! Mais on ne le croit pas !
Il fut un moment où je commençais à être... reconnue, disons, et où les gens n'arrivaient pas à imaginer ce que je faisais quand je n'étais pas sur le plateau, parce qu'on ne me voyait à aucune première, aucune représentation de presse, aucune réception. C'est simple: j'allais à l'école ! Je n'avais jamais pu finir mes études, alors j'allais à l'Université de Los Angeles. Le soir. Dans la journée, je gagnais ma vie avec des petits rôles dans les films. Je suivais des cours d'histoire de littérature et d'histoire de ce pays; je lisais beaucoup, de grands écrivains. C'était dur d'être à l'heure pour les cours. Je devais me dépêcher. Je quittais le studio à 6h30 et j'avais dû me lever très tôt pour être sur le plateau, prête, à 9 heures du matin. Souvent j'étais morte de fatigue; il m'arrivait même de m'endormir en classe. Mais je me forçais à rester droite et à écouter. J'avais pour voisin un jeune noir, studieux et brillant: il me donnait l'exemple et cela m'aidait à rester éveillée. Entre parenthéses, c'était un humble postier à l'époque; il est aujourd'hui directeur des postes à Los Angeles. Le professeur, Mme Seay, ne savait pas qui j'étais, bien qu'elle trouvât bizzare que des garçons des autres classes passaient parfois la tête à la porte, pendant les cours, pour me regarder en chuchotant. Un jour, elle se décida à interroger mes camarades, qui dirent: "Elle joue dans les films". Surprise, elle déclara: "Et moi qui la prenais pour une jeune fille fraîche émoulue du couvent!" C'est l'un des plus grands compliments qu'on m'ait jamais faits.
Mais les gens dont je parlais tout à l'heure, eux, préféraient voir en moi une starlette frivole, "sexy" et stupide. C'est comme ma réputation d'être toujours en retard. D'abord, tout le temps, non ! On se rappele seulement quand je le suis. Cela dit, je crois en effet que je ne peux pas aller aussi vite que les autres. Ils sautent en voiture, se rentrent dedans, sans répit... Je ne crois pas que nous soyons faits pour vivre comme des machines. D'ailleurs, c'est tellement inutile ! On travaille tellement mieux avec un peu plus de bon sens et de loisirs ! Au studio, si je dois me presser pour répéter ou pour me faire coiffer, maquiller, habiller, j'arrive épuisée sur le plateau. Pendant que nous tournions 'Let's make love', George Cukor, le metteur en scéne, a trouvé plus intelligent de me laisser un peu en retard mais plus fraîche. En tout ce que je fais, j'aime prendre mon temps. On se bouscule trop, de nos jours. C'est pourquoi les gens sont si nerveux et si malheureux en face de la vie et d'eux-mêmes. Comment peut-on faire parfaitement quoi que ce soit, dans ces conditions ? La perfection demande du temps.
J'aimerais devenir une grande actrice, une vraie, et être heureuse aussi parfaitement que possible. Mais qui est heureux ? Le bonheur ! Vouloir devenir une vraie actrice, tout cela demande beaucoup d'effort et de temps.

Georges Belmont: J'imagine que ce portrait de la Duse, au mur, n'est pas ici pour rien ?

Marilyn Monroe: Non. J'ai une grande tendresse pour elle. A cause de sa vie, comme femme et comme actrice. Comment dire ?... Elle n'a jamais fait de concession, dans un cas comme dans l'autre.
Personnellement, quand il m'arrive de réussir quelque chose dans mon métier, j'ai le sentiment de toucher à ce qu'on appelle le sommet du bonheur. Mais ce ne sont que des moments ! Je ne suis pas heureuse, comme ça, en général. Si je suis quelque chose, en général, ce serait plutôt misérable comme un chien ! Mes deux vies, professionelle et privée, me sont si personnelles, sont si étroitement liées, que je ne peux les séparer: l'une réagit constamment sur l'autre.
L'ennui dans mon cas, je pense, c'est que je voudrais tant être merveilleuse ! Je sais que cela fera rire certains, mais c'est vrai. Une fois, à New York, mon avocat me parlait d'histoires d'argent, en déployant une patience d'ange pour m'expliquer ça. A la fin je lui ai dit: "Je n'y comprend rien et je m'en moque. Je sais seulement que je voudrais être merveilleuse!". Dites cela à un homme de loi, il vous croira folle.
Il y a un livre du poète Rainer Maria Rilke qui m'a beaucoup aidée: 'Lettres à un jeune poète'. Sans lui, peut-être croirais-je par moments que je suis folle. Quand un artiste... je m'excuse, mais je considère que je suis presque une artiste, et là encore, on rira sans doute; c'est pourquoi je m'excuse... quand un artiste recherche à tout prix la vérité, il a parfois la sensation de frôler la folie. Mais ce n'est pas vraiment la folie. C'est seulement qu'on s'efforce de faire sortir ce qu'on a de plus vrai en soi-même; et croyez-moi, c'est dur. Il y a des jours où l'on se dit: "Sois vraie, c'est tout !", et ça ne sort pas. Et d'autres jours, c'est si simple !
J'ai toujours eu le sentiment secret de ne pas être absolument sincère. Tout le monde sent cela, de temps à autre, je suppose. Mais dans mon cas, cela va loin parfois... jusqu'à penser que, foncièrement, je ne suis qu'un monstre de fabrication. Lee Strasberg, le directeur de l'Actors Studio me répète souvent: "...Pourquoi es-tu si mécontente de toi-même ?" Et il ajoute: "Après tout, tu es un être humain !" Et moi je lui réponds: "Oui, mais j'ai l'impression que je dois être plus que cela." - "Non!" me dit-il alors. "C'est cela que tu essaies de faire en ce moment ?" - "Il faut bien que j'entre dans la peau du personnage, non ?!" Et il répète encore : "Non ! Tu es un être humain. Pars de toi-même !" La première fois qu'il m'a sorti cela, j'ai crié : "De MOI?" Et il a répondu : "Oui! De TOI !!".
Après Arthur, Lee est probablement celui qui a le plus changé ma vie. C'est pourquoi j'aime tant aller à l'Actors Studio. A New York, j'y vais régulièrement. Je n'ai qu'une envie: faire de mon mieux, toujours, à tout instant. Sur le plateau, dès que la caméra se déclenche, je veux être parfaite, aussi parfaite que possible, jusqu'au bout. Quand j'étais à l'usine, le samedi soir, j'allais au cinéma. C'était le seul moment où je pouvais me distraire, rire, être moi-même. Alors, si le film était mauvais, quelle déception ! Toute la semaine, j'avais attendu et travaillé dur pour me payer cela. Si les acteurs me paraissaient jouer par-dessous la jambe, je sortais déçue comme si l'on m'avait trahie. Que me resterait-il pendant toute une semaine ? C'est pourquoi, aujourd'hui, quand je travaille, je songe toujours à ceux qui travaillent aussi pour pouvoir aligner leur argent au guichet dans l'espoir de s'amuser. Ce que pensent les producteurs et le metteur en scéne, cela m'est assez égal: mais pas ce que penseront les gens en voyant le film. Un jour, j'ai essayé d'expliquer ça à M. Zanuck...
L'amour et le travail sont les seules choses vraies qui nous arrivent dans la vie. Ils font la paire; sinon, c'est boiteux. D'ailleurs, le travail même est une forme d'amour. A l'usine j'ai dit que je me dépêchais d'expédier mon travail parce que c'était fastidieux; mais je me rappelle que, malgré tout, je mettais un point d'honneur à le faire exactement, aussi parfaitement que possible. Et si je rêvais de l'amour, c'était aussi comme d'une chose qui doit être la plus parfaite possible. Quand j'ai épousé Joe DiMaggio, en 1954, il ne jouait déjà plus au base-ball, mais c'était un merveilleux athlète et un être d'une grande sensiblité. Fils d'immigrants italiens, il avait eu une jeunesse difficile. Nous nous comprenions donc assez bien. Ce fut la base de notre mariage. Mais je dis assez bien. Et pour cela ce fut un échec. C'était fini au bout de neuf mois, malheureusement. Je mets le même point d'honneur à mes sentiments qu'à mon travail. Peut-être est-ce pourquoi je suis impétueuse et exclusive. J'aime bien les gens. Et quand j'aime, je pousse l'exclusivité jusqu'à ne plus avoir qu'une seule idée en tête ! Surtout, j'ai envi d'être traitée humainement.
La première fois que j'ai vu Arthur Miller, c'était sur un plateau et je pleurais. Je jouais dans un film 'As young as you feel', et il passait dans les studios avec Elia Kazan. Je pleurais à cause d'une amie dont je venais d'apprendre la mort. On nous présenta. Je voyais tout dans un brouillard. C'était en 1951. Je restai quatre ans sans le revoir, après cela. Nous nous écrivions et il m'envoya une liste de livres à lire. Mais je me rappelle que, constamment, je songeais qu'il me verrait peut-être dans un film... on passerait deux films, ce soir là, et peut-être serais-je dans un et me verrait-il. Alors, quand je travaillais, je faisais encore plus de mon mieux... Je ne sais comment décrire cela. Je l'aimais, depuis le premier jour. Voilà, c'est tout. Jamais je n'oublierai qu'il dit, ce jour là, qu'à son avis, je devrais faire du théâtre et que les gens autour de nous, sur le plateau, rirent en l'entendant. Mais il répéta: "Non, non, c'est très sérieux." Et le ton, son attitude, les circonstances, firent que je sentis en lui un être profondément humain et sensible, et qui m'avait traitée comme une personne humaine et sensible, moi aussi. C'est le mieux que je puisse dire. Mais c'est le plus important. Depuis notre mariage, quand je ne tourne pas, nous menons une vie tranquille et heureuse à New York, et plus encore dans notre maison du Connecticut pendant les week-ends. Mon mari aime travailler tôt le matin. Il se lève en général à 6 heures. Il se repose ensuite dans la journée en faisant la sieste. Comme l'appartement n'est pas grand, j'ai fait insonoriser son bureau. Il a besoin de solitude totale quand il travaille. Moi, je me lève à 8h30 et quelques. Nous avons une excellente cuisinière. Parfois, en attendant mon petit-déjeuner, je vais promener mon chien Hugo. mais quand la cuisinière est de sortie, je me lève plus tôt et je prépare le petit déjeuner pour mon mari; car je trouve qu'un homme ne doit pas s'occuper de ses repas. Je suis très vieux jeu à bien des égards. Je trouve aussi qu'un homme ne doit jamais porter à la main ce qui appartient en propre à la femme, souliers à hauts talons, sac, etc. Il m'arrive de cacher un peigne dans la poche de mon mari, mais c'est tout.
Après le petit déjeuner, je prends un bain, pour changer des jours de travail où je me lève si tôt, parfois à 6h ou 5h du matin, que je dois prendre deux douches, une chaude et une froide pour me secouer. A New York, j'aime à me tremper dans mon bain en lisant les journaux et écoutant des disques. Après, j'enfile une jupe, une blouse, des souliers plats et une veste de polo et, le mardi et le vendredi, je vais à l'Actors Studios, à 11h, ou les autres jours aux cours privés de Lee Strasberg. Je rentre pour le déjeuner, que nous prenons d'habitude ensemble, comme le dîner. Nous écoutons des disques en mangeant. Mon mari aime comme moi la musique classique. Ou le jazz s'il est excellent, bien que nous réservions plutôt cela aux soirées où nous avons des amis qui aiment danser. Souvent, Arthur se remet au travail après sa sieste. Je trouve toujours à m'occuper pendant ce temps. Il a deux enfants de son premier mariage et je m'efforce d'être une bonne belle-mère. Et il y a à faire dans l'appartement. J'aime faire la cuisine, pas tellement à la ville où l'on est trop bousculé, mais à la campagne pour le week-end. Je fais du très bon pain, et les nouilles aussi très bien. Rouler, sécher, la cuisson et la sauce. Ce sont mes deux spécialités. Mais j'aime également inventer... J'adore les assaisonnements ! L'ail ! Souvent, j'en mets de trop pour le goût des autres.
Il arrive que les acteurs avec qui j'étudie une scène pour les cours de Strasberg viennent à la maison, le matin ou l'après-midi et je leur prépare un petit-déjeuner ou le thé... Bref, les journées sont assez remplies. Mais toujours, j'ai soin d'être libre avant le dîner, pour mon mari. Aprés le dîner, parfois nous allons au théâtre ou au cinéma, ou des amis viennent, ou nous allons chez des amis. Mais très souvent, nous restons tout simplement à la maison, tous les deux, à écouter de la musique, parler ou lire. Ou encore, nous marchons dans les rues ou dans Central Park. Nous adorons marcher. Il n'y a pas de routine fixe dans notre vie. Il y a bien des moments où j'aimerai être plus organisée, faire certaines choses à certaines heures etc. Mais mon mari dit que comme ça, au moins, on ne s'ennuie pas ! Alors, tout va bien. Et puis, personellement, les choses ne m'ennuient jamais. Ce qui m'ennuient, ce sont les gens qui s'ennuient. J'aime beaucoup les gens; pourtant, parfois, je me demande si je suis vraiment sociable. La solitude ne me pèse pas. Cela m'est égal d'être seule. Même, j'aime cela. C'est un repos. Cela permet de prendre plus possession de soi-même, de se rafraîchir. Je crois qu'il y a deux aspects dans tout être humain; du moins, c'est ce que je sens dans mon cas. On a envie d'être seul, et en même temps, envie d'être ensemble. C'est un vrai conflit. J'y suis sensible à un point suraigu. C'est pourquoi, j'aime tant mon travail. Quand j'en suis contente, naturellement je me sens plus gaie, plus sociable. Quand ça ne va pas, j'ai envie d'être seule. Et c'est la même chose dans ma vie...

Georges Belmont: En sorte que, pour résumer, si je vous demande quelle impression cela fait d'être Marilyn Monroe, à ce stade de votre vie, que direz-vous?

Marilyn Monroe: Quelle impression cela vous fait-il d'être vous?

Georges Belmont: Parfois je suis content du monde et de moi-même. Parfois, non.

Marilyn Monroe: Et vous êtes heureux comme ça?

Georges Belmont: Ma foi, oui.

Marilyn Monroe: Eh bien, moi aussi. Et comme j'ai trente quatre ans et encore quelques années devant moi, j'éspère, cela me laisse le temps de travailler à devenir meilleure et plus heureuse dans mon métier comme dans ma vie privée. C'est ma seule ambition. Peut-être y mettrais-je le temps, car je suis lente; et je ne veux pas dire par là que ce soit le plus sûr moyen. Mais c'est le seul que je connaisse et qui me donne le sentiment que la vie, après tout, n'est pas sans espoir. 

16 avril 2013

30/03/1955 Ringling Brothers Circus

Action Caritative

La soirée du 30 mars 1955: Marilyn Monroe participa à la grande cérémonie de bienfaisance organisée par Mike Todd et son cirque (Ringling Brothers Circus) dont les bénéfices étaient reversés à une fondation qui lutte contre l'arthrose et les affections rhumatismales.
C'était la première apparition en publique de Marilyn depuis son départ de Los Angeles. Le contrat de la Fox lui interdisait la participation à des spectacles rémunérés, mais les soirées de bienfaisance n'entraient pas dans cette catégorie.
Marilyn se rendit de son hôtel au Madison Square Garden en limousine avec Dick Sheperd (qui était alors agent au département cinéma de MCA à New York). Elle réussit à se faufiler dans les couloirs de l'établissement, gagna sa loge et put s'habiller dans le calme relatif. 
The evening of March 30, 1955: Marilyn Monroe participated to the great charity ceremony organised by Mike Todd and his circus (Ringling Brothers Circus) to benefit the Arthritis Foundation and Rhumastismales disorders.
It was the first public appearance of Marilyn since her departure from Los Angeles. Fox's contract forbade participation in paid shows, but charity evenings did not fall into this category.  
Marilyn was accompanied by Dick Shepperd for the trip from the hotel to Madison and photographed by Ed Feingersh. She managed to sneak into the corridors of the school, won his lodge and could dress in relative calm.  

> Marilyn et Dick Sheperd (photos de Ed Feingersh)
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1955_03_30_ny_madison_square_circus_044_6_signedDans les coulisses, Marilyn s'est préparée, soutenue par Milton Berle et la jeune Alice Fitzpatrick; Milton Greene et Peter Leonardi (son secrétaire et coiffeur à cette époque) sont aussi présents, dans l'ombre. Elle lui dédicacera une des photos de la soirée (voir ci-contre).
Behind the scenes, Marilyn prepared, supported by Milton Berle, the young Alice Fitzpatrick; but also Milton Greene and Peter Leonardi (his secretary and hairdresser at the time) who were also presents in the shadows. She will dedicate him one of the photos of the evening.   

> Dans les coulisses
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> Arrivée de Marilyn (avec Milton Greene)
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- de la collection de Frieda Hull, une fan des Monroe Six
-from the personal collection of Frieda Hull, one of the 'Monroe Six'
 


 - photo de Max Peter Haas ->  
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- photos de Marvin Scott ->
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- photo de Weegee ->
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 - autres photos ->
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 - photo de Sam Goldstein ->
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Le grand show, qui se tient au Madison Square Garden à New York, était présenté par Milton Berle, qui officiait en tant que "Monsieur Loyal", le 'maître de cérémonie', et qui présente Marilyn en ces termes: "Voici la seule femme au monde à côté de qui Jane Russell ressemble à un homme!", provoquant l'hilarité dans la foule. Plus de 25 000 spectateurs étaient présents; ils avaient payer 50 dollars leurs places; dont Joe DiMaggio, l'ex-époux de Marilyn.
Dans la salle, deux cents photographes s'arrachaient les meilleures places (Ed Feingersh, Milton Greene, Marvin Scott, Walter Carone, Weegee, Sam Goldstein, Erika Stone...). Lorsqu'enfin elle entra en scène, Milton Berle dut leur demander de s'accroupir pour ne pas gêner les autres spectateurs. Marilyn Monroe fit une entrée triomphale, juchée sur le dos d'un éléphant indien peint en rose, nommé Karnaudi (ou Kinardy), appartenant au cirque Barnum & Bailey. Elle déclarera plus tard: "C'était très important pour moi, je n'étais jamais allée au cirque quand j'étais enfant."
The big show, which held at the Madison Square Garden in New York, was presented by Milton Berle, who was the "Master of the Ceremony". More than 25,000 spectators were presents, including Joe DiMaggio in the stands; and two hundred photographers snatched the best seats (Ed Feingersh, Milton Greene, Marvin Scott, Walter Carone, Weegee, Sam Goldstein, Erika Stone...). When finally she came on the stage, Milton Berle, had to ask them to squat to not to interfere with other spectators. Marilyn Monroe made a triumphal entrance, perched on the back of an indian elephant painted pink, named Karnaudi (or Kinardy) and belonging to the Barnum & Bailey circus.

Le magazine Variety écrivit: "Marilyn Monroe juchée sur un pachyderme peint en rose fut le clou de la soirée. Malheureusement, les photographes agglutinés autour de la star à demie nue l'empêchaient d'avancer. On put difficilement admirer les charmes de Miss Monroe, mais en définitive, la foule ne s'était déplacée pas pour rien." Les autres stars présentes furent toute au plus citées.
Variety Magazine said: "Marilyn Monroe perched on an elephant painted pink was the highlight of the evening. Unfortunately, photographers clustered around the half naked star prevented her from advancing. We could hardly see the charms of Miss Monroe, but ultimately, the crowd had not moved for nothing. "Other present stars have not been mentionned. 

> Entrée de Marilyn qui monte sur l'éléphant
- photos de Ed Feingersh ->
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- autres photos (Marvin Scott, Weegee, Sam Goldstein...) ->   
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- photos de Walter Carone -> 
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- Photographies de Milton H Greene -

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> Le public (on distingue Joe DiMaggio)
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> captures
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> videos

Marilyn Madison Square Garden 1955 par MissYria



 > dans la presse
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Le soir du spectacle, Milton Greene loua la suite Cecil Beaton de l'Ambassador Hotel de New York, où lui-même, Amy Greene et Marilyn purent s'habiller et accueillir une poignée de visiteurs en provenance de la Côte Ouest. Michael Todd, toujours généreux avec ses invités, avaient fait venir les stars en avion et en première classe: Jeannette MacDonald et Gene Raymond, James Cagney, Red Buttons, Martha Raye, Terry Moore, Julius LaRosa, Sammy Davis Jr, Sonja Henie et Bess Myerson. Amy Greene avait commandé à Norman Norrel la robe se soie noire que MM devait porter jusqu'au Madison Square Garden et pendant les mondanités.
(> voir les photos de l'essayage de la robe par Ed Feingersh).

The night of the show, Greene rent a room (the 'Cecil Beaton suite') at the Ambassador Hotel in New York, where he himself, Amy and Marilyn dressed and could receive visitors from the West Coast. Michael Todd, always generous with his guests, had made come by plane and first class some movie stars like Jeanette MacDonald and Gene Raymond, James Cagney, Red Buttons, Martha Raye, Terry Moore, Julius LaRosa, Sammy Davis Jr, Sonja Henie and Bess Myerson. Amy Greene commanded the Norman Norrell black silk dress black that Marilyn was wearing at her arrival to the Madison Square Garden and for the party in the hotel.


sources pour l'article: 
Magazines: Paris Match 9 avril 1955 / Redbook 1955, July 
Livres: Marilyn édition de La Martinière, photos de Ed Feingersh

Marilyn Monroe et les caméras  .
web: article "Do you want to see her?" sur le blog / le site d'images corbis
Photos de Milton Greene: a huge thanks to Maarit !


All photos are copyright protected by their respective owners.

 

 

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12 avril 2013

Do You Want To See Her ?

american_heritage“Voulez-vous la voir? 
par Robert Stein, November/December 2005
article
publié
sur americanheritage.com

Un jeune et ambitieux éditeur de magazine et un photographe tourmenté ont découvert ensemble une Marilyn Monroe que personne ne connaissait.

Un après-midi de 1955, je regardais à travers un verre de scotch à l'Hôtel Gladstone à Manhattan. J'en avais avalé plusieurs, mais ils n'ont pas réussi à dompter ma panique. J'ai été coincé vers le haut, et mon seul espoir, assis à la table et souriant sereinement, était mon ami Sam Shaw.
En tant que jeune rédacteur au magazine Redbook j'avais été salué et encouragé, ce qui m'amena à aller très loin, si loin que mon travail était maintenant suspendu par le plus mince raccord - de la connexion de Sam à Marilyn Monroe.
Après avoir quitté Hollywood pour étudier à l'Actors Studio, Marilyn se retira de la lumière. Pour la première fois de sa vie sous les flashs, elle avait esquivé les photographes et les journalistes.
Après une vingtaine de films, un mariage titré et un divorce titré, elle était à New York pour se préparer à jouer dans des pièces comme Grouchegnka dans Les Frères Karamazov. Les articles de presse creusaient tous les clichés sur les comédiens qui veulent jouer Hamlet, en soulignant leur ridicule avec des photos de Sept ans de réflexion, Marilyn sur la grille de métro, un courant d'air ascendant soulevant sa robe blanche sur ses hanches. Elle a évité la presse presque entièrement, ce qui la rendait encore plus désirable. La difficulté d'avoir Marilyn était nouveau.

Ma crise a commencé quand j'ai fait quelque chose sur le personnage.  J'ai vu une impression mal éclairée d'elle dans une classe de l'Actors Studio, couverte d'un manteau en poil de chameau et sans maquillage. Une ligne me traversa la tête: la Marilyn Monroe que vous n'avez jamais vu, et sans aucune hésitation, j'ai persuadé mon patron pour le graver sur la couverture de l'édition du mois de Juillet, qui partait sous presse 10 jours avant le reste du magazine. Je sautais d'un avion sans savoir si le parachute s'ouvrait.
Comme je m'étais jeté à l'eau, je savais qui serait avec moi - mon meilleur ami, le photographe Ed Feingersh, qui savait tout sur le parachutisme. Certaines de ses audaces doivent avoir déteintes sur moi, et nous nous sommes assis dans le salon du restaurant Costello pour planifier notre assaut sur la forteresse Marilyn.
Trois jours plus tard, nous n'avions rien. Il m'est apparu que, alors qu'il était un casse-cou, Eddie n'avait pas de cadeau comme un harceleur. Le premier après-midi, il a attendu pendant des heures dans le hall de l'hôtel de Marilyn, a pris une minute pour faire un appel téléphonique, et s'est retourné pour trouver des enfants brandissant un petit appareil Kodak Brownies, qui était la caméra omniprésente peu coûteuse de la journée: "Elle a posé pour nous! "

Avec des pages blanches se profilant pour l'édition du mois de juillet, j'ai appelé Sam, un photographe qui voulait être un producteur de film et avait travaillé dur ses amitiés avec la génération montante d'Hollywood, dont Elia Kazan, Marlon Brando et Marilyn. Sam et moi avions une fois partagé un bureau, et il a accepté de m'aider.
A l'hôtel Gladstone, Sam avait appelé Marilyn chez elle au téléphone. Comme d'habitude, elle était en retard. Nous biberonions nos boissons, lorsqu'un homme, grand et bronzé, regarda dans la salle et se dirigea vers la table.
«Sam, comment allez-vous?", avait déclaré Joe DiMaggio, en s'asseyant. "Marilyn m'a dit que vous étiez ici."
Quelques mois plus tôt, en évitant les journalistes comme à son habitude, DiMaggio avait été vu quittant le tribunal de divorce dans la douleur et la colère évidente. Maintenant, il était là,  revenant fraîchement de la chambre de son ex-épouse, parlant d'elle, presque en babillant, avec un sourire d'écolier sur son visage, disant à Sam combien il était heureux qu'elle était loin de
"cette foule du cinéma". En outre, le notoirement jaloux DiMaggio se pressait de revoir davantage Marilyn. "Elle veut encore que vous l'emmenez chiner", at-il dit en se levant avant de partir. Il m'a donné un rapide regard et sourit.

Quelques minutes plus tard, Sam me passa le  téléphone de sa maison, et dans cette voix familière soufflée, Marilyn a accepté de faire une histoire en photos,  suggèrant que nous nous rencontrions pour boire un verre l'après-midi suivant.
«Pourquoi», Marilyn demanda peu de temps après que nous nous asseyions, "ont-ils imprimé des choses sur moi qui ne sont pas vrai?"
Ce n'était pas une question rhétorique ni une plainte. Nous étions dans un bar à cocktails, et elle me regardait par-dessus son Scotch Mist avec une expression perplexe, attendant une réponse. De près, son visage était pâle et fragile, avec aucune lueur Technicolor, et ses yeux n'avait rien de la confiance qui émanait de l'écran.
Quelques minutes plus tard, il était clair qu'elle n'avait pas de conversation, pas de défenses sociales. Sam m'avait dit, si tu lui demandes: «Comment allez-vous?", elle va cesser de penser au lieu de répondre automatiquement "Bien." Et quand elle posait une question, elle attendait une réponse.

"Pourquoi font-ils ces choses?", elle persistait.
Je me suis lancé. "Parce que des photos de vous font vendre des journaux et des magazines, et quand il n'y a aucune excuse pour les faire fonctionner, ils vont imprimer des rumeurs et des ragots, tout ce qu'ils peuvent avoir". Quelque chose m'a poussé à aller plus loin: "Ils ne veulent pas vous blesser, juste vous utiliser."

Elle me regarda avec un demi sourire qui en disait long sur ce qu'elle savait au sujet d'être utilisée. Il a déclenché un flash-back dans mon esprit: Mike Cowles, l'éditeur de Look, m'avait raconté une de ses visites à la Twentieth Century-Fox dans les années 1940, quand un chef de studio lui fit la remarque: "Nous avons une nouvelle fille sur le marché avec quelque chose d'inhabituel. Au lieu de sortir tout droit, ses seins sont inclinés vers le haut. "Il l'a envoyé vers Marilyn, qui est venue en souriant, et il souleva son chandail pour montrer ce qu'il voulait dire. Elle n'avait jamais cessé de sourire. 

Nous avons parlé de Sam pendant un certain temps, puis Marilyn a dit: «Il y a une autre raison pour laquelle je fais cela:. votre magazine ne s'est jamais moqué de moi» Ses yeux brillaient. «Ils m'ont même donné un prix."
Je me suis senti accepté et, en même temps, accablé par sa confiance. La femme la plus sexuellement célèbre dans le monde était comme un être enfantin et vulnérable, mais aussi utilisait son ouverture d'esprit pour obtenir ce qu'elle voulait pour quelques jours: ma loyauté. Toute sa vie, ce mélange d'innocence et de ruse avaient apparemment tiré des protecteurs et des traîtres, beaucoup d'entre eux étant les mêmes personnes.
Il ne fallut pas longtemps avant que quelqu'un ne surgisse. Le lendemain, j'ai reçu un appel de Milton Greene, un photographe médiocre et de classe mondiale débrouillard, qui l'avait convaincue de former un partenariat avec lui qui s'appelait les 'Marilyn Monroe Productions'. Nous pouvions faire l'histoire, dit-il, mais seulement avec un photographe à son service. Je lui ai dit de se perdre, et quand Eddie et moi avons rencontré Marilyn, le lendemain, je racontai la tentative de chantage. Elle fronça les sourcils, et nous avons commencé notre histoire. (Il lui a fallu un certain temps pour obtenir une image complète, mais finalement elle a viré Greene pour mauvaise gestion.)
J'ai dit à Marilyn que nous voulions la montrer telle qu'elle était vraiment: pas de pose, pas de baisers soufflés à la caméra, pas de configurations de studio, juste un regard droit dans sa vie.

À l'apogée des appareils à 35mm et de la lumière naturelle, Eddie adorait Henri Cartier-Bresson, dont les images ont été montrées non seulement dans les magazines, mais aussi dans les musées. Son idole ne permettrait pas d'imprimés à recadrer et à découper, et ce n'est pas non plus ce que voulait Eddie. Le «moment décisif» a été formulée dans l'œil du photographe, et le fait de modifier plus tard l'image serait comme de donner des coups tranchants dans un Renoir ou un Van Gogh. À une époque où les films italiens et français étaient montrés comme le duvet d'Hollywood, Eddie et d'autres ont transformé les photos des magazines en papier glacé, avec un réalisme à la volée. Le monde devenait granuleux.
Seul parmi les autres, Eddie voulait aller au-delà du simple témoin d'un événement avec son appareil, de le saisir et de montrer comment il avait l'air de l'intérieur - se risquant lui-même pour des moments que personne n'avait jamais vu. Il a pris des photos lors de l'exploration des patrouilles en Corée, attaché au périscope d'un sous-marin en plongé, sauté d'un avion avec des parachutistes. De retour à la maison, sur une piste de course avec des pilotes irlandais de
Horan’s Lucky Hell, les coudes longés sur son corps, entre un angle de 45 degrés alors que les voitures étaient carénées par l'excès de vitesse,  se trouvant si proche qu'il pouvait voir les marques de plis sur les pneus

Petit, mince et voûté, avec un visage loin d'être beau, Eddie était magnétique pour tous ceux qui le connaissaient. Il était aussi un passionné de l'amitié comme de son travail. Il était un artiste pour les deux.
Il a vécu dans le présent, laissant les instants l'emmèner peu importe où ils le feraient. Costello était plus une maison qu'un lieu de rencontre. Il a dû avoir un appartement ou une chambre quelque part, mais durant toutes ces années où nous étions des amis proches, je ne les ai jamais vu. Il recevait son courrier et ses messages téléphoniques au Costello et passait toutes ses soirées au bar en ville, comme les gens qu'il connaissait allaient et venaient, se déplaçant à quelques mètres d'une table pour manger et, plus tard, si l'humeur était bonne, glissait des pièces dans le téléphone payant pour demander à une jeune femme d'appeler ses amis pendant que quelques-uns d'entre nous apportions une bouteille à boire et flirtions jusque loin dans la nuit. Son énergie était sans fin. Il passait des heures à parler avec enthousiasme, faisant des gestes, griffonnant sa version des chiens Thurber sur des serviettes, se levant en tournant pour garder le rythme, tapi comme Groucho dans un serpentin de glisse. La vie avec lui n'était jamais à l'arrêt.

Suivant Marilyn, l'appareil photo d'Eddie en disait plus que ce que nous savions à l'époque. La Marilyn publique prenait des rendez-vous --essayant un costume pour faire des raccords pour monter sur un éléphant rose à une première charité du cirque, des rencontres avec les avocats et les agents (Twentieth Century-Fox l'avait suspendue pour décamper), une entrée remarquée en fourrure blanche à la soirée d'ouverture de la pièce de Tennessee Williams 'Une chatte sur un toit brûlant'. Avant de sortir, elle fit une performance photographique avec le bouchon d'une bouteille de Chanel n ° 5, caressant sa peau dans la volupté.
Mais entre les moments où elle était vue, il y avait une autre Marilyn, soudain vidée de son énergie, comme l'air laissé dans un ballon ouvert. Elle était assise dans une sombre chambre d'hôtel avec un verre à la main, et sortit sur la terrasse à ne rien regarder , que l'horizon de Manhattan. L'obturation d'Eddie restait maintenu en cliquant, et des rouleaux de films 35 mm remplis d'images d'une Marilyn Monroe que vous n'avez jamais vu: retirée et solitaire. Il ne lui a jamais demandé de poser. Elle savait qu'il était là.
Marilyn n'avait jamais été dans une station de métro. Enveloppée dans son manteau de poils de chameau, ses fameuses mèches de cheveux maîtrisées, elle se dirigea vers la station Grand Central de l'IRT et descendit à la plate-forme. Personne ne l'a reconnu. L'appareil photo d'Eddie était gardé sur le clic tandis qu'elle se tenait dans la rame en direction de Uptown. Aucune tête ne se tourna.
De retour dans la rue, Marilyn regarda autour d'elle avec un sourire taquin. "Voulez-vous la voir?" demanda-t-elle; là, elle enleva son manteau, ébouriffa ses cheveux, et cambra son dos pour prendre la pose. En un instant, elle a été engloutie, et cela amena plusieurs bousculades, des minutes effrayantes jusqu'à se dégager de la foule grandissante.
Les deux Marilyns gardées en fondu. A l'essayage du costume, elle arriva comme une star, commandant un essaim de tailleurs, de couturières et de parasites, jusqu'à ce que l'Autre a brusquement émergée et fondit en larmes de frustration sur certains détails du vêtement. L'appareil photo d'Eddie capta tout, montrant la tension qui monte contre une jangle visuelle des cintres en arrière-plan. Il a formulé la scène dans la salle-aux-miroirs fragmentée et iréelle qu'Orson Welles avait créé autour de Rita Hayworth pour la finale de 'La dame de Shanghai'.

Tard, un après-midi, Marilyn a demandé ce que nous ferions à la fin de la journée, et nous l'avons emmenée à Costello. Là, John McNulty écrivait sur le lieu dans 'The New Yorker' depuis des années, mais le propriétaire, Tim Costello, avait réussi à l'empêcher de changer. Un regard sévère au-dessus de sa tasse de thé à la table du fond était plus efficace que le comité des règles d'un club privé. Le restaurant Costello n'a jamais été à la mode dans la façon dont un chauffeur de taxi a dit d'une autre salle, "Personne ne va plus là. Il y a trop de monde. "
Derrière le bar tout en longueur, était un bâton de marche prunellier, qui avait été cassé sur la tête de John O'Hara par Ernest Hemingway, personne ne se souvenait pourquoi. Sur le mur d'en face, étaient accrochés d'énormes dessins sur panneaux de fibres de James Thurber, si prisés par Tim qu'il avait eu les plus encrés, vernis, et, quand il a été contraint de déplacer son établissement juste à côté, il les avait soigneusement enlevés et remontés. Les panneaux étaient bruns avec l'âge et la fumée de tabac.
Thurber avait rempli les murs avec des images de chiens lâches (un chien en chasse par les lapins) et des petits hommes menacés par des femmes énormes ("Je te quitte, Myra, vous pourriez aussi bien vous habituer à l'idée», dit l'un dans l'embrayage d'une Amazone, qui faisait plusieurs fois sa taille). Une telle autodérision masculine convenait au lieu. Tim ne respectait pas les ivrognes bruyants et pugnaces.

Marilyn portait une blouse sans manches noire et un pantalon rayé. Elle s'assit à côté des dessins Thurber à une table en face du bar.
Tim, le plus souvent méfiant envers les étrangers, a été clairement intrigué par la flambée des cheveux blonds à notre table et, dans un geste rare, est venu prendre lui-même les commandes.
"Un tournevis s'il vous plaît," dit Marilyn. Tim était sans expression.
"Vodka et jus d'orange», a-t-elle ajouté.
Tim continuait à la regarder. "Nous ne servons pas de petit déjeuner ici", a-t-il dit.
«OK», dit agréablement Marilyn, "vodka 'on the rocks'."
Tim a donné l'ordre à son frère Joe au bar et retourna à la lecture de son journal. Plus tard, comme Eddie se dirigeait vers les toilettes des hommes, Tim l'a arrêté. «Qui est-elle?"
Eddie sourit. «Marilyn Monroe».
Le visage de Tim s'assombrit. "Je pose une question civile et vous faîtes de l'intelligence."
Eddie sourit à nouveau et Tim retourna à son papier.
Dans l'heure, plus personne d'autre ne donna à Marilyn plus qu'un coup d'oeil. Alors qu'elle partait, un photographe au bar tapota Eddie sur le bras. «Si vous revenez plus tard," at-il murmuré, «amenez votre petite amie."

Les photos dans Redbook, avec mon texte et les légendes, ont montré une Marilyn inconnue et vulnérable, dans des tons doux de gris et noir. Le titre d'ouverture contrastait de sa tristesse solitaire avec un long shooting de 200 photographes près de l'éléphant piétinant, qu'elle avait montée au cirque.
Durant leurs jours ensemble, en dépit de la disparité dans les regards, je pouvais voir qu'Eddie et Marilyn étaient très semblables. Ils ont tous deux été en quelque sorte plus directement lié à la vie que le reste d'entre nous, et les plus vulnérables. Comme Marilyn, Eddie a été accordé à l'auto-parodie pour masquer la douleur d'être sans défense face à la vie quotidienne et, comme elle, désespéré de faire pleinement usage des dons d'une telle nature ouverte offerte.
 
Tout comme Marilyn craignait de sembler moins que parfaite devant les caméras et était toujours en retardEddie était obsédé par ce qu'il faisait derrière la caméra et ne laissait personne d'autre développer ou imprimer ses photos.
Chacun tenait à un idéal de l'Art comme si elle était la vie elle-même, et, comme il s'est avéré pour chacun d'eux, il l'était. Les films de Marilyn et les photos d'elle par Eddie, faisaient, à ceux qui les ont vus, se sentir plus vivant, mais en même temps, la peur pour leur sécurité, détectant le prix qui devrait être payé pour leur lumineuse ouverture.

Avant la fin de l'année, l'entrée de Costello sur Third Avenue a été démolie, en supprimant les piliers des habitués que Tim utiliseraient pour les stabiliser eux-mêmes tout en saluant les cabines dans les heures matinales.
Le séjour de Marilyn à New York la mena à son mariage avec Arthur Miller et elle tenta de devenir une épouse et une mère conventionnelle dans le Connecticut tout en faisant quelques films qui montraient sa capacité d'agir, ainsi que l'amplitude de la chair et de l'esprit.
Eddie s'est aussi marrié, et puis il tomba dans la crise de sa vie.
 
The Cliff était un bar sur la vingt-troisième rue. Eddie a utilisé son dernier centime pour un appel téléphonique, et je suis descendu pour l'empêcher de faire le saut périlleux.
Il
avait commencé à aller mal quelques années après l'histoire de Marilyn. Après mon mariage, nous nous sommes moins vus, et ce fut une surprise quand il m'a dit qu'il allait se marier. Elle était d'une beauté blanche avec des pommettes hautes et un air imperméable qui flottait dans nos moments ensemble, dans un détachement qui, apparemment, sous l'impulsion d'Eddie à verser toute l'énergie qu'il permet de mettre en oeuvre pour trouver l'image parfaite dans la résolution de son mystère.
 
A leur mariage, j'étais derrière la caméra, regardant des images incongrues d'un livre d'images d'une mariée en blanc aux côtés d'Eddie en costume sombre et au sourire penaud, une partie de lui voyant tout cela d'une perplexité impuissante. Le mariage n'a duré que quelques mois, pendant lesquels il avait travaillé progressivement de moins en moins, pour finalement complètement arrêter, avant que son épouse a flotta hors de sa vie, ne laissant derrière elle que son regard énigmatique.
Après avoir appelé ce soir-là, nous nous sommes assis pendant des heures, essayant de comprendre ce qu'il pouvait faire, maintenant qu'il était trop paralysé pour faire la seule chose dans la vie qu'il était censé faire. Enfin, j'ai proposé une réponse: «Viens travailler pour moi. J'ai besoin d'un éditeur d'images."

J'étais le rédacteur en chef de Redbook en ce temps là, et l'idée faisait sens. Si Eddie ne pouvait plus prendre de photos, il pouvait les imaginer, proposer des sujets à des photographes, et les aider à faire du bon travail jusqu'à ce qu'il puisse commencer à faire à nouveau le sien.
Pendant quelques mois, ça s'est bien passé. De temps en temps, quand il était enthousiasmé par un travail, je disais sans le regarder: «Bien sûr, tu serais parfait pour ça»  ou:
«C'est ton genre d'histoire.» Chaque fois, il aurait gelé un moment, avant que ses yeux ne se vident et il secouait la tête.
Il a baissé sa consommation d'alcool, mais la dépression a empiré. Progressivement, il venait de moins en moins au bureau puis, finalement, plus du tout. Puis vint un appel téléphonique d'une femme qui avait eu une relation amoureuse avec lui pendant des années. Il était arrivé à sa porte la veille au soir et il était mort dans son sommeil pendant la nuit. 
Pendant des
années, j'avais demandé à Eddie d'essayer d'aller voir un psychiatre, mais ma demande ne pouvait pas casser sa certitude que la souffrance était inséparable de son don, qu'il ne pouvait pas échapper à l'un sans perdre l'autre. Dans le monde d'aujourd'hui, il -et aussi Marilyn, pour cette question- aurait peut-être été entretenu par des médicaments, mais à l'époque, il n'y avait pas de telle bouée de sauvetage.  

Depuis, ceux qui ont aimé le travail d'Eddie ont essayé d'obtenir des musées pour lui donner la reconnaissance qu'il mérite. Mais il n'a pas été plus facile de l'aider dans la mort que pendant sa vie. Presque tous ses tirages et négatifs, si étroitement tenus, ont été dispersés et ont disparu, des photos magnifiques perdues à jamais.
Pourtant, quelque chose de lui demeure en vie, lié à jamais avec cette autre âme perdue. Sur les sites web, dans de nombreuses langues, les gens vendent des tirages  de quelques-unes des photographies qu'Eddie prit de Marilyn de cette semaine en 1955. Les négatifs ont été trouvés dans un entrepôt, trois décennies après sa mort.
Marilyn a inspiré les fantasmes rescapés des légions d'écrivains, parmi lesquels Norman Mailer et Gloria Steinem. Vers la fin de sa vie, Arthur Miller se retourna sur son passé et se vit lui-même de cette façon. «J'ai passé cinq ans à essayer de l'empêcher de tomber de la falaise" , a-t-il déclaré à un journaliste en 2004, tout en justifiant 'Après la chute', la sale pièce d'auto-apitoiement qu'il écrivit peu de temps après sa mort.
Comme Eddie soit-disant sauveur, je suis resté avec non pas une apaisante consolation, mais seulement un sentiment permanent de perte.


“Do You Want To See Her?”
by Robert Stein, November/December 2005
article published on americanheritage.com

An ambitious young magazine editor and a tormented photographer together discovered a Marilyn Monroe nobody knew.

One afternoon in 1955 I was staring into a glass of scotch at the Gladstone Hotel in Manhattan. I had downed several, but they failed to subdue my panic. I was jammed up, and my only hope, sitting across the table and smiling serenely, was my friend Sam Shaw.
As a young editor at Redbook I had been praised and promoted, which led me to overreach so far that my job was now hanging by the thinnest thread—Sam’s connection to Marilyn Monroe.
After leaving Hollywood to study at the Actors Studio, Marilyn retreated from the spotlight. For the first time in her flashbulb life she was dodging photographers and reporters.
After two dozen movies, a headline marriage, and a headline divorce, she was in New York to prepare for parts like Grushenka in The Brothers Karamazov . The papers dug out all the clichés about comedians who want to play Hamlet, underlining their ridicule with photos from The Seven Year Itch , Marilyn on the subway grate, an updraft billowing the white dress over her hips. She avoided the press almost entirely, and that made her even more desirable. A hard-to-get Marilyn was news.

My crisis began when I did something way out of character. I saw an ill-lit print of her in an Actors Studio class, covered by a camel’s hair coat and no makeup. A line flashed through my head: the marilyn monroe you’ve never seen, and with no hesitation I persuaded my boss to engrave it on the July cover, which went to press 10 days before the rest of the magazine. I was jumping out of a plane without knowing if the parachute would open.
As I took the plunge, I knew who would be with me—my best friend, the photographer Ed Feingersh, who knew all about parachuting. Some of his daring must have rubbed off on me, and we sat in Costello’s saloon planning our assault on Fortress Marilyn.
Three days later we had nothing. It dawned on me that while he was a daredevil, Eddie had no gifts as a stalker. The first afternoon he waited for hours in the lobby of Marilyn’s hotel, took a minute to make a phone call, and returned to find some kids waving the little Kodak Brownies that were the ubiquitous inexpensive camera of the day: “She posed for us!

With blank pages looming in the July issue, I called Sam, a photographer who wanted to be a movie producer and had worked hard at friendships with Hollywood’s rising generation, among them Elia Kazan, Marlon Brando, and Marilyn. Sam and I had once shared an office, and he agreed to help.
At the Gladstone, Sam had called Marilyn on the house phone. As usual she was running late. We were nursing our drinks when a tall, tanned man looked into the room and headed for the table.
Sam, how are you?” said Joe DiMaggio, sitting down. “Marilyn told me you were here.”
A few months earlier, avoiding reporters as usual, DiMaggio had been seen leaving divorce court in obvious sorrow and anger. Now here he was, fresh from his former wife’s room, talking, almost babbling about her with a schoolboy smile on his face, telling Sam how happy he was that she was away from “that movie crowd.” Moreover, the notoriously jealous DiMaggio was pressing him to see more of Marilyn. “She wants you to take her antiquing again,” he said, getting up to leave. He gave me a quick nod and smile.

A few minutes later Sam put me on the house phone, and in that familiar breathy voice, Marilyn agreed to do the picture story, suggesting we meet for a drink the next afternoon.
Why,” Marilyn asked soon after we sat down, “do they print things about me that aren’t true?
It was not a rhetorical question or a complaint. We were in a cocktail lounge, and she was looking at me over her Scotch Mist with a puzzled expression, waiting for an answer. Up close, her face was pale and fragile, with no Technicolor glow, and her eyes had none of the confidence that radiated from the screen.
Within minutes it was clear she had no small talk, no social defenses. Sam had told me, if you ask, “How are you?,” she will stop to think instead of coming back with an automatic “Fine.” And when she asked a question, she waited for an answer.
Why do they make up stuff?” she persisted.
I took the plunge. “Because pictures of you sell papers and magazines, and when there’s no excuse for running them, they’ll print rumors and gossip, anything they can get.” Something pushed me to go further: “They don’t mean to hurt you, just use you.”

She looked at me with a flinching smile that said she knew all about being used. It set off a flash-back in my mind: Mike Cowles, the publisher of Look , telling of a visit to Twentieth Century–Fox in the late 1940s, when a studio head remarked, “We have a new girl on the lot with something unusual. Instead of sticking straight out, her tits tilt up.” He sent for Marilyn, who came in smiling, and he lifted her sweater to show what he meant. She never stopped smiling.

We talked about Sam for a while, and then Marilyn said, “There’s another reason I’m doing this: Your magazine never made fun of me.” Her eyes brightened. “Even gave me an award.”
I felt accepted and at the same time burdened with her trust. The most famously sexual woman in the world was being childlike and vulnerable but also using her openness to get what she wanted for a few days: my loyalty. All her life that mixture of innocence and guile had apparently drawn protectors and betrayers, many of them the same people.
It was not long before one popped up. The next day I got a call from Milton Greene, a mediocre photographer and world-class hustler who had persuaded her to form a partnership with him called Marilyn Monroe Productions. We can do the story, he said, but only with a photographer on his payroll. I told him to get lost, and when Eddie and I met Marilyn the next day, I related the shakedown attempt. She frowned, and we started on our story. (It took her a while to get the full picture, but eventually she fired Greene for mismanagement.)
I told Marilyn we wanted to show her as she really was: no poses, no blowing kisses to the camera, no studio setups, just a straight look at her life.

In the heyday of 35mm cameras and available light, Eddie worshiped Henri Cartier-Bresson, whose pictures were being shown not only in magazines but in museums. His idol would not allow prints to be cropped, and neither would Eddie. The “decisive moment” was framed in the photographer’s eye, and to change a picture later would be like taking slices off a Renoir or van Gogh. At a time when Italian and French films were showing up Hollywood fluff, Eddie and others were transforming traditional frozen magazine pictures with on-the-fly realism. The world was going grainy.
Alone among them, Eddie wanted to go beyond witnessing an event with the camera, to enter it and show how it looked from the inside—risking himself for moments nobody had ever seen. He took pictures while crawling with patrols in Korea, lashed to the periscope of a diving submarine, jumping from a plane with paratroops. Back home, on a racetrack with Irish Horan’s Lucky Hell Drivers, he crouched, elbows hugging his body, between boards tented at a 45-degree angle while speeding cars careened by so close he could see the ply marks on their tires.

Short, thin, and stooped, with a face far from handsome, Eddie was magnetic for everyone who knew him. He was as passionate about friendship as work. He was an artist at both.
He lived in the now, letting moments take him wherever they would. Costello’s was more home than hangout. He must have had an apartment or room somewhere, but in all our years as close friends, I never saw it. He got his mail and phone messages at Costello’s and spent every evening in town at the bar, as people he knew came and went, moving a few feet to a table for food and later, if the mood was right, slipping coins into the pay phone to ask some young woman to call her friends while a few of us brought over a bottle to drink and flirt away the night. His energy was unending. He would spend hours talking excitedly, gesturing, scrawling his version of Thurber dogs on napkins, getting up to pace around, crouched like Groucho in a serpentine glide. Life with him was never at a standstill.

Tracking Marilyn, Eddie’s camera was telling more than we knew at the time. The public Marilyn was keeping appointments—fittings for her costume to ride a pink elephant at a charity premiere of the circus, meetings with lawyers and agents (Twentieth Century–Fox had suspended her for decamping), a grand entrance in white furs at the opening night of Tennessee Williams’s new play Cat on a Hot Tin Roof . Before going out, she put on a performance with the stopper from a bottle of Chanel No. 5, stroking her skin in sensuous delight.
But between moments of being seen, there was another Marilyn, suddenly drained of energy, like the air being let out of a balloon. She sat in a darkening hotel room with drink in hand and went out on the terrace to stare unseeing at the Manhattan skyline. Eddie’s shutter kept clicking, and rolls of 35mm film filled up with images of the marilyn monroe you’ve never seen: withdrawn and alone. He never asked her to pose. She hardly knew he was there.
Marilyn had never been in a subway. Wrapped in the camel’s hair coat, her famous hair subdued, she walked to the Grand Central stop of the IRT and down to the platform. Nobody recognized her. Eddie’s camera kept clicking while she stood straphanging on the uptown local. No heads turned.
Back up on the street, Marilyn looked around with a teasing smile. “Do you want to see her ?” she asked, then took off the coat, fluffed up her hair, and arched her back in a pose. In an instant she was engulfed, and it took several shoving, scary minutes to rewrap her and push clear of the growing crowd.
The two Marilyns kept fading in and out. At the costume fitting she arrived as the Star, commanding a swarm of tailors, seamstresses, and hangers-on until the Other abruptly emerged and burst into tears of frustration over some detail of the garment. Eddie’s camera got it all, showing her rising tension against a visual jangle of wire hangers in the background. He framed the scene in the fragmented hall-of-mirrors unreality Orson Welles had created around Rita Hayworth for the finale of The Lady From Shanghai .

Late one afternoon Marilyn asked what we did at the end of the day, and we took her to Costello’s. By then John McNulty had been writing about the place in The New Yorker for years, but the proprietor, Tim Costello, managed to keep it from changing. A stern look over his teacup at the back table was more effective than the rules committee of any private club. Costello’s never went trendy in the way a cabdriver once said of another saloon, “Nobody goes there anymore. It’s too crowded.”
Behind the long bar was a blackthorn walking stick that had been broken over John O’Hara’s head by Ernest Hemingway, no one remembered why. On the facing wall were huge drawings on beaverboard by James Thurber, so valued by Tim that he had had them inked over, varnished, and, when he was forced to move his establishment next door, carefully removed and remounted. The panels were brown with age and tobacco smoke.
Thurber had filled the walls with images of cowardly canines (a dog being chased by rabbits) and little men menaced by huge women (“I’m leaving you, Myra, you might as well get used to the idea,” says one in the clutch of an Amazon several times his size). Such self-mocking masculinity suited the place. Tim did not abide noisy, pugnacious drunks.

Marilyn was wearing a black sleeveless blouse and striped slacks. She sat next to the Thurber drawings at a table across from the bar.
Tim, usually wary of strangers, was clearly intrigued by the blaze of blonde hair at our table and, in a rare gesture, came over to take the orders himself.
A screwdriver please,” Marilyn said.
Tim was expressionless.
Vodka and orange juice,” she added.
Tim kept looking at her. “We don’t serve breakfast here,” he said.
O.K.,” Marilyn said agreeably, “vodka on the rocks.”
Tim gave the order to his brother Joe at the bar and went back to reading his paper. Later, as Eddie was heading to the men’s room, Tim stopped him.
Who is she?
Eddie smiled. “Marilyn Monroe.”
Tim’s face darkened. “I ask a civil question and you get smart.”
Eddie smiled again and Tim went back to his paper.
In the hour there no one else gave Marilyn more than a quick look. As she was leaving, a photographer at the bar tapped Eddie on the arm. “If you come back later,” he stage-whispered, “bring your little friend.”

The pictures in Redbook , with my text and captions, showed an unfamiliar, vulnerable Marilyn in soft shades of black and gray. The opening spread contrasted her solitary sadness with a long shot of 200 photographers almost trampling the elephant she was riding at the circus.
In their days together, despite the disparity in looks, I could see Eddie and Marilyn were much alike. They both were somehow more directly connected to life than the rest of us, and more vulnerable. Like Marilyn, Eddie was given to self-parody to mask the pain of being defenseless against daily living and, like her, desperate to make full use of the gifts such an open nature provides.
Just as Marilyn dreaded looking less than perfect in front of the cameras and was always late, so Eddie obsessed over what he did behind the camera and would let no one else develop or print his pictures.
Each held on to an ideal of Art as if it were life itself, and, as it turned out for both of them, it was. Marilyn’s movies and Eddie’s pictures made those who saw them feel more alive but at the same time fear for their safety, sensing the price that would have to be paid for their luminous openness.

Before the year was out, the Third Avenue el in front of Costello’s was torn down, removing the pillars Tim’s regulars would use to steady themselves while hailing cabs in the morning hours.
Marilyn’s stay in New York led to her marriage to Arthur Miller and an attempt to become a conventional wife and mother in Connecticut while making a few movies that showed acting ability as well as amplitude of flesh and spirit.

Eddie got married, too, and then he was in the crisis of his life.
The Cliff was a bar on Twenty-third Street. Eddie used his last dime for the phone call, and I went down to keep him from going over the edge.
It had started to go bad a couple of years after the Marilyn story. After my wedding we saw each other less, and so it came as a surprise when he told me he was getting married. She was a blank beauty with high cheekbones and an impervious air who drifted through our times together in a detachment that seemingly spurred Eddie to pour all the energy he used to put into finding the perfect picture into solving her mystery.
At their wedding I was behind the camera, looking at incongruous images of a picture-book bride in white alongside Eddie’s dark suit and sheepish smile, some part of him seeing it all in helpless bemusement. The marriage lasted a few months, during which he gradually worked less and less, then finally stopped altogether before his bride floated out of his life, leaving behind only her enigmatic stare.
After he called that evening, we sat for hours, trying to figure out what he could do, now that he was too paralyzed to do the one thing in life he was meant to do. Finally, I suggested an answer: “Come work for me. I need a picture editor.”

I was the editor of Redbook by then, and the idea made sense. If Eddie could no longer take pictures, he could imagine them, match photographers to subjects, and help them do good work until he could start doing his own again.
For a few months it went well. Once in a while, when he was excited about an assignment, I would say without looking at him, “Of course, you’d be perfect for it,” or, “It’s your kind of story.” Each time he would freeze for a moment before his eyes went blank and he shook his head.
He cut down on his drinking, but the depression got worse. Gradually he came into the office less and less and finally not at all. Then came a phone call from a woman who had been in love with him for years. He had arrived at her door the evening before and died in his sleep during the night.
Over the years I had urged Eddie to try a psychiatrist, but my pleading could not break through his certainty that suffering was inseparable from his gift, that he could not escape one without losing the other. In today’s world he—and Marilyn, for that matter —might have been kept going by medication, but back then there was no such lifeline.

Ever since, those who loved Eddie’s work have tried to get museums to give him the recognition he deserves. But it has been no easier to help him in death than it was during his life. Almost all his prints and negatives, so closely held, scattered and disappeared, magnificent pictures lost forever.
Yet something of him remains alive, linked forever with that other lost soul. On Web sites, in many languages, people are selling prints of a few of those pictures Eddie took of Marilyn that week in 1955. The negatives were found in a warehouse three decades after his death.
Marilyn has inspired rescue fantasies in legions of writers, among them Norman Mailer and Gloria Steinem. Toward the end of his life Arthur Miller looked back and saw himself that way. “I spent five years trying to keep her from falling off the cliff,” he told an interviewer in 2004 while justifying After the Fall , the nasty piece of self-pity he wrote soon after her death.
As Eddie’s would-be savior, I am left with no such soothing consolation, only an abiding sense of loss.

A Marilyn Monroe Chronology. 

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02 avril 2013

Autour du film River of no return

 La rivière sans retour

Secrets de tournage ...
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 ... et anecdotes

Genèse d'un film non désiré
   C'est le producteur Stanley Rubin qui lança le projet de "Rivière sans retour". Il voulait s'inspirer du classique italien néoréaliste "Le voleur de bicyclette" (réalisé en 1948 par Vittorio De Sica) et en faire une version américaine, transposant l'intrigue au far-west et remplacant la bicyclette volée par les chevaux et les armes des personnages. Parce qu'il avait travaillé sur des films westerns avec certains réalisateurs, Stanley Rubin portait son choix au départ sur William Wellman, Raoul Walsh, ou Henry King; et il n'était pas très emballé par Otto Preminger qui, pour lui, était excellent pour filmer des films noirs melodramatiques, mais pas un film western d'aventures. Mais c'est Darryl F. Zanuck, producteur de la 20th Century Fox, qui imposa Otto Preminger à la réalisation.
Le film disposait d'un budget colossal: 3 800 000 de dollars.
   Le monteur Dann Cahn avait recommandé Marilyn Monroe, avec qui il sortait, pour la série "Your Show Time" en 1949. Le producteur Stanley Rubin l'avait auditionnée mais pas selectionnée, à cause de son manque d'expérience. Stanley Rubin tenta alors de rattraper son erreur et appuya le nom de Marilyn Monroe pour qu'elle fasse partie du casting de "La rivière sans retour".
ronr_mm   Le projet de "Rivière sans retour" ne semblait pas trop enthousiasmer Marilyn Monroe. Le film sera d'ailleurs l'unique western de sa carrière où elle tient l'exclusif rôle féminin (bien que l'on peut relever la comédie "A Ticket to Tomahawk" tourné en 1950 dans lequel elle tient un rôle secondaire). Mais en dépit des succès de "Niagara" et de "Les hommes préfèrent les blondes", l'actrice n'était pas en position de discuter son contrat avec la Fox, et elle devait se plier aux volontés du producteur Darryl Zanuck. Néanmoins, elle pouvait porter un droit de regard sur le scénario et elle restait tout de même emballée à l'idée de travailler avec Robert Mitchum qui, avant de devenir acteur, avait été un collègue de son premier mari Jim Dougherty chez Lockheed Aircraft. D'ailleurs, on raconte que c'est Marilyn qui aurait imposé Mitchum, alors que celui-ci était engagé auprès de la RKO. Elle était en revanche moins ravie d'être dirigée par Otto Preminger, qui avait déjà la mauvaise réputation d'un réalisateur très exigeant et misogyne.
  D'ailleurs, quant à Otto Preminger, il venait de goûter aux joies de la liberté en produisant lui-même son film "The Moon is blue" ("La lune était bleue"). Et il s'est vu contraint, comme Marilyn, de tourner "Rivière sans retour" pour honorer son contrat avec la 20th Century Fox, à qui il "devait" un nouveau film. C'est donc sans grande ambition qu'il s'engage dans un tournage qui va d'ailleurs s'avérer infernal. Cependant, Preminger aurait tout de même porté un intérêt au film seulement après avoir lu le scénario et il approuva le choix du casting avec Robert Mitchum et Marilyn Monroe dans les rôles principaux. Darryl Zanuck lui avait fait miroiter la technologie du nouveau Cinémascope, et certains critiques noteront que Preminger avait plus envie de filmer le paysage spectaculaire que d'arracher une interprétation dramatique à ses acteurs.
   Le tournage ne sera pas de tout repos: malentendus, retards, mauvaises conditions climatiques (il pleuvait sans cesse), ainsi que plusieurs incidents et accidents qui émailleront le tournage au Canada. Pour ces raisons, le film va prendre beaucoup de retard. D'ailleurs, l'ambiance suscitée par ces affrontements est si catastrophique, et les retards qui en découlent si importants, que Mitchum finira par rebaptiser le projet "Picture of no return" ("Le film sans retour"). 

Un réalisateur exigeant et tyrannique
 ronr_preminger  Otto Preminger était célèbre pour ses tournages très minutés. Faire ce film fut une épreuve pour toutes les personnes qui y furent impliqués. Paul Helmick, l'assistant à la mise en scène, raconta à Lee Server, le biographe de Robert Mitchum, que: "Otto Preminger était quelqu'un de très pénible. Méchant, impatient, il était très grossier, surtout avec les femmes." Durant le tournage, lui et Marilyn Monroe ne se parlèrent pratiquement jamais: "Pas un mot. C'était le tandem le plus mal assorti qui fût. Ils se détestaient littérallement." Et l'hostilité régna sur le plateau lorsque le réalisateur Otto Preminger et Marilyn entamèrent une guerre d'usure.
   Otto Preminger déclara à propos de Marilyn: "D'abord, le studio la choya -elle était gâtée quand nous avons fait 'Rivière sans retour'- au point qu'elle avait perdue de vue ce qu'elle pouvait et ne pouvait pas faire, et lorsqu'il apparut qu'elle n'avait pas le pouvoir attractif qu'elle exerçait habituellement, ils attendirent d'elle qu'elle se comporte comme une actrice ordinaire." Il ira même jusqu'à déclarer: "La diriger équivalait à diriger Lassie. Il fallait faire 14 prises pour en avoir une bonne." bien qu'il nia par la suite d'avoir tenu de tels propos. Preminger pouvait se montrer très méchant envers Marilyn: il la tourmenta sur le fait qu'elle n'était pas capable d'apprendre son texte; il lui fit effectuer ses propres cascades; et le comble, il émit des doutes sur sa vertu. Marilyn ne pouvait se défendre qu'avec les seules armes dont elle disposait: elle fut régulièrement en retard et suscita des difficultés. Par ailleurs, Otto Preminger entra aussi en conflit avec Natasha Lytess, la coach de Marilyn, à qui l'actrice prêtait bien plus d'attention, comme il le racontera plus tard: "Je suppliais Marilyn de se détendre et de parler naturellement, mais elle n'y prêtait aucune attention. Elle n'écoutait que Natasha (...) et répétait son texte en ar-ti-cu-lant avec tant de sérieux et des mouvements de lèvres si brutaux qu'il était impossible de la filmer."
Otto Preminger parlera toujours de Marilyn en des termes peu élogieux dans de nombreuses interviews. Ce n'est qu'en janvier 1980, lors d'une entrevue pour le New York Daily News, qu'il concédera: «Elle a essayé très dur, et quand les gens essaient dur, vous ne pouvez pas être en colère contre eux."  
  
Quant à Marilyn, elle qualifia par la suite Preminger de "pompeux imbécile." 

Clash entre Natasha Lytess vs Otto Preminger
ronr_lytess   Toujours en proie aux doutes, Marilyn Monroe est à l'époque sous la coupe de Natasha Lytess, sa coach personnelle, que Marilyn fait embaucher par les studios pour qu'elle puisse l'accompagner sur les tournages. La coach cherche à faire adopter à Marilyn un jeu plus cérébral, la poussant notamment à articuler exagérement ses répliques -il fallait que Marilyn prononce ses répliques, selon ses propres mots, "en ar-ti-cu-lant a-vec gra-vi-té"- au grand dam du réalisateur Otto Preminger, qui lui demande exactement l'inverse ! Preminger est d'autant plus irrité que Marilyn ne faisait qu'écouter exclusivement les conseils de Natasha Lytess, comme elle en avait l'habitude sur ses précédents tournage, ce qui d'ailleurs agaça la plupart des réalisateurs qui ont dirigé Marilyn. Robert Mitchum, le partenaire masculin de Marilyn dans le film, tente lui aussi d'inciter l'actrice à plus de naturel dans son interprétation, sans parvenir lui non plus à entamer le pouvoir de Natasha. Robert Mitchum est cependant plus tolérant, il déclara que: "Marilyn se disait qu'elle avait besoin de quelqu'un d'autre que le metteur en scène, et de préférence une femme, pour lui dire quand ce qu'elle faisait était bien."
Et en plus de ne pas aimer la manière dont elle enseignait à Marilyn à surarticuler les mots, Preminger détestait sa personnalité et ce, dès le début du tournage. Ne la supportant plus, Preminger explosa et la renvoya du plateau, comme d'ailleurs ont fait d'autres réalisateurs qui avaient précédemment travaillés avec Marilyn. Otto Preminger téléphona à Stanley Rubin qui était resté à Los Angeles, afin de bannir Lytess du plateau. Evidemment, cela ne dura pas car Marilyn ne pouvait poursuivre son travail sans la présence rassurante de sa coach. Aussitôt que Rubin accéda à la demande du réalisateur, Marilyn appela son agent Charles Feldman pour régler au plus vite la situation; celui-ci contacta le patron de la Fox Darryl Zanuck, qui donna l'ordre à Preminger de laisser Natasha revenir, ayant trop peur que Marilyn mette à exécution sa menace de quitter le tournage. Après tout, Marilyn était la valeur qui montait et qui "rapportait gros"; la coach indésirable fut réintroduite sur le plateau et promit de ne plus parler exclusivement qu'à sa protégée durant le tournage. Irrité par cette décision, Otto Preminger dirigera alors sa colère sur Marilyn Monroe durant tout le reste du tournage. La coach continuant de prodiguer les mêmes conseils à Marilyn (l'articulation excessive entraînait des déformations du visage de l'actrice qui devenait alors impossible à filmer), c'est Robert Mitchum qui parvint à trouver un compromis: aux répétitions, il laissait Marilyn faire son jeu exagéré, mais au moment de tourner, soit il lui donnait une grande tape dans le dos, soit une grande claque sur les fesses en disant: "Bon, maintenant, cessons de faire les imbéciles et comportons-nous comme des humains !   
   L'ambitieuses coach entreprend même de se mêler du jeu de petit acteur de dix ans, Tommy Rettig, qui interprète le fils de Mitchum. Le réalisateur Otto Preminger relata l'incident: "Il connaissait son texte et parfois, nous devions faire 18 prises ou plus, mais il était bon à chaque fois, sans que la qualité de son jeu en pâtisse. Un jour, je fis une scène avec Marilyn et lui, mais il n'arrivait pas à se rappeler son texte et se mit à pleurer. 'Que se passe-t-il ?' lui demandai-je. Sa mère me dit que Miss Lytess avait parlé à Tommy et lui avait dit qu'à l'âge de 14 ans, tous les enfats acteurs perdaient leur talent, à moins de suivre des cours et d'apprendre à se servir de leur instrument."
A partir de ce moment, Natasha Lytess va se mettre toute l'équipe à dos: sa présence les insupportait tous; et ils finirent alors par se rallier au réalisateur, en soutenant son travail, ses efforts et ses remarques

Un tournage éprouvant
ronr_jasper   Les prises de vues en extérieur eurent lieu au Canada, dans les parcs nationaux de Banff et de Jasper, ansi qu'à Lake Louise, à Alberta et dans les Rocheuses canadiennes. Otto Preminger et Stanley Rubin étaient venus en repérage dans la région bien avant de commencer le tournage; durant cette période, Stanley Rubin se rendit compte que Preminger portait un grand intérêt pour sa future réalisation. Stanley Rubin prévu douze semaines de pré-production, au cours de laquelle Marilyn Monroe répétait et enregistrait les numéros musicaux, et 45 jours pour le tournage. Les acteurs et l'équipe sont partis de Calgary à la fin de juin 1953, d'où ils prirent un train pour se rendre au Banff Spring Hotel, un grand complexe hôtelier où toute l'équipe logea pendant la durée du tournage.
Pendant que Marilyn tournait, Joe DiMaggio l’attendait dans leur bungalow à Jasper (dans l'Alberta; un de ces Becker’s Bungalows où toute l’équipe du film avait trouvé à se loger selon le lieu de tournage) ou au Mount Royal Hotel à Banff lorsque la production émigra vers un nouveau décor.

ronr_eau   Grand film d'aventures, 'La rivière sans retour' comprend un certain nombre de morceaux de bravoures, pour lesquels le réalisateur Otto Preminger exigeait que ses deux stars (Marilyn et Mitchum) jouent sans doublure les scènes où ils luttent contre la rivière en furie, afin de donner plus de véracités aux héros du film; bien qu'il est important de souligner que les cascades les plus complexes furent effectuées par des professionnels (Roy Jenson, Helen Thurston et Harry Monty). Habituée à être entourée d'une équipe aux petits soins, ce fut un rôle très exigeant pour Marilyn, qui doit se soumettre à toute une série de prises de vues particulièrement pénibles, où on l'asperge de trombes d'eau tandis qu'elle tente de garder son équilibre sur le radeau; ou encore on la trempe avec des seaux d'eau pour les raccordsMais Marilyn supporte assez bien ces désagréments physiques, tel que le déclara Paul Wurtzel, responsable des effets spéciaux à la Fox, qui témoigna de son implication: "On lui en a fait voir de belles dans ce film, et elle ne s'est jamais plainte. Elle savait ce qu'exigeait le film, et dès qu'on lui faisait signe de tourner, c'était un pro. Toute l'équipe l'adorait."  
Les acteurs devant effectuer eux-mêmes les cascades, il en résultera plusieurs accidents, certains réels, et d'autres simulés:

  • Un jour, Marilyn glissa dans l'eau, alors qu'elle portait des bottes de pêche montant jusqu'en haut de ses cuisses; ses bottes remplies d'eau l'entraînant vers le fond, il fallut plusieurs hommes, dont Robert Mitchum, pour l'arracher au cours impétueux de la rivière. Marilyn fut alors repêchée de justesse. Aussitôt, gros titres dans la presse: "Marilyn Monroe manque de se noyer !" 
  • Une autre fois, le radeau de Marilyn et de son partenaire Robert Mitchum, bloqué dans les rapides, manqua de se renverser et il fallut les secourirNorman Bishop raconta que "le radeau sur lequel étaient Marilyn et Mitchum donna sur un rocher et resta bloqué. Si vous aviez vu comme ça bougeait ! D'une seconde à l'autre, le radeau pouvait se renverser." Bishop et un collègue bondirent dans un canot de sauvetage et la catastrophe fut de nouveau évitée. 
  • Enfin, le 20 août, un troisième accident fit la une de nombreux journaux: "Miss Monroe blessée à la jambe au Canada", bien que les articles de presse ne donnaient pas de détails, car il n'y avait eu en réalité aucun accident. Ce n'était qu'un moyen habile de la part de Marilyn, de se venger de Preminger. La supercherie ne fut révélée que bien des décennies plus tard par l'actrice Shelley Winters.
    ronr_mitch_shelleyShelley Winters, qui se trouvait aussi dans les environs de Jasper pour le tournage d'un film, était venue rendre visite à Marilyn, avec qui elle avait partagé un appartement, au temps où elles n'étaient encore que des starlettes. Un jour, elle assista au tournage d'une scène où Marilyn se tenait debout sur le radeau amarré à la rive dans l'Athabasca. Shelley Winters raconta: "Marilyn ne savait plus où elle en était et, comme chaque fois dans ces cas-là, ouvrait la bouche et souriait à tout ce qui se présentait. Preminger se mit à proférer des paroles épouvantables et insinua qu'avec le talent qu'elle avait, elle aurait mieux fait de ne jamais abandonner son premier 'métier'. (...) Marilyn garda les yeux baissés; son sourire n'en devint que plus figé." Quand ce fut fini, Shelley Winters rejoigna Marilyn pour l'aider à remonter sur la rive; et, voyant que Marilyn n'avait pas le pas très assuré, lui dit: "Attention à ne pas glisser. Tu pourrais te casser la jambe." Ces paroles vont alors fortement inspirer Marilyn car lorsque leur voiture s'arrêta devant l'hôtel, elle déclara: "Je ne peux pas sortir, je me suis cassée la jambe." On la monta dans sa chambre, on demanda des médecins, Winters lui donne un analgésique (du Percodan) et une double vodka, et Marilyn appella Darryl Zanuck en présence de Shelley. Elle tenait à rassurer le grand patron des studios en lui déclarant qu'elle ferait tout son possible pour terminer le film en dépit de "douleurs terribles".
    Dans la soirée, Marilyn, Mitchum et Winters allèrent dîner dans un restaurant pour y manger des homards arrosés de champagne. Le lendemain, une horde de médecins amenés de Los Angeles par avion privé, débarquèrent à l'hôtel. Les radios ne révèlèrent aucune lésion et les médecins des studios ne virent là rien de sérieux sans écarter la possibilité d'une éventuelle foulure. Et Marilyn réussit à les persurader de lui mettre un plâtre et de lui donner des béquilles. Arrêtée pendant quelques jours, elle en profita pour poser devant la presse, plâtre au pied et béquilles aux coudes. Cette feinte de Marilyn ne fut qu'une occasion de se venger d'Otto Preminger, mais certains prétendent qu'elle s'était surtout comportée ainsi afin d'attirer la bienveillance du metteur en scène.
    ronr_piedplatreLorsque Marilyn reprit le tournage -il ne restait que deux semaines- elle portait toujours son plâtre et ses béquilles, mais le studio avait pris un retard très onéreux.
    Shelley Winters racontera: "Marilyn n'était pas une nigaude, mais elle rusée comme un renard ! Un soir, nous allâmes dans une boîte. A un moment, je la vois esquisser une rumba avec Mitch.
    -'Rassieds-toi pour l'amour du ciel! lui dis-je. Tu n'es même pas encore capable de marcher.
    -Oh, c'est vrai, j'avais oublié...'
    Et elle s'assit en ricanant sur les genoux de Mitch
    ."

Joe DiMaggio à la rescousse
ronr_joeL'incident de la cheville foulée fit venir Joe DiMaggio. Selon Maurice Zolotow, qui interviewa Marilyn environ un an plus tard, Joe DiMaggio l'appella le soir même de "l'accident". Comme elle pleurait, Joe arriva dès le lendemain, accompagné d'un médecin et de son copain new-yorkais Georges Solotaire. Joe semblait totalement dans son élement dans ce coin reculé et sauvage du Canada. Sur le plateau de tournage, il prenait des photos de Marilyn et donnait des coups de mains aux techniciens. Parfois, pendant que Marilyn tournait, il allait seul à la pêche. Mais il arrivait aussi que, hors tournage, Marilyn l'accompagnait au golf et à la pêche, où ils emmenaient avec eux Tommy Rettig, le petit acteur de dix ans.
Pendant le séjour de DiMaggio, le couple avait disparu tout un week-end. La presse évoqua alors rapidement un prochain mariage.
 

Tommy Rettig et Marilyn 
ronr_tommy   Tommy Rettig, l'acteur de dix ans qui interprétait le fils de Robert Mitchum, fut l'un des rares enfants dont Marilyn eut du mal à se faire un ami. Comme le racontera le photographe Bruno Bernard dans son journal intime: "Le visage de Marilyn s'illuminait chaque fois qu'elle se trouvait en compagnie d'enfants, et on sentait qu'elle réagissait envers eux de manière émotionnelle. Elle était profondément heureuse de les aider et de leur donner un peu d'amour." Mais le jeune Tommy Rettig se montrait distant avec Marilyn, l'évitant soigneusement. Et Marilyn raconta l'incident à Bruno Bernard: "Alors que Tommy devait tourner une scène avec moi, il s'est brusquement précipité vers sa mère sans dire un mot. J'en ai été très peinée. Le troisième jour, sa mère n'étant pas là, je me suis approchée de lui et je lui ai demandé: 'Tommy, puis-je te parler une minute ? Tu m'as évitée pendant trois jours. Comme nous ne nous sommes jamais rencontrés avant ce film, je n'ai rien pu faire qui t'ai blessé. Qu'est-ce qu'il y a ?' Il m'a regardée d'un air vraiment effrayé, puis m'a avoué: 'C'est mon curé qui m'a dit que je ne devrais pas parler à une femme telle que vous en dehors du tournage.'". Sur le moment, Marilyn en fut très blessée et offensée, mais les rapports entre eux ne vont s'améliorer qu'après l'arrivée de Joe DiMaggio: "La semaine suivante, lorsque Joe est venu me voir sur le plateau, Tommy s'est dit que, comme lui était génial, moi aussi je devais être OK." Et Marilyn et Joe emmenèrent plusieurs fois le petit Tommy à la pêche.

Anecdotes diverses
   A cette période, Marilyn Monroe semblait malheureuse et ne voulait pas aller tourner dans un lieu aussi perdu et loin de Hollywood. Le journaliste James Bacon l'interviewa à Los Angeles, juste avant son départ pour le Canada: "Elle semblait ne plus s'être peignée depuis plusieurs jours. Elle s'était barbouillée tout le visage de crème, même ses sourcils, qui étaient tout poisseux. En elle-même, elle restait certainement la Marilyn de toujours, mais au physique, c'était la fille de Dracula; et je pris congé le plus vite possible." Et durant son séjour au Canada, elle continuait de se cacher sous ce masque de crème grasse, même quand elle faisait un saut dans la bourgade voisine. Whitey Snyder, son maquilleur, finira par lui dire: "Enlève cette saloperie de ta figure : tu fais fuir les gens!"
ronr_mitch   En dehors du tournage, Robert Mitchum menait joyeuse vie, trinquant, chahutant; il faisait d'ailleurs preuve d'une consommation excessive d'alcool, réclamant aux assistants de lui amener des verres de vodka, ce qui engendrait, là aussi, des conflits avec le réalisateur Otto Preminger. Mais c'est Mitchum qui parvint à faire sortir Marilyn de sa coquille. Un jour, Mitchum la trouva plongée dans un dictionnaire de psychanalyse, qui ne devait guère satisfaire sa curiosité puisqu'elle lui demanda ce que signifiait "érostisme anal" et ouvrit de grand yeux quand il entreprit de lui expliquer. 
Une autre fois, toujours selon Mitchum, la doublure de celui-ci s'approcha d'elle pour lui proposer, en termes choisis, une partouze avec l'un de ses copains.
-"Tous les deux en même temps?" demanda-t-elle.
-"Et pourquoi pas?"
-"Vous voulez me tuer!"
-"Personne n'est jamais mort de ça que je sache."
-"Oh si. Sauf que ce n'est pas ce qu'on dit officiellement; on appelle ça mort naturelle..."
Mitchum rapporta cette anecdote au biographe Anthony Summers en 1982, précisant que Marilyn plaisantait; quant à sa doublure, il en était moins sûr.
   Robert Mitchum était un homme plutôt simple: un jour, lors d'une scène en tournage à Jasper, un résident local Wilbur Stanley et un de ses amis, regardaient le travail des acteurs. Ils discutèrent avec Robert Mitchum devant leur voiture, où ils ont bu une bière. Après leur discussion, lorsque Mitchum repartit, il déclara, en s'éloignant de la voiture et en jetant la bouteille au sol: "C'est le meilleur petit déjeuner que j'ai jamais eu!"
   On retrouve, non créditée au générique, l'actrice Barbara Nichols, dans l'un de ses premiers rôles sur grand écran. Elle joue le rôle d'une danseuse. La comédienne, au cheveux blond platine, fera ensuite partie avec d'autres actrices, comme Jayne Mansfield ou Sheree North, d'un groupe de femmes au physiques assez proches de celui de Marilyn Monroe; et sera d'ailleurs engagée par les studios pour concurrencer Marilyn.
   Les trois paires de blue jeans que porte Marilyn Monroe dans le film ont été achetées par le créateur Tommy Hilfiger, aux enchères de Christies pour la somme de 42 550 Dollars.

Une rivière au goût amer
   De retour à Los Angeles pour travailler les dernières scènes en studio, Marilyn mit à profit toutes ses ruses pour gagner du temps, refusant souvent de sortir de sa loge des heures entières. David Conover (qui fut le photographe qui a "découvert" Marilyn) écrit que Marilyn voulut gâcher le film par vengeance, pour que Preminger ne retravaille plus jamais pour la Fox. Elle y est si bien parvenue, que c'est l'un des films les moins populaires.
    Bernard of Hollywood, raconta dans son journal intime que Marilyn se montrait alors désormais plus critique de son jeu que la plupart de ses censeurs et de ses fans. Un après-midi où elle assistait à la projection de rushes du film, elle fut physiquement malade de découvrir sa version d'une blonde sensuelle et sauvage. Elle était si angoissée qu'elle se rendit au bureau de Darryl Zanuck pour le consulter, mais on lui aurait répondu: "Pas de rendez-vous." Avec Natasha Lytess, elles parvinrent à rencontrer Spyros Skouras, le président de la Fox, qui lui aurait simplement répondu: "Baby, oublie les sentimentalités, tu fais de l'argent uniquement avec tes seins et ton cul... Ton talent se situe au niveau du corsage et en-dessous du nombril." Marilyn en fut terrassée et avait fini par comprendre avec horreur que, pour les studios, elle n'était qu'un produit.  
   Marilyn était mécontente de ce film, qu'elle considérait comme "le pire" de sa carrière, et en imputa la responsabilité à la 20th Century Fox; d'ailleurs, elle craint d'avoir l'air dans certaines scènes d'un "rat en train de se noyer"; deux ans après avoir tourné le film, Marilyn Monroe affirmera: "Aujourd'hui, je n'accepterais plus "La rivière sans retour". Je pense que je mérite mieux qu'un film de cow-boys de série Z, dans lequel l'interprétation passe après la mise en scène et le procédé Cinémascope. Les studios ont misé sur les paysages plutôt que sur les acteurs." 

   Et en 1960, on demanda à Otto Preminger s'il envisageait de retravailler un jour avec Marilyn, ce à quoi il répondit: "Pas pour un million de dollars !".
   
Le producteur Stanley Rubin reconnut plus tard que: "Preminger était un homme de talent. Mais ce n'était pas le bon réalisateur pour ce film." D'ailleurs, déjà à l'époque, dès la fin du tournage et avant la sortie du film en salles, la presse confirma que Stanley Rubin se posait des questions sur le choix de Preminger. Il pressentit que le réalisateur n'avait pas su retranscrire l'aura d'un western, qu'il avait ignoré des éléments clés de l'intrigue, qu'il avait dirigé certaines séquences d'action de manière statique et que dans plusieurs scènes, les raccords entre celles tournées en studio et celles tournées au Canada, ne correspondaient pas. D'ailleurs Preminger va finir par jeter l'éponge: il quitte la post-production et se rend en Europe, laissant l'éditeur Louis R. Loeffler et le producteur Stanley Rubin aux commandes pour finaliser le film. Le réalisateur Jean Negulesco a même été appelé en urgence pour refilmer certaines scènes. Otto Preminger avait en fait une rancoeur de devoir travailler au service des studios de la Fox, et il préféra vendre sa villa hollywoodienne, pour payer 150.000 dollars à la Fox pour l'annulation du reste de son contrat, qui pourtant, se terminait six mois plus tard.

Une scène à part
ronr_caverne  Il s'agit d'une séquence toute simple dans laquelle Kay (Marilyn Monroe), réfugiée dans la grotte et trempée jusqu'aux os, tremble de froid; Matt (Robert Mitchum) lui ordonne de se déshabiller et de s'enrouler dans une couverture. Puis il la masse vigoureusement. Dans cette scène, Kay découvre que Matt n'est pas ll'ours mal lêché qu'elle aurait cru. Leur relation se colore d'une charge érotique, même si Matt -pour des raisons de censure sévère du code Hayes en vigueur- s'en tient à des gestes sans ambiguité. Il n'en reste pas moins que Marilyn est nue sous la couverture, tandis que Mitchum lui masse les pieds... Cette scène n'a pas été tournée par Otto Preminger. Déçu par certains passages du film, Darryl Zanuck avait en effet demandé à Jean Negulesco, qui avait récemment dirigé Marilyn dans 'Comment épouser un millionnaire?', et que la comédienne appréciait, de faire des retakes de certaines séquences. 
 

Chansons
i_m_gonna_file_my_claim_RCAMarilyn Monroe interprète quatre chansons dans le film -toutes écrites par Ken Darby et composées par Lionel Newman-:
"One silver Dollar",
"I'm gonna file my claim",
la comptine "Down in the meadow"
et la chanson phare "River of no return".
Répétant inlassablement sous la direction de Ken Darby, jusqu'à approcher la perfection, Marilyn prit beaucoup de plaisir à travailler ces chansons. Le titre "I'm gonna file my claim" fera l'objet d'un disque (ci-contre), et l'été suivant la sortie du film, RCA en vendit plus de 75 000 exemplaires.
Elle sera néanmoins doublée partiellement par la chanteuse Gloria Wood
Pour la danse, c'est le chorégraphe Jack Cole qui enseigna à Marilyn, tel qu'il l'avait fait pour "Gentlemen Prefer Blonds" ("Les hommes préfèrent les blondes").
Quant au public, il fut ravi par les scènes dans lesquelles Marilyn chante et danse.

Chronologie du film
-le 11 avril, les 6 et 8 juin 1953: essayages de costumes du film pour Marilyn.
-fin juin 1953: départ de l'équipe de tournage pour Calgary, avec voyage en train jusque Banff.
-le 25 juillet 1953: départ de Seattle, avec escale à Vancouver et arrivée à Jasper de Marilyn, Robert Mitchum et Rory Calhoun.
-août 1953: début du tournage.
-20 août 1953: Marilyn se blesse à la cheville.
-21 aout 1953: on plâtre le pied de Marilyn; Joe DiMaggio arrive au Canada.
-fin août: fin du tournage des scènes extérieures au Canada.
-1er septembre: Marilyn, Joe DiMaggio et Mitchum quittent le Canada, ils font une escale à Seattle d'où ils prennent un autre avion pour rejoindre Los Angeles.
-Septembre 1953: tournage de scènes dans les studios de Los Angeles. Otto Preminger quitte la post-production, et Jean Negulesco tourne la scène dans la grotte.
-29 septembre 1953: fin du tournage.
-30 avril 1954: Sortie américaine de "Rivière sans retour".


La presse 
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> sources:
Livre Marilyn Monroe et les caméras
Livre Marilyn, Une vie d'Hollywood, d'Ann Lloyd.
Livre Marilyn Monroe, d'Adam Victor.
Livre Les trésors de Marilyn Monroe, de Jenna Glatzer.
Livre Bernard of Hollywood's Marilyn par Susan Bernard. 
Livre Les vies secrètes de Marilyn Monroe par Anthony Summers.
Revue Les légendes d'Hollywood
, La rivière sans retour.
Le film sur wikipedia 
La fiche du film et des anecdotes sur imdb 
Les anecdotes sur allocine 

26 janvier 2013

20/07/1953 Puerto Peñasco Marilyn et Joe

1953-puerto_penasco-4Joe DiMaggio et Marilyn Monroe à Puerto Peñasco (surnommé 'Rocky Point' en anglais, c'est une ville mexicaine au Nord-Ouest de Sonora, un petit Etat situé dans le Golfe de la Californie, à une centaine de km de l'Arizona) la semaine du 20 juillet 1953; en compagnie de Carlos Alberto González, à côté de Joe, chef des arbitres des matchs de base-ball mexicains en 1966.
Joe DiMaggio and Marilyn Monroe in Puerto Peñasco (called 'Rocky Point' in english, this is a mexican city in the northwest of Sonora, a little State located in the Gulf of California, about 100 km from the Arizona border), the week of July, 20, 1953; with Carlos Alberto González, chief of all the umpires in Mexico in 1966, second from left to right. 

1953_puerto_pe_asco_with_joe_Carlos_Alberto_Gonz_lez_2nd_from_left  
1953-mm  1953-mm1  1953-mm_rare 
1953-puerto_penasco-1 1953-puerto_penasco-2 1953-puerto_penasco-3


Escale à San Francisco.
Marilyn et Joe photographiés par Chic Masi, un ami de Joe.
Stopover in San Francisco.
Marilyn and Joe photographed by Chic Masi, a Joe's friend.
 

  1953_mm_et_joe_ptre_japon 


> source: vente aux enchères Hollywood Auction 65 Profiles in History


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26 décembre 2012

Paris Match 8/04/1961

mag_pm_1961_04_08_num626_cover Le magazine Paris Match n°626, du 8 avril 1961, consacrait un article de trois pages à Marilyn Monroe intitulé "Marilyn. On la croyait à la dérive. Elle a renoué avec le bonheur passé... Di Maggio son ex-mari le champion de base-ball".

mag_pm_1961_04_num626_p1 mag_pm_1961_04_num626_p2 mag_pm_1961_04_num626_p3 

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30 novembre 2012

Profiles in History 15/12/2012: documents et objets

Profiles in History: Documents et Photos inédites aux enchères
profilesinhistory_catalogue_coverPartie 1/ Vente aux enchères organisée par Profiles in History. Le site de vente aux enchères ArtFact propose de nombreux lots aux enchères concernant Marilyn Monroe. On y retrouve des objets divers à l'effigie de la star (puzzle, tableaux...), des documents écrits (lettres, chèques, autographes signés par Marilyn), et des photographies, dont certaines totalement inédites; les lots sont présentés sur le site jusqu'au 29 novembre 2012 et la vente s'effectuera les 15 et 16 décembre 2012. Voici les lots sur les documents papiers et les divers objets:

> Documents écrits <

> Autographe (lot 119) 
"To Kirk, Best Luck Always, Marilyn Monroe
Le photographe Kirk Crivello a obtenu cette photo signée en rencontrant Marilyn au Mocambo nighclub de Hollywood en 1951.
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> Autographe (lot 417) 
"To Teddy, From all I hear you sound - nice! Marilyn Monroe"
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> Lettre 2 pages de Marilyn à Norman Rosten (lot 189)
non datée (circa 1954-55)
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Marilyn Monroe écrit à son ami proche à propos de sa dépressione et son désir d'avoir un enfant (et seulement un garçon plutôt qu'une fille, tel un désir "freudien"):
Dear Norman, It feels a little funny to be writing the name Norman since my own name is Norma and it feels like I’m writing my own name almost, However--
First, thanks for letting Sam and me visit you and Hedda last Saturday.  It was nice.  I enjoyed meeting your wife - she seemed so warm to me. Thanks the most for your book of poetry--with which I spent all Sunday morning in bed with. It touched me - I use to think if I had ever had a child I would have wanted only a son, but after reading  - Songs for Patricia - I know I would have loved a little girl just as much but maybe the former feeling was only Freudian for something...anyway Frued [sic]
I use to write poetry sometimes but usually I was very depressed at those times and the few (about two) people said that it depressed them, in fact one cried but it was an old friend I’d known for years.  So anyway thanks. And my best to Hedda & Patricia and you--  Marilyn M.”

> Lettre 3 pages de DiMaggio à Marilyn (lot 292)
du 15 juillet 1952
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Dear Marilyn, I just got through talking with you--and I don’t know what else to say than I have already said. However, it bothers me (call it guilt or what have you) to think about what happened the day I left for New York. I definately [sic] am punishing myself. I have always felt that I’ve been able to ‘take’ it, but in this particular instance, I find myself rather cold. It annoys me no end to think that I have ‘bit’ your feelings: you of all people, would be the last one I’d hurt! It has never been my nature to do that to anyone, and I’m certainly not going to start now. I’d rather take an ‘airship’--bow out gracefully is what I mean--rather than give you any misieres [sic; i.e., plural of misery], and please don’t get the idea I am saying these things because I want things to change -on the contrary, I have among other things great respect for you. For the time that I know you--you have done nothing but good--for me and some of your acquaintances--you have done nothing but take the worse of things when other people are involved in rough spots, and in our mild mannered way, people have taken advantage of you. I know all these things about you, and a lot more. I guess I could also mention how much you try, in everything that you do. Especially when you were here and went shopping just to please me. So you see Marilyn, I appreciate you as a real, solid, human soul, with tremendous inner feelings.
What you have already read has been put mildly and very brief.
I am handing you the ‘deck’ of cards now--you schuffle [sic] them and deal; all I ask is you forgive me. Love Joe.

> Chèque de $138.25 à City Collector (lot 75)
du 14 octobre 1959
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> Chèque de $14.25 à Colonial Trust Company (lot 76)
du 28 octobre 1960
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> Autographe Dimaggio & Marilyn (lot 1240)
de 1954
"Best wishes, Joe DiMaggio" / "Love & Kisses, Marilyn Monroe
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> Photos d'école signée par Norma Jeane (lot 1241)
de 1941 Ralph Waldo Emerson Junior High School
"To a swell, nice & perfect girl[?], Norma Jeane Baker."
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> Script 'The Misfits' de Clark Gable (lot 329)
Gable a donné son scrpt à Arthur Rosson le dernier jour de tournage
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> Objets divers <

> Caméra 'Mitchell BNC #206' pour The Misfits (lot 418) 
(Seven Arts Prod., 1961)
This Mitchell BNC #206 was used as the principal first unit camera on Marilyn Monroe's final completed film The Misfits.

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18 septembre 2012

Timbres République Togolaise, 2012

"50è anniversaire de la disparition de Marilyn Monroe"

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